Miroir a écrit :Gigot a écrit :J'y serais favorable pour les crimes les plus graves, s'il était montré clairement que la peine de mort est plus dissuasive que la prison à vie. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui puisqu'à ma connaissance les études sur le sujet sont contradictoires.
Je me rappelle le témoignage d'un avocat (désolé, je ne sais plus lequel, il y a si longtemps...) dont le client avait été condamné à mort. Sa grâce a été accordée par le président de la république et l'avocat est venu l'apporter à son client. Il raconte qu'il a été très surpris par la réaction de joie de cet homme à qui il venait d'annoncer qu'il devrait passer le reste de ses jours dans une cellule. Le condamné l'a embrassé en pleurant. L'avocat disait que c'est ce jour là qu'il a compris que la peine de mort est vraiment dissuasive.
Il y a aussi le cas de Van Geloven, tueur pédophile d'origine hollandaise qui a confié ne pas avoir osé passer à l'acte quant il résidait aux USA, de peur d'être condamné à la peine capitale.
Je voudrais conclure mon propos sur le cas, aujourd’hui oublié, de Christian Van Geloven, assassin de deux petites filles de 11 ans dans les Pyrénées-Orientales, en 1991.
Le Pr. Régis Pouget, l’un des experts psychiatres chargés de l’examiner, rapporte ainsi cette déclaration que lui fit Van Geloven :
« Lorsque Van Geloven nous a déclaré que sa maîtresse américaine (il était alors aux Etats-Unis pour raisons professionnelles) a réveillé en lui ses instincts de pédophile, je lui ai demandé : « Pourquoi n’avez-vous pas enlevé d’enfant à cette époque ? »
Il m’a répondu : « Parce que ce n’est pas possible, aux Etats-Unis on encourt la peine de mort. »
La présence de la peine capitale aurait peut-être donné une chance, même infime, même incertaine, à deux petites filles de survivre.
Cette infime chance-là a été sacrifiée au profit de la vie d’un individu qui savait qu’il ne la risquait pas en prenant celle de deux enfants innocentes.
extrait d'un discours du FN
http://www.frontnational.com/doc_interventions_detail.php?id_inter=40Sans doute existe t il de nombreux exemples similaires. Mais, il faut raisonner au niveau "macro" et non sur des exemples pour quantifier l'effet dissuasif éventuel de la peine de mort.
Des études poussées sont possibles aux Etats Unis car certains états appliquent la peine de mort et d'autres non. J'ai d'ailleurs entendu dernièrement que, selon une étude économétrique d'un universitaire américain, la condamnation d'un meurtrier à la peine de mort "faisait renoncer" du fait de l'effet dissuasif de celle ci entre six et vingt individus à commettre un meurtre. Si ce résultat était confirmé ( je me suis pas renseigné plus que ça, car le problème n'est pas vraiment d'actualité en France), c'est un argument en béton pour les partisans de la peine de mort.
edition: un texte sur l'effet dissuasif de la peine de mort,
Society has always used punishment to discourage would-be criminals from unlawful action. Since society has the highest interest in preventing murder, it should use the strongest punishment available to deter murder, and that is the death penalty. If murderers are sentenced to death and executed, potential murderers will think twice before killing for fear of losing their own life.
For years, criminologists analyzed murder rates to see if they fluctuated with the likelihood of convicted murderers being executed, but the results were inconclusive. Then in 1973 Isaac Ehrlich employed a new kind of analysis which produced results showing that for every inmate who was executed, 7 lives were spared because others were deterred from committing murder. Similar results have been produced by disciples of Ehrlich in follow-up studies.
Moreover, even if some studies regarding deterrence are inconclusive, that is only because the death penalty is rarely used and takes years before an execution is actually carried out. Punishments which are swift and sure are the best deterrent. The fact that some states or countries which do not use the death penalty have lower murder rates than jurisdictions which do is not evidence of the failure of deterrence. States with high murder rates would have even higher rates if they did not use the death penalty.
Ernest van den Haag, a Professor of Jurisprudence at Fordham University who has studied the question of deterrence closely, wrote: "Even though statistical demonstrations are not conclusive, and perhaps cannot be, capital punishment is likely to deter more than other punishments because people fear death more than anything else. They fear most death deliberately inflicted by law and scheduled by the courts. Whatever people fear most is likely to deter most. Hence, the threat of the death penalty may deter some murderers who otherwise might not have been deterred. And surely the death penalty is the only penalty that could deter prisoners already serving a life sentence and tempted to kill a guard, or offenders about to be arrested and facing a life sentence. Perhaps they will not be deterred. But they would certainly not be deterred by anything else. We owe all the protection we can give to law enforcers exposed to special risks."
Il y a aussi la durée écoulée entre la condamnation et l'execution qui est susceptible d'influencer la capacité dissuasive de la peine de mort.
Les arguments des adversaires de la peine de mort
Those who believe that deterrence justifies the execution of certain offenders bear the burden of proving that the death penalty is a deterrent. The overwhelming conclusion from years of deterrence studies is that the death penalty is, at best, no more of a deterrent than a sentence of life in prison. The Ehrlich studies have been widely discredited. In fact, some criminologists, such as William Bowers of Northeastern University, maintain that the death penalty has the opposite effect: that is, society is brutalized by the use of the death penalty, and this increases the likelihood of more murder. Even most supporters of the death penalty now place little or no weight on deterrence as a serious justification for its continued use.
States in the United States that do not employ the death penalty generally have lower murder rates than states that do. The same is true when the U.S. is compared to countries similar to it. The U.S., with the death penalty, has a higher murder rate than the countries of Europe or Canada, which do not use the death penalty.
The death penalty is not a deterrent because most people who commit murders either do not expect to be caught or do not carefully weigh the differences between a possible execution and life in prison before they act. Frequently, murders are committed in moments of passion or anger, or by criminals who are substance abusers and acted impulsively. As someone who presided over many of Texas's executions, former Texas Attorney General Jim Mattox has remarked, "It is my own experience that those executed in Texas were not deterred by the existence of the death penalty law. I think in most cases you'll find that the murder was committed under severe drug and alcohol abuse."
There is no conclusive proof that the death penalty acts as a better deterrent than the threat of life imprisonment. A survey of the former and present presidents of the country's top academic criminological societies found that 84% of these experts rejected the notion that research had demonstrated any deterrent effect from the death penalty .
Once in prison, those serving life sentences often settle into a routine and are less of a threat to commit violence than other prisoners. Moreover, most states now have a sentence of life without parole. Prisoners who are given this sentence will never be released. Thus, the safety of society can be assured without using the death penalty.
pas simple de se faire une idée..Instinctivement, je pense tout de même que la peine de mort est plus dissuasive que toute autre sanction. Mais, comme son effet dissuasif semble grosso modo de la même intensité que celui associé à une peine de "prison à vie", il ne faut pas placer tous nos espoirs dans le rétablissement de la peine de mort pour faire baisser très significativement le nombre de meurtres.
Traduction politique de ces constations: il faudrait un peu plus parler de l'opportunité de la réintroduction de la "prison à vie" dans le panel des sanctions applicables, tout en continuant bien sûr à défendre un projet de référendum sur la peine de mort.
Si les Français sont divisés sur la peine de mort, ils ne le sont pas en ce qui concerne la réclusion perpétuelle sans possibilité de libération. En effet, excédés par le laxisme généralisé, ils sont dans leur grande majorité favorables à renforcer les peines encourues pour les crimes les plus graves.
"Les Français sont les héritiers d'un patrimoine immense. Parce que les générations qui les ont précédés ont travaillé et lutté. Ce qui fait la différence à mes yeux entre un étranger, si respectable et sympathique soit-il, et un Français, si misérable soit-il, c'est qu'il a des droits parce qu'il est un héritier", JMLP