Sans s'en rendre compte, par la logique même de ses déclarations, le prétentieux Vincent Peillon, ministre de l'Éducation étatique, impose un constat implicite : celui de l'affaissement moral d'un pays, majoritairement formaté par ses maîtres soixante-huitards.
Si le 29 août, en effet, il a parlé d'instaurer "une morale laïque (...) du plus jeune âge au lycée", cela veut bien dire que les principes que la république affecte de pratiquer n'existent plus dans les faits. Personne n'y croit plus.
Ainsi, les fonctions électives elles-mêmes sont assimilées à des rentes qu'il faut répartir entre hommes et femmes et dont il faut préserver le cumul.
Or, dans le triste jargon médiatique, on considère la rentrée scolaire comme le "marronnier" par excellence, le sujet ritournelle dont, inéluctablement les feuilles tombent à chaque automne. Ce cliché se dément de moins en moins dans ce pays. Il s'agit, en effet, à la fois :
1° certes, d'un sujet d'inquiétude grandissante pour les familles françaises ;
2° mais également du premier employeur du pays, avec 1 300 000 fonctionnaires dont 850 000 enseignent ;
3° et enfin du principal vivier d'adhérents et de cotisants pour les partis de gauche, communistes en tête.
Rappelons à ce sujet que le syndicat majoritaire au sein de cette énorme administration s'appelle la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), d'obédience presque officiellement communiste. La tendance stalinienne dominante et fondatrice dite "Unité et Action" y dispose de plus de 70 % des voix (1)⇓. Et, par ailleurs, la plus grande masse de cotisations individuelles du parti communiste français provient de syndiqués FSU plus que de membres de la CGT.
Après la violente crise de 1984 provoquée par le vote du projet Savary l'école confessionnelle sous contrat s'est contentée de son inutile victoire. Elle a cessé de se poser en alternative de l'enseignement d'État et s'est repliée sur sa part de marché. Chichement octroyée par le ministère de l'Éducation, cette fausse concurrence reste limitée administrativement par l'autorisation toujours restreinte d'ouvrir des classes nouvelles. En dépit des freins résultant des procédures imposées, on est cependant passé en quelques années, d'après les statistiques officielles, de 16 ou 17 % à plus de 21 % environ d'élèves du secondaire scolarisés dans un établissement privé en 2010-2011, – ceci en dépit des sacrifices pécuniaires que ce choix impose aux parents qui le choisissent, beaucoup plus significatifs encore dans le privé hors contrat.
Et pourtant de plus en plus nombreux sont ceux qui préfèrent payer plus cher, ou s'investir eux-mêmes dans les formules de "l'école à la maison" pour élever dignement et librement leurs enfants. (2)⇓
Le paradoxe économique apparent, ou plus précisément l'absurdité de la pression des pouvoirs publics en faveur de l'école d'État, est qu'un élève éduqué par celle-ci coûte plus cher à la nation que son homologue scolarisé dans une école libre. Mais le sectarisme laïciste déforme cette réalité et met en avant l'égalitarisme, affirmé mais jamais démontré, que représenterait aux yeux de ses partisans cette institution "gratuite", "laïque" et "obligatoire" inventée par cette vieille crapule politicienne, [d'ailleurs "raciste" et "colonialiste" pour se référer aux critères du politiquement correct], nommée Jules Ferry.
Pour comprendre, en effet, la vraie fonction de l'École dans le système républicain on doit à cet égard recommander le travail extraordinaire signé "AG Michel" et publié sous le titre de "Socialisme maçonnique". (3)⇓
Ne nous y trompons pas.
Pour quelque temps encore quelques établissements privilégiés, grands lycées parisiens ou de nos métropoles régionales, persisteront à dispenser une instruction secondaire presque classique et de [relativement] bonne qualité. Par protection certains pourront même continuer à y apprendre [un peu] de latin et de grec, par quoi commençait la formation de tous les grands scientifiques d'autrefois. Les familles aisées des centres de villes, ou pistonnées, y bénéficieront ainsi d'une éducation supérieure à celle des autres, aux frais de la collectivité : à prestation inégales, les frais seront alignés sur ceux des établissements défavorisés, intéressant paradoxe.
Et on continuera encore d'appeler cela "méritocratie"! Le mot fait toujours bon effet dans les cercles de l'élite républicaine, bourgeoise et franc-maçonne. Dans ces milieux on croit penser "à gauche" et l'on s'étonne, et même l'on s'indigne, de l'inquiétude sécuritaire et identitaire du bas peuple.
Mais ce système, hypocritement mais essentiellement oligarchique, est frappé à mort. Son incapacité à affronter la concurrence internationale le condamne. Observez la lente ruine des entreprises du CAC 40 gérées par les prédateurs des réseaux consanguins dégénératifs issus des grandes écoles. Ces gens ont pourtant été choyés, filtrés vers les classes préparatoires, surprotégés contre toutes les contaminations, nourris par les cabinets ministériels, mais leurs résultats se révèlent de plus en plus catastrophiques. Regardez Vivendi, France Télécom, Carrefour, etc.
Faut-il donc voir comme une bonne nouvelle l'aveu dérisoire de faillite quand ce ministre Peillon en appelle au "rôle spirituel" de l'École étatique ?
Pour parler franchement : oui. Car ni cet arrogant politicien ni ses fonctionnaires ne sauront rien dispenser qui pourrait ressembler à un "message spirituel". Et alors les Français feront leurs comptes, entre ce que coûte le "Mammouth" indégraissable et ce qu'il fournit vraiment.
Et la réduction de cet immense gaspillage pourra venir au moment même où il faudra réduire la dépense publique, seule voie vers la Libération fiscale (4)⇓que nous appelons de nos vœux.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/
Apostilles
1 Les autres relèvent du trotskisme, du lambertisme, etc.⇑
2 cf. Le mouvement ""Créer son école présidé par Anne Coffinier.⇑
3 cf. "Socialisme maçonnique" livre que l'on peut commander
- directement sur le site des Éditions du Trident
- ou par correspondance en adressant un chèque de 25 euros à L'Insolent 39 rue du Cherche-Midi 75006 Paris
4 cf. "Pour une Libération fiscale". On peut commander ce livre
- directement sur le site des Éditions du Trident
- ou par correspondance en adressant un chèque de 20 euros à L'Insolent 39 rue du Cherche-Midi 75006 Paris
- votre libraire peut le commander par fax au 01 47 63 32 04.⇑
La mort des fausses valeurs scolaires
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