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LA DÉFRANCISATION DES PROGRAMMES D’HISTOIRE

Publié : 21/10/2010 - 15:00
par Pat
LA DÉFRANCISATION DES PROGRAMMES D’HISTOIRE

Cette année, l'entrée en vigueur pour les classes de cinquième et de seconde de la réforme des programmes d’histoire et de géographie publiée en 2008, permet de faire passer à la trappe l’essentiel de ce qui restait encore cohérent au sein de l’enseignement de l’histoire et de la géographie. L'historien Dimitri Casali, Denis Tillinac, Max Gallo* et Eric Zemmour sont dernièrement montés au créneau, dénonçant une approche essentiellement thématique où la chronologie et les grands hommes de notre passé sont sacrifiés à une conception abstraite et idéologiquement orientée de matières pourtant essentielles à la formation générale de notre jeunesse. Fernand Braudel et son incontournable Identité de la France, avec la place qu’il a donnée à la fois aux structures paysagères, à leur édification sociale, et à l’Histoire dans le façonnement d’un sentiment national, n’ont plus qu’à terminer au fond d’un placard.

À la rentrée 2009, le ministre de l'Éducation dite nationale, Luc Chatel déjà, avait annoncé la suppression des cours obligatoires d'histoire et de géographie dans les terminales scientifiques. Cette matière devint optionnelle et, de fait, n’est quasiment plus enseignée en terminale S. Sachant que 50% des élèves de terminales se retrouvent dans ces classes, la moitié des bacheliers de France sort des lycées sans y avoir appris les rudiments de connaissances nécessaires à tout français digne de ce nom et destinés à lui permettre d'appréhender le passé, son identité, son héritage historique, spirituel et culturel et l'espace du monde dans lequel il vit.

Désormais, les nouvelles directives ministérielles font passer à la trappe Louis XIV, Napoléon Bonaparte, François Ier et Henri IV, pour les livres d’histoire de la sixième à la troisième. Les manuels de cinquième consacrent pas moins de 20 pages à l’Afrique au Moyen Age (empires Songhaï et du Monomotapa) ce qui ne laisse plus que 8 pages à Louis XIV, traité au moins de juin, au moment où tous les jeunes esprits pensent déjà aux grandes vacances… Désormais, la période contemporaine se limite à la Révolution jusqu’en 1799, laissant le libre choix à nombre d’enseignants de s’abstenir d’évoquer le Consulat et l’Empire (1799-1815), esquivant ainsi de nombreux événements fondamentaux de notre histoire nationale, sans doute trop empreints de valeurs morales et patriotiques mal vues par un corps enseignant de plus en plus mal formé, peu motivé et placé sous tutelle idéologique de syndicats marxisants omniprésents.

Ce choix officiel a été pris cette année au nom de « l’ouverture aux autres civilisations de notre monde », considération ouvertement immigrationniste, voire mondialiste, qui raie d’un trait de plume doctrinale le patient travail des enseignants d’il y a quelques décennies. Cette orientation pernicieuse des programmes bouleverse les grands repères et les bases de l’enseignement des jeunes Français et laisse nombre d’historiens dignes de ce nom totalement médusés. En effet, des années 30 aux années 60, les élèves issus de l’immigration européenne devenaient intégralement français par l’école, par la culture de notre pays savamment apprise sur les bancs de la communale, grâce à un enseignement digne de ce nom et qui n’a plus rien à voir avec les séances pour « apprenants » dispensés dans les collèges et les lycées de nos jours sur des directives rédigées par de petits commissaires politiques issus de la gauche syndicale. Aujourd’hui, on en vient à modifier les programmes scolaires afin d’être mieux à même d’inciter au communautarisme, sans se soucier des conséquences incalculables d’un tel bouleversement.

Là où le niveau de manipulation des jeunes esprits semble à son comble est lorsque ces nouveaux programmes s’intéressent à tout ce qui touche à l'islam. On privilégie nettement la période des califes omeyyades et abbassides aux dépens de l'empire chrétien de Byzance et du royaume catholique des Wisigoths d'Espagne. La question du jihad est quasiment passée sous silence, de même que la violence et l’esprit guerrier préconisés par le Coran. Les Croisades sont généralement présentées comme des faits mettant en scène une bestialité illégitime, ce qui permet de voir combien ont progressé dans les programmes des thèses ouvertement anti-occidentales, voire antichrétiennes, telles que celle d’Amin Maalouf (Les Croisades vues par les Arabes, J.-C. Lattes, 1983). Comble de la falsification historique : la prise et le saccage de Constantinople par Mehmet II, le 29 mai 1453, accompagnés de massacres et de pillages, sont présentés dans les nouveaux manuels de seconde comme une grande avancée de la tolérance permettant la coexistence pacifique des trois grandes religions monothéistes : islam, judaïsme et christianisme.

Rien n’est plus faux : la poussée ottomane sur l’Europe centrale et du sud-est fut une catastrophe historique rarement égalée depuis l’Antiquité, mettant pour plusieurs siècles des dizaines de peuples et des millions d’Européens sous le joug impitoyable du croissant. Entamée aux lendemains de mai 1968, la déconstruction de notre Histoire en imposant en permanence des théories historiographiques tournées vers une lecture culpabilisante de notre passé, l’ethnomasochisme et cette escroquerie intellectuelle qu’est la Repentance, s’accompagne depuis lors dans notre pays de lois mémorielles (comme la loi Taubira en 2001) dans le but de mettre inévitablement au pilori la fierté nationale, les repères civilisationnels essentiels et l’esprit patriotique qui animaient autrefois ces matières fondamentales à une bonne formation d’une jeunesse saine de corps et d’esprit. Mais il ne s’agit que du début d’une évolution globale qui doit toucher toutes les périodes. Déjà, nombre d’enseignants très orientés se permettent de comparer l’histoire coloniale à celle de l’occupation allemande en France de 1940 à 1944/45, insultant de fait des millions de nos compatriotes harkis et pieds-noirs. Comme l’explique parfaitement Claire Magnard, « le ‘ministère de la Vérité’ réécrit l'Histoire en fonction des impératifs du mondialisme, car ‘celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur ; celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé’. Comme tous les régimes totalitaires, notre gouvernement attache une grande importance à la propagande exercée sur la jeunesse. » « L’ignorance c’est la force », écrivait George Orwell dans son célèbre roman 1984. Nous vivons effectivement des temps orwelliens, il est grand temps d’entrer en résistance.
* Pour Tillinac et Gallo, sarkozystes de la première heure, on est en droit de douter de leur sincérité sur cette question.

NATIONS PRESSE MAGAZINE N° 8 / OCTOBRE 2010