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Génération décervelée
Publié : 25/05/2010 - 18:13
par Pat
« On n'avait jamais rien vu de tel. » Présenté comme une sorte d'OVNI de l'analyse de l'échec scolaire en France, le rapport publié mercredi par l'Institut Montaigne, Vaincre l'échec à l'école primaire, est censé marquer une date aussi bien quant à sa franchise, son origine (les analystes du principal « think tank » français qui rassemble des personnalités de droite comme de gauche) et l'audace de ses propositions. Mazette ! Tenons-nous enfin la pierre philosophale de l'enseignement primaire qui va permettre de rendre à l'école son rôle d'ascenseur social aujourd'hui mis à mal ? Je vous le dis tout de suite : non.
Le rapport « explosif » de l'Institut Montaigne
L'une des grandes préoccupations de l'Institut présidé par Claude Bébéar est d'œuvrer pour la diversité et la mixité, au besoin par la discrimination positive. Mais disons-le tout de suite, ce parti pris n'apparaît pas dans le rapport qui souligne à juste titre - dans une certaine mesure - à quel point les enfants de milieux simples ou de parents inactifs sont aujourd'hui à la traîne. Sans suggérer pour autant que cela tient à la capacité de certains parents de compenser les méthodes ineptes qui décervellent les enfants. Pour ma part je connais une gardienne de langue maternelle portugaise, dotée du seul certificat d'études primaires de son pays d'origine, qui a appris la lecture à son enfant en constatant que le CP de l'école publique très « chic » faisait cela par le biais du dessin : son fils fréquente aujourd'hui avec succès un des « bons » lycées de Paris. La réponse de la concierge est plus pertinente que celle de l'Institut Montaigne qui contient des remarques intéressantes et justes, mais aussi bien des idées fausses et avant tout une grave erreur de perspective.
Il faudra consacrer plusieurs de ces chroniques à ce rapport qui fait beaucoup de bruit et risque de formater la politique éducative de la France dans les années à venir, vu le prestige de l'Institut Montaigne et sa parfaite harmonie avec une certaine philosophie de la société qui a les faveurs des pouvoirs publics.
Ce qu'en ont retenu d'abord les médias sont ses aspects plus matériels, portant sur les rythmes scolaires, la rémunération des instituteurs du primaire, le nombre d'heures et de jours de classe, les sommes consacrées en moyenne sur le budget public aux élèves. D'un point de vue de rentabilité, sachant que la France dépense en moyenne 5 563 dollars par élève du primaire (un peu moins que la moyenne de l'OCDE, c'est après que les dépenses explosent !), il est évidemment désolant de voir la France dégringoler dans les évaluations de lecture internationales comme « PISA » alors même que les sommes allouées n'ont cessé d'augmenter depuis 1990.
Soit dit en passant : les frais de scolarité hors contrat, où les classes ont souvent de petits effectifs, frais supportés par les seuls parents, sont très inférieurs à ceux dépensés par l'État. Et les résultats en lecture, écriture et calcul qui intéressent au premier plan les experts de l'Institut Montaigne, y sont généralement bons ou au à tout le moins acceptables pour l'ensemble des élèves dont beaucoup atterrissent d'ailleurs là après avoir subi des pédagogies décervelantes de l'enseignement « officiel ».
Mais les rédacteurs du rapport ont raison de rappeler ceci, après le Haut Conseil de l'Education en 2007 :
« L'échec scolaire à l'école primaire est une bombe à retardement pour notre société : « Quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent du CM2 avec de graves lacunes : près de 200 000 d'entre eux ont des acquis fragiles et insuffisants en lecture, écriture et calcul ; plus de 100 000 n'ont pas la maîtrise des compétences de base dans ces domaines. »
Scandale gigantesque qui aboutit à ce que , « chaque année 150 000 jeunes quittent le système éducatif sans qualification ».
On s'attendrait à ce propos à une réflexion de fond sur ce qui se passe réellement dans les classes : pourquoi tant d'enfants n'apprennent-ils pas à lire, écrire, compter, connaître leur langue ? Certes, au fil du rapport il est souligné que « l'effet maître » est primordial (ce qui contredit l'idée selon laquelle la réussite serait dictée par l'origine socio-économique) : autrement dit, un bon maître obtient de meilleurs résultats et ses élèves progressent d'autant mieux qu'il est exigeant et qu'il place haut la barre.
Peut-être tous les mauvais professeurs se concentrent-ils dans les zones les plus déshéritées ? Le rapport ne l'affirme pas mais il ose quand même ceci :
« C'est un marronnier pour les journaux télévisés chaque année au mois de septembre : l'arrivée des tout jeunes enseignants pour leur première nomination, à l'école, au collège ou au lycée, dans les établissements les plus difficiles, souvent face aux classes les plus complexes, le tout dans les zones les plus défavorisées ! Le tout avec 24 ou 48 heures, au mieux, pour prendre la mesure d'un environnement complètement nouveau... C'est le "baptême du feu" que l'Éducation nationale organise pour les reçus aux différents concours qu'elle organise.
« Non seulement ils manquent de pratique, mais ils ne connaissent généralement pas le milieu dans lequel ils sont catapulté ». Rares sont ceux à qui l'on donne le choix ... Comment dans ces conditions entretenir leur motivation ? D'autant que ces postes ont le charme du provisoire et de l'incertain : huit jeunes professeurs sur dix sont généralement affectés à des poste provisoires. »
Il faudrait donc mieux les payer en début de carrière, afin que la profession attire les meilleurs étudiants, quitte à prévoir une progression de salaire moins forte en cours de carrière, ne pas les lâcher dans des classes difficiles en début de parcours... Ce sont encore des mécanismes finalement très... mécaniques. Mais le rapport souligne aussi l'insuffisance de la formation pratique des enseignants qui font beaucoup de théorie, subissent souvent « l'infantilisation » des IUFM (Instituts universitaires de formation de maîtres) et reçoivent peu ou rien quand il s'agit de se préparer à enseigner concrètement une matière ou de faire face à des enfants difficiles ou en difficulté.
Aussi le rapport propose-t-il de modifier l'apprentissage du métier pour multiplier les contacts avec les plus anciens et la formation en situation, ce qui paraît tomber sous le sens. Davantage de « formation continue » aussi... Le « hic » reste celui des contenus de ces formations dont on sait qu'elles peuvent receler la pire des choses, jusqu'à la manipulation mentale des intéressés. Dans un pays qui supporte l'avortement de 220 000 tout-petits par an, où les jeunes sont privés de leur culture, de leur intelligence, de leurs capacités d'analyse par un système pédagogique souvent nocif, la confiance que l'on peut avoir en ces « remèdes » reste forcément très modérée.
Les autres remèdes sont pour la plupart d'un même ordre, mécanique. En comparaison avec les autres pays de l'OCDE, ce sont les petits Français qui passent le moins de jours à l'école (140 par an) et pourtant ils ingurgitent presque le maximum d'heures de cours. À changer ! Ce sont les petits Français qui redoublent le plus, sans aucun bénéfice : ils doivent donc progresser sans rupture d'une année sur l'autre en recevant des soutiens individuels (personne ne se demande si le fait de redoubler en subissant des méthodes ineptes qui ont déjà fait la preuve de leur inefficacité n'est pas le problème, et non le redoublement lui-même).
Il faut aussi donner plus de pouvoir et plus d'autonomie aux directeurs d'écoles primaires pour que celles-ci cessent d'être gérées comme de simples « services municipaux » :
L'idée, c'est de donner au vrai responsable de l'école les moyens de vérifier et de contrôler ce qui se passe dans les classes et d'imposer un quota d'heures d'apprentissage du français et des mathématiques. Tiens, j'en connais un comme cela : c'est Marc Le Bris, le courageux directeur instituteur de l'école de Médréac en Îlle-et-Vilaine. Lui-même et ses institutrices obtiennent des résultats magnifiques en respectant des méthodes pédagogiques traditionnelles. Ce qui a valu à Marc Le Bris d'être bloqué dans son avancement par la vertu de l'inspection académique. On reste rêveur devant la recommandation de l'Institut Montaigne d'augmenter le nombre d'inspecteurs et de les rendre plus disponibles pour l'inspection qui, selon lui, devrait être l'un des principaux ressorts pour une amélioration de la situation.
Je vous l'ai dit, on reste sur une impression d'extériorité par rapport à la gravité et à la nature de l'échec scolaire. Le rapport parle aussi de manière plus détaillée de l'apprentissage de la lecture, sans aller aux vraies causes et en proposant des remèdes pour partie inadéquats ou nocifs...
Jeanne Smits Présent du 7 mai 2010
Re: Génération décervelée
Publié : 05/06/2010 - 21:51
par Eniotnar
Re: Génération décervelée
Publié : 05/06/2010 - 22:05
par Eniotnar
L'histoire en audio pour ceux que la lecture .... (
heum) .... fatiguerait !
http://www.theatrum-belli.com/Allez au bas du panneau, vous y verrez "
VOX BELLI"
Pour les films, choisir "
VIDEO BELLI"
Re: Génération décervelée
Publié : 06/06/2010 - 17:10
par supergaulois
quand tu vois que un cpf s'exprime en mode sms et encore je suis gentil

, c'est pas franchement étonnant
Re: Génération décervelée
Publié : 08/06/2010 - 0:08
par junior94
Oui, nos élèves ne savent ni lire ni écrire....enfin nos élèves..mes élèves !
Je caricature, mais tout de m
ême ......mais à qui la faute ?
Je ne suis ni un ph
ilosophe, ni un professionnel
de quoi que (espace entre quoi et que) ce soi
t.. je suis juste un homme de terrain, et quel terrain : un lycée professionnel, situé en zep, en région parisienne.
Je suis arrivé dans ce monde de l'enseignement il y
a 2 ans. Quelle surprise pour moi de voir :
- des copies du bac, bac français, notées de manière abracadabrantesque (14/20 pour une copie qui commence par "anal
ise de lecture"....) ;
- un inspecteur pédagogique pr
êt à vanter les mérites de méthode tout droit sortie de la toute dernière directive de son supérieur... qui n'a, semble t-il, jamais vu un seul élève de sa vie (à part peut
-être son fils qui sai
t lire depuis l'
âge de 6ans de manière parfaite...mais nos élèves n'ont pas eu le m
ême environnement, chuuuut il ne le sai
t pas, ou ne veut pas le savoir) ;
- une tendance assez incroyable à parler en cours de français de sujet ...tel
le la dernière sortie scolaire au parc disney ;
et bien s
ûr je ne cite pas le meilleur pour la fin : la méthode inductive (La méthode inductive est définie comme l’opération par laquelle l’esprit part des faits particuliers pour s’élever à une loi générale). Bref, une méthode ou des enfants qui ne savent pas, qui n'ont presque pas de culture générale, mais qui vont (en 8h au lieu de 1h avec une méthode déductive) arriver à déterminer, avec encore beaucoup de flou, une règle générale (le cours quoi) Bref avec cette méthode, on est certain de... ne pas finir le programme,
Dernier responsable, et non des moindre
s : les parents d'élèves..Et oui, nombre d'entre eux, veulent, quoi qu'il en co
ûte, que leur enfant obtienne ce dipl
ôme....peu importe sa véritable valeur, au fur et à mesure du nivellement vers le bas pour qu'ils (les élèves) l'obtiennent
Correction T_I
il existe un correcteur d'orthographe intégré, lorsque le mot est souligné en rouge, il faut rectifier, il faut penser que les mots écrits sont la seule image que vous présentez aux autres !
Re: Génération décervelée
Publié : 08/06/2010 - 7:30
par Angelo
junior94 a écrit :- des copies du bac, bac français, notées de manière abracadabrantesque (14/20 pour une copie qui commence par "analise de l'ecture"....) ;
Il faut le voir pour le croire
C'est scandaleux, un bachelier qui écrit comme cela, c'est d'office un 0/20 
Re: Génération décervelée
Publié : 08/06/2010 - 10:51
par JCL31
A qui la faute ?
Aux enseignants anarchistes post 68 revendiquant la liberté de parole, prônant une certaine égalité, dans les mots et qui ont enseigné dans les faits à d'autres devenus enseignants leurs incompétences.
Ajoutons à cela le manquement de l'autorité civique et tu as in fine une génération "SMS ziva ouala," mélange entre liberté et égalité
Hors 90% des enseignants, au courant du désastre éducatif qu'ils ont cautionné, et face à cette réalité induite, ne veulent surtout pas remettre en cause ce système et préfèrent se terrer dans le silence au cas ou, de la révolution liberticide ils passeraient à la révolution du résultat, a de l'éthique.
Lutter contre cette institution qui revendique toujours plus de moyen alors qu'elle est celle à qui en est alloué le plus, est primordiale.
Juste pour remettre en ordre ce pour quoi l'enseignement est fait.
Faire une société ou les plus manuels soient bien formés et les plus cérébraux soient efficaces.
Malheureusement, pendant que les pays émergents commencent à instruire leur peuple, les Zélites, ici, font de la Nation un terreau de cancres sur les bancs, cédant à la pression des marxisto-néocons.
Tous ça par électoralisme.
Re: Génération décervelée
Publié : 08/06/2010 - 17:44
par vvdd66
si les gamins de tout ages faisaient leurs devoirs le soir et si ils dormaient comme a notre époque vers 20h00/20h30 au lieu de regarder la télé ou de jouer sur l'ordinateur la moitié de la nuit le problème serait résolu il y a un bout de temps
Re: Génération décervelée
Publié : 08/06/2010 - 21:30
par Cleo
junior94 a écrit :Oui, nos élèves ne savent ni lire ni écrire....enfin nos élèves..mes élèves !
Je caricature, mais tout de m
ême ......mais à qui la faute ?
Je ne suis ni un ph
ilosophe, ni un professionnel de quoique ce soi
t.. je suis juste un homme de terrain, et quel terrain : un lycée professionnel, situé en zep, en région parisienne.
Je suis arrivé dans ce monde de l'enseignement il y
a 2 ans. Quelle surprise pour moi de voir :
- des copies du bac, bac français, notées de manière abracadabrantesque (14/20 pour une copie qui commence par "anal
ise de lecture"....) ;
- un inspecteur pédagogique pr
êt à vanter les mérites de méthode tout droit sortie de la toute dernière directive de son supérieur... qui n'a, semble t-il, jamais vu un seul élève de sa vie (à part peut
-être son fils qui sai
t lire depuis l'
âge de 6ans de manière parfaite...mais nos élèves n'ont pas eu le m
ême environnement, chuuuut il ne le sai
t pas, ou ne veut pas le savoir) ;
- une tendance assez incroyable à parler en cours de français de sujet ...tel
le la dernière sortie scolaire au parc disney ;
et bien s
ûr je ne cite pas le meilleur pour la fin : la méthode inductive (La méthode inductive est définie comme l’opération par laquelle l’esprit part des faits particuliers pour s’élever à une loi générale). Bref, une méthode ou des enfants qui ne savent pas, qui n'ont presque pas de culture générale, mais qui vont (en 8h au lieu de 1h avec une méthode déductive) arriver à déterminer, avec encore beaucoup de flou, une règle générale (le cours quoi) Bref avec cette méthode, on est certain de... ne pas finir le programme,
Dernier responsable, et non des moindre
s : les parents d'élèves..Et oui, nombre d'entre eux, veulent, quoi qu'il en co
ûte, que leur enfant obtienne ce dipl
ôme....peu importe sa véritable valeur, au fur et à mesure du nivellement vers le bas pour qu'ils (les élèves) l'obtiennent
Correction T_I
il existe un correcteur d'orthographe intégré, lorsque le mot est souligné en rouge, il faut rectifier, il faut penser que les mots écrits sont la seule image que vous présentez aux autres !
Bin c'est toujours pas toi qui va leur donner l'exemple.

Re: Génération décervelée
Publié : 09/06/2010 - 3:51
par junior94
je passe 12h max par an devant un tableau (et encore, c'est pour dessiner un rond point par exemple), j'enseigne la conduite des PL....... Merci donc de te renseigner sur ma spécialité avant de critiquer...juste pour le plaisir de critiquer, ou de passer pour madame je sais tout.
Re: Génération décervelée
Publié : 09/06/2010 - 4:38
par junior94
vvdd66 a écrit :si les gamins de tout ages faisaient leurs devoirs le soir et si ils dormaient comme a notre époque vers 20h00/20h30 au lieu de regarder la télé ou de jouer sur l'ordinateur la moitié de la nuit le problème serait résolu il y a un bout de temps
Oui mais tout de même, à qui la faute là encore .....aux parents ! quand je vois en bas de mon immeuble, des jeunes à 00h encore à boire par exemple; alors qu'ils n'ont pas plus de 15ans...à qui la faute !?!
Re: Génération décervelée
Publié : 09/06/2010 - 11:41
par Cleo
junior94 a écrit :je passe 12h max par an devant un tableau (et encore, c'est pour dessiner un rond point par exemple), j'enseigne la conduite des PL....... Merci donc de te renseigner sur ma spécialité avant de critiquer...juste pour le plaisir de critiquer, ou de passer pour madame je sais tout.
Quand on se permet dans un autre post de dire qu'aujourd'hui les jeunes ne savent pas écrire, faut déjà savoir écrire soi-même. Au moins les autres ont la décence de se taire ou de ne pas prétendre qu'eux savent écrire.
Maintenant si tu te permets encore une seule fois de m'appeler madame je sais tout (en tous cas c'est sûr j'en sais plus que toi), tu dégages!
Re: Génération décervelée
Publié : 09/06/2010 - 11:51
par Angelo
Allez...Faite la paix, ce n'est pas grave, zeeeeen

Re: Génération décervelée
Publié : 09/06/2010 - 12:33
par junior94
Re: Génération décervelée
Publié : 09/06/2010 - 16:48
par Cleo
Exactement! Il est hors de question que je me laisse insulter.
Re: Génération décervelée
Publié : 09/06/2010 - 17:42
par junior94
Cleo a écrit :Exactement! Il est hors de question que je me laisse insulter.
tout comme moi..............................................................................

de même manière pour tout le monde je pense
donc on a tous le droit au respect, peu importe ses différences...... la tolérance en quelque sorte..............

Re: Génération décervelée
Publié : 10/06/2010 - 22:10
par supergaulois
tu pourrais déja faire des efforts en orthographe, Cléo ne fait aucune faute

Re: Génération décervelée
Publié : 10/06/2010 - 22:13
par Angelo
Pour revenir sur le sujet "génération d'écervelée" ,je viens de voir un film qui colle bien je pense...Ce film se nomme
"Idiocracy" :
Joe Bowers, l'Américain moyen par excellence, est choisi par le Pentagone comme cobaye d'un programme d'hibernation, qui va mal tourner. Il se réveille 500 ans plus tard et découvre que le niveau intellectuel de l'espèce humaine a radicalement baissé et qu'il est l'homme le plus brillant sur la planète...Je pense personnellement que ce film pourrait avoir une part de réalité, car l'abrutissement quotidien des masses à la TV par des émissions crétines, le "tout automatisé", la recherche toujours du profit sans réfléchir aux conséquences, le matraquage publicitaire, l'éducation de plus en plus calamiteuse...pourraient bien aboutir à une diminution du Quotient Intellectuel des gens sur toute la planète dans plusieurs siècles !Bien sûr, ce film critique sur le ton de la comédie la société actuelle, donc exagéré, mais je serais curieux de faire un bon de 500 ans dans l'avenir pour voir ce qu'il advient de l'espèce humaine...je pense que l'on y arrive petit à petit à cet abrutissement généralisé
Re: Génération décervelée
Publié : 13/06/2010 - 11:05
par Eniotnar
Re: Génération décervelée
Publié : 14/06/2010 - 23:20
par Angelo
Pour revenir sur le sujet "génération d'écervelée" ,je viens de voir un film qui colle bien je pense...Ce film se nomme
"Idiocracy" :
Joe Bowers, l'Américain moyen par excellence, est choisi par le Pentagone comme cobaye d'un programme d'hibernation, qui va mal tourner. Il se réveille 500 ans plus tard et découvre que le niveau intellectuel de l'espèce humaine a radicalement baissé et qu'il est l'homme le plus brillant sur la planète...Je pense personnellement que ce film pourrait avoir une part de réalité, car l'abrutissement quotidien des masses à la TV par des émissions crétines, le "tout automatisé", la recherche toujours du profit sans réfléchir aux conséquences, le matraquage publicitaire, l'éducation de plus en plus calamiteuse...pourraient bien aboutir à une diminution du Quotient Intellectuel des gens sur toute la planète dans plusieurs siècles !Bien sûr, ce film critique sur le ton de la comédie la société actuelle, donc exagéré, mais je serais curieux de faire un bon de 500 ans dans l'avenir pour voir ce qu'il advient de l'espèce humaine...je pense que l'on y arrive petit à petit à cet abrutissement généralisé
Re: Génération décervelée
Publié : 14/06/2010 - 23:47
par Eniotnar
Fonzie a écrit :Pour revenir sur le sujet "génération d'écervelée" ,je viens de voir un film qui colle bien je pense...Ce film se nomme
"Idiocracy" :
Joe Bowers, l'Américain moyen par excellence, est choisi par le Pentagone comme cobaye d'un programme d'hibernation, qui va mal tourner. Il se réveille 500 ans plus tard et découvre que le niveau intellectuel de l'espèce humaine a radicalement baissé et qu'il est l'homme le plus brillant sur la planète...Je pense personnellement que ce film pourrait avoir une part de réalité, car l'abrutissement quotidien des masses à la TV par des émissions crétines, le "tout automatisé", la recherche toujours du profit sans réfléchir aux conséquences, le matraquage publicitaire, l'éducation de plus en plus calamiteuse...pourraient bien aboutir à une diminution du Quotient Intellectuel des gens sur toute la planète dans plusieurs siècles !Bien sûr, ce film critique sur le ton de la comédie la société actuelle, donc exagéré, mais je serais curieux de faire un bon de 500 ans dans l'avenir pour voir ce qu'il advient de l'espèce humaine...je pense que l'on y arrive petit à petit à cet abrutissement généralisé
Ah, dommage Fonzie,
Je ne vais pas au cinéma ; en revanche, je peux t'assurer que que le niveau intellectuel des bipèdes a baissé, sans qu'il faille attendre 500 ans. 50 ans ont suffi, tu vois !
Mais n'aie crainte, tout ce cirque va bientôt s'arrêter, car ton film a oublié une actrice de choc dans son scenario : Dame NATURE ; et celle-là quand elle se déchaîne, je te promets qu'elle remet tout à plat !

Re: Génération décervelée
Publié : 15/06/2010 - 0:04
par junior94
je vais dès demain regarder ce film en streaming
Re: Génération décervelée
Publié : 03/07/2010 - 20:25
par Pat
Socle des connaissances et droits des parents
[b]L'obligation faite aux parents des 16 garçons, élèves du collège Don-Bosco-Saint-Projet à Bordeaux, de les inscrire ailleurs à la rentrée sous peine de poursuites pénales devrait, aurait dû susciter un élan de solidarité de la part de tous ceux qui se battent pour la liberté de l'enseignement et pour le droit des parents d'éduquer leurs enfants comme ils l'entendent. Je dis « aurait dû » parce qu'on a assisté plutôt, depuis vendredi dernier, au silence radio, quand ce n'était pas à une forme de re-lynchage de l'école Saint-Projet par la répétition absurde des manipulations et des montages de l'émission « Les Infiltrés » à son sujet. Absurde parce que l'inspection subie par l'école n'a en rien confirmé les accusations de racisme, d'antisémitisme, de révisionnisme lancées par l'émission tournée dans les conditions intolérables que l'on sait. A quoi s'ajoute l'inconscience : si le collège bordelais est aujourd'hui menacé d'être vidé de sa substance par le départ « obligé » de ses élèves, c'est que demain, sauf opposition vigoureuse et solidaire de la part de tous ceux qui en ont assez de voir leurs enfants autrement déformés par l'Education nationale, toutes les écoles hors contrat catholiques pourront être persécutées au motif qu'on y enseigne l'histoire et les autres matières en respectant la doctrine catholique. Au fond, rien d'autre n'est aujourd'hui reproché à Saint-Projet ... Et nous savons depuis longtemps que c'est toujours par les affaires « à la marge » que la culture de mort progresse ou que les libertés sont attaquées : c'est précisément « à la marge » qu'il faut se battre et ne pas se laisser gagner par la logique de l'adversaire.[/b]
Il faut lire et relire la chronique de Jacques Trémolet de Villers dans Présent de mercredi. Il dit tout sur ce devoir de solidarité, même et surtout si la haine de l'adversaire n'est pas absolument sans fondement du fait de fautes, d'erreurs, de négligences. Il ne s'agit pas de dire que tout était et que tout sera parfait dans toutes les écoles hors contrat du pays : c'est impossible et d'ailleurs encore moins vrai - litote des écoles de la République qui font entrer chaque année dans les classes de 6e quelque 40 % d'élèves qui ne maîtrisent pas véritablement la lecture, l'écriture, l'arithmétique. Encore s'agit-il là de chiffres officiels. Dans L'école des illusionnistes Elisabeth Nuyts montre que la face cachée de l'iceberg est aussi inquiétante que l'illettrisme désastreux d'une minorité : ceux qui « réussissent » dans le système peuvent ne pas avoir appris à penser, à raisonner, ni même à s'entendre lire dans leur tête, confondre indéfiniment sujet et objet.
La lecture superficielle du décret instaurant le « socle des connaissances » (11 juillet 2006) qui n'est en rien un programme, ni une indication de calendrier de progression des acquis, laisserait presque croire que le but recherché est précisément d'assurer à chaque enfant un véritable accès à la pensée, au raisonnement, à la culture (et même aux dictées et aux textes de la littérature appris par cœur !).
Mais il faut en dégager trois mots-clefs : « humanisme », « stéréotypes », « laïcité ». Parmi les exigences purement scolaires qui à l'échelle de l'Education nationale ressemblent trop souvent à des vœux pieux, ce sont là les outils de combat qui permettent aux interprétateurs du « socle commun » d'imposer le relativisme dans l'enseignement. Mais oui, la dictature, pour être telle, a quand même besoin de textes réglementaires ...
« Humanisme », ici, s'entend à peu près sûrement dans un sens « maçon » ; il est beaucoup question de confronter les cultures, de mieux comprendre « l'autre », mais au sens de vertus chrétiennes devenues folles puisqu'en dehors de la démocratie et de l'Etat de droit rien ne saurait exister. Quoi de plus « humaniste » que d'apprendre l'histoire ? Eh bien, dans le cas des collégiens de Saint-Projet, il est essentiellement reproché à cette école explicitement catholique, et qui croyait avoir le droit de l'être, d'enseigner l'histoire à travers un « prisme catholique ». C'était l'épée de Damoclès qui pesait sur tout enseignement confessionnel depuis le décret sur le socle des connaissances et, depuis le 5 mars 2009 sur les écoles hors contrat et l'instruction à domicile, puisqu'un décret signé Pillon-Darcos leur étend l'obligation de respecter celui de 2006.
Je décrivais ici, cette année-là - le 19 mai 2006 - le décret dont on connaissait à peu près l'intégralité : j'avais retenu cet élément qui éclaire bien « l'humanisme » européen qui lui sert de toile de fond. Chaque élève doit ainsi « être en mesure de comprendre les grands défis de l'humanité, la diversité des cultures et l'universalité des droits de l'Homme, la nécessité du développement et la protection de la planète ».
Pour la laïcité - qui aura été au cœur du mauvais procès fait à Saint-Projet - elle se veut bien sûr ouverte. C'est à la mode. Mais ouverte veut dire « tolérante », au sens relativiste. On exige la connaissance du « fait religieux en France en Europe et dans le monde en prenant notamment appui sur des textes fondateurs (extraits de l'Ancien Testament, du Nouveau Testament, du Coran) ». Dans l'entier « respect » des « croyances» de chacun. Que le catholique puisse affirmer la fausseté de l'islam (en restant modeste !) sort déjà du cadre.
Venons-en aux « stéréotypes ». Ils sont à éviter, ils concernent les « autres », ceux d'autres pays, d'autres cultures, d'autres origines. Si le texte reste discret son contexte, que nous connaissons, est bien lourd : tout comme combattre le « racisme » consiste d'abord, dans cette idéologie, à préférer ce qui est étranger à ce qui nous est proche, combattre les « préjugés et les stéréotypes » ne concerne pas tant la recherche de la vérité que le rejet des principes et des réactions d'ordre culturel.
A l'époque je notais également que certains aspects du décret étaient quasiment en mode subliminal mais non moins révélateurs : « En un seul souffle, le jeune de demain est sommé d'''être éduqué à la sexualité, à la santé et à la sécurité (connaître notamment les règles de sécurité routière)". On sait ce que cela recouvre. Pour être un bon citoyen, il faut savoir éviter les bébés et le sida aussi bien que l'alcool au volant et la matière grasse dans le hamburger... »
De fait, les élèves de Saint-Projet ont notamment été priés de changer d'école parce que l'enseignement des « sciences du vivant » y était jugé insuffisant (alors même qu'aucune exigence de temps d'enseignement ou de moment dans le cursus scolaire n'est fixée par le décret).
Pourtant une seule phrase comme celle-là permet d'en référer aux programmes officiels pour exiger une « éducation sexuelle » axée sur la contraception et les aspects techniques des relations humaines, enseignés dans l'indigence humaine, morale et même scientifique qui est celle des manuels actuels (au point que même la HALDE, évaluant les manuels du secondaire, a jugé indispensable de mettre en évidence cette affligeante nullité du contenu).
A l'époque du débat sur le socle des connaissances, c'était pourtant la gauche qui était montée au créneau, et peu de voix s'étaient élevées parmi les défenseurs de la liberté de l'éducation contre un projet qui sur certains points, dits les « bons » mots, semble vouloir instituer une vraie réforme. On hésitait à jouer les Cassandre, les éternels rabougris, les coupeurs de mouches en quatre qui ne peuvent jamais se réjouir de la part de bon qu'il peut y avoir dans une réforme.
Il n'empêche.
Les armes contre les parents et les écoles libres se mettaient discrètement en place. Les bien-pensants vantaient les qualités de la corde qui un jour, pouvait bien être destinée à les pendre. Comme aujourd'hui des bien-pensants croient mieux défendre les « écoles différentes » soit en restant muets sur ce qui se passe à Bordeaux, soit en ajoutant leurs critiques aux résultats des inspections. Je crois que leur calcul n'est pas le bon. En apportant de l'eau au moulin de l'Education nationale, ils donnent encore plus de poids à la fiction selon laquelle il appartient à un corps de fonctionnaires de juger ce que l'on doit et ce que l'on ne doit pas enseigner aux jeunes, à l'école, dans la famille ou ailleurs.
Cela est même d'une extrême gravité. Lorsqu'il s'agit des droits - sacrés ! - des parents, il faut admettre que leurs libertés comportent des risques. Des risques d'inefficacité (mais l'école « officielle », en ce domaine, est déjà championne), des risques d'erreur (mais en feront-ils jamais autant que l'Education nationale en matière d'endoctrinement ?), des risques d'excès.
Mais tant qu'il n 'y a pas délit, mauvais traitements, violence, maintien volontaire dans l'ignorance, il est plus dangereux de laisser intervenir l'Etat que de ne point le laisser faire.
Pour ce qui est des violences et du maintien volontaire dans l'ignorance, on est déjà bien assez servi dans les écoles du « système » !
JEANNE SMITS PRESENT du 11 juin 2010
Re: Génération décervelée
Publié : 18/10/2010 - 15:19
par Pat
Génération décervelée : Vrais et faux problèmes
Chers lecteurs, voici donc une nouvelle année scolaire qui commence, nos enfants prennent le chemin de l'école, qui dans un établissement public, qui dans une école catholique sous contrat, qui - moyennant souvent bien des sacrifices - dans une école libre, vraiment libre. Les parents le savent bien : rien n'est parfait dans ce bas monde et une école choisie avec soin peut décevoir, celle où l'on met ses enfants, résignés, faute de pouvoir faire autrement, peut se révéler être celle dont ils avaient précisément besoin. Mais avec raison, le choix de la liberté apparaît de plus en plus souvent indispensable pour que les enfants du XXIe siècle aient réellement à l'école la possibilité de développer leur intelligence, d'apprendre à penser et à raisonner. C'est une véritable guerre culturelle que nous menons, une guerre contre l'ignorance, contre la laideur, contre la domination des passions sur la raison. Voilà pourquoi en cette rentrée 2010, cette rubrique continue.
Au risque de me répéter, parfois.
On se perd parfois dans des discussions qu'on devrait pouvoir rayer d'un trait de plume.
Tous les ans ce sont les mêmes sujets qui retiennent l'attention médiatique : les aspects matériels de la rentrée (du coût des fournitures scolaires au poids du cartable), les premières grèves à prévoir, les larmes charmantes des tout-petits qui, souvent très tôt, prennent le chemin de l'école (sans être assurés d'en sortir en sachant lire et compter d'ici à 15 ans)... On parle aussi de la dernière réforme en cours (un mot de cela un peu plus tard) ou du nombre d'enfants inscrits à l'école, au collège, au lycée, des classes qui ferment en zone rurale, bien plus rarement du casse-tête de l'enseignement dans des classes où les nationalités se multiplient et les connaissances se divisent. On évoque les parcours d'excellence (oui, il en demeure) et les écoles du tout-venant. Mais, globalement, l'affirmation d'une méfiance à l'égard de l'institution n'a pas droit de cité au journal de 20 heures. Et le sentiment qui semble prédominer est celui du fatalisme.
Une vraie presse libre, une télévision qui informe, des journalistes curieux raconteraient une autre histoire celle des moyennes et grandes sections de maternelle où des gamins « apprennent » à écrire des mots qu'ils ne savent ni lire ni comprendre, des CP où des méthodes de lecture présentées comme « syllabiques » plongent les élèves dans l'apprentissage purement visuel d'une activité qui concerne d'abord l'analyse pas à pas et l'oreille, des parcours fourre-tout où les jeunes sont coulés dans un moule sans que l'on se préoccupe de leurs talents, des programmes imposés par un Etat Big Brother qui ose décréter par le menu ce que les jeunes doivent savoir et, surtout, penser et aimer.
Quels beaux sujets, pourtant, pour des journalistes qui se voient bien en garants de l'indépendance et de la liberté !
Ce manque de vérité criant est sans doute la première raison pour laquelle je reprends, comme chaque année depuis 2002, cette rubrique. Elle est peut-être un peu essoufflée. Je m'y répète assurément. Mais voyez-vous, devant l'avortement des esprits, auquel bien des facteurs concourent mais où les choix pédagogiques jouent un rôle de premier plan, mon indignation demeure entière. Des enfants vont souffrir, demain, la semaine prochaine, parce que des maîtresses croyant bien faire - vont les déstabiliser, parfois les désespérer en les empêchant d'apprendre selon leur nature et en leur demandant des efforts surhumains.
Je le dis et je le redis encore : on ne peut plus, dans la grande et scandaleuse affaire de l'échec scolaire, faire comme si les choses allaient somme toute de mieux en mieux parce que les gouvernements successifs s'attellent aux problèmes ; on ne peut plus faire comme si les causes du mal restaient mystérieuses, comme s'il n'y avait aucune solution. Chers lecteurs de Présent, vous avez des enfants, des petits-enfants, des proches qui viennent d'envoyer leurs petits à l'école pour la première fuis. Parlez-leur de cette rubrique, parlez-leur de ce journal qui ne parle pas comme les autres journaux, aidez-nous à exister, à survivre, et à dire ce que nous avons sur le cœur et ce que nous savons, parce que ce faisant vous leur rendrez service.
Le problème de l'apprentissage de la lecture est et reste crucial. Dans l'ensemble - il y la d'heureuses exceptions, souvent dans le hors-contrat, mais aussi dans les écoles publiques ou privées sous contrat - nos enfants sont confrontés à des méthodes qui les privent de la capacité d'apprendre d'abord les éléments des lettres, puis les lettres et leurs sons, et ensuite les sons codifiés par les assemblages de lettres, les syllabes, et enfin les mots, toujours en verbalisant. Elisabeth Nuyts (L'école des illusionnistes) a montré qu'apprendre à lire de manière globale et très tôt silencieuse produit - entre autres deux effets nocifs qui devraient faire proscrire cela comme un poison : cet apprentissage crée des dyslexies chez les enfants qui n'apprennent pas principalement de manière visuelle, et pire, chez tous, il favorise la lecture non verbale, la « pensée » sans mots, l'écriture et le parler mécanisés. Quand rien ne vient compenser cela, quand en outre les enfants sont parqués dès leur plus jeune âge devant la télévision ou leur écran d'ordinateur, leurs capacités visuelles (s'ils en ont) sont développées à outrance au détriment de la pensée consciente. Chez les auditifs, dont Elisabeth Nuyts a constaté qu'ils doivent dire les choses pour les voir ou à tout le moins pour les retenir, les dégâts peuvent être encore plus désastreux comme en témoigne le nombre de jeunes avec un vocabulaire désespérément pauvre, et une pensée, forcément, à l'avenant.
À quoi s'ajoutent bien d'autres méthodes et aberrations pédagogiques. Elles vont dans la même direction, comme j'ai essayé de le montrer ici depuis des années, mais elles savent si bien se masquer derrière une accumulation de « connaissances » exigées par des programmes qui ne sont pas aussi pauvres qu'on voudrait le croire. Ces « savoirs » et ces « compétences » accumulés ne donnent souvent pas aux jeunes les moyens de comprendre ce qu'ils font. Ou ils déforment carrément leur pensée, leur sens du sujet et de l'objet, du temps qui passe et de leur pouvoir d'agir sur le monde.
Dans les semaines à venir, je vous parlerai sans doute de la réforme du lycée, mais non sans avoir interrogé des responsables d'écoles sur sa réalité, puisqu'à l'heure qu'il est, rien n'est prêt, pas même les manuels scolaires. Et que dans une bonne part des établissements, les possibilités accrues de choisir des options ne correspondent à rien, faute de professeurs pour les enseigner. Et que la « science économique » obligatoirement dispensée aux élèves de seconde - qui essuient les plâtres de cette énième réforme ne compensera pas leurs dyslexies, dyspraxies et autres dyscalculies acquises dans le primaire. Non, elle ne mettra même pas les jeunes de 15 ans en mesure de comprendre la crise que nous traversons, ne parlons même pas d'y apporter des remèdes !
Je vous parlerai de l'apprentissage des langues, mis au service de tout autre chose que... l'apprentissage des langues.
Je vous parlerai de méthodes de lecture qui ont bonne presse, mais qui méritent sans doute un œil un peu critique.
Je continuerai de décrire le désastre en rappelant qu'il n'est ni inéluctable, ni irréversible et que chacun, à sa place, a les moyens d'aider un jeune à ne pas y être englouti.
Mais surtout, aujourd'hui, je formule le vœu qu'en cette nouvelle année scolaire, des parents aient assez le sens de leurs droits d'éducateurs pour mettre leur nez dans les livres qui seront donnés à leurs enfants. Qu'ils n'aient pas peur de passer pour d'éternels grincheux en se manifestant, en réclamant mieux, en réaffirmant qu'ils sont les premiers responsables de l'éducation et de l'instruction de leurs enfants. Qu'ils s'informent, et qu'ils ne se laissent pas endormir par le système. On a les libertés que l'on mérite, et pour lesquelles on se bat.
JEANNE SMITS PRESENT du 3 septembre 2010
Re: Génération décervelée
Publié : 04/11/2010 - 13:37
par Eniotnar