INTERDIRE LA" MÉTHODE GLOBALE"?
Publié : 17/11/2007 - 14:04
Il faudra réformer profondément les IUFM...
Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robienpart en guerre contre la méthode globale d'apprentissage de la lecture. II avait déjà dénoncé ces méthodes désastreuses, mais cette fois il va plus loin. Sur RMC, il a annoncé des directives «: pour revenir aux méthodes syllabiques, convaincre d'abandonner les autres et signifier aux inspecteurs qu'ils doivent cesser de sanctionner les enseignants pratiquant la méthode syllabique ». Puis, à l'Assemblée nationale, il a évoqué les études d' orthophonistes montrant que la dyslexie est « provoquée par une approche globale de la lecture », et de scientifiques expliquant que le cerveau est « constitué de telle façon que l'apprentissage syllabique est meilleur ». « Il faut abandonner une fois pour toutes la méthode globale ou assimilée »,a-t-il martelé, annonçant qu'il allait « prendre contact avec les éditeurs de manuels et rencontrer aussi les maires qui les achètent pour les écoliers ».
La réaction des lobbies n'a pas traîné. Le secrétaire général du SNUipp-FSU, le principal syndicat d'instituteurs, a déclaré que ce débat n'a pas de raison d'être car « la méthode globale a été abandonnée depuis belle lurette ». Et pour la FCPE, la principale fédération de parents d'élèves, le ministre reprend « le discours aussi faux qu'éculé de ses prédécesseurs », car la méthode globale « n'est plus utilisée du tout et partir en guerre contre elle témoigne d'un amateurisme inquiétant ».
En revanche, Jean-Marie Le Pen, dans un communiqué, salue « enfin une mesure de bon sens, que nous réclamons depuis trois décennies, en compagnie de tous ceux qui sont confrontés au désastre du non enseignement de la lecture, se traduisant notamment par une montée sans précédent de l'illettrisme ».
Qu'en est-il ?
On embrouille le débat
Ce qui est vrai dans le propos de la FCPE est que Gilles de Robien reprend des critiques déjà formulées par Luc Ferry et ... Jack Lang. Mais il serait tout de même curieux que des ministres successifs, de droite comme de gauche, fassent les mêmes critiques d'une méthode qui n'aurait plus cours ... En réalité, les assertions de la SNUipp-FSU et de la FCPE sont un effarant tissu de mensonges. Plus précisément, on joue sur les mots. La méthode strictement globale est tellement incapable d'apprendre la lecture qu'on a inventé des méthodes «semi-globales», des méthodes «mixtes», qui comportent une part de syllabisme. Donc ce sont également des méthodés syllabiques. Mais cette déduction est fausse. Car les méthodes prétendument mixtes sont d'abord des méthodes globales : on commence à apprendre la lecture de façon globale, et ensuite seulement, une fois que le mal est fait, on essaye de limiter le désastre en utilisant à la marge la méthode syllabique.
Le procédé des syndicats est habile, et revient à dire: circulez, il n'y a rien à voir. II vise en fait à protéger les vrais responsables, à savoir les experts en pédagogie des IUFM, les instituts de formation des maîtres, qui ont élaboré des théories aberrantes qu'ils inculquent aux futurs instituteurs.
Jean-Marie Le Pen dénonce les idéologues totalitaires
C'est pourquoi Jean-Marie Le Pen poursuit ainsi son communiqué :« Au-delà de cet aspect particulier, c'est tout le système des IUFM qu'il faut réformer, car ce système, aux mains d'idéologues totalitaires, injecte dans le corps de l'Education nationale le poison d'une anti-pédagogie marxisante destructrice de toute transmission authentique du savoir.» L'idéologie propagée dans les IUFM pose en principe que l'élève, pardon, « l'apprenant », doit « construire lui-même ses savoirs ». C'est à lui de découvrir ce qu'il doit connaître. L'enseignant ne doit donc pas imposer son savoir, ni surtout transmettre une culture. Tout cela relève du fascisme. il ne fera ni dictées ni cours de grammaire, mais demandera à l'enfant, par exemple, de « repérer les champs lexicaux et les situations d'ancrage d'un texte dans sa situation d'énonciation », ou le fera étudier les « actes de parole» selon leurs dimensions « locutoire, illocutoire et interlocutoire ».Etc. Non seulement ce délire post soixante-huitard d'intellectuels pervers continue d'être la norme, mais il s'aggrave. Un tout récent rapport préconise de mettre fin à la « segmentation de la réflexion pédagogique » par matières en mettant en place des « conseils pédagogiques » uniques chargés de « piloter » l'établissement : ni plus ni moins que des soviets ayant pour mission d'imposer uniformément les prétendues «pédagogies nouvelles» à des enseignants sévèrement tenus en laisse.
On voit que Gilles de Robien, s'il veut vraiment s'attaquer au problème, a du pain sur la planche. En attendant, l'école officielle de la République continue de fabriquer des sauvages. On parle beaucoup de crimes contre l'humanité, ces temps-ci. En voilà un, authentique, perpétré en toute impunité et en permanence, qui en détruisant l'esprit des enfants sape l'avenir de la nation.
Yves Daoudal National Hebdo 2006
Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robienpart en guerre contre la méthode globale d'apprentissage de la lecture. II avait déjà dénoncé ces méthodes désastreuses, mais cette fois il va plus loin. Sur RMC, il a annoncé des directives «: pour revenir aux méthodes syllabiques, convaincre d'abandonner les autres et signifier aux inspecteurs qu'ils doivent cesser de sanctionner les enseignants pratiquant la méthode syllabique ». Puis, à l'Assemblée nationale, il a évoqué les études d' orthophonistes montrant que la dyslexie est « provoquée par une approche globale de la lecture », et de scientifiques expliquant que le cerveau est « constitué de telle façon que l'apprentissage syllabique est meilleur ». « Il faut abandonner une fois pour toutes la méthode globale ou assimilée »,a-t-il martelé, annonçant qu'il allait « prendre contact avec les éditeurs de manuels et rencontrer aussi les maires qui les achètent pour les écoliers ».
La réaction des lobbies n'a pas traîné. Le secrétaire général du SNUipp-FSU, le principal syndicat d'instituteurs, a déclaré que ce débat n'a pas de raison d'être car « la méthode globale a été abandonnée depuis belle lurette ». Et pour la FCPE, la principale fédération de parents d'élèves, le ministre reprend « le discours aussi faux qu'éculé de ses prédécesseurs », car la méthode globale « n'est plus utilisée du tout et partir en guerre contre elle témoigne d'un amateurisme inquiétant ».
En revanche, Jean-Marie Le Pen, dans un communiqué, salue « enfin une mesure de bon sens, que nous réclamons depuis trois décennies, en compagnie de tous ceux qui sont confrontés au désastre du non enseignement de la lecture, se traduisant notamment par une montée sans précédent de l'illettrisme ».
Qu'en est-il ?
On embrouille le débat
Ce qui est vrai dans le propos de la FCPE est que Gilles de Robien reprend des critiques déjà formulées par Luc Ferry et ... Jack Lang. Mais il serait tout de même curieux que des ministres successifs, de droite comme de gauche, fassent les mêmes critiques d'une méthode qui n'aurait plus cours ... En réalité, les assertions de la SNUipp-FSU et de la FCPE sont un effarant tissu de mensonges. Plus précisément, on joue sur les mots. La méthode strictement globale est tellement incapable d'apprendre la lecture qu'on a inventé des méthodes «semi-globales», des méthodes «mixtes», qui comportent une part de syllabisme. Donc ce sont également des méthodés syllabiques. Mais cette déduction est fausse. Car les méthodes prétendument mixtes sont d'abord des méthodes globales : on commence à apprendre la lecture de façon globale, et ensuite seulement, une fois que le mal est fait, on essaye de limiter le désastre en utilisant à la marge la méthode syllabique.
Le procédé des syndicats est habile, et revient à dire: circulez, il n'y a rien à voir. II vise en fait à protéger les vrais responsables, à savoir les experts en pédagogie des IUFM, les instituts de formation des maîtres, qui ont élaboré des théories aberrantes qu'ils inculquent aux futurs instituteurs.
Jean-Marie Le Pen dénonce les idéologues totalitaires
C'est pourquoi Jean-Marie Le Pen poursuit ainsi son communiqué :« Au-delà de cet aspect particulier, c'est tout le système des IUFM qu'il faut réformer, car ce système, aux mains d'idéologues totalitaires, injecte dans le corps de l'Education nationale le poison d'une anti-pédagogie marxisante destructrice de toute transmission authentique du savoir.» L'idéologie propagée dans les IUFM pose en principe que l'élève, pardon, « l'apprenant », doit « construire lui-même ses savoirs ». C'est à lui de découvrir ce qu'il doit connaître. L'enseignant ne doit donc pas imposer son savoir, ni surtout transmettre une culture. Tout cela relève du fascisme. il ne fera ni dictées ni cours de grammaire, mais demandera à l'enfant, par exemple, de « repérer les champs lexicaux et les situations d'ancrage d'un texte dans sa situation d'énonciation », ou le fera étudier les « actes de parole» selon leurs dimensions « locutoire, illocutoire et interlocutoire ».Etc. Non seulement ce délire post soixante-huitard d'intellectuels pervers continue d'être la norme, mais il s'aggrave. Un tout récent rapport préconise de mettre fin à la « segmentation de la réflexion pédagogique » par matières en mettant en place des « conseils pédagogiques » uniques chargés de « piloter » l'établissement : ni plus ni moins que des soviets ayant pour mission d'imposer uniformément les prétendues «pédagogies nouvelles» à des enseignants sévèrement tenus en laisse.
On voit que Gilles de Robien, s'il veut vraiment s'attaquer au problème, a du pain sur la planche. En attendant, l'école officielle de la République continue de fabriquer des sauvages. On parle beaucoup de crimes contre l'humanité, ces temps-ci. En voilà un, authentique, perpétré en toute impunité et en permanence, qui en détruisant l'esprit des enfants sape l'avenir de la nation.
Yves Daoudal National Hebdo 2006