CGT; retour à des méthodes d'un temps pas si lointain
Publié : 25/06/2009 - 16:09
Sans-papiers : la "brutalité" de la CGT dénoncée
NOUVELOBS.COM | 25.06.2009 | 15:57
Des sans-papiers expulsés des locaux de la Bourse du Travail par la CGT et la police (sipa)
Les élus Verts du Conseil de Paris ont accusé jeudi 25 juin la CGT d'avoir eu recours à "une violence injustifiable" lors de l'évacuation la veille de sans-papiers qui occupaient la Bourse du travail.
"Des militants portant des cagoules et armés de barres de fer, de bâtons et de gaz lacrymogène n'ont pas hésité à utiliser la violence pour déloger les occupants" et "face à la résistance qui lui était opposée, la CGT a demandé le renfort de la police", dénoncent les Verts dans un communiqué.
Selon les Verts, il s'agit d'"une utilisation injustifiable de la violence".
"Quelles que soient les difficultés que cette occupation pouvait poser, cette action violente est particulièrement choquante de la part d'une organisation dont le rôle est d'aider les salariés et notamment ceux en situation de grande précarité", a estimé Jacques Boutault, maire Vert du IIe arrondissement voisin, qui s'est rendu sur place.
Les Verts estiment que "seule une régularisation immédiate de ces personnes serait en mesure de résoudre le problème humainement".
Le CRAN demande l’ouverture d’une enquête
Le Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN) dénonce lui aussi l'évacuation de la Bourse du travail, qui a "jeté à la rue plusieurs centaines de familles de travailleurs sans-papiers africains, maghrébins ou sud-américains". Il pointe "la stratégie de la brutalité, de l’intimidation et de l’humiliation utilisée par la CGT, un syndicat qui par ailleurs s’exprime régulièrement sur la question des travailleurs sans-papiers", dans un communiqué. Le CRAN demande à Brice Hortefeux et à Eric Besson "l’ouverture d’une enquête sur les conditions de l’évacuation de la Bourse du travail et les violences reprochées à la CGT", ainsi que "le relogement temporaire des travailleurs sans-papiers et de leurs familles en attendant l’évaluation des dossiers".
Rodolphe Nettier, président de l’association SOS soutien aux sans-papiers, interrogé par nouvelobs.com parle de "catastrophe". "Ce qui s’est passé est une catastrophe pour l’unité du mouvement social. Quand le premier syndicat français attaque des sans-papiers, on peut se dire que le gouvernement Sarkozy fait vraiment bien son travail. Le mouvement social vient de perdre 50 ans d’unité", a-t-il affirmé.
Jean-Claude Amara, de l'association Droits devant!, qui milite avec la CGT et avec la Coordination 75 qui soutenait l'occupation, qualifie la situation d'"imbroglio" et préfère "ne pas s'en mêler". De même, le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), contacté par nouvelobs.com, ne souhaite pas communiquer sur l'affaire face au "flou" des événements.
"On voulait nuire à l'image de la CGT"
De son côté, la CGT assure que l'évacuation a été décidée "la mort dans l'âme", et fustige des attaques "injustes" contre elle. Interrogée par nouvelobs.com, Bernadette Citot, responsable de la communication de l'Union départementale CGT affirme : "Tout ce qu'on dit sur la CGT est injuste, inadmissible. On ne pouvait pas continuer comme ça. Les locaux étaient devenus un squat, avec la cuisine dans la cour, les paliers couverts de matelas… Toutes les négociations, toutes les propositions, ont été vaines pendant ces 14 mois d'occupation. La mort dans l'âme, nous avons décidé qu'il fallait que cela cesse." Elle évoque la possibilité d'une "manipulation". "La seule explication, c'est qu'on voulait nuire à l'image de la CGT, à son activité. Les sans-papiers ont peut-être été manipulés par certains de leurs soutiens pour se retourner contre nous. Dès le début de l'occupation, les délégués de la coordination des sans-papiers ont interdit tout contact entre les travailleurs sans-papiers et les militants CGT", a-t-elle déclaré.
Info Nouvel Obs
NOUVELOBS.COM | 25.06.2009 | 15:57
Des sans-papiers expulsés des locaux de la Bourse du Travail par la CGT et la police (sipa)
Les élus Verts du Conseil de Paris ont accusé jeudi 25 juin la CGT d'avoir eu recours à "une violence injustifiable" lors de l'évacuation la veille de sans-papiers qui occupaient la Bourse du travail.
"Des militants portant des cagoules et armés de barres de fer, de bâtons et de gaz lacrymogène n'ont pas hésité à utiliser la violence pour déloger les occupants" et "face à la résistance qui lui était opposée, la CGT a demandé le renfort de la police", dénoncent les Verts dans un communiqué.
Selon les Verts, il s'agit d'"une utilisation injustifiable de la violence".
"Quelles que soient les difficultés que cette occupation pouvait poser, cette action violente est particulièrement choquante de la part d'une organisation dont le rôle est d'aider les salariés et notamment ceux en situation de grande précarité", a estimé Jacques Boutault, maire Vert du IIe arrondissement voisin, qui s'est rendu sur place.
Les Verts estiment que "seule une régularisation immédiate de ces personnes serait en mesure de résoudre le problème humainement".
Le CRAN demande l’ouverture d’une enquête
Le Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN) dénonce lui aussi l'évacuation de la Bourse du travail, qui a "jeté à la rue plusieurs centaines de familles de travailleurs sans-papiers africains, maghrébins ou sud-américains". Il pointe "la stratégie de la brutalité, de l’intimidation et de l’humiliation utilisée par la CGT, un syndicat qui par ailleurs s’exprime régulièrement sur la question des travailleurs sans-papiers", dans un communiqué. Le CRAN demande à Brice Hortefeux et à Eric Besson "l’ouverture d’une enquête sur les conditions de l’évacuation de la Bourse du travail et les violences reprochées à la CGT", ainsi que "le relogement temporaire des travailleurs sans-papiers et de leurs familles en attendant l’évaluation des dossiers".
Rodolphe Nettier, président de l’association SOS soutien aux sans-papiers, interrogé par nouvelobs.com parle de "catastrophe". "Ce qui s’est passé est une catastrophe pour l’unité du mouvement social. Quand le premier syndicat français attaque des sans-papiers, on peut se dire que le gouvernement Sarkozy fait vraiment bien son travail. Le mouvement social vient de perdre 50 ans d’unité", a-t-il affirmé.
Jean-Claude Amara, de l'association Droits devant!, qui milite avec la CGT et avec la Coordination 75 qui soutenait l'occupation, qualifie la situation d'"imbroglio" et préfère "ne pas s'en mêler". De même, le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), contacté par nouvelobs.com, ne souhaite pas communiquer sur l'affaire face au "flou" des événements.
"On voulait nuire à l'image de la CGT"
De son côté, la CGT assure que l'évacuation a été décidée "la mort dans l'âme", et fustige des attaques "injustes" contre elle. Interrogée par nouvelobs.com, Bernadette Citot, responsable de la communication de l'Union départementale CGT affirme : "Tout ce qu'on dit sur la CGT est injuste, inadmissible. On ne pouvait pas continuer comme ça. Les locaux étaient devenus un squat, avec la cuisine dans la cour, les paliers couverts de matelas… Toutes les négociations, toutes les propositions, ont été vaines pendant ces 14 mois d'occupation. La mort dans l'âme, nous avons décidé qu'il fallait que cela cesse." Elle évoque la possibilité d'une "manipulation". "La seule explication, c'est qu'on voulait nuire à l'image de la CGT, à son activité. Les sans-papiers ont peut-être été manipulés par certains de leurs soutiens pour se retourner contre nous. Dès le début de l'occupation, les délégués de la coordination des sans-papiers ont interdit tout contact entre les travailleurs sans-papiers et les militants CGT", a-t-elle déclaré.
Info Nouvel Obs


