l'impossible comptabilisation des immigrés en Europe

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l'impossible comptabilisation des immigrés en Europe

Messagepar Pat » 06/03/2008 - 17:16

Entretien avec Jean-Paul Gourévitch
l'impossible comptabilisation des immigrés en Europe

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Jean-Paul Gourévitch est expert international en ressources humaines, spécialiste de l'Afrique et de l'immigration. Il a consacré de nombreux ouvrages à ces sujets, dont le récent Les Migrations en Europe (1). C'est aussi une personnalité éclectique lisant aussi bien Le Choc du mois que Libération. Voilà des années qu'il travaille sur les migrations. Il n'en fait pas un combat politique. Simplement un objet d'études. Pour que ceux qui ont le pouvoir de décision disposent de tous les éléments. Son problème, qui est aussi le nôtre, est celui des statistiques fiables. Elles semblent un secret aussi bien gardé que le code nucléaire.

Le Choc du mois: Est-il possible de savoir combien d'étrangers résident, sinon en France, du moins en Europe ?
Jean-Paul Gourévitch : Non. Ne serait-ce que parce qu'il faut distinguer entre étrangers et immigrés, et entre migrations légales et illégales. Avant tout, il faut définir les termes. Un immigré est une personne étrangère née à l'étranger et qui a décidé de vivre durablement dans un autre pays. Il peut garder sa nationalité ou prendre celle du pays d'accueil, alors que l'étranger a choisi de garder sa nationalité et ne souhaite pas automatiquement s'installer dans le pays où il réside. Lorsqu'un immigré entre comme étranger dans un pays, il se trouve à un carrefour: celui des flux (il migre) et celui des stocks (il accroît le nombre des étrangers). S'il obtient la nationalité du pays d'accueil-la France par exemple -, il passe du stock d'étrangers au stock des nationaux. Il devient un Français d'origine étrangère, comme les enfants auxquels il donnera naissance.
Maintenant, pour répondre à votre question, les chercheurs sont confrontés au problème des statistiques poreuses. les chiffres sont très variables. En termes d'immigration légale, il entre annuellement en France approximativement 200 000 immigrés. On pense qu'il y a, sans qu'il soit possible de vérifier précisément, 100 000 entrées illégales chaque année. Mais on ignore combien migrent à l'intérieur de l'espace européen. Et si l'on peut éventuellement savoir qui entre, on ne sait jamais qui sort !
Ce qui est important, c'est donc le solde migratoire (total des entrées moins total des sorties). Il est difficile à mesurer pour les pays européens : certains l'estiment à 500 000 par an pour l'Europe de Schengen. D'autres sources donnent des évaluations quatre fois supérieures.

l'Europe à l'heure du « shopping migratoire »

Comment expliquer cette ignorance?
Le premier obstacle est un phénomène récent que j'ai appelé le "shopping migratoire ". Jadis, un immigré s'installait là où il arrivait. Aujourd'hui, avec l'ouverture des frontières, il peut circuler librement dans tout l'espace Schengen, en fonction de ses intérêts. On peut entrer en Espagne, par exemple. Mais si l'on souhaite créer son entreprise, on ira ensuite en Irlande. Si l'on veut des soins gratuits ou des possibilités d'étudier, on viendra en France. Pour le logement, ce sera la Belgique ou les Pays-Bas ...
Il faudrait dans chaque pays des observatoires pour confronter les chiffres officiels des instituts et les micro-enquêtes régionales ou nationales, plus proches de la réalité et permettant de comprendre le parcours des migrants. François Héran, le directeur de l'Institut national d'études démographiques (Ined), déclare que" le dernier régime à avoir dénombré les étrangers était celui de Vichy " ! Je me demande sincèrement si cela mérite que l'on casse le thermomètre ! L'absence d'outils et d'informations chiffrées empêche de protéger les immigrés quand ils sont victimes de discrimination.
Surtout, cela mettrait un terme aux polémiques. Par exemple, les chiffres officiels annoncent la présence en France de 300 000 à 400 000 immigrés en situation illégale. La presse d'extrême droite - n'en prenez pas ombrage - avance qu'ils sont en fait plus d'un million ! Seul un observatoire indépendant et fiable pourrait arbitrer ce débat.

Sans vouloir prêcher pour ma paroisse, le chiffre de 300 000 est invraisemblable ! Lorsque Nicolas Sarkozy a prétendu, dans son rapport au Sénat en 2006, qu'il y avait en France entre 200 000 et 400 000 illégaux en France, il donnait un chiffre plancher. Le 11 juin dernier, dans le quotidien El Watan, l'ambassadeur de France en Algérie évoquait lui-même la présence d'au moins 350 000 Algériens illégaux sur notre territoire ... On n'ose même pas penser au nombre d'immigrés venus du reste du monde!
Méfiez-vous des effets d'annonce. Je reprends l'exemple de l'Algérie. Certes le nombre de votants en France aux élections algériennes dépasse déjà le nombre d'Algériens référencés. Mais ce qu'il faut évaluer, c'est le nombre des personnes d'origine algérienne présentes en France et qui se sentent donc concernées par le pays où elles ont leurs racines ... Je parle des immigrés de nationalité algérienne, des binationaux et des Français d'origine algérienne ... Dans cette perspective, la communauté d'origine algérienne résidant en France, enfants compris nés en Algérie ou sur le sol français, représente non pas 300 000 ou 400 000 personnes, mais ... 1 800 000 personnes!

Quatre millions de Maliens en dehors du Mali

Et la communauté marocaine?
Plus ou moins un million.

Et les Africains ?
Là, nous abordons un sujet tabou. Dans son livre, Nous, les Noirs de France(2), Patrick Lozès, le président du Conseil représentatif des association noires de France (Cran), parvient aux chiffres que j'avais donnés il y a quelques années dans La France africaine (3), alors que les spécialistes patentés les contestaient. .. En comptant les naissances, les étrangers et les naturalisés, on arrive à une fourchette de trois à cinq millions de personnes. Soit à peu près autant que la population d'origine maghrébine, qui fait désormais moins d'enfants et tend à se calquer sur les modes de vie européens.

Et les immigrés illégaux?
Prenons l'exemple des Maliens de France. Officiellement, ils seraient 40 000. Mais Montreuil, surnommée Bamako-sur-Seine, en compte déjà à peu près autant et dans tout le département de la Seine-Saint-Denis, il y en a environ 160 000. La direction de la population et des migrations (DPM) admet que ses chiffres sont " considérablement minorés ". Selon les autorités de Bamako, qui n'ont pas d'intérêt à mentir, le nombre d'expatriés maliens est de quatre millions, dont la majorité a gagné l'Europe et la France en particulier.

Une étude récente a statistiquement prouvé que, pensant à leur décès, moins de 10 % des immigrés ou Français originaires des pays du Nord et de confession chrétienne demandaient le rapatriement de leur corps dans leur pays d'origine; alors que les personnes d'origine africaine et de confession musulmane (venues du monde entier) sont 70 % à faire cette demande (4). Qu'en déduisez-vous?
C'est une tradition de la religion musulmane et des usages africains, même chez des non-musulmans. Il y a un problème d'identité chez ces personnes, qui développent un sentiment d'appartenance ou de rattachement à leurs racines et au pays de leur origine, même si elles sont nées en France.

N'est-ce pas la cause des problèmes d'assimilation voire, simplement, d'intégration?
Je n'aime pas beaucoup ces deux mots mais si vous faites allusion aux violences urbaines, il faut dire qu'elles ne sont pas que le fait de jeunes d'origine étrangère et que c'est une minorité qui pose ce genre de problèmes. Minorité souvent instrumentalisée qui rejette la France tout en ne souhaitant pas la quitter. La grande majorité n'est pas dans ce cas de figure.

Qu'est-ce qui différencie l'immigration slave, par exemple, de l'immigration afro-maghrébine?
Il y a deux types d'immigration slave. La première est durable, je pense à l'immigration de main-d'œuvre ou à l'immigration maritale, qui concerne des jeunes femmes russes et ukrainiennes, réputées pour leur beauté et disposant souvent d'un niveau de formation suffisant pour s'établir en Europe. La deuxième est une immigration pendulaire : elle concerne en priorité de jeunes célibataires actifs, qui s'installent quelques mois par an en Europe, puis repartent chez eux. L'élargissement européen vers l'Est fait venir entre 200 000 et 300 000 personnes chaque année. La durée de ces migrations dépendra du succès économique et de la transformation des pays de l'espace postsoviétique.
Les enquêtes montrent qu'à l'exception des Roms, très peu d'Européens de l'Est envisagent de quitter leur pays. La majorité fait des affaires en Europe de l'Ouest et rentre au pays. La migration en provenance d'Europe de l'Est risque d'être plus pendulaire que définitive.
L'immigration maghrébine, elle, est aujourd'hui principalement une immigration de travail, à l'exception de ceux et celles qui viennent dans le cadre du regroupement familial.
Ce n'est pas le cas des flux migratoires subsahariens, qui sont de différente nature.
D'abord la migration de compétence. Elle touche des gens formés qui tentent leur chance à l'étranger, encouragés par le lobbying des pays du Nord. Elle a pour inconvénient de vider un continent de ses élites et de freiner le développement de l'Afrique. Ensuite une migration estudiantine, importante et qu'on connaît mal. On ignore qui vient vraiment étudier, on ne sait pas qui rentre en Afrique après ses études ... Enfin une migration d'asile économique qui se fait souvent passer pour une migration d'asile politique.

Pour les Africains, il faut gagner beaucoup et très vite

Dans un autre ouvrage, vous avez étudié la part de ces migrants dans l'économie informelle (5).
L'économie informelle, ce n'est pas seulement l'économie souterraine mais tout ce qui échappe à l'Etat depuis les échanges de services jusqu'au blanchiment d'argent sale. Elle représente en France à peu près 17 % du PIB national alors qu'elle est dominante en Afrique. Dans ce continent où la notion d'Etat a moins de force qu'en Occident, les emplois fonnels sont peu nombreux et supposent une ascension sociale méritocratique ou une proximité avec le pouvoir. Or les Africains cherchent une activité qui leur rapporte très vite beaucoup d'argent. Ils ont du temps une notion immédiate. C'est pourquoi la notion d'épargne est difficile à accepter en Afrique. Si ce ne sont pas eux qui ont importé l'économie informelle en France, ils s'y adaptent en revanche très bien.

Ces immigrés ne sont-ils pas victimes du mirage occidental et d'un système ultralibéral qui les transforme en consommateurs coupés de leur identité ?
Ce ne sont pas forcément les plus pauvres qui partent. Il faut accumuler un certain capital financier pour acheter des papiers, un visa, ou payer des passeurs. Un capital intellectuel pour pouvoir réussir. Un capital social et relationnel pour trouver des points de chute et de l'aide dans le pays d'accueil.

Malgré tout, on a l'impression que les Africains qui débarquent perdent vite leur identité au profit de la culture « black» : rap, chaînes en or, grosses cylindrées et demi-mondaines à forte poitrine ...
C'est un peu une caricature du rêve africain, ça ! Il est certain que les Africains sont fascinés par ce qui permet de se faire voir, de montrer à d'autres qu'on est célèbre courtisé et riche. Mais la culture " black c'est tout autre chose.

Leur capital de départ n'est pas suffisant pour assouvir ce rêve, d'où peut-être le recours à la délinquance, la criminalité ou l'économie informelle? Cela explique que certains acceptent des conditions de vie dégradantes. imposées par leurs propres congénères, voire l'esclavage et la prostitution ...
Il y a nombre d'Africains qui réussissent sans pour autant basculer dans la délinquance. N'oublions pas non plus qu'un Africain ne peut rentrer au pays avec les menottes de la police de l'air et des frontières ni avouer un échec. C'est un cycle lié à un code traditionnel qui est la culture du cadeau. Le village et ses proches lui ont fait un cadeau en se cotisant pour l'aider à accomplir son voyage. Il doit leur faire un cadeau encore plus grand en leur envoyant des fonds ou en rentrant comme un prince, ce qui encourage d'ailleurs la spirale de l'immigration et le mythe de l'Eldorado occidental.

La croissance démographique : ce sont les immigrés !

En parlant de conditions de vie dégradantes, il y a aussi l'immigration asiatique ...
Et celles en provenance du Moyen-Orient, d'Asie centrale et du sous-continent indien. Mais il est vrai que l'immigration asiatique est très mal connue. On confond souvent les Cambodgiens ou les Vietnamiens avec les Chinois.
L'immigration chinoise est, après la traite négrière, le plus important déplacement de main-d'œuvre du monde. La diaspora compte entre 30 et 50 millions de personnes, constituant, dans l'immense majorité, une migration de travail. Une grande partie s'installe en Russie, en passant par la frontière sibérienne. En Europe de l'Ouest, le principal pays d'accueil est la France. Ils seraient 500 000 à travailler 14 heures par jour, sept jours par semaine, pour rembourser leurs passeurs (de 15 000 à 20 000 euros).
Les filières sont très difficiles à repérer. les Asiatiques fonctionnent en circuit fermé et secret. Tout est très organisé: bases de départ, circuits, points de chute, prêts pour financer l'installation. les papiers des migrants sont confisqués jusqu'au remboursement de leur dette. Ces nouveaux venus font vivre les entreprises chinoises installées, qui ne recrutent que des Chinois, que ce soit pour l'habillement, l'import-export, le petit commerce, les ateliers de confection ou l'inévitable restaurant asiatique.

Comment contrôler l'immigration en Europe ?
Il faudrait d'abord accélérer l'européanisation de la législation sur l'immigration, pour freiner le shopping migratoire. Et faire comprendre aux dirigeants que l'immigration ne comblera pas forcément le défIcit d'actifs !

Pensez-vous qu'une politique nataliste pourrait y parvenir ?
En ce qui concerne la natalité, les étrangers se calent progressivement sur les comportements des résidents du pays d'accueil et font moins d'enfants. Mais bon ... les Européens, eux, n'en font presque plus ... L'Ined prétend que le solde migratoire n'est quasi pour rien dans l'accroissement démographique de la France. Je dis que c'est un tour de passe-passe.
J'ai montré dans mon ouvrage comment l'Espagne avait mis au point une méthodologie scientifique qui démontrait que les étrangers étaient responsables à 80 % de la croissance naturelle dans ce pays. Il ne sert à rien de nier la réalité : ce sont les immigrés et les enfants d'immigrés qui sont majoritairement responsables de la croissance naturelle de la population française.

« Tout le monde bénéficie de l'économie informelle »

Quelles en sont les conséquences?
L'immigration a changé en vingt ans. les immigrés ont fait venir leurs familles. les pays d'origine se vident de leurs actifs et de leurs compétences. les transferts d'argent au pays diminuent au profIt d'une épargne pour assurer des conditions décentes à la famille qui va arriver. n en découle une fonne de libéralisme sauvage et une ghettoïsation sociale qui renforce les zones de non-droit, où tout le monde bénéficie de l'économie informelle : du gamin de huit ans qui fait le " chouf" à la mama qui, contre un "plein" du frigo, accepte de se taire ...

Les problèmes d'assimilation ou d'intégration ne sont-ils pas moins importants avec l'immigration en provenance d'Europe de l'Est ou d'Asie?
Détrompez-vous : ces migrations sont également criminogènes. Une fois majoritaires dans un quartier, les Chinois créent un Chinatown, dont les anciens résidents partent d'eux-mêmes ou sous la menace.
Les ateliers clandestins cachent des cas d'esclavagisme. le "milieu" chinois est impliqué dans le trafic de jeux, la prostitution, le trafic d'organes, d'animaux ... même si cela reste très méconnu.
Quant à l'immigration slave, là aussi, la criminalité existe : immigration dite de " charme ", en fait de la prostitution; trafics d'armes ou de drogue liés aux "mafias» albanaise, " russe " et ukrainienne... Beaucoup de "gens du voyage ", issus de Roumanie, servent de petites mains comme pilleurs de châteaux.
Mais attention à ne pas amalgamer immigration et délinquance. Des Français bien de chez nous sont aussi largement impliqués dans les trafics et en particulier dans la délinquance à col blanc et la grande délinquance.

Comment inciter les étrangers à rester chez eux ?
Cela touche en partie mon travail en Afrique où je suis engagé depuis vingt ans dans des projets de développement. Mais il y a aujourd'hui une crise de l'aide qui n'a pas su se transformer en partenariat et qui se dissémine dans des opérations de co-développement qui n'ont qu'une portée limitée : un puits, une école, une recherche scientifique, une création d'entreprise ... Il y a des centaines de réussites individuelles, mais pas de seuil de visibilité pour l'Africain qui le dissuaderait de vouloir migrer.
Nous apportons des micro-solutions à des macro-problèmes et l'Afrique continue à désespérer d'elle-même alors que c'est le continent potentiellement le plus riche et que, par les réponses que le Nord apportera aux angoisses du Sud, il possède les clefs de l'Europe de demain. Personne n'a de solution miracle. Notre travail n'est pas ici de donner des conseils mais de continuer à lutter contre la désinformation d'où qu'elle vienne, afin que chacun soit à même de construire librement et en connaissance de cause ses réponses à ce douloureux problème.

Propos recueillis par Patrick Cousteau

1. Jean-Paul Gourévitch, Les Migrations en Europe. Les réalités du présent, les défis du futur, Acropole, 2007, 420 pages, 16 euros.
Voir également son site acrostiche : wwwleplaisir.net où il vous invite joyeusement à vous attabler au café du plaisir, table AI comme Afrique Immigration.
2. Editions Danger public, 2007.
3. La France africaine. Islam, intégration, insécurité: infos et intox, Le Pré aux Clercs, 2000.
4. Enquête menée en 2003 par l'Insee et la Caisse nationale d'assurance vieillesse, citée in Minute, n° 2336 du 5 décembre 2007.
5. Jean-Paul Gourévitch, L'Economie informelle, Le Pré aux Clercs, 2002.
le Choc du Mois n° 18 - Décembre 2007
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Messagepar G-B » 06/03/2008 - 19:18

alors que c'est le continent potentiellement le plus riche


Exact ! Mais les richesses profitent aux mêmes.
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supergaulois
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Messagepar supergaulois » 06/03/2008 - 19:56

en tout cas pas aux gaulois :(


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