Instrumentalisation? OK!
Gamelle? OK!
... Mais lire du Zemmour après du Sopo, ça me "rassure" quand même un peu...
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Immigration : le réel interdit, par Eric Zemmour
Il a posé sur son petit bureau ses petites armes de petit flic de la pensée. Il a tiré, dans Le Monde du 29 septembre. Mollement. "Réactionnaire", dit-il ; et puis, "il parle comme Le Pen" ; et puis encore "il a peur, Zemmour". La routine. Dominique Sopo n'est pas très inventif. Pauvre Sopo, présidence de SOS-Racisme, ça eût payé. Jadis entre Coluche et Simone Signoret ; désormais médiocre collecteur de subventions, et gendarme sifflant les "dérapages sur l'immigration". Gendarme de Saint-Tropez.
Même pas peur ! Les temps changent. Il s'en plaint. Comme un vulgaire réactionnaire. Mais un réactionnaire préfère les chansons d'Aznavour et Brel à celles de Joey Starr ou Cali. Les rentrées littéraires avec Aragon, Mauriac, ou Jacques Laurent, plutôt qu'avec Christine Angot ou Amélie Nothomb. Déteste l'architecture de l'après-guerre. Donnerait trente années de FIAC pour un seul tableau de Vermeer. Ne croit pas que "le niveau monte à l'école". N'associe pas spontanément le "langage caillera" à Rimbaud. Ne s'extasie pas devant les familles recomposées. A la nostalgie du temps où la France était "la grande nation". Bref, un réactionnaire est un homme sans goût ni raison qui mérite les camps de rééducation. Un criminel.
On peut le rassurer, Sopo en est loin. Sa pensée est simple, voire tautologique : ce sera mieux demain. Pourquoi ? Parce que ce sera demain. Sopo est un progressiste. On allait dire à l'ancienne. Mais on ne voudrait pas le vexer. Sopo ne s'est pas aperçu que la religion du progrès était morte dans les tranchées de 1914. Il n'a qu'un siècle de retard. Sopo ne sait pas qu'on a lu Pierre-André Taguieff ; on a bien compris que le progressisme antiraciste n'était que le successeur du communisme, avec les mêmes méthodes totalitaires mises au point par le Komintern dans les années 1930. "Tout anticommuniste est un chien", disait Sartre. Tout adversaire de l'antiracisme est pire qu'un chien. En tout cas, dit Sopo, ne devrait pas être invité à la télé. La télé, c'est important pour Sopo. C'est vrai, on ne l'y voit pas assez. Amis producteurs, faites quelque chose !
Pendant vingt ans, l'antiracisme, Sopo le reconnaît lui-même, a régné en maître sur nos esprits. Alors, faisons son bilan. Le multiculturalisme qui remplace l'assimilation ; l'ethnicisation des questions sociales plutôt que la lutte des classes ; la déconstruction du roman national remplacé par la concurrence victimaire ; la haine institutionnalisée de la France autour de la figure totémique de Dupont Lajoie.
IDIOTS UTILES DU CAPITALISME
L'antiracisme fut le rideau de fumée qui occulta la soumission socialiste aux forces libérales. Les antiracistes ont avec la finance internationale un point commun essentiel : le refus des frontières. Avec les progressistes de tout poil, ils ont détruit les derniers obstacles à la toute-puissance du marché : famille traditionnelle, nation, Etat. Les premiers servent les intérêts de la seconde. Idiots utiles du capitalisme.
Osons donc ce que Sopo interdit ; réintroduisons le réel dans le débat récent autour de l'immigration. Selon le ministère des affaires étrangères, 30 % à 80 % des actes d'état civil sont frauduleux en Afrique. Les mariages entre Français et étrangers représentent désormais près de 30 % des mariages transcrits dans notre état civil ; la moitié de ces 90 700 mariages ont été célébrés à l'étranger en 2005 ; la progression en dix ans des mariages de Français au Maghreb et en Turquie a explosé de 731 %. En 1994, ils étaient 1 129 ressortissants algériens à épouser un Français. En 2005, ils sont 12 457. Onze fois plus. L'amour, bien sûr Sopo !
En vérité, c'est l'échec de l'intégration qui nourrit l'immigration d'aujourd'hui. Dans les cours de récréation de nos écoles, les enfants se regroupent par clans ethniques qui s'ignorent ou se détestent : "Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs ou les caifrans". Et l'insulte suprême est : "Sale Français !" Les enfants juifs sont interdits d'école publique dans nombre de banlieues et sont contraints de se replier sur les écoles confessionnelles. Les bandes ethniques s'affrontent à la gare du Nord. Lors de la présidentielle, on a vu à l'oeuvre un terrifiant vote ethnique, comme l'a justement noté Jérôme Jaffré (Le Monde du 8 juin) : 94 % des électeurs qui se disent musulmans ont voté Ségolène Royal ; 77 % de ceux qui se disent catholiques pratiquants ont voté Nicolas Sarkozy.
Mais tout cela n'existe pas. Vous avez rêvé, braves gens. Tout va très bien, Madame la Marquise. C'est Dominique Sopo qui vous le chante. En lisant Sopo, j'ai compris que je n'étais qu'un prétexte. Sopo en veut au peuple français d'avoir voté pour des "députés extrémistes" (il parle d'élus UMP, pas de chemises brunes). Et aussi sans doute, un président extrémiste. Il reproche surtout aux "compagnons de route antiracistes" de rester silencieux. C'est triste de se retrouver seul. Mais peut-être les compagnons de route sont-ils sidérés par cette réalité que je décrivais à gros traits. Naïveté stupide de réactionnaire borné.
Eric Zemmour, journaliste et essayiste
Article paru dans l'édition du 12.10.07
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-965798,0.html
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C'était la réplique "zemmourienne", en provenance du Monde réel, "que je préfère", à l'imMonde Sopopo...
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http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-960735,0.html
D'une époque à l'autre, par Dominique Sopo
Il y a comme ça des moments qui sont plus parlants sur l'air du temps que bien des thèses et des analyses savamment exposées. Un de ces moments se déroula le dimanche 23 septembre, sur France 5, dans l'émission "Ripostes". Sujet : l'immigration et le projet de loi en discussion au Parlement que l'auteur, le ministre de l'immigration, était invité à défendre sur le plateau. Face à Brice Hortefeux : Philippe Val, Patrick Weil et Christiane Taubira. Au côté du ministre un journaliste dont la pensée réactionnaire lui assure le statut de "bon client" des plateaux télé : Eric Zemmour.
On le connaissait. C'était lui qui, il y a peu, pensait avoir eu le courage inouï - téméraire ? - de dénoncer la prise de contrôle de nos modes de pensée par les homos et les bonnes femmes. Tout heureux d'échapper à la mort que de si redoutables adversaires risquaient de lui infliger - gloire soit rendue à son courage physique et intellectuel -, notre homme, d'émission en émission, s'enfonça avec toujours plus d'assurance dans le cul de basse-fosse de la réaction. Ainsi va notre tonton bégueule, celui qu'on laisse délirer pendant les repas de famille du dimanche, tantôt en souriant de ses propos, tantôt en en éprouvant quelque gêne.
Mais ce tonton, il est toujours excusé, car on sait quel est son problème : il a peur. Et, tout comme notre tonton, Eric Zemmour a peur. Peur du temps qui passe. Peur des valeurs qui foutent le camp. Peur du monde tel qu'il va. Et comme tout homme qui a peur, Eric Zemmour a besoin de débusquer ceux qui lui causent de tels tourments. Les gonzesses et les pédés donc, c'est déjà entendu. Mais, à l'occasion de l'émission "Ripostes", M. Zemmour a rajouté une ligne à sa liste : les immigrés qui ont l'avantage d'être de bons boucs émissaires pour les réactionnaires contemporains qui se réfèrent à l'"avant".
L'"avant" d'une France où les homos se cachaient ou se mettaient des plumes dans le cul - ce qui permettait de ne pas les voir ou de pouvoir les éviter. L'"avant" d'une France où les femmes langeaient et élevaient gentiment leur progéniture. L'"avant" d'une France où les Arabes et les Africains avaient le bon goût d'en être éventuellement partie prenante, mais toujours dans le cadre circonscrit de l'espace colonial. Mais, pour M. Zemmour, rien ne va plus avec les immigrés. Car les immigrés - Africains et Algériens, précisa-t-il - contractent des mariages qui renvoient à une réalité quasi unique. Non pas l'amour ! Non, pour M. Zemmour, un immigré qui se marie n'est pas amoureux, il est fraudeur. Et la sentence est définitive : "La réalité des mariages aujourd'hui, c'est un nombre incalculable de mariages arrangés pour obtenir des papiers à des gens en Algérie, en Afrique." Et puis à cause des immigrés, nous apprit M. Zemmour, "la barbarie identitaire, elle est déjà là dans les quartiers, dans les banlieues".
Mais le cas de M. Zemmour ne serait pas intéressant s'il se réduisait à la seule analyse d'un personnage qui pense que le nec plus ultra du courage intellectuel consiste désormais à dire tout haut ce que Jean-Marie Le Pen pense tout haut. Le cas Zemmour est intéressant, car il est le symptôme d'un changement d'époque. Car que représente très exactement la décomplexion de M. Zemmour ? Elle représente le retour sur le devant de la scène des peureux, des rancis et des paranoïaques, tous ceux qui, depuis vingt ans, ont souffert le martyre de l'antiracisme à cause de qui on ne pouvait plus dénoncer les-bougnoules-qui-viennent-jusque-dans-nos-bras-égorger-nos-baguettes-et-notre-saucisson.
Et à côté, que voit-on ? Un corps social qui regarde presque sans broncher une poignée de députés extrémistes instaurer l'identification génétique des enfants d'immigrés et l'officialisation rampante mais certaine de l'ethnicisation des problèmes sociaux à travers la première étape que constitue la légalisation des statistiques fondées sur les "origines ethniques et raciales". Une société atone face à ces mêmes événements. Des compagnons de route des luttes antiracistes silencieux. Mais un silence cohérent avec ce changement d'époque. Pas très grave. Après tout, n'est-il pas temps pour de nouvelles générations d'entrer en scène et de s'indigner ? Pour ces nouvelles générations aussi, une nouvelle époque doit commencer.
Dominique Sopo est président de SOS-Racisme.
Article paru dans l'édition du 29.09.07.
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Et plus que jamais, un grand merci à http://www.fdesouche.com/
(Le premier blog de la diaspora des descendants de Gaulois)