En libérant des auteurs de crimes sexuels, on leur donne un

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Pat
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En libérant des auteurs de crimes sexuels, on leur donne un

Messagepar Pat » 15/10/2009 - 23:22

Philippe SCHMITT : « En libérant des auteurs de crimes sexuels, on leur donne un permis de tuer »

Après le meurtre d'Anne-Lorraine, assassinée en 2007 en se défendant courageusement contre un violeur récidiviste, son père, Philippe Schmitt, a été confronté au système judiciaire français et à ses dysfonctionnements.

M & V : Philippe Schmitt, vous présidez le conseil d'orientation de l'Institut pour la Justice. Qu'en attendez-vous ?
Philippe Schmitt
: Je me bats pour que l'on s'intéresse d'abord à la sécurité des jeunes filles et des jeunes femmes avant d'envisager la réinsertion des pervers sexuels. Lors des obsèques de ma fille, j'ai fait le serment de tout faire pour que d'autres jeunes filles ne connaissent pas le même destin. Il est inacceptable que la société française laisse chaque année massacrer des femmes par des pervers sexuels récidivistes, que l'on sait dangereux. Quand il m'arrive de traverser des moments de détresse ou de doute, je regarde la photo d'Anne-Lorraine et j'en suis regonflé. Après le meurtre de ma fille, j'ai d'abord songé à créer une association Anne-Lorraine, mais j'ai écarté ce projet car je craignais qu'une telle action ne soit limitée dans le temps. J'ai ensuite travaillé avec une association, que j'ai quittée car je n'étais pas en phase avec sa stratégie et ses objectifs. Par un ami, je suis alors entré en relations avec les dirigeants d'une jeune association, l'Institut pour la Justice. Après trois mois de discussions et de réflexion avec eux sur le sens à donner à notre action, et après avoir obtenu toutes les garanties souhaitables sur leur probité et le fonctionnement de l'association, j' ai décidé de rejoindre celle-ci, en juillet 2008, Compte tenu de mes activités professionnelles, j'ai préféré ne pas y exercer de fonction administrative et prendre la tête d'un groupe de travail, chargé de réfléchir aux moyens d'améliorer le fonctionnement du système judiciaire et d'élaborer des propositions pour lutter contre la récidive.

M & V : Vous avez malheureusement pu observer de près le fonctionnement de notre Justice. Qu'en pensez-vous ?
P.-S.
: Jusqu'au 25 novembre 2007, j'ignorais tout de la manière dont fonctionnait le système judiciaire français. J'entendais parfois les magistrats se plaindre d'un manque de moyens, sans plus. Dans les journaux, la page des « faits divers » - une expression que je déteste - n'attirait guère mon attention. Mais lorsque nous avons pris connaissance des circonstances de l'exécution d'Anne-Lorraine, ce carnage de six minutes, et que nous avons su que son meurtrier avait déjà été condamné huit ans auparavant pour avoir violé une jeune fille sous la menace d'une arme, ma femme et moi avons été révoltés par la légèreté de la justice française. Nous avons rapidement acquis la conviction que le soir même où cet individu avait été condamné pour la première agression, la suivante - celle dont ma fille a été victime - était déjà inévitable : les seules incertitudes portaient sur l'occasion, le jour et l'heure du crime.
Le fonctionnement du système, je le découvre en avançant à travers une jungle de textes législatifs qui s'empilent depuis des dizaines d'années, se contredisent et sont parfois inapplicables. Je constate que le principe de précaution et le simple bon sens ne s'appliquent pas aux criminels dangereux. A peine l'un d'eux est-il condamné que l'on se demande déjà quand il pourra être libéré. On a créé un nouveau droit pour les détenus : le droit à l'inexécution de la peine, et les lois Perben ont multiplié les dispositifs en ce sens. Les Français ignorent généralement qu'un meurtrier condamné à la réclusion à perpétuité ne passe pas plus de 20 ans en prison. Le meurtrier d'Anne-Lorraine, condamné à perpétuité à l'âge de 44 ans, sera en réalité sûrement libéré à 64 ans. Qu'est-ce qui l'empêchera alors de récidiver ? En le relâchant, on lui donnera un permis de tuer. En toute connaissance de cause, on libère des pervers sexuels, de véritables bombes humaines qui se promènent en pleine rue, et l'on accepte sciemment de prendre ce risque. C'est insupportable ! Le but de toute bonne politique pénale consiste à assurer la sécurité des citoyens. Or voilà des dizaines d'années que des gens pénétrés d'un humanisme béat, porteur d'une idéologie post-soixante-huitarde et convaincus que l'assassin, est une victime, pratiquent des politiques pénales laxistes et irresponsables. Il est légitime de s'efforcer de réintégrer les petits délinquants, mais les pervers sexuels appartiennent à une autre catégorie de criminels. Ce sont des lâches qui attaquent toujours en situation de supériorité pour assouvir leurs pulsions. Il faut faire preuve d'une très grande sévérité pour les neutraliser. Or cette approche est très difficilement admise par les représentants du pays légal. J'ai constaté avec surprise que la composition sociologique de la commission des lois de l'Assemblée nationale est très restreinte. On y trouve des spécialistes, qui ont suivi les mêmes études à l'université, pensent de la même façon, utilisent le même langage et les mêmes codes.

M & V : Les victimes elles-mêmes semblent moins bien traitées que les criminels ...
P.-S.:
Nous nous heurtons en effet à l'hostilité des magistrats. La procédure pénale se résume à un dialogue entre le magistrat et le criminel, auquel la victime, qui agace et dérange, n'est pas invitée à prendre part. C'est ainsi que le juge d'instruction m'a récemment interdit d'assister à la reconstitution de l'assassinat de ma fille. Mon regard aurait gêné son meurtrier ! Lors d'un procès d'assises, la défense a le droit de récuser les jurés, mais les victimes ne le peuvent pas. De même, la défense peut faire appel, pas les victimes. On ne leur demandera pas non plus leur avis lorsque le criminel sera remis en liberté ... Ainsi, mes filles seront susceptibles de croiser un jour le meurtrier de leur sœur !

M & V : Que pensez-vous des moyens alternatifs à la prison pour neutraliser les pervers sexuels ?
P. S.:
Je me méfie des prétendues « bonnes » solutions, comme l'utilisation du bracelet électronique : il pourra permettre de retrouver plus facilement le pervers sexuel après le crime, mais ne l'empêchera pas de récidiver. Idem en ce qui concerne les traitements chimiques : aucun médecin ne garantit leur complète fiabilité, Il en va de même du suivi psychiatrique. Ce ne sont que de dangereuses foutaises. En fin de compte, qui profite du doute : la victime potentielle, ou le criminel ?
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Candide
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Re: En libérant des auteurs de crimes sexuels, on leur donne un

Messagepar Candide » 16/10/2009 - 10:22

M & V : Les victimes elles-mêmes semblent moins bien traitées que les criminels ...
P.-S.: Nous nous heurtons en effet à l'hostilité des magistrats. La procédure pénale se résume à un dialogue entre le magistrat et le criminel, auquel la victime, qui agace et dérange, n'est pas invitée à prendre part. C'est ainsi que le juge d'instruction m'a récemment interdit d'assister à la reconstitution de l'assassinat de ma fille. Mon regard aurait gêné son meurtrier ! Lors d'un procès d'assises, la défense a le droit de récuser les jurés, mais les victimes ne le peuvent pas. De même, la défense peut faire appel, pas les victimes. On ne leur demandera pas non plus leur avis lorsque le criminel sera remis en liberté ... Ainsi, mes filles seront susceptibles de croiser un jour le meurtrier de leur sœur !


Tout est résumé ici. En France, le délinquant ou le criminel bénéficient malheureusement de plus d'attention que les victimes. C'est bien sur une génération 68 que travaille actuellement trop de magistrats. En fait, c'est belle et bien la victime qui devrait avoir le plus de droit et non pas l'auteur à qui ont trouve toujours un tas d'excuses.

supergaulois
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Re: En libérant des auteurs de crimes sexuels, on leur donne un

Messagepar supergaulois » 16/10/2009 - 15:12

il faut le dire, les magistrats ont tous la meme mentalité que mitterand :evil:


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