Russie : Flambée de nationalisme en septembre
Publié : 28/09/2006 - 17:41
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http://www.armees.com/Flambee-de-nation ... ,8189.html
Flambée de nationalisme en septembre
publié le jeudi 28 septembre 2006
L’assassinat de l’imam de la mosquée de Kislovodsk, le meurtre d’un étudiant indien et le vol avec violence d’un Soudanais à Saint-Pétersbourg, les agressions contre les mosquées et les synagogues dans plusieurs villes russes à la veille des fêtes juives et musulmanes : faut-il voir dans ces événements les maillons d’une même chaîne, une nouvelle flambée de xénophobie en Russie ou des provocations préméditées ?
A noter que le parquet a ouvert des instructions sur tous ces crimes. Ainsi, le dossier de l’assassinat de l’imam de la mosquée de Kislovodsk a été ouvert d’après trois articles du Code pénal russe : assassinat, port illégal et recel d’armes. La version principale de l’assassinat suppose des motifs personnels. Puisque l’enquête vient de commencer, il est impossible d’affirmer quoi que ce soit. Néanmoins, le Conseil des muftis de Russie a interprété cette tragédie comme une provocation visant les musulmans.
Ce qui s’est produit le soir du 25 septembre à Kislovodsk - le meurtre de l’imam sur le seuil de sa maison - prolonge la liste des événements tragiques de ces derniers temps : les attentats à la vie et l’assassinat de prêtres musulmans au Daghestan et en Tchétchénie, les agressions contre les mosquées et des prêtres à Serguiev Possad, Iakhroma et Iaroslavl, lit-on dans la déclaration du Conseil des muftis.
La xénophobie ne concerne pas que les musulmans, elle touche aussi les représentants des autres religions, des gens ayant une couleur de peau différente et appartenant à d’autres ethnies.
Les militants des droits de l’homme qualifient catégoriquement l’agression contre des ressortissants indien et soudanais à Saint-Pétersbourg de crimes à caractère raciste. Galina Kojevnikova, directrice adjointe du Centre d’information et d’analyse "Sova", explique les agressions contre l’Indien et le Soudanais à Saint-Pétersbourg par la recrudescence de l’activité des groupements nationalistes radicaux. "Il n’y a rien de surprenant à cela : à la fin du mois de septembre, on assiste toujours à une augmentation du nombre des agressions à caractère raciste", dit-elle. C’est loin d’être rassurant.
Quant aux autorités, elles qualifient les événements de Saint-Pétersbourg de "meurtre commis par des hooligans" et de vol avec violence. A propos, l’agression contre la mosquée de Iaroslavl est qualifiée d’acte de hooliganisme. Les défenseurs des droits de l’homme estiment que cette classification des crimes permet aux criminels de se sentir impunis, elle désoriente la société qui peut penser que le problème de la xénophobie dans le pays n’est pas aussi grave que cela. D’ailleurs, c’est exact. Mais d’autres tendances sont également observées.
Il est difficile de tromper aujourd’hui l’opinion publique, les citoyens du pays expliquent de plus en plus souvent les crimes commis dans les différentes villes de Russie par la xénophobie. Ce problème n’est pas passé sous silence, au contraire, il est débattu dans tous les médias, un grand nombre d’hommes politiques et de personnalités publiques estiment de leur devoir de se prononcer sur ce sujet, divers programmes visant à éradiquer la xénophobie sont élaborés. Où sont les résultats tangibles ?
La situation s’aggrave, car la xénophobie recèle de nombreuses autres tendances. Bien entendu, il est impossible de ne pas être d’accord avec les organes judiciaires : une agression contre une personne ayant une couleur de peau différente n’est pas systématiquement une manifestation de haine raciale. On peut tout supposer. Les victimes ne sont pas toujours forcément innocentes. Il faut reconnaître que les ONG qui suivent attentivement ces crimes n’incluent pas dans leurs statistiques, par exemple, les règlements de comptes, etc. Evidemment, tous les incidents ayant directement ou indirectement des motifs ethniques ne contribuent pas à créer une bonne atmosphère dans la société et, souvent, on ne fait pas la distinction entre les victimes et les coupables.
"Les agressions contre des étudiants étrangers ou leur assassinat cause un préjudice aussi bien au prestige international de la Russie qu’à ses traditions nationales", estime Vladimir Sloutsker, vice-président de la Commission unifiée pour la politique des nationalités et les relations entre l’Etat et les associations religieuses auprès du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe).
La société russe est contaminée par la xénophobie, il faut prendre un ensemble de mesures en vue de régler ce problème : les programmes d’enseignement, l’amélioration des lois sur les migrations et, en général, de la situation en matière de criminalité, le règlement de nombreux problèmes sociaux.
Pour l’instant, ce qui a changé, c’est l’attitude des personnalités officielles et des organes judiciaires envers ce problème.
Commentant l’assassinat d’un étudiant indien, le parquet de Saint-Pétersbourg a fait remarquer : " Pour l’instant, les motifs de ce crime sont inconnus, aucune version n’est écartée. Il n’est pas exclu que, lorsque le motif sera établi, l’affaire soit qualifiée autrement". Il existe toutes les raisons de croire qu’il en sera ainsi. Un précédent a eu lieu à la mi-septembre en Russie : un nouveau verdict a été prononcé contre Alexandre Koptsev, condamné pour l’agression perpétrée en janvier 2006 contre les fidèles dans une synagogue de Moscou.
Rappelons qu’Alexandre Koptsev avait été condamné, en mars dernier, à 13 années de détention. "Le tribunal estime qu’Alexandre Koptsev a commis un attentat à la vie d’autrui mû par la haine interethnique et religieuse, mais qu’il n’a pas tenté de semer la discorde" : telle était la décision du tribunal de Moscou. Le verdict mentionnait également l’absence dans la société russe de phénomènes tels que la discorde interethnique. Les avocats de la partie lésée ont fait appel de ce verdict et demandé à la Cour suprême de l’annuler. Le verdict a été cassé et une nouvelle décision a été prononcée le 15 septembre par le tribunal de Moscou : Alexandre Koptsev a été reconnu coupable d’avoir semé la discorde interethnique et d’avoir attenté à la vie de personnes.
Nous voudrions que le verdict sur l’agression contre des fidèles dans une synagogue empêche d’autres crimes ayant pour motif la haine interethnique et religieuse" : c’est ainsi que le grand rabbin de Russie Berl Lazar a commenté le nouveau verdict. Espérons que ce précédent jouera un rôle dans le durcissement de la législation russe relative à la xénophobie.
Il est significatif que pratiquement simultanément aux informations sur l’agression contre les synagogues d’Astrakhan et de Khabarovsk, le procureur général de Russie Youri Tchaïka ait annoncé la création, au sein du Parquet, d’un département de contrôle des rapports interethniques.
La Fédération des Communautés juives de Russie (FEOR) a mis en relief les tentatives des autorités en vue d’améliorer la situation dans le pays. "L’initiative de créer un département spécial de lutte contre la xénophobie prouve que les autorités russes prévoient cette évolution des événements et qu’elles attachent une grande importance au maintien de la paix interethnique en Russie. La FEOR exprime l’espoir que les enquêteurs accorderont une attention non seulement à l’activité des exécutants directs, mais aussi des instigateurs, de ceux qui propagent la haine envers les représentants d’autres religions et les personnes ayant une couleur de peau différente", lit-on dans la déclaration publiée par le service de la presse de la FEOR.
Souhaitons que les initiatives qui viennent d’en haut produiront un effet qui se répercutera sur les masses populaires de la société russe. Fait paradoxal : ni les autorités, ni la majorité des Russes n’approuvent les crimes xénophobes, mais cela ne met pas un terme à ces agissements. Un rôle immense doit être joué par les communautés religieuses et ethniques : sans céder aux provocations, il ne faut pas gêner les autorités dans l’accomplissement de leur mission.
Par Marianna Belenkaia, RIA Novosti
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De plus en plus de policiers russes sympathisent avec les nationalistes
(Novye izvestia)
Le ministère de l’Intérieur a publié mercredi ses statistiques concernant les crimes commis contre les étrangers. De 2000 à 2005, leur nombre s’est accru de 84 %. Le général de police Andreï Novikov, vice-ministre russe de l’Intérieur, a reconnu que la lutte contre les extrémistes devrait être plus efficace. Cependant, les experts sont certains que les effectifs manquent pour lutter contre le nationalisme agressif, car ceux qui sympathisent avec les nationalistes deviennent de plus en plus nombreux dans les organes de maintien de l’ordre public.
De l’avis des experts, les "crânes rasés" se sentent parfaitement à leur aise dans les rues des villes et les policiers ne voient pas en eux de véritables criminels. "Il arrive souvent qu’après avoir arrêté des "crânes rasés" qui ont battu des Caucasiens, les policiers disent aux skinheads : cela ne fait rien, il (la victime) fera sa déposition et nous te laisserons partir", affirme Svetlana Ganouchkina, présidente du comité "Assistance civile".
Le journaliste Nikolaï Svanidze, membre de la Chambre civile, estime que les tendances nationalistes sont assez largement répandues parmi les policiers. "La police ne manque pas d’individus ayant des préjugés propres à une bonne partie de notre société, a-t-il fait remarquer. Mais, à la différence de toute la société, la police exerce le pouvoir, par conséquent, cela représente une grave menace".
Les nationalistes déclarent ouvertement que les policiers sont à leurs côtés. "Ces derniers temps, ils ont une attitude singulière à notre égard, estime Alexandre Belov, leader du Mouvement contre l’immigration illégale. Ils s’approchent et déclarent pudiquement qu’ils sont contraints de nous contrôler, etc. En fait, ils nous soutiennent, mais ils sont contraints d’exécuter des ordres bizarres". Certains policiers souhaitent adhérer à l’organisation. "C’est normal, affirme Alexandre Belov. Les membres de notre organisation sont très différents, il y a d’anciens policiers et des personnes qui travaillent dans les organes mais qui collaborent avec nous".
Le lieutenant-colonel des troupes de l’Intérieur Andreï Golovatiouk, député du LDPR (Parti libéral-démocrate de Russie) à la Douma, est persuadé que l’Etat n’a pas encore défini sa position à l’égard des organisations comme le Mouvement contre l’immigration illégale : "S’il y a une décision de mettre fin à leur activité, la police agira en conséquence. Il faut prendre une décision politique, alors la police la mettra en oeuvre".
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http://www.armees.com/Flambee-de-nation ... ,8189.html
Flambée de nationalisme en septembre
publié le jeudi 28 septembre 2006
L’assassinat de l’imam de la mosquée de Kislovodsk, le meurtre d’un étudiant indien et le vol avec violence d’un Soudanais à Saint-Pétersbourg, les agressions contre les mosquées et les synagogues dans plusieurs villes russes à la veille des fêtes juives et musulmanes : faut-il voir dans ces événements les maillons d’une même chaîne, une nouvelle flambée de xénophobie en Russie ou des provocations préméditées ?
A noter que le parquet a ouvert des instructions sur tous ces crimes. Ainsi, le dossier de l’assassinat de l’imam de la mosquée de Kislovodsk a été ouvert d’après trois articles du Code pénal russe : assassinat, port illégal et recel d’armes. La version principale de l’assassinat suppose des motifs personnels. Puisque l’enquête vient de commencer, il est impossible d’affirmer quoi que ce soit. Néanmoins, le Conseil des muftis de Russie a interprété cette tragédie comme une provocation visant les musulmans.
Ce qui s’est produit le soir du 25 septembre à Kislovodsk - le meurtre de l’imam sur le seuil de sa maison - prolonge la liste des événements tragiques de ces derniers temps : les attentats à la vie et l’assassinat de prêtres musulmans au Daghestan et en Tchétchénie, les agressions contre les mosquées et des prêtres à Serguiev Possad, Iakhroma et Iaroslavl, lit-on dans la déclaration du Conseil des muftis.
La xénophobie ne concerne pas que les musulmans, elle touche aussi les représentants des autres religions, des gens ayant une couleur de peau différente et appartenant à d’autres ethnies.
Les militants des droits de l’homme qualifient catégoriquement l’agression contre des ressortissants indien et soudanais à Saint-Pétersbourg de crimes à caractère raciste. Galina Kojevnikova, directrice adjointe du Centre d’information et d’analyse "Sova", explique les agressions contre l’Indien et le Soudanais à Saint-Pétersbourg par la recrudescence de l’activité des groupements nationalistes radicaux. "Il n’y a rien de surprenant à cela : à la fin du mois de septembre, on assiste toujours à une augmentation du nombre des agressions à caractère raciste", dit-elle. C’est loin d’être rassurant.
Quant aux autorités, elles qualifient les événements de Saint-Pétersbourg de "meurtre commis par des hooligans" et de vol avec violence. A propos, l’agression contre la mosquée de Iaroslavl est qualifiée d’acte de hooliganisme. Les défenseurs des droits de l’homme estiment que cette classification des crimes permet aux criminels de se sentir impunis, elle désoriente la société qui peut penser que le problème de la xénophobie dans le pays n’est pas aussi grave que cela. D’ailleurs, c’est exact. Mais d’autres tendances sont également observées.
Il est difficile de tromper aujourd’hui l’opinion publique, les citoyens du pays expliquent de plus en plus souvent les crimes commis dans les différentes villes de Russie par la xénophobie. Ce problème n’est pas passé sous silence, au contraire, il est débattu dans tous les médias, un grand nombre d’hommes politiques et de personnalités publiques estiment de leur devoir de se prononcer sur ce sujet, divers programmes visant à éradiquer la xénophobie sont élaborés. Où sont les résultats tangibles ?
La situation s’aggrave, car la xénophobie recèle de nombreuses autres tendances. Bien entendu, il est impossible de ne pas être d’accord avec les organes judiciaires : une agression contre une personne ayant une couleur de peau différente n’est pas systématiquement une manifestation de haine raciale. On peut tout supposer. Les victimes ne sont pas toujours forcément innocentes. Il faut reconnaître que les ONG qui suivent attentivement ces crimes n’incluent pas dans leurs statistiques, par exemple, les règlements de comptes, etc. Evidemment, tous les incidents ayant directement ou indirectement des motifs ethniques ne contribuent pas à créer une bonne atmosphère dans la société et, souvent, on ne fait pas la distinction entre les victimes et les coupables.
"Les agressions contre des étudiants étrangers ou leur assassinat cause un préjudice aussi bien au prestige international de la Russie qu’à ses traditions nationales", estime Vladimir Sloutsker, vice-président de la Commission unifiée pour la politique des nationalités et les relations entre l’Etat et les associations religieuses auprès du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe).
La société russe est contaminée par la xénophobie, il faut prendre un ensemble de mesures en vue de régler ce problème : les programmes d’enseignement, l’amélioration des lois sur les migrations et, en général, de la situation en matière de criminalité, le règlement de nombreux problèmes sociaux.
Pour l’instant, ce qui a changé, c’est l’attitude des personnalités officielles et des organes judiciaires envers ce problème.
Commentant l’assassinat d’un étudiant indien, le parquet de Saint-Pétersbourg a fait remarquer : " Pour l’instant, les motifs de ce crime sont inconnus, aucune version n’est écartée. Il n’est pas exclu que, lorsque le motif sera établi, l’affaire soit qualifiée autrement". Il existe toutes les raisons de croire qu’il en sera ainsi. Un précédent a eu lieu à la mi-septembre en Russie : un nouveau verdict a été prononcé contre Alexandre Koptsev, condamné pour l’agression perpétrée en janvier 2006 contre les fidèles dans une synagogue de Moscou.
Rappelons qu’Alexandre Koptsev avait été condamné, en mars dernier, à 13 années de détention. "Le tribunal estime qu’Alexandre Koptsev a commis un attentat à la vie d’autrui mû par la haine interethnique et religieuse, mais qu’il n’a pas tenté de semer la discorde" : telle était la décision du tribunal de Moscou. Le verdict mentionnait également l’absence dans la société russe de phénomènes tels que la discorde interethnique. Les avocats de la partie lésée ont fait appel de ce verdict et demandé à la Cour suprême de l’annuler. Le verdict a été cassé et une nouvelle décision a été prononcée le 15 septembre par le tribunal de Moscou : Alexandre Koptsev a été reconnu coupable d’avoir semé la discorde interethnique et d’avoir attenté à la vie de personnes.
Nous voudrions que le verdict sur l’agression contre des fidèles dans une synagogue empêche d’autres crimes ayant pour motif la haine interethnique et religieuse" : c’est ainsi que le grand rabbin de Russie Berl Lazar a commenté le nouveau verdict. Espérons que ce précédent jouera un rôle dans le durcissement de la législation russe relative à la xénophobie.
Il est significatif que pratiquement simultanément aux informations sur l’agression contre les synagogues d’Astrakhan et de Khabarovsk, le procureur général de Russie Youri Tchaïka ait annoncé la création, au sein du Parquet, d’un département de contrôle des rapports interethniques.
La Fédération des Communautés juives de Russie (FEOR) a mis en relief les tentatives des autorités en vue d’améliorer la situation dans le pays. "L’initiative de créer un département spécial de lutte contre la xénophobie prouve que les autorités russes prévoient cette évolution des événements et qu’elles attachent une grande importance au maintien de la paix interethnique en Russie. La FEOR exprime l’espoir que les enquêteurs accorderont une attention non seulement à l’activité des exécutants directs, mais aussi des instigateurs, de ceux qui propagent la haine envers les représentants d’autres religions et les personnes ayant une couleur de peau différente", lit-on dans la déclaration publiée par le service de la presse de la FEOR.
Souhaitons que les initiatives qui viennent d’en haut produiront un effet qui se répercutera sur les masses populaires de la société russe. Fait paradoxal : ni les autorités, ni la majorité des Russes n’approuvent les crimes xénophobes, mais cela ne met pas un terme à ces agissements. Un rôle immense doit être joué par les communautés religieuses et ethniques : sans céder aux provocations, il ne faut pas gêner les autorités dans l’accomplissement de leur mission.
Par Marianna Belenkaia, RIA Novosti
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De plus en plus de policiers russes sympathisent avec les nationalistes
(Novye izvestia)
Le ministère de l’Intérieur a publié mercredi ses statistiques concernant les crimes commis contre les étrangers. De 2000 à 2005, leur nombre s’est accru de 84 %. Le général de police Andreï Novikov, vice-ministre russe de l’Intérieur, a reconnu que la lutte contre les extrémistes devrait être plus efficace. Cependant, les experts sont certains que les effectifs manquent pour lutter contre le nationalisme agressif, car ceux qui sympathisent avec les nationalistes deviennent de plus en plus nombreux dans les organes de maintien de l’ordre public.
De l’avis des experts, les "crânes rasés" se sentent parfaitement à leur aise dans les rues des villes et les policiers ne voient pas en eux de véritables criminels. "Il arrive souvent qu’après avoir arrêté des "crânes rasés" qui ont battu des Caucasiens, les policiers disent aux skinheads : cela ne fait rien, il (la victime) fera sa déposition et nous te laisserons partir", affirme Svetlana Ganouchkina, présidente du comité "Assistance civile".
Le journaliste Nikolaï Svanidze, membre de la Chambre civile, estime que les tendances nationalistes sont assez largement répandues parmi les policiers. "La police ne manque pas d’individus ayant des préjugés propres à une bonne partie de notre société, a-t-il fait remarquer. Mais, à la différence de toute la société, la police exerce le pouvoir, par conséquent, cela représente une grave menace".
Les nationalistes déclarent ouvertement que les policiers sont à leurs côtés. "Ces derniers temps, ils ont une attitude singulière à notre égard, estime Alexandre Belov, leader du Mouvement contre l’immigration illégale. Ils s’approchent et déclarent pudiquement qu’ils sont contraints de nous contrôler, etc. En fait, ils nous soutiennent, mais ils sont contraints d’exécuter des ordres bizarres". Certains policiers souhaitent adhérer à l’organisation. "C’est normal, affirme Alexandre Belov. Les membres de notre organisation sont très différents, il y a d’anciens policiers et des personnes qui travaillent dans les organes mais qui collaborent avec nous".
Le lieutenant-colonel des troupes de l’Intérieur Andreï Golovatiouk, député du LDPR (Parti libéral-démocrate de Russie) à la Douma, est persuadé que l’Etat n’a pas encore défini sa position à l’égard des organisations comme le Mouvement contre l’immigration illégale : "S’il y a une décision de mettre fin à leur activité, la police agira en conséquence. Il faut prendre une décision politique, alors la police la mettra en oeuvre".
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