« Cessons de protéger la finance comme si elle était ‘le...

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« Cessons de protéger la finance comme si elle était ‘le...

Messagepar Pat » 24/09/2012 - 18:22

« Cessons de protéger la finance comme si elle était ‘le sang’ de nos économies »

Une mise en revue critique et sans appel des dévoiements de l’hyper-capitalisme par l’auteur des « 7 plaies du capitalisme ».

“La crise de 2008 est le symptôme d’une mutation maléfique du capitalisme depuis la chute du communisme qui entraîne irrésistiblement vers le gouffre des inégalités, de la stagnation et du chômage l’ensemble des sociétés occidentales.” Ce diagnostic on ne peut plus sombre n’est pas posé par Jean-Luc Mélenchon mais par l’entrepreneur Henri de Bodinat dans un essai aussi incisif que percutant (*). Pour se faire comprendre, le cofondateur d’Actuel et de Radio Nova, aujourd’hui à la tête d’un fonds d’investissement, puise dans le registre biblique pour décliner les sept maux qui font “courir le capitalisme à sa perte”. Surplombé par la cupidité, “la mère de toutes les plaies”, cet inventaire pointe au premier chef “l’infection” du système par le lobbying de grandes entreprises en quête de surprofits et qui mine profondément nos régimes politiques. Or en se concentrant dans les mains des groupes de pression financiers, ce mal atteint des proportions jamais atteintes.

“L’interpénétration de la finance avec le pouvoir est quasiment totale. Les mesures ne se prennent plus dans le sens de l’intérêt général mais au bénéfice de la seule préservation des intérêts bancaires”, dénonce Henri de Bodinat qui appelle à couper d’urgence ce lien pour “sauver” le capitalisme. (*) A lire : Les Sept Plaies du capitalisme par Henri de Bodinat – éditions Léo Scheer.
http://www.amazon.fr/Les-sept-plaies-du ... 2756104027
La crise est, comme la fièvre du malade, le symptôme des dévoiements du système capitaliste. Avant 2008, les dirigeants et les organisations internationales ne voulaient pas voir ces dérives sur le mode du “tout va très bien Madame la Marquise”, en dépit des signaux d’alerte comme le gonflement hors de proportion des profits de la sphère financière.

Aujourd’hui pour traiter le mal, on pratique cette même méthode Coué en refusant de s’attaquer aux causes profondes ou en refusant de prendre les remèdes radicaux pourtant inévitables, comme par exemple à mes yeux la sortie de l’euro pour les pays européens les plus mal en point. On persévère dans le déni. Alors que nous sommes dans bon nombre de cas à la limite du point de rupture, en particulier dans les sociétés qui connaissent une proportion de jeunes au chômage insupportable. Le risque est de connaître des crises de plus en plus violentes allant jusqu’à des révolutions comme en 1789 ou 1917.

A biens des égards, la situation actuelle rappelle celle de la fin de l’Empire romain au III-IVe siècle après JC, quand une caste richissime côtoyait une plèbe désargentée. Une polarisation si forte qu’elle allait conduire à l’écroulement de l’Empire. Ce type de clivage ne concerne pas que les pays occidentaux puisqu’on retrouve ces inégalités aussi bien en Chine, en Inde et au Brésil. Ces pays – surtout la Chine – ont embrayé sur la voie du capitalisme en exacerbant toutes ses dérives.

La cupidité, mère de toutes les plaies

Il n’y a pas de cause unique à la dérive du système mais une série de facteurs cumulatifs s’interpénétrant les uns les autres. C’est toutefois la cupidité qui, en mettant l’argent au premier rang des valeurs, est à la base de tous les dérèglements. Ce qui prime c’est de gagner, de maximiser leurs gains. La valeur des individus se mesure à l’aune exclusive de leur réussite monétaire. L’avidité a certes toujours existé mais désormais elle est générale – même les adolescents avec leur culte des marques y succombent à leur manière ! La cupidité atteint un degré paroxystique aujourd’hui. Ce n’est pas la société de consommation, mais la société de la consommation ostentatoire, la société du bling bling.

Les entreprises n’hésitent pas un dixième de seconde à supprimer des emplois pour gagner un pourcentage même infime de rentabilité. Toutes les autres valeurs s’effacent derrière celle du profit maximum. L’évolution du système donne raison aux prophéties les plus sombres de Karl Marx. La hiérarchie des salaires dans les grandes entreprises est passée de 1 à 200 à 300 alors qu’elle n’était que de 1 à 20 il y a à peine quatre décennies sans que personne n’y trouve rien à redire.

De telles évolutions ainsi que les plaintes des contribuables surtaxés les plus aisés, souvent complaisamment relayées, montrent une perte incroyable du sens commun. Et sur cette échelle dévoyée des valeurs, il n’est pas étonnant que les footballeurs surpayés et les gagnants du super loto deviennent de véritables héros. Le problème de la cupidité, c’est qu’elle donne le primat au court terme : on veut de l’argent tout de suite et le dépenser tout aussi vite.

Résultat : le système est dominé par les impulsions immédiates. Dans une vision de long terme, la volonté de gagner de l’argent n’est pas malsaine. Le profit à long terme est au contraire un très bon guide. Le patron d’Apple, Steve Jobs, ne raisonnait pas à court terme : il cherchait la perfection de ses produits et n’hésitait pas à retarder de six mois la sortie d’un appareil pour l’atteindre. Une démarche gagnante.

L’infection du lobbying

Le lobbying qui organise la défense des intérêts des sociétés et de leurs actionnaires au détriment de l’intérêt général est une plaie du capitalisme. S’il se déploie aux Etats-Unis comme nulle part ailleurs – les entreprises n’hésitent pas à donner de l’argent aux candidats ou à leurs… adversaires -, le lobbying n’en est pas moins très actif en France, même s’il emprunte des voies plus subtiles. Les dirigeants des grandes entreprises françaises ont un accès au pouvoir qui est très fort et l’interpénétration entre le ministère des Finances et les directions des grandes banques françaises est quasiment totale. Résultat ? Les mesures ne se prennent plus dans le sens de l’intérêt général mais au bénéfice de la préservation des intérêts bancaires.

Un problème criant en France mais qui existe aussi à l’échelon européen où les dirigeants des autorités monétaires ont de par leur parcours des accointances certaines avec les milieux financiers.

Le fait que Mario Draghi ait travaillé un temps pour Goldman Sachs n’a rien d’anecdotique. Qui va profiter des rachats de titres publics annoncés récemment par la Banque centrale européenne ? Les banques mais pas les populations. Et pourquoi refuse-t-on d’envisager une sortie de la Grèce de l’euro si ce n’est pour préserver les intérêts des banques étrangères engagées sur ce pays en leur évitant un défaut ?

On trouve trace de la puissance des lobbies en France dans la manière avec laquelle certaines entreprises, par exemple les sociétés d’autoroutes, parviennent à négocier avec l’Etat leurs tarifs à l’avantage de leurs actionnaires et non de leurs clients. L’obstruction à l’introduction des “class actions” ou à la reconnaissance de la faillite personnelle – deux mécanismes qui permettraient sans nul doute de rééquilibrer les relations entre les sociétés et les consommateurs, et de pousser à une meilleure qualité des services ou des produits – sont deux autres illustrations de ce pouvoir des lobbies.

Le virus de la rente

La rente qui agit comme un virus dans l’économie a des conséquences désastreuses pour l’économie. Les sociétés rentières, c’est- à-dire non soumises à la concurrence, fournissent en général des produits ou des services de moindre qualité à des prix supérieurs. Un tel comportement s’assimile à un impôt prélevé sur l’économie. Il a pour effet d’augmenter les coûts et de diminuer la productivité du système. La rente diminue le pouvoir d’achat des ménages et la rentabilité des autres entreprises. C’est donc un facteur de frein à l’économie. Or les rentiers font naturellement tout pour écarter l’arrivée des concurrents car ces derniers, en faisant mieux et moins cher, feraient éclater la réalité de leur médiocrité.

Cette obstruction se fait en général avec la complicité des salariés de ces sociétés, car ces derniers en tirent aussi des bénéfices.

L’ultralibéralisme, contrairement à ce que l’on croit, ne prône pas la concurrence, il appuie la rente. D’où une forme de collusion entre les entreprises rentières et les Etats. Pendant l’administration républicaine de George W Bush, les autorités de la concurrence se sont montrées incroyablement passives et neutres sous le prétexte qu’il fallait laisser les champions nationaux se développer.

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