Barack Obama, né au Kenya ?Stéphane, Le Meilleur Des Mondes, 7 août 2009Si Barack Obama n'était pas né à Hawaï, il ne pourrait pas être président. Science-fiction ? Pas sûr.
Le lieu de naissance de M. Obama a un effet direct sur son éligibilité au poste de président des Etats-Unis. En effet, la Constitution américaine oblige le Président à être Américain de naissance. Que l'on trouve cette règle désuète ou sensée, peu importe. La loi en vigueur au moment de l'élection du président est ainsi. Il serait tout de même étrange que le chef de la nation, jurant sur la Bible de défendre la Constitution, n'en respecte même pas l'article deux !
Barack Obama est né le 4 août 1961. Une autre époque, aux règles différentes. Personne, naturellement, ne s'attendait à ce que le nouveau-né ne cherche à devenir président des Etats-Unis quarante-sept ans plus tard. Le contexte est un élément important. Notamment, les lois ne sont pas rétroactives. Pour que M. Obama soit éligible, il faut qu'il ait été Américain de naissance selon la législation en vigueur en 1961. Or, la partie n'est pas gagnée d'avance : compte tenu de son ascendance particulière, un père kenyan et une mère américaine mineure, il n'y a qu'une seule façon pour le jeune Barack d'avoir été Américain de naissance. Il faut qu'il soit né sur le territoire américain. Selon les lois de 1961, sa mère était trop jeune pour lui conférer la nationalité américaine, simplement en le mettant au monde.
M. Obama a toujours dit être né à Honolulu, Etat de Hawaï. Mais qu'en sait-on vraiment ?
Un mouvement de citoyens, appelés les birthers, dont le journal
WorldNetDaily (
http://www.wnd.com/eligibility) est devenu le principal vecteur médiatique, proclame que Barack Obama n'est pas né à sur le sol des Etats-Unis, comme il l'affirme.
Si ces allégations étaient exactes, les conséquences seraient énormes. Le Président pourrait ne l'avoir jamais été.Ignorés par les médias, puis tournés en ridicule, les birthers semblent livrer une bataille perdue d'avance. Il y a quelque chose de délirant à clamer que le Président en exercice est inéligible, cas sans précédent dans l'histoire. Nous parlons des Etats-Unis, un pays développé et correctement administré ! Vraiment, l'hypothèse semble plus tenir d'une fantaisie de scénariste que du monde réel. Peut-on croire que personne ne se soit donné la peine de vérifier sérieusement ? Que le démocrate ait caché un secret aussi énorme pendant toute la campagne présidentielle ? Que ni Hillary Clinton, ni John McCain ne se soient donnés la peine de soulever ce point essentiel, qui aurait instantanément disqualifié le candidat qui les a battus l'une et l'autre ?
C'est impensable. Grotesque. Risible, même.
Et pourtant...Un individu peut aller très loin dans la vie politique américaine sans être Américain de naissance. Arnold Schwarzenegger, né en Autriche de parents autrichiens et gouverneur de Californie, en est l'exemple le plus brillant. Mais M. Schwarzenegger n'a jamais caché ses origine, ni le fait que celles-ci l'empêchent de se porter candidat à la présidence. On peut imaginer qu'un autre politicien soit devenu sénateur de l'Illinois ans que cette question ne se pose jamais, jusqu'au jour où, lancé dans la course à l'investiture, ce détail prenne soudain une importance cruciale.
Depuis quelques jours, Internet s'enflamme (
http://www.wnd.com/index.php?fa=PAGE.view&pageId=105764) pour un prétendu certificat de naissance au Kénya du président. C'est probablement un faux ; mais qu'il s'agisse de l'œuvre d'un partisan un peu trop zélé ou d'une manœuvre habile pour les ridiculiser, peu importe. L'arrivée inopinée de ce document ne change pas le fond du problème. Les birthers ont soulevé des questions intéressantes, auxquelles Barack Obama ne semble guère pressé de répondre.
Les birthers ont levé des doutes sur l'éligibilité d'Obama bien avant son élection, mais ils n'ont pas été entendus. L'équipe de campagne d'Obama a mis en ligne une Certification of Live Birth (
http://en.wikipedia.org/wiki/File:Barac ... Hawaii.jpg) en 2008, document que le directeur du Département de la Santé de Hawaï, Chiyome Fukino, déclare délivré "en accord avec le règlement et les procédures de l'Etat" et qui ont suffit à faire taire toute polémique dans des médias qui, il faut bien le dire, n'avaient d'yeux que pour le candidat démocrate.
Jusqu'à ce jour, cette Certification of Live Birth est la seule preuve administrative en faveur de la naissance de Barack Obama sur le sol américain.
Hormis les inévitables soupçons de falsification, je ne comprenais pas l'acharnement des birthers à méconnaître ce document. Pourquoi prétendre qu'il ne prouvait rien ? N'était-ce pas l'aveuglement propre aux illuminés ? Ne se comportaient-ils pas, finalement, exactement comme les journalistes dont ils dénoncent la partialité ?
Mais à chercher un peu, les pièces du puzzle s'assemblèrent, notamment en prenant connaissance des explications (
http://www.westernjournalism.com/?page_id=2697) sur les fameuses procédures de l'Etat évoquées par Chiyome Fukino.
Il y a quatre moyens différents d'être en droit de réclamer une Certification of Live Birth valide à l'Etat de Hawaï en vertu de la législation des années soixante.
1. Un praticien ou une sage-femme ayant assisté à l'accouchement, à Hawaï, a informé l'administration de la naissance de l'enfant par le formulaire habituel.
2. Un certificat de naissance rempli par un des parents a été envoyé à l'administration, par simple courrier, assorti d'une preuve de résidence à Hawaï et d'un éventuel certificat médical rempli par un médecin ou une sage-femme sur l'état de santé de l'enfant. Ce dernier est un document purement médical, sans forcément mentionner le lieu de naissance du nouveau-né.
3. En 1961, si un bébé est né hors du milieu médical, un membre de la famille (peut-être même pas besoin d'être père ou mère de l'enfant, la législation n'est pas claire) a rempli un "certificat de naissance tardif" (Delayed Certificate) au plus tard jusqu'au premier anniversaire de l'enfant, et témoigne à un officier de l'Etat-civil pourquoi la procédure normale n'a pas pu être suivie. L'explication est consignée avec le dossier.
4. Si le bébé est né hors du milieu médical et que le Delayed Certificate n'ait pu être rempli à temps, il est encore possible d'établir un "certificat de naissance hawaïenne" (Certificate of Hawaiian Birth) devant les autorités du Gouverneur de l'Etat, pour peu que l'enfant soit âgé d'au moins un an et qu'un adulte, ou lui-même s'il est adulte, témoigne de sa naissance à Hawaï.
Les possibilités de fraude sont vertigineuses.Si Barack Obama doit son attestation aux procédures
2, 3 ou
4 ci-dessus, il aurait pu tout aussi bien naître au Kenya ou ailleurs. Une déclaration à peine enjolivée de sa famille aurait suffi.
En conséquence, la Certification of Live Birth n'est pas une preuve suffisante.Que Barack Obama doive son statut d'Américain de naissance à une fausse déclaration serait tout à fait plausible.
Quelle mère n'essayerait pas de mettre toutes les chances de son côté en donnant la nationalité américaine à ses enfants, quitte à mentir un peu ? Le passeport américain est une garantie pour l'avenir.
Il est même possible que Barack Obama ait établi sa nationalité américaine sur le tard, profitant pendant son adolescence et ses études des innombrables avantages conférés par un statut d'étudiant étranger, en termes de bourse ou de critères d'admission.
Cette hypothèse expliquerait également pourquoi l'entourage d'Obama utilise tous les moyens possibles pour ne pas dévoiler (
http://www.wnd.com/index.php?fa=PAGE.view&pageId=100613) les dossiers scolaires et universitaires du président, engloutissant des centaines de milliers de dollars en frais d'avocats.
Pouvoir absolu, mensonges, démons du passé, il y a tous les ingrédients pour le scandale du siècle. Même un meurtre (
http://www.washingtontimes.com/news/200 ... ally-shot/).
Mais les médias ont soigneusement décidé de discuter l'affaire au fond.
Bien des gens croient qu'Obama a prouvé qu'il était Américain de naissance en montrant un Certification of Live Birth. Parmi eux, un bon nombre qui soutiendra Obama quelle que soit la vérité et d'autres qui trouvent l'affaire trop énorme pour être crédible.
La plupart ignorent tout de ces détails.
Il existe une façon de lever le doute : que Barack Obama ouvre ses dossiers, ou au moins révèle son Certificate of Live Birth (
http://www.cfourstrategies.com/colb.jpg) d'origine, le document plus précis qui révèle des détails du dossier comme expliqué ci-dessus. Cela coûte 10 dollars.
John McCain aussi bien que Hillary Rodham Clinton ont donné le leur aux médias au cours de la campagne présidentielle sans faire d'histoires.
Pourquoi Obama ne montre-t-il pas le sien ?S'il est réellement né à Hawaï, il n'a rien à craindre.
Poser la question, n'est-ce pas y répondre ?
Texte Communiqué par François Guillaumathttp://www.libeco.net/magazine.htm