Les Européens ?
pfff ...Un ramassis de gogos.
Qui pensent que le bon temps va durer toujours.
Ils n'ont rien dans le crâne et pas de pétrole.
Vive la Russie !
a+
Tigre.
Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Si vous ne pensez pas par vous-même, d'autres s'en chargeront !
Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Pianoforte a écrit :chris84 a écrit :Kadhafi avait ainsi fait planter sa tente de bédouin dans un jardin du Kremlin.![]()
![]()
Ça va, c'est pas trop méchant, on a l'habitude maintenant.![]()
C'est moins grave qu'un président turc qui amène ses propres commodités.
C'est bien d'un sens qu'il est amené sa tente, comme ca on peut comparer la magnifique architecture de la tente ...

... avec celle du Kremlin !!!




Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Pianoforte a écrit :Cela confirme bien que les arabes nous ont tout appris, en matière de sciences, d'arts et de philosophie. Leur civilisation est toujours porteuse de tous ces trésors qui s'évanouiraient sans eux.
Excuse-moi de te contredire, mais les habiroux nous ont apporté beaucoup plus que les arabes. Lors d'un repas de mariage (cachère) le père du marié nous a expliqué ça en long, en large et en travers. Si on le croit, sans eux nous serions encore à l'âge de pierre. J'ai même fini par lui répondre, tellement il m'a convaincu...
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Le discours-programme du président russe
Une Russie moderne dans un monde affranchi de la tutelle états-unienne
http://www.voltairenet.org/article158813.html

Une Russie moderne dans un monde affranchi de la tutelle états-unienne
http://www.voltairenet.org/article158813.html

"Condamner l'Immigration de Remplacement ( et ses conséquences) sans jamais dénoncer les Responsables de cette Immigration c'est faire preuve d'inintelligence et de lâcheté !"
Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
C'est autre chose qu'un programme à la Sàrközy!
Un énoncé clair des priorités, des problèmes à résoudre et des voies de résolution, toujours en fonction de l'intérêt de la Russie et des citoyens russes.
Un énoncé clair des priorités, des problèmes à résoudre et des voies de résolution, toujours en fonction de l'intérêt de la Russie et des citoyens russes.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Et, une nouvelle fois, ce sont les citoyens français et européens qui vont devoir subir les conséquences de la politique du pire....menée par des irresponsables et des incapables.
Contrairement à
et
Fillon
,
Avec Poutine et Medvedev = Chose promise, chose dû ....
Conflit gazier: "quasi-interruption" des livraisons de gaz russe en France
http://www.laprovence.com/articles/2009 ... France.php
Le gestionnaire du réseau de transport de gaz GRTGaz a fait état mercredi soir d'une "quasi-interruption des arrivées de gaz naturel" russe en France, dans un communiqué.
"GRTGaz doit faire face à une quasi-interruption des arrivées de gaz naturel à Obergailbach (Moselle), le point d'entrée du gaz d'origine russe sur son réseau de transport", a annoncé GRTGaz.
Le contentieux entre la Russie et l'Ukraine, commencé le 1er janvier, a débouché mercredi sur la coupure totale des livraisons de gaz russe acheminées vers l'Europe via l'Ukraine.
Le Premier ministre français François Fillon a jugé cette situation "totalement inacceptable".
L'interruption des approvisionnements de gaz russe via l'Ukraine est "en violation en particulier de tous les accords passés avec Gazprom", a indiqué Matignon dans un communiqué: "ce non-respect des contrats signés est totalement inacceptable et l'Union européenne doit appeler avec force la Russie à respecter sans délai ses engagements de fourniture des quantités destinées à l'Europe et l'Ukraine à garantir le libre transit du gaz par son territoire".
M. Fillon s'était un peu plus tôt voulu rassurant pour le consommateur français. Il a souligné que la France dépendait de la Russie pour "environ 15%" de ses approvisionnements gaziers et qu'il n'y avait "pas à court terme une préoccupation stratégique pour notre pays".
La Norvège est le premier fournisseur de gaz de la France, avec 32,5% de ses importations, devant les Pays-Bas (19%), l'Algérie (17%) et la Russie (16%), selon des chiffres 2007 publiés par la compagnie pétrolière BP.
Le réseau gazier est mis à rude épreuve en raison de la vague de froid que subit la France. GRTGaz a ainsi annoncé avoir enregistré mercredi un nouveau record de pointe de consommation avec 145.000 mégawatts (MW) de gaz consommés.
Le précédent record datait du 26 janvier 2007 à 135.000 MW.
Le réseau gazier français est "sous tension" en raison d'une consommation record à cause du froid et de l'arrêt des livraisons russes, avait déclaré mercredi Jean-François Cirelli, vice-président de GDF Suez, assurant que son groupe faisait tout pour trouver d'autres approvisionnements.
Contrairement à
et Avec Poutine et Medvedev = Chose promise, chose dû ....
Conflit gazier: "quasi-interruption" des livraisons de gaz russe en France
http://www.laprovence.com/articles/2009 ... France.php
Le gestionnaire du réseau de transport de gaz GRTGaz a fait état mercredi soir d'une "quasi-interruption des arrivées de gaz naturel" russe en France, dans un communiqué.
"GRTGaz doit faire face à une quasi-interruption des arrivées de gaz naturel à Obergailbach (Moselle), le point d'entrée du gaz d'origine russe sur son réseau de transport", a annoncé GRTGaz.
Le contentieux entre la Russie et l'Ukraine, commencé le 1er janvier, a débouché mercredi sur la coupure totale des livraisons de gaz russe acheminées vers l'Europe via l'Ukraine.
Le Premier ministre français François Fillon a jugé cette situation "totalement inacceptable".
L'interruption des approvisionnements de gaz russe via l'Ukraine est "en violation en particulier de tous les accords passés avec Gazprom", a indiqué Matignon dans un communiqué: "ce non-respect des contrats signés est totalement inacceptable et l'Union européenne doit appeler avec force la Russie à respecter sans délai ses engagements de fourniture des quantités destinées à l'Europe et l'Ukraine à garantir le libre transit du gaz par son territoire".
M. Fillon s'était un peu plus tôt voulu rassurant pour le consommateur français. Il a souligné que la France dépendait de la Russie pour "environ 15%" de ses approvisionnements gaziers et qu'il n'y avait "pas à court terme une préoccupation stratégique pour notre pays".
La Norvège est le premier fournisseur de gaz de la France, avec 32,5% de ses importations, devant les Pays-Bas (19%), l'Algérie (17%) et la Russie (16%), selon des chiffres 2007 publiés par la compagnie pétrolière BP.
Le réseau gazier est mis à rude épreuve en raison de la vague de froid que subit la France. GRTGaz a ainsi annoncé avoir enregistré mercredi un nouveau record de pointe de consommation avec 145.000 mégawatts (MW) de gaz consommés.
Le précédent record datait du 26 janvier 2007 à 135.000 MW.
Le réseau gazier français est "sous tension" en raison d'une consommation record à cause du froid et de l'arrêt des livraisons russes, avait déclaré mercredi Jean-François Cirelli, vice-président de GDF Suez, assurant que son groupe faisait tout pour trouver d'autres approvisionnements.
"Condamner l'Immigration de Remplacement ( et ses conséquences) sans jamais dénoncer les Responsables de cette Immigration c'est faire preuve d'inintelligence et de lâcheté !"
Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Possible ??? Ou pas possible ???
Quoi penser de cet article ?
La vérité sur la Russie en Géorgie
http://www.futurquantique.org/la-politi ... en-georgie
La grande majorité de l'opinion publique croit que le président Mikheil Saakashvili a provoqué bêtement une invasion russe le 7 août 2008, quand il a envoyé des troupes dans la région séparatiste de l'Ossétie du Sud. «Les combats ont commencé le 7 août quand la Géorgie a déclenché un tir de barrage visant l'Ossétie du Sud.»
Et la majorité se trompe.... La Géorgie n'a pas entamé les hostilités le 7 août, ni à aucune autre date. La milice de l'Ossétie du Sud a attaqué le 6 août quand ses combattants ont tiré sur des pacificateurs géorgiens et des villages de Géorgie avec des armes prohibées par l'accord élaboré avec difficultés entre les deux côtés en 1994. En même temps, l'armée russe a envoyé ses forces d'invasion contre la Géorgie très rapidement depuis le côté nord des montagnes du Caucase ( au nord de la frontière russe ) par le tunnel Roki, puis en Géorgie. Tout cela a débuté avant que Saakashvili n'envoie des troupes additionnelles en Ossétie du Sud et ne déclenche soi-disant la guerre.
Patrick Worms, l'expert régional, d'origine allemande, et ancien officiel de la Commission Européenne a été engagé récemment par le gouvernement géorgien comme conseiller médiatique, et il m'a expliqué exactement ce qui s'est passé lorsque je l'ai rencontré au centre de Tbilissi. Vous devriez toujours être prudent avec la version des événements racontée par quelqu'un payé par le gouvernement, même quand le gouvernement est aussi amical et démocratique que celui de la Géorgie. J'eus de la chance, cependant, qu'un autre expert régional, l'auteur et universitaire Thomas Goltz, fût présent pendant le briefing de Worms avec moi et conclut que l'analyse était parfaitement précise, mise à part une petite chicanerie.
Goltz écrit sur la région du Caucase depuis presque 20 ans, et il n'est pas payé par le gouvernement géorgien. Il gagne sa vie grâce à l'université du Montana et aux ventes de ses livres «Azerbaijan Diary», «Georgia Diary» et«Chechnya Diary», Goltz a vécu dans ces trois républiques caucasiennes aux pires moments, et il connaît les acteurs et les événements mieux que tout le monde. Chaque journaliste à Tbilissi demande après lui car il est celui qui en connaît davantage que le reste de nous tous, et il voulait entendre le laïus de Patrick Worms aux journalistes pour s'assurer de son exactitude.
«Vous,» a dit Worms à Goltz juste avant qu'il ne commence à me développer la véritable histoire, «allez vous ennuyer parce que je vais raconter une histoire que vous connaissez mieux que moi.»
«Allez-y,» a dit Goltz. «Allez-y.»
L'histoire commence au moins aussi tôt que l'époque de l'Union soviétique. Je mis en route mon enregistreur numérique afin de ne rien manquer de ce qui se disait.
«Un outil clé que l'Union soviétique utilisait pour garder son empire,» m'a dit Worms, « était de dresser les groupes ethniques l'un contre l'autre. Elle a fait ça de manière extrêmement adroite dans le sens où elle n'a jamais généré des guerres ethniques sur son propre territoire. Mais quand l'Union Soviétique s'est effondrée, ceci est devenu une politique russe essentielle pour affaiblir les États à sa périphérie en activant les fusées ethniques qu'ils plantaient.
«Ils ont essayé dans nombre de pays. Ils ont essayé dans les États baltes, mais les fusées ont fait long feu. Rien de plus n'est arrivé. Ils ont essayé en Ukraine. Ce n'est pas encore arrivé, mais cela devient plus grave. Ils ont essayé en Moldavie. Là, ça a marché , et maintenant nous avons la Transnitrie[1]. Ils ont essayé en Arménie et en Azerbaïdjan et cela alla au-delà de leurs rêves les plus fous ; nous avons abouti à une guerre massive, massive. Et ils ont essayé dans deux territoires en Géorgie, dont je parlerai dans une minute. Ils n'ont pas essayé en Asie Centrale parce que fondamentalement tous les présidents des pays nouvellement indépendants étaient les anciens chefs des partis communistes et ils ont dit ‘nous suivons encore votre ligne, Kremlin, nous n'avons pas beaucoup changé.'»
Il a raison sur la guerre massive entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, bien que peu de personnes en dehors de la région soient au courant. Les Arméniens et les Azérisont transféréen sens inverse les Azéris et les Arméniens dans leur pays d'origine après l'écroulement de l'Union soviétique par des pogroms, des massacres et une purification ethnique. Des centaines de milliers de réfugiés ont fui de terreur la guerre communautaire sauvage. L'armée arménienne occupe toujours la région de Nagorno-Karabakh d'ethnie arménienne dans le sud-ouest de l'Azerbaïdjan. C'est un autre soi-disant «conflit gelé» dans la région du Caucase, attendant le dégel. Moscou est du côté arménien et pourrait faire exploser Nagorno-Karabakh, et par la suite tout l'Azerbaïdjan, n'importe quand. Après avoir entendu le point de vue azéri strident sur le conflit pendant une semaine avant d'arriver en Géorgie, je dirais que cette mèche ethnique-nationaliste particulière fait un millimètre de long.
«L'histoire commence réellement en 1992 quand cette mèche a été allumée en Géorgie,» a dit Worms. «Il y a deux territoires. Il y a l'Abkhazie qui a des frontières administratives clairement définies, et l'Ossétie du Sud qui n'en a pas. Avant que les troubles ne commencent, l'Abkhazie était une région extrêmement mélangée du point de vue ethnique: environ 60% de Géorgiens, 20% d'Abkhazeset 20% de divers - Grecs, Estoniens, Arméniens, Juifs,et autres. En Ossétie c'était une population ossète-géorgienne complètement intégrée et mélangée. Les Ossètes et les Géorgiens n'ont jamais été séparés dans le sens où ils vivaient dans leurs propres villages et s'occupaient de leurs propres affaires. Des mariages mixtes ont été célébrés et un sens de compréhension commune remontant à de l'histoire ancienne s'est développé. Les Géorgiens vous parleront du roi Tamar - c'est une femme, mais ils l'appelaient un roi - elle était mariée à un Ossète. La mèche a donc été allumée et deux guerres ont commencé, une en Abkhazie et une en Ossétie du Sud.»
L'Ossétie du Sud est en Géorgie, tandis que l'Ossétie du Nord est en Russie.
«La mèche n'a pas été allumée qu'à Moscou,» a-t-il dit. «Elle a aussi été allumée à Tbilisi. Il y avait un type en charge de ça ici, Zviad Gamsakhurdia, un petit peu comme Radovan Karadzic [criminel de guerre nationaliste serbe en Bosnie]. C'était un poète, un intellectuel. Mais c'était un de ces individus qui avait viré à l'exclusivisme ethnique. Il a fait des déclarations stupides comme: «la Géorgie n'est que pour les Géorgiens». Si vous dirigez un pays multi-ethnique, ce n'est pas une chose intelligente à dire. Le contrôle central de l'état était extrêmement faible. Les Russes essayaient d'empirer les choses. Il y a eu une guerre civile entre les Géorgiens et Tbilissi. Mais la chose clé est qu'ici il y avait des milices, des milices géorgiennes, et certaines d'entre elles assez méchantes.»
Thomas Goltz énonça alors sa seule critique de l'explication des événements de Patrick Worms qui ont mené à cette guerre. «Elle a commencé en 1991,» dit-il, «Mais ça a continué en 1992 et 1993 également.» Puis il se tourna vers moi. «Ce type, [Zviad] Gamsakhurdia, a été viré du pouvoir depuis l'autre côté de la rue. Ils ont fait exploser cet endroit.» Il parlait de l'hôtel Marriott. Nous étions dans le lobby où Worms avait organisé son opération de relations médiatiques. «Il y a une horrible image de cette façade dans mon livre sur la Géorgie.»
«De ce bâtiment?» demandais-je?
«Oui,» a dit Goltz. C'était en décembre 1991. Il s'est enfui en décembre 1991.»
«Où est-il parti?» demandais-je?
«En Tchétchénie,» répondit Goltz. «Bien sûr. Il dirigea le gouvernement en exil jusqu'à ce qu'il revienne en 1993 puis mourut obscurément dans les montagnes, suicidé disent certains, de cancer selon d'autres. Puis il a été enterré à Grozny.» Il se tourna ensuite vers Patrick Worms. «1991,» dit-il. «Pas 1992.»
«1991,» dit Worms. «Très bien.»
Donc à part cette argutie, tout ce que Worms m'a dit était garanti comme exact par l'homme qui a littéralement écrit le livre sur ce conflit du point de vue académique et du point de vue du témoin.
«Donc en 1991,» dit Worms,«les choses explosent ici. Et fondamentalement c'est devenu assez méchant. Thomas peut vous dire ce qui est arrivé. Lisez son livre, ça en vaut la peine. Et au moment où la poussière retombe, on compte entre 20 et 30000 morts. Beaucoup d'atrocités furent commises par les deux côtés, mais en majorité - du moins c'est ce que disent les Géorgiens - par les Abkhazes. Et le résultat final est que tout le monde a été chassé. Ce qui représente environ 400000 personnes. Dont 250000 vivent encore comme des Personnes Déplacées Intérieurement dans la Géorgie. Quant au reste, les Grecs sont retournés en Grèce, les Arméniens en Arménie, certains Abkhazes en Turquie, etc.
abkhazia_20map
Abkhazie (en haut à gauche)
«Quand c'est terminé,» dit-il, «vous avez deux morceaux d'Abkhazie qui ne sont pas une Abkhazie ethnique. Vous avez le district de Gali qui est occupé par des Géorgiens et la Gorge de Kodori occupée par un autre groupe de Géorgiens. Donc le résultat final a été un cas classique de nettoyage ethnique, mais le monde n'y prête pas beaucoup attention parce que tout cela se passait en même temps que la guerre en Yougoslavie. L'Ossétie était différente. L'Ossétie avait aussi une guerre qui a commencé vers le même moment, et c'était aussi assez méchant, mais ça ne réussit jamais complètement à créer un bout de territoire consolidé que l'Ossétie pouvait garder à elle. Quand la poussière est retombée, on a constaté la formation d' un patchwork de villages géorgiens et ossètes. Avant la guerre, les Ossètes et les Géorgiens vivaient ensemble dans les mêmes villages. Après la guerre, ils vivaient dans des villages séparés. Mais il y avait encore des contacts; les gens se parlaient, commerçaient. Ce n'était pas aussi méchant qu'en Abkhazie.
«Maintenant avançons rapidement à la Révolution Rose,» dit-il.
La Révolution Rose était une révolution populaire sans bain de sang qui porta au pouvoir le président actuel de la Géorgie Mikheil Saakashvili et remplaça le vieil homme de la politique géorgienne Eduard Shevarnadze qui dirigeait le pays essentiellement à la manière soviétique.
«La première chose que Misha [Mikheil Saakashvili] a faite fut d'essayer de mettre son doigt dans l'œil de Vladimir Poutine [président de la Russie] autant de fois que possible,» dit Worms, «le plus notablement en voulant rejoindre l'OTAN. L'Ouest, à mon avis, a mal géré cette situation. L'Amérique a donné les mauvais signaux. Idem pour l'Europe.»
«Pouvez-vous développer un peu?» demandais-je?
«Je vais le faire,» dit-il. «Mais fondamentalement, l'encouragement fut donné malgré des signaux russes de plus en plus forts qu'une accession géorgienne à l'OTAN ne serait pas tolérée. Avançons rapidement à 2008, à cette année, au meeting des chefs d'état de l'OTAN qui a eu lieu à Bucarest en Roumanie, où la Géorgie s'est vue promettre une éventuelle adhésion à l'organisation mais s'est vue refuser ce qu'elle voulait en réalité, qui était le soi-disant Plan d'Action d'Adhésion. Le Plan d'Action d'Adhésion est l'outil bureaucratique que l'OTAN utilise pour préparer les pays à l'adhésion. Et ce malgré le fait que les experts militaires vous diront que l'armée géorgienne, qui a été réformée du haut en bas avec le soutien américain, était maintenant en meilleure forme et plus capable de satisfaire aux aspirations de l'OTAN que les armées d'Albanie et de Macédoine qui elles, se sont vues offertes l'adhésion à ce même meeting.
«Juste encore un petit peu d'histoire, en juillet 2007, la Russie s'est retirée du Traité des Forces Conventionnelles en Europe. C'est un traité de l'ère soviétique qui dicte où l'OTAN et le Pacte de Varsovie peuvent garder leur armure conventionnelle autour de leurs territoires. La Russie a commencé à déplacer beaucoup de matériels vers le sud. Après Bucarest, les provocations ont commencé. Les provocations russes ont commencé, principalement en Albanie.
«Une des provocations consistait en l'utilisation des médias russes pour lancer des accusations outrancières disant que l'armée de la Géorgie était à Kodori en train de préparer une invasion de l'Abkhazie. Maintenant si vous y allez - j'y ai emmené nombre de journalistes quelques fois - quand vous arrivez au vrai checkpoint, vous vous trouvez devant un mur de pierres éboulées, un pont de bois, un autre mur de pierres éboulées, un torrent violent, et un flanc de montagne à pic rempli de bois. Il n'est pas possible d'envahir dans un sens ou dans l'autre à moins d'avoir un soutien aérien. C'est pourquoi les Abkhazes ne furent jamais capables de chasser ces Géorgiens. Ils ont juste gardé ce bout de territoire.»
Il fit une pause et regarda Thomas Goltz comme s'ilse préparait à une critique.
«Je fais juste ce que j'ai déjà fait,» dit-il, «mais cette fois j'ai l'avis d'un expert sur ce que je fais.»
Thomas Goltz opina silencieusement.
«Les provocations de Kodori,» continua Worms, «et d'autres provocations. En premier lieu les Russes avaient une base de maintien de la paix selon un accord de 1994 qui leur permettait de maintenir la paix à la fois en Abkhazie et en Ossétie du Sud. Ils ont ajouté des troupes parachutistes, des cracks, avec des armes modernes. Cela ne ressemble pas beaucoup à un maintien de la paix. Une autre provocation: ils commencent à tirer sur des drones géorgiens non pilotés, dans le ciel. L'un d'entre eux a été filmé par la caméra d'un drone au moment où il allait être détruit. Les Nations Unies ont confirmé que c'était un avion russe qui l'avait fait. Il a probablement décollé d'une base aérienne que les Russes étaient supposés avoir abandonnée il y a quelques années, mais ils n'ont jamais laissé l'OSCE [Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe] vérifier ce fait.
«Provocation suivante: le 16 avril, Poutine signe un décret présidentiel reconnaissant les documents des Abkhazes et des Ossètes du Sud en Russie et vice versa. Cela intègre effectivement ces deux territoires dans l'espace légal de la Russie. Les Géorgiens étaient furieux. Vous voyez donc toutes ces provocations s'accumulant, s'accumulant, s'accumulant. Entre temps, en juillet, diverses escadrilles commencent à se déplacer du reste de la Russie pour s'approcher du Caucase. Il y a d'obscurs détails, mais ils sont disponibles.
Une affiche sur un mur de Tbilissi en Géorgie
«Commençant à la mi-juillet, les Russes ont lancé le plus grand exercice militaire dans le Nord du Caucase qu'ils aient jamais tenu depuis la guerre de Tchétchénie. L'exercice ne s'est jamais arrêté. Il s'est juste transformé en guerre. Ils avaient toutes leurs troupes d'élite là, tous leurs blindés, tout leur matériel. Tout le monde pensait encore bêtement que l'action allait se dérouler en Abkhazie ou en Tchétchénie, qui n'est toujours pas aussi paisible qu'ils aimeraient qu'elle soit.
«Les Géorgiens avaient leurs troupes d'élite en Irak. Donc que restait-il dans leur base centrale à Gori? Pas grand chose. Juste de l'équipement de l'ère soviétique et pas leurs meilleures troupes. Ils n'ont pas placé des troupes à la frontière avec l'Abkhazie parce qu'ils ne voulaient pas provoquer les Abkhazes. Ils s'attendaient à une attaque sur Kodon, mais la gorge est dans un tel état qu'à moins d'utiliser un soutien aérien massif - que n'ont pas les Abkhazes - il est impossible de prendre cet endroit. Autrement ils l'auraient déjà fait.
«Avançons rapidement jusqu'à début août. Une ville, Tskhinvali, ossète, est entourée d' un groupe de villages géorgiens en forme de croissant. S'y trouvent dessoldats de la paix, à la fois des Russes et des Géorgiens selon l'accord de 1994. Les Ossètes étaient enterrés dans la ville, et les Géorgiens étaient dans les forêts et le champs entre la ville et les villages. Les Ossètes ont commencé à provoquer et provoquer et provoquer en tirant au canon les positions et les villages géorgiens tout autour. C'est un classique : un prêté pour un rendu. Vous tirez au canon, je réplique en tirant au canon. Les Géorgiens ont proposé des cessez-le-feu répétés que les Ossètes ont violés.
Le 3 août, le chef de l'administration locale annonce qu'il évacue les civils. Vous devez aussi savoir une chose: vous pouvez vous demander de quoi vivent ces régions, surtout l'Ossétie, où il n'y a pas d'industries. La Géorgie est pauvre, mais l'Ossétie est encore plus pauvre. C'est fondamentalement un paradis des contrebandiers. Une opération d'arnaquea eu lieu, trois kilos d'uranium hautement enrichi ont été saisis. Des faux billets de cent dollars à niveau d'au moins 50 millions de dollars ont été imprimés. [Le président de l'Ossétie du Sud, Eduard] Kokoity lui-même est un ancien catcheur et un ancien garde du corps qui a été promu à la présidence par de riches familles ossètes comme leur marionnette. Que cela signifie-t-il en pratique? Cela signifie que si vous êtes un homme jeune, vous n'avez pas le choix. Vous pouvez soit vivre dans la misère absolue, soit vous prenez l'aumône du gouvernement et rejoignez la milice. C'est arrivé dans les deux territoires.
«Au sommet de tout cela, au cours des quatre dernières années, les Russes ont distribué des passeports à quiconque le demandait dans ces régions. Tout ce que vous avez à faire est de présenter vos papiers ossètes ou abkhazes et une photo et vous avez un passeport russe sur le champ. Si vous vivez à Moscou et que vous essayez d'obtenir un passeport russe, vous devez suivre la procédure normale, et cela prend des années. Soudainement un grand nombre de miliciens ossètes et abkhazes présentent des passeports russes payés en réalité par les subsides russes.
«Donc revenons au 3 août. Kokoity annonce que les femmes et les enfants devraient partir. Comme il s'est avéré plus tard, il fait évacuer tous les civils qui ne combattent pas et qui n'ont pas la capacité de combattre. Le même jour, des irréguliers - Ingouches,Tchétchènes, Ossètes et Cosaques - commencent à arriver et à se répandre dans la campagne mais ne font rien. Ils s'installent juste et attendent. Le 5 août, le tir d'artillerie s'intensifie depuis les positions ossètes. Et pour la première fois depuis la fin de la guerre en 1992, ils utilisent des canons de 120 mm.»
«Pouvez-vous arrêter une seconde?» demandais-je. J'avais encore l'impression que la guerre avait commencé le 7 août et que le président géorgien Saakashvili l'avait commencée quand il avait envoyé des troupes dans la capitale de l'Ossétie du Sud, Tskhinvali. Qu'était-ce que toute cette violence ossète le 6 août et avant?
Il leva la main comme pour dire stop.
«C'était le début formel de la guerre,» dit-il. «A cause de l'accord de paix qu'ils avaient, personne n'était autorisé à avoir des armes plus grosses que 80 mm. Alors, c'est le début formel de la guerre. Ce n'était pas l'attaque sur Tskhinvali. Maintenant arrêtez-moi.»
« Très bien,» ai-je dit. «Tous les rapports que j'ai lus disent que Saakashvili a commencé la guerre.»
«Je ne suis pas encore au 7,» dit-il. «Je suis le 6 août.»
«Bien...» ai-je répondu . Il avait donné cette explication aux journalistes avant, et il savait exactement ce que je pensais.
«Saakashvili est accusé d'avoir commencé cette guerre le 7,» dit-il.
«Exact,» «Mais cela me semble être de complètes foutaises si ce que vous me dites est vrai.»
Thomas Goltz acquiesca.
J'ai rencontré plus tard des soldats géorgiens blessés dans un hôpital de Tbilissi qui ont confirmé ce que Patrick Worms m'avait dit sur ce qui était arrivé quand la guerre avait réellement commencé. Je ressentais de l'appréhension à rencontrer des soldats blessés. Voudraient-ils vraiment parler à quelqu'un des médias ou voudraient-ils plutôt passer leur temps à guérir en paix?
Mon traducteur a parlé à quelques docteurs à l'hôpital qui nous a dirigés vers des soldats géorgiens et un civil qui avaient été blessés en Ossétie du Sud et étaient suffisamment à l'aise pour parler à un journaliste étranger.
«Chaque jour et chaque heure le côté russe a menti,» nous a révélé le soldat géorgien Kaha Bragadze. «cela doit cesser. Sinon aujourd'hui, alors peut-être demain. Mes troupes étaient dans notre village, Avnevi. Le 6 août, ils ont fait exploser nos 4x4 transportsde troupes, nos pick-ups. Ils les ont fait exploser. Aussi dans ce village - c'était le 5 ou 6 août, je ne peux me rappeler - ils ont commencé à nous bombarder avec des obus. Deux soldats sont morts ce jour-là, nossoldats de la paix. Les Ossètes avaient une bonne position sur la colline. Ils pouvaient voir toutes nos positions et nos villages, et ils ont commencé à bombarder. Ils tenaient le sommet de la colline, et nous bombardèrent, puis redescendirent. Nous ne pouvions voir qui nous tirait dessus.»
«Quel jour était-ce?» demandais-je. «Le 5 ou le 6?»
«Je ne me rappelle pas,» dit-il. «mais cela a commencé le jour à cet endroit où deux Géorgiens ont été tués.»
«Bombardaient-ils juste les soldats de la paix?» demandais-je, «ou aussi les civils et les villages?»
«Avant qu'ils ne commencent à nous bombarder, ils évacuèrent tous les civils de leurs villages,» dit-il. «Puis ils ont commencé à détruire nos villages - des maisons, un tuyau de gaz, des rues, des champs. Ils ont tué nos animaux. Ils ont évacué leurs villages, puis ont bombardé nos villages.»
Un autre soldat géorgien, Giorgi Khosiashvili, était d'accord.
«J'étais aussi un soldat de la paix,» dit-il, «mais dans un autre village, je me suis fait tirer dessus le 6 août. Le 5 août ils ont commencé à tirer. Ils ont fait exploser nos camions de la paix. Ils ont mis une bombe sur la route qui a explosé à leur passage . Ils ont aussi miné les routes utilisées par les civils. Le 6 août, ils ont commencé à bombarder Avnevi. Et à ce moment-là, ils ont évacué les civils de Tskhinvali et les ont envoyés en Ossétie du Nord. [en Russie].»
«Je l'ai vu à la télévision,» a dit Alex, mon traducteur. «Ils ont emmené les civils, les enfants, les femmes, les ont mis dans les bus et les ont envoyés en Ossétie du Nord.»
Un civil, Koba Mindiashvili, partageait la même chambre que les soldats géorgiens. Lui aussi était en Ossétie du Sud où il vivait en dehors de Tskhinvali.
«Quand ils ont commencé à bombarder mon village,» dit-il, «je partais en courant et les soldats m'ont blessé. Ils m'ont volé et tiré dans la jambe avec une Kalachnikov. Je ne sais pas si c'étaient des Russes ou des Ossètes. Ils ont pris ma voiture, ma chaîne en or, et m'ont tiré dessus.»
«Il ne se souciaient pas de savoir si c'était une maison ou un camp militaire,» a dit Giorgi Khosiashvili. «Ils bombardaient tout.»
«Vous avez réellement vu cela par vous-même?» demandais-je.
«Oui,» dit-il. C'étaient les avions militaires russes. S'ils savaient que c'était un village géorgien, ils bombardaient toutes les maisons. Beaucoup de civils ont été tués par ce bombardement.»
«C'étaient des Russes ou des Ossètes?» demandais-je.
«C'étaient des Russes,» dit-il. «Les Ossètes n'ont pas d'avions à réaction.»
De retour à l'hôtel Marriott au centre de Tbilissi, Patrick Worms a continué à raconter le reste de l'histoire. «Laissez-moi vous dire ce qui s'est passé le 7,» dit-il. «Le 6, pendant que cela se passe, le ministre de l'intégration qui était il y a quelques mois membre d'une ONG , qui croit en un pouvoir «soft», essaya de venir ici pour rencontrer le leadership séparatiste. Le meeting n'a pas eu lieu pour des raisons grotesques. Le tri d'artillerie s'intensifia durant la nuit et là encore, un prêté pour un rendu, mais cette fois avec des armes venant du côté de l'Ossétie du Sud qui ne sont pas autorisées selon l'accord de paix. A ce moment, les Géorgiens étaient sérieusement gênés. Tous leurs blindés qui étaient près de l'Abkhazie ont commencé à bouger, mais ce sont des chars, ils n'ont pas de transporteurs de chars, donc ils se déplacent lentement. Ils ne reviennent pas à temps. Le 7, cela continue. Cet après-midi-là le président annonce un cessez-le-feu unilatéral, différent des précédents. Cela signifie «J'arrête de tirer en premier, et si vous tirez, je ne répliquerai pas.» cela tient jusqu'à la prochaine partie de l'histoire.
Le soir du 7, les Ossètes déclenchent un tir de barrage général centré sur des villages géorgiens, pas sur les positions géorgiennes. Souvenez-vous, ces villages géorgiens en Ossétie du Sud - les Géorgiens ont évacué en majorité ces villages, trois d'entre eux sont complètement pulvérisés. Ce soir-là, le 7, le président reçoit l'information annonçant qu'une grande colonne russe est en déplacement. Plus tard ce soir-là, quelqu'un voit ces véhicules émerger du tunnel Roki [en Géorgie depuis la Russie]. Puis un petit peu plus tard, quelqu'un d'autre les voit. Cela fait trois confirmations. Il était temps d'agir.
«Ce qu'ils avaient dans la région était du matériel de maintien de la paix, mais pour faire la guerre. Ils devaient stopper cette colonne, et ils devaient la stopper pour deux raisons. C'est une vallée assez encaissée. S'ils pouvaient stopper les Russes là, ils seraient coincés dans le tunnel et ils ne pourraient pas envoyer le reste de leur armée par là. Ils ont donc fait deux choses. La première chose qu'ils ont faite, et c'est arrivé grossièrement au même moment, ils ont essayé de passer à travers Tskhinvali [capitale de l'Ossétie du Sud], et c'est à ce moment-là que tout le monde a dit que Saakashvili commençait la guerre. Il ne s'agissait pas de reprendre l'Ossétie, il s'agissait de combattre jusqu'à cette ville pour aller sur cette route et ralentir l'avance russe. La seconde chose qu'ils ont faite, a été de larguer une troupe de parachutistes pour détruire un pont. Ils se sont fait abattre, mais ils ont d'abord réussi à détruire le pont et environ 15 véhicules russes.
«Les Géorgiens vous diront qu'ils estiment que ces deux actions ensemble ont ralenti l'avance russe de 24 à 48 heures. C'est ce que le monde considère comme le jeu de Misha. Et savez-vous pourquoi le monde le considère comme ça? Parce qu'en Ossétie du Sud se trouvait le siège des troupes de soldats de la paix. Il n'a pas été en Irak, il est un soldat de la paix. Que leur a-t-on dit au cours des quatre dernières années? Ils vivaient dans un Étatdéchu puis il y a eu la Révolution Rose - ce n'était pas parfait mais, au moins, maintenant il y a de l'électricité, il y a du travail, les routes ont été réparées - et ce dont les Géorgiens leur ont bourré dans le crâne IR est le fait que la Géorgie serait maintenant un État constitutionnel, un état de loi et d'ordre. Mais tout le monde ici sait que l'Ossétie est un paradis de gangsters et de contrebandiers. Le monde entier le sait, mais ici bien plus particulièrement. Les soldats de la paix avaient un objectif militaire, et la première règle de la guerre quand vous parlez aux médias est de ne pas révéler à votre ennemi ce que vous allez faire. Ils n'allaient donc pas parler dans un micro et dire «bien, en réalité, j'essaie de traverser Tskhinlvali pour stopper les Russes». Qu'a-t-il donc dit à la place? «Je suis ici pour restaurer l'ordre constitutionnel en Ossétie du Sud.» Et c'est tout. Avec ça, la Géorgie a perdu la propagande de guerre et le monde croit que Saakashvili l'a commencée. Et le reste de l'histoire... vous la connaissez.»
«Laissez-moi faire quelques commentaires,» a dit Goltz.
«Cela,» a dit Worms, «selon mes meilleures connaissances, est entièrement vrai.»
«Commençons par le mauvais côté,» m'a dit Goltz. «C'est votre première fois dans les pays de l'ex-Union soviétique?»
«Oui,» ai-je répondu.
«La restauration de l'ordre constitutionnel,» a-t-il dit, «peut sembler comme une fioriture rhétorique sans écho dans l'état d'esprit américain. Cela signifie que l'état d'esprit post-soviétique est le même que celui de Boris Eltsine en Tchétchénie. C'était la phrase la plus stupide que cet individu pouvait avoir utilisée. C'est pourquoi le peuple veut le lyncher.»
Goltz faisait référence au chef des forces de la paix géorgiennes en Ossétie du Sud. Il se tourna ensuite vers Patrick Worms. «Votre présentation était délicieusement exhaustive. Peut-être était-elle... nous demanderons à notre nouvel ami Michael... trop d'informations à absorber.»
«Je les ai absorbées,» ai-je dit.
«Très bien.,» a dit Goltz
«Ai-je commis des erreurs?» a demandé Worms à Goltz. «Ai-je oublié quelque chose?»
«Eh Bien,» a dit Goltz, «il y a quelques détails que je voudrais préciser .Qui sont les Ossètes et où vivent-ils? C'est la question qui a été perdue au milieu de tout le bruit autour de cette histoire. Cette région [Ossétie du Sud] est un district autonome, par opposition à une république autonome, avec environ 60000 personnes maximum. Donc, où se trouve le reste des Ossètes? Devinez où ils vivent? A Tbilissi. Ici. Là. Partout. Il n'y a plus d'Ossètes - regardez dans ce lobby. Vous y trouverez des Ossètes. De ces Ossètes qui sont théoriquement citoyens de la République de Géorgie, 60000 vivent là et environ 40000 vivent ici.»
Que pensent-ils de tout ça? demandais-je.
«Ils ont une peur bleue,» a dit Goltz.
«Sont-ils du côté de ceux qui vivent en Ossétie du Sud?» demandais-je.
«Non,» dit-il. «L'un d'entre eux est le ministre de la Défense de la Géorgie [Correction: le ministre de la Défense est juif, pas ossète] La Géorgie est une république multi-ethnique. Et tout le problème de la question ethnique ossète est cela: l'Ossétie du Sud fait partie de la Géorgie.»
«Les journalistes sont-ils réceptifs à ce que vous dites?» demandais-je à Worms.
«Tout le monde est réceptif,» dit-il. «Tout le monde, indépendamment de la nationalité, même ceux qui aiment la Géorgie, ont pensé sincèrement que Saakashvili a commencé.»
«C'est ce que je pensais,» ai-je dit. «C'est ce que tout le monde a écrit.»
«Oui,» dit-il. «Absolument. Nous essayons de dire cela au monde depuis des mois. Si vous remontez dans le temps et regardez les archives, vous verrez plein d'appels du gouvernement géorgien disant qu'il était réellement inquiet. Même certains commentateurs russes sont d'accord que c'est exactement ce qui est arrivé. N'oubliez pas, ils ont envoyé un tas d'irréguliers, Tchétchènes, Cosaques, Ossètes, Ingouches - fondamentalement des gangsters. Pas des Tchétchènes ou des Ingouches normaux - des gangsters. Des gangsters pour des vacances. De nombreuses équipes de cameramen furent dévalisées sous la menace des armes à dix mètres des chars russes pendant que les chefs russes restaient là à fumer leur cigarette pendant que les irréguliers... c'est arrivé à une équipe de la télévision turque. Ils ont la chance d'être encore en vie. Certains des Géorgiens furent attrapés par les irréguliers. Si c'étaient des femme, elles étaient violées. Si c'étaient des hommes, ils étaient tués immédiatement, quelquefois torturés. Les gens que nous avons dans les hôpitaux qui ont réussi à s'en sortir ont eu des bras coupés, des yeux arrachés, et la langue coupée.»
Les règles russes d'engagement, pour ainsi dire, descendent plus durement que le communisme. Et les habitudes de désinformation de l'ère soviétique sont toujours vivantes et se portent bien.
«Vous devez aussi vous souvenir de la campagne de propagande qui a été répandue,» dit-il. «L'Observatoire des Droits de l'Homme accuse les autorités russes d'être indirectement responsables du nettoyage ethnique massif des Géorgiens qui a eu lieu en Ossétie du Sud. Les Ossètes prétendent que les Géorgiens ont tué 2000 personnes à Tskhinvali, mais quand l'Observatoire des Droits de l'Homme est arrivé il y a quelques jours et a parlé au directeur de l'hôpital, il avait reçu 44 corps. Il ne restait personne dans cette ville. En outre c'est la plus ancienne loi de la guerre: mettez vos armes dans les zones peuplées, et quand l'ennemi répond, montrez au monde vos femmes et vos enfants morts.
«Exact», ai-je dit. «C'est ce qui se passe où je travaille habituellement, au Moyen Orient.»
«Oui,» dit-il. «C'est exactement ce que font les Russes.»
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La vérité sur la Russie en Géorgie
http://www.futurquantique.org/la-politi ... en-georgie
La grande majorité de l'opinion publique croit que le président Mikheil Saakashvili a provoqué bêtement une invasion russe le 7 août 2008, quand il a envoyé des troupes dans la région séparatiste de l'Ossétie du Sud. «Les combats ont commencé le 7 août quand la Géorgie a déclenché un tir de barrage visant l'Ossétie du Sud.»
Et la majorité se trompe.... La Géorgie n'a pas entamé les hostilités le 7 août, ni à aucune autre date. La milice de l'Ossétie du Sud a attaqué le 6 août quand ses combattants ont tiré sur des pacificateurs géorgiens et des villages de Géorgie avec des armes prohibées par l'accord élaboré avec difficultés entre les deux côtés en 1994. En même temps, l'armée russe a envoyé ses forces d'invasion contre la Géorgie très rapidement depuis le côté nord des montagnes du Caucase ( au nord de la frontière russe ) par le tunnel Roki, puis en Géorgie. Tout cela a débuté avant que Saakashvili n'envoie des troupes additionnelles en Ossétie du Sud et ne déclenche soi-disant la guerre.
Patrick Worms, l'expert régional, d'origine allemande, et ancien officiel de la Commission Européenne a été engagé récemment par le gouvernement géorgien comme conseiller médiatique, et il m'a expliqué exactement ce qui s'est passé lorsque je l'ai rencontré au centre de Tbilissi. Vous devriez toujours être prudent avec la version des événements racontée par quelqu'un payé par le gouvernement, même quand le gouvernement est aussi amical et démocratique que celui de la Géorgie. J'eus de la chance, cependant, qu'un autre expert régional, l'auteur et universitaire Thomas Goltz, fût présent pendant le briefing de Worms avec moi et conclut que l'analyse était parfaitement précise, mise à part une petite chicanerie.
Goltz écrit sur la région du Caucase depuis presque 20 ans, et il n'est pas payé par le gouvernement géorgien. Il gagne sa vie grâce à l'université du Montana et aux ventes de ses livres «Azerbaijan Diary», «Georgia Diary» et«Chechnya Diary», Goltz a vécu dans ces trois républiques caucasiennes aux pires moments, et il connaît les acteurs et les événements mieux que tout le monde. Chaque journaliste à Tbilissi demande après lui car il est celui qui en connaît davantage que le reste de nous tous, et il voulait entendre le laïus de Patrick Worms aux journalistes pour s'assurer de son exactitude.
«Vous,» a dit Worms à Goltz juste avant qu'il ne commence à me développer la véritable histoire, «allez vous ennuyer parce que je vais raconter une histoire que vous connaissez mieux que moi.»
«Allez-y,» a dit Goltz. «Allez-y.»
L'histoire commence au moins aussi tôt que l'époque de l'Union soviétique. Je mis en route mon enregistreur numérique afin de ne rien manquer de ce qui se disait.
«Un outil clé que l'Union soviétique utilisait pour garder son empire,» m'a dit Worms, « était de dresser les groupes ethniques l'un contre l'autre. Elle a fait ça de manière extrêmement adroite dans le sens où elle n'a jamais généré des guerres ethniques sur son propre territoire. Mais quand l'Union Soviétique s'est effondrée, ceci est devenu une politique russe essentielle pour affaiblir les États à sa périphérie en activant les fusées ethniques qu'ils plantaient.
«Ils ont essayé dans nombre de pays. Ils ont essayé dans les États baltes, mais les fusées ont fait long feu. Rien de plus n'est arrivé. Ils ont essayé en Ukraine. Ce n'est pas encore arrivé, mais cela devient plus grave. Ils ont essayé en Moldavie. Là, ça a marché , et maintenant nous avons la Transnitrie[1]. Ils ont essayé en Arménie et en Azerbaïdjan et cela alla au-delà de leurs rêves les plus fous ; nous avons abouti à une guerre massive, massive. Et ils ont essayé dans deux territoires en Géorgie, dont je parlerai dans une minute. Ils n'ont pas essayé en Asie Centrale parce que fondamentalement tous les présidents des pays nouvellement indépendants étaient les anciens chefs des partis communistes et ils ont dit ‘nous suivons encore votre ligne, Kremlin, nous n'avons pas beaucoup changé.'»
Il a raison sur la guerre massive entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, bien que peu de personnes en dehors de la région soient au courant. Les Arméniens et les Azérisont transféréen sens inverse les Azéris et les Arméniens dans leur pays d'origine après l'écroulement de l'Union soviétique par des pogroms, des massacres et une purification ethnique. Des centaines de milliers de réfugiés ont fui de terreur la guerre communautaire sauvage. L'armée arménienne occupe toujours la région de Nagorno-Karabakh d'ethnie arménienne dans le sud-ouest de l'Azerbaïdjan. C'est un autre soi-disant «conflit gelé» dans la région du Caucase, attendant le dégel. Moscou est du côté arménien et pourrait faire exploser Nagorno-Karabakh, et par la suite tout l'Azerbaïdjan, n'importe quand. Après avoir entendu le point de vue azéri strident sur le conflit pendant une semaine avant d'arriver en Géorgie, je dirais que cette mèche ethnique-nationaliste particulière fait un millimètre de long.
«L'histoire commence réellement en 1992 quand cette mèche a été allumée en Géorgie,» a dit Worms. «Il y a deux territoires. Il y a l'Abkhazie qui a des frontières administratives clairement définies, et l'Ossétie du Sud qui n'en a pas. Avant que les troubles ne commencent, l'Abkhazie était une région extrêmement mélangée du point de vue ethnique: environ 60% de Géorgiens, 20% d'Abkhazeset 20% de divers - Grecs, Estoniens, Arméniens, Juifs,et autres. En Ossétie c'était une population ossète-géorgienne complètement intégrée et mélangée. Les Ossètes et les Géorgiens n'ont jamais été séparés dans le sens où ils vivaient dans leurs propres villages et s'occupaient de leurs propres affaires. Des mariages mixtes ont été célébrés et un sens de compréhension commune remontant à de l'histoire ancienne s'est développé. Les Géorgiens vous parleront du roi Tamar - c'est une femme, mais ils l'appelaient un roi - elle était mariée à un Ossète. La mèche a donc été allumée et deux guerres ont commencé, une en Abkhazie et une en Ossétie du Sud.»
L'Ossétie du Sud est en Géorgie, tandis que l'Ossétie du Nord est en Russie.
«La mèche n'a pas été allumée qu'à Moscou,» a-t-il dit. «Elle a aussi été allumée à Tbilisi. Il y avait un type en charge de ça ici, Zviad Gamsakhurdia, un petit peu comme Radovan Karadzic [criminel de guerre nationaliste serbe en Bosnie]. C'était un poète, un intellectuel. Mais c'était un de ces individus qui avait viré à l'exclusivisme ethnique. Il a fait des déclarations stupides comme: «la Géorgie n'est que pour les Géorgiens». Si vous dirigez un pays multi-ethnique, ce n'est pas une chose intelligente à dire. Le contrôle central de l'état était extrêmement faible. Les Russes essayaient d'empirer les choses. Il y a eu une guerre civile entre les Géorgiens et Tbilissi. Mais la chose clé est qu'ici il y avait des milices, des milices géorgiennes, et certaines d'entre elles assez méchantes.»
Thomas Goltz énonça alors sa seule critique de l'explication des événements de Patrick Worms qui ont mené à cette guerre. «Elle a commencé en 1991,» dit-il, «Mais ça a continué en 1992 et 1993 également.» Puis il se tourna vers moi. «Ce type, [Zviad] Gamsakhurdia, a été viré du pouvoir depuis l'autre côté de la rue. Ils ont fait exploser cet endroit.» Il parlait de l'hôtel Marriott. Nous étions dans le lobby où Worms avait organisé son opération de relations médiatiques. «Il y a une horrible image de cette façade dans mon livre sur la Géorgie.»
«De ce bâtiment?» demandais-je?
«Oui,» a dit Goltz. C'était en décembre 1991. Il s'est enfui en décembre 1991.»
«Où est-il parti?» demandais-je?
«En Tchétchénie,» répondit Goltz. «Bien sûr. Il dirigea le gouvernement en exil jusqu'à ce qu'il revienne en 1993 puis mourut obscurément dans les montagnes, suicidé disent certains, de cancer selon d'autres. Puis il a été enterré à Grozny.» Il se tourna ensuite vers Patrick Worms. «1991,» dit-il. «Pas 1992.»
«1991,» dit Worms. «Très bien.»
Donc à part cette argutie, tout ce que Worms m'a dit était garanti comme exact par l'homme qui a littéralement écrit le livre sur ce conflit du point de vue académique et du point de vue du témoin.
«Donc en 1991,» dit Worms,«les choses explosent ici. Et fondamentalement c'est devenu assez méchant. Thomas peut vous dire ce qui est arrivé. Lisez son livre, ça en vaut la peine. Et au moment où la poussière retombe, on compte entre 20 et 30000 morts. Beaucoup d'atrocités furent commises par les deux côtés, mais en majorité - du moins c'est ce que disent les Géorgiens - par les Abkhazes. Et le résultat final est que tout le monde a été chassé. Ce qui représente environ 400000 personnes. Dont 250000 vivent encore comme des Personnes Déplacées Intérieurement dans la Géorgie. Quant au reste, les Grecs sont retournés en Grèce, les Arméniens en Arménie, certains Abkhazes en Turquie, etc.
abkhazia_20map
Abkhazie (en haut à gauche)
«Quand c'est terminé,» dit-il, «vous avez deux morceaux d'Abkhazie qui ne sont pas une Abkhazie ethnique. Vous avez le district de Gali qui est occupé par des Géorgiens et la Gorge de Kodori occupée par un autre groupe de Géorgiens. Donc le résultat final a été un cas classique de nettoyage ethnique, mais le monde n'y prête pas beaucoup attention parce que tout cela se passait en même temps que la guerre en Yougoslavie. L'Ossétie était différente. L'Ossétie avait aussi une guerre qui a commencé vers le même moment, et c'était aussi assez méchant, mais ça ne réussit jamais complètement à créer un bout de territoire consolidé que l'Ossétie pouvait garder à elle. Quand la poussière est retombée, on a constaté la formation d' un patchwork de villages géorgiens et ossètes. Avant la guerre, les Ossètes et les Géorgiens vivaient ensemble dans les mêmes villages. Après la guerre, ils vivaient dans des villages séparés. Mais il y avait encore des contacts; les gens se parlaient, commerçaient. Ce n'était pas aussi méchant qu'en Abkhazie.
«Maintenant avançons rapidement à la Révolution Rose,» dit-il.
La Révolution Rose était une révolution populaire sans bain de sang qui porta au pouvoir le président actuel de la Géorgie Mikheil Saakashvili et remplaça le vieil homme de la politique géorgienne Eduard Shevarnadze qui dirigeait le pays essentiellement à la manière soviétique.
«La première chose que Misha [Mikheil Saakashvili] a faite fut d'essayer de mettre son doigt dans l'œil de Vladimir Poutine [président de la Russie] autant de fois que possible,» dit Worms, «le plus notablement en voulant rejoindre l'OTAN. L'Ouest, à mon avis, a mal géré cette situation. L'Amérique a donné les mauvais signaux. Idem pour l'Europe.»
«Pouvez-vous développer un peu?» demandais-je?
«Je vais le faire,» dit-il. «Mais fondamentalement, l'encouragement fut donné malgré des signaux russes de plus en plus forts qu'une accession géorgienne à l'OTAN ne serait pas tolérée. Avançons rapidement à 2008, à cette année, au meeting des chefs d'état de l'OTAN qui a eu lieu à Bucarest en Roumanie, où la Géorgie s'est vue promettre une éventuelle adhésion à l'organisation mais s'est vue refuser ce qu'elle voulait en réalité, qui était le soi-disant Plan d'Action d'Adhésion. Le Plan d'Action d'Adhésion est l'outil bureaucratique que l'OTAN utilise pour préparer les pays à l'adhésion. Et ce malgré le fait que les experts militaires vous diront que l'armée géorgienne, qui a été réformée du haut en bas avec le soutien américain, était maintenant en meilleure forme et plus capable de satisfaire aux aspirations de l'OTAN que les armées d'Albanie et de Macédoine qui elles, se sont vues offertes l'adhésion à ce même meeting.
«Juste encore un petit peu d'histoire, en juillet 2007, la Russie s'est retirée du Traité des Forces Conventionnelles en Europe. C'est un traité de l'ère soviétique qui dicte où l'OTAN et le Pacte de Varsovie peuvent garder leur armure conventionnelle autour de leurs territoires. La Russie a commencé à déplacer beaucoup de matériels vers le sud. Après Bucarest, les provocations ont commencé. Les provocations russes ont commencé, principalement en Albanie.
«Une des provocations consistait en l'utilisation des médias russes pour lancer des accusations outrancières disant que l'armée de la Géorgie était à Kodori en train de préparer une invasion de l'Abkhazie. Maintenant si vous y allez - j'y ai emmené nombre de journalistes quelques fois - quand vous arrivez au vrai checkpoint, vous vous trouvez devant un mur de pierres éboulées, un pont de bois, un autre mur de pierres éboulées, un torrent violent, et un flanc de montagne à pic rempli de bois. Il n'est pas possible d'envahir dans un sens ou dans l'autre à moins d'avoir un soutien aérien. C'est pourquoi les Abkhazes ne furent jamais capables de chasser ces Géorgiens. Ils ont juste gardé ce bout de territoire.»
Il fit une pause et regarda Thomas Goltz comme s'ilse préparait à une critique.
«Je fais juste ce que j'ai déjà fait,» dit-il, «mais cette fois j'ai l'avis d'un expert sur ce que je fais.»
Thomas Goltz opina silencieusement.
«Les provocations de Kodori,» continua Worms, «et d'autres provocations. En premier lieu les Russes avaient une base de maintien de la paix selon un accord de 1994 qui leur permettait de maintenir la paix à la fois en Abkhazie et en Ossétie du Sud. Ils ont ajouté des troupes parachutistes, des cracks, avec des armes modernes. Cela ne ressemble pas beaucoup à un maintien de la paix. Une autre provocation: ils commencent à tirer sur des drones géorgiens non pilotés, dans le ciel. L'un d'entre eux a été filmé par la caméra d'un drone au moment où il allait être détruit. Les Nations Unies ont confirmé que c'était un avion russe qui l'avait fait. Il a probablement décollé d'une base aérienne que les Russes étaient supposés avoir abandonnée il y a quelques années, mais ils n'ont jamais laissé l'OSCE [Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe] vérifier ce fait.
«Provocation suivante: le 16 avril, Poutine signe un décret présidentiel reconnaissant les documents des Abkhazes et des Ossètes du Sud en Russie et vice versa. Cela intègre effectivement ces deux territoires dans l'espace légal de la Russie. Les Géorgiens étaient furieux. Vous voyez donc toutes ces provocations s'accumulant, s'accumulant, s'accumulant. Entre temps, en juillet, diverses escadrilles commencent à se déplacer du reste de la Russie pour s'approcher du Caucase. Il y a d'obscurs détails, mais ils sont disponibles.
Une affiche sur un mur de Tbilissi en Géorgie
«Commençant à la mi-juillet, les Russes ont lancé le plus grand exercice militaire dans le Nord du Caucase qu'ils aient jamais tenu depuis la guerre de Tchétchénie. L'exercice ne s'est jamais arrêté. Il s'est juste transformé en guerre. Ils avaient toutes leurs troupes d'élite là, tous leurs blindés, tout leur matériel. Tout le monde pensait encore bêtement que l'action allait se dérouler en Abkhazie ou en Tchétchénie, qui n'est toujours pas aussi paisible qu'ils aimeraient qu'elle soit.
«Les Géorgiens avaient leurs troupes d'élite en Irak. Donc que restait-il dans leur base centrale à Gori? Pas grand chose. Juste de l'équipement de l'ère soviétique et pas leurs meilleures troupes. Ils n'ont pas placé des troupes à la frontière avec l'Abkhazie parce qu'ils ne voulaient pas provoquer les Abkhazes. Ils s'attendaient à une attaque sur Kodon, mais la gorge est dans un tel état qu'à moins d'utiliser un soutien aérien massif - que n'ont pas les Abkhazes - il est impossible de prendre cet endroit. Autrement ils l'auraient déjà fait.
«Avançons rapidement jusqu'à début août. Une ville, Tskhinvali, ossète, est entourée d' un groupe de villages géorgiens en forme de croissant. S'y trouvent dessoldats de la paix, à la fois des Russes et des Géorgiens selon l'accord de 1994. Les Ossètes étaient enterrés dans la ville, et les Géorgiens étaient dans les forêts et le champs entre la ville et les villages. Les Ossètes ont commencé à provoquer et provoquer et provoquer en tirant au canon les positions et les villages géorgiens tout autour. C'est un classique : un prêté pour un rendu. Vous tirez au canon, je réplique en tirant au canon. Les Géorgiens ont proposé des cessez-le-feu répétés que les Ossètes ont violés.
Le 3 août, le chef de l'administration locale annonce qu'il évacue les civils. Vous devez aussi savoir une chose: vous pouvez vous demander de quoi vivent ces régions, surtout l'Ossétie, où il n'y a pas d'industries. La Géorgie est pauvre, mais l'Ossétie est encore plus pauvre. C'est fondamentalement un paradis des contrebandiers. Une opération d'arnaquea eu lieu, trois kilos d'uranium hautement enrichi ont été saisis. Des faux billets de cent dollars à niveau d'au moins 50 millions de dollars ont été imprimés. [Le président de l'Ossétie du Sud, Eduard] Kokoity lui-même est un ancien catcheur et un ancien garde du corps qui a été promu à la présidence par de riches familles ossètes comme leur marionnette. Que cela signifie-t-il en pratique? Cela signifie que si vous êtes un homme jeune, vous n'avez pas le choix. Vous pouvez soit vivre dans la misère absolue, soit vous prenez l'aumône du gouvernement et rejoignez la milice. C'est arrivé dans les deux territoires.
«Au sommet de tout cela, au cours des quatre dernières années, les Russes ont distribué des passeports à quiconque le demandait dans ces régions. Tout ce que vous avez à faire est de présenter vos papiers ossètes ou abkhazes et une photo et vous avez un passeport russe sur le champ. Si vous vivez à Moscou et que vous essayez d'obtenir un passeport russe, vous devez suivre la procédure normale, et cela prend des années. Soudainement un grand nombre de miliciens ossètes et abkhazes présentent des passeports russes payés en réalité par les subsides russes.
«Donc revenons au 3 août. Kokoity annonce que les femmes et les enfants devraient partir. Comme il s'est avéré plus tard, il fait évacuer tous les civils qui ne combattent pas et qui n'ont pas la capacité de combattre. Le même jour, des irréguliers - Ingouches,Tchétchènes, Ossètes et Cosaques - commencent à arriver et à se répandre dans la campagne mais ne font rien. Ils s'installent juste et attendent. Le 5 août, le tir d'artillerie s'intensifie depuis les positions ossètes. Et pour la première fois depuis la fin de la guerre en 1992, ils utilisent des canons de 120 mm.»
«Pouvez-vous arrêter une seconde?» demandais-je. J'avais encore l'impression que la guerre avait commencé le 7 août et que le président géorgien Saakashvili l'avait commencée quand il avait envoyé des troupes dans la capitale de l'Ossétie du Sud, Tskhinvali. Qu'était-ce que toute cette violence ossète le 6 août et avant?
Il leva la main comme pour dire stop.
«C'était le début formel de la guerre,» dit-il. «A cause de l'accord de paix qu'ils avaient, personne n'était autorisé à avoir des armes plus grosses que 80 mm. Alors, c'est le début formel de la guerre. Ce n'était pas l'attaque sur Tskhinvali. Maintenant arrêtez-moi.»
« Très bien,» ai-je dit. «Tous les rapports que j'ai lus disent que Saakashvili a commencé la guerre.»
«Je ne suis pas encore au 7,» dit-il. «Je suis le 6 août.»
«Bien...» ai-je répondu . Il avait donné cette explication aux journalistes avant, et il savait exactement ce que je pensais.
«Saakashvili est accusé d'avoir commencé cette guerre le 7,» dit-il.
«Exact,» «Mais cela me semble être de complètes foutaises si ce que vous me dites est vrai.»
Thomas Goltz acquiesca.
J'ai rencontré plus tard des soldats géorgiens blessés dans un hôpital de Tbilissi qui ont confirmé ce que Patrick Worms m'avait dit sur ce qui était arrivé quand la guerre avait réellement commencé. Je ressentais de l'appréhension à rencontrer des soldats blessés. Voudraient-ils vraiment parler à quelqu'un des médias ou voudraient-ils plutôt passer leur temps à guérir en paix?
Mon traducteur a parlé à quelques docteurs à l'hôpital qui nous a dirigés vers des soldats géorgiens et un civil qui avaient été blessés en Ossétie du Sud et étaient suffisamment à l'aise pour parler à un journaliste étranger.
«Chaque jour et chaque heure le côté russe a menti,» nous a révélé le soldat géorgien Kaha Bragadze. «cela doit cesser. Sinon aujourd'hui, alors peut-être demain. Mes troupes étaient dans notre village, Avnevi. Le 6 août, ils ont fait exploser nos 4x4 transportsde troupes, nos pick-ups. Ils les ont fait exploser. Aussi dans ce village - c'était le 5 ou 6 août, je ne peux me rappeler - ils ont commencé à nous bombarder avec des obus. Deux soldats sont morts ce jour-là, nossoldats de la paix. Les Ossètes avaient une bonne position sur la colline. Ils pouvaient voir toutes nos positions et nos villages, et ils ont commencé à bombarder. Ils tenaient le sommet de la colline, et nous bombardèrent, puis redescendirent. Nous ne pouvions voir qui nous tirait dessus.»
«Quel jour était-ce?» demandais-je. «Le 5 ou le 6?»
«Je ne me rappelle pas,» dit-il. «mais cela a commencé le jour à cet endroit où deux Géorgiens ont été tués.»
«Bombardaient-ils juste les soldats de la paix?» demandais-je, «ou aussi les civils et les villages?»
«Avant qu'ils ne commencent à nous bombarder, ils évacuèrent tous les civils de leurs villages,» dit-il. «Puis ils ont commencé à détruire nos villages - des maisons, un tuyau de gaz, des rues, des champs. Ils ont tué nos animaux. Ils ont évacué leurs villages, puis ont bombardé nos villages.»
Un autre soldat géorgien, Giorgi Khosiashvili, était d'accord.
«J'étais aussi un soldat de la paix,» dit-il, «mais dans un autre village, je me suis fait tirer dessus le 6 août. Le 5 août ils ont commencé à tirer. Ils ont fait exploser nos camions de la paix. Ils ont mis une bombe sur la route qui a explosé à leur passage . Ils ont aussi miné les routes utilisées par les civils. Le 6 août, ils ont commencé à bombarder Avnevi. Et à ce moment-là, ils ont évacué les civils de Tskhinvali et les ont envoyés en Ossétie du Nord. [en Russie].»
«Je l'ai vu à la télévision,» a dit Alex, mon traducteur. «Ils ont emmené les civils, les enfants, les femmes, les ont mis dans les bus et les ont envoyés en Ossétie du Nord.»
Un civil, Koba Mindiashvili, partageait la même chambre que les soldats géorgiens. Lui aussi était en Ossétie du Sud où il vivait en dehors de Tskhinvali.
«Quand ils ont commencé à bombarder mon village,» dit-il, «je partais en courant et les soldats m'ont blessé. Ils m'ont volé et tiré dans la jambe avec une Kalachnikov. Je ne sais pas si c'étaient des Russes ou des Ossètes. Ils ont pris ma voiture, ma chaîne en or, et m'ont tiré dessus.»
«Il ne se souciaient pas de savoir si c'était une maison ou un camp militaire,» a dit Giorgi Khosiashvili. «Ils bombardaient tout.»
«Vous avez réellement vu cela par vous-même?» demandais-je.
«Oui,» dit-il. C'étaient les avions militaires russes. S'ils savaient que c'était un village géorgien, ils bombardaient toutes les maisons. Beaucoup de civils ont été tués par ce bombardement.»
«C'étaient des Russes ou des Ossètes?» demandais-je.
«C'étaient des Russes,» dit-il. «Les Ossètes n'ont pas d'avions à réaction.»
De retour à l'hôtel Marriott au centre de Tbilissi, Patrick Worms a continué à raconter le reste de l'histoire. «Laissez-moi vous dire ce qui s'est passé le 7,» dit-il. «Le 6, pendant que cela se passe, le ministre de l'intégration qui était il y a quelques mois membre d'une ONG , qui croit en un pouvoir «soft», essaya de venir ici pour rencontrer le leadership séparatiste. Le meeting n'a pas eu lieu pour des raisons grotesques. Le tri d'artillerie s'intensifia durant la nuit et là encore, un prêté pour un rendu, mais cette fois avec des armes venant du côté de l'Ossétie du Sud qui ne sont pas autorisées selon l'accord de paix. A ce moment, les Géorgiens étaient sérieusement gênés. Tous leurs blindés qui étaient près de l'Abkhazie ont commencé à bouger, mais ce sont des chars, ils n'ont pas de transporteurs de chars, donc ils se déplacent lentement. Ils ne reviennent pas à temps. Le 7, cela continue. Cet après-midi-là le président annonce un cessez-le-feu unilatéral, différent des précédents. Cela signifie «J'arrête de tirer en premier, et si vous tirez, je ne répliquerai pas.» cela tient jusqu'à la prochaine partie de l'histoire.
Le soir du 7, les Ossètes déclenchent un tir de barrage général centré sur des villages géorgiens, pas sur les positions géorgiennes. Souvenez-vous, ces villages géorgiens en Ossétie du Sud - les Géorgiens ont évacué en majorité ces villages, trois d'entre eux sont complètement pulvérisés. Ce soir-là, le 7, le président reçoit l'information annonçant qu'une grande colonne russe est en déplacement. Plus tard ce soir-là, quelqu'un voit ces véhicules émerger du tunnel Roki [en Géorgie depuis la Russie]. Puis un petit peu plus tard, quelqu'un d'autre les voit. Cela fait trois confirmations. Il était temps d'agir.
«Ce qu'ils avaient dans la région était du matériel de maintien de la paix, mais pour faire la guerre. Ils devaient stopper cette colonne, et ils devaient la stopper pour deux raisons. C'est une vallée assez encaissée. S'ils pouvaient stopper les Russes là, ils seraient coincés dans le tunnel et ils ne pourraient pas envoyer le reste de leur armée par là. Ils ont donc fait deux choses. La première chose qu'ils ont faite, et c'est arrivé grossièrement au même moment, ils ont essayé de passer à travers Tskhinvali [capitale de l'Ossétie du Sud], et c'est à ce moment-là que tout le monde a dit que Saakashvili commençait la guerre. Il ne s'agissait pas de reprendre l'Ossétie, il s'agissait de combattre jusqu'à cette ville pour aller sur cette route et ralentir l'avance russe. La seconde chose qu'ils ont faite, a été de larguer une troupe de parachutistes pour détruire un pont. Ils se sont fait abattre, mais ils ont d'abord réussi à détruire le pont et environ 15 véhicules russes.
«Les Géorgiens vous diront qu'ils estiment que ces deux actions ensemble ont ralenti l'avance russe de 24 à 48 heures. C'est ce que le monde considère comme le jeu de Misha. Et savez-vous pourquoi le monde le considère comme ça? Parce qu'en Ossétie du Sud se trouvait le siège des troupes de soldats de la paix. Il n'a pas été en Irak, il est un soldat de la paix. Que leur a-t-on dit au cours des quatre dernières années? Ils vivaient dans un Étatdéchu puis il y a eu la Révolution Rose - ce n'était pas parfait mais, au moins, maintenant il y a de l'électricité, il y a du travail, les routes ont été réparées - et ce dont les Géorgiens leur ont bourré dans le crâne IR est le fait que la Géorgie serait maintenant un État constitutionnel, un état de loi et d'ordre. Mais tout le monde ici sait que l'Ossétie est un paradis de gangsters et de contrebandiers. Le monde entier le sait, mais ici bien plus particulièrement. Les soldats de la paix avaient un objectif militaire, et la première règle de la guerre quand vous parlez aux médias est de ne pas révéler à votre ennemi ce que vous allez faire. Ils n'allaient donc pas parler dans un micro et dire «bien, en réalité, j'essaie de traverser Tskhinlvali pour stopper les Russes». Qu'a-t-il donc dit à la place? «Je suis ici pour restaurer l'ordre constitutionnel en Ossétie du Sud.» Et c'est tout. Avec ça, la Géorgie a perdu la propagande de guerre et le monde croit que Saakashvili l'a commencée. Et le reste de l'histoire... vous la connaissez.»
«Laissez-moi faire quelques commentaires,» a dit Goltz.
«Cela,» a dit Worms, «selon mes meilleures connaissances, est entièrement vrai.»
«Commençons par le mauvais côté,» m'a dit Goltz. «C'est votre première fois dans les pays de l'ex-Union soviétique?»
«Oui,» ai-je répondu.
«La restauration de l'ordre constitutionnel,» a-t-il dit, «peut sembler comme une fioriture rhétorique sans écho dans l'état d'esprit américain. Cela signifie que l'état d'esprit post-soviétique est le même que celui de Boris Eltsine en Tchétchénie. C'était la phrase la plus stupide que cet individu pouvait avoir utilisée. C'est pourquoi le peuple veut le lyncher.»
Goltz faisait référence au chef des forces de la paix géorgiennes en Ossétie du Sud. Il se tourna ensuite vers Patrick Worms. «Votre présentation était délicieusement exhaustive. Peut-être était-elle... nous demanderons à notre nouvel ami Michael... trop d'informations à absorber.»
«Je les ai absorbées,» ai-je dit.
«Très bien.,» a dit Goltz
«Ai-je commis des erreurs?» a demandé Worms à Goltz. «Ai-je oublié quelque chose?»
«Eh Bien,» a dit Goltz, «il y a quelques détails que je voudrais préciser .Qui sont les Ossètes et où vivent-ils? C'est la question qui a été perdue au milieu de tout le bruit autour de cette histoire. Cette région [Ossétie du Sud] est un district autonome, par opposition à une république autonome, avec environ 60000 personnes maximum. Donc, où se trouve le reste des Ossètes? Devinez où ils vivent? A Tbilissi. Ici. Là. Partout. Il n'y a plus d'Ossètes - regardez dans ce lobby. Vous y trouverez des Ossètes. De ces Ossètes qui sont théoriquement citoyens de la République de Géorgie, 60000 vivent là et environ 40000 vivent ici.»
Que pensent-ils de tout ça? demandais-je.
«Ils ont une peur bleue,» a dit Goltz.
«Sont-ils du côté de ceux qui vivent en Ossétie du Sud?» demandais-je.
«Non,» dit-il. «L'un d'entre eux est le ministre de la Défense de la Géorgie [Correction: le ministre de la Défense est juif, pas ossète] La Géorgie est une république multi-ethnique. Et tout le problème de la question ethnique ossète est cela: l'Ossétie du Sud fait partie de la Géorgie.»
«Les journalistes sont-ils réceptifs à ce que vous dites?» demandais-je à Worms.
«Tout le monde est réceptif,» dit-il. «Tout le monde, indépendamment de la nationalité, même ceux qui aiment la Géorgie, ont pensé sincèrement que Saakashvili a commencé.»
«C'est ce que je pensais,» ai-je dit. «C'est ce que tout le monde a écrit.»
«Oui,» dit-il. «Absolument. Nous essayons de dire cela au monde depuis des mois. Si vous remontez dans le temps et regardez les archives, vous verrez plein d'appels du gouvernement géorgien disant qu'il était réellement inquiet. Même certains commentateurs russes sont d'accord que c'est exactement ce qui est arrivé. N'oubliez pas, ils ont envoyé un tas d'irréguliers, Tchétchènes, Cosaques, Ossètes, Ingouches - fondamentalement des gangsters. Pas des Tchétchènes ou des Ingouches normaux - des gangsters. Des gangsters pour des vacances. De nombreuses équipes de cameramen furent dévalisées sous la menace des armes à dix mètres des chars russes pendant que les chefs russes restaient là à fumer leur cigarette pendant que les irréguliers... c'est arrivé à une équipe de la télévision turque. Ils ont la chance d'être encore en vie. Certains des Géorgiens furent attrapés par les irréguliers. Si c'étaient des femme, elles étaient violées. Si c'étaient des hommes, ils étaient tués immédiatement, quelquefois torturés. Les gens que nous avons dans les hôpitaux qui ont réussi à s'en sortir ont eu des bras coupés, des yeux arrachés, et la langue coupée.»
Les règles russes d'engagement, pour ainsi dire, descendent plus durement que le communisme. Et les habitudes de désinformation de l'ère soviétique sont toujours vivantes et se portent bien.
«Vous devez aussi vous souvenir de la campagne de propagande qui a été répandue,» dit-il. «L'Observatoire des Droits de l'Homme accuse les autorités russes d'être indirectement responsables du nettoyage ethnique massif des Géorgiens qui a eu lieu en Ossétie du Sud. Les Ossètes prétendent que les Géorgiens ont tué 2000 personnes à Tskhinvali, mais quand l'Observatoire des Droits de l'Homme est arrivé il y a quelques jours et a parlé au directeur de l'hôpital, il avait reçu 44 corps. Il ne restait personne dans cette ville. En outre c'est la plus ancienne loi de la guerre: mettez vos armes dans les zones peuplées, et quand l'ennemi répond, montrez au monde vos femmes et vos enfants morts.
«Exact», ai-je dit. «C'est ce qui se passe où je travaille habituellement, au Moyen Orient.»
«Oui,» dit-il. «C'est exactement ce que font les Russes.»
"Condamner l'Immigration de Remplacement ( et ses conséquences) sans jamais dénoncer les Responsables de cette Immigration c'est faire preuve d'inintelligence et de lâcheté !"
Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Pianoforte a écrit :chris84 a écrit :Possible ??? Ou pas possible ???![]()
Quoi penser de cet article ?![]()
Rien de bon. J'ai fait une recherche dans la page avec le mot "israël" et je ne l'ai pas trouvé. Cet article est donc de la déinformaSion, de la propagande anti-russe, anti-blanc, anti-chrétienne.
Israël a joué un grand rôle dans ce conflit et ce n'est pas menSionné.
Oui, tu es vraiment très fort Piano !!!!

"Condamner l'Immigration de Remplacement ( et ses conséquences) sans jamais dénoncer les Responsables de cette Immigration c'est faire preuve d'inintelligence et de lâcheté !"
Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
chris84 a écrit : Patrick Worms, l'expert régional, d'origine allemande, et ancien officiel de la Commission Européenne a été engagé récemment par le gouvernement géorgien comme conseiller médiatique, et il m'a expliqué exactement ce qui s'est passé lorsque je l'ai rencontré au centre de Tbilissi.
Vue la description de l'expert, difficile de croire à la neutralité de sa version
Mais le journaliste a prévu l'argument, et le pare à l'avance:
chris84 a écrit : Vous devriez toujours être prudent avec la version des événements racontée par quelqu'un payé par le gouvernement, même quand le gouvernement est aussi amical et démocratique que celui de la Géorgie. J'eus de la chance, cependant, qu'un autre expert régional, l'auteur et universitaire Thomas Goltz, fût présent pendant le briefing de Worms avec moi et conclut que l'analyse était parfaitement précise, mise à part une petite chicanerie.
Regardons donc de plus près quel est cet autre expert, impartial puisqu'il n'est pas payé par le gouvernemenr géorgien:
Lui, il travaille pour les US, c'est une garantie de neutralité ça, non?chris84 a écrit : Goltz écrit sur la région du Caucase depuis presque 20 ans, et il n'est pas payé par le gouvernement géorgien. Il gagne sa vie grâce à l'université du Montana [...]
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
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c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Miroir a écrit :chris84 a écrit : Patrick Worms, l'expert régional, d'origine allemande, et ancien officiel de la Commission Européenne a été engagé récemment par le gouvernement géorgien comme conseiller médiatique, et il m'a expliqué exactement ce qui s'est passé lorsque je l'ai rencontré au centre de Tbilissi.
Vue la description de l'expert, difficile de croire à la neutralité de sa version
Mais le journaliste a prévu l'argument, et le pare à l'avance:chris84 a écrit : Vous devriez toujours être prudent avec la version des événements racontée par quelqu'un payé par le gouvernement, même quand le gouvernement est aussi amical et démocratique que celui de la Géorgie. J'eus de la chance, cependant, qu'un autre expert régional, l'auteur et universitaire Thomas Goltz, fût présent pendant le briefing de Worms avec moi et conclut que l'analyse était parfaitement précise, mise à part une petite chicanerie.
Regardons donc de plus près quel est cet autre expert, impartial puisqu'il n'est pas payé par le gouvernemenr géorgien:Lui, il travaille pour les US, c'est une garantie de neutralité ça, non?chris84 a écrit : Goltz écrit sur la région du Caucase depuis presque 20 ans, et il n'est pas payé par le gouvernement géorgien. Il gagne sa vie grâce à l'université du Montana [...]
C'est plus que clair....
Merci, Miroir, pour les explications, car, je reconnais ne être encore assez lucide pour déchiffrer ce genre d'intox.
Pourtant, je savais qu'il y avait anguille sous roche...

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Re: Ossétie : la Russie envoie des renforts,
Ossétie du Sud : l’offensive géorgienne a été lancée le 6 août 2008 (Poutine)
La Géorgie a lancé son offensive militaire contre l’Ossétie du Sud le 6 et non le 8 août 2008, a annoncé mercredi à Moscou le président russe Vladimir Poutine.
« L’opération militaire (géorgienne) a commencé le 6 août (2008). Il est difficile de prendre une décision sur l’emploi des forces armées, parce que cela entraîne des tirs et des victimes », a indiqué M.Poutine à RIA Novosti, prié d’expliquer pourquoi la Russie avait réfléchi jusqu’au 8 août avant de riposter.
« Les 5, 6, 7 et 8 (août 2008), j’ai reçu des informations directement en provenance de Tskhinval (capitale de l’Ossétie du Sud). Aussi étrange que cela puisse paraître, ce sont des journalistes qui ont fourni ces informations. Des journalistes entraient en contact avec mon porte-parole Dmitri Peskov qui m’informait des activités militaires en se référant à des témoins oculaires », a précisé le président russe qui occupait le poste de premier ministre en août 2008.
« Vos collègues disaient carrément qu’il s’agissait d’une vraie guerre, que l’armée régulière géorgienne avait lancé une offensive. Ils disaient par exemple: « Il y a un combat réel, des civils et des soldats de la paix russes sont en train de mourir ». A vrai dire, à l’époque c’était ma seule source d’information », a avoué M.Poutine.
Début août 2008, l’armée géorgienne a lancé une offensive militaire contre l’Ossétie du Sud, détruisant une partie de Tskhinvali par des tirs de lance-roquettes multiples. La Russie a opposé une riposte militaire de grande envergure destinée à imposer la paix à la Géorgie et à protéger les soldats de la paix russes et les civils sud-Ossètes dont beaucoup avaient également la nationalité russe. Le conflit a duré cinq jours. Le 26 août 2008, Moscou a reconnu l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, deux républiques autoproclamées qui ne reconnaissaient pas la souveraineté géorgienne depuis la chute de l’URSS. Affirmant avoir été « victime d’une provocation russe », la Géorgie a rompu ses relations diplomatiques avec Moscou et proclamé les républiques « territoires occupés ».
A ce jour, outre la Russie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud sont reconnues par le Nicaragua, le Venezuela, Nauru, Tuvalu et Vanuatu.
http://fr.rian.ru
La Géorgie a lancé son offensive militaire contre l’Ossétie du Sud le 6 et non le 8 août 2008, a annoncé mercredi à Moscou le président russe Vladimir Poutine.
« L’opération militaire (géorgienne) a commencé le 6 août (2008). Il est difficile de prendre une décision sur l’emploi des forces armées, parce que cela entraîne des tirs et des victimes », a indiqué M.Poutine à RIA Novosti, prié d’expliquer pourquoi la Russie avait réfléchi jusqu’au 8 août avant de riposter.
« Les 5, 6, 7 et 8 (août 2008), j’ai reçu des informations directement en provenance de Tskhinval (capitale de l’Ossétie du Sud). Aussi étrange que cela puisse paraître, ce sont des journalistes qui ont fourni ces informations. Des journalistes entraient en contact avec mon porte-parole Dmitri Peskov qui m’informait des activités militaires en se référant à des témoins oculaires », a précisé le président russe qui occupait le poste de premier ministre en août 2008.
« Vos collègues disaient carrément qu’il s’agissait d’une vraie guerre, que l’armée régulière géorgienne avait lancé une offensive. Ils disaient par exemple: « Il y a un combat réel, des civils et des soldats de la paix russes sont en train de mourir ». A vrai dire, à l’époque c’était ma seule source d’information », a avoué M.Poutine.
Début août 2008, l’armée géorgienne a lancé une offensive militaire contre l’Ossétie du Sud, détruisant une partie de Tskhinvali par des tirs de lance-roquettes multiples. La Russie a opposé une riposte militaire de grande envergure destinée à imposer la paix à la Géorgie et à protéger les soldats de la paix russes et les civils sud-Ossètes dont beaucoup avaient également la nationalité russe. Le conflit a duré cinq jours. Le 26 août 2008, Moscou a reconnu l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, deux républiques autoproclamées qui ne reconnaissaient pas la souveraineté géorgienne depuis la chute de l’URSS. Affirmant avoir été « victime d’une provocation russe », la Géorgie a rompu ses relations diplomatiques avec Moscou et proclamé les républiques « territoires occupés ».
A ce jour, outre la Russie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud sont reconnues par le Nicaragua, le Venezuela, Nauru, Tuvalu et Vanuatu.
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