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LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 24/03/2008 - 13:37
par Pat
LES PIEGES DE LA MONDIALISATION
Face à la crise, le mondialisme continue à être prôné comme la panacée devant résorber les difficultés. La poursuite du marasme est attribuée au fait qu'il n'y a pas assez de mondialisme, qu'il en faut plus. Sur le terrain de la production, le mondialisme entraîne, non pas des économies, mais des surcoûts énormes, jusqu'ici endossés par les Etats, et qui sont en train de glisser sur les consommateurs. Fabriquer en Chine plutôt qu'à Catelnaudary paraît se nimber d'exotisme séduisant, mais comporte de nombreux désagréments. Outre la permanence du chômage de masse, et l'assistanat généralisé, il faut payer de plus en plus cher des prestations élémentaires, ainsi les transports de marchandises.
L'acheminement des produits n'est pas gratuit, on le sait depuis la plus haute antiquité. Les mondialistes ont fait comme si cet élément du prix de revient n'existait plus. En une période où l'énergie nécessaire aux vols des avions ou à la circulation des navires, camions et trains coûte de plus en plus cher, ce paramètre devient très difficile à dissimuler. Mais il n'y a pas que le pétrole. Les « chaînes logistiques » se sont allongées de façon démesurée. Elles sont menacées avec acuité en ce qui concerne leurs modalités, qu'on subdivise en deux : la sécurité et la sûreté.
Acheter au loin revient très cher
La sûreté, voilà un concept qui fait aussitôt penser aux terrorisme. D'où d'énormes frais de protection, d'assurances, gonflés par la véritable paranoïa qui s'est emparée des dirigeants de certains pays. En tête, les Etats-Unis d'Amérique, qui ont sécrété des textes réglementaires, qu'ils imposent à toute la planète. Ils provoquent non seulement des dépenses administratives importantes (ainsi le « manifeste à anticipation de 24 heures »), mais aussi des retards notables, eux aussi générateurs de facturations supplémentaires.
Un exemple : l'Amérique s'emploie activement en ce moment à contraindre tous les armateurs et expéditeurs à scanner la totalité des conteneurs avant tout transport. On imagine la note. Qui peut acquitter les surcoûts ? Essentiellement les multinationales. Bonjour l'avenir des PME-PMI.
A Washington, on se sert de la crainte du terrorisme ... afin de protéger l'économie nationale, et on y ajoute des prescriptions écologiques, au nom de la sûreté, alourdissant encore les surcoûts. Et puis, la criminalité classique a trouvé un vecteur excellent dans la mondialisation. Le volume des cargaisons pillées augmente sans trêve, aussi bien dans les aéroports, que dans les ports et sur les routes. Pour la seule Europe, les vols de chargements de camions atteignent 7 milliards d'euros par an. La piraterie est un danger permanent sur de nombreuses voies maritimes, en ce début de XXIe siècle.
Coûts logistiques démesurés
Autre facteur de renchérissement des acheminements, les « dysfonctionnements techniques » sans malveillance humaine. Accidents et catastrophes sont en cause, d'où là aussi des réglementations fort lourdes, des problèmes innombrables, concernant aussi bien les types d'emballages que les manutentions, la gestion des stocks, etc ... Il est nécessaire de disposer d'infrastructures solides, pas précisément bon marché.
Que signifie tout ceci de manière concrète ? Selon un spécialiste de la gestion du « sourcing lointain» (le franglais crée chaque jour de nouveaux monstres linguistiques) : « Les coûts logistiques d'un approvisionnement en Chine atteignent couramment 30 à 50 % du prix de revient du produit, contre 3 à 10 % pour des approvisionnements domestiques.»
Voilà qui semble rassurant, dans l'avenir, la raison devrait triompher au profit des producteurs nationaux. Seulement, en restera-t-il le moment venu où le coût des acheminements contraindra à revenir sur l'assujettissement au mondialisme ? Repartir à zéro dans presque toutes les branches de production nécessitera des investissements gigantesques, et la finance mondialisée à outrance, acceptera-t-elle de jouer le jeu ? Rien n'est moins sûr !
Alexandre Martin National Hebdo du 20 au 26 mars 2008
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION
Publié : 02/10/2008 - 7:27
par Pat
Les dégâts de la mondialisation
Les fermetures d'usines se multiplient. Michelin à Toul, Miko à Saint-Dizier, Ford à Bordeaux, et rien ne dit que sa reprise par un industriel allemand sauvera l'entreprise de jouets Smoby à Lons-Ie-Saunier... Pourtant les décideurs et les économistes (de cour ... ) partisans du système continuent sur la voie dangereuse d'un libre-échange extrémiste. Le patronat achète la paix sociale avec des plans dits « d'accompagnement » confortables qui séduisent les ouvriers licenciés. Mais que feront les enfants de ces salariés, privés des nobles emplois manuels qui auraient dû leur revenir ? Seront-ils animateurs de quartier à vie, payés 750 euros par mois, en permanence sous les fourches caudines des droits de l'homme et de la « discrimination positive » (25 000 emplois réservés aux « jeunes des quartiers »), contraints par le système de dire le contraire de ce qu'ils pensent ? Le public se rend-il bien compte qu'une grande entreprise qui ferme, ce n'est pas juste des ouvriers qui perdent leur emploi, mais des emplois qui quittent une région ? Des fournisseurs et des petits commerces qui s'en vont aussi, faute de clients. Une balance des comptes courants qui se creuse. Des inégalités qui s'accroissent car bien sûr les profits (additionnés des surprofits) continuent à être perçus en France tandis que les salaires disparaissent. Ce dernier point est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles le secteur de l'hyperluxe explose (voir un article récent du Figaro). Quelle indécence alors que les difficultés des autres augmentent.
Pourtant ça ne suffit pas aux politiques.
Absolument aucun aggiornamento des accords qui lient la France à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) n'est en vue, ni même en voie de l'être. Plutôt laisser mourir des secteurs entiers que de reconnaître que le Front national avait un tout petit peu raison, telle est la devise des mondialistes français. Mais la pression de la réalité devient tellement forte qu'ils sont bien obligés de dire quelque chose. Alors, écoutons-les. Vous allez voir, cela fait assez « panique à bord » ; Marie-Noëlle Lienemann (Le Monde du 5 février): « Les Français sont spoliés du fruit de leur travail. » On dirait du Le Pen ! La solution de Lienemann (qui, ce n'est sans doute pas un hasard, se présentait à Hénin-Beaumont contre le tandem Steeve Briois Marine) après s'être avisée que nous sommes « en guerre économique » ? Encore plus de violence économique avec la création par la France d'un fonds souverain (une sorte de masse d'arme financière pour écraser les gens dont la tête ne vous revient pas). Fini les gentilles histoires de caravanes nomades et de marchands humanistes à la Attali, tout d'un coup c'est la guerre !
Philippe Douste-Blazy (bombardé subitement numéro deux de l'ONU sur les instances de Sarkozy) sur France info ; « On va vers des conflits très graves ... » Précisons que ces gens sont néanmoins tous favorables au totalitarisme marchand.
Voici aussi une certaine Agnès Verdier-Molinier qui sort chez Lattès La Mondialisation va-t-elle nous tuer ?, livre sous-titré « idées fausses - vraies réponses » comme un coup de trique sur le bétail français pour bien serrer la file au cas où certains auraient l'idée impure d'échapper au mondialisme.
Et enfin le socialiste Pascal Lamy, président français de l'OMC : « L'instinct de protection contre le stress économique induit par la mondialisation est une erreur technique mais une réalité politique dont il faut tenir compte. » En réalité, Lamy constate les dégâts et cherche à se décharger de sa responsabilité en reconnaissant certaines choses, tout en n' assumant pas vraiment. Le même assure aussi : « Plus de division du travail crée plus de travail. » Difficile à vérifier car les chiffres du chômage sont complètement trafiqués, mais admettons. Où sont alors, entre autres endroits, ces fameux 321 000 emplois créés en 2007 ? Réponse : dans des « services à la personne » (incontournables à la suite du saccage des valeurs familiales qui a atomisé les lignées), dans des sandwicheries kebab où quasiment pas un Français de souche ne travaille (ni ne pourrait travailler, s'il le voulait), dans des sites internet, dont un certain nombre probablement pornos. Quant au secteur du BTP, il est monopolisé par les immigrés, souvent clandestins. De toute manière, M. Lamy, le devenir de l'économie française ne peut se résumer à une vulgaire équation comptable sur la division du travail. L'économie française, ce sont des acquis civilisationnels fragiles et parfois magnifiques qui ont mis des siècles à s'élaborer. Ne pas vivre dans le passé, d'accord, mais tout détruire n'est pas non plus une solution.
Autre argument que les mondialistes ressortent sans fin comme pour essayer de se persuader eux-mêmes : « La mondialisation a fait reculer la pauvreté dans le monde de 20 %. ». Il ne faut pas se laisser intimider par ce genre de chiffres ronds et ultra-globalisants qui agrègent des centaines de millions de personnes aux situations difficilement comparables sinon antagonistes. En fait, ce chiffre c'est du vent ! La réalité, la voici plutôt en exemples : un trafic commercial mondial très polluant; des monocultures qui épuisent et dégradent les sols au Brésil; des patrons-pêcheurs chinois qui rejettent à la mer (sous les yeux des locaux, fous de rage) des poissons frais au large des côtes du Liberia parce qu'ils ont le droit de les pêcher mais pas de les transporter en Chine et pas envie de les revendre bon marché aux Africains (émission "Thalassa", 2006). Des familles américaines modestes expulsées de leur maison en plein hiver parce qu'elles ont perdu leurs emplois industriels, naguère bien payés. Des franges massives du prolétariat chinois tout droit sorti de L'Assommoir avec des rumeurs d'ouvriers enchaînés dans des hangars gardés par des chiens parce qu'il faut des migrants pour mener à bien les pharaoniques infrastructures des Jeux olympiques, mais lesquels migrants ne doivent pas se perdre dans la nature. En Chine encore, des bruits de catastrophes industrielles étouffées par le régime ... Et plus fondamentalement, une surpopulation mondiale qui devient ingérable (et, pour ce qui concerne l'Afrique Noire et un peu le Maghreb, rendue possible dans une large mesure par une existence à crédit à nos crochets et par un accroissement des importations/exportations alimentaires qui se substituent de plus en plus à l'agriculture vivrière).
Le jour semble approcher où les gens ne pourront en supporter davantage.
Et en France, qui attend ce jour avec gourmandise pour déguster les marrons tirés du feu ? La LCR, le PS ! Depuis au moins aussi loin que les Rothschilds de Francfort, on sait que la finance internationale et les divers stades du communisme fonctionnent en tandem secret. Le second arrive pour consoler les populations quand le premier les a tondues trop ras ou les a dévastées par des conflits fratricides pour mieux régner. Les Français en réalité ne veulent pas qu'on les vole et qu'ensuite on les rembourse mal avec de magnifiques centres culturels communistes Pablo Neruda. Ils veulent juste qu'on arrête de les voler. L'adhésion à l'OMC ou le terrible système des réserves fractionnaires, ils ne les ont pas choisis, cela leur est imposé de force.
En conclusion, signalons que la plupart des nationaux ne sont pas du tout des gens fermés à autrui. Ils n'ont rien contre le fait d'avoir des échanges avec des peuples qui leur ressemblent et même parfois avec des peuples qui leur ressemblent moins. Ce sont les mondialistes qui enferment tout le monde dans un système rigide et étouffant.
Christophe CARTOIS. Rivarol du 9 mai 2008
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 02/10/2008 - 21:32
par Pat
Plan de sauvetage bancaire : ce que Wall Street espérait gagner“J’ai beaucoup de types qui ont un doctorat et des gens futés autour de moi qui viennent au bureau ovale et qui disent : ‘M. le Président, voici ce que j’ai en tête’. Et j’écoute attentivement leurs conseils. Mais ayant rassemblé le dispositif (sic), je décide, vous savez, je dis : ‘Voilà ce que nous allons faire’. Et c’est : ‘Oui, Monsieur le Président’. Et ensuite, nous suivons et exécutons cette politique." - Président
George W. Bush, 3 octobre 2007
Pam Martens - CounterpunchPlan de sauvetage bancaire : ce que Wall Street espérait gagnerPauvre Président Bush ! Il a été mis de côté en tant que Décideur. La démarche orgueilleuse du Décideur et son entourage médiatique, de même que les coffres des Etats-Unis, devaient être remis à Henry M. (Hank) Paulson, le Secrétaire au Trésor, qui aurait eu une autorité considérable sur le partage avec ses petits copains de Wall Street d’un nouveau butin accru et sur l’installation d’une nouvelle et vaste démocratie de la subvention, aux dépens du contribuable.
Mais il se pourrait bien que la Maison du Peuple ait écouté le peuple. La Chambre des Représentants a voté lundi pour rejeter la mesure de subvention, par 228 voix contre 205.
Quel beau message orwellien cette proposition aurait envoyé aux enfants de notre nation et aux honnêtes travailleurs : pillez et écroulez un système financier vieux de 200 ans et vous recevrez en récompense 700 milliards de dollars d’argent frais du contribuable à partager entre vos petits copains complices de cet effondrement !
Jusqu’à sa prestation de serment, le 10 juillet 2006, en tant que Secrétaire au Trésor, M. Paulson était le président directeur général de Goldman Sachs. Les instruments exotiques créés par Goldman et colportés dans le monde entier, lorsque M. Paulson était le Décideur de Goldman, ont contribué à cet effondrement. Son ancienne firme a aussi bénéficié de dizaines de milliards de dollars du contribuable déjà distribués par la Réserve Fédérale. D’autres firmes, comme Merrill Kynch et Citigroup/Smith Barney, qui ont cassé les reins de Fannie Mae et de Freddie Mac en leur vendant des milliards de dérivés explosifs, ont également vu leurs anciens directeurs exécutifs nommés à des postes en or dans cette mission de "sauvetage".
Et attendez-vous dans les jours à venir à ce que cette proposition de subvention soit encore plus corrompue. (Cette proposition me rappelle cette couverture de BusinessWeek, du 13 mai 2002, posant cette question à propos de Wall Street : "A quel point [Wall Street] est-il corrompu ?" Ils répondaient à leur propre question avec une photo géante représentant un serpent enlaçant le poteau métallique signalant Wall Street. La proposition de subvention était si vague que lorsque j’ai lu ses 106 pages sur le site internet de CNNMoney, dimanche soir, le 28 septembre 2008, l’écran est devenu blanc à 19h59. Quelques minutes plus tard, je lisais une version différente de cette proposition, qui faisait désormais 110 pages. Heureusement, j’avais imprimé une copie de la première version et je l’ai comparée ligne à ligne pour comprendre ce que préparaient les banquiers-gangsters.
Particulièrement intéressant, en page 6, où, auparavant, le nouveau Bureau de Stabilité Financière [Office of Financial Stability] serait dirigé par un Secrétaire-Adjoint au Trésor nécessitant l’approbation du Sénat, 16 mots supplémentaires avaient été ajoutés à la phrase : "sauf qu’un Secrétaire-Adjoint intérimaire peut remplir cette fonction en attendant la confirmation par le Sénat."
En réalité, tout ce dont ils avaient besoin était d’envoyer continuellement des candidats en conflit avec le Sénat, et des milliards de dollars pouvaient être dépensés avant que le Sénat approuve et confirme un candidat. Un autre changement, en pages 14 et 15, concernait la manière dont le Décideur serait contrôlé : auparavant, il était dit ‘toute action’ prise par le Secrétaire au Trésor peut être examinée. Cela a été changé en ‘la politique’.
Dans la première version, les soupçons de fraude devaient être rapportés à l’Inspecteur Général du Département du Trésor. Cela a été complètement modifié pour créer un poste entièrement nouveau d’ "Inspecteur Général Spécial au Programme de Sauvetage des Actifs à Problème". (Je pense que tout le monde comprend que ce poste aurait été pourvu par un autre petit copain de Wall Street.)
Mais l’aspect le plus fourbe et le plus effrayant de ce plan, comme toujours, se trouvait enfoui aux fins fonds du document, situé là, dans l’espoir que tout le monde serait endormi par le jargon juridique avant d’arriver aussi loin. Dans les deux versions, il y a la Section 128, qui paraît inoffensive. Elle dit simplement : "La Section 203 du Financial Services Regulatory Relief Act of 2006 [la loi de régulation du sauvetage des services financiers de 2006] est amendée, ‘le 1er octobre 2011’ est remplacé par ‘le 1er octobre 2008’."
Quelle aurait été le résultat effectif ? D’avancer la promulgation de cette section de la loi à cette semaine.
Et quel aurait été l’impact de la modification de cette loi ? (Prenez un moment pour intégrer ceci.) Cette merveilleuse proposition bipartite de subvention, négociée aux petites heures du matin par des parlementaires privés de sommeil, était conçue pour arriver avec un Cheval de Troie furtif, incorporé par les avocats de Wall Street. Les banques déjà en difficulté, par manque de capital, auraient pu détenir un capital de "zéro" pour leurs transactions.
Et cela résout un énorme mystère. Tout Wall Street a essayé de comprendre pourquoi des firmes comme Goldman Sachs et Morgan Stanley, qui se sont concentrées sur les fusions, les acquisitions, les souscriptions d’actions et d’obligations pendant plus de 212 ans cumulés à elles deux, ont décidé dans la douleur d’entrer dans le vieux monde de la banque de détail et de se transformer en société de holding bancaire. (C’est comme demander à General Motors de se restructurer du jour au lendemain en fabricant de machines à laver.) A présent, nous savons. Si cette proposition de subvention avait été votée sous sa forme actuelle. Ces firmes auraient eu cette semaine un nouveau meilleur ami à la FED, qui leur aurait permis de détenir zéro réserves pour leurs transactions. Il ne faut pas s’étonner si les actions de ces deux firmes ont été vendues massivement hier, lorsque le Congrès a rejeté ce plan : Goldman a clôturé à moins 12% et Morgan à moins 15%.
Ce Cheval de Troie dans ce plan de subvention résout également un autre mystère. Pourquoi Citigroup, banque corrompue jusqu’à la moelle, criblée de pertes, dirigée à présent par l’ancien patron d’un fond spéculatif, a-t-elle été autorisée lundi par le FDIC [société fédérale de garantie des dépôts bancaires] à acheter 400 milliards des dépôts de la banque Wacovia, donnant à ce tyran mondial désemparé 30% des dépôts bancaires garantis en Amérique ?
Pour une fois, nous pouvons être fiers d’au moins 228 de nos parlementaires. Oui, nous avons besoin d’une action rapide et raisonnée pour éviter un effondrement financier. Mais un plan qui permet à un seul homme d’accéder sans entraves à 700 milliards de dollars du contribuable, de décider quelles firmes survivront, de concentrer potentiellement le pouvoir entre les mains de quelques copains, tout en repoussant le débat de la régulation vitale à l’année prochaine, n’est pas un plan. C’est un crime organisé finement déguisé en législation.
*
Pam Martens a travaillé sur Wall Street pendant 21 ans. Elle n’a aucune action ou titres des sociétés mentionnées dans cet article. Elle écrit sur des questions d’intérêt public depuis le New Hampshire.http://www.alterinfo.net/index.php
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 07/10/2008 - 23:27
par Pat
UN CAPITALISME SANS CAPITAL
L’on ne finira jamais d’explorer en profondeur les causes exactes de la crise financière qui secoue toute la planète.
Il est prudent, d’ailleurs, de relativiser son importance. Les États-Unis représentent, grosso modo, 25 % de l'économie mondiale et la CEE 25 % aussi ; celle-ci est moins atteinte que les Etats-Unis, bien que subissant tout de même les effets de l’ouragan. Brésil, Russie, Inde et Chine (les « BRIC ») représentent 16 % et le reste du monde 34%. Quant à la marche globale de l'économie mondiale, elle est plutôt satisfaisante et continue à progresser.
La grande presse évoque une économie de casino, ce qui n’est pas une accusation inexacte ; c’est l’occasion de bien préciser cette expression. Il s'agit en fait d'un capitalisme sans capital et déconnecté de la réalité. C’est bien le propre des joueurs au casino de voguer sur des rêves sans se contrôler eux-mêmes et c’est fort dangereux !
Le capital est la pierre angulaire de la vie économique. Certains seraient choqués d’une telle expression qui semble reléguer le travail au second plan et, pourtant, elle est essentielle pour comprendre. Le capital est du travail accumulé et, de tous temps, pas de travail sans capital.
Voici le moment d'évoquer ce que l'on appelle la planète financière.
Les banquiers ont toujours consenti des prêts ce qui est leur métier et leur intérêt. Au tout début, ils se contentaient de prêter sur leurs fonds propres ce qui minimisait les risques. Très vite, ils ont élargi les prêts grâce aux dépôts qu’ils recevaient de leurs clients : c’était de la création de monnaie ex nihilo permettant d’amplifier la prospérité générale. Propriétaires de la banque, soit seuls soit en famille, ils le faisaient avec parcimonie ; quelques ratios simples pouvaient baliser les dangers ; s’ajoutait l’effet de proximité, chacun se connaissant plus ou moins dans la ville, avec aussi quelques dangers : comment refuser un prêt à un ami ou, pire, à son gendre ? Quant aux comptes ils étaient clairs et faciles à établir. L’imprudence se payait cher et il y eut des malheurs. Le XIXe siècle a vu beaucoup de faillites bancaires. Aux USA, des banquiers ont du être pendus comme de vulgaires voleurs de chevaux.
Le fait relativement nouveau est la naissance et l’envol de la « planète financière ». Ne se contentant pas de transformer les dépôts, les banquiers se sont prêtés entre eux, ceci dans un nuage de complications de plus en plus extravagantes. Cet étage supplémentaire était, au reste, utile et même nécessaire pour gérer des échanges industriels et commerciaux de plus en plus complexes et, eux-mêmes, générateurs de richesses accrues. Les progrès dans les transports et dans les techniques électroniques ont eu leur part dans l’évolution. Plus du tout d’effet de proximité pour se protéger des folies : au contrat clair du prêt du banquier local au client qu’il connaît, se sont substitués des pyramides de contrats complexes gérés par des cohortes de juristes. Les mathématiciens ont joué leur musique concoctant des produits de plus en plus impénétrables : les présidents de banque, pourtant souvent bardés de diplômes, ne comprenaient pas ce que faisaient leurs collaborateurs ! Les autorités, censées imaginer des règles prudentielles, les bâtissaient dans une sorte d’allégresse avec des formules compliquées.
Dans la folle agitation, le drame fut d’oublier le capital, cette pierre angulaire du capitalisme : c’était la faute à ne pas commettre.
Dans les faits, s’est ajouté le contact incestueux avec le pouvoir politique ; n’oublions pas que les prétendues démocraties sont rongées à des degrés titres par la corruption. Les idéologies prétendument antiracistes, sous la pression des pouvoirs publics joints aux médias, ont conduit les banques américaines à prêter largement aux minorités visibles en vue d’acheter des logements ; de très nombreux membres de ces minorités ont obtenu des prêts qu’elles n’auraient pas du ou pu contracter dans un système complètement libre.
Le jeu des normes comptables joint à celui des agences de notation a été très pervers. Si une banque a des actifs classés « trois A », elle peut se contenter de 4 % de fonds propres à son bilan ce qui est très peu. Vienne une dégradation des trois A, il faut qu’elle recapitalise. On voit ainsi s’ouvrir un gouffre infernal alors que la firme n’est pas objectivement en danger. .
Toujours dans l'esprit d'un capitalisme sans capital il s’est trouvé que pendant de longues années la FED, ou banque fédérale américaine, fut dirigée par Alan Greenspan, surnommé le Maestro. Il inonda d’argent bon marché l'économie des USA, créant des sources d’inflation et dissuadant les gens de créer du capital par l’épargne : le Maestro avait découvert la baguette magique !
Le plus drôle, si l'on peut dire, est que ce système destructeur s’est développé au États-Unis d'Amérique, lesquels se sont fondées justement sur le respect de la propriété privée, l’entreprise privée et une hostilité marquée vis-à-vis de l'intervention étatique.
Dans le prochain flash et dans cet esprit, nous pourrons, en particulier, nous poser une question importante à propos de la Harvard University ; celle-ci reste un modèle pour un très grand nombre d'écoles commerciales parmi les plus prestigieuses dans le monde entier et, notamment, en France.
La question est la suivante : les dirigeants de cette Harvard University sont-ils des malfaiteurs de l'humanité ?
Michel de Poncins
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 08/10/2008 - 17:34
par Pat
Pour des réformes urgentes
En France, 54 % du Produit intérieur brut (PIB) sont consacrés à la dépense publique, beaucoup plus que la moyenne des pays de l'OCDE. Le train de vie de l'Etat coûte trop cher. Pesant sur la situation économique de la France, il constitue un frein à l'expansion et à l'emploi, il tire salaires et retraites vers le bas.
Selon une étude publiée il y a quelques semaines par l'Insee, si les chefs d'entreprise, considérant à juste titre que leur compétitivité sur les marchés étrangers dépend de la qualité de leurs produits, de leur prix raisonnable et de leur adéquation à la demande, de l'innovation et de la recherche, de légitimement réduire les coûts de revient, de se rapprocher des marchés et de leurs clients, à accéder à une fiscalité plus avantageuse permettant grâce à des bénéfices plus élevés de financer innovation et investissement, mais également à une réglementation du travail moins contraignante. Selon cette étude, un sur cinq prévoit de créer une nouvelle activité de production à l'étranger et un sur six, soit 16 %, d'y transférer des activités de production. C'est-à-dire de délocaliser. Et cette proportion est en forte hausse puisque, pendant la période 2002-2007, les patrons n'étaient que 12 % dans ce cas.
Alors même que le déficit commercial continue de se dégrader, si le trou avait atteint 39,2 milliards en 2007, à fin mars 2008, pour les douze derniers mois, il a déjà atteint 43,76 milliards, + 11,63 %. Ce sont en particulier les entreprises qui exportent qui envisagent de produire plus à l'étranger. Le déficit n'a donc pas fini de se creuser !
Les atouts que constituent la qualification de la main-d'œuvre et de l'encadrement et la qualité des infrastructures de télécommunication et de transport ne compensent pas les handicaps d'une fiscalité et d'un coût du travail trop élevés.
Parallèlement, avec un euro à 1,55 dollar, les entreprises qui négocient et facturent en billets verts ont intérêt à produire dans la zone dollar, à l'exemple d'Air-bus qui avait annoncé cette hypothèse il y a quelques mois et qui passe à l'acte en confiant à l'équipementier états-unien Spirit la réalisation d'une partie du fuselage de l' A350 XWB que jusqu'ici Airbus fabriquait en Europe. Tant pis pour les ouvriers européens !
Mais tout ne dure qu'un temps. Défiées par la Chine où l'investissement en recherche et développement est le plus élevé du monde, combien de temps l'Europe en général et la France en particulier conserveront-elles un avantage technologique, qu'elles ne possèdent d'ailleurs encore que dans certaines activités ? La Chine, qui exige et obtient le transfert de tout ou partie des technologies européennes, qui deviendra notre concurrent et nous supplantera. La Chine, qui ne se contente plus de vendre aux économies occidentales mais inonde de ses produits les pays les plus pauvres, importe leurs matières premières pour réexporter ses produits finis, en liquidant au passage les rares industries locales. Avec ses excédents commerciaux - 262 milliards de dollars pour l'année 2007 -, elle prend pied dans les plus belles entreprises capitalistes. Les dirigeants de Pékin réalisent à la lettre le vieux principe de Lénine: « Les capitalistes nous vendront jusqu'à la corde pour les pendre. » Mais comme, à courte vue, les multinationales profitent du réservoir chinois de main-d'œuvre à bon marché pour produire à moindre coût et réexporter vers les pays occidentaux en s'offrant des marges exorbitantes, elles se soucient bien peu de leur avenir, et encore moins de celui de leurs salariés qui s'appauvrissent année après année.
Pour revenir à la France, compte tenu de son endettement, elle consacre 50 milliards par an au paiement des intérêts de sa dette, et comme celle-ci ne cesse de gonfler, ce n'est pas près de diminuer. 50 milliards dépensés en pure perte au lieu d'être, par exemple, consacrés au financement de la recherche et du développement dans les entreprises. En effet, un produit qui n'évolue plus et/ou se banalise est copié et voit son prix fondre comme neige au soleil. L'innovation est donc la clé de la création de richesses pour les entreprises. mais aussi d'emplois et de pouvoir d'achat.
La France doit entreprendre un vaste chantier de réformes et réaliser des économies. Parviendra-t-elle à le conduire au succès ? Le refus des réalités, le conservatisme et, les grèves le prouvent, l'attachement égoïste et catégoriel aux « avantages acquis » d'une époque révolue, les querelles politiciennes qui placent les ambitions personnelles et les succès électoraux avant l'intérêt collectif, l'impopularité du président Sarkozy, les hésitations et les contradictions du gouvernement, l'inconsistance et la versatilité de la majorité parlementaire, l'affaiblissement du mouvement national qui ne constitue plus une menace électorale et à qui on ne donne pas la possibilité de s'exprimer sur les sujets économiques et sociaux alors que Jean-Claude Martinez a démontré que le camp national ne manquait pas de propositions (voir RIV. du 25/4/08) - font douter du succès des réformes. Par manque de volonté politique.
Pierre PERALDI Rivarol du 20 juin 2008
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 16/10/2008 - 11:19
par Pat
Mondialisme et univers virtuel ont-ils tué le capitalisme ?
Après le 11 septembre 2001, le 16 septembre 2008. Derechef, les colonnes de Wall Street ont été ébranlées mais, cette fois, impossible d'incriminer Ben Laden : c'est de l'intérieur qu'avec les encouragements les plus officiels œuvraient les saboteurs dont les méfaits ont obligé le gouvernement de Washington et sa banque centrale, la Réserve fédérale, chantres et commis-voyageurs de l'ultra-libéralisme, à débloquer en catastrophe 85 milliards de dollars pour maintenir à flots l'assureur American International Group (AIG) devenu sous la houlette de son président Hank Greenberg un gigantesque conglomérat financier présent dans tous les secteurs de la vie économique, si bien que son naufrage eût entraîné une débâcle non seulement fatale aux Etats-Unis mais aussi d'une amplitude planétaire. Si l'on ajoute qu'une semaine plus tôt, l'Oncle Sam avait mis sous tutelle publique Fannie Mae et Freddie Mac, les deux pivots du crédit américain, et renfloué plusieurs fonds d'investissements menacés d'effondrement, c'est au minimum 700 milliards de dollars-mais certains parlent de 1000, voire de 2000 milliards de dollars - que l'interventionnisme d'Etat aura coûté en septembre aux contribuables d'outre-Atlantique ... et à pas mal d'autres : quand, aux States, la planche à billets s'emballe, c'est la terre entière qui dérape. N'en déplaise aux économistes de cour et aux politiciens complices qui nous affirment que grâce à l'action énergique de l'administration Bush, le pire a été évité comme l'a prouvé l'euphorie boursière - d'ailleurs très brève - suscitée par le sauvetage d'AIG. Ainsi, pour notre grande argentière Christine Lagarde, « le gros risque systémique est derrière nous » et, le 21 septembre, Le Journal du Dimanche ne craignait pas de titrer : « La crise financière est terminée ». Est-ce ce mensonge éhonté qu'à Toulon, où il devait enfin parler hier après avoir émergé de sa « situation d'analyse », Nicolas Sarkozy nous aura resservi, en répétant, ce qu'il a déjà dit lundi à New York où il était honoré du Prix de l'homme d'Etat 2008 décerné par la Fondation Elie Wiesel, que « les responsables » de la situation présente devaient « être sanctionnés » ? Un vœu pieux puisque « l'homme d'Etat » s'est bien gardé de désigner les responsables et de préciser de quelles sanctions ils devaient être frappés. Et pour cause : l'un des sponsors de cette soirée prestigieuse était. .. la banque faillie Lehman Brothers !
L'OPTIMISME officiel serait plus convaincant si les "experts" n'avaient pas crié victoire il y a cinq ans tout juste quand la même administration Bush se targua d'un taux de croissance record de 7,2 % pour le deuxième trimestre 2003. La crise économique tant redoutée était conjurée ! Faux, ripostait alors Jim Reeves dans nos colonnes (n° du 14/11/03), « la maison USA est au bord de la faillite » avec un déficit annuel de sa balance des paiements de 500 milliards (5 % du PIB) et une dette extérieure de plus de 6 000 milliards (58,8 % du PIB) de dollars, que n'allaient du reste cesser d'aggraver l'invasion puis la ruineuse occupation armée de l'Irak puisque, un an plus tard, cette dette dépasserait 7 500 milliards pour culminer en juin 2008 à près de 10 000 milliards de dollars. « L'économie américaine, pronostiquait Jim Reeves, ne survit que par l'illusion de la puissance du dollar et ce dollar n'étant plus garanti par rien, il n'a strictement aucune autre valeur que celle de son papier ainsi que celle, absolument virtuelle, que lui prêtent les financiers. En sorte que l'économie américaine n'est nullement tirée par sa santé mais par le talent d'illusionnistes de ceux qui dirigent l'économie mondiale. »
Implacable constat, en tous points vérifié aujourd'hui. C'est en effet intoxiquées par les illusionnistes de JP Morgan, Merrill Lynch et Lehman Brothers (quatrième banque états-unienne, dont la faillite coûte 100 milliards de dollars aux fonds de placement) que les banques européennes et notamment françaises, croyant réaliser l'affaire du siècle, se jetèrent sur les subprimes (créances immobilières à risques) à peine celles-ci furent-elles "titrisées". Résultat : la BNP, le Crédit Agricole, Dexia et Natixis notamment ont perdu ces dernières semaines 4 milliards d'euros, dont leurs clients devront d'une manière ou d'une autre supporter l'évaporation. Ce qui se traduira par un resserrement du crédit aux particuliers comme aux entreprises (d'où précarisation de ces dernières et sans doute licenciements) et baisse accrue du pouvoir d'achat au détriment de la consommation ... donc licenciements encore. Et vaches maigres pour l'Etat privé de rentrées fiscales alors que ses dépenses sociales, elles, augmenteront avec l'arrivée de nouveaux chômeurs et de nouveaux malades, les périodes d'angoisse provoquant toujours une explosion de maux divers.
CETTE crise majeure, qui pourrait être au capitalisme ce que l'écroulement du mur de Berlin fut au communisme, va-t-elle enfin dessiller les yeux de ceux qui ne juraient que par « les lois du marché » et voyaient dans le libéralisme à l'américaine le modèle indépassable ? Nul ne peut plus feindre en tout cas d'ignorer les deux périls menaçant la planète : le mondialisme et le virtuel. Deux fléaux dont le second n'existait pas en 1929, le premier n'ayant pas pris alors l'ampleur dévastatrice qu'il revêt aujourd'hui, quand la faillite d'une obscure banque de l'Ohio ébranle la bourse de Shanghai et appauvrit encore le Lesotho, toutes les économies étant imbriquées - ou s'étant livrées sans combattre aux financiers de Wall Street. Combien risque de nous coûter en effet l'anschluss, follement entérinée en juin 2006 par Chirac président et Villepin Premier ministre (mais violemment combattue par notre journal, voir n° du 2/6/06), d'Euronext, et donc de la Bourse de Paris, par le New York Stock Exchange, sous prétexte que le volume d'affaires du NYSE était de « 27 000 milliards de dollars, près de deux fois le PIB des Etats-Unis » ? « C'est un exemple significatif de ce qu'est véritablement la construction européenne, accusait alors Jean-Marie Le Pen. Il ne s'agit pas de faire pièce à la puissance américaine mais de livrer l'Europe aux maÎtres de la mondialisation. » Comme le pensent certains, ces démiurges ont-ils poussé le cynisme et l'hybris jusqu'à programmer ou à accélérer le tsunami financier à seule fin de détourner l'attention de la planète d'une attaque israélienne sur l'Iran, décidément trop rétif ?
Aidés en cela par l'univers virtuel qu'est devenue la finance internationale, régie par des Dr Folamour apatrides communiant dans le culte du fric et de la cocaïne, ayant perdu tout contact avec la réalité. Un univers où tout se règle et surtout se dérègle d'un clic d'ordinateur, les monnaies et même la production agricole ou les industries les plus concrètes (extraction et transformation de matières premiéres, bâtiment. .. ) n'ayant plus qu'une existence nominale.
C'est ce monde, totalement artificiel, dont le pays qui osa s'intituler Hyperpuissance (le mot est de la très cosmopolite Madeleine Albright, ancien secrétaire d'Etat de Bill Clinton), a été le laboratoire. Pour son malheur, et pour le nôtre. S'il en est encore temps, il faut d'urgence mettre fin à l'expérience, ainsi qu'à des liaisons décidément par trop dangereuses, comme le prouvent le cataclysme financier et l'insane engagement en Afghanistan.
Rivarol du 26 septembre 2008
<galic@rivarol.com>.
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 17/10/2008 - 0:27
par Pat
L’EFFET DE LEVIERDans l'analyse des causes de la crise, nous avons évoqué, récemment, les ravages de l’idée un peu folle qu’il pourrait exister un capitalisme sans capital. Parmi les manifestations de cette idée il faut faire une place à l’effet de levier.
Chacun connaît et utilise dans la vie courante ou dans la vie professionnelle des leviers qui permettent de soulever de très lourdes charges avec relativement peu d’efforts ; dans notre jeunesse nous avons appris dans les cours de physique les lois qui régissent les leviers.
Ils existent dans le domaine financier et il est possible d'en faire une présentation simple.
Si nous investissons 100 000 euros de notre fortune dans un projet devant nous rapporter annuellement 10 000 euros, le rendement sera de 10 %. Pour augmenter la rentabilité nous pouvons nous endetter. Supposons que nous empruntions 50 000 euros au taux de 5 % ; les intérêts annuels seront de 2 500 € et le projet ne nous rapportera plus que 7 500 €. Mais nous n’aurons prélevé sur notre fortune que 50 000 € pour le réaliser et 7 500 € rapportés à 50 000 €, nous donnent une rentabilité de 15 %.
C’est, évidemment, une présentation simplifiée, car dans la réalité les chiffres sont souvent un peu plus compliqués d’autant plus que beaucoup de prêts se remboursent en cours de route grâce à des annuités constantes. Néanmoins, on voit facilement que l'effet de levier, bien géré, permet d'augmenter la fortune du propriétaire des projets.
Mais, attention danger : si le projet ne rapporte pas les 10 % prévus ou même génère des pertes, il faudra rembourser les intérêts ainsi que l’argent emprunté non avec les profits du projet mais en prélevant sur les autres éléments de la fortune s’ils existent. Il se produira ce que j'ai dénommé, naguère, dans une revue financière l’effet de massue : le coup de massue écrabouille littéralement le propriétaire du projet.
Il peut s’ajouter, parfois, des perfectionnements qui portent les espérances à des niveaux absolument fabuleux. Ce fut, souvent, le cas, en France dans l'exploitation de certaines niches fiscales que les pouvoirs dirigistes ont créées pour réaliser leurs propres objectifs et qui leur font aujourd’hui tant de soucis. C'est ainsi que les investissements dans les Dom-Tom permettaient à leurs promoteurs, grâce à des « faveurs » fiscales, de montrer des courbes dégageant des profits extraordinaires sur la base d’un capital tout à fait minimum.
Dans les salons consacrés à l'investissement, il n’était pas rare de contempler de ces courbes merveilleuses ; devant elles, médecins, architectes, créateurs d’entreprises s’agglutinaient et sous la pression de vendeurs intelligents signaient les documents qui pouvaient les précipiter dans un piège : souvent les hôtels n’avaient pas de clients et les villas de rêve tournaient au cauchemar pour ne pas trouver de locataires.
Dans les difficultés rencontrées par les banques depuis plusieurs mois, il y a une très forte dose d’effets de levier. Pour s’enrichir au plus vite, il fallait s’endetter au maximum. Les mathématiciens et comptables se sont mis à l'ouvrage pour inspirer des normes comptables permettant de calculer au millimètre les fonds propres suffisants pour développer la banque sur la base d'un endettement imprudent. La moindre dégradation des ratios rendait obligatoire une recapitalisation dès lors que le capital était calculé au plus juste. C'est la raison de cette course au capital qui s'est engagée soudain un peu partout avec les difficultés que l'on a observées. Tout s’est passé comme si les normes comptables, couplées avec l'effet de levier, avaient soufflé le château de cartes par la base, le promettant ainsi à l’écroulement.
Nous avions annoncé que nous évoquerions le cas des grandes universités américaines, dont la Havard University, qui ont inspiré tant d’écoles commerciales des plus prestigieuses dans le monde entier. Dans l'enseignement diffusé par ces écoles se trouve très fréquemment l’effet de levier ; il est fait usage de la « méthode des cas » et il est proposé aux étudiants d’être PDG de firmes gagnant beaucoup d'argent grâce à l’effet de levier ; pour agrémenter et assurer le prestige de l'université, une bonne dose de mathématiques n’est pas inutile et, dans les cas présentés, il est prévu des parades compliquées pour éviter que l'effet de massue ne se produise : cela se comprend car il ne serait pas très « sympa », pour le prestige de l'université, que l'on développe un grand nombre de « cas » où la « boite » doit recourir au fameux chapter 11.
Il se trouve qu'un grand nombre de dirigeants de banque ont été formés à ces méthodes. C'est la raison pour laquelle nous posons la question : les dirigeants de ces universités sont-ils des malfaiteurs de l'humanité ? Chacun peut répondre bien entendu comme il l’entend. De toutes façons, le nombre de malfaiteurs de l'humanité en circulation dans les postes les plus élevés et les plus divers est immense et leur secte est parfaitement honorable et honorée !
Michel de Poncins http://www.libeco.net/magazine.htm
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 24/02/2009 - 15:06
par Pat
Les mondialistes aiment le chômage
A longueur d'antennes, nos bons représentants de la social-démocratie, qu'ils s'appellent François Bayrou ou Martine Aubry, nous expliquent, l'œil humide, qu'ils font tout pour combattre le chômage, ce « fléau des temps modernes ».
A y voir de plus près, le chômage n'est-il pas, bien souvent, un formidable moyen de pouvoir et un puissant adjuvant dans l'organisation du marche mondial ?
Avec le temps, l'Etat providence rejoint progressivement l'Assistance publique. Regardez nos paysans tenus à la gorge par les subventions, les primes et autres aides déguisées. Se contenter de les trahir eût été s'exposer à une jacquerie, alors qu'il suffit de les trahir d'une main et les subventionner de l'autre pour les faire rester à la maison. Similairement, grâce au chômage, certains s'emploient à tenir les gens et les pays,
Les premiers concernés, les chômeurs, sont transformés par les allocations en demandeurs puis en débiteurs. L'Etat vous a versé de l'argent qui ne lui appartenait pas, et vous lui en êtes redevable, ainsi qu'à l'ensemble de la société. Décemment, cette prise en charge vous impose un minimum de discrétion. D'ailleurs, imaginez-vous sérieusement qu'un chômeur puisse jouer un rôle public ? Parce que le système génère, il est vrai, son lot de profiteurs, ses concitoyens seront tentés de le considérer comme un fainéant. Et à supposer qu'il ne le soit pas, croyez-vous raisonnable de s'en remettre à un homme incapable de subvenir par lui-même à ses besoins ?
En définitive, nos ASSEDIC ressemblent étrangement à cette spartule que les "patrons" remettaient à leurs "clients" dans la Rome antique.
Et tous ces gens mis sur la touche souhaitent et attendent un travail que d'autres s'efforcent de conserver. Car le chômage touche très sournoisement ceux qu'il épargne en apparence. Pourtant, sur fond de "conjoncture", du haut de leurs chaires, des économistes avertis pérorent sur l'art de conjurer l'épidémie. Bravant leur autorité, celle-ci progresse insolemment. Une cessation d'activité, une restructuration, un "dégraissage" sont si vite arrivés ! Alors, il faut travailler avec la hantise de faire partie des perdants lors de la prochaine réduction d'effectif.
Ceci étant, quelques-uns jouissent d'une certaine immunité. Ils bénéficient d'un privilège insigne : la sécurité de l'emploi. Peuvent-ils ployer sous le labeur ? Occupent-ils un bien modeste poste dont peu se contenteraient ? Qu'à cela ne tienne ! Comment osent-ils se plaindre ? Qu'ils se taisent ! Ainsi, non content de tenir les gens en les assistant ou en les menaçant, le système attise aussi l'envie et la division.
L'ensemble finit par ériger l'emploi en primat, en fin ultime. Celui-ci parviendra bientôt à faire ombrage à la santé lors des vœux du nouvel an ! Nos gouvernants en font la pièce centrale de leur programme tout en négligeant ses conditions essentielles : par exemple, la natalité et la préférence nationale. Progressivement, le travail a ainsi été sorti de l'échelle des valeurs, et, alors qu'on en attendait un bonheur accru, il s'est cruellement transformé en tyran.
Le chômage destructeur
Les mondialistes profitent dès lors de notre dépendance vis-à-vis de l'emploi pour organiser le marché mondial dont ils rêvent. Leur action comporte trois volets : abattre les frontières, déraciner les personnes et les utiliser au service du marché.
Remarquez combien tous les abandons de souveraineté envisagés par les maastrichiens sont justifiés au nom de l'économie. « Nous formerons un ensemble redoutable, disent-ils, devenant très vite la première puissance économique ». Tout le monde reconnaîtra qu'une telle assertion aurait peu d'écho dans un pays bénéficiant du plein emploi.
Mais la suppression des frontières exige la mort de l'enracinement. Or, quoi de plus mobile qu'un chômeur ? Pour du travail, il est prêt à faire bien des sacrifices. Chacun de nous connaît des proches qui, pour un emploi, sont partis à des centaines de kilomètres. Combien existe-t-il de familles éclatées par le travail ?
Comme l'homme cherchera invariablement à s'attacher à un sol, il faut le placer dans des ensembles où règnent un nivellement et un brassage constants... C'est la métropolisation, processus de concentration des hommes, du pouvoir et des richesses dans les plus grandes villes : les métropoles. En France, la moitié des citadins vivent dans des villes de plus de 200 000 habitants, Ces métropoles n'entretiennent plus de relations avec leur voisinage. Pire, elles étouffent les villes, petites et moyennes, qui les entourent. Elles communiquent uniquement entre elles. Leurs habitants sont de plus en plus étrangers aux terroirs qui les environnent, se contentant de les traverser par l'autoroute ou le TGV, voire de les survoler.
Déboussolées, perdues, toutes ces populations pourront passer au service du marché. Car, qu'est-ce que la métropole, sinon un remarquable marché d'emplois et de consommation ? Remarquable parce que massif et facilement accessible. Un lieu où l'on contrôle étroitement l'offre et la demande. Toutes les fluctuations sont selon l'opportunité, amorties ou stimulées. Deux raisons l'expliquent.
Tout d'abord, ce rassemblement de déracinés est malléable et influençable. On le soumet relativement bien aux modes et à la publicité. A moins d'avoir un penchant pour la marginalité, ce qui n'est pas le lot commun, chacun suit le mouvement d'ensemble par une publicité de masse omniprésente. Il suffit pour s'en convaincre d'observer par exemple le jeu des "promotions" dans les grandes surfaces.
D'autre part, voici la raison majeure, les demandeurs d'emploi constituent un extraordinaire vivier de main-d'œuvre. Une main-d'œuvre très disponible et bien disposée, car soucieuse de s'en sortir. Désirez-vous gonfler l'offre en accroissant votre production ? Lancez une annonce ou contactez une agence d'intérim : la main-d'œuvre nécessaire paraîtra le lendemain à votre porte. Mais si une réduction s'impose, en cas de "difficultés conjoncturelles", l'inverse fonctionne aussi bien... Voilà une des facettes peu vantées de la fameuse "flexibilité". Le système utilise et alimente conjointement le chômage, d'où la précarité d'emploi.
Ajoutez-y le libre-échangisme et n'importe quelle multinationale aura tout loisir d'intégrer nos métropoles au "système monde".
En conclusion, si le chômage permet de tenir les gens, il offre aussi la redoutable possibilité de les arracher de leur famille et de leurs terroirs pour les mettre au service de l'économie mondiale au cœur des grandes métropoles. Les exploités d'hier souffraient de la faim et de la maladie. Les exploités des temps modernes disposent d'une "couverture sociale" mais les technocrates confisquent leurs âmes pour en faire un grand peuple anonyme et consommateur sans racines et sans valeurs. D'où une immense misère morale. Un grand vide.
Louis GOUTIERRE National Hebdo du 19 au 25 juin 1997
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 18/03/2009 - 20:42
par Pat
La fièvre jaune du mondialisme
Tout l'été, les pontifes des organismes mondialistes, les grands prêtres de la finance, relayés par les médias, ont répété à satiété qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter des turbulences asiatiques. Cette crise «régionale», sur l'origine de laquelle peu de renseignements précis sont donnés, bien loin d'être circonscrite et de se réduire, persiste et enfle. En dépit des avis rassurants sans cesse renouvelés, elle met en cause le grand désordre mondialiste.
Deux faits nouveaux sont apparus : un début de réaction populaire, en Thaïlande, contre les conséquences des diktats du Fonds monétaire international, et l'extension à Hong Kong des saignées monétaires imposées par les financiers à la Soros. L'ébranlement de la bourse de l'ex-possession britannique a porté un coup, momentané, mais rude, à toutes les places financières de la planète, contrairement à tous les pronostics rassurants, selon lesquels il était impossible que les remous «régionaux» sortent de la sphère du Sud-Est asiatique.
Quand, début juillet, le bath thaïlandais est dévalué, il s'agit pour les manipulateurs de Wall Street d'organiser une purge, à leur profit, des économies touchant la région.
Thaïlande, Philippines, Malaisie, Indonésie, Singapour, Birmanie voient leurs réserves monétaires fondre, au profit du dollar. Début août, le « plan de sauvetage » du FMI pour la Thaïlande met ce pays sous administration mondialiste. Les arguments avancés sont faux si l'on retient les critères exigés par le FMI, la France (ou l'Allemagne), sont dans un état pire que le Sud-Est asiatique. Cent vingt milliards sont «aspirés» par des spéculateurs comme George Soros, démasqué par le Premier ministre malais, Makatir.
Le contre-coup d'octobre dans toutes les bourses du monde provient de la reprise de conscience de plusieurs éléments :
- l'impossibilité d'empêcher la déstabilisation incontrôlée d'autres pays, comme Taïwan ou la Chine continentale par Hong Kong ;
- Les dégâts causés par les dévaluations aux grandes entreprises occidentales travaillant dans le Sud-Est asiatique ;
- Le risque de soulèvements nationaux contre la dictature de la finance mondialiste, qui sacrifie sans état d'âme les classes moyennes des pays qu'elle entend «gérer».
La chute en piqué de la bourse de Hong Kong a été d'une extrême rapidité. Malgré un rétablissement de justesse, ce marché a perdu 18 % de sa capitalisation, ce qui est énorme. Le krach du 23 octobre a touché aussi bien Paris que Londres, pendant qu'à Wall Street, les opérateurs parvenaient à empêcher l'or de servir de valeur refuge, pour le plus grand profit du dollar. Jusqu'ici, le Japon tire son épingle du jeu.
A Paris, l'onde de choc a concerné les entreprises engagées en Asie, dont on nous disait il y a peu qu'elles n'avaient rien à craindre. Christian Dior, LVMH, Hermès (groupe du luxe) ont été atteints, de même que Bouygues ou Alcatel. Airbus, France Télécom, sont menacés malgré les propos lénifiants de Strauss-Kahn et de Chirac. Le pourcentage de nos exports en Asie du Sud-Est est trompeur. Les quatre-vingt-dix milliards en jeu sont vitaux pour les branches les plus dynamiques de notre économie.
En Thaïlande, le FMI avait imposé sa loi. Elle consistait à détruire, avec l'appui du pouvoir de Bangkok, les classes moyennes du pays. Les manifestations de «cols blancs» et d'étudiants ont abouti à la démission du ministre des Finances, et à l'annulation de mesures impopulaires (hausse du prix de l'essence, etc ... ). L'armée a refusé de proclamer la loi martiale que le Premier ministre Chaovalit (pourtant lui-même général) exigeait. Comme la Malaisie fait face de son côté au FMI et à Soros, le sursaut thailandais est un autre grave échec pour les mondialistes. Il est vrai qu'à Bangkok, dans le seul BTP, la crise a fait 160 000 chômeurs en quelques semaines. Si le roi Bhumibol donne un signal, les exécutants des financiers internationaux seront balayés dans les mois à venir.
Le Sud-Est asiatique n'est pas le Mexique, trop près des Etats-Unis pour sa part. Le FMI, Wall Street et les Soros ne maîtrisent plus les événements. Les coups de patte des «tigres» blessés pourraient bien les atteindre. La crise asiatique sera l'inconnue de 1998, au moins.
René-Louis DUVAL National Hebdo du 30 octobre au 5 novembre 1997
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 18/03/2009 - 20:56
par JCL31
Franchement Pat, tu m'impressionnes !!
Je sais pas ou tu vas chiner tout ça, mais t'es vraiment un documentaliste du net hors paire ?
Je ne peux malheureusement pas tout lire tout le temps, sinon j'aurais plus de temps pour poster, butiner sur le forum, et fouiner dans l'info, mais quand même, chapeau ....

Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 31/03/2009 - 16:06
par Pat
Manifestations: une révolte contre l’argentLes Français, c’est bien connu, sont très peu syndiqués, mais ils manifestent tout le temps. Tout de même, trois millions de personnes dans la rue, comme le 19 mars dernier, on n’avait pas vu cela depuis longtemps.
Ces derniers temps, les Français ont beaucoup de raisons de protester.
Ils manifestent contre les projets de réforme de l’école, du système de santé, du système des retraites, contre la montée du chômage, les délocalisations, les fermetures d’usines et la baisse du pouvoir d’achat. Mais aujourd’hui, et pour la première fois peut-être, ils manifestent avant tout contre le système de l’argent.
On leur avait dit il y a quelques mois qu’on ne pouvait pas satisfaire leurs revendications parce que « les caisses de l’Etat sont vides ». Après quoi, lorsque les premières conséquences de la crise financière mondiale se sont fait sentir, ils ont vu l’Etat sortir magiquement d’on ne sait où des milliards d’euros pour soutenir les banques les plus menacées. On leur a dit en même temps qu’avec la crise, des centaines de milliards d’euros ou de dollars sont partis en fumée – de sommes d’un montant tel que nul ne parvient même à réaliser à quoi elles correspondent. Aujourd’hui, ils constatent que leur situation personnelle se dégrade, tandis que les grandes entreprises cotées en Bourse voient globalement exploser leurs profits, mais en même temps multiplient les licenciements.
Ils voient les banques utiliser l’argent que l’Etat leur a donné pour octroyer à leurs dirigeants des bonus, des primes exceptionnelles, des stock-options et des « parachutes doré ». Ils savent que certaines catégories de « people » (des sportifs aux acteurs de cinéma en passant par les présentateurs de télévision) gagnent chaque mois des sommes qui excèdent de plus de cent fois leurs salaires.
George Orwell faisait de la « décence commune » (common decency) l’apanage des classes populaires. La contraire de la décence commune, c’est l’indécence publique. L’étalage de l’argent chez les uns, la misère grandissante chez les autres, relève d’une indécence qui n’est plus acceptée. L’essayiste Alain-Gérard Slama disait récemment que l’on est passé d’une société de défiance à une société d’indifférence. Ce n’est pas vrai. La défiance est toujours là : jamais le rejet des élites par le peuple n’a été aussi fort qu’aujourd’hui. Mais l’indifférence a cédé la place à la colère : les Français n’en peuvent plus de vivre sous l’horizon de la fatalité. Ce n’est plus l’envie qui les meut, mais le dégoût.
Il y a des causes objectives à leur mécontentement. Avec 90 200 chômeurs de plus au mois de janvier, et 80 000 en février, ce sont 375 000 demandes d’emploi supplémentaires que l’on a enregistrés au cours des sept derniers mois. On atteindra sous peu les deux millions et demi de chômeurs (trois millions et demi en comptant les personnes exerçant une activité réduite).
En 2008, le patrimoine des Français a également baissé pour la première fois depuis trente ans. Les classes moyennes inférieures (dont le revenu mensuel est compris entre 1100 et 1750 euros) sont en voie de déclassement, ce qui veut dire que, contrairement à ce qui était la règle sous les « Trente Glorieuses », des individus occupent de plus en plus fréquemment un statut social inférieur à celui de leurs parents : dans la France des années 2000, un fils de cadre supérieur sur quatre et une fille sur trois sont employés ou exercent des emplois ouvriers. Pour compenser cette paupérisation relative, les ménages ont longtemps eu recours au crédit, ce qui aggravait leur endettement. Ils n’ont même plus cette possiblité aujourd’hui, puisque le crédit s’est évaporé.
Le poids des dépenses « contraintes » (logement, électricité, téléphone, etc.) ou « incontournables » (alimentation, transports, santé, éducation), par opposition aux dépenses non contraintes (loisirs, habillement, équipement ménager, épargne) a pratiquement doublé depuis 1979. Il représente désormais près de 90 % du budget des plus pauvres et, fait nouveau, 80 % du budget des classes moyennes. Quant au prix des loyers, il a augmenté plus vite que l’inflation (+ 3,4 % par an contre 2,3 %), dans le contexte d’une flambée de l’immobilier, alors qu’un Français sur deux gagne aujourd’hui moins de 1600 euros par mois.
Du fait de la fragilisation du salariat, du déclassement scolaire et de l’accélération des processus de mobilité sociale descendante, la « question sociale » ne se situe plus à la périphérie, mais au cœur même de la société. La crise financière s’est bel et bien transmise à l’économie réelle.
Fait remarquable : l’opposition ne bénéficie que très peu de cet immense ras-le-bol. Les socialistes sont en grande partie discrédités du fait de leurs querelles internes et de leur absence de programme. Le parti communiste est devenu un fantôme. Olivier Besancenot a acquis une audience médiatique qui le rend très populaire auprès des « bobos », mais son nouveau parti n’a pas atteint ses objectifs initiaux. Le facteur vitupère les « patrons », mais se garde bien de leur reprocher d’utiliser l’immigration comme une armée de réserve permettant de peser à la baisse sur les salaires. Toutes les enquêtes électorales montrent que les couches populaires, et plus encore les « déclassés », tendent aujourd’hui surtout à voter pour les partis populistes de droite. Mais en France, les souverainistes sont divisés et le FN en phase terminale.
Face à cette agitation qui lui fait peur, car il craint de la voir se radicaliser, Nicolas Sarkozy affirme vouloir « moraliser le capitalisme », c’est-à-dire lui assigner des limites. Mais comment pourrait-on assigner des limites à un système qui, par définition, n’en admet aucune ? « Le capital ressent toute limite comme une entrave », disait déjà Karl Marx. Le capitalisme se déploie dans l’illimité, et la loi du profit n’a qu’un mot d’ordre : « toujours plus ! » – l’éternel paradoxe étant que le capitalisme cherche à vendre toujours plus à des gens à qui il enlève de plus en plus les moyens d’acheter. Le « capitalisme moral » est un oxymore.
Ce n’est pas encore la grande rupture, mais on pourrait bien y arriver. La façon dont les dirigeants mondiaux persistent à faire comme si le système financier mondial était seulement victime d’une panne passagère montre qu’ils n’ont toujours pas compris le caractère systémique (et historique) de la crise – une crise qui, plus encore que financière ou bancaire, est une crise généralisée du régime d’accumulation du capital – ni la nécessité de mettre en place un autre sytème financier international (qu’il s’agisse d’un retour à l’étalon-or ou de la création d’une monnaie de réserve mondiale autre que le dollar, comme le demandent les Russes et les Chinois).
La crise partie des Etats-Unis a déjà plongé le monde dans la récession globale (au 4e trimestre de 2008, on a enregistré une contraction du produit intérieur brut de 6 % aux Etats-Unis et en Europe, de 8 % en Allemagne, de 12 % au Japon, de 20 % en Corée du Sud). Ce n’est pas fini. La récession a maintenant toutes chances de déboucher sur une quasi- dépression. Le système bancaire américain est d’ores et déjà devenu insolvable, dans un pays dont le redressement exigerait la baisse de la consommation, la hausse de l’épargne et la réduction de déficits monstrueux. Les destructions d’emplois se multiplient partout, entraînant des troubles politiques et sociaux qui ne vont pas cesser d’enfler. Parallèlement, on assiste à une chute du revenu, de la consommation, de la production industrielle, des exportations, des importations, de l’immobilier et de l’investissement. Et l’hyperinflation menace.
Mais les dirigeants mondiaux se comportent plus que jamais en pompiers pyromanes. A la veille du sommet du G20, prévu pour se tenir à Londres le 2 avril, on les a vu condamner à qui mieux mieux le « protectionnisme », tandis que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, affirmait qu’« il ne faut surtout pas renoncer à la mondialisation ». Dans de telles conditions, la « nouvelle architecture financière globale » qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont appelée de leurs vœux n’est pas près de se mettre en place. Les Etats-Unis, qui cherchent à faire adopter un « plan de relance » consistant à faire partager au reste du monde le fardeau de l’enorme dette qu’ils ont accumulée, s’opposeront à toute nouvelle régulation. Le système mondial continuera à dépendre du cœur financier américain. Et le « capitalisme de basse pression salariale » (Frédéric Lordon) continuera d’écraser les travailleurs sous la double contrainte de la pression concurrentielle et de la pression actionnariale, avec comme seule possibilité pour eux de « s’en sortir » de travailler plus (sans revalorisation de l’unité de temps travaillée !) ou de s’endetter encore plus.
Certains observateurs prévoient à partir de la fin de cette année une rupture du système monétaire mondial qui entraînera l’effondrement du dollar et pourrait même aboutir à terme à une véritable dislocation géopolitique mondiale.
Alain de Benoist http://fr.altermedia.info/
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 05/04/2009 - 2:21
par Pat
MORALISER LE CAPITALISMELes journaux et les médias sont pleins dans tous les pays de la prétention abusive des politiques de vouloir moraliser le capitalisme. D'abord les faits.Nous ne citerons ni les chiffres ni les firmes : il faudrait des pages entières pour énumérer ce qui se lit dans la presse. Nous constatons l'emploi de termes techniques que le public ne comprend pas forcément : bonus, parachutes dorés, stock-options, primes de départ, retraites-chapeaux, etc. Tous ces termes font allusion à des contrats extrêmement compliqués et parfois incertains dans leurs effets. Exemple : des stock-options n’ont de la valeur que, si le jour de l'exercice du droit à souscrire les actions celles-ci ont elles-mêmes de la valeur ; de ce fait beaucoup de stock-options contractées il y a quelques années n'ont plus aucune valeur aujourd'hui.
L'opinion est choquée de ce que certains dirigeants reçoivent des rémunérations importantes alors que leur firme perd beaucoup d'argent. Un autre scandale apparent se produit lorsque ces rémunérations sont données alors que la société ferme ses usines en délocalisant. Un autre sujet de colère se produit lorsque ces avantages se trouvent accordés dans des paradis fiscaux.
Nous ne nions pas qu’il y ait des situations tout à fait inadmissibles. Mais nous remarquons que le capitalisme a justement comme avantage de s'auto-réguler lui-même ; d’ailleurs, précisément, certains dirigeants renoncent aujourd’hui volontairement à des avantages auxquels, cependant, ils ont droit sur un plan contractuel.
Dans cette situation évolutive beaucoup de politiques dans le monde entier prétendent moraliser le capitalisme. C’est parfaitement inacceptable car ces politiques n'ont ni le droit, ni la compétence ni la légitimité pour faire la morale.
D'abord voyons les rémunérations. Le vrai scandale et surtout en France se trouve dans les gains fabuleux du monde politique et de son entourage ; les économistes, les vrais et non pas les économistes salariés de l'État, savent que le total des avantages formels et informels prélevés abusivement par les prédateurs politiques représentent plus de 5 % du PIB, ce qui explique d’une façon notable la paupérisation du pays.
Ensuite les délocalisations. Il y a des délocalisations absolument nécessaires et qui résultent du partage du travail entre les pays selon leurs capacités. Mais l’essentiel des délocalisations est du aux prélèvements fiscaux et sociaux absolument intolérables que les pouvoirs publics imposent à l'économie et ceci pour leur bon plaisir ou leur richesse personnelle.
Paradis fiscaux ? Certes, il y a des problèmes : lequel des politiques, cependant, parle de l’enfer fiscal qu’il crée lui-même précisément pour les prélèvements torrentiels déjà signalés ?
En fait, la véritable guerre déclarée par les politiques contre les avantages des patrons est le reflet de la guerre déclarée au capitalisme par les pouvoirs publics dans le monde entier. En témoignent les analyses sur les causes de la crise. Les événements que nous connaissons viennent très directement d'interventions abusives notamment de l'État américain dans le fonctionnement de l'économie. Si des financiers ont dérapé c'est à cause de ces interventions et de la création de monnaie excessive par les gouvernements du monde entier. Pour se dédouaner et en même temps pour lancer de nouvelles interventions de l'État, il est facile pour les politiques de tous pays d'accuser le capitalisme.
L'intervention des Etats dans la rémunération des dirigeants est aussi le pendant de l'intervention des Etats dans les autres rémunérations : voir le Smic en France. Rappelons ce que la presse française ne dit pas : l'Allemagne, malgré certaines difficultés récentes s’en tire bien mieux que la France et elle n'a pas de Smic ; il en est de même de la Suisse. Or les Etats n'ont aucune compétence pour décider quoi que ce soit dans le domaine des salaires.
Venons-en à la morale. Quand on prétend faire la morale il faut soi-même être au-dessus de tout soupçon.L’enrichissement personnel scandaleux des prédateurs publics rappelé plus haut échappe largement aux impôts et charges dont ils frappent les autres : l’immoralité est totale.
Rappelons qu'aux États-Unis le nouveau président traîne derrière lui une foule de personnages avec des batteries de casseroles. Dans d’autres pays, le nombre de politiques condamnés par les tribunaux pour des malversations diverses fait l’objet de statistiques ahurissantes.
Notons aussi que dans tous les pays prétendus démocratiques du monde les élections sont trafiquées d'une façon incroyable allant du choix des candidats par les titulaires du pouvoir jusqu'au bourrage des urnes en passant par la distribution d’argent public aux candidats « agréés ».
Parachutes : les parachutes des politiques et de leur entourage sont en or massif et offerts avec de l’argent prélevés par la force sur les contribuables. En France, le gouvernement vient de créer, ex nihilo, un poste d'ambassadeur pour favoriser un de ses camarades ; personne n'a besoin de ce nouveau poste qui va créer le désordre dans toutes les affaires étrangères avec bien entendu un certain nombre de chômeurs en plus suite aux dépenses extravagantes que le nouvel ambassadeur va occasionner.
Devant cette situation, Madame Parisot qui représente une partie appréciable du patronat proteste mais avec une modération étonnante ; or la crise lui ouvrait une possibilité unique de dire la vérité aux français. On ne peut s'empêcher de penser qu’il y a complicité objective entre le grand patronat et les politiques de toutes tendances ; les dirigeants du CAC 40 sont pour une large part issus du fonctionnariat et sont en quelque sorte des oligarques à la française. Les vrais patrons, de leur coté, ne sont guère représentés par le Medef.
C’est pour toutes ces raisons, qu’il est légitime de dire que les politiques n’ont ni le droit, ni la compétence, ni la légitimité de s‘occuper des salaires des patrons.
Il est évident que le capitalisme a des défauts mais, comme indiqué plus haut, l’une de ses qualités est la capacité à se réformer lui-même. En revanche, le système étatique ou dirigiste n'a aucune possibilité de se réformer et continue à se reproduire sur lui-même par la cooptation au détriment de la richesse nationale.
Michel de Poncins http://www.libeco.net/magazine.htm
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 05/04/2009 - 18:32
par Pat
Alerte tardive au faux AMI
Les cénacles culturels, politiques et médiatiques ne bruissent plus que de la répétition obsessionnelle d'un sigle, l'AMI.
Cet AMI-là est un ennemi : il s'agit de l'Accord multilatéral sur l'investissement, nouveau machin mondialiste qui devrait être lancé courant avril par son concocteur officiel, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Puis géré par l'OMC, (Organisation mondiale du commerce), afin qu'il sévisse dans l'univers entier.
L'AMI n'est nullement une découverte subite. Il suffisait de lire National Hebdo pour savoir tout quant à ce projet de traité régentant les investissements dans tous les domaines. Sous prétexte de libre circulation des capitaux, les droits, et même la substance des nations, seraient livrés au démantèlement. Avec un retard important (l'AMI est sur les rails publics depuis septembre dernier, même si son texte intégral demeure un secret), Catherine Trautmann affecte de s'inquiéter, formule des déclarations musclées. Il suffit d'en reproduire l'essentiel pour comprendre ce qui va se produire en avril : « La position de la France doit rester en cohérence avec la position de l'exception culturelle défendue dans le cadre du GATT ».
Cette position constitue d'abord une capitulation claire et nette sur les plans économique et financier, également concernés par l'AMI, puisqu'ils ne sont pas mentionnés par Trautmann, ni par aucun autre ministre. Elle se réfère ensuite à l'attitude du gouvernement Balladur lors de la phase finale des négociations du GATT en 1994. Or, derrière les mots, creux, la position des représentants de la France avait consisté à céder aux exigences américaines, comme la suite le démontra.
La clause la plus grave de l'AMI comporte deux volets : les multinationales (et les Etats qui les soutiennent) pourront porter plainte contre les Etats, mais les Etats ; eux, ne pourront pas en faire autant contre des multinationales. Et le traité sera applicable rétroactivement. Ce qui signifie, par exemple, que les conditions acceptées par Toyota pour son implantation à Valenciennes, nulles selon l'AMI, seront caduques dès approbation du traité par la France. Attention, l'AMI ne peut-être dénoncé par un Etat qui l'adopterait avant cinq années, et demeurera en vigueur quinze années après sa dénonciation. Autrement dit, il s'agit d'un voyage sans retour.
R.L.D. National Hebdo du 19 au 25 février 1998
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 07/04/2009 - 16:31
par Pat
L'imposture des investissements étrangers
La presse économique se félicite de l'incidence bénéfique de l'investissement des trusts étrangers en France. Sans dire qu'elle est infinitésimale.
Sans compter, non plus, tous ses effets néfastes.
« La France redevable de 24000 emplois aux groupes étrangers. » (Libération), « Investissements étrangers : nouveau record. » (Le Figaro), « Les firmes étrangères ont : créé 24 200 emplois. » (Le Parisien), on pourrait multiplier les citations indécentes. Car la France paie très cher les emplois de ses salariés sur son sol, car les 24 212 emplois cités n'existent pas, car les multinationales tuent plus d'emplois chez nous qu'elles n'en génèrent (à nos frais).
C'est la DATAR (Délégation à l'aménagement du territoire, organisme gouvernemental), qui a provoqué œ déluge de remerciements indus envers les transnationales, en publiant le total des 362 projets d'implantations de sociétés étrangères annoncées en 1997. Des projets qui « devraient entraîner (s'ils le réalisent) la création ou le maintien de 24 212 emplois au cours des trois prochaines années ». Il n'y a donc pas eu 24 212 emplois "créés" puisqu'ils sont uniquement "virtuels", et une part non précisée de ces emplois sont des postes d'entreprises françaises en cours de rachat, qui ne seront peut-être pas supprimés. C'est donc une malhonnêteté de faire comme si les Français étaient "redevables" d'un cadeau qu'ils n'ont pas eu.
Ce cadeau, au demeurant, ils se le paient. La liste des investissements mentionne ainsi Toyota-Valenciennes, qui sera subventionnée à outrance pour concurrencer nos constructeurs automobiles. Les secteurs choisis par les multinationales (automobile, électronique, télécommunications-informatique, mécanique, agro-alimentaire) sont tous vitaux pour nos industriels, attaqués sur leur terrain grâce à l'argent des contribuables. Quant aux 22 milliards de fonds étrangers qui seront éventuellement investis en trois ans en France, il faut savoir que chaque année en moyenne, les grands groupes français investissent environ trois fois ce montant à l'étranger. Alors, assez de mercis indécents.
Enfin, comparons les 5 000 emplois annuels créés ou maintenus, si tout va bien, par l'investissement étranger aux 7 000 000 de chômeurs que compte notre pays. Ces 5 000 emplois sont une goutte d'eau dans la mer du chômage. Comparons-les aussi aux 250 000 nouveaux emplois que l'économie française dans son ensemble engendre chaque année. Pour finir, on devrait comparer des 5 000 emplois au nombre de postes que ... suppriment chaque année les investissements étrangers en France. Mais ce chiffre-là, les statistiques ne le donnent pas.
René-Louis DUVAL . National Hebdo du 5 au 11 mars 1998
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 18/05/2009 - 12:59
par JCL31
Article long, mais très très bonne analyse ..... je conseille la lecture.....
Du krach des crédits au krach a crédit
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 23/05/2009 - 20:31
par Pat
Mondialisme. L'AMI, un "mort" bien vivant
Le projet qui vise à supprimer la préférence nationale en matière d'investissement poursuit son bonhomme de chemin
Jospin avait dit - que l'AMI Accord multilatéral sur l'investissement - était "inacceptable" pour la France et, de l'Humanité au Figaro la joie avait été générale, sans le moindre examen critique de la situation ainsi créée. Outre que Jospin laissait la porte ouverte à un AMI "étatique", (il reprochait à ce projet de concéder "des abandons de souveraineté à des intérêts privés", mais approuvait par avance de tels abandons à un mondialisme de type soviétique), la prise de distance n'a pas arrêté les négociations.
Une semaine après l'enterrement supposé de l'AMI par Jospin (le 14 octobre), les discussions pour relancer l'AMI reprenaient dans le cadre de l'OCDE, ce club de pays riches. Un point doit être établi pour la fin 1998. Et les Etats-Unis, dont on nous garantissait l'hostilité à l'AMI, ont fait savoir que les principes de base de l'AMI, c'est-à-dire le traitement non discriminatoire (envers les capitaux étrangers qui s'investissent dans un pays donné), assorti de la généralisation de la clause de la nation la plus favorisée, sont pour nous une règle d'or. Alan Larson, secrétaire d'Etat US aux Affaires économiques et financières, a aussi formulé la position américaine quant à l'attitude de Jospin : « Nous non plus, nous ne sommes pas satisfaits par l'état actuel du texte, mais nous pensons que le seul moyen de dépasser cela consiste à poursuivre la discussion ».
Jospin et Chirac ont menti
L'AMI mort-né ? Le Figaro, qui titre de la sorte, va trop vite en besogne. Les réticences de Jospin, soutenu par Chirac ; semblent en réalité, si l'on en croit les précisions des Américains, circonscrites à deux domaines : L'environnement et la santé. Dans les autres secteurs, immenses, les partenaires ont d'ores et déjà souscrit à des abandons de souveraineté. En tout état de cause, la France aurait admis par avance que les sociétés transnationales ne pourront être lésées par la mise à part de la santé et de l'environnement.
Selon les médias qui posent en héros Jospin et Chirac à propos de l'AMI, Sir Leon Brittan, le commissaire européen chargé des relations commerciales internationales, tiendrait les chances de l'accord comme "guère prometteuses". Seul ennui, c'est Leon Brittan en personne qui a paraphé au nom de Bruxelles la convention de Londres (appelée le PET, ça ne s'invente pas) conclue entre les Etats-Unis et l'Union européenne au sujet de l'AMI. Chirac a affirmé que la France n'était pas engagée par ce texte. Comme Jospin, il joue sur les mots. La seule chose qui empêche le PET, et par voie de conséquence, l'AMI, d'entrer en vigueur, en France aussi, puisqu'elle est membre de l'Union européenne, c'est l'ajout, en cours de rédaction, d'un complément portant dérogation de cette convention dans trois pays (Cuba, Iran, Libye) que Washington exige de voir écartés. Le duo cohabitationniste de Paris ne l'ignore évidemment pas, et trompe donc sciemment l'opinion française. L'AMI, toujours vivant, a été accepté par eux au travers de la Commission européenne, qu'ils n'ont pas contestée. Quand le pot aux roses sera dévoilé, ils feront les gens étonnés et impuissants « Nous ne savions pas, l'Europe nous l'impose ... », procédé devenu classique.
R. L. D. National Hebdo du 29 octobre au 5 novembre 1998
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 26/05/2009 - 15:46
par JCL31
Qui veut réduire la population mondiale ?26 mai 2009 (Nouvelle Solidarité) – Sous le titre « Le Club des milliardaires tente de juguler la croissance démographique », le Sunday Times du 24 mai a révélé la tenue d’une réunion secrète qui en dit long sur la volonté politique de l’oligarchie financière.
La rencontre, qui s’est tenue à New York le 5 mai dernier, a été organisée à l’initiative de Bill Gates, fondateur du monopole Microsoft, grand promoteur des simulateurs de meurtres sur ordinateur et parrain de Facebook, de Warren Buffet, spéculateur milliardaire et financier de la Fondation Gates, et de David Rockefeller. Au-delà de ces trois là, la petite sauterie a réuni Michael Bloomberg, maire de New York et fondateur de l’agence d’information financière du même nom ; George Soros, spéculateur et parrain du lobby de la drogue ; Peter Peterson, fondateur du groupe financier Blackstone et grand avocat de l’austérité budgétaire ; Julian Robertson, patron du fond Tiger Management ; John Morgridge, ancien pdg de Cisco Systems ; Eli Broad, spéculateur immobilier ; David Rockefeller Jr, fils du premier ; Ted Turner, fondateur de CNN ; et Oprah Winfrey, animatrice phare de la télé américaine.
La réunion a débuté par une présentation de chacun des participants sur la cause qu’il défend, mais très vite, nous apprend le Times, la discussion s’est transformée, sous l’impulsion de Bill Gates, en un consensus sur la « surpopulation », comme la cause supérieure qui englobe les autres. Un autre participant a confié qu’ils étaient aussi parvenus à un consensus pour mettre en place une stratégie « dans laquelle la croissance démographique serait attaquée comme menace écologique, sociale et industrielle ». Les participants ont souligné leur « besoin d’être indépendant des agences gouvernementales qui se révèlent incapables d’affronter le désastre que tous nous voyons venir ». De prochaines réunions sont dors et déjà prévues pour organiser la mise en œuvre de cette stratégie.
L’existence de cette réunion a d’abord été révélée le 20 mai par irishcentral.com puis par ABC News, le New York Times et le New York Post, mais aucun des ces médias n’avait rapporté cette volonté de soumettre la population humaine dans un plan d’action aux conséquences meurtrières.
Il est notable que toutes ces personnes soient de grands philanthropes, en particulier dans le domaine de la conservation de la nature, mais aussi pour les programmes humanitaires, où la charité privée et l’aide au développement a supplanté les grands projets d’infrastructures et les transferts technologiques, qui sont le seul chemin des peuples et des nations vers l’indépendance économique et la souveraineté politique.
Solidarité et Progrès
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 26/05/2009 - 15:54
par JCL31
Le commandant Cousteau, dans le Courrier de l’UNESCO de novembre 1991, s’interroge sur l’intérêt réel des progrès médicaux : « l’élimination des virus relève d’une idée noble, mais elle pose à son tour d’énormes problèmes, Entre l’an 1 et l’an 1400, la population n’a pratiquement pas changé. A travers les épidémies, la nature compensait les abus de la natalité par des abus de mortalité. (...) Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies ? L’idée est belle, mais peut-être pas tout à fait bénéfique à long terme. Il est à craindre que l’on compromette ainsi notre espèce. C’est terrible à dire. Il, faut que la population mondiale se stabilise et pour cela, il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour. C’est si horrible à dire qu’il ne faut même pas le dire ».
La crise alimentaire mondiale cache-t-elle un génocide silencieux ?
4 septembre 2008Par Karel VereyckenJ’ai l’espoir qu’un profond malaise vous saisisse lorsque vous découvrirez que le plus grand génocide de tout les temps est en cours sous nos yeux. Nous l’ignorons simplement parce qu’il s’agit d’un génocide « silencieux ». En effet, la mise à mort de ceux qui ne vivent pas encore, ne fait guère de bruit.
Expliquons-nous. L’histoire de l’humanité se résume souvent à une courbe impressionnante indiquant l’explosion démographique récente, résultant de plusieurs « anomalies ». Une des premières est certes l’avènement du christianisme, une autre la renaissance en Chine sous la dynastie des Song. Ensuite, l’effondrement brutal provoqué par la peste noire au milieu du quatorzième siècle, suivi de la reprise fulgurante à partir de la Renaissance italienne. La planète a pu accueillir un milliard d’humains en 1800, 2 milliards en 1930 (130 ans plus tard) ; 3 milliards en 1960 (30 ans plus tard) ; et 4 milliards en 1974 (seulement 14 ans plus tard).
LA SUITE >>>>>ICI<<<<<
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 26/05/2009 - 16:10
par Chris84
JCL31 a écrit :Le commandant Cousteau, dans le Courrier de l’UNESCO de novembre 1991, s’interroge sur l’intérêt réel des progrès médicaux : « l’élimination des virus relève d’une idée noble, mais elle pose à son tour d’énormes problèmes, Entre l’an 1 et l’an 1400, la population n’a pratiquement pas changé. A travers les épidémies, la nature compensait les abus de la natalité par des abus de mortalité. (...) Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies ? L’idée est belle, mais peut-être pas tout à fait bénéfique à long terme. Il est à craindre que l’on compromette ainsi notre espèce. C’est terrible à dire. Il, faut que la population mondiale se stabilise et pour cela, il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour. C’est si horrible à dire qu’il ne faut même pas le dire ».
La crise alimentaire mondiale cache-t-elle un génocide silencieux ?
4 septembre 2008Par Karel VereyckenJ’ai l’espoir qu’un profond malaise vous saisisse lorsque vous découvrirez que le plus grand génocide de tout les temps est en cours sous nos yeux. Nous l’ignorons simplement parce qu’il s’agit d’un génocide « silencieux ». En effet, la mise à mort de ceux qui ne vivent pas encore, ne fait guère de bruit.
Expliquons-nous. L’histoire de l’humanité se résume souvent à une courbe impressionnante indiquant l’explosion démographique récente, résultant de plusieurs « anomalies ». Une des premières est certes l’avènement du christianisme, une autre la renaissance en Chine sous la dynastie des Song. Ensuite, l’effondrement brutal provoqué par la peste noire au milieu du quatorzième siècle, suivi de la reprise fulgurante à partir de la Renaissance italienne. La planète a pu accueillir un milliard d’humains en 1800, 2 milliards en 1930 (130 ans plus tard) ; 3 milliards en 1960 (30 ans plus tard) ; et 4 milliards en 1974 (seulement 14 ans plus tard).
LA SUITE >>>>>ICI<<<<<
Très intéressant.Merci JCL31 !

Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 26/05/2009 - 22:31
par Miroir
JCL31 a écrit :Le commandant Cousteau, dans le Courrier de l’UNESCO de novembre 1991, s’interroge sur l’intérêt réel des progrès médicaux : « l’élimination des virus relève d’une idée noble, mais elle pose à son tour d’énormes problèmes, Entre l’an 1 et l’an 1400, la population n’a pratiquement pas changé. A travers les épidémies, la nature compensait les abus de la natalité par des abus de mortalité. (...) Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies ? L’idée est belle, mais peut-être pas tout à fait bénéfique à long terme. Il est à craindre que l’on compromette ainsi notre espèce. C’est terrible à dire. Il faut que la population mondiale se stabilise et pour cela, il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour. C’est si horrible à dire qu’il ne faut même pas le dire ».
Cela revient exactement à ce que je pense depuis plus de 30 ans.
L'explosion démographique est l'une des principales menaces qui pèsent sur nous, d'autant plus que le trop plein de certains pays ne peut que finir dans le nôtre.
L'ennui, c'est que la lutte contre cette explosion est plus souvent un prétexte pour s'enrichir et manipuler qu'une volonté véritable.
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 26/05/2009 - 23:32
par G-B
d'autant plus que le trop plein de certains pays ne peut que finir dans le nôtre.
La réelle menace est celle-là. Le trop plein des pays sous-développés, qui viennent vivre à nos crochets et à nos dépens.
Notre civilisation gère sa démographie, pendant que d'autres pulvérisent les records en faisant des enfants comme on dit bonjour...
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 03/06/2009 - 20:56
par Pat
Mondialisation sur la plage à La BauleSAINT-NAZAIRE (Breizh NOVOpress) - La “La Baule - 7th World Investment Conference” (
www.labaulewic.org) se déroule à La Baule, au centre de conférences Atlantia, les 3, 4 et 5 juin. Objectif de cette manifestation destinée à l’élite de l’économie internationale (1) : attirer vers l’Europe les investissements, les talents, et les innovations (« Attracting investment, talent and innovation to Europe »). Fort bien. Mais peut-être serait-il sage de commencer par d’une part éviter que les investissements, les talents et les innovations ne fuient l’Europe, et d’autre part éviter d’attirer vers l’Europe des populations misérables, analphabètes et archaïques, c’est-à-dire à l’exact inverse de l’objectif recherché.
Puisque la mondialisation ne marche pas, augmentons laLe thème de cette 7ème WIC est : Investir dans les villes planétaires : des opportunités dans l’adversité (”Investing in Global Cities: Opportunities in Adversity“). En somme, si la mondialisation est en crise, eh ! bien, c’est l’occasion de mondialiser encore plus.
Parmi les orateurs annoncés figurent des patrons de multinationales, Christine Lagarde, ministre de l’économie, et Jean-Marc Ayrault, maire socialiste de Nantes.
Le tarif est en principe de 1 450 euros par participant du secteur privé, non compris les frais de déplacement et d’hébergement. Mais la crise est là : diverses réductions sont possibles. L’association de promotion Nantes Atlantique propose un prix d’ami à ses adhérents : 150 euros la journée.
(1) Le caractère international de la manifestation est quand même à relativiser. Sur les 1045 participants de la WIC 2008, 57 % venaient de France et 30 % d’autres pays d’Europe. Et aux côtés de 715 entreprises, on comptait 187 agences de promotion, dont 136 françaises.http://fr.novopress.info/
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 11/06/2009 - 23:32
par Pat
Emploi
Le faux bilan des investissements étrangers
En utilisant des statistiques soigneusement tronquées, les services officiels exaltent les investissements étrangers en France qui, selon eux, seraient une véritable bénédiction pour l'emploi et l'économie. A cette fin, tous les moyens du mensonge par omission sont mis en œuvre.
Investissements étrangers : le meilleur investissement de la décennie" à l'exemple du Figaro·Economie, les commentateurs financiers ne tarissent pas d'éloges sur le dernier rapport de la DATAR (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale). Le porte-parole de cet organisme, Jean-Louis Guigou, "a le triomphe modeste", en parlant de "très bons résultats" (Le Figaro). Le haut fonctionnaire, plastronne avec les "29 411 postes créés ou maintenus" par l'argent venu "d'ailleurs",
Effets dévastateurs
Mais Guigou se garde bien de mentionner le montant des capitaux investis. Cet "oubli" volontaire a ses raisons. Comme le dit de façon hypocrite le quotidien financier Les Echos : « De fait, Jean-Louis Guigou ne cache pas un certain embarras à mesurer efficacement les retombées des investissements étrangers dans l'Hexagone ». Et pour cause : dans la grande majorité des cas, les sociétés où entrent les investissements extérieurs ont des participants français, avec leur apport. De plus, les investissements son étalés sur plusieurs années, les 29 411 emplois qui en résulteraient sont étalés sur 1998, 1999 et 2000, beaucoup ne verront jamais le jour pour cause de "retournement de conjoncture". Il est donc contraire à la vérité d'affirmer, avec une précision à l'unité près, que le bilan 1998 s'élève à environ 29 000 emplois, et qu'ils procèdent de "l'argent étranger".
En dehors de la part française dans la plupart des sociétés - souvent supérieure aux deux tiers de l'apport en capital, car la DATAR a le cynisme d'établir sa statistique à partir d'une présence étrangère égale à la seule minorité de blocage -, il y a les fonds des contribuables fournis par l'Etat. Guigou reconnaît l'aide directe étatique pour 8 000 des emplois, sous forme de "prime d'aménagement du territoire". Ce qui ne veut pas dire que les 21 000 autres emplois (plus virtuels que réels) ne soient pas subventionnés. L'argent englouti, à des titres divers, par les communes, les conseils généraux, les régions, est passé sous silence. On voit des municipalités offrir à titre gratuit à une firme étrangère des terrains et des bâtiments valant des millions de francs, au nom de la sauvegarde ou de la création de l'emploi.
Il est d'ailleurs à noter que la présentation des 29 000 emplois prétendus, comme "créés", c'est-à-dire nouveaux, est un grossier mensonge. Le total comporte les postes "maintenus". Combien d'emplois vraiment "créés" ? Mystère. Tout est à l'avenant. Sans parler du curieux déséquilibre géographique de la répartitions des investissements, à l'Est dune ligne Paris-Lille-Lyon. Autrement dit, les étrangers investissent principalement là où "c'est Juteux", c'est-à-dire en entrant en concurrence contre des entreprises françaises, et cela avec l'aide - involontaire - des contribuables. Guigou n'a pas parlé non plus des pillards étrangers, qui se gorgent de primes les plus diverses, abaissant leur prix de revient agréablement, puis qui disparaissent d'un seul coup une fois les subventions épuisées. Combien sont-elles ? Aucune statistique n'est publiée. Quelle est la proportion de cadres étrangers embauchés par les investisseurs étrangers ? Aucun élément n'est fourni. Or, il est bien connu que les sociétés venues d'ailleurs se constituent un état-major de leur nationalité d' origine. Autant d'emplois en moins pour les Français.
Le véritable bilan de l'investissement étranger en France reste à établir. Ses effets semblent plus dévastateurs pour notre économie que bénéfiques ; aux questions déjà posées plus haut, il convient d'ajouter aussi celle portant sur le montant des bénéfices rapatriés dans les pays d'origine, sujet tabou pour notre administration. La rétention d'informations qu'elle pratique en matière de mondialisation de notre économie relève de l'atteinte au niveau de vie des Français, et de complicité active avec les rapaces de la finance internationale.
René-Louis DUVAL National Hebdo du 1er au 7 avril 1999
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 15/06/2009 - 22:22
par Pat
- Mondialisation - Toujours moins d'emplois !
Les théoriciens de la mondialisation estiment que 80 % des habitants des pays industrialisés sont appelés à devenir des « assistés, des entretenus », inutiles de fait pour la société. S'agit-il d'une vision cauchemardesque ? Ou d'une réalité en marche ? En France, la machine mondialiste à supprimer les emplois est en marche.
La poupée Barbie est connue des petites filles du monde entier. Elle représente le plus célèbre produit du premier fabricant mondial de jouets, le groupe américain Mattel, qui a son siège social à Los Angeles. Le père de Barbie a décidé de « restructurer », de « réduire les coûts », expressions magiques des managers de la mondialisation. Il va supprimer 3 000 emplois, 10 % de ses effectifs un peu partout. Est-ce Mattel qui a inspiré Lego, ou Lego Mattel, ou est-ce l'air du temps qui les a incités en même temps à "dégraisser" ? La société danoise, reine de la petite brique, a elle aussi lancé un plan de restructuration : 1 000 suppressions d'emplois, également 10 % de ses effectifs. 400 personnes partiront des usines du Danemark, les autres de celles implantées à l'étranger.
L'étranger, c'est, entre autres, chez nous, à Chartres, au bord de l'autoroute entre Paris et Le Mans. Sur 130 salariés, 90 attendent leur lettre recommandée. Des activités vont être «rapatriées» au Danemark, des services «ventilés» entre Milan et Londres. Le président de Lego l'a dit : « Il faut mondialiser les efforts de notre marque. »
La règle des 10 % d'emplois à liquider s'applique en dehors du jouet, dans le rasoir, par exemple. L'Américain Gillette, au demeurant fait un poil de plus que ses pareils en mondialisation. Il tranche pour sa part 11 % du personnel, soit 4 700 emplois. En France, cela se traduira par 68 licenciements, et la fermeture du siège d'Annecy, dont la centaine d'employés seront « aidés au reclassement » ou « primés de mutation ». En 1990, Gillette comptait un millier de salariés à Annecy ...
Une multinationale, compatriote de Gillette, qui fait très fort dans la "restructuration" de ses activités françaises, c'est IBM. A Corbeil-Essonne, 1 150 personnes - 42 % de l'effectif, vont prendre la porte. Motif : il y a eu une réorganisation chez Siemens, le partenaire allemand d'IBM. Le site de Corbeil, du coup, est géré à parité entre Siemens (sous le nom d'Infinem) et IBM. La mise en place des 35 heures a contribué fortement à grossir le "dégraissage" en cours. Mondialisation plus socialisme à la française, l'emploi se sent mal. Il n'y aura pas qu'à IBM que ce mélange deux temps empoisonné condamnera l'emploi.
René-Louis DUVAL National Hebdo du 6 au 12 mai 1999
Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Publié : 03/07/2009 - 21:38
par Pat
Moralisation ... ou mondialisation ?
On ne parle plus que de ça : l'indécence de la rémunération des grands patrons, la nécessité pour l'Etat de contrôler la politique de bonus consentis (par voie contractuelle, tout de même) aux cadres des banques, l'injustice d'énormes paniers de stock-options concédés à certains dirigeants d' entreprises, bénéficiaires, qui licencient. A la demande de l'Elysée - ça y est, c'est décidé, et François Fillon l'a confirmé jeudi après-midi - un décret se prépare pour que l'Etat mette, dès le début de la semaine prochaine, de l'ordre là-de-dans. En limitant les rémunérations pharaoniques, spécialement dans les entreprises qu'il aurait aidés à la faveur de la crise avec des fonds publics. Sarkozy veut « moraliser » la vie économique. Dans la foulée de la destruction des « paradis fiscaux ».
Il y a évidemment une part de justice dans ce projet... Ou plutôt il y en aurait une s'il s'agissait vraiment de protéger les gens de modeste condition qui sont déjà et qui seront de plus en plus durement touchés par la crise. On pourrait applaudir si de fait, le principe de subsidiarité jouant à plein, les responsabilités et leur rémunération étaient réparties de manière plus humaine, que l'Etat jouait son rôle de protecteur et de régulateur, et qu'on ne se bornait point à alimenter au maximum l'esprit d'envie et encore davantage l'inquiétude des « travailleurs »... Il ne suffit pas d'épingler l'enrichissement indu (mais pas toujours) d'une classe de patrons où se côtoient tout de même une clique souvent franc-maçonne et proche du pouvoir, comme me le soufflent des cadres de quelques institutions bien connues, et de vrais créateurs de richesses qui se battent depuis des années contre l'étatisme que la crise rend plus pesant.
C'est bien à cela que sert la crise. Et les annonces quotidiennes de la manière dont nous nous enfonçons dans le marasme ne font que faciliter le mouvement. Obama prévenait jeudi que les Etats-Unis allaient continuer à perdre des emplois cette année; « l'explosion des plans sociaux n'a pas encore eu lieu », assurait le même jour, mais en France, Bertrand Martinot, délégué général à l'emploi au ministère de l'Economie. Tout le monde nous explique que nous vivons une crise de confiance qui paralyse les liquidités bancaires. Sûr que la situation va s'améliorer avec ces annonces !
En réalité, les plans de relance, quels qu'ils soient. pour nécessaires qu'ils soient, répondent aussi à un objectif qui dépasse celui qui est affiché. Il s'agit d'agrandir l'emprise de l'Etat, et à travers lui celle d'une « nouvelle gouvernance mondiale ». sur une économie mondialisée où la paupérisation des classes moyennes est un puissant moteur du mécontentement nécessaire à la prise de mesures drastiques. Dominique Strauss-Kahn, à titre personnel mais toujours comme directeur du FMI, se félicitait jeudi soir sur France 2 de la manière dont la « social-démocratie » était en train d'emporter une « victoire idéologique », pour plus d'humanité et de justice. « Ensemble, c'est tout »...
La semaine prochaine, le sommet du G20 sur le système financier se réunira à Londres pour de nouveaux pas vers cet objectif inquiétant. Tout l'y encourage : les déclarations de l'Organisation mondiale du commerce contre le « protectionnisme » (les mesures « antidumping », par exemple, prises par certains ... ). Les insistances répétées de Nicolas Sarkozy en faveur d'un « Nouvel ordre mondial ». Le désarroi de ces braves gens. de plus en plus nombreux, qui voient leurs moyens d'existence s'effondrer.
A propos de cette réunion, Sarkozy a déclaré : « Je puis vous dire une chose : l'Europe aura une position commune et forte. Je puis vous dire une deuxième chose : nous n'accepterons pas un Sommet qui ne décidera pas. Je puis vous dire une troisième chose : on ira ensemble vers ce nouvel ordre mondial et personne, je dis bien personne, ne pourra s'y opposer. »
Leur ennemi, c'est toujours la Nation ...
Jeanne Smits Présent du 28 mars 2009