LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Olivier Delamarche - Il n'y a aucun espoir -04/10/2011
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"Quand le doigt montre la lune l'imbécile regarde le doigt"
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Olivier Delamarche sur la Grèce et les statuts du FESF :
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Je ne voudrais pas vous déprimer, mais hormis Marine, personne n'a encore, à ce jour, parlé du M.E.S :
Les temps à venir seront rudes, très rudes et le gouvernement a voté pour ce recul de souveraineté budgétaire de notre pays :
http://www.youtube.com/watch?v=fQc7FEfjJl4
Les parts françaises :
http://www.francenetinfos.com/wordpress ... assemblee/
Ne dîtes plus que vous ne saviez pas ce que c'était : lisez bien les articles, c'est édifiant et effondrant pour notre souveraineté :
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAct ... anguage=en
Les temps à venir seront rudes, très rudes et le gouvernement a voté pour ce recul de souveraineté budgétaire de notre pays :
http://www.youtube.com/watch?v=fQc7FEfjJl4
Les parts françaises :
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Ne dîtes plus que vous ne saviez pas ce que c'était : lisez bien les articles, c'est édifiant et effondrant pour notre souveraineté :
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Et dire que lorsque l'on critiquait cette Europe là, on nous prenait pour des abrutis qui ne savaient pas ce qu'ils disaient !!!!!!!! 

- Eniotnar
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Pat a écrit :Et dire que lorsque l'on critiquait cette Europe là, on nous prenait pour des abrutis qui ne savaient pas ce qu'ils disaient !!!!!!!!
Je sais Pat, je sais.
La mise en place du MES prendra effet en juillet 2012 au moment même des Jeux Olympiques de Londres :
l'histoire se répète, Pat.
"Panem et Circences" : pendant que ce mécanisme prendra effet, les peuple d'Europe s'amuseront. L'ex Rome éternelle et la fin de l'Empire !
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Ils auront beau tout tenter, ces vampires mondialisés de la finance internationale, cette hyperclasse dégénérée tueuse de peuples, leur monde moisi prendra fin. Ce sera alors l'effondrement économique, survivre.
Et a qui on fera appel à cette époque terrible? On le sait, les méchants d'aujourd'hui, lesdits "fascistes", ceux qui avertissaient presque dans le vide depuis des décennies, les éclaireurs, les cassandres, les radicaux, ceux qui s'assumeront sans arrière pensée historique où de prestige devant l'Histoire, qui n'ont rien à perdre et ne veulent rien gagner, si ce n'est l'honneur et le redressement de leur patrie et le bien moral et solidaire de leurs concitoyens. Bref, nous, enfin, les meilleurs d'entre nous.
Un homme peut être viendra, mais je laisse parler mon côté césariste.
Chez les chacals, il y aura ceux qui auront quitté le navire, les premiers émmigrés, et ceux qui viendront sournoisement proposer leurs services, pour conserver je ne sais quelle prébende. Nous devrons être intraitables.
Et a qui on fera appel à cette époque terrible? On le sait, les méchants d'aujourd'hui, lesdits "fascistes", ceux qui avertissaient presque dans le vide depuis des décennies, les éclaireurs, les cassandres, les radicaux, ceux qui s'assumeront sans arrière pensée historique où de prestige devant l'Histoire, qui n'ont rien à perdre et ne veulent rien gagner, si ce n'est l'honneur et le redressement de leur patrie et le bien moral et solidaire de leurs concitoyens. Bref, nous, enfin, les meilleurs d'entre nous.
Un homme peut être viendra, mais je laisse parler mon côté césariste.
Chez les chacals, il y aura ceux qui auront quitté le navire, les premiers émmigrés, et ceux qui viendront sournoisement proposer leurs services, pour conserver je ne sais quelle prébende. Nous devrons être intraitables.
Vous aurez beau mondialiser la plaine, mais notre coeur, vous ne l'aurez jamais
"Mon pays me fait mal. Quand sera-t-il guéri ?" R.Brasillach
"Où manque la force, le droit disparaît; où apparaît la force, le droit commence de rayonner"
Maurice Barrès
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Le piège mortel du mondialisme de l'Union européenne : 1/3- L'Europe et l' « ultralibéralisme »
Hollande ou Sarkozy, quel qu’il soit, l’élection d’un président de la République, le 6 mai 2012, ne changera rien aux contraintes économiques de la France. La question économique cruciale est la suivante : comment dans le cadre d’une monnaie unique et d’une Union européenne ultra-échangiste la France peut-elle rester un pays de production ? Et a contrario comment un gouvernement peut-il sérieusement espérer créer des emplois sans rétablir des écluses douanières et monétaires ? En dehors de Nicolas Dupont-Aignan et de Marine Le Pen, ces questions n’ont guère été abordées lors de l’élection présidentielle, elles sont pourtant déterminantes. Polytechnicien et disciple de Maurice Allais, Antraigues fait le point pour Polémia. L’intégralité de ce texte de fond est disponible en PDF. En voici la première partie consacrée à l’Europe et l’ultra-libéralisme.
Polémia
Introduction
Dans l’univers des entreprises il est courant que certaines d’entre elles, prises au piège de l’endettement, ou de concurrences auxquelles elles ne peuvent plus résister, se retrouvent en faillite, avec comme conséquence leur mise sous tutelle, la vente à l’encan de leurs actifs, leur dislocation financière et, souvent, leur disparition pure et simple.
Il est banal qu’une faillite représente l’occasion pour des financiers avisés de faire d’excellentes affaires.
Il n’est pas exceptionnel qu’elle soit provoquée par des manœuvres appropriées.
Jusqu’à ces dernières années les nations étaient protégées contre de telles situations par ce qui a toujours fait partie de leurs attributs essentiels : la souveraineté monétaire, des frontières, et la possibilité, par des dispositions appropriées, d’imposer qu’un minimum de la consommation nationale soit effectivement produit sur le territoire national. On imagine aisément l’énormité des profits financiers à attendre de l’extension aux nations de ce qui jusqu’à présent n’était possible que pour des entreprises.
Depuis maintenant plus de dix ans la France a abandonné la totalité de ces attributs au profit d’une Union européenne qui, totalement noyautée par les bénéficiaires de la mondialisation (que l’on peut bien désigner sous l’appellation de capitalisme international), est ouverte à tous vents.
L’étude qui suit permet de comprendre les mécanismes par lesquels elle se retrouve aujourd’hui sans défense aucune vis-à-vis des affairistes du monde entier, avec, de plus, des médias totalement sous contrôle de ce capitalisme international et, sous la pression de ces médias, avec des partis « de gouvernement » eux-mêmes sous contrôle, et dont toutes les actions contribuent à enfoncer encore plus la France dans le piège, dont celui de l’endettement est la partie émergée.
Le simple examen des ordres de grandeur montre qu’il est strictement impossible de sortir de ce piège dans le cadre institutionnel actuel. Cela semble par contre accessible dans le cas contraire.
La France va-t-elle continuer à exister comme pays de production ?
▪ Tel était le titre de l’intervention de Louis Gallois, président d’EADS, lors de la grande messe du Medef en novembre dernier, les solutions évoquées ayant toutefois (il fallait tout de même s’y attendre dans un tel cadre) été beaucoup moins provocatrices que le titre : il ne s’agissait que d’instaurer plus de « régulation » au niveau mondial…
Il est de toute façon sur la place publique que la France a perdu plus de 500.000 emplois industriels ces cinq dernières années, ceci faisant suite à plus de deux décennies pendant lesquelles le rythme moyen des pertes annuelles avait dépassé les 50.000.
▪ Il est évident que le profit maximum est réalisé lorsque les produits sont fabriqués dans les pays à bas salaires (maintenus bas le plus longtemps possible, fût-ce par la contrainte ou une monnaie artificiellement trop basse…), et sont vendus dans des pays à niveau de vie élevé (maintenu élevé le plus longtemps possible, fût-ce par une monnaie artificiellement trop forte), et c’est bien en fonction de cet objectif de maximisation du profit que s’est orientée depuis une bonne trentaine d’années l’organisation de la production et de la consommation mondiale.
Il est non moins évident que cela ne peut être que totalement dévastateur pour l’industrie d’un pays comme la France, et c’est bien ce qui a été constaté, avec une dramatique accélération depuis 2008 (notamment en ce qui concerne l’aéronautique et l’automobile, qui avaient jusqu’alors relativement bien résisté).
▪ Il est atterrant de constater que pour le Medef, et donc vis-à-vis de la stratégie des grandes entreprises « françaises » (du moins de celles qui déterminent la position du Medef), on en est rendu au point où la France ne présente plus d’intérêt en tant que pays de production, mais seulement en tant que pays de consommation (du moins tant que cela pourra durer : on sent bien que, pour être consommateur, il faut tout de même être aussi producteur). Il est en effet impossible d’expliquer autrement l’opposition absolue du Medef à tout ce qui pourrait ressembler à une protection aux frontières, et le fait qu’il défend une monnaie beaucoup trop forte pour notre économie, ce qui mécaniquement ne peut qu’achèver d’euthanasier notre industrie et notre agriculture. Du glissement du dollar par rapport à l’euro (rappelons que l’euro est passé de 0,85$ à 1,4$), il est en effet résulté que ce n’est plus seulement par rapport aux pays à bas salaires que nous ne sommes plus concurrentiels, mais par rapport à la quasi-totalité des pays développés : ayant pour la plupart d’entre eux gardé leur monnaie propre, eux, ils ont pu veiller à ce qu’elle ne s’apprécie pas dangereusement par rapport à la monnaie de référence qu’est toujours le dollar et même, éventuellement, à ce qu’elle se déprécie par rapport à ce dernier.
Ceci est atterrant, mais n’est que la conséquence, d’une part, du noyautage à peu près total par les bénéficiaires de la mondialisation des instances dirigeantes de l’Union européenne, qui s’est donc retrouvée ouverte à tous vents, et, d’autre part, des abandons de souveraineté au profit de cette même Union européenne consentis par tous les gouvernements de la France qui se sont succédé depuis trente ans.
Ces abandons sont aujourd’hui totaux dans les domaines concernés… Si elle s’impose de rester, quoi qu’il arrive, dans un cadre de respect des traités signés par ces gouvernements, la France n’a plus aucun moyen de se défendre contre qui et quoi que ce soit.
On est dans une situation telle qu’une entreprise française qui, par « patriotisme économique », déciderait de maintenir coûte que coûte une part importante de ses activités de production en France se verrait inéluctablement acculée à la faillite, et se retrouverait à la merci des affairistes du monde entier.
Depuis le 1er janvier 1993 (disposition reprise par l’article 63 du Traité de Lisbonne) sont en effet interdites non seulement toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres de l’UE (ce qui peut se comprendre et était au demeurant déjà le cas depuis 1988), mais aussi tous les mouvements de capitaux avec les pays tiers, et cela sans aucune restriction .
Inutile de préciser que, sauf situation exceptionnelle, cette entreprise ne pourrait guère compter sur le soutien financier de l’Etat français : outre que ce dernier n’en aurait pas les moyens, il aurait à faire face à un probable veto de la Commission européenne.
▪ Est-il utile de préciser qu’au niveau des instances mondiales, de l’OMC par exemple, le leitmotiv est « en réponse à la crise, surtout pas de protectionnisme ! », et qu’au niveau de l’UE la lutte contre la désindustrialisation de la plupart des pays de la zone euro reste à inscrire dans les problèmes à traiter prioritairement ?
Quant aux réactions des partis politiques qui se partagent en France le pouvoir depuis des décennies, qui évoquent de temps en temps un retour vers un « protectionnisme européen », elles ne dépassent pas le stade de la gesticulation, dans le simple but de faire semblant de tenir compte de la réaction de bon sens d’une partie de plus en plus grande de la population.
Peut-on au demeurant à la fois appeler à l’instauration d’un « protectionnisme européen » et appeler au secours la Chine pour « sauver l’euro » ?
« L’idéologie » ultralibérale : de la pure et simple propagande
▪ Dans cette « idéologie » l’allocation optimale des ressources résulterait mécaniquement de la suppression de toute contrainte.
Cette « idéologie » n’est en fait que de la pure et simple propagande : une propagande dans laquelle ce qui permet avant tout d’enrichir prodigieusement une infime minorité de la population de la planète est présenté comme le moteur du progrès de l’humanité.
Ce qui a fait progresser l’humanité, de tout temps, c’est le progrès technique au sens large du terme, c’est-à-dire la diminution du temps de travail nécessaire pour produire et distribuer un bien donné. Lorsqu’un certain nombre de conditions sont réunies (dont évidemment un coût horaire du travail à peu près identique partout), l’organisation qui minimise le prix de revient est bien celle qui minimise l’effort de l’homme, et le profit est effectivement moteur de progrès.
Est-il bien nécessaire d’insister sur ce qu’a de désastreux du point de vue de l’effort des hommes le fait de faire fabriquer à l’autre bout du monde, pour être achetés chez nous, des produits que nous savons (ou du moins que nous savions encore récemment…) fabriquer chez nous, avec une productivité horaire au moins aussi bonne ?
Sans compter ce que peut avoir de catastrophique le « bilan carbone » de l’opération, ce qui ne semble guère préoccuper les politiciens se réclamant de l’écologie.
Quant aux pays émergents, rien ne dit que leurs progrès ne seraient pas plus rapides si leur production était prioritairement orientée vers leur marché intérieur. Le vendeur du pays producteur peut évidemment réaliser un bénéfice très supérieur s’il vend à un pays à haut niveau de vie plutôt qu’à ses compatriotes. Dans ce dernier cas il en résulterait, de plus, une augmentation de leur niveau de vie, donc de leurs salaires, et donc une baisse supplémentaire des bénéfices. Des intérêts financiers locaux extrêmement puissants sont donc de nature à retarder la progression du niveau de vie de la majeure partie de la population du pays producteur, et ceci d’autant plus aisément que les régimes des pays concernés sont souvent fort peu démocratiques.
▪ Dans un pays comme la France les médias sont aujourd’hui à peu près totalement passés sous la coupe des bénéficiaires de la mondialisation (en tant qu’actionnaires, ou en tant qu’annonceurs) : seuls échappent à cette emprise quelques radios et quelques journaux distribués uniquement par abonnement. Ils sont, bien sûr, les principaux vecteurs de cette propagande et, ne serait-ce que par le pouvoir qu’ils ont en outre sur la carrière des hommes politiques, ils sont en fait le véritable pouvoir, et non un simple contre-pouvoir.
▪ D’une consternante indigence conceptuelle dès que l’on réfléchit un peu, en contradiction totale avec l’observation des faits (lire par exemple le lumineux ouvrage de Maurice Allais : La Mondialisation : la destruction des emplois et de la croissance), cette propagande, martelée jusqu’à plus soif par les « spécialistes de l’économie » de service, n’en est pas moins extrêmement redoutable par sa facilité à être défendue par des arguments simplistes (il est bien évident qu’il est plus simple de défendre la suppression ou l’absence de contraintes que le maintien ou la restauration de contraintes…), surtout en l’absence de toute possibilité de véritable contestation publique.
▪ On notera en outre que « l’ultralibéralisme » implique l’inhibition des défenses naturelles des nations, l’Etat providence, et l’immigration de masse :
- Qu’il ne puisse aboutir qu’à la disparition programmée de l’industrie et de l’agriculture d’une nation comme la France est si évident, et le caractère désastreux pour cette nation d’une telle disparition si manifeste que, normalement, cela ne pourrait que déclencher les réactions de défense habituelles des Etats (protectionnisme, dévaluation de la monnaie…), réactions qui, contrairement à ce que l’on nous assène quotidiennement, ont jusqu’à présent largement fait la preuve de leur efficacité. L’Europe a permis de carrément interdire institutionnellement de telles réactions.
- On note aussi, plus insidieusement, tout l’intérêt qu’il y a à ce que ce soit le Français de base lui-même qui perde la notion de nation, et donc d’identité et de sens même de l’intérêt national (on ne saurait aujourd’hui plus être que « citoyen du monde »…). D’où la très large audience donnée dans les médias aux partis d’extrême gauche, dont un point commun a toujours été le dénigrement de la nation – et cela bien qu’ils ne cessent par ailleurs de vitupérer contre le grand capitalisme, la finance internationale, etc., etc.
- L’accroissement du chômage résultant de la perte d’emplois industriels et agricoles serait absolument insupportable en l’absence d’Etat providence, lequel a effectivement permis jusqu’à présent d’éviter l’explosion sociale, au prix toutefois d’une diminution supplémentaire de la compétitivité de la France (du fait de l’augmentation des charges sociales), et d’une augmentation supplémentaire de sa dette (du fait des allégements de certaines charges sociales accordées par le gouvernement pour essayer de maintenir l’emploi). Il s’agit là d’un gigantesque mécanisme de socialisation des pertes et de privatisation des bénéfices.
- Quant à l’immigration, en pesant fortement sur les salaires, elle est en quelque sorte un moyen de « délocaliser à domicile », l’Etat providence jouant là encore un rôle clé, à la fois dans l’attraction d’une immigration de masse et dans la socialisation de son coût, lequel est extrêmement élevé : une trentaine de milliards par an, au vu de l’estimation tout à fait mesurée effectuée par Jean-Paul Gourevitch .
(à suivre)
Antraigues 14/04/2012 http://www.polemia.com
Hollande ou Sarkozy, quel qu’il soit, l’élection d’un président de la République, le 6 mai 2012, ne changera rien aux contraintes économiques de la France. La question économique cruciale est la suivante : comment dans le cadre d’une monnaie unique et d’une Union européenne ultra-échangiste la France peut-elle rester un pays de production ? Et a contrario comment un gouvernement peut-il sérieusement espérer créer des emplois sans rétablir des écluses douanières et monétaires ? En dehors de Nicolas Dupont-Aignan et de Marine Le Pen, ces questions n’ont guère été abordées lors de l’élection présidentielle, elles sont pourtant déterminantes. Polytechnicien et disciple de Maurice Allais, Antraigues fait le point pour Polémia. L’intégralité de ce texte de fond est disponible en PDF. En voici la première partie consacrée à l’Europe et l’ultra-libéralisme.
Polémia
Introduction
Dans l’univers des entreprises il est courant que certaines d’entre elles, prises au piège de l’endettement, ou de concurrences auxquelles elles ne peuvent plus résister, se retrouvent en faillite, avec comme conséquence leur mise sous tutelle, la vente à l’encan de leurs actifs, leur dislocation financière et, souvent, leur disparition pure et simple.
Il est banal qu’une faillite représente l’occasion pour des financiers avisés de faire d’excellentes affaires.
Il n’est pas exceptionnel qu’elle soit provoquée par des manœuvres appropriées.
Jusqu’à ces dernières années les nations étaient protégées contre de telles situations par ce qui a toujours fait partie de leurs attributs essentiels : la souveraineté monétaire, des frontières, et la possibilité, par des dispositions appropriées, d’imposer qu’un minimum de la consommation nationale soit effectivement produit sur le territoire national. On imagine aisément l’énormité des profits financiers à attendre de l’extension aux nations de ce qui jusqu’à présent n’était possible que pour des entreprises.
Depuis maintenant plus de dix ans la France a abandonné la totalité de ces attributs au profit d’une Union européenne qui, totalement noyautée par les bénéficiaires de la mondialisation (que l’on peut bien désigner sous l’appellation de capitalisme international), est ouverte à tous vents.
L’étude qui suit permet de comprendre les mécanismes par lesquels elle se retrouve aujourd’hui sans défense aucune vis-à-vis des affairistes du monde entier, avec, de plus, des médias totalement sous contrôle de ce capitalisme international et, sous la pression de ces médias, avec des partis « de gouvernement » eux-mêmes sous contrôle, et dont toutes les actions contribuent à enfoncer encore plus la France dans le piège, dont celui de l’endettement est la partie émergée.
Le simple examen des ordres de grandeur montre qu’il est strictement impossible de sortir de ce piège dans le cadre institutionnel actuel. Cela semble par contre accessible dans le cas contraire.
La France va-t-elle continuer à exister comme pays de production ?
▪ Tel était le titre de l’intervention de Louis Gallois, président d’EADS, lors de la grande messe du Medef en novembre dernier, les solutions évoquées ayant toutefois (il fallait tout de même s’y attendre dans un tel cadre) été beaucoup moins provocatrices que le titre : il ne s’agissait que d’instaurer plus de « régulation » au niveau mondial…
Il est de toute façon sur la place publique que la France a perdu plus de 500.000 emplois industriels ces cinq dernières années, ceci faisant suite à plus de deux décennies pendant lesquelles le rythme moyen des pertes annuelles avait dépassé les 50.000.
▪ Il est évident que le profit maximum est réalisé lorsque les produits sont fabriqués dans les pays à bas salaires (maintenus bas le plus longtemps possible, fût-ce par la contrainte ou une monnaie artificiellement trop basse…), et sont vendus dans des pays à niveau de vie élevé (maintenu élevé le plus longtemps possible, fût-ce par une monnaie artificiellement trop forte), et c’est bien en fonction de cet objectif de maximisation du profit que s’est orientée depuis une bonne trentaine d’années l’organisation de la production et de la consommation mondiale.
Il est non moins évident que cela ne peut être que totalement dévastateur pour l’industrie d’un pays comme la France, et c’est bien ce qui a été constaté, avec une dramatique accélération depuis 2008 (notamment en ce qui concerne l’aéronautique et l’automobile, qui avaient jusqu’alors relativement bien résisté).
▪ Il est atterrant de constater que pour le Medef, et donc vis-à-vis de la stratégie des grandes entreprises « françaises » (du moins de celles qui déterminent la position du Medef), on en est rendu au point où la France ne présente plus d’intérêt en tant que pays de production, mais seulement en tant que pays de consommation (du moins tant que cela pourra durer : on sent bien que, pour être consommateur, il faut tout de même être aussi producteur). Il est en effet impossible d’expliquer autrement l’opposition absolue du Medef à tout ce qui pourrait ressembler à une protection aux frontières, et le fait qu’il défend une monnaie beaucoup trop forte pour notre économie, ce qui mécaniquement ne peut qu’achèver d’euthanasier notre industrie et notre agriculture. Du glissement du dollar par rapport à l’euro (rappelons que l’euro est passé de 0,85$ à 1,4$), il est en effet résulté que ce n’est plus seulement par rapport aux pays à bas salaires que nous ne sommes plus concurrentiels, mais par rapport à la quasi-totalité des pays développés : ayant pour la plupart d’entre eux gardé leur monnaie propre, eux, ils ont pu veiller à ce qu’elle ne s’apprécie pas dangereusement par rapport à la monnaie de référence qu’est toujours le dollar et même, éventuellement, à ce qu’elle se déprécie par rapport à ce dernier.
Ceci est atterrant, mais n’est que la conséquence, d’une part, du noyautage à peu près total par les bénéficiaires de la mondialisation des instances dirigeantes de l’Union européenne, qui s’est donc retrouvée ouverte à tous vents, et, d’autre part, des abandons de souveraineté au profit de cette même Union européenne consentis par tous les gouvernements de la France qui se sont succédé depuis trente ans.
Ces abandons sont aujourd’hui totaux dans les domaines concernés… Si elle s’impose de rester, quoi qu’il arrive, dans un cadre de respect des traités signés par ces gouvernements, la France n’a plus aucun moyen de se défendre contre qui et quoi que ce soit.
On est dans une situation telle qu’une entreprise française qui, par « patriotisme économique », déciderait de maintenir coûte que coûte une part importante de ses activités de production en France se verrait inéluctablement acculée à la faillite, et se retrouverait à la merci des affairistes du monde entier.
Depuis le 1er janvier 1993 (disposition reprise par l’article 63 du Traité de Lisbonne) sont en effet interdites non seulement toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres de l’UE (ce qui peut se comprendre et était au demeurant déjà le cas depuis 1988), mais aussi tous les mouvements de capitaux avec les pays tiers, et cela sans aucune restriction .
Inutile de préciser que, sauf situation exceptionnelle, cette entreprise ne pourrait guère compter sur le soutien financier de l’Etat français : outre que ce dernier n’en aurait pas les moyens, il aurait à faire face à un probable veto de la Commission européenne.
▪ Est-il utile de préciser qu’au niveau des instances mondiales, de l’OMC par exemple, le leitmotiv est « en réponse à la crise, surtout pas de protectionnisme ! », et qu’au niveau de l’UE la lutte contre la désindustrialisation de la plupart des pays de la zone euro reste à inscrire dans les problèmes à traiter prioritairement ?
Quant aux réactions des partis politiques qui se partagent en France le pouvoir depuis des décennies, qui évoquent de temps en temps un retour vers un « protectionnisme européen », elles ne dépassent pas le stade de la gesticulation, dans le simple but de faire semblant de tenir compte de la réaction de bon sens d’une partie de plus en plus grande de la population.
Peut-on au demeurant à la fois appeler à l’instauration d’un « protectionnisme européen » et appeler au secours la Chine pour « sauver l’euro » ?
« L’idéologie » ultralibérale : de la pure et simple propagande
▪ Dans cette « idéologie » l’allocation optimale des ressources résulterait mécaniquement de la suppression de toute contrainte.
Cette « idéologie » n’est en fait que de la pure et simple propagande : une propagande dans laquelle ce qui permet avant tout d’enrichir prodigieusement une infime minorité de la population de la planète est présenté comme le moteur du progrès de l’humanité.
Ce qui a fait progresser l’humanité, de tout temps, c’est le progrès technique au sens large du terme, c’est-à-dire la diminution du temps de travail nécessaire pour produire et distribuer un bien donné. Lorsqu’un certain nombre de conditions sont réunies (dont évidemment un coût horaire du travail à peu près identique partout), l’organisation qui minimise le prix de revient est bien celle qui minimise l’effort de l’homme, et le profit est effectivement moteur de progrès.
Est-il bien nécessaire d’insister sur ce qu’a de désastreux du point de vue de l’effort des hommes le fait de faire fabriquer à l’autre bout du monde, pour être achetés chez nous, des produits que nous savons (ou du moins que nous savions encore récemment…) fabriquer chez nous, avec une productivité horaire au moins aussi bonne ?
Sans compter ce que peut avoir de catastrophique le « bilan carbone » de l’opération, ce qui ne semble guère préoccuper les politiciens se réclamant de l’écologie.
Quant aux pays émergents, rien ne dit que leurs progrès ne seraient pas plus rapides si leur production était prioritairement orientée vers leur marché intérieur. Le vendeur du pays producteur peut évidemment réaliser un bénéfice très supérieur s’il vend à un pays à haut niveau de vie plutôt qu’à ses compatriotes. Dans ce dernier cas il en résulterait, de plus, une augmentation de leur niveau de vie, donc de leurs salaires, et donc une baisse supplémentaire des bénéfices. Des intérêts financiers locaux extrêmement puissants sont donc de nature à retarder la progression du niveau de vie de la majeure partie de la population du pays producteur, et ceci d’autant plus aisément que les régimes des pays concernés sont souvent fort peu démocratiques.
▪ Dans un pays comme la France les médias sont aujourd’hui à peu près totalement passés sous la coupe des bénéficiaires de la mondialisation (en tant qu’actionnaires, ou en tant qu’annonceurs) : seuls échappent à cette emprise quelques radios et quelques journaux distribués uniquement par abonnement. Ils sont, bien sûr, les principaux vecteurs de cette propagande et, ne serait-ce que par le pouvoir qu’ils ont en outre sur la carrière des hommes politiques, ils sont en fait le véritable pouvoir, et non un simple contre-pouvoir.
▪ D’une consternante indigence conceptuelle dès que l’on réfléchit un peu, en contradiction totale avec l’observation des faits (lire par exemple le lumineux ouvrage de Maurice Allais : La Mondialisation : la destruction des emplois et de la croissance), cette propagande, martelée jusqu’à plus soif par les « spécialistes de l’économie » de service, n’en est pas moins extrêmement redoutable par sa facilité à être défendue par des arguments simplistes (il est bien évident qu’il est plus simple de défendre la suppression ou l’absence de contraintes que le maintien ou la restauration de contraintes…), surtout en l’absence de toute possibilité de véritable contestation publique.
▪ On notera en outre que « l’ultralibéralisme » implique l’inhibition des défenses naturelles des nations, l’Etat providence, et l’immigration de masse :
- Qu’il ne puisse aboutir qu’à la disparition programmée de l’industrie et de l’agriculture d’une nation comme la France est si évident, et le caractère désastreux pour cette nation d’une telle disparition si manifeste que, normalement, cela ne pourrait que déclencher les réactions de défense habituelles des Etats (protectionnisme, dévaluation de la monnaie…), réactions qui, contrairement à ce que l’on nous assène quotidiennement, ont jusqu’à présent largement fait la preuve de leur efficacité. L’Europe a permis de carrément interdire institutionnellement de telles réactions.
- On note aussi, plus insidieusement, tout l’intérêt qu’il y a à ce que ce soit le Français de base lui-même qui perde la notion de nation, et donc d’identité et de sens même de l’intérêt national (on ne saurait aujourd’hui plus être que « citoyen du monde »…). D’où la très large audience donnée dans les médias aux partis d’extrême gauche, dont un point commun a toujours été le dénigrement de la nation – et cela bien qu’ils ne cessent par ailleurs de vitupérer contre le grand capitalisme, la finance internationale, etc., etc.
- L’accroissement du chômage résultant de la perte d’emplois industriels et agricoles serait absolument insupportable en l’absence d’Etat providence, lequel a effectivement permis jusqu’à présent d’éviter l’explosion sociale, au prix toutefois d’une diminution supplémentaire de la compétitivité de la France (du fait de l’augmentation des charges sociales), et d’une augmentation supplémentaire de sa dette (du fait des allégements de certaines charges sociales accordées par le gouvernement pour essayer de maintenir l’emploi). Il s’agit là d’un gigantesque mécanisme de socialisation des pertes et de privatisation des bénéfices.
- Quant à l’immigration, en pesant fortement sur les salaires, elle est en quelque sorte un moyen de « délocaliser à domicile », l’Etat providence jouant là encore un rôle clé, à la fois dans l’attraction d’une immigration de masse et dans la socialisation de son coût, lequel est extrêmement élevé : une trentaine de milliards par an, au vu de l’estimation tout à fait mesurée effectuée par Jean-Paul Gourevitch .
(à suivre)
Antraigues 14/04/2012 http://www.polemia.com
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Le piège mortel du mondialisme de l'Union européenne : 2/3- La dette
Le piège de la dette
▪ Comment masquer au bon peuple le lien direct entre, d’une part, la disparition accélérée de l’industrie et de l’agriculture française, et, d’autre part, l’ouverture totale des frontières de la France et le fait que sa monnaie soit surévaluée ?
- Comment lui masquer le lien entre ce qui précède et le montant de la dette publique (en particulier entre l’augmentation du chômage qui en résulte et celle des dépenses sociales) ?
- Comment lui masquer, en outre, le lien entre le montant de cette dette et le fait que, depuis 1973, l’état français s’est interdit de créer de la monnaie pour son propre compte, et a donné au système bancaire privé le monopole de la création monétaire (Loi n° 73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France ; cette disposition, qui n’engageait alors que la France, ayant été reprise dans le Traité de Maastricht et, bien sûr, gravée dans le marbre par le Traité de Lisbonne) ? On reviendra plus loin sur cette disposition clé, qui non seulement n’a aucune justification économique, mais est même par essence extraordinairement pernicieuse.
- Comment lui masquer enfin le lien entre le caractère effectivement existentiel pour la France de sa dette et le fait qu’elle ait abandonné sa souveraineté monétaire (ainsi qu’on le verra plus loin, il est structurellement impossible de piéger dans l’endettement un pays qui a gardé sa souveraineté monétaire) ?
- Comment lui faire avaler que l’Union européenne protège la France et que, au sein de cette Union européenne protectrice, la France est de plus tout spécialement protégée par son appartenance à la zone euro ?
- Comment lui faire avaler que sortir de l’euro ne pourrait qu’aboutir à un effroyable chaos, alors que, sur l’ensemble des pays développés, c’est la zone euro, prise globalement, qui est depuis une décennie à la traîne ?
- Comment lui faire avaler que, en définitive, la solution ce serait encore plus d’Europe (c’est-à-dire encore plus d’abandon de souveraineté), ceci étant combiné à une « réduction du train de vie de l’Etat » qui, comme par hasard, se retrouverait porter uniquement sur ses fonctions régaliennes ?
▪ Tel est aujourd’hui le défi proposé aux grands médias – ou plus exactement à leurs commanditaires.
Tel est donc aussi le défi imposé aux deux partis « de gouvernement », l’UMP et le PS : il suffit pour cela de feuilleter leurs programmes, dont les propositions, en apparence fortement différentes (elles visent tout de même des électorats différents), sont aussi incantatoires l’une que l’autre en l’absence de toute marge de manœuvre dans le contexte institutionnel actuel, et éludent aussi soigneusement l’une que l’autre les véritables problèmes.
▪ Une mention spéciale pour Jean-Luc Mélenchon, visiblement mis en avant par les médias pour stériliser les voix des électeurs de plus en plus nombreux qui sentent bien que le poids du capitalisme international est devenu intolérable, et que la France court à la catastrophe sans restauration d’un minimum de protectionnisme. Par leur caractère extrêmement confus, par leur outrance, par leur irréalisme, ses propositions sont d’une telle innocuité que leur large diffusion ne pose effectivement aucun problème. Son protectionnisme, par exemple, serait un « protectionnisme européen internationaliste »…
Certes, dans son programme, un certain nombre de dispositions institutionnelles actuelles sont dénoncées, mais les seules initiatives envisagées se situent au niveau de l’Europe, et même autant que possible du monde, ce qui est un gage certain d’inefficacité : il est aujourd’hui évident qu’il n’y a plus rien à espérer de discussions au niveau de l’UE et des instances internationales dans des délais compatibles avec la gravité de la situation de la France, surtout en l’absence de toute menace d’actions au niveau national.
Et puis rien de tel que des discours de type lutte des classes pour réveiller les bons vieux clivages droite/gauche à l’occasion d’élections…
▪ La campagne électorale, ce n’est pas seulement le temps de parole attribué aux candidats et à leurs représentants. C’est aussi, et c’est peut-être même surtout, tous les commentaires et analyses (les « décryptages ») délivrés (par des « politologues », des « spécialistes de l’économie », …) lors d’un certain nombre d’émissions (dont C dans l’air est sans doute la plus remarquable). Marine Le Pen , à laquelle un certain nombre de qualités sont par ailleurs concédées, se voit bien sûr assez régulièrement attribuer le bonnet d’âne à la rubrique « crédibilité économique ».
Quelques ordres de grandeur
▪ L’accroissement annuel de la dette publique a été d’environ 140 milliards en 2009 et 2010, 100 milliards en 2011, et était d’environ 50 milliards depuis 2002. Rappelons que cette dette est elle-même aujourd’hui d’un peu plus de 1700 milliards, le PIB de la France étant d’environ 2000 milliards (voir par exemple http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=40 pour la situation fin 2011 : dette « au sens de Maastricht » de 1717,3 milliards, correspondant à 85,8% du PIB).
Cela signifie que, à recettes fiscales constantes, et sans création monétaire au profit de l’Etat (ce qui nous est interdit par le Traité de Lisbonne), il faudrait dégager environ chaque année une cinquantaine de milliards d’économies pour simplement stabiliser la dette en pourcentage du PIB.
Le brutal accroissement de la dette publique à partir de 2009 est directement lié au fait que 200.000 emplois industriels ont été perdus en France en 2010 (contre « seulement » entre 50.000 et 100.000 par an les années précédentes) : ceci du fait de l’effet de ciseau qui en est résulté, par diminution des recettes et augmentation des dépenses sociales et de soutien de l’activité.
Les dépenses et les recettes étant de l’ordre de 1000 milliards, l’ampleur de cet effet de ciseau s’explique aisément, mais cet effet jouerait en sens inverse si la compétitivité de la France s’améliorait, avec un ordre de grandeur des gains attendus permettant d’espérer réellement une amélioration significative de l’évolution de la dette publique.
Une forte augmentation de la compétitivité de la France, que seule peut rendre possible une dévaluation significative de sa monnaie, associée à un certain nombre de mesures protectionnistes et à de la création monétaire au profit de l’Etat serait donc tout à fait de nature à désamorcer le problème de la dette. Mais ces deux voies d’action nous sont aujourd’hui interdites institutionnellement.
Il ne reste donc plus que les plans d’austérité, dont il n’y a strictement rien à espérer du point de vue de la diminution de la dette, bien au contraire, du fait de la contraction des recettes qui en résulte inévitablement. Il y a là-dessus un consensus de tous les prix Nobel d’économie qui se sont exprimés sur l’efficacité des plans d’austérité imposés un peu partout aux pays en difficulté de la zone euro (on pourra, par exemple, sur Internet lire les décapantes chroniques de Paul Krugman), et le moins que l’on puisse dire est que les faits leur donnent raison.
▪ Sur les 1.100 milliards (environ) de dépenses publiques annuelles il y a assurément des économies à réaliser, mais force est de constater que les seules cibles réellement visées sont les fonctions régaliennes de l’Etat, qui ne comptent que pour moins de 300 milliards : voir ci-après le tableau extrait du formulaire de déclaration des revenus 2010 que nous avons tous reçu au printemps dernier. Rien ne permet d’affirmer que le coût de ces fonctions régaliennes se situe à un niveau trop élevé (certains budgets, comme ceux de la justice et de la sécurité, sont même particulièrement indigents), il ne cesse de diminuer depuis 2005 et, de toute façon, il n’est en aucune façon susceptible de permettre de dégager une cinquantaine de milliards d’économies par an.
Budget 2011. A quoi servent nos impôts ?
Enseignement et recherce 87,00
Collectitvités territoriales 58,00
Charge de la dette 45,40
Défense 37,40
Union Européenne 18,20 Sécurité 16,80
Solidarité, insertion et égalité des chances 12,40
Gestion des finances publiques et des ressources 11,70
Travail et emploi 11,60
Ecologie et développement durable 9,50
Ville et logement 7,60
Justice 7,10
Autres missions 40,77
Total dépenses (en milliards d'euros) 364,40
Dépenses hors collectivités territoriales et dette 260,00
Est-il vraiment surprenant de constater que, depuis 2005, la diminution des effectifs de la fonction publique d’Etat a été plus que compensée par une augmentation de la fonction publique hospitalière et, surtout, par l’augmentation de la fonction publique territoriale, et que personne ne s’interroge sur cette dernière ? C’est ainsi qu’un récent rapport de la Cour des comptes a fait ressortir que l’importante diminution des effectifs de la police d’Etat avait été annulée par l’augmentation de ceux des polices municipales (avec toutes les interrogations que cela suscite sur la qualité du recrutement, et tous les risques de communautarisation que l’on peut imaginer…).
Est-il vraiment surprenant de constater que la subvention de l’immigration (qui pourtant représente un certain nombre de dizaines de milliards) n’a jamais été considérée comme étant une source potentielle d’économies ?
▪ Les ordres de grandeur ci-dessus montrent qu’il n’y a rien à attendre des opérations de privatisation qui sont régulièrement avancées comme l’une des solutions : il n’en résulterait qu’une réduction de la dette de quelques dizaines de milliards d’euros (et même s’il s’agissait de cent milliards, cela ne modifierait en rien la conclusion précédente), et l’Etat français se retrouverait par la suite définitivement privé de sources de revenus significatives (car les entreprises concernées sont parfaitement rentables), voire de secteurs industriels stratégiques (dans le nucléaire, par exemple).
Le pacte de stabilité renforcé
▪ Il est tout de même préoccupant de constater qu’un président de la République française a dépensé une énergie considérable pour que soit mis en place au niveau européen un « pacte de stabilité renforcé » qui, par la politique d’austérité qu’il implique, d’une part ne pourra, comme on l’a vu, qu’enfermer encore plus la France dans le piège de l’endettement, et d’autre part prévoit des sanctions s’apparentant à une mise sous tutelle des pays trop lourdement endettés…
Pire encore, un tel pacte, à supposer qu’il ait déjà été mis en place, n’aurait en rien permis d’éviter la situation actuelle : comme on l’a vu c’est l’hémorragie d’emplois industriels en 2009 qui a entraîné l’explosion du déficit public, et non une quelconque explosion du « train de vie de l’Etat », ou le fait que le système de protection sociale serait brusquement devenu plus protecteur.
Si l’on prend le cas de l’Espagne (en 2007 on parlait encore du « miracle économique espagnol »…), on ne voit pas comment un tel pacte aurait pu éviter la croissance de la bulle immobilière, l’inflation qui en est résultée et qui a dégradé la compétitivité de ce pays et, enfin, l’éclatement de la bulle immobilière en 2008. L’Espagne était d’ailleurs en excédent budgétaire avant la crise…
On aboutirait sans doute à la même conclusion en examinant le cas de l’Irlande (qui elle aussi était en excédent budgétaire), du Portugal, etc.
Il ressort en outre d’un tel examen que chacun de ces pays est un cas particulier, les seuls points qu’ils aient eu en commun ayant été que, ligotés par l’euro comme ils l’étaient, ils se sont trouvés dans l’impossibilité totale d’ajuster leur monnaie aux problèmes particuliers de leur économie, et que c’est la crise des subprimes, dont ils n’étaient en rien responsables, qui a joué le rôle du détonateur.
▪ Que penser donc d’un pacte qui, sous couvert de « sauver la construction européenne », de « sauver la Grèce, le Portugal, l’Espagne, etc. », ne contribuera en rien à améliorer la situation actuelle, bien au contraire, n’aurait en rien pu permettre d’éviter la crise de 2008, mais aboutira bien par contre réduire encore le peu qui reste institutionnellement de souveraineté nationale, et en s’attaquant aux budgets nationaux, à réduire encore un peu plus la partie régalienne de la fonction publique ?
▪ Que penser du fait que l’annonce de ce pacte ait été en son temps « favorablement accueillie par les marchés » ? Etait-ce parce qu’elle était de nature à nous enfoncer encore un peu plus dans le piège ? Etait-ce simplement un satisfecit vis-à-vis d’un acte d’allégeance remarqué ?
Que peut bien signifier le maintien du triple A d’un pays qui a perdu 500.000 emplois industriels depuis 5 ans, qui voit le déficit de sa balance commerciale voler de record en record, qui manifestement ne pourra jamais rembourser sa dette dans le contexte institutionnel qui lui est imposé – mais qui dispose tout de même encore, dans bien des domaines, tant au niveau de l’Etat qu’à celui des personnes privées, d’un patrimoine et d’actifs extraordinairement intéressants ?
▪ Que sont au juste au demeurant ces fameux « marchés » dont on nous a rendus institutionnellement dépendants ? Et si de plus ils étaient manipulables ?
(à suivre)
Antraigues 14/04/2012 http://www.polemia.com/
Le piège de la dette
▪ Comment masquer au bon peuple le lien direct entre, d’une part, la disparition accélérée de l’industrie et de l’agriculture française, et, d’autre part, l’ouverture totale des frontières de la France et le fait que sa monnaie soit surévaluée ?
- Comment lui masquer le lien entre ce qui précède et le montant de la dette publique (en particulier entre l’augmentation du chômage qui en résulte et celle des dépenses sociales) ?
- Comment lui masquer, en outre, le lien entre le montant de cette dette et le fait que, depuis 1973, l’état français s’est interdit de créer de la monnaie pour son propre compte, et a donné au système bancaire privé le monopole de la création monétaire (Loi n° 73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France ; cette disposition, qui n’engageait alors que la France, ayant été reprise dans le Traité de Maastricht et, bien sûr, gravée dans le marbre par le Traité de Lisbonne) ? On reviendra plus loin sur cette disposition clé, qui non seulement n’a aucune justification économique, mais est même par essence extraordinairement pernicieuse.
- Comment lui masquer enfin le lien entre le caractère effectivement existentiel pour la France de sa dette et le fait qu’elle ait abandonné sa souveraineté monétaire (ainsi qu’on le verra plus loin, il est structurellement impossible de piéger dans l’endettement un pays qui a gardé sa souveraineté monétaire) ?
- Comment lui faire avaler que l’Union européenne protège la France et que, au sein de cette Union européenne protectrice, la France est de plus tout spécialement protégée par son appartenance à la zone euro ?
- Comment lui faire avaler que sortir de l’euro ne pourrait qu’aboutir à un effroyable chaos, alors que, sur l’ensemble des pays développés, c’est la zone euro, prise globalement, qui est depuis une décennie à la traîne ?
- Comment lui faire avaler que, en définitive, la solution ce serait encore plus d’Europe (c’est-à-dire encore plus d’abandon de souveraineté), ceci étant combiné à une « réduction du train de vie de l’Etat » qui, comme par hasard, se retrouverait porter uniquement sur ses fonctions régaliennes ?
▪ Tel est aujourd’hui le défi proposé aux grands médias – ou plus exactement à leurs commanditaires.
Tel est donc aussi le défi imposé aux deux partis « de gouvernement », l’UMP et le PS : il suffit pour cela de feuilleter leurs programmes, dont les propositions, en apparence fortement différentes (elles visent tout de même des électorats différents), sont aussi incantatoires l’une que l’autre en l’absence de toute marge de manœuvre dans le contexte institutionnel actuel, et éludent aussi soigneusement l’une que l’autre les véritables problèmes.
▪ Une mention spéciale pour Jean-Luc Mélenchon, visiblement mis en avant par les médias pour stériliser les voix des électeurs de plus en plus nombreux qui sentent bien que le poids du capitalisme international est devenu intolérable, et que la France court à la catastrophe sans restauration d’un minimum de protectionnisme. Par leur caractère extrêmement confus, par leur outrance, par leur irréalisme, ses propositions sont d’une telle innocuité que leur large diffusion ne pose effectivement aucun problème. Son protectionnisme, par exemple, serait un « protectionnisme européen internationaliste »…
Certes, dans son programme, un certain nombre de dispositions institutionnelles actuelles sont dénoncées, mais les seules initiatives envisagées se situent au niveau de l’Europe, et même autant que possible du monde, ce qui est un gage certain d’inefficacité : il est aujourd’hui évident qu’il n’y a plus rien à espérer de discussions au niveau de l’UE et des instances internationales dans des délais compatibles avec la gravité de la situation de la France, surtout en l’absence de toute menace d’actions au niveau national.
Et puis rien de tel que des discours de type lutte des classes pour réveiller les bons vieux clivages droite/gauche à l’occasion d’élections…
▪ La campagne électorale, ce n’est pas seulement le temps de parole attribué aux candidats et à leurs représentants. C’est aussi, et c’est peut-être même surtout, tous les commentaires et analyses (les « décryptages ») délivrés (par des « politologues », des « spécialistes de l’économie », …) lors d’un certain nombre d’émissions (dont C dans l’air est sans doute la plus remarquable). Marine Le Pen , à laquelle un certain nombre de qualités sont par ailleurs concédées, se voit bien sûr assez régulièrement attribuer le bonnet d’âne à la rubrique « crédibilité économique ».
Quelques ordres de grandeur
▪ L’accroissement annuel de la dette publique a été d’environ 140 milliards en 2009 et 2010, 100 milliards en 2011, et était d’environ 50 milliards depuis 2002. Rappelons que cette dette est elle-même aujourd’hui d’un peu plus de 1700 milliards, le PIB de la France étant d’environ 2000 milliards (voir par exemple http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=40 pour la situation fin 2011 : dette « au sens de Maastricht » de 1717,3 milliards, correspondant à 85,8% du PIB).
Cela signifie que, à recettes fiscales constantes, et sans création monétaire au profit de l’Etat (ce qui nous est interdit par le Traité de Lisbonne), il faudrait dégager environ chaque année une cinquantaine de milliards d’économies pour simplement stabiliser la dette en pourcentage du PIB.
Le brutal accroissement de la dette publique à partir de 2009 est directement lié au fait que 200.000 emplois industriels ont été perdus en France en 2010 (contre « seulement » entre 50.000 et 100.000 par an les années précédentes) : ceci du fait de l’effet de ciseau qui en est résulté, par diminution des recettes et augmentation des dépenses sociales et de soutien de l’activité.
Les dépenses et les recettes étant de l’ordre de 1000 milliards, l’ampleur de cet effet de ciseau s’explique aisément, mais cet effet jouerait en sens inverse si la compétitivité de la France s’améliorait, avec un ordre de grandeur des gains attendus permettant d’espérer réellement une amélioration significative de l’évolution de la dette publique.
Une forte augmentation de la compétitivité de la France, que seule peut rendre possible une dévaluation significative de sa monnaie, associée à un certain nombre de mesures protectionnistes et à de la création monétaire au profit de l’Etat serait donc tout à fait de nature à désamorcer le problème de la dette. Mais ces deux voies d’action nous sont aujourd’hui interdites institutionnellement.
Il ne reste donc plus que les plans d’austérité, dont il n’y a strictement rien à espérer du point de vue de la diminution de la dette, bien au contraire, du fait de la contraction des recettes qui en résulte inévitablement. Il y a là-dessus un consensus de tous les prix Nobel d’économie qui se sont exprimés sur l’efficacité des plans d’austérité imposés un peu partout aux pays en difficulté de la zone euro (on pourra, par exemple, sur Internet lire les décapantes chroniques de Paul Krugman), et le moins que l’on puisse dire est que les faits leur donnent raison.
▪ Sur les 1.100 milliards (environ) de dépenses publiques annuelles il y a assurément des économies à réaliser, mais force est de constater que les seules cibles réellement visées sont les fonctions régaliennes de l’Etat, qui ne comptent que pour moins de 300 milliards : voir ci-après le tableau extrait du formulaire de déclaration des revenus 2010 que nous avons tous reçu au printemps dernier. Rien ne permet d’affirmer que le coût de ces fonctions régaliennes se situe à un niveau trop élevé (certains budgets, comme ceux de la justice et de la sécurité, sont même particulièrement indigents), il ne cesse de diminuer depuis 2005 et, de toute façon, il n’est en aucune façon susceptible de permettre de dégager une cinquantaine de milliards d’économies par an.
Budget 2011. A quoi servent nos impôts ?
Enseignement et recherce 87,00
Collectitvités territoriales 58,00
Charge de la dette 45,40
Défense 37,40
Union Européenne 18,20 Sécurité 16,80
Solidarité, insertion et égalité des chances 12,40
Gestion des finances publiques et des ressources 11,70
Travail et emploi 11,60
Ecologie et développement durable 9,50
Ville et logement 7,60
Justice 7,10
Autres missions 40,77
Total dépenses (en milliards d'euros) 364,40
Dépenses hors collectivités territoriales et dette 260,00
Est-il vraiment surprenant de constater que, depuis 2005, la diminution des effectifs de la fonction publique d’Etat a été plus que compensée par une augmentation de la fonction publique hospitalière et, surtout, par l’augmentation de la fonction publique territoriale, et que personne ne s’interroge sur cette dernière ? C’est ainsi qu’un récent rapport de la Cour des comptes a fait ressortir que l’importante diminution des effectifs de la police d’Etat avait été annulée par l’augmentation de ceux des polices municipales (avec toutes les interrogations que cela suscite sur la qualité du recrutement, et tous les risques de communautarisation que l’on peut imaginer…).
Est-il vraiment surprenant de constater que la subvention de l’immigration (qui pourtant représente un certain nombre de dizaines de milliards) n’a jamais été considérée comme étant une source potentielle d’économies ?
▪ Les ordres de grandeur ci-dessus montrent qu’il n’y a rien à attendre des opérations de privatisation qui sont régulièrement avancées comme l’une des solutions : il n’en résulterait qu’une réduction de la dette de quelques dizaines de milliards d’euros (et même s’il s’agissait de cent milliards, cela ne modifierait en rien la conclusion précédente), et l’Etat français se retrouverait par la suite définitivement privé de sources de revenus significatives (car les entreprises concernées sont parfaitement rentables), voire de secteurs industriels stratégiques (dans le nucléaire, par exemple).
Le pacte de stabilité renforcé
▪ Il est tout de même préoccupant de constater qu’un président de la République française a dépensé une énergie considérable pour que soit mis en place au niveau européen un « pacte de stabilité renforcé » qui, par la politique d’austérité qu’il implique, d’une part ne pourra, comme on l’a vu, qu’enfermer encore plus la France dans le piège de l’endettement, et d’autre part prévoit des sanctions s’apparentant à une mise sous tutelle des pays trop lourdement endettés…
Pire encore, un tel pacte, à supposer qu’il ait déjà été mis en place, n’aurait en rien permis d’éviter la situation actuelle : comme on l’a vu c’est l’hémorragie d’emplois industriels en 2009 qui a entraîné l’explosion du déficit public, et non une quelconque explosion du « train de vie de l’Etat », ou le fait que le système de protection sociale serait brusquement devenu plus protecteur.
Si l’on prend le cas de l’Espagne (en 2007 on parlait encore du « miracle économique espagnol »…), on ne voit pas comment un tel pacte aurait pu éviter la croissance de la bulle immobilière, l’inflation qui en est résultée et qui a dégradé la compétitivité de ce pays et, enfin, l’éclatement de la bulle immobilière en 2008. L’Espagne était d’ailleurs en excédent budgétaire avant la crise…
On aboutirait sans doute à la même conclusion en examinant le cas de l’Irlande (qui elle aussi était en excédent budgétaire), du Portugal, etc.
Il ressort en outre d’un tel examen que chacun de ces pays est un cas particulier, les seuls points qu’ils aient eu en commun ayant été que, ligotés par l’euro comme ils l’étaient, ils se sont trouvés dans l’impossibilité totale d’ajuster leur monnaie aux problèmes particuliers de leur économie, et que c’est la crise des subprimes, dont ils n’étaient en rien responsables, qui a joué le rôle du détonateur.
▪ Que penser donc d’un pacte qui, sous couvert de « sauver la construction européenne », de « sauver la Grèce, le Portugal, l’Espagne, etc. », ne contribuera en rien à améliorer la situation actuelle, bien au contraire, n’aurait en rien pu permettre d’éviter la crise de 2008, mais aboutira bien par contre réduire encore le peu qui reste institutionnellement de souveraineté nationale, et en s’attaquant aux budgets nationaux, à réduire encore un peu plus la partie régalienne de la fonction publique ?
▪ Que penser du fait que l’annonce de ce pacte ait été en son temps « favorablement accueillie par les marchés » ? Etait-ce parce qu’elle était de nature à nous enfoncer encore un peu plus dans le piège ? Etait-ce simplement un satisfecit vis-à-vis d’un acte d’allégeance remarqué ?
Que peut bien signifier le maintien du triple A d’un pays qui a perdu 500.000 emplois industriels depuis 5 ans, qui voit le déficit de sa balance commerciale voler de record en record, qui manifestement ne pourra jamais rembourser sa dette dans le contexte institutionnel qui lui est imposé – mais qui dispose tout de même encore, dans bien des domaines, tant au niveau de l’Etat qu’à celui des personnes privées, d’un patrimoine et d’actifs extraordinairement intéressants ?
▪ Que sont au juste au demeurant ces fameux « marchés » dont on nous a rendus institutionnellement dépendants ? Et si de plus ils étaient manipulables ?
(à suivre)
Antraigues 14/04/2012 http://www.polemia.com/
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Le piège mortel du mondialisme de l’Union européenne : 3/3- La perte de la souveraineté monétaire
C’est la monnaie d’une nation qui doit s’adapter à son économie, et non l’inverse ▪ Dans les années 1960 un certain nombre d’économistes ont recherché les conditions à réunir pour que les avantages attendus de la mise en place d’une union monétaire entre plusieurs pays puissent être supérieurs à tout ce qui peut résulter de la perte par chacun d’entre eux de sa politique monétaire propre, et donc des possibilités d’ajustement qu’elle permet.
C’est ainsi qu’ont été définies les conditions à réunir pour qu’un ensemble de pays puisse constituer une « zone monétaire optimale », conditions dont la moindre n’est pas qu’il doit y avoir une parfaite mobilité des personnes, ce qui implique notamment qu’elles parlent toutes la même langue.
On aboutissait en fait à peu près au portrait robot d’un Etat fédéral.
Ces conditions n’étant à l’évidence pas réunies lors de la mise en place de l’euro, et n’ayant manifestement aucune chance de l’être à horizon visible (ne serait-ce que parce que les peuples n’en voulaient pas…), de multiples mises en garde avaient alors été formulées. Aujourd’hui la zone euro est en crise ouverte, après avoir été depuis sa création la zone de plus faible croissance économique sur l’ensemble de la planète.
« La triste vérité est que le système euro semble de plus en plus voué à l'échec. Et une vérité encore plus triste est que, vu comme le système se comporte, l'Europe se porterait sans doute mieux s'il s'écroulait plutôt aujourd'hui que demain (Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, chronique « Le trou dans le seau de l’Europe», 24/10/2011).
▪ Ce qu’a de vital pour une nation indépendante de disposer de sa propre monnaie est au demeurant si unanimement reconnu que ceci est la règle depuis la disparition des anciens empires coloniaux et de l’Union soviétique. En dehors des Etats trop petits pour avoir une monnaie reconnue sur la scène internationale (les Bahamas ont le dollar, etc.), il n’y a eu que deux exceptions à cette règle :
– l’Argentine, qui pour lutter contre une trop forte inflation avait décidé en 1990 de lier le peso au dollar. Dans un premier temps cela aboutit à un afflux d’investissements et de prêts étrangers, avec des effets économiques plutôt euphorisants, d’autant que durant cette période le dollar ne s’est pas apprécié par rapport aux monnaies des pays avec lesquels l’Argentine commerçait. Il a suffi toutefois d’une réévaluation du dollar et d’une dévaluation du réal brésilien pour que la situation devienne rapidement intenable, et débouche sur quatre années d’une terrible crise économique et politique, dont l’Argentine n’est sortie qu’en décidant en 2002, malgré les pressions internationales , de retrouver sa totale autonomie monétaire. C’est le gouvernement argentin, et non le FMI, qui a en définitive décidé comment les dettes libellées en dollar seraient remboursées ;
– les pays de la zone euro : on voit ce que cela est en train de donner.
▪ Nul besoin au demeurant d’être prix Nobel d’économie pour comprendre que c’est la monnaie d’un pays qui doit s’adapter à son économie, et non l’inverse : le simple bon sens suffit.
De multiples facteurs peuvent en effet dégrader, parfois du jour au lendemain, la compétitivité économique d’un pays :
- des facteurs internes : grèves, augmentations nominales de salaires imposées par des troubles sociaux, mesures aboutissant à une augmentation du coût du travail (exemple : les 35 heures), mesures fiscales inappropriées, etc. ;
- des facteurs externes : dévaluation de monnaies étrangères, catastrophes naturelles, guerres…
Dans le cas de la France la très importante réévaluation de l’euro par rapport au dollar, dans laquelle elle n’est strictement pour rien, aura nettement plus affecté sa compétitivité que les 35 heures.
En l’absence de toute possibilité de faire varier la valeur de la monnaie il n’y a d’autre solution, pour retrouver cette compétitivité, que d’imposer par décisions autoritaires (car il n’y a plus aucune possibilité d’ajustements quasi mécaniques) l’adaptation de l’ensemble de l’économie (diminution des dépenses publiques, diminution de tous les salaires en nominal, …), ce qui n’est envisageable que dans un pays totalitaire (il ne semble d’ailleurs même pas que cela se soit déjà fait…). C’est pourtant ce qui est demandé aujourd’hui à la Grèce.
Que se serait-il passé si la France n’avait pas eu sa souveraineté monétaire après mai 1968 ? Après 1958 ? Après la guerre de 1939-1945 ?
Lorsqu’une nation a gardé sa souveraineté monétaire, il est structurellement impossible qu’elle se retrouve enfermée dans le piège de l’endettement
En effet, elle emprunte alors dans sa monnaie nationale, dont la valeur s’ajuste (ou est ajustée) à sa situation économique, et en particulier à sa capacité de remboursement. De plus, elle peut souverainement décider de créer autant de monnaie qu’elle le juge nécessaire.
Par contre, lorsque ce n’est pas le cas, elle peut être mise en faillite au sens propre du terme –c’est-à-dire au sens où une entreprise ou un particulier l’est – avec comme conséquence sa dislocation économique, la mise à l’encan de son patrimoine, voire la perte de son indépendance même en tant que nation.
Il n’y a au demeurant qu’à voir ce qui est en train de se passer pour la Grèce, dont le « sauvetage » s’apparente à celui d’une entreprise en dépôt de bilan par un liquidateur judiciaire.
Si lourdement endettés que soient les Etats-Unis et d’autres pays en dehors de la zone euro, et si préoccupante que puisse être cette situation à bien des égards (mais pas forcément pour eux…), ce n’est en aucune façon pour eux un problème existentiel, alors que cela en est un pour la France.
Un Etat doit garder le pouvoir de créer de la monnaie pour son propre compte
▪ La création régulière de monnaie est absolument indispensable. Par exemple dans une économie qui croît par exemple de 3% par an, avec une inflation modérée de 2%, une création de monnaie à hauteur de 5% du PIB est nécessaire.
Comment la monnaie est-elle donc créée?
Notons bien que la présentation qui suit n’a pour objectif que de dégager les mécanismes qui interviennent : elle a donc été volontairement simplifiée, et ne prétend en aucune façon à une rigoureuse exactitude technique.
▪ En règle générale deux systèmes coexistent :
La création de monnaie par la banque centrale au profit de l’Etat (qui techniquement se présente généralement comme un prêt consenti à l’Etat à un taux nul ou très faible). Cette création de monnaie diminue bien sûr d’autant le montant des impôts à percevoir. Dans le but de lutter contre des dérives aisément imaginables les statuts d’une banque centrale lui accordent en général une indépendance plus ou moins grande vis-à-vis du pouvoir politique en place, mais cette indépendance peut en fait à tout moment être, si nécessaire, remise en cause par un Etat pleinement souverain.
La création de monnaie par les banques privées, par le mécanisme du crédit.
Une banque peut prêter autant qu’elle veut, sous les réserves suivantes :
- Le montant total des prêts ne peut excéder X fois ses fonds propres, X étant fixé par la réglementation en vigueur (cela résulte du système dit « des réserves fractionnaires »). Typiquement, X= 10.
- Les comptes de la banque doivent rester équilibrés : le total des prêts accordés doit être compensé par l’addition des dépôts, des fonds propres de la banque et des emprunts effectués auprès d’autres banques, dont éventuellement la banque centrale.
En situation « normale » (c’est-à-dire hors période de crise financière) ces emprunts doivent rester de simples emprunts d’ajustement, ajustements inévitables du seul fait qu’il n’y a pas qu’une banque, et qu’on l’on peut très bien être déposant dans une banque et emprunteur dans une autre. La banque centrale n’intervient qu’en dernier ressort, c’est-à-dire, si tout se passe bien, jamais, mais elle joue tout de même un rôle clé en fixant le taux de ses prêts, qui se retrouve donc être aussi le taux de prêt interbancaire, d’où résulte le loyer minimum de la monnaie nationale, lequel influe sur le cours de cette dernière.
Les emprunts aux autres banques étant donc normalement à un niveau très faible, et les fonds propres n’étant pas destinés à être prêtés, c’est en définitive l’argent des déposants qui est prêté par la banque, y compris les dépôts à vue.
C’est de là que résulte la création monétaire.
Dans le cas où le montant d’un prêt pour n années est couvert par un dépôt d’une durée supérieure, l’emprunteur dispose de ce montant, mais le déposant n’en dispose pas : il n’y a pas de création monétaire.
Si par contre ce montant est couvert par des dépôts à vue, il est disponible à la fois pour l’emprunteur et les déposants : il y a création monétaire.
La simple description de ce mécanisme fait apparaître son instabilité potentielle permanente, son caractère fondamentalement incontrôlable, le fait que les déposants à vue se retrouvent directement exposés en cas de défaillance des emprunteurs, et laisse deviner les innombrables effets pervers qui peuvent en résulter.
On se contentera toutefois ici de citer Maurice Allais, prix Nobel d’économie 1988, qui a clairement identifié ce mécanisme comme étant la cause première de toutes les crises financières qui se sont succédé, la crise de 1929 en étant un cas d’école, et la crise de 2008, qui dure toujours, la dernière en date. Le scénario est toujours le même : phase euphorisante d’explosion du crédit (et donc de la création monétaire), krach, puis phase de récession au cours de laquelle personne ne veut plus prêter à personne.
« En fait, sans aucune exagération, le mécanisme actuel de la création de monnaie par le crédit est certainement le « cancer » qui ronge irrémédiablement les économies de marché de propriété privée. »
« Dans son essence la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique … à la création de monnaie par des faux monnayeurs. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents. »
(Voir aussi par exemple : La crise mondiale d'aujourd'hui - Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires
Le pouvoir financier au cœur de la crise de 2008 : Les analyses prophétiques de Maurice Allais)
La solution proposée par Maurice Allais est d’une extrême simplicité : par des dispositions obligeant les banques à n’attribuer que des prêts couverts par des dépôts à terme au moins égal à la durée du prêt, réserver à l’Etat le monopole de la création monétaire.
On voit qu’il y aurait là une matière intéressante pour la refondation du système financier que le chœur des médias et des partis politiques appelle régulièrement de ses vœux avant les G20.
▪ Comme indiqué plus haut, ce n’est vraiment pas dans cette voie que la France s’est engagée en 1973 puisque, par l’interdiction faite à la Banque de France de prêter à l’Etat, c’est au système bancaire qu’a été donné le monopole de la création monétaire. Cette disposition, dont on vient de voir que le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas incontestable, a ensuite été imposée à l’ensemble des membres de l’UE par le traité de Maastricht.
Les conséquences d’un tel abandon sont évidentes :
- coût très élevé de la création monétaire, et donc augmentation générale de l’endettement de tous les acteurs économiques, publics ou privés : il ne saurait de plus, en effet, y avoir création de monnaie sans perception par une banque privée d’intérêts qui ne sont en aucun cas négligeables, et qui peuvent être très élevés ;
- en ce qui concerne spécifiquement les Etats (même économiquement en bonne santé par ailleurs), augmentation supplémentaire de la dette puisque, sauf à compenser totalement la création de monnaie à leur profit par une augmentation des impôts, ils n’ont plus d’autre solution que d’emprunter sur les marchés financiers.
« En abandonnant au secteur bancaire le droit de créer de la monnaie, l’Etat s’est privé en moyenne d’un pouvoir d’achat annuel représentant environ 5,2% du revenu national » (Maurice Allais, La Réforme monétaire, 1976).
Est-il nécessaire de préciser que c’est à partir de 1973 que la dette publique française a commencé à croître ? Le graphique suivant (qui recoupe le fait que, ainsi que l’a rappelé Marine Le Pen, le montant actuel de la dette est à peu près le montant cumulé des intérêts depuis 1973) est particulièrement significatif
NOTE (*) : La dette à la fin 1979 était en réalité de 82,8 milliards d’euros, soit 21% du PIB ; mais en tenant compte de l’inflation, cela fait aujourd’hui 239 milliards d’euros.
- perte d’indépendance des Etats, à la fois du fait qu’ils sont tributaires du taux que veulent bien leur consentir les « marchés financiers », et qu’ils deviennent dépendants de leurs créanciers. Comme on l’a vu plus haut cette perte d’indépendance devient totale et peut avoir des conséquences dramatiques si, en outre, l’Etat a abandonné sa monnaie nationale ;
- pouvoir exorbitant de ce qu’il faut bien appeler le capitalisme international, dont le cœur, aujourd’hui, est toujours clairement aux Etats-Unis.
▪ La plupart des nations, dont un certain nombre sont nos créanciers ou nos concurrents , ne se sont nullement interdit toute possibilité de créer de la monnaie pour leur propre compte. Aux USA, pour ne citer qu’eux, la « planche à billets » fonctionne à plein régime depuis la crise de 2008.
▪ La justification avancée de l’interdiction faite à l’Etat de créer de la monnaie pour son propre compte est que, par les excès de création monétaire qui pourraient en résulter, leur laisser ce droit serait potentiellement facteur d’inflation. Ceci n’est pas forcément inexact, mais que dire alors de la création de la monnaie par le crédit qui, elle, est fondamentalement incontrôlable ? On est vraiment dans le n’importe quoi.
De plus le volume de la création monétaire n’est qu’un facteur d’inflation parmi d’autres.
Comme les précédentes, la crise de 2008 a été la conséquence d’une explosion des crédits, et donc de la création de monnaie. Il n’y a pas eu pour autant, dans la période précédant cette crise, d’augmentation significative de l’inflation.
Peut-on sérieusement soutenir qu’une création monétaire au profit de l’Etat de quelque % du PIB, qui suffirait à désamorcer le problème de la dette, serait facteur d’hyperinflation ?
Dévaluation et inflation
▪ Comme on l’a vu, l’euro est passé de 0,85$ à 1,4$, ce qui a mécaniquement fait s’effondrer d’autant la compétitivité de la France, mais n’a nullement entraîné une baisse du coût de la vie, alors même que la France importait déjà la majeure partie de sa consommation.
Inversement on ne voit pas dans ces conditions pourquoi, sauf dans le cas très particulier des hydrocarbures, il résulterait d’une dévaluation consécutive à l’abandon de l’euro l’inflation massive que nous promet l’infantilisante propagande actuelle.
La Grande-Bretagne, en 2008, a dévalué de 30%, et il n’en est pas résulté une inflation de 30%. Par contre, du jour au lendemain, sa compétitivité s’est améliorée de 30%.
▪ En ce qui concerne les produits fabriqués en tout ou partie dans les pays à bas salaires, qui représentent aujourd’hui une part essentielle de notre consommation (il suffit de regarder les étiquetages extérieures et intérieurs des produits que l’on achète), leur prix de revient est si bas que leur prix de vente peut en être largement découplé.
En fait il dépend surtout du prix que le consommateur est prêt à payer, lequel n’est autre que celui qu’il avait l’habitude de payer jusqu’alors : pour de multiples raisons on est très loin, dans la réalité, de la situation théorique de concurrence totalement libre et non faussée censée résulter de la déréglementation actuelle, qui aboutirait effectivement à rapprocher les prix de vente des prix de revient.
Ceci explique pourquoi ni les délocalisations, ni les réévaluations de la monnaie n’ont été suivies d’une diminution du coût de la vie.
En cas de réévaluation de sa monnaie, c’est simplement le bénéfice du vendeur qui s’accroît. En cas de dévaluation, c’est évidemment l’inverse, et l’on conçoit aisément que cela aille à l’encontre d’intérêts financiers extrêmement puissants.
Antraigues 14/04/2012 http://www.polemia.com/
C’est la monnaie d’une nation qui doit s’adapter à son économie, et non l’inverse ▪ Dans les années 1960 un certain nombre d’économistes ont recherché les conditions à réunir pour que les avantages attendus de la mise en place d’une union monétaire entre plusieurs pays puissent être supérieurs à tout ce qui peut résulter de la perte par chacun d’entre eux de sa politique monétaire propre, et donc des possibilités d’ajustement qu’elle permet.
C’est ainsi qu’ont été définies les conditions à réunir pour qu’un ensemble de pays puisse constituer une « zone monétaire optimale », conditions dont la moindre n’est pas qu’il doit y avoir une parfaite mobilité des personnes, ce qui implique notamment qu’elles parlent toutes la même langue.
On aboutissait en fait à peu près au portrait robot d’un Etat fédéral.
Ces conditions n’étant à l’évidence pas réunies lors de la mise en place de l’euro, et n’ayant manifestement aucune chance de l’être à horizon visible (ne serait-ce que parce que les peuples n’en voulaient pas…), de multiples mises en garde avaient alors été formulées. Aujourd’hui la zone euro est en crise ouverte, après avoir été depuis sa création la zone de plus faible croissance économique sur l’ensemble de la planète.
« La triste vérité est que le système euro semble de plus en plus voué à l'échec. Et une vérité encore plus triste est que, vu comme le système se comporte, l'Europe se porterait sans doute mieux s'il s'écroulait plutôt aujourd'hui que demain (Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, chronique « Le trou dans le seau de l’Europe», 24/10/2011).
▪ Ce qu’a de vital pour une nation indépendante de disposer de sa propre monnaie est au demeurant si unanimement reconnu que ceci est la règle depuis la disparition des anciens empires coloniaux et de l’Union soviétique. En dehors des Etats trop petits pour avoir une monnaie reconnue sur la scène internationale (les Bahamas ont le dollar, etc.), il n’y a eu que deux exceptions à cette règle :
– l’Argentine, qui pour lutter contre une trop forte inflation avait décidé en 1990 de lier le peso au dollar. Dans un premier temps cela aboutit à un afflux d’investissements et de prêts étrangers, avec des effets économiques plutôt euphorisants, d’autant que durant cette période le dollar ne s’est pas apprécié par rapport aux monnaies des pays avec lesquels l’Argentine commerçait. Il a suffi toutefois d’une réévaluation du dollar et d’une dévaluation du réal brésilien pour que la situation devienne rapidement intenable, et débouche sur quatre années d’une terrible crise économique et politique, dont l’Argentine n’est sortie qu’en décidant en 2002, malgré les pressions internationales , de retrouver sa totale autonomie monétaire. C’est le gouvernement argentin, et non le FMI, qui a en définitive décidé comment les dettes libellées en dollar seraient remboursées ;
– les pays de la zone euro : on voit ce que cela est en train de donner.
▪ Nul besoin au demeurant d’être prix Nobel d’économie pour comprendre que c’est la monnaie d’un pays qui doit s’adapter à son économie, et non l’inverse : le simple bon sens suffit.
De multiples facteurs peuvent en effet dégrader, parfois du jour au lendemain, la compétitivité économique d’un pays :
- des facteurs internes : grèves, augmentations nominales de salaires imposées par des troubles sociaux, mesures aboutissant à une augmentation du coût du travail (exemple : les 35 heures), mesures fiscales inappropriées, etc. ;
- des facteurs externes : dévaluation de monnaies étrangères, catastrophes naturelles, guerres…
Dans le cas de la France la très importante réévaluation de l’euro par rapport au dollar, dans laquelle elle n’est strictement pour rien, aura nettement plus affecté sa compétitivité que les 35 heures.
En l’absence de toute possibilité de faire varier la valeur de la monnaie il n’y a d’autre solution, pour retrouver cette compétitivité, que d’imposer par décisions autoritaires (car il n’y a plus aucune possibilité d’ajustements quasi mécaniques) l’adaptation de l’ensemble de l’économie (diminution des dépenses publiques, diminution de tous les salaires en nominal, …), ce qui n’est envisageable que dans un pays totalitaire (il ne semble d’ailleurs même pas que cela se soit déjà fait…). C’est pourtant ce qui est demandé aujourd’hui à la Grèce.
Que se serait-il passé si la France n’avait pas eu sa souveraineté monétaire après mai 1968 ? Après 1958 ? Après la guerre de 1939-1945 ?
Lorsqu’une nation a gardé sa souveraineté monétaire, il est structurellement impossible qu’elle se retrouve enfermée dans le piège de l’endettement
En effet, elle emprunte alors dans sa monnaie nationale, dont la valeur s’ajuste (ou est ajustée) à sa situation économique, et en particulier à sa capacité de remboursement. De plus, elle peut souverainement décider de créer autant de monnaie qu’elle le juge nécessaire.
Par contre, lorsque ce n’est pas le cas, elle peut être mise en faillite au sens propre du terme –c’est-à-dire au sens où une entreprise ou un particulier l’est – avec comme conséquence sa dislocation économique, la mise à l’encan de son patrimoine, voire la perte de son indépendance même en tant que nation.
Il n’y a au demeurant qu’à voir ce qui est en train de se passer pour la Grèce, dont le « sauvetage » s’apparente à celui d’une entreprise en dépôt de bilan par un liquidateur judiciaire.
Si lourdement endettés que soient les Etats-Unis et d’autres pays en dehors de la zone euro, et si préoccupante que puisse être cette situation à bien des égards (mais pas forcément pour eux…), ce n’est en aucune façon pour eux un problème existentiel, alors que cela en est un pour la France.
Un Etat doit garder le pouvoir de créer de la monnaie pour son propre compte
▪ La création régulière de monnaie est absolument indispensable. Par exemple dans une économie qui croît par exemple de 3% par an, avec une inflation modérée de 2%, une création de monnaie à hauteur de 5% du PIB est nécessaire.
Comment la monnaie est-elle donc créée?
Notons bien que la présentation qui suit n’a pour objectif que de dégager les mécanismes qui interviennent : elle a donc été volontairement simplifiée, et ne prétend en aucune façon à une rigoureuse exactitude technique.
▪ En règle générale deux systèmes coexistent :
La création de monnaie par la banque centrale au profit de l’Etat (qui techniquement se présente généralement comme un prêt consenti à l’Etat à un taux nul ou très faible). Cette création de monnaie diminue bien sûr d’autant le montant des impôts à percevoir. Dans le but de lutter contre des dérives aisément imaginables les statuts d’une banque centrale lui accordent en général une indépendance plus ou moins grande vis-à-vis du pouvoir politique en place, mais cette indépendance peut en fait à tout moment être, si nécessaire, remise en cause par un Etat pleinement souverain.
La création de monnaie par les banques privées, par le mécanisme du crédit.
Une banque peut prêter autant qu’elle veut, sous les réserves suivantes :
- Le montant total des prêts ne peut excéder X fois ses fonds propres, X étant fixé par la réglementation en vigueur (cela résulte du système dit « des réserves fractionnaires »). Typiquement, X= 10.
- Les comptes de la banque doivent rester équilibrés : le total des prêts accordés doit être compensé par l’addition des dépôts, des fonds propres de la banque et des emprunts effectués auprès d’autres banques, dont éventuellement la banque centrale.
En situation « normale » (c’est-à-dire hors période de crise financière) ces emprunts doivent rester de simples emprunts d’ajustement, ajustements inévitables du seul fait qu’il n’y a pas qu’une banque, et qu’on l’on peut très bien être déposant dans une banque et emprunteur dans une autre. La banque centrale n’intervient qu’en dernier ressort, c’est-à-dire, si tout se passe bien, jamais, mais elle joue tout de même un rôle clé en fixant le taux de ses prêts, qui se retrouve donc être aussi le taux de prêt interbancaire, d’où résulte le loyer minimum de la monnaie nationale, lequel influe sur le cours de cette dernière.
Les emprunts aux autres banques étant donc normalement à un niveau très faible, et les fonds propres n’étant pas destinés à être prêtés, c’est en définitive l’argent des déposants qui est prêté par la banque, y compris les dépôts à vue.
C’est de là que résulte la création monétaire.
Dans le cas où le montant d’un prêt pour n années est couvert par un dépôt d’une durée supérieure, l’emprunteur dispose de ce montant, mais le déposant n’en dispose pas : il n’y a pas de création monétaire.
Si par contre ce montant est couvert par des dépôts à vue, il est disponible à la fois pour l’emprunteur et les déposants : il y a création monétaire.
La simple description de ce mécanisme fait apparaître son instabilité potentielle permanente, son caractère fondamentalement incontrôlable, le fait que les déposants à vue se retrouvent directement exposés en cas de défaillance des emprunteurs, et laisse deviner les innombrables effets pervers qui peuvent en résulter.
On se contentera toutefois ici de citer Maurice Allais, prix Nobel d’économie 1988, qui a clairement identifié ce mécanisme comme étant la cause première de toutes les crises financières qui se sont succédé, la crise de 1929 en étant un cas d’école, et la crise de 2008, qui dure toujours, la dernière en date. Le scénario est toujours le même : phase euphorisante d’explosion du crédit (et donc de la création monétaire), krach, puis phase de récession au cours de laquelle personne ne veut plus prêter à personne.
« En fait, sans aucune exagération, le mécanisme actuel de la création de monnaie par le crédit est certainement le « cancer » qui ronge irrémédiablement les économies de marché de propriété privée. »
« Dans son essence la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique … à la création de monnaie par des faux monnayeurs. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents. »
(Voir aussi par exemple : La crise mondiale d'aujourd'hui - Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires
Le pouvoir financier au cœur de la crise de 2008 : Les analyses prophétiques de Maurice Allais)
La solution proposée par Maurice Allais est d’une extrême simplicité : par des dispositions obligeant les banques à n’attribuer que des prêts couverts par des dépôts à terme au moins égal à la durée du prêt, réserver à l’Etat le monopole de la création monétaire.
On voit qu’il y aurait là une matière intéressante pour la refondation du système financier que le chœur des médias et des partis politiques appelle régulièrement de ses vœux avant les G20.
▪ Comme indiqué plus haut, ce n’est vraiment pas dans cette voie que la France s’est engagée en 1973 puisque, par l’interdiction faite à la Banque de France de prêter à l’Etat, c’est au système bancaire qu’a été donné le monopole de la création monétaire. Cette disposition, dont on vient de voir que le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas incontestable, a ensuite été imposée à l’ensemble des membres de l’UE par le traité de Maastricht.
Les conséquences d’un tel abandon sont évidentes :
- coût très élevé de la création monétaire, et donc augmentation générale de l’endettement de tous les acteurs économiques, publics ou privés : il ne saurait de plus, en effet, y avoir création de monnaie sans perception par une banque privée d’intérêts qui ne sont en aucun cas négligeables, et qui peuvent être très élevés ;
- en ce qui concerne spécifiquement les Etats (même économiquement en bonne santé par ailleurs), augmentation supplémentaire de la dette puisque, sauf à compenser totalement la création de monnaie à leur profit par une augmentation des impôts, ils n’ont plus d’autre solution que d’emprunter sur les marchés financiers.
« En abandonnant au secteur bancaire le droit de créer de la monnaie, l’Etat s’est privé en moyenne d’un pouvoir d’achat annuel représentant environ 5,2% du revenu national » (Maurice Allais, La Réforme monétaire, 1976).
Est-il nécessaire de préciser que c’est à partir de 1973 que la dette publique française a commencé à croître ? Le graphique suivant (qui recoupe le fait que, ainsi que l’a rappelé Marine Le Pen, le montant actuel de la dette est à peu près le montant cumulé des intérêts depuis 1973) est particulièrement significatif
NOTE (*) : La dette à la fin 1979 était en réalité de 82,8 milliards d’euros, soit 21% du PIB ; mais en tenant compte de l’inflation, cela fait aujourd’hui 239 milliards d’euros.
- perte d’indépendance des Etats, à la fois du fait qu’ils sont tributaires du taux que veulent bien leur consentir les « marchés financiers », et qu’ils deviennent dépendants de leurs créanciers. Comme on l’a vu plus haut cette perte d’indépendance devient totale et peut avoir des conséquences dramatiques si, en outre, l’Etat a abandonné sa monnaie nationale ;
- pouvoir exorbitant de ce qu’il faut bien appeler le capitalisme international, dont le cœur, aujourd’hui, est toujours clairement aux Etats-Unis.
▪ La plupart des nations, dont un certain nombre sont nos créanciers ou nos concurrents , ne se sont nullement interdit toute possibilité de créer de la monnaie pour leur propre compte. Aux USA, pour ne citer qu’eux, la « planche à billets » fonctionne à plein régime depuis la crise de 2008.
▪ La justification avancée de l’interdiction faite à l’Etat de créer de la monnaie pour son propre compte est que, par les excès de création monétaire qui pourraient en résulter, leur laisser ce droit serait potentiellement facteur d’inflation. Ceci n’est pas forcément inexact, mais que dire alors de la création de la monnaie par le crédit qui, elle, est fondamentalement incontrôlable ? On est vraiment dans le n’importe quoi.
De plus le volume de la création monétaire n’est qu’un facteur d’inflation parmi d’autres.
Comme les précédentes, la crise de 2008 a été la conséquence d’une explosion des crédits, et donc de la création de monnaie. Il n’y a pas eu pour autant, dans la période précédant cette crise, d’augmentation significative de l’inflation.
Peut-on sérieusement soutenir qu’une création monétaire au profit de l’Etat de quelque % du PIB, qui suffirait à désamorcer le problème de la dette, serait facteur d’hyperinflation ?
Dévaluation et inflation
▪ Comme on l’a vu, l’euro est passé de 0,85$ à 1,4$, ce qui a mécaniquement fait s’effondrer d’autant la compétitivité de la France, mais n’a nullement entraîné une baisse du coût de la vie, alors même que la France importait déjà la majeure partie de sa consommation.
Inversement on ne voit pas dans ces conditions pourquoi, sauf dans le cas très particulier des hydrocarbures, il résulterait d’une dévaluation consécutive à l’abandon de l’euro l’inflation massive que nous promet l’infantilisante propagande actuelle.
La Grande-Bretagne, en 2008, a dévalué de 30%, et il n’en est pas résulté une inflation de 30%. Par contre, du jour au lendemain, sa compétitivité s’est améliorée de 30%.
▪ En ce qui concerne les produits fabriqués en tout ou partie dans les pays à bas salaires, qui représentent aujourd’hui une part essentielle de notre consommation (il suffit de regarder les étiquetages extérieures et intérieurs des produits que l’on achète), leur prix de revient est si bas que leur prix de vente peut en être largement découplé.
En fait il dépend surtout du prix que le consommateur est prêt à payer, lequel n’est autre que celui qu’il avait l’habitude de payer jusqu’alors : pour de multiples raisons on est très loin, dans la réalité, de la situation théorique de concurrence totalement libre et non faussée censée résulter de la déréglementation actuelle, qui aboutirait effectivement à rapprocher les prix de vente des prix de revient.
Ceci explique pourquoi ni les délocalisations, ni les réévaluations de la monnaie n’ont été suivies d’une diminution du coût de la vie.
En cas de réévaluation de sa monnaie, c’est simplement le bénéfice du vendeur qui s’accroît. En cas de dévaluation, c’est évidemment l’inverse, et l’on conçoit aisément que cela aille à l’encontre d’intérêts financiers extrêmement puissants.
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
L’escroquerie de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord continue…
L’OTAN magnifie son déclin
Thierry Meyssan Le 22 Mai 2012,
url de l’article original: http://www.voltairenet.org/L-OTAN-magnifie-son-declin
Le 25e sommet de l’OTAN n’est pas parvenu à répondre à la question lancinante qui hante l’Organisation depuis l’effondrement de l’URSS : en quoi peut-elle être utile à ses membres, hormis au Royaume-Uni et aux USA ? Toute question sur le massacre de 160 000 Libyens ou sur l’annulation de l’attaque de la Syrie étant écartée, les chefs d’États et de gouvernement ont simplement été sommés de financer le complexe militaro-industriel US.
Le sommet de l’OTAN à Chicago (20-21 mai 2012) ne rassemblait pas seulement les chefs d’État ou de gouvernement des 28 États membres, mais aussi les délégations de 32 autres pays. À ce titre, il manifestait les ambitions désormais globales de l’Organisation.
Officiellement il devait répondre à trois questions principales : Comment contrôler l’Asie centrale ? Comment être plus efficace avec des budgets restreints par la crise financière ? Comment déployer un système offensif de missiles contre la Russie et la Chine ?
Le choix de Chicago pour recevoir le sommet s’explique bien sûr parce que c’est la ville dont est issu le président Barack Obama, et parce qu’elle est aujourd’hui administrée par le faucon Rahm Emanuel, officier de l’armée israélienne.
Un Comité hôte a été composé par le Groupe de Bilderberg [1] autour de la présidente du NDI/NED [2] Madeleine Albright et de John H. Bryan, administrateur principal de la banque Goldman Sachs.
À l’extérieur de la salle de conférence, il ne manquait pas de groupes militants pour manifester contre l’Alliance [3]. Cette turbulence a posé des problèmes de maintien de l’ordre à la municipalité, et a terni l’image du sommet. Cependant, l’OTAN a utilisé la gêne occasionnée pour occuper la presse : tandis que les journalistes se focalisaient sur les excès de la police à l’extérieur de la salle de conférence [4], les chefs d’État et de gouvernement pouvaient discuter en secret de leurs arrangements.
Contrôler de l’Asie centrale
L’intervention alliée en Afghanistan avait été planifiée par les Anglo-Saxons avant les attentats du 11 septembre 2011, bien que ces attentats aient servis à la justifier de manière à y impliquer les alliés [5]. Elle répondait aux intérêts d’une coalition particulière : prendre en tenaille l’Iran (une fois l’Irak envahi) ; s’immiscer dans la zone d’influence russe des ex-États musulmans soviétiques ; ouvrir un couloir de communication pour exploiter le pétrole de la région Caspienne ; contrôler le marché mondial des drogues dérivées du pavot ; faire main basse sur des réserves de minerais précieux.
Dix ans plus tard, l’attaque de l’Iran est repoussée aux calendes grecques tandis que les relations des États-Unis avec la Russie et la Chine ne cessent de se tendre. Juste avant le sommet, Washington a conclu en urgence un Pacte stratégique avec Kaboul. Le retrait des troupes combattantes ne doit pas faire illusion : le Pentagone restera longtemps sur place. Paradoxalement, les Occidentaux ont besoin de troupes en Afghanistan pour menacer les intérêts russes en Asie centrale, mais ils ont besoin de passer par le territoire russe pour approvisionner leurs troupes en Afghanistan.
Au fil des ans, Moscou a donc créé un pacte militaire avec ses anciens partenaires soviétiques, l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). L’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan en font partie (mais pas l’Azerbaïdjan). Puis, Moscou et Pékin ont fondé l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Son objectif initial était uniquement de prévenir l’ingérence anglo-saxonne en Asie centrale, mais elle tend à devenir un Pacte militaire. L’OCS inclut —à titre d’observateurs ou de partenaires— la Mongolie et les États du sous-continent indien (mais toujours pas l’Azerbaïdjan).
La question principale du sommet de Chicago n’était donc pas de savoir si les troupes alliées sont nécessaires à la stabilisation de l’Afghanistan ou si leur mission est terminée [6], mais quels Alliés sont prêts à piétiner durablement les plates-bandes russes (et accessoirement chinoises) ? Dès lors, la décision du président François Hollande de retirer au plus vite les troupes françaises doit être comprise pour ce qu’elle est : non pas simplement mettre fin à une aberrante expédition coloniale, mais surtout refuser de participer à la stratégie impériale anglo-saxonne contre la Russie et la Chine en Asie centrale.
Face au complot anglo-saxon, Moscou a mis en scène sa réponse à travers l’agenda de son président. 7 mai : investiture du président Vladimir Poutine 8 mai : nomination de Dmitry Medvedev comme Premier ministre 9 mai : célébration de la victoire contre l’Allemagne nazie 10 mai : visite du complexe militaro industriel russe 11 mai : réception du président abkhaze 12 mai : réception du président sud-ossète 14-15 mai : rencontre informelle avec les chefs d’États de l’OTSC. On ne peut être plus clair. Le nouveau mandat de Vladimir Poutine sera consacré à se donner les moyens de protéger les marches de la Russie et de la défendre avec ses alliés.
Dans un souci d’apaisement, l’OTAN a invité au sommet de Chicago les présidents des États membres de l’OTSC, qui ont tous fait le déplacement, sauf Vladimir Poutine.
Quoi qu’il en soit, le sommet a confirmé que l’OTAN resterait en Afghanistan, non plus en tant que puissance occupante, mais comme soutien à la fantomatique armée afghane [7].
Réduire les dépenses
Alors que le Pentagone lui-même était appelé à modérer ses dépenses, le précédant secrétaire à la Défense, Robert Gates, avait demandé aux alliés de faire un effort significatif et d’augmenter leur budget militaire pour compenser la baisse de celui des États-Unis [8]. Cependant le Pentagone a dû déchanter, les alliés ayant été à leur tour touchés par la crise financière états-unienne. Par conséquent, la réflexion s’est tournée vers les possibilités de dépenser moins (ce que les communicants appellent la « défense intelligente », étant entendu que jusqu’à présent on jetait stupidement l’argent par les fenêtres) [9].
En matière d’armement, dépenser moins, c’est acheter des armes fabriquées en très grande série. Concrètement, cela signifie que les Alliés doivent renoncer à fabriquer leurs propres armes et doivent au contraire les acheter au plus gros fabriquant, c’est-à-dire aux USA. Le problème, c’est que cela signifie pour les alliés une perte de souveraineté, des pertes d’emplois, et l’obligation de continuer à soutenir le dollar, donc d’éponger le déficit US. En résumé, pour être défendus, les alliés doivent sacrifier leur industrie de Défense —s’ils en ont encore une— et offrir leurs devises au Grand frère états-unien.
Le président Obama attendait ses invités avec son catalogue. Cette année, il y avait des promotions sur les drones. Le sommet a approuvé le programme d’acquisition de moyens de surveillance aérienne qui était en discussion depuis une décennie [10]. L’idée de mixer des drones et des avions gros porteurs fabriqués par des consortiums euro-US a été abandonnée au profit du seul achat de drones US. C’est une catastrophe annoncée depuis longtemps pour EADS (Allemagne), Thales (France), Indra (Espagne), Galileo Avionica (Italie), Dutch Space (Pays-Bas), General Dynamics (Canada). Mais c’est au moins 3 milliards d’euros de commandes pour Northrop Grumman et Raytheon (USA), qui sortent grands vainqueurs du sommet. La facture sera répartie entre 13 Etats membres. La France et le Royaume-Uni ont réussi a se retirer de ce guêpier et contribueront au programme avec leur propre matériel.
En outre, le Pentagone a imposé des modifications des règles de fonctionnement interne de l’Alliance de manière à se garantir la possibilité d’utiliser l’OTAN à la carte. A l’origine, l’Organisation était censée se mobiliser dans son ensemble lorsque un de ses membres était attaqué. Aujourd’hui, Washington fixe ses objectifs coloniaux et compose une coalition ad hoc. Par exemple, on a formé une alliance autour de la France et du Royaume-Uni pour détruire la Libye. Les Allemands n’y ont pas participé. Or, ils gèrent la flotte des avions de surveillance AWACS. Il s’en est suivi un moment de désorganisation avant que la coalition puisse utiliser ce matériel. Par conséquent, le Pentagone exige d’avoir un droit de réquisition des matériels de leurs alliés lorsque ceux-ci refusent de participer à une coalition. De ce point de vue, la « défense intelligente » équivaut à prendre ses alliés pour des imbéciles.
Menacer la Russie et la Chine
Pour mettre fin à la dissuasion nucléaire russe et chinoise, les États-Unis ont imaginé de se protéger des missiles ennemis pour pouvoir tirer les leurs sans crainte de représailles. C’est le principe du « bouclier antimissile ». Cependant, il n’existe pas à l’heure actuelle d’intercepteurs capables de détruire en vol les missiles balistiques ultra-sophistiqués russes et chinois. Dès lors, sous l’étiquette fallacieuse de « bouclier antimissile », le Pentagone entend déployer un ensemble de radars capable de surveiller l’espace aérien global et installer le plus près possible de la Russie et de la Chine des missiles les menaçant.
Le secrétariat à la Défense US a d’ores et déjà négocié avec un grand nombre de pays des accords pour installer ces matériels. Il encourage des pactes militaires entre les États qui l’accueillent. Par exemple, il a invité la Jordanie et le Maroc à rejoindre le Conseil de coopération du Golfe et à le transformer en une sorte de nouveau Pacte de Bagdad [11]. En sus, il développe un discours lénifiant pour masquer ses intentions. S’adressant à des ignorants qui n’ont jamais observé une mappemonde, il explique sans rire que les installations développées en Europe centrale ne menacent pas la Russie, mais visent à intercepter des missiles iraniens tirés vers les USA en prenant le chemin des écoliers.
Le sommet de Chicago a entériné le transfert de compétence pour le « bouclier antimissile » du Pentagone à l’OTAN [12]. Là encore, la question n’était pas de savoir comment se protéger d’une imaginaire attaque nucléaire suicide iranienne ou nord-coréenne, mais si l’on veut ou non participer à un projet tourné contre la Russie et la Chine. Prudemment, les États-Unis ont évité la question qui fâche, quitte à ce que certains participants déplorent que l’on ne sache plus à quoi servira l’Alliance dans les prochaines années.
Ne pas rendre compte
Le sommet de Chicago était important par les sujets qu’il a abordé. Il l’était tout autant par ceux qu’il a esquivés : la destruction de la Libye et la dérobade face à la Syrie. Dans toute organisation, les dirigeants sont tenus de présenter un rapport annuel de leurs activités. Pas à l’OTAN. Tant mieux pour eux car leur bilan n’est pas flatteur.
Depuis le dernier sommet, l’Alliance a gagné une guerre contre un ennemi qui ne lui a pas livré bataille. Persuadé jusqu’au dernier moment de pouvoir négocier, Mouammar el-Kadhafi avait interdit à son armée de riposter contre les aéronefs et les navires de l’Alliance. La guerre, la vraie, s’est limitée à la prise de Tripoli. Chacun savait que la population était armée et qu’entrer dans la ville se ferait au prix d’un bain de sang. Certains que des alliés s’y opposeraient, l’amiral James Stavridis, Suprême commandeur de l’OTAN, n’a donc pas porté le sujet devant le Conseil atlantique. Il a organisé une réunion secrète à Naples où seuls les États les plus déterminés ont été conviés. Selon nos informations, la France y était représentée par Alain Juppé [13]. C’est donc à l’insu de certains alliés que la décision a été prise. En définitive, l’OTAN a conquis Tripoli en une semaine, le commandant militaire de la capitale, le général Albarrani Shkal, ayant démobilisé ses hommes et offert la ville à l’envahisseur pour quelques millions de dollars. Les drones et les hélicoptères de combat ont facilement massacré les dizaines de milliers d’habitants, qui pensaient pouvoir défendre leur patrie armés de kalachnikovs. L’OTAN qui était prétendument venue protéger les civils a tué au total 160 000 personnes, sans avoir officiellement subi la moindre perte..
À Chicago, les chefs d’État et de gouvernement ont pu discuter des problèmes capacitaires de cette guerre, mais ni du coup de force du Suprême commandeur, ni du résultat politique qui a suivi avec l’anéantissement de l’État libyen et l’installation au pouvoir des Frères musulmans et d’Al Qaida.
On a également limité les discussions à propos de la Syrie. Les communicants qui avaient utilisé du même prétexte pour viser Damas et Tripoli (le « printemps arabe »), ont une explication toute faite pour expliquer la dérobade : une intervention militaire internationale favoriserait une guerre civile. C’est évidemment plus classieux que de reconnaître le renversement du rapport de force. La Russie a déployé en Syrie le système de défense anti-aérienne le plus performant du monde. Il n’est pas de nature à empêcher un bombardement du pays, mais peut infliger des pertes très sévères aux aéronefs de l’OTAN. L’enjeu n’en vaut pas la chandelle. Aussi peut-on lire dans la Déclaration finale du sommet une banalité qui ne valait pas de réunir 60 chefs d’État et de gouvernement : « Nous suivons l’évolution de la crise syrienne avec une préoccupation croissante et nous soutenons fermement les efforts que déploient l’ONU et la Ligue des États arabes, et notamment la mise en œuvre intégrale du plan Annan en six points » [14].
Thierry Meyssan
http://resistance71.wordpress.com/
[1] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire/Komsomolskaïa Pravda, 9 avril 2011.
[2] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire/Odnako, 6 octobre 2010.
[3] « Massive anti-NATO protests in Chicago », Voltaire Network, 21 mai 2012.
[4] « The Empire Holds Its War Council in Chicago », by Glen Ford, Voltaire Network, 18 mai 2012.
[5] L’Effroyable imposture, par Thierry Meyssan, 2002.
[6] « Déclaration du Sommet de l’OTAN à Chicago concernant l’Afghanistan », Réseau Voltaire, 21 mai 2012.
[7] « Aube rouge sang à Kaboul », par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 9 mai 2012.
[8] « Les gros bras Gates et Rasmussen tentent un nouvelle extorsion de fonds », par Lucille Baume, Réseau Voltaire, 16 juin 2011.
[9] « Quel est le prix de la « défense intelligente » de l’Otan ? », par Manlio Dinucci, Tommaso di Francesco, Réseau Voltaire, 21 mai 2012.
[10] « Déclaration du sommet sur les capacités de défense pour les forces de l’OTAN à l’horizon 2020 », Réseau Voltaire, 20 mai 2012.
[11] Signé en 1955, le Pacte de Bagdad était un complément de l’OTAN réunissant l’Irak du roi Fayçal II, la Turquie d’Adnan Menderes, le Pakistan du gouverneur général Malik Ghulam Muhammad et l’Iran du Shah, sous la houlette des Anglo-Saxons.
[12] « Revue de la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN », Réseau Voltaire, 20 mai 2012.
[13] Ce point a été formellement démenti par son secrétariat, selon lequel le ministre était en vacances à cette date.
[14] « Déclaration du Sommet de l’OTAN à Chicago », Réseau Voltaire, 20 mai 2012.
L’OTAN magnifie son déclin
Thierry Meyssan Le 22 Mai 2012,
url de l’article original: http://www.voltairenet.org/L-OTAN-magnifie-son-declin
Le 25e sommet de l’OTAN n’est pas parvenu à répondre à la question lancinante qui hante l’Organisation depuis l’effondrement de l’URSS : en quoi peut-elle être utile à ses membres, hormis au Royaume-Uni et aux USA ? Toute question sur le massacre de 160 000 Libyens ou sur l’annulation de l’attaque de la Syrie étant écartée, les chefs d’États et de gouvernement ont simplement été sommés de financer le complexe militaro-industriel US.
Le sommet de l’OTAN à Chicago (20-21 mai 2012) ne rassemblait pas seulement les chefs d’État ou de gouvernement des 28 États membres, mais aussi les délégations de 32 autres pays. À ce titre, il manifestait les ambitions désormais globales de l’Organisation.
Officiellement il devait répondre à trois questions principales : Comment contrôler l’Asie centrale ? Comment être plus efficace avec des budgets restreints par la crise financière ? Comment déployer un système offensif de missiles contre la Russie et la Chine ?
Le choix de Chicago pour recevoir le sommet s’explique bien sûr parce que c’est la ville dont est issu le président Barack Obama, et parce qu’elle est aujourd’hui administrée par le faucon Rahm Emanuel, officier de l’armée israélienne.
Un Comité hôte a été composé par le Groupe de Bilderberg [1] autour de la présidente du NDI/NED [2] Madeleine Albright et de John H. Bryan, administrateur principal de la banque Goldman Sachs.
À l’extérieur de la salle de conférence, il ne manquait pas de groupes militants pour manifester contre l’Alliance [3]. Cette turbulence a posé des problèmes de maintien de l’ordre à la municipalité, et a terni l’image du sommet. Cependant, l’OTAN a utilisé la gêne occasionnée pour occuper la presse : tandis que les journalistes se focalisaient sur les excès de la police à l’extérieur de la salle de conférence [4], les chefs d’État et de gouvernement pouvaient discuter en secret de leurs arrangements.
Contrôler de l’Asie centrale
L’intervention alliée en Afghanistan avait été planifiée par les Anglo-Saxons avant les attentats du 11 septembre 2011, bien que ces attentats aient servis à la justifier de manière à y impliquer les alliés [5]. Elle répondait aux intérêts d’une coalition particulière : prendre en tenaille l’Iran (une fois l’Irak envahi) ; s’immiscer dans la zone d’influence russe des ex-États musulmans soviétiques ; ouvrir un couloir de communication pour exploiter le pétrole de la région Caspienne ; contrôler le marché mondial des drogues dérivées du pavot ; faire main basse sur des réserves de minerais précieux.
Dix ans plus tard, l’attaque de l’Iran est repoussée aux calendes grecques tandis que les relations des États-Unis avec la Russie et la Chine ne cessent de se tendre. Juste avant le sommet, Washington a conclu en urgence un Pacte stratégique avec Kaboul. Le retrait des troupes combattantes ne doit pas faire illusion : le Pentagone restera longtemps sur place. Paradoxalement, les Occidentaux ont besoin de troupes en Afghanistan pour menacer les intérêts russes en Asie centrale, mais ils ont besoin de passer par le territoire russe pour approvisionner leurs troupes en Afghanistan.
Au fil des ans, Moscou a donc créé un pacte militaire avec ses anciens partenaires soviétiques, l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). L’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan en font partie (mais pas l’Azerbaïdjan). Puis, Moscou et Pékin ont fondé l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Son objectif initial était uniquement de prévenir l’ingérence anglo-saxonne en Asie centrale, mais elle tend à devenir un Pacte militaire. L’OCS inclut —à titre d’observateurs ou de partenaires— la Mongolie et les États du sous-continent indien (mais toujours pas l’Azerbaïdjan).
La question principale du sommet de Chicago n’était donc pas de savoir si les troupes alliées sont nécessaires à la stabilisation de l’Afghanistan ou si leur mission est terminée [6], mais quels Alliés sont prêts à piétiner durablement les plates-bandes russes (et accessoirement chinoises) ? Dès lors, la décision du président François Hollande de retirer au plus vite les troupes françaises doit être comprise pour ce qu’elle est : non pas simplement mettre fin à une aberrante expédition coloniale, mais surtout refuser de participer à la stratégie impériale anglo-saxonne contre la Russie et la Chine en Asie centrale.
Face au complot anglo-saxon, Moscou a mis en scène sa réponse à travers l’agenda de son président. 7 mai : investiture du président Vladimir Poutine 8 mai : nomination de Dmitry Medvedev comme Premier ministre 9 mai : célébration de la victoire contre l’Allemagne nazie 10 mai : visite du complexe militaro industriel russe 11 mai : réception du président abkhaze 12 mai : réception du président sud-ossète 14-15 mai : rencontre informelle avec les chefs d’États de l’OTSC. On ne peut être plus clair. Le nouveau mandat de Vladimir Poutine sera consacré à se donner les moyens de protéger les marches de la Russie et de la défendre avec ses alliés.
Dans un souci d’apaisement, l’OTAN a invité au sommet de Chicago les présidents des États membres de l’OTSC, qui ont tous fait le déplacement, sauf Vladimir Poutine.
Quoi qu’il en soit, le sommet a confirmé que l’OTAN resterait en Afghanistan, non plus en tant que puissance occupante, mais comme soutien à la fantomatique armée afghane [7].
Réduire les dépenses
Alors que le Pentagone lui-même était appelé à modérer ses dépenses, le précédant secrétaire à la Défense, Robert Gates, avait demandé aux alliés de faire un effort significatif et d’augmenter leur budget militaire pour compenser la baisse de celui des États-Unis [8]. Cependant le Pentagone a dû déchanter, les alliés ayant été à leur tour touchés par la crise financière états-unienne. Par conséquent, la réflexion s’est tournée vers les possibilités de dépenser moins (ce que les communicants appellent la « défense intelligente », étant entendu que jusqu’à présent on jetait stupidement l’argent par les fenêtres) [9].
En matière d’armement, dépenser moins, c’est acheter des armes fabriquées en très grande série. Concrètement, cela signifie que les Alliés doivent renoncer à fabriquer leurs propres armes et doivent au contraire les acheter au plus gros fabriquant, c’est-à-dire aux USA. Le problème, c’est que cela signifie pour les alliés une perte de souveraineté, des pertes d’emplois, et l’obligation de continuer à soutenir le dollar, donc d’éponger le déficit US. En résumé, pour être défendus, les alliés doivent sacrifier leur industrie de Défense —s’ils en ont encore une— et offrir leurs devises au Grand frère états-unien.
Le président Obama attendait ses invités avec son catalogue. Cette année, il y avait des promotions sur les drones. Le sommet a approuvé le programme d’acquisition de moyens de surveillance aérienne qui était en discussion depuis une décennie [10]. L’idée de mixer des drones et des avions gros porteurs fabriqués par des consortiums euro-US a été abandonnée au profit du seul achat de drones US. C’est une catastrophe annoncée depuis longtemps pour EADS (Allemagne), Thales (France), Indra (Espagne), Galileo Avionica (Italie), Dutch Space (Pays-Bas), General Dynamics (Canada). Mais c’est au moins 3 milliards d’euros de commandes pour Northrop Grumman et Raytheon (USA), qui sortent grands vainqueurs du sommet. La facture sera répartie entre 13 Etats membres. La France et le Royaume-Uni ont réussi a se retirer de ce guêpier et contribueront au programme avec leur propre matériel.
En outre, le Pentagone a imposé des modifications des règles de fonctionnement interne de l’Alliance de manière à se garantir la possibilité d’utiliser l’OTAN à la carte. A l’origine, l’Organisation était censée se mobiliser dans son ensemble lorsque un de ses membres était attaqué. Aujourd’hui, Washington fixe ses objectifs coloniaux et compose une coalition ad hoc. Par exemple, on a formé une alliance autour de la France et du Royaume-Uni pour détruire la Libye. Les Allemands n’y ont pas participé. Or, ils gèrent la flotte des avions de surveillance AWACS. Il s’en est suivi un moment de désorganisation avant que la coalition puisse utiliser ce matériel. Par conséquent, le Pentagone exige d’avoir un droit de réquisition des matériels de leurs alliés lorsque ceux-ci refusent de participer à une coalition. De ce point de vue, la « défense intelligente » équivaut à prendre ses alliés pour des imbéciles.
Menacer la Russie et la Chine
Pour mettre fin à la dissuasion nucléaire russe et chinoise, les États-Unis ont imaginé de se protéger des missiles ennemis pour pouvoir tirer les leurs sans crainte de représailles. C’est le principe du « bouclier antimissile ». Cependant, il n’existe pas à l’heure actuelle d’intercepteurs capables de détruire en vol les missiles balistiques ultra-sophistiqués russes et chinois. Dès lors, sous l’étiquette fallacieuse de « bouclier antimissile », le Pentagone entend déployer un ensemble de radars capable de surveiller l’espace aérien global et installer le plus près possible de la Russie et de la Chine des missiles les menaçant.
Le secrétariat à la Défense US a d’ores et déjà négocié avec un grand nombre de pays des accords pour installer ces matériels. Il encourage des pactes militaires entre les États qui l’accueillent. Par exemple, il a invité la Jordanie et le Maroc à rejoindre le Conseil de coopération du Golfe et à le transformer en une sorte de nouveau Pacte de Bagdad [11]. En sus, il développe un discours lénifiant pour masquer ses intentions. S’adressant à des ignorants qui n’ont jamais observé une mappemonde, il explique sans rire que les installations développées en Europe centrale ne menacent pas la Russie, mais visent à intercepter des missiles iraniens tirés vers les USA en prenant le chemin des écoliers.
Le sommet de Chicago a entériné le transfert de compétence pour le « bouclier antimissile » du Pentagone à l’OTAN [12]. Là encore, la question n’était pas de savoir comment se protéger d’une imaginaire attaque nucléaire suicide iranienne ou nord-coréenne, mais si l’on veut ou non participer à un projet tourné contre la Russie et la Chine. Prudemment, les États-Unis ont évité la question qui fâche, quitte à ce que certains participants déplorent que l’on ne sache plus à quoi servira l’Alliance dans les prochaines années.
Ne pas rendre compte
Le sommet de Chicago était important par les sujets qu’il a abordé. Il l’était tout autant par ceux qu’il a esquivés : la destruction de la Libye et la dérobade face à la Syrie. Dans toute organisation, les dirigeants sont tenus de présenter un rapport annuel de leurs activités. Pas à l’OTAN. Tant mieux pour eux car leur bilan n’est pas flatteur.
Depuis le dernier sommet, l’Alliance a gagné une guerre contre un ennemi qui ne lui a pas livré bataille. Persuadé jusqu’au dernier moment de pouvoir négocier, Mouammar el-Kadhafi avait interdit à son armée de riposter contre les aéronefs et les navires de l’Alliance. La guerre, la vraie, s’est limitée à la prise de Tripoli. Chacun savait que la population était armée et qu’entrer dans la ville se ferait au prix d’un bain de sang. Certains que des alliés s’y opposeraient, l’amiral James Stavridis, Suprême commandeur de l’OTAN, n’a donc pas porté le sujet devant le Conseil atlantique. Il a organisé une réunion secrète à Naples où seuls les États les plus déterminés ont été conviés. Selon nos informations, la France y était représentée par Alain Juppé [13]. C’est donc à l’insu de certains alliés que la décision a été prise. En définitive, l’OTAN a conquis Tripoli en une semaine, le commandant militaire de la capitale, le général Albarrani Shkal, ayant démobilisé ses hommes et offert la ville à l’envahisseur pour quelques millions de dollars. Les drones et les hélicoptères de combat ont facilement massacré les dizaines de milliers d’habitants, qui pensaient pouvoir défendre leur patrie armés de kalachnikovs. L’OTAN qui était prétendument venue protéger les civils a tué au total 160 000 personnes, sans avoir officiellement subi la moindre perte..
À Chicago, les chefs d’État et de gouvernement ont pu discuter des problèmes capacitaires de cette guerre, mais ni du coup de force du Suprême commandeur, ni du résultat politique qui a suivi avec l’anéantissement de l’État libyen et l’installation au pouvoir des Frères musulmans et d’Al Qaida.
On a également limité les discussions à propos de la Syrie. Les communicants qui avaient utilisé du même prétexte pour viser Damas et Tripoli (le « printemps arabe »), ont une explication toute faite pour expliquer la dérobade : une intervention militaire internationale favoriserait une guerre civile. C’est évidemment plus classieux que de reconnaître le renversement du rapport de force. La Russie a déployé en Syrie le système de défense anti-aérienne le plus performant du monde. Il n’est pas de nature à empêcher un bombardement du pays, mais peut infliger des pertes très sévères aux aéronefs de l’OTAN. L’enjeu n’en vaut pas la chandelle. Aussi peut-on lire dans la Déclaration finale du sommet une banalité qui ne valait pas de réunir 60 chefs d’État et de gouvernement : « Nous suivons l’évolution de la crise syrienne avec une préoccupation croissante et nous soutenons fermement les efforts que déploient l’ONU et la Ligue des États arabes, et notamment la mise en œuvre intégrale du plan Annan en six points » [14].
Thierry Meyssan
http://resistance71.wordpress.com/
[1] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire/Komsomolskaïa Pravda, 9 avril 2011.
[2] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire/Odnako, 6 octobre 2010.
[3] « Massive anti-NATO protests in Chicago », Voltaire Network, 21 mai 2012.
[4] « The Empire Holds Its War Council in Chicago », by Glen Ford, Voltaire Network, 18 mai 2012.
[5] L’Effroyable imposture, par Thierry Meyssan, 2002.
[6] « Déclaration du Sommet de l’OTAN à Chicago concernant l’Afghanistan », Réseau Voltaire, 21 mai 2012.
[7] « Aube rouge sang à Kaboul », par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 9 mai 2012.
[8] « Les gros bras Gates et Rasmussen tentent un nouvelle extorsion de fonds », par Lucille Baume, Réseau Voltaire, 16 juin 2011.
[9] « Quel est le prix de la « défense intelligente » de l’Otan ? », par Manlio Dinucci, Tommaso di Francesco, Réseau Voltaire, 21 mai 2012.
[10] « Déclaration du sommet sur les capacités de défense pour les forces de l’OTAN à l’horizon 2020 », Réseau Voltaire, 20 mai 2012.
[11] Signé en 1955, le Pacte de Bagdad était un complément de l’OTAN réunissant l’Irak du roi Fayçal II, la Turquie d’Adnan Menderes, le Pakistan du gouverneur général Malik Ghulam Muhammad et l’Iran du Shah, sous la houlette des Anglo-Saxons.
[12] « Revue de la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN », Réseau Voltaire, 20 mai 2012.
[13] Ce point a été formellement démenti par son secrétariat, selon lequel le ministre était en vacances à cette date.
[14] « Déclaration du Sommet de l’OTAN à Chicago », Réseau Voltaire, 20 mai 2012.
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
La fin de la « mondialisation heureuse » : un retour vers des économies plus autocentrées ? (édito 04/08)
Les mois de mars et d'avril 2008 ont été marqués par un tumulte médiatique sur des sujets anecdotiques : les heurs et malheurs d’Ingrid Betancourt, la perturbation du parcours de la flamme olympique, les banderoles de mauvais goût du PSG, les profanations de cimetières ou les agonies télévisées : un programme de divertissement et d'ahurissement de l'opinion qui a permis d'occulter les sujets majeurs. Notamment l'ampleur de la crise économique – 1.000 milliards de dollars de pertes annoncés par le FMI – qui marque la fin de la « mondialisation heureuse ». Heureuse pour certains, sans doute. Mais malheureuse pour beaucoup.
Explications :
Le libre-échangisme mondial
Durant la campagne électorale présidentielle française de 2007, Dominique Strauss-Kahn (DSK) se présenta comme le candidat de la « mondialisation heureuse ». Jolie formule qui ne lui permit pas de devenir président de la République mais qui en a fait un président du Fonds monétaire international (FMI) acceptable pour les Américains.
La « mondialisation heureuse » est l'expression médiatique utilisée pour désigner le libre-échangisme mondial, courant de pensée qui a imposé, au cours des trois dernières décennies, la disparition de tout obstacle à la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des hommes. Selon cette doctrine, la suppression des frontières, en permettant l'allocation optimale des ressources à l'échelle mondiale, déboucherait sur l'amélioration de la situation dans chaque pays et pour chaque groupe social.
Cette doctrine s’est d’autant mieux imposée qu’elle a assis sa domination par un processus de « ringardisation » et de diabolisation de ses adversaires ; s'y opposer c’était prendre le risque de se placer à l'écart de la modernité et de la rationalité économique et par conséquent d’être déconsidéré.
La mondialisation a été « heureuse » pour la superclasse mondiale
Dans « Qui sommes nous », Samuel Huntington décrit l'existence d'une superclasse mondiale : les « cosmocrates », les « transnationaux économiques », qui mettent l'accent sur la mondialisation, les échanges sans frontières et font carrière en se déplaçant d'un pays à l'autre.
http://www.polemia.com/contenu.php?iddoc=1392&cat_id=36
Huntington estime cette population à 20 millions, dont 40% d'Américains, en 2003, avec la perspective qu'elle atteigne 40 millions en 2010.
Ces « transnationaux » ont été les grands bénéficiaires de la mondialisation : aux Etats-Unis, la croissance enregistrée depuis 1996 a bénéficié à moins de 10% de la population, les revenus des autres Américains stagnant. A titre d'exemple et pour la seule année 2006, les bénéfices des cinq plus grandes banques d'affaires new-yorkaises (Goldman Sachs, Lehman Brothers, Bearn Stearns, Morgan Stanley et Merrill Lynch) ont porté sur 28 milliards de dollars. Et 170.000 banquiers et courtiers d'établissements new-yorkais ont reçu cette même année 2006 en moyenne 212.000 euros de bonus annuel. Des sommes qui, comme le dit Madame El Karoui, professeur de mathématiques financières à l'école Polytechnique, aurait dû alerter (1). La crise de 2007 n'a pas modifié ces pratiques puisque les 100 courtiers les mieux payés du monde ont gagné en moyenne 304 millions de dollars, cinq d'entre eux dépassant le milliard de dollars de gains personnels !
En Chine, en 2006, le nombre de Rolls Royce vendues a, lui, augmenté de 60%.
En France, les 3.500 foyers les plus riches ont vu leurs revenus réels progresser de 43% de 1998 à 2005.
Ces évolutions ne reflètent évidemment pas la croissance générale.
L'ouverture des frontières européennes s'est accompagnée du ralentissement de la croissance française
De 1947 à 1957 puis de 1957 à 1967 l'économie française a vécu dans une ambiance protectionniste, stricto française d'abord, européenne ensuite avec le tarif extérieur commun ; durant cette période, la croissance moyenne annuelle a été de 5,4% (2).
L'aboutissement des négociations Kennedy et de celles de Tokyo, puis les enchaînements libre-échangistes qui ont suivi ont abouti à une suppression progressive des frontières ; parallèlement le taux annuel de croissance a reculé à 3,3% durant la période 1967/1980, puis à 2,12% de 1979 à 2005.
Le taux de chômage initialement à 2% s'est installé autour de 10% bien que la mise en place de préretraites, d'un côté, du RMI et des minima sociaux, de l'autre, contribue à le minorer.
Encore faut-il nuancer ce taux de 2,12% de croissance annuelle puisqu'il tombe à 0,52% pour le revenu moyen disponible des ménages, la croissance nominale étant à partager entre un plus grand nombre de bénéficiaires du fait de l'immigration, d'une part, du vieillissement de la population, de l'autre ; le vieillissement s'accompagnant par ailleurs de la marchandisation de tâches familiales et domestiques qui n'entraient pas jusqu'ici dans le cadre de la comptabilité nationale et contribuant ainsi indirectement à une augmentation du PIB en partie artificieuse.
Ajoutons que de 1998 à 2005 les revenus déclarés par 31,5 millions de foyers fiscaux, soit 90% de la population fiscale, n'ont augmenté que de 4,6% (3).
Enfin, la mondialisation et la financiarisation se sont accompagnées d'une amélioration de la situation des détenteurs de capitaux (rentes et fonds de retraites notamment) au détriment des producteurs et des jeunes.
En France, l'écart entre les jeunes et les vieux actifs, notamment pour les cadres, s'est accru pour la génération née entre 1970/1980 par rapport à la situation connue par la génération née de 1950 à 1970. Ce sont les classes d'âge jeune et en âge de constituer les familles qui se sont trouvées financièrement pénalisées, ce qui contribue à la baisse du taux de fécondité et au déclin démographique des populations européennes.
Libre échange et financiarisation : l'augmentation des coûts de friction économiques et sociaux
Le libre-échange international et la financiarisation de l'économie n'ont cessé de pousser les entreprises à améliorer leur compétitivité.
Des efforts considérables ont été accomplis en France et en Europe pour diminuer les coûts de production ; ils ont porté sur l'amélioration de la productivité des industries et des services et souvent débouché sur la délocalisation d'une partie de la production (4).
Si une partie de ces efforts ont bénéficié aux consommateurs, d'un côté, et à ceux des travailleurs qui ont pu garder leur emploi, de l'autre, ils n'ont pas été, non plus, sans augmenter les coûts de friction économiques, sociaux et psychologiques.
D'abord, le courtermisme et la versatilité des marchés (notamment des devises et des matières premières) n’ont cessé de rendre difficile, voire impossible, l'allocation optimale des ressources. D'autant que les changements rapides de stratégies et les chocs brutaux des prix ne sont pas absorbables sans dommages ni gaspillages. Tout cela fragilise l'inscription dans la durée des projets de vie professionnels et personnels.
Enfin, la sortie de l'emploi – de manière provisoire ou définitive – de nombreux agents économiques engendre un coût social élevé pour la collectivité, les gains économiques en termes de productivité étant souvent compensés par des charges sociales et fiscales supplémentaires. En termes de revenus le jeu risque alors d'être à somme nulle tout en étant à somme négative en termes d'équilibre social et psychologique.
C'est ce qui a conduit Giulio Tremonti, vice-président de Forza Italia, à rompre avec le libéralisme mondialiste dans son livre « Crainte et Espoir ». Il y dénonce la vélocité et la violence dans le processus de compétitivité et voit dans la précarité de l'emploi et la chute du pouvoir d'achat la conséquence de la « folie de la mondialisation ». Dénonçant à l'origine de ce phénomène (5) « un groupe de fous, d'illuminés ayant décidé dans les vingt dernières années de diviser le monde en deux : production à bas coût en Asie et consommation aux Etats-Unis et en Europe. Et au final la situation a empiré pour nous comme en Asie ».
Libre-échange et spéculation : l'émergence d'une crise alimentaire mondiale
L'ouverture générale des frontières tout comme la spéculation débouche aujourd'hui sur le retour d'une crise alimentaire dans certains pays d'Afrique ou d'Asie.
D'abord, l'accès à la richesse de centaines de millions d'Indiens et de Chinois modifie leurs habitudes alimentaires. La viande qu'ils consomment désormais, poulets ou porcs, augmente la demande en céréales et oléagineux qu'il faut produire pour nourrir le bétail ou les volailles, ce qui crée une tension dans l'économie réelle entre l'offre et la demande, conduisant à une hausse des prix. Celle-ci est amplifiée par les mouvements spéculatifs, la crise boursière et l'éclatement de la bulle immobilière conduisant les détenteurs de capitaux et les acteurs des marchés à terme à rechercher d'autres placements.
En se portant sur les matières premières et les produits alimentaires, l'économie casino déclenche leur renchérissement. Cela nourrit les craintes légitimes sur le pouvoir d'achat dans les pays développés et se traduit par des révoltes frumentaires dans de nombreux pays d'Afrique, comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, l'Egypte ou les Caraïbes comme Haïti, voire d'Asie du Sud (Bengladesh).
Enfin certains producteurs de riz comme le Vietnam, la Thaïlande ou l'Inde ont choisi de protéger la consommation de leurs nationaux en limitant leurs exportations.
Vers un retour à des économies réelles plus autocentrées
Selon de nombreux analystes, la crise actuelle est la plus profonde depuis la grande dépression de 1929. Son ampleur doit conduire à une complète réorientation de l'économie mondiale :
– d'abord par l'arrêt de la fabrication artificielle de monnaie, la limitation de l'endettement des acteurs financiers et une meilleure couverture des risques qu'ils prennent par l'existence d'actifs réels pour les garantir ;
– ensuite par une meilleure maîtrise des autorités nationales sur les grands échanges économiques ; sauf à dénier toute souveraineté aux Etats – et à vider la démocratie de tout sens dans les pays qui la pratiquent encore – il faut rapprocher les centres de décisions politiques et les centres de décisions économiques ; ce que la mondialisation ne permet pas ;
– les pays les moins développés seront d'ailleurs conduits à agir dans le sens de la recherche de l’autosuffisance pour des raisons sociales : garantir l'accès aux produits alimentaires de première nécessité (céréales, oléagineux) à leur population ;
– les pays les plus avancés seront, eux, conduits aux mêmes nécessités pour protéger la rareté de leurs espaces et la qualité de leur environnement ; des règles strictes dans ces domaines étant difficilement compatibles avec la mise en compétition des entreprises européennes avec celles des pays aux normes beaucoup moins exigeantes.
Il faut reconstruire l'ordre économique des nations, selon les perspectives tracées depuis plus de 10 ans déjà par le prix Nobel français d'économie Maurice Allais, politiquement incorrect mais économiquement lucide !
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/m ... s_1998.htm
http://www.polemia.com
NOTES :
(1) Dans « Le Monde » du 29 mars 2008. La Lettre de Polémia de janvier 2007 avait signalé le caractère exorbitant de ces chiffres.
(2) Pierre Milloz, « Les frontières ou le chômage », Editions nationales.
(3) Camille Landais, « Les hauts revenus en France (1988/2006) », Paris School of economics, 2007.
(4) Voir le dossier de Polémia sur « Les stratégies possibles pour les entreprises industrielles dans la mondialisation » :
http://www.polemia.com/campagne.php?idd ... &cat_id=62
(5) Le 6 mars 2008 sur la 2e chaîne de télévision de la RAI.
Les mois de mars et d'avril 2008 ont été marqués par un tumulte médiatique sur des sujets anecdotiques : les heurs et malheurs d’Ingrid Betancourt, la perturbation du parcours de la flamme olympique, les banderoles de mauvais goût du PSG, les profanations de cimetières ou les agonies télévisées : un programme de divertissement et d'ahurissement de l'opinion qui a permis d'occulter les sujets majeurs. Notamment l'ampleur de la crise économique – 1.000 milliards de dollars de pertes annoncés par le FMI – qui marque la fin de la « mondialisation heureuse ». Heureuse pour certains, sans doute. Mais malheureuse pour beaucoup.
Explications :
Le libre-échangisme mondial
Durant la campagne électorale présidentielle française de 2007, Dominique Strauss-Kahn (DSK) se présenta comme le candidat de la « mondialisation heureuse ». Jolie formule qui ne lui permit pas de devenir président de la République mais qui en a fait un président du Fonds monétaire international (FMI) acceptable pour les Américains.
La « mondialisation heureuse » est l'expression médiatique utilisée pour désigner le libre-échangisme mondial, courant de pensée qui a imposé, au cours des trois dernières décennies, la disparition de tout obstacle à la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des hommes. Selon cette doctrine, la suppression des frontières, en permettant l'allocation optimale des ressources à l'échelle mondiale, déboucherait sur l'amélioration de la situation dans chaque pays et pour chaque groupe social.
Cette doctrine s’est d’autant mieux imposée qu’elle a assis sa domination par un processus de « ringardisation » et de diabolisation de ses adversaires ; s'y opposer c’était prendre le risque de se placer à l'écart de la modernité et de la rationalité économique et par conséquent d’être déconsidéré.
La mondialisation a été « heureuse » pour la superclasse mondiale
Dans « Qui sommes nous », Samuel Huntington décrit l'existence d'une superclasse mondiale : les « cosmocrates », les « transnationaux économiques », qui mettent l'accent sur la mondialisation, les échanges sans frontières et font carrière en se déplaçant d'un pays à l'autre.
http://www.polemia.com/contenu.php?iddoc=1392&cat_id=36
Huntington estime cette population à 20 millions, dont 40% d'Américains, en 2003, avec la perspective qu'elle atteigne 40 millions en 2010.
Ces « transnationaux » ont été les grands bénéficiaires de la mondialisation : aux Etats-Unis, la croissance enregistrée depuis 1996 a bénéficié à moins de 10% de la population, les revenus des autres Américains stagnant. A titre d'exemple et pour la seule année 2006, les bénéfices des cinq plus grandes banques d'affaires new-yorkaises (Goldman Sachs, Lehman Brothers, Bearn Stearns, Morgan Stanley et Merrill Lynch) ont porté sur 28 milliards de dollars. Et 170.000 banquiers et courtiers d'établissements new-yorkais ont reçu cette même année 2006 en moyenne 212.000 euros de bonus annuel. Des sommes qui, comme le dit Madame El Karoui, professeur de mathématiques financières à l'école Polytechnique, aurait dû alerter (1). La crise de 2007 n'a pas modifié ces pratiques puisque les 100 courtiers les mieux payés du monde ont gagné en moyenne 304 millions de dollars, cinq d'entre eux dépassant le milliard de dollars de gains personnels !
En Chine, en 2006, le nombre de Rolls Royce vendues a, lui, augmenté de 60%.
En France, les 3.500 foyers les plus riches ont vu leurs revenus réels progresser de 43% de 1998 à 2005.
Ces évolutions ne reflètent évidemment pas la croissance générale.
L'ouverture des frontières européennes s'est accompagnée du ralentissement de la croissance française
De 1947 à 1957 puis de 1957 à 1967 l'économie française a vécu dans une ambiance protectionniste, stricto française d'abord, européenne ensuite avec le tarif extérieur commun ; durant cette période, la croissance moyenne annuelle a été de 5,4% (2).
L'aboutissement des négociations Kennedy et de celles de Tokyo, puis les enchaînements libre-échangistes qui ont suivi ont abouti à une suppression progressive des frontières ; parallèlement le taux annuel de croissance a reculé à 3,3% durant la période 1967/1980, puis à 2,12% de 1979 à 2005.
Le taux de chômage initialement à 2% s'est installé autour de 10% bien que la mise en place de préretraites, d'un côté, du RMI et des minima sociaux, de l'autre, contribue à le minorer.
Encore faut-il nuancer ce taux de 2,12% de croissance annuelle puisqu'il tombe à 0,52% pour le revenu moyen disponible des ménages, la croissance nominale étant à partager entre un plus grand nombre de bénéficiaires du fait de l'immigration, d'une part, du vieillissement de la population, de l'autre ; le vieillissement s'accompagnant par ailleurs de la marchandisation de tâches familiales et domestiques qui n'entraient pas jusqu'ici dans le cadre de la comptabilité nationale et contribuant ainsi indirectement à une augmentation du PIB en partie artificieuse.
Ajoutons que de 1998 à 2005 les revenus déclarés par 31,5 millions de foyers fiscaux, soit 90% de la population fiscale, n'ont augmenté que de 4,6% (3).
Enfin, la mondialisation et la financiarisation se sont accompagnées d'une amélioration de la situation des détenteurs de capitaux (rentes et fonds de retraites notamment) au détriment des producteurs et des jeunes.
En France, l'écart entre les jeunes et les vieux actifs, notamment pour les cadres, s'est accru pour la génération née entre 1970/1980 par rapport à la situation connue par la génération née de 1950 à 1970. Ce sont les classes d'âge jeune et en âge de constituer les familles qui se sont trouvées financièrement pénalisées, ce qui contribue à la baisse du taux de fécondité et au déclin démographique des populations européennes.
Libre échange et financiarisation : l'augmentation des coûts de friction économiques et sociaux
Le libre-échange international et la financiarisation de l'économie n'ont cessé de pousser les entreprises à améliorer leur compétitivité.
Des efforts considérables ont été accomplis en France et en Europe pour diminuer les coûts de production ; ils ont porté sur l'amélioration de la productivité des industries et des services et souvent débouché sur la délocalisation d'une partie de la production (4).
Si une partie de ces efforts ont bénéficié aux consommateurs, d'un côté, et à ceux des travailleurs qui ont pu garder leur emploi, de l'autre, ils n'ont pas été, non plus, sans augmenter les coûts de friction économiques, sociaux et psychologiques.
D'abord, le courtermisme et la versatilité des marchés (notamment des devises et des matières premières) n’ont cessé de rendre difficile, voire impossible, l'allocation optimale des ressources. D'autant que les changements rapides de stratégies et les chocs brutaux des prix ne sont pas absorbables sans dommages ni gaspillages. Tout cela fragilise l'inscription dans la durée des projets de vie professionnels et personnels.
Enfin, la sortie de l'emploi – de manière provisoire ou définitive – de nombreux agents économiques engendre un coût social élevé pour la collectivité, les gains économiques en termes de productivité étant souvent compensés par des charges sociales et fiscales supplémentaires. En termes de revenus le jeu risque alors d'être à somme nulle tout en étant à somme négative en termes d'équilibre social et psychologique.
C'est ce qui a conduit Giulio Tremonti, vice-président de Forza Italia, à rompre avec le libéralisme mondialiste dans son livre « Crainte et Espoir ». Il y dénonce la vélocité et la violence dans le processus de compétitivité et voit dans la précarité de l'emploi et la chute du pouvoir d'achat la conséquence de la « folie de la mondialisation ». Dénonçant à l'origine de ce phénomène (5) « un groupe de fous, d'illuminés ayant décidé dans les vingt dernières années de diviser le monde en deux : production à bas coût en Asie et consommation aux Etats-Unis et en Europe. Et au final la situation a empiré pour nous comme en Asie ».
Libre-échange et spéculation : l'émergence d'une crise alimentaire mondiale
L'ouverture générale des frontières tout comme la spéculation débouche aujourd'hui sur le retour d'une crise alimentaire dans certains pays d'Afrique ou d'Asie.
D'abord, l'accès à la richesse de centaines de millions d'Indiens et de Chinois modifie leurs habitudes alimentaires. La viande qu'ils consomment désormais, poulets ou porcs, augmente la demande en céréales et oléagineux qu'il faut produire pour nourrir le bétail ou les volailles, ce qui crée une tension dans l'économie réelle entre l'offre et la demande, conduisant à une hausse des prix. Celle-ci est amplifiée par les mouvements spéculatifs, la crise boursière et l'éclatement de la bulle immobilière conduisant les détenteurs de capitaux et les acteurs des marchés à terme à rechercher d'autres placements.
En se portant sur les matières premières et les produits alimentaires, l'économie casino déclenche leur renchérissement. Cela nourrit les craintes légitimes sur le pouvoir d'achat dans les pays développés et se traduit par des révoltes frumentaires dans de nombreux pays d'Afrique, comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, l'Egypte ou les Caraïbes comme Haïti, voire d'Asie du Sud (Bengladesh).
Enfin certains producteurs de riz comme le Vietnam, la Thaïlande ou l'Inde ont choisi de protéger la consommation de leurs nationaux en limitant leurs exportations.
Vers un retour à des économies réelles plus autocentrées
Selon de nombreux analystes, la crise actuelle est la plus profonde depuis la grande dépression de 1929. Son ampleur doit conduire à une complète réorientation de l'économie mondiale :
– d'abord par l'arrêt de la fabrication artificielle de monnaie, la limitation de l'endettement des acteurs financiers et une meilleure couverture des risques qu'ils prennent par l'existence d'actifs réels pour les garantir ;
– ensuite par une meilleure maîtrise des autorités nationales sur les grands échanges économiques ; sauf à dénier toute souveraineté aux Etats – et à vider la démocratie de tout sens dans les pays qui la pratiquent encore – il faut rapprocher les centres de décisions politiques et les centres de décisions économiques ; ce que la mondialisation ne permet pas ;
– les pays les moins développés seront d'ailleurs conduits à agir dans le sens de la recherche de l’autosuffisance pour des raisons sociales : garantir l'accès aux produits alimentaires de première nécessité (céréales, oléagineux) à leur population ;
– les pays les plus avancés seront, eux, conduits aux mêmes nécessités pour protéger la rareté de leurs espaces et la qualité de leur environnement ; des règles strictes dans ces domaines étant difficilement compatibles avec la mise en compétition des entreprises européennes avec celles des pays aux normes beaucoup moins exigeantes.
Il faut reconstruire l'ordre économique des nations, selon les perspectives tracées depuis plus de 10 ans déjà par le prix Nobel français d'économie Maurice Allais, politiquement incorrect mais économiquement lucide !
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/m ... s_1998.htm
http://www.polemia.com
NOTES :
(1) Dans « Le Monde » du 29 mars 2008. La Lettre de Polémia de janvier 2007 avait signalé le caractère exorbitant de ces chiffres.
(2) Pierre Milloz, « Les frontières ou le chômage », Editions nationales.
(3) Camille Landais, « Les hauts revenus en France (1988/2006) », Paris School of economics, 2007.
(4) Voir le dossier de Polémia sur « Les stratégies possibles pour les entreprises industrielles dans la mondialisation » :
http://www.polemia.com/campagne.php?idd ... &cat_id=62
(5) Le 6 mars 2008 sur la 2e chaîne de télévision de la RAI.
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (1)
Le 27 mars dernier, j’annonçais un colloque à Paris sur le 35e anniversaire du regroupement familial, funeste décision entre toutes, prise par décret par le duo Giscard/Chirac. Un de mes subtils lecteurs m’adressait alors un défi. Vous relirez ci-dessous les trois messages qu’il m’envoyait sur le sujet. Encore que je trouve qu’il exagère peut-être un peu sur les chiffres. 15 millions d’étrangers, ça me paraît quand même beaucoup. J’avais déjà rencontré le Gisti, mais je n’avais jamais vraiment étudié la question. Ces quatre énarques planqués m’ont beaucoup fait réfléchir et ma foi, après beaucoup de travail, de recherches et de recoupements, je pense avoir réussi à dénicher ces quatre oiseaux. Qui ont généralement fait leur nid bien douillet au sommet de la pyramide alors qu’ils enjoignaient avec rudesse à ceux du bas de se pousser pour faire entrer tous ceux qui le souhaitaient.
Je vous demande néanmoins un peu de patience. Car il faut bien au préalable se remémorer les choses et leur contexte. Aujourd’hui, je vous redonne le point de départ : le défi. Typiquement le genre de chose que j’apprécie. Demain, nous parlerons un peu du Gisti et des éléments qui ont servi de base à l’enquête. Et après-demain, nous attaquerons les courageux personnages qui ont jusqu’ici préféré l’anonymat. A tort, ils devraient pavoiser au contraire car ils ont magistralement réussi leur coup. Dame, des énarques, forcément …
« Ce ne sont pas les lois et règlements pris par Giscard et Lionel Stoléru qui ont enclenché le processus d'immigration de peuplement massive.
C'est le GISTI qui par ses actions a paralysé l'application des dispositions qui prévoyaient la fin de l'immigration de travail et le rapatriement de tous les immigrés sans travail et sans ressources propres depuis longtemps.
Le GISTI avait été créé par 4 jeunes énarques dont les noms étaient, selon Liora Israël lorsqu'elle a organisé un colloque sur les trente ans de sa fondation, toujours secrets car certains sont toujours en activité.
Ce sont ces 4 personnes qui sont les premiers coupables de l'installation de 12 millions d'Africains en France depuis 30 ans.
Vous ne pouvez pas tenir sérieusement un colloque sur ce sujet sans les avoir identifiés. »
« Le texte de ce décret, c'est ça :
"Le conjoint et les enfants de moins de dix-huit ans d'un ressortissant étranger régulièrement autorisé à résider sur le territoire français, qui viennent le rejoindre dans les conditions prévues à l'article 5-1 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, ne peuvent se voir refuser l'autorisation d'accès au territoire français et l'octroi d'un titre de séjour que pour l'un des motifs suivants :
1° L'étranger concerné ne justifie pas d'une année de résidence en France en situation régulière ;
2° L'étranger concerné ne dispose pas de ressources stables, suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille
3° Les conditions de logement que l'étranger se propose d'assurer à sa famille sont inadaptées
4° La présence du ou des membres de la famille sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public
5° Les résultats du contrôle médical auquel doivent se soumettre, dans leur pays d'origine, le ou les membres de la famille font apparaître qu'ils sont atteints de maladies ou d'infirmités pouvant mettre en danger la santé publique, l'ordre public ou la sécurité publique ; "
Autrement dit, c'est un énoncé des motifs permettant de refuser un titre de séjour.
Il complétait plusieurs dispositions prévoyant l'arrêt complet de l'immigration et le retour dans leur pays des immigrés au chômage et sans ressources.
Or, c'est le GISTI, d'abord officine clandestine créée par 4 énarques qui étaient proches du Conseil d'État, dont le but était de fabriquer du contentieux et de générer une jurisprudence rendant la plus restrictive possible l'application de ces textes.
Par ailleurs, il y a la modification du Code de la nationalité, et toute la doctrine administrative infiniment extensive issue du contentieux fabriqué aussi par le GISTI (p. e. le prétendu droit au maintien sur le sol des parents d'enfants dits Français, mais en réalité potentiellement français s’ils restent en France jusqu'à leur majorité).
Ce ne sont donc pas les textes, mais la façon dont ils ont été dévoyés, qui a permis l'immigration massive.
Ensuite en 1981 le GISTI a été rendu officiel, et il est devenu le créateur de la doctrine de la politique d'immigration.
Cherchez ces 4 noms, vous aurez la clef.... »
« La suite du décret :
" La demande d'autorisation d'accès et de séjour au titre du regroupement familial est adressée par l'étranger concerné au commissaire de la République du département de sa résidence. Elle justifie qu'elle ne se heurte à aucun des motifs de refus énoncés aux 1°, 2° et 3° de l'alinéa ci-dessus.
Après vérification de ces justifications '''et s'il apparaît que le motif mentionné au 4° du premier alinéa ci-dessus ne s'oppose pas à leur présence sur le territoire français''', le ou les membres de la famille sont invités à se soumettre au contrôle médical prévu au 5° du même alinéa. Lorsque ce contrôle se révèle satisfaisant, le ou les membres de la famille reçoivent l'autorisation d'entrer en France au titre du regroupement familial et, si un tel titre est requis, un visa de séjour d'une durée supérieure à trois mois .
Un titre de séjour de même nature que celui détenu par la personne qu'ils rejoignent et emportant le cas échéant autorisation de travail est délivré à leur arrivée en France. "
Le 4°) permettait de refuser le séjour pour la simple raison qu'il y a du chômage en France.
La quasi-totalité des immigrés à cette époque avaient des titres de séjour de travail temporaires renouvelables chaque année. C'est tout ce que pouvait obtenir un membre de la famille.
Il n'était absolument pas question de donner quoi que ce soit à des clandestins.
C'est le GISTI, et lui seul, qui a transformé ces décrets en instrument d'une politique d'immigration de peuplement sans limites.
Je persiste à dire que ce n'est pas ce décret qui a ouvert les vannes, mais la façon dont il a été appliqué de façon complètement dévoyée, à cause du GISTI.
Dans la mesure où il prévoyait un chassé croisé: tous les immigrés sans travail devaient rentrer chez eux, tandis que les immigrés ayant un travail, un logement assez grand et confortable, pouvaient faire venir leur famille sans qu'elle ait plus de droits qu'eux aussi bien pour la durée du permis de séjour que pour les droits sociaux. Cette autorisation temporaire était en outre conditionnée par le fait de ne pas porter atteinte à l'ordre public, ce qui permettait de limiter autant qu'on voulait le nombre.
Ce décret aurait aussi bien pu être le début d'un reflux de l'immigration en France, et s’il ne l'a pas été, c'est à cause de la jurisprudence du Conseil d'État, provoquée par le GISTI, qui lui a donné une interprétation complètement abusive en bloquant tous les cas de retour, et en étendant indéfiniment les cas de regroupement familial. On ne peut pas imputer aux auteurs du décret la volonté d'augmenter la population immigrée, j'aurais tendance à penser le contraire, car les textes de Stoléru qu'on accuse d'avoir fait une politique immigrationniste, ne l'étaient pas, ce qui lui valait d'une certaine gauche l'accusation de xénophobie et d'antisémitisme.
J'avais bien repéré celui des fondateurs qui était breton, mais impossible d'identifier les trois autres. Il est possible que ce soient trois autres Bretons.
Ou des calvinistes du type unionistes, puisqu'on trouve ces comploteurs (leur action se faisaient au début dans le secret) installés jusqu'en 1981 dans les bureaux de la CIMADE. Ensuite, M. Badinter qui les connaissait bien, leur a donné une position institutionnelle officielle.
Nos compatriotes ont le droit de savoir qui, parmi les hommes politiques vivants, a voulu et planifié l'installation de 15 millions d'étrangers inassimilables, et cela d'autant plus qu'ils n'assument pas la responsabilité de leurs actes.
Allez, chère Anne, taïaut, F2, F3, F4, trois sales bêtes à pister et à lever, peut-être à ajouter à votre galerie des Affreux, un tableau de chasse pour le 9 Avril 2011, bon chien chasse de race. »
A.Kling http://france-licratisee.hautetfort.com
Le 27 mars dernier, j’annonçais un colloque à Paris sur le 35e anniversaire du regroupement familial, funeste décision entre toutes, prise par décret par le duo Giscard/Chirac. Un de mes subtils lecteurs m’adressait alors un défi. Vous relirez ci-dessous les trois messages qu’il m’envoyait sur le sujet. Encore que je trouve qu’il exagère peut-être un peu sur les chiffres. 15 millions d’étrangers, ça me paraît quand même beaucoup. J’avais déjà rencontré le Gisti, mais je n’avais jamais vraiment étudié la question. Ces quatre énarques planqués m’ont beaucoup fait réfléchir et ma foi, après beaucoup de travail, de recherches et de recoupements, je pense avoir réussi à dénicher ces quatre oiseaux. Qui ont généralement fait leur nid bien douillet au sommet de la pyramide alors qu’ils enjoignaient avec rudesse à ceux du bas de se pousser pour faire entrer tous ceux qui le souhaitaient.
Je vous demande néanmoins un peu de patience. Car il faut bien au préalable se remémorer les choses et leur contexte. Aujourd’hui, je vous redonne le point de départ : le défi. Typiquement le genre de chose que j’apprécie. Demain, nous parlerons un peu du Gisti et des éléments qui ont servi de base à l’enquête. Et après-demain, nous attaquerons les courageux personnages qui ont jusqu’ici préféré l’anonymat. A tort, ils devraient pavoiser au contraire car ils ont magistralement réussi leur coup. Dame, des énarques, forcément …
« Ce ne sont pas les lois et règlements pris par Giscard et Lionel Stoléru qui ont enclenché le processus d'immigration de peuplement massive.
C'est le GISTI qui par ses actions a paralysé l'application des dispositions qui prévoyaient la fin de l'immigration de travail et le rapatriement de tous les immigrés sans travail et sans ressources propres depuis longtemps.
Le GISTI avait été créé par 4 jeunes énarques dont les noms étaient, selon Liora Israël lorsqu'elle a organisé un colloque sur les trente ans de sa fondation, toujours secrets car certains sont toujours en activité.
Ce sont ces 4 personnes qui sont les premiers coupables de l'installation de 12 millions d'Africains en France depuis 30 ans.
Vous ne pouvez pas tenir sérieusement un colloque sur ce sujet sans les avoir identifiés. »
« Le texte de ce décret, c'est ça :
"Le conjoint et les enfants de moins de dix-huit ans d'un ressortissant étranger régulièrement autorisé à résider sur le territoire français, qui viennent le rejoindre dans les conditions prévues à l'article 5-1 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, ne peuvent se voir refuser l'autorisation d'accès au territoire français et l'octroi d'un titre de séjour que pour l'un des motifs suivants :
1° L'étranger concerné ne justifie pas d'une année de résidence en France en situation régulière ;
2° L'étranger concerné ne dispose pas de ressources stables, suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille
3° Les conditions de logement que l'étranger se propose d'assurer à sa famille sont inadaptées
4° La présence du ou des membres de la famille sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public
5° Les résultats du contrôle médical auquel doivent se soumettre, dans leur pays d'origine, le ou les membres de la famille font apparaître qu'ils sont atteints de maladies ou d'infirmités pouvant mettre en danger la santé publique, l'ordre public ou la sécurité publique ; "
Autrement dit, c'est un énoncé des motifs permettant de refuser un titre de séjour.
Il complétait plusieurs dispositions prévoyant l'arrêt complet de l'immigration et le retour dans leur pays des immigrés au chômage et sans ressources.
Or, c'est le GISTI, d'abord officine clandestine créée par 4 énarques qui étaient proches du Conseil d'État, dont le but était de fabriquer du contentieux et de générer une jurisprudence rendant la plus restrictive possible l'application de ces textes.
Par ailleurs, il y a la modification du Code de la nationalité, et toute la doctrine administrative infiniment extensive issue du contentieux fabriqué aussi par le GISTI (p. e. le prétendu droit au maintien sur le sol des parents d'enfants dits Français, mais en réalité potentiellement français s’ils restent en France jusqu'à leur majorité).
Ce ne sont donc pas les textes, mais la façon dont ils ont été dévoyés, qui a permis l'immigration massive.
Ensuite en 1981 le GISTI a été rendu officiel, et il est devenu le créateur de la doctrine de la politique d'immigration.
Cherchez ces 4 noms, vous aurez la clef.... »
« La suite du décret :
" La demande d'autorisation d'accès et de séjour au titre du regroupement familial est adressée par l'étranger concerné au commissaire de la République du département de sa résidence. Elle justifie qu'elle ne se heurte à aucun des motifs de refus énoncés aux 1°, 2° et 3° de l'alinéa ci-dessus.
Après vérification de ces justifications '''et s'il apparaît que le motif mentionné au 4° du premier alinéa ci-dessus ne s'oppose pas à leur présence sur le territoire français''', le ou les membres de la famille sont invités à se soumettre au contrôle médical prévu au 5° du même alinéa. Lorsque ce contrôle se révèle satisfaisant, le ou les membres de la famille reçoivent l'autorisation d'entrer en France au titre du regroupement familial et, si un tel titre est requis, un visa de séjour d'une durée supérieure à trois mois .
Un titre de séjour de même nature que celui détenu par la personne qu'ils rejoignent et emportant le cas échéant autorisation de travail est délivré à leur arrivée en France. "
Le 4°) permettait de refuser le séjour pour la simple raison qu'il y a du chômage en France.
La quasi-totalité des immigrés à cette époque avaient des titres de séjour de travail temporaires renouvelables chaque année. C'est tout ce que pouvait obtenir un membre de la famille.
Il n'était absolument pas question de donner quoi que ce soit à des clandestins.
C'est le GISTI, et lui seul, qui a transformé ces décrets en instrument d'une politique d'immigration de peuplement sans limites.
Je persiste à dire que ce n'est pas ce décret qui a ouvert les vannes, mais la façon dont il a été appliqué de façon complètement dévoyée, à cause du GISTI.
Dans la mesure où il prévoyait un chassé croisé: tous les immigrés sans travail devaient rentrer chez eux, tandis que les immigrés ayant un travail, un logement assez grand et confortable, pouvaient faire venir leur famille sans qu'elle ait plus de droits qu'eux aussi bien pour la durée du permis de séjour que pour les droits sociaux. Cette autorisation temporaire était en outre conditionnée par le fait de ne pas porter atteinte à l'ordre public, ce qui permettait de limiter autant qu'on voulait le nombre.
Ce décret aurait aussi bien pu être le début d'un reflux de l'immigration en France, et s’il ne l'a pas été, c'est à cause de la jurisprudence du Conseil d'État, provoquée par le GISTI, qui lui a donné une interprétation complètement abusive en bloquant tous les cas de retour, et en étendant indéfiniment les cas de regroupement familial. On ne peut pas imputer aux auteurs du décret la volonté d'augmenter la population immigrée, j'aurais tendance à penser le contraire, car les textes de Stoléru qu'on accuse d'avoir fait une politique immigrationniste, ne l'étaient pas, ce qui lui valait d'une certaine gauche l'accusation de xénophobie et d'antisémitisme.
J'avais bien repéré celui des fondateurs qui était breton, mais impossible d'identifier les trois autres. Il est possible que ce soient trois autres Bretons.
Ou des calvinistes du type unionistes, puisqu'on trouve ces comploteurs (leur action se faisaient au début dans le secret) installés jusqu'en 1981 dans les bureaux de la CIMADE. Ensuite, M. Badinter qui les connaissait bien, leur a donné une position institutionnelle officielle.
Nos compatriotes ont le droit de savoir qui, parmi les hommes politiques vivants, a voulu et planifié l'installation de 15 millions d'étrangers inassimilables, et cela d'autant plus qu'ils n'assument pas la responsabilité de leurs actes.
Allez, chère Anne, taïaut, F2, F3, F4, trois sales bêtes à pister et à lever, peut-être à ajouter à votre galerie des Affreux, un tableau de chasse pour le 9 Avril 2011, bon chien chasse de race. »
A.Kling http://france-licratisee.hautetfort.com
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Le mondialisme en guerre contre le nationalisme
« Ce sont les folles idées qui bâtissent le monde. » Paul Boudreau.
Le 11 septembre 1990, le président George H. W. Bush a prononcé devant le Congrès un discours historique dévoilant une idée qui a été pendant longtemps considérée comme irréaliste : « Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment exceptionnel et extraordinaire. La crise dans le golfe Persique, malgré sa gravité, offre une occasion rare de s’orienter vers une période historique de coopération. De cette période difficile, notre cinquième objectif, un nouvel ordre mondial peut voir le jour : une nouvelle ère, moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix. »
Depuis, l’idée d’un nouvel ordre mondial, régi par des lois communes, a été médiatisée.
Un projet aussi important ne peut naître du jour au lendemain bien évidement, c’est le fruit des travaux successifs et accumulés de plusieurs hommes de pouvoir qui se sont succédé pendant plusieurs années.
Après la destruction des deux tours de Wall Streets, le lendemain du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont estimé qu’il était urgent d’accomplir le projet, ils ont décidé alors de passer la vitesse supérieure.
Selon le professeur Pierre Hillard, auteur du livre La marche irrésistible du nouvel ordre mondial paru au éditions François-Xavier de Guibert en 2007, « le but est de créer de grands blocs géo-économiques standardisés européens, nord-américains, sud-américains, asiatiques, etc. au sein desquels les nations seraient broyées et dont la réunion constituerait l’armature d’une gouvernance mondiale. »
Dans le meilleur des mondes qu’on nous promet, la politique mondiale sera approuvée par une Assemblée parlementaire au sein des Nations unies (APNU) (voir le site officiel de l’ONU www.unpacampaign.org).
En ce qui concerne le système financier, le FMI a déjà annoncé la monnaie planétaire (le Bancor) qui sera gérée par une Banque centrale mondiale « Reserve accumulation and International Monetary Stability » (voir le rapport du FMI publié le 13 avril 2010). Quant à la sécurité, elle sera assurée par une armée internationale nommée OTAN. Cependant, le projet ne peut pas être concrétisé sans uniformiser les peuples en leur imposant la même culture qui les amène à adopter la même tournure d’esprit favorable au gouvernement mondial.
Des blocs continentaux supranationaux
Si l’on y réfléchit bien, la lecture du professeur Pierre Hillard est tout à fait cohérente. Une union nord-américaine (UNA) composée du Canada, des États-Unis et du Mexique, sur le modèle de l’Union européenne a fait débat en mars 2005 entre les chefs d’Etat des pays concernés.
Les médias américains commencent à parler d’un éventuel référendum ayant pour but la fusion des trois pays. L’Union des nations sud-américaines (Unasur) s’inspire également de l’Union européenne. Elle regroupe douze Etats d’Amérique du Sud, le traité constitutif a été signé le 23 mai 2008. Le continent africain n’a pas échappé non plus au phénomène. L’Union africaine (UA) a été créée en 2002 à Durban en Afrique du Sud, elle aussi est copiée sur le modèle européen.
Au Moyen-Orient, le 25 mai 1981, sous la pression des Etats-Unis, le Conseil de coopération du Golfe (GCC) a vu le jour. Il avait pour objectif d’imposer une politique identique aux six monarchies du Golfe : Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et Emirats arabes unis. Le Conseil se rapproche de plus en plus du modèle de l’Union européenne.
Dans ce contexte, afin de stopper la progression du projet de l’Empire anglo-saxon, le 4 octobre 2011, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a exprimé sa volonté de créer une Union eurasiatique supranationale qui serait capable de devenir l’un des pôles les importants au monde. Mais, il n’empêche que ce n’est pas une solution en faveur des Etats.
En luttant contre le gouvernement mondial, il ne faut surtout pas dissoudre les Etats dans de grands blocs continentaux, sinon on aboutira au même résultat, la mort de la souveraineté nationale.
Pour le moment, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) créée le 15 juin 2001, regroupant six pays membres (Russie, Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan Ouzbékistan) et quatre pays observateurs (Iran, Inde, Pakistan, Mongolie) reste l’une des rares unions non supranationales qui lutte0 contre le gouvernement mondial.
L’Union européenne, un laboratoire d’essais
En 1998, Roger Garaudy a publié un livre singulier aux éditions Vent du large. L’auteur de « L’Avenir, mode d’emploi » parle, sans aucun embarras, d’une occupation politique de l’Europe : « Depuis l’acceptation du traité de Maastricht (07 février 1992), plus de 70% des décisions politiques fondamentales ne sont plus prises par le Parlement mais par les commissions de technocrates de Bruxelles qui n’ont à répondre devant personne, sauf devant douze premiers ministres se réunissant quelques heures tous les six mois pour entériner des orientations décidant du destin de 340 millions de personnes. »
En réalité, Roger Garaudy a tout à fait raison. Rappelons-le, le traité de Lisbonne (13 décembre 2007), passé en France par voie parlementaire et non par référendum, a confirmé la primauté du droit européen sur le droit national. Aujourd’hui, l’Union européenne peut signer des traités reconnus internationalement sans le moindre avis des citoyens. L’éminent philosophe français n’hésite pas à dire que l’Europe de Maastricht est une Europe américaine.
En effet, le 8 mars 1992, le New-York Times a publié un document émanant du Pentagone où l’on pouvait lire : « Le département de la Défense affirme que la mission politique et militaire des Etats-Unis, dans la période de l’après guerre froide, sera de s’assurer qu’il ne soit permis à aucune superpuissance rivale d’émerger en Europe occidentale, en Asie, ou sur le territoire de la C.E.I. (Communauté des États indépendants). La mission des Etats-Unis sera de convaincre les rivaux éventuels qu’ils n’ont pas besoin d’aspirer à un rôle plus important ni d’adopter une position plus agressive, les dissuader de défier notre suprématie ou de chercher à renverser l’ordre politique et économique établi. »
La Rive Sud de la Méditerranée annexée à l’Europe
Le 12 mai 2004, la Commission des communautés européennes a déclaré : « Le concept qui se trouve ancré dans la politique européenne de voisinage est celui d’un cercle de pays partageant les valeurs et objectifs fondamentaux de l’Union européenne et s’engageant dans une relation de plus en plus étroite allant au-delà de la coopération, c’est-à-dire impliquant un niveau d’intégration économique et politique important. »
En fait, la politique européenne de voisinage a été lancée en 2003 suite aux résultats insatisfaisants du Processus de Barcelone déclenché en 1995. En 2007, les européens ont décidé d’accélérer leur démarche en créant l’Union pour la Méditerranée. L’objectif affiché sur la vitrine était renforcer la coopération entre l’Union européenne et les pays du Maghreb et du Proche-Orient.
Cependant, l’Allemagne voulait à tout prix être le leader du bloc européen dans le nouvel ordre mondial. Le 02 juillet 2004, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel raconte que, lors de la 40è Conférence de Munich sur la politique de sécurité dans le cadre de l’OTAN, Joschka Fischer, ministre allemand chargé des affaires étrangères a déclaré que l’Union européenne et les États-Unis devraient combiner leurs compétences pour mettre en œuvre une nouvelle initiative afin de mieux gérer leurs intérêts aux Moyen-Orient. Joschka Fischer souhaitait commencer, dans un premier temps, un processus méditerranéen. Voici les points qu’il voulait aborder : la sécurité, la politique, l’économie, le droit, la culture et la société civile.
Le Moyen-Orient sur la trace de l’Europe
A l’instar de l’Europe, le Moyen-Orient doit être remodelé. De fait, il faut diviser certains Etats pour mieux sculpter le bloc continental. Dans son article « La manipulation du Kosovo », publié le 17 août 2008 sur le site Mecanopolis, le professeur Pierre Hillard a écrit : « Il serait ridicule de croire, parce que l’on est musulman, que l’indépendance du Kosovo est un gage donné à l’Islam. Premièrement, les Kosovars sont à peu près aussi pratiquants que les Ardèchois, et, surtout, parce que la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo a été mise en scène par les médias atlantistes, et que cette décision n’a pas été prise par les intéressés, mais par l’Allemagne et les Etats-Unis. La destruction de la fédération de Yougoslavie entre dans un vaste plan de recomposition territoriale et économique des Balkans en liaison avec la Mer noire et le Proche-Orient. »
À présent, on essaye de nous vendre la bombe nucléaire en Iran (du copier coller de ce qu’on avait fait pour l’Irak) et l’instauration de la démocratie en Syrie (du copier coller de ce qu’on avait fait pour la Libye).
En réalité, l’Empire anglo-saxon veut redessiner la carte du Moyen-Orient. Pour cela, il doit avant tout anéantir la résistance la plus solide représentée par l’Iran et ses alliés : le Hizbollah, la Syrie et le Jihad islamique palestinien. Il est devenu urgent de l’anéantir, car elle gagne de plus en plus du terrain au détriment d’Israël, la base avancée de l’Empire, selon l’expression de Jacob Cohen l’auteur du livre Le printemps des Sayanim, publié aux éditions L’Harmattan en 2010. Un système d’intoxication médiatique a été mis en place, le mot d’ordre est la diabolisation de l’Iran. On essayera de nous présenter les chiites comme les méchants et les sunnites comme les bons.
Les musulmans doivent s’entretuer au profit de l’Empire. Les mercenaires et les idiots utiles animeront volontiers le Colisée. L’Empire fera d’une pierre deux coups, l’opposition la plus solide sera éliminée et les Russes et les Chinois devront se soumettre ou du moins négocier, car les mondialistes auront sous contrôle la plupart des réserves d’hydrocarbures ainsi que les voies de communication, notamment le détroit d’Ormuz et le Canal de Suez.
Le Vatican II de l’Islam
Une fois qu’on aura neutralisé la résistance, les promoteurs du nouvel ordre mondial essayeront de réformer l’Islam et de le soumettre à l’idéologie mondialiste. On dira aux musulmans : « Vous n’avez qu’un choix entre l’Islam intégriste (religion des chocs des civilisations, made in CIA) et l’Islam mondialisé (nouvelle religion, made in CIA). »
C’est pourquoi, nos éminents cheikhs de zaouia, qui se sont transmis leur savoir de père en fils depuis la naissance de l’Islam, sont appelés, plus que jamais, à promouvoir la vraie spiritualité de l’Islam. Dans son article « Le nouvel ordre mondial à l’assaut de l’Islam », paru le 28 mars 2011 sur le site Mecanopolis, le professeur Pierre Hilliard a écrit : « Parler de l’intégration du monde musulman à l’axe euro-atlantique et aux principes du nouvel ordre mondial signifie que cela ne peut se faire qu’à la condition de modifier radicalement leurs référents religieux, et, par ricochet, politiques, économiques, sociaux et psychologiques. La mystique mondialiste veut imposer son baptême permettant la mise en forme d’un panthéisme. La création d’un « Etat sacré de l’Islam » et d’un (Conseil représentatif tournant) en mesure de modifier la religion de l’intérieur correspond à l’instauration d’un Vatican II de l’Islam. »
Le futur pape des musulmans, ou plutôt khalife est censé les exhorter à ratifier l’idéologie du nouvel ordre mondial au niveau du parlement mondial des religions prévu à Bruxelles en 2014 (voir le site officiel www.parliamentofreligions.org).
Demain quelle culture ?
La culture représente un pilier important sans lequel l’édifice du nouvel ordre mondial ne peut se tenir droit. Les mondialistes ont un objectif clair : des citoyens du monde indifférenciés, des citoyens pour qui le profit est une fin en soi, des citoyens qui consomment tous pareil comme du bétail, des citoyens abrutis par la télévision, des citoyens programmés à la soumission par les nouvelles religions. Dans le nouveau monde, il est interdit d’avoir comme références des personnes comme l’Emir Abdelkader ou Lala Fathma Nsumer. Dans le nouveau monde, les idoles de la masse sont des joueurs de football et des chanteurs de pop.
Tel est le dessein machiavélique tramé par des groupes de pression qui, sous couvert de démocratie et de respect des droits de l’homme, fomentent pour l’asservissement total de l’espèce humaine au service d’une poignée de néo-prophètes des temps modernes qui ont jugé le moment propice de faire main basse sur tout ce qui bouge.
Mais allons-nous tous succomber aux sirènes du nouveau désordre mondial ? L’un des plus fervents opposants au mondialisme de nos jours, le sociologue Alain Soral, auteur du best-seller Comprendre l’Empire, publié aux Éditions Blanche en 2011 avoue qu’il ne croit guère aux nations refermées sur elles-mêmes et soutient que la résistance passe par des nations à la fois souveraines et solidaires. Alain Soral a tout à fait raison, la solution serait une coopération entre les Etats opposés au gouvernement mondial tout en respectant l’histoire et la culture de chacun d’entre eux.
http://www.egaliteetreconciliation.fr
« Ce sont les folles idées qui bâtissent le monde. » Paul Boudreau.
Le 11 septembre 1990, le président George H. W. Bush a prononcé devant le Congrès un discours historique dévoilant une idée qui a été pendant longtemps considérée comme irréaliste : « Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment exceptionnel et extraordinaire. La crise dans le golfe Persique, malgré sa gravité, offre une occasion rare de s’orienter vers une période historique de coopération. De cette période difficile, notre cinquième objectif, un nouvel ordre mondial peut voir le jour : une nouvelle ère, moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix. »
Depuis, l’idée d’un nouvel ordre mondial, régi par des lois communes, a été médiatisée.
Un projet aussi important ne peut naître du jour au lendemain bien évidement, c’est le fruit des travaux successifs et accumulés de plusieurs hommes de pouvoir qui se sont succédé pendant plusieurs années.
Après la destruction des deux tours de Wall Streets, le lendemain du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont estimé qu’il était urgent d’accomplir le projet, ils ont décidé alors de passer la vitesse supérieure.
Selon le professeur Pierre Hillard, auteur du livre La marche irrésistible du nouvel ordre mondial paru au éditions François-Xavier de Guibert en 2007, « le but est de créer de grands blocs géo-économiques standardisés européens, nord-américains, sud-américains, asiatiques, etc. au sein desquels les nations seraient broyées et dont la réunion constituerait l’armature d’une gouvernance mondiale. »
Dans le meilleur des mondes qu’on nous promet, la politique mondiale sera approuvée par une Assemblée parlementaire au sein des Nations unies (APNU) (voir le site officiel de l’ONU www.unpacampaign.org).
En ce qui concerne le système financier, le FMI a déjà annoncé la monnaie planétaire (le Bancor) qui sera gérée par une Banque centrale mondiale « Reserve accumulation and International Monetary Stability » (voir le rapport du FMI publié le 13 avril 2010). Quant à la sécurité, elle sera assurée par une armée internationale nommée OTAN. Cependant, le projet ne peut pas être concrétisé sans uniformiser les peuples en leur imposant la même culture qui les amène à adopter la même tournure d’esprit favorable au gouvernement mondial.
Des blocs continentaux supranationaux
Si l’on y réfléchit bien, la lecture du professeur Pierre Hillard est tout à fait cohérente. Une union nord-américaine (UNA) composée du Canada, des États-Unis et du Mexique, sur le modèle de l’Union européenne a fait débat en mars 2005 entre les chefs d’Etat des pays concernés.
Les médias américains commencent à parler d’un éventuel référendum ayant pour but la fusion des trois pays. L’Union des nations sud-américaines (Unasur) s’inspire également de l’Union européenne. Elle regroupe douze Etats d’Amérique du Sud, le traité constitutif a été signé le 23 mai 2008. Le continent africain n’a pas échappé non plus au phénomène. L’Union africaine (UA) a été créée en 2002 à Durban en Afrique du Sud, elle aussi est copiée sur le modèle européen.
Au Moyen-Orient, le 25 mai 1981, sous la pression des Etats-Unis, le Conseil de coopération du Golfe (GCC) a vu le jour. Il avait pour objectif d’imposer une politique identique aux six monarchies du Golfe : Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et Emirats arabes unis. Le Conseil se rapproche de plus en plus du modèle de l’Union européenne.
Dans ce contexte, afin de stopper la progression du projet de l’Empire anglo-saxon, le 4 octobre 2011, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a exprimé sa volonté de créer une Union eurasiatique supranationale qui serait capable de devenir l’un des pôles les importants au monde. Mais, il n’empêche que ce n’est pas une solution en faveur des Etats.
En luttant contre le gouvernement mondial, il ne faut surtout pas dissoudre les Etats dans de grands blocs continentaux, sinon on aboutira au même résultat, la mort de la souveraineté nationale.
Pour le moment, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) créée le 15 juin 2001, regroupant six pays membres (Russie, Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan Ouzbékistan) et quatre pays observateurs (Iran, Inde, Pakistan, Mongolie) reste l’une des rares unions non supranationales qui lutte0 contre le gouvernement mondial.
L’Union européenne, un laboratoire d’essais
En 1998, Roger Garaudy a publié un livre singulier aux éditions Vent du large. L’auteur de « L’Avenir, mode d’emploi » parle, sans aucun embarras, d’une occupation politique de l’Europe : « Depuis l’acceptation du traité de Maastricht (07 février 1992), plus de 70% des décisions politiques fondamentales ne sont plus prises par le Parlement mais par les commissions de technocrates de Bruxelles qui n’ont à répondre devant personne, sauf devant douze premiers ministres se réunissant quelques heures tous les six mois pour entériner des orientations décidant du destin de 340 millions de personnes. »
En réalité, Roger Garaudy a tout à fait raison. Rappelons-le, le traité de Lisbonne (13 décembre 2007), passé en France par voie parlementaire et non par référendum, a confirmé la primauté du droit européen sur le droit national. Aujourd’hui, l’Union européenne peut signer des traités reconnus internationalement sans le moindre avis des citoyens. L’éminent philosophe français n’hésite pas à dire que l’Europe de Maastricht est une Europe américaine.
En effet, le 8 mars 1992, le New-York Times a publié un document émanant du Pentagone où l’on pouvait lire : « Le département de la Défense affirme que la mission politique et militaire des Etats-Unis, dans la période de l’après guerre froide, sera de s’assurer qu’il ne soit permis à aucune superpuissance rivale d’émerger en Europe occidentale, en Asie, ou sur le territoire de la C.E.I. (Communauté des États indépendants). La mission des Etats-Unis sera de convaincre les rivaux éventuels qu’ils n’ont pas besoin d’aspirer à un rôle plus important ni d’adopter une position plus agressive, les dissuader de défier notre suprématie ou de chercher à renverser l’ordre politique et économique établi. »
La Rive Sud de la Méditerranée annexée à l’Europe
Le 12 mai 2004, la Commission des communautés européennes a déclaré : « Le concept qui se trouve ancré dans la politique européenne de voisinage est celui d’un cercle de pays partageant les valeurs et objectifs fondamentaux de l’Union européenne et s’engageant dans une relation de plus en plus étroite allant au-delà de la coopération, c’est-à-dire impliquant un niveau d’intégration économique et politique important. »
En fait, la politique européenne de voisinage a été lancée en 2003 suite aux résultats insatisfaisants du Processus de Barcelone déclenché en 1995. En 2007, les européens ont décidé d’accélérer leur démarche en créant l’Union pour la Méditerranée. L’objectif affiché sur la vitrine était renforcer la coopération entre l’Union européenne et les pays du Maghreb et du Proche-Orient.
Cependant, l’Allemagne voulait à tout prix être le leader du bloc européen dans le nouvel ordre mondial. Le 02 juillet 2004, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel raconte que, lors de la 40è Conférence de Munich sur la politique de sécurité dans le cadre de l’OTAN, Joschka Fischer, ministre allemand chargé des affaires étrangères a déclaré que l’Union européenne et les États-Unis devraient combiner leurs compétences pour mettre en œuvre une nouvelle initiative afin de mieux gérer leurs intérêts aux Moyen-Orient. Joschka Fischer souhaitait commencer, dans un premier temps, un processus méditerranéen. Voici les points qu’il voulait aborder : la sécurité, la politique, l’économie, le droit, la culture et la société civile.
Le Moyen-Orient sur la trace de l’Europe
A l’instar de l’Europe, le Moyen-Orient doit être remodelé. De fait, il faut diviser certains Etats pour mieux sculpter le bloc continental. Dans son article « La manipulation du Kosovo », publié le 17 août 2008 sur le site Mecanopolis, le professeur Pierre Hillard a écrit : « Il serait ridicule de croire, parce que l’on est musulman, que l’indépendance du Kosovo est un gage donné à l’Islam. Premièrement, les Kosovars sont à peu près aussi pratiquants que les Ardèchois, et, surtout, parce que la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo a été mise en scène par les médias atlantistes, et que cette décision n’a pas été prise par les intéressés, mais par l’Allemagne et les Etats-Unis. La destruction de la fédération de Yougoslavie entre dans un vaste plan de recomposition territoriale et économique des Balkans en liaison avec la Mer noire et le Proche-Orient. »
À présent, on essaye de nous vendre la bombe nucléaire en Iran (du copier coller de ce qu’on avait fait pour l’Irak) et l’instauration de la démocratie en Syrie (du copier coller de ce qu’on avait fait pour la Libye).
En réalité, l’Empire anglo-saxon veut redessiner la carte du Moyen-Orient. Pour cela, il doit avant tout anéantir la résistance la plus solide représentée par l’Iran et ses alliés : le Hizbollah, la Syrie et le Jihad islamique palestinien. Il est devenu urgent de l’anéantir, car elle gagne de plus en plus du terrain au détriment d’Israël, la base avancée de l’Empire, selon l’expression de Jacob Cohen l’auteur du livre Le printemps des Sayanim, publié aux éditions L’Harmattan en 2010. Un système d’intoxication médiatique a été mis en place, le mot d’ordre est la diabolisation de l’Iran. On essayera de nous présenter les chiites comme les méchants et les sunnites comme les bons.
Les musulmans doivent s’entretuer au profit de l’Empire. Les mercenaires et les idiots utiles animeront volontiers le Colisée. L’Empire fera d’une pierre deux coups, l’opposition la plus solide sera éliminée et les Russes et les Chinois devront se soumettre ou du moins négocier, car les mondialistes auront sous contrôle la plupart des réserves d’hydrocarbures ainsi que les voies de communication, notamment le détroit d’Ormuz et le Canal de Suez.
Le Vatican II de l’Islam
Une fois qu’on aura neutralisé la résistance, les promoteurs du nouvel ordre mondial essayeront de réformer l’Islam et de le soumettre à l’idéologie mondialiste. On dira aux musulmans : « Vous n’avez qu’un choix entre l’Islam intégriste (religion des chocs des civilisations, made in CIA) et l’Islam mondialisé (nouvelle religion, made in CIA). »
C’est pourquoi, nos éminents cheikhs de zaouia, qui se sont transmis leur savoir de père en fils depuis la naissance de l’Islam, sont appelés, plus que jamais, à promouvoir la vraie spiritualité de l’Islam. Dans son article « Le nouvel ordre mondial à l’assaut de l’Islam », paru le 28 mars 2011 sur le site Mecanopolis, le professeur Pierre Hilliard a écrit : « Parler de l’intégration du monde musulman à l’axe euro-atlantique et aux principes du nouvel ordre mondial signifie que cela ne peut se faire qu’à la condition de modifier radicalement leurs référents religieux, et, par ricochet, politiques, économiques, sociaux et psychologiques. La mystique mondialiste veut imposer son baptême permettant la mise en forme d’un panthéisme. La création d’un « Etat sacré de l’Islam » et d’un (Conseil représentatif tournant) en mesure de modifier la religion de l’intérieur correspond à l’instauration d’un Vatican II de l’Islam. »
Le futur pape des musulmans, ou plutôt khalife est censé les exhorter à ratifier l’idéologie du nouvel ordre mondial au niveau du parlement mondial des religions prévu à Bruxelles en 2014 (voir le site officiel www.parliamentofreligions.org).
Demain quelle culture ?
La culture représente un pilier important sans lequel l’édifice du nouvel ordre mondial ne peut se tenir droit. Les mondialistes ont un objectif clair : des citoyens du monde indifférenciés, des citoyens pour qui le profit est une fin en soi, des citoyens qui consomment tous pareil comme du bétail, des citoyens abrutis par la télévision, des citoyens programmés à la soumission par les nouvelles religions. Dans le nouveau monde, il est interdit d’avoir comme références des personnes comme l’Emir Abdelkader ou Lala Fathma Nsumer. Dans le nouveau monde, les idoles de la masse sont des joueurs de football et des chanteurs de pop.
Tel est le dessein machiavélique tramé par des groupes de pression qui, sous couvert de démocratie et de respect des droits de l’homme, fomentent pour l’asservissement total de l’espèce humaine au service d’une poignée de néo-prophètes des temps modernes qui ont jugé le moment propice de faire main basse sur tout ce qui bouge.
Mais allons-nous tous succomber aux sirènes du nouveau désordre mondial ? L’un des plus fervents opposants au mondialisme de nos jours, le sociologue Alain Soral, auteur du best-seller Comprendre l’Empire, publié aux Éditions Blanche en 2011 avoue qu’il ne croit guère aux nations refermées sur elles-mêmes et soutient que la résistance passe par des nations à la fois souveraines et solidaires. Alain Soral a tout à fait raison, la solution serait une coopération entre les Etats opposés au gouvernement mondial tout en respectant l’histoire et la culture de chacun d’entre eux.
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Renaissance de la Russie et éveil de la Chine conduisent à l’invention d’un Nouvel Ordre International, dans lequel l’Empire US disparaîtra
Ex: http://mediabenews.wordpress.com/
À la fin du XXe siècle, la bonne nouvelle aura été la disparition de l’URSS en tant qu’empire imposant sa loi sur l’Europe centrale, et la mauvaise aura été la survie des USA en tant qu’empire imposant leur loi sur l’Europe occidentale, l’Amérique latine et d’autres parties du monde. La renaissance de la Russie et l’éveil de la Chine conduisent inexorablement à l’invention d’un Nouvel Ordre International, dans lequel l’anachronique Empire US aura disparu. Dès lors, les stratèges s’interrogent sur la manière de limiter les affrontements inhérents aux périodes charnières. Pour le docteur Imad Shuebi, les nouveaux leaders du monde, Beijing et Moscou, agissent avec précaution pour prévenir une guerre mondiale, mais s’attendent à de sanglants conflits régionaux.
Parler d’ère post-étasunienne ne relève plus aujourd’hui du vœu pieux ou du simple point de vue politique. Quand j’ai écrit à ce propos, en 1991, dans mon ouvrage Le Nouvel Ordre Politique Mondial, il s’agissait d’une sorte d’analyse prospective, il était impossible d’y croire à cette époque. L’incrédulité résultait de phénomènes connus en épistémologie tels que l’obstacle de la connaissance commune ou la résistance au changement.
À l’époque, ma réflexion constituait une rupture épistémologique, ce que désignera plus tard Nassim Nicholas Taleb sous le vocable de « théorie du cygne noir », ou encore « pensée latérale » [1]. J’attirais l’attention sur le fait que —et c’est toujours le cas— les Grandes Puissances ne meurent pas dans leur lit. Le danger que représente la mort de tels États réside dans le fait qu’ils possèdent à la fois des armes nucléaires et un important passif historique et stratégique. De telles choses ne s’effacent pas. Elles subsistent au fond de leur conscience et dans leurs souvenirs.
Les officiels russes et chinois ne s’en sont jamais cachés et il ne s’agissait pas non plus d’un excès de candeur —contrairement à ce qu’a écrit Zbigniew Brzezinski— quand ils sont arrivés à la conclusion que l’émergence de la Russie et de la Chine et le déclin des États-Unis étaient inévitables, mais que ce dernier ne devait pas être trop brusque [2] . Pour les grandes puissances, la rupture n’est pas une option. Elles peuvent échouer, mais pas s’effondrer. En réalité de telles puissances ne peuvent être que dissoutes.
Zbigniew Brzezinski en convient, mais il estime peu probable que le monde soit dominé par un successeur unique —pas même la Chine— ce sur quoi nous sommes pour le moment d’accord, de la même manière que nous convenons que la phase de désordre global et d’incertitude internationale s’est aggravée à tel point en 2011 que désormais menace un chaos épouvantable. Les États-uniens, comme les Chinois et les Russes, redoutent une telle perspective ; mais pour certains États aventureux comme la France et quelques autres pays au Proche-Orient, la perspective de perdre leur statut de puissance régionale fait craindre un accroissement du risque de déstabilisation. Les Puissances fortes redoutent le chaos alors que les Puissances faibles misent parfois sur celui-ci pour perturber les Fortes, dans l’espoir de les faire reculer sur la scène internationale avec des pertes minimales.
De façon notable, l’évolution vers un nouvel ordre international s’est accélérée au cours des deux années 2011 et 2012 dans la mesure où il n’y a eu qu’un court intervalle séparant l’annonce par Poutine de la fin de l’unipolarité, précisant que les puissances émergentes n’étaient pas encore prêtes à prendre le relai, de sa déclaration lors du Sommet des BRICS à propos de la formation d’un Nouveau Système Économique et Bancaire (la Banque BRICS) [3]. Non seulement le haussement de ton de la Russie et de la Chine à conduit à deux double vétos, mais il leur a aussi donné le rôle moteur dans la dynamique actuelle en Méditerranée orientale, signifiant sans équivoque à la fois la fin de l’histoire états-unienne dans la région et l’impossibilité actuelle pour les différentes parties de prétendre à quelque nouvelle répartition que se soit.
La déclaration d’Obama, début 2012, sur la Nouvelle Stratégie Américaine annonçant « être en alerte et attentifs dans la Méditerranée orientale » ressemblait à une reconnaissance du nouveau rapport de force dans la région, parallèlement à l’armement du voisinage immédiat de la Chine. De plus, les déclarations d’Hillary Clinton depuis l’Australie sont apparues comme le prolongement de ces propos sur un affrontement avec la Chine, ce à quoi cette dernière s’est contentée de répondre : « Personne ne peut empêcher le soleil chinois de se lever ».
Du fait de ces différentes déclaration états-uniennes, la Chine n’a pas attendu 2016 pour faire une démonstration de sa nouvelle puissance. Au contraire, elle s’empressa de se prononcer en faveur d’un ordre multipolaire —reprenant les termes russes— vu comme un Ordre International basé sur deux axes autour de chacun desquels de multiples pôles seraient en orbite. Mais leur axe serait ascendant pendant que l’autre serait descendant.
Il est devenu clair que l’aggravation du conflit à profondément secoué la diplomatie états-unienne, à tel point qu’elle fut contrainte —en avril 2012— de sonner la retraite, même si ce ne fut que verbalement, et de préciser qu’elle n’était pas en Guerre froide avec la Chine. Ceci faisait suite à une rencontre entre le Premier ministre chinois et Kofi Annan. Il fut annoncé à l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe que la Chine et la Russie étaient désormais les premières Puissances, respectivement à la première et à la deuxième place, et qu’il était dans l’obligation de se coordonner avec eux. Annan lui-même, en tant que témoin du monde unipolaire de 1991 jusqu’au début du 21e siècle, devait aussi être le témoin de la chute de ce monde et devait admettre que dorénavant la question de la Méditerranée orientale était du ressort de Moscou et de Beijing.
Washington vient de vivre une décennie entière de guerres —une période qui ressemble à la course aux armements avec l’URSS, dite de « guerre des étoiles »— qui, avec d’autres facteurs critiques, à épuisé les États-unis et les ont transformés en une nation au bord de la banqueroute. Ceci les a incités à annoncer un repositionnement en direction de la périphérie de la Chine dans une tentative de jouer un rôle dans la région Indo-Pacifique. Mais il sont revenus sur leurs déclarations d’une manière telle qu’elle laisse à penser aux observateurs que cet État à déjà perdu son aura de superpuissance. Il est un fait que lorsque une puissance menace de faire usage d’une force dont seules les superpuissances sont dotées, elle perd les deux tiers de sa force.
Le monde change. Nous sommes en train d’assister précisément à la cristallisation de ce Nouvel Ordre International dont la formation avait été reportée depuis l’effondrement de l’Union soviétique, mais dont l’arrivée à maturité s’accélère, bien que les nouvelles puissances ne soient pas encore tout à fait prêtes pour cela. L’accélération des événements au Proche-Orient à contraint ces nouveaux acteurs à rejoindre la partie à marche forcée. Cependant, les conséquences de l’émergence de nouvelles puissances et du déclin de celles, comme les États-Unis, qui étaient auparavant leaders mondiaux vont se manifester sous peu. Elles se matérialiseront dans des luttes sanglantes qui ne pourront être résolues qu’une fois le Nouvel Ordre International établi, et avec le consentement des différents acteurs, selon le nouveau statut de chacun.
Imad Fawzi Shueibi http://euro-synergies.hautetfort.com/
[1] Selon l’épistémologue libano-US Nassim Nicholas Taleb, « Un cygne noir est un événement hautement improbable doté de 3 caractéristiques principales : Il est imprévisible, engendre des conséquences majeures et une explication a posteriori est toujours donnée afin de rendre celui-ci plus rationnel, lui conférant ainsi une apparente et sécurisante prévisibilité ». Cf. Le Cygne Noir, La puissance de l’imprévisible, Les Belles Lettres, 2008.
[2] « After America – How does the world look in an age of U.S. decline ? », par Zbigniew Brzezinsk, Foreign Policy, janvier/février 2012.
[3] Voir la “Delhi Declaration (Fourth BRICS Summit)”, Voltaire Network, 29 mars 2012.
Ex: http://mediabenews.wordpress.com/
À la fin du XXe siècle, la bonne nouvelle aura été la disparition de l’URSS en tant qu’empire imposant sa loi sur l’Europe centrale, et la mauvaise aura été la survie des USA en tant qu’empire imposant leur loi sur l’Europe occidentale, l’Amérique latine et d’autres parties du monde. La renaissance de la Russie et l’éveil de la Chine conduisent inexorablement à l’invention d’un Nouvel Ordre International, dans lequel l’anachronique Empire US aura disparu. Dès lors, les stratèges s’interrogent sur la manière de limiter les affrontements inhérents aux périodes charnières. Pour le docteur Imad Shuebi, les nouveaux leaders du monde, Beijing et Moscou, agissent avec précaution pour prévenir une guerre mondiale, mais s’attendent à de sanglants conflits régionaux.
Parler d’ère post-étasunienne ne relève plus aujourd’hui du vœu pieux ou du simple point de vue politique. Quand j’ai écrit à ce propos, en 1991, dans mon ouvrage Le Nouvel Ordre Politique Mondial, il s’agissait d’une sorte d’analyse prospective, il était impossible d’y croire à cette époque. L’incrédulité résultait de phénomènes connus en épistémologie tels que l’obstacle de la connaissance commune ou la résistance au changement.
À l’époque, ma réflexion constituait une rupture épistémologique, ce que désignera plus tard Nassim Nicholas Taleb sous le vocable de « théorie du cygne noir », ou encore « pensée latérale » [1]. J’attirais l’attention sur le fait que —et c’est toujours le cas— les Grandes Puissances ne meurent pas dans leur lit. Le danger que représente la mort de tels États réside dans le fait qu’ils possèdent à la fois des armes nucléaires et un important passif historique et stratégique. De telles choses ne s’effacent pas. Elles subsistent au fond de leur conscience et dans leurs souvenirs.
Les officiels russes et chinois ne s’en sont jamais cachés et il ne s’agissait pas non plus d’un excès de candeur —contrairement à ce qu’a écrit Zbigniew Brzezinski— quand ils sont arrivés à la conclusion que l’émergence de la Russie et de la Chine et le déclin des États-Unis étaient inévitables, mais que ce dernier ne devait pas être trop brusque [2] . Pour les grandes puissances, la rupture n’est pas une option. Elles peuvent échouer, mais pas s’effondrer. En réalité de telles puissances ne peuvent être que dissoutes.
Zbigniew Brzezinski en convient, mais il estime peu probable que le monde soit dominé par un successeur unique —pas même la Chine— ce sur quoi nous sommes pour le moment d’accord, de la même manière que nous convenons que la phase de désordre global et d’incertitude internationale s’est aggravée à tel point en 2011 que désormais menace un chaos épouvantable. Les États-uniens, comme les Chinois et les Russes, redoutent une telle perspective ; mais pour certains États aventureux comme la France et quelques autres pays au Proche-Orient, la perspective de perdre leur statut de puissance régionale fait craindre un accroissement du risque de déstabilisation. Les Puissances fortes redoutent le chaos alors que les Puissances faibles misent parfois sur celui-ci pour perturber les Fortes, dans l’espoir de les faire reculer sur la scène internationale avec des pertes minimales.
De façon notable, l’évolution vers un nouvel ordre international s’est accélérée au cours des deux années 2011 et 2012 dans la mesure où il n’y a eu qu’un court intervalle séparant l’annonce par Poutine de la fin de l’unipolarité, précisant que les puissances émergentes n’étaient pas encore prêtes à prendre le relai, de sa déclaration lors du Sommet des BRICS à propos de la formation d’un Nouveau Système Économique et Bancaire (la Banque BRICS) [3]. Non seulement le haussement de ton de la Russie et de la Chine à conduit à deux double vétos, mais il leur a aussi donné le rôle moteur dans la dynamique actuelle en Méditerranée orientale, signifiant sans équivoque à la fois la fin de l’histoire états-unienne dans la région et l’impossibilité actuelle pour les différentes parties de prétendre à quelque nouvelle répartition que se soit.
La déclaration d’Obama, début 2012, sur la Nouvelle Stratégie Américaine annonçant « être en alerte et attentifs dans la Méditerranée orientale » ressemblait à une reconnaissance du nouveau rapport de force dans la région, parallèlement à l’armement du voisinage immédiat de la Chine. De plus, les déclarations d’Hillary Clinton depuis l’Australie sont apparues comme le prolongement de ces propos sur un affrontement avec la Chine, ce à quoi cette dernière s’est contentée de répondre : « Personne ne peut empêcher le soleil chinois de se lever ».
Du fait de ces différentes déclaration états-uniennes, la Chine n’a pas attendu 2016 pour faire une démonstration de sa nouvelle puissance. Au contraire, elle s’empressa de se prononcer en faveur d’un ordre multipolaire —reprenant les termes russes— vu comme un Ordre International basé sur deux axes autour de chacun desquels de multiples pôles seraient en orbite. Mais leur axe serait ascendant pendant que l’autre serait descendant.
Il est devenu clair que l’aggravation du conflit à profondément secoué la diplomatie états-unienne, à tel point qu’elle fut contrainte —en avril 2012— de sonner la retraite, même si ce ne fut que verbalement, et de préciser qu’elle n’était pas en Guerre froide avec la Chine. Ceci faisait suite à une rencontre entre le Premier ministre chinois et Kofi Annan. Il fut annoncé à l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe que la Chine et la Russie étaient désormais les premières Puissances, respectivement à la première et à la deuxième place, et qu’il était dans l’obligation de se coordonner avec eux. Annan lui-même, en tant que témoin du monde unipolaire de 1991 jusqu’au début du 21e siècle, devait aussi être le témoin de la chute de ce monde et devait admettre que dorénavant la question de la Méditerranée orientale était du ressort de Moscou et de Beijing.
Washington vient de vivre une décennie entière de guerres —une période qui ressemble à la course aux armements avec l’URSS, dite de « guerre des étoiles »— qui, avec d’autres facteurs critiques, à épuisé les États-unis et les ont transformés en une nation au bord de la banqueroute. Ceci les a incités à annoncer un repositionnement en direction de la périphérie de la Chine dans une tentative de jouer un rôle dans la région Indo-Pacifique. Mais il sont revenus sur leurs déclarations d’une manière telle qu’elle laisse à penser aux observateurs que cet État à déjà perdu son aura de superpuissance. Il est un fait que lorsque une puissance menace de faire usage d’une force dont seules les superpuissances sont dotées, elle perd les deux tiers de sa force.
Le monde change. Nous sommes en train d’assister précisément à la cristallisation de ce Nouvel Ordre International dont la formation avait été reportée depuis l’effondrement de l’Union soviétique, mais dont l’arrivée à maturité s’accélère, bien que les nouvelles puissances ne soient pas encore tout à fait prêtes pour cela. L’accélération des événements au Proche-Orient à contraint ces nouveaux acteurs à rejoindre la partie à marche forcée. Cependant, les conséquences de l’émergence de nouvelles puissances et du déclin de celles, comme les États-Unis, qui étaient auparavant leaders mondiaux vont se manifester sous peu. Elles se matérialiseront dans des luttes sanglantes qui ne pourront être résolues qu’une fois le Nouvel Ordre International établi, et avec le consentement des différents acteurs, selon le nouveau statut de chacun.
Imad Fawzi Shueibi http://euro-synergies.hautetfort.com/
[1] Selon l’épistémologue libano-US Nassim Nicholas Taleb, « Un cygne noir est un événement hautement improbable doté de 3 caractéristiques principales : Il est imprévisible, engendre des conséquences majeures et une explication a posteriori est toujours donnée afin de rendre celui-ci plus rationnel, lui conférant ainsi une apparente et sécurisante prévisibilité ». Cf. Le Cygne Noir, La puissance de l’imprévisible, Les Belles Lettres, 2008.
[2] « After America – How does the world look in an age of U.S. decline ? », par Zbigniew Brzezinsk, Foreign Policy, janvier/février 2012.
[3] Voir la “Delhi Declaration (Fourth BRICS Summit)”, Voltaire Network, 29 mars 2012.
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Nouvel Ordre Mondial : La supercherie comme fondement du pays du goulag levant (ex-USA)…
Saluons une fois de plus le courage, l’intégrité intellectuelle de Paul Craig Roberts dans son analyse dévastatrice de son pays qu’il aime tant.
Depuis toutes les années que nous traduisons bon nombre de ses interventions et articles en français, nous considérons Paul Craig Roberts comme en ce qui nous concerne, l’archétype de la résistance au Nouvel Ordre Mondial. Nous n’avons pas les mêmes visions politiques ou solutions aux problèmes économiques et politiques, mais le fond du discours est au delà du faux paradigme “gauche-droite”. Roberts est toujours “reaganien”, nous sommes libertaires, tout devrait nous opposer et pourtant, c’est la résistance au N.O.M qui nous rapproche, comme elle rapproche souvent les gens plus incompatibles… en apparence…
C’est l’union, l’entr’aide mutuelle et la solidarité qui sauvera le genre humain du fascisme mondial…
Mitakuye Oyasin – Résistance 71 –
La mort de la constitution des Etats-Unis : les Américains peuvent-ils échapper à la supercherie ?
Par Dr. Paul Craig Roberts, Le 4 Juillet 2012,
url de l’article original : http://www.globalresearch.ca/index.php? ... &aid=31749
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
Le jour de l’air de pipeau arrive. Le 4 Juillet, le vent de la fadaise va souffler sur tout le pays alors que les dignitaires nous vanteront les sempiternelles “liberté et démocratie” et feront l’éloge de “nos braves soldats” qui protègent notre iberté en “allant les tuer là-bas avant qu’ils ne viennent ici”.
Pas un seul de ces discours ne contiendra un seul mot de la vérité. Aucun commentateur ne lamentera la mort de la constitution américaine ou appellera son audience à l’action pour restaurer le seul document qui protège leur liberté. Aucun commentateur ne reconnaîtra qu’au XXIème siècle, le régime Bush/Obama, avec la complicité du ministère de la justice, des cours de justice fédérales, du congrès, des médias prostitués, des facs de droit, des associations du barreau et d’un public insouciant, ont assassiné la constitution au nom de la “guerre contre le terrorisme “.
Tout comme dans les temps médiévaux, les citoyens américains peuvent être jetés aux oubliettes et ne plus jamais refaire surface. Aucune preuve, ni aucune accusation officielles n’ont besoin d’être présentées à une cour de justice. Aucun procès, aucune condamnation ne sont requis.
Comme dans les tyrannies, les citoyens américains peuvent être exécutés selon le bon vouloir du despote de service dans le bureau ovale de la Maison Blanche, qui y est assis et y écrit des listes de gens à être assassinés.
Les contestataires exerçant leurs droits constitutionnels garantis de liberté d’expression et d’association libre, sont attaqués par des policiers armés, battus, passés au taser, gazés, arrosés de fluide lacrymogène et arrêtés.
Les lanceurs d’alerte qui rapportent les crimes du gouvernement sont mis en accusation et ce malgré le statut légal qui les protège.
Des militaires comme Bradley Manning, qui a soi-disant donné à Wikileaks des documents révélant des crimes de guerre américains, incluant une vidéo de soldats américains dans un hélicoptère de combat s’amusant à massacrer des civils marchant dans une rue d’Irak comme dans un jeu vidéo, Manning donc a été arrêté, détenu dans des conditions de torture tandis que le gouvernement essaie d’inventer un cas juridique contre lui.
D’après le code militaire américain, les militaires sont requis de faire connaître tout crime de guerre dont ils ont connaissance. Quoiqu’il en soit, la loi du livre n’a donné aucune protection à Manning et des républicains conservateurs de ma connaissance bavent à l’idée que Manning devrait être exécuté pour avoir laisser transparaître la vérité. La vérité, qu’est-ce que la vérité en comparaison de “l’exceptionalisme du peuple américain” ? L’Amérique a carte blanche (NdT: en français dans le texte original) pour faire ce que bon lui semble aux gens exceptionnels. Ils disent que Manning mérite la mort parce qu’il a pris parti pour les opprimés et non pas celui des oppresseurs américains.
Après que le bureau du procureur suédois ait abandonné les charges contre le fondateur de Wikileaks Julian Assange, déclarant que les accusations de viol étaient sans fondement, un autre procureur, que beaucoup pense être influencé par le gouvernement américain, a demandé l’extradition d’Assange du Royaume-Uni afin d’être interrogé. Normalement l’extradition ne s’applique qu’aux personnes qui sont officiellement accusées d’un crime et pour lesquelles un mandat a été délivré, ce qui n’est pas du tout le cas d’Assange. Mais bien sûr, si Washington veut Assange, Washington s’assurera que toutes les lois soient bafouées ou brisées jusqu’a ce qu’il soit en sa possession. La marionnette suédoise fera les quatre volontés du pays exceptionnel et sera bien payé en retour pour ce service.
Des activistes pacifistes dans plusieurs états ont vu leur maison perquisitionnée par le FBI, leurs ordinateurs et archives personnelles saisies et un grand jury fut convoqué dans une tentative de les mettre en accusation pour soutenir le terrorisme par le simple fait de leur contestation et manifestations contre les guerres illégales de Washington, des guerres qui sont des crimes de guerre en référence aux standards établis au procès de Nüremberg, standards qui furent eux-mêmes établis par le gouvernement américain.
Rien de tout ceci ne sera mentionné dans les beaux discours patriotiques du 4 Juillet. La masse des gens alcoolisée sera drapée dans le drapeau et retournera à la maison pleine de cette arrogance qui méprise les étrangers inférieurs tels les musulmans, les Arabes, les Chinois et les Français.
Aucun dignitaire ne mentionera que ceux “que nous massacrons là-bas”, sont essentiellement des femmes, des enfants, des anciens de villages et des bénévoles. Les troupes américaines semblent se spécialiser dans les cibles faciles comme les mariages, les matches de foot pour enfants, les fermes et les écoles.
Récemment, Washington a réduit le décompte des “dégâts collatéraux” en déclarant que tous les mâles en âge militaire tués sont des combattants Talibans ou des terroristes. De manière évidente, Washington n’a absolument aucun moyen de dire si cela est le cas ou non, mais la déclaration de Washington n’est en fait qu’un feu vert pour massacrer tous les Afghans de sexe masculin en âge de porter les armes.
En ce moment même, Washington est impliquée dans des guerres ou des occupations de nations ou viole la souveraineté de pays étrangers au moyen de drones et/ou de troupes dans sept pays musulmans en plus d’armer les rebelles en Syrie. Tout ceci est fait sans l’autorisation constitutionnelle obligatoire du congrès des Etats-Unis, qui représente soi-disant le peuple américain. Quelle vaste plaisanterie !
En bref, dans l’Amérique “de la liberté et de la démocratie”, le peuple n’a ni la parole, ni de droits ni de représentants.
Et pourtant, ce manque total de démocratie et de liberté sera passé complètement sous silence par les orateurs du 4 Juillet.
Les crimes contre l’humanité, le démantèlement de la constitution des Etats-Unis et la mentalité hors-la-loi tant intra muros qu’à l’étranger, qui définissent l’Amérique du XXIème siècle sont les résultats directs du 11 Septembre 2001.
Le compte-rendu des attentats du 11 Septembre par Washington est la plus incroyable théorie du complot connue dans l’histoire de l’humanité. L’absurdité du compte-rendu de Washington est à ce niveau:
Quelques Saoudiens, sans aucun soutien de quelque gouvernement que ce soit ou de quelconque services de renseignement, ont berné non seulement la CIA et le FBI, mais aussi 16 autres agences de renseignement et de sécurité nationale américaines, de pair avec toutes les agences de renseignement de l’OTAN, alliés de Washington et du Mossad israélien, qui a infiltré tout groupe musulman radical.Ces humbles Saoudiens sans aucune distinction ou pouvoirs spécifiques ont aussi simultanément berné le NSC, le NORAD, le Pentagone, l’administration du contrôle aérien et ont provoqué un échec cinglant de la sécurité des aéroports 4 fois en une heure dans la même matinée.
En d’autres termes, toutes les parties du système de défense de la nation américaine ont été mises en échec simultanément.
Pensez simplement à ceci pour une minute. Si une telle chose s’était véritablement produite, le président, le vice-président, le congrès et les médias auraient tous demandé comment fut-ce possible qu’un tel échec de cette amplitude de la sécurité nationale fut rendu possible. Une enquête aurait été immédiatement lancée, pas un an plus tard suite à des pressions exercées par les familles des victimes des attentats qui ne purent pas être achetées par la corruption monétaire. Un tel échec total de la sécurité de la nation voudrait dire que les citoyens ne furent en aucun cas en sécurité pendant les 40 ans de guerre froide avec l’URSS et que les soviétiques auraient pu détruire les Etats-Unis à n’importe quel moment choisi et nous n’aurions jamais su ce qui nous avait frappé.
Dans une véritable enquête, les preuves des attentats n’auraient pas été illégalement détruites et l’enquête aurait été mené par de vrais experts, pas par des agences du gouvernement auxquelles furent assignées de couvrir la vérité. Le rapport du NIST est un non-sens abject. Il n’explique absolument rien. Ce n’est que la simulation par ordinateur de quelque chose qui ne s’est pas passé de cette façon. Les co-présidents et conseiller juridique de la commission sur le 11 Septembre ont écrit un livre plus tard dans lequel ils stipulent que certaines informations furent cachées à la commission et que la commission fut créée “pour échouer”. Et pourtant, ces admissions incroyables n’eurent aucun impact au congrès, ni dans les médias prostitués, ni sur le public. Toutes les têtes étaient dans le sable. S’il vous plaît, quoi que vous fassiez, ne nous faites pas faire face, nous pauvres hères émotives que nous sommes, aux faits de la réalité.
Plus de 100 pompiers, policiers et personnels paramédicaux, ainsi que des personnels de maintenance des buildings ont rapporté avoir entendu et expérimenté sur le terrain un grand nombre d’explosions dans les tours jumelles, incluant une explosion très puissante dans les sous-sols avant l’effondrement des tours.
Des scientifiques distingués, auteurs de beaucoup d’articles scientifiques publiés dans des journaux scientifiques renommés, ont rapporté avoir trouvé de la nano-thermite intacte dans les poussières des tours, l’ont testé pour sa capacité explosive et productrice de très grande chaleur et ont rapporté des résultats sans équivoque possible.
1700 architectes et ingénieurs ont témoigné sur une pétition au congrès que les trois tours du WTC ne furent par effondrées suite aux dégâts causés par les avions et les incendies qui s’ensuivirent et ont demandé une véritable enquête scientifique sur la cause de la destruction des bâtiments.
Quoi qu’il en soit, nous demeurons avec le paradoxe que l’opinion scientifique fondée sur un examen attentif de ce qui reste des preuves des attentats, a été désignée par les ignorants et les malpropres comme “une théorie du complot”, alors même que la théorie absurde du complot de Washington elle, demeure la vérité monolithique des évènements.
L’association “Architects and Engineers for 9/11 Truth”, menée par l’architecte Richard Gage a enfoncé le dernier clou dans le cercueil de la théorie du complot concoctée par Washington avec son dernier documentaire: “9/11 Explosive Evidence, Experts Speak Out”, et ces experts ne mâchent pas leurs mots !
Un grand nombre d’experts en démolition de bâtiment et d’experts en construction, ingénierie de hautes structures d’acier, donnent des raisons scientifiques, architecturales, et techniques sur le fait que les trois buildings du WTC n’ont pu s’effondrer que par l’assistance d’explosifs qui avaient été placés pour supprimer tout soutien structurel et permettre un effondrement soudain des buildings. Comme tous ces bâtiments avaient été pensés et construits en accord avec tous les principes connus et testés qui préviennent un effondrement soudain et rapide des bâtiments, le feu et les dégâts structurels dont deux des trois bâtiments souffrirent après l’impact des avions, ne pouvaient pas avoir causé la désintégration soudaine des trois bâtiments.
J’ai vu le documentaire à Atlanta le 2 Juillet. Atlanta était une des 32 villes de première du film.
Le documentaire a été montré au 7 Stages Theater sur Euclid Avenue, l’ancien cinéma Euclid où nous allions enfants, il y a 65 ans, voir Tarzan se battre avec des reptiles géants et mener des éléphants à la victoire sur des méchantes tribus noires ou de vils chasseurs blancs, ou nous allions admirer Randolph Scott ramener la justice avec son six-coups dans une ville sous l’emprise des chapeaux noirs ou être le témoin de braves soldats américains libérant l’Europe des nazis. Jamais nous n’aurions pu cauchemarder, que nous, résidents du “pays de la liberté”, serions un jour menacé par un état gestapiste.
La descente de l’Amérique dans l’enfer d’un état policier de la gestapo pourrait peut-être être arrêtée, si les citoyens américains n’étaient pas si ignorants des choses de la science et étaient capables de réaliser que ce qu’ils voient de leurs propres yeux quand ils regardent des vidéos de la destruction des tours jumelles est en fait l’explosion/implosion de bâtiments et non pas de bâtiments s’effondrant suite à des dégâts structurels. La destruction du building 7 du WTC est l’archétype même d’une démolition contrôlée.
A la fin de ce documentaire très puissant, des psychologues expliquent pourquoi la vaste majorité de la population n’a pas la force mentale et émotionnelle pour confronter des faits très très troublant et dérangeant. Un gouvernement qui espionne sa populaition de manière si efficace tel que le fait Washington, connait très bien le profil de sa population et n’y voit que faiblesse et peur qui peuvent être manipulées.
Quel fait peut-être plus dérangeant que le fait plus que probable que le 11 Septembre fut un attentat fausse bannière fait pour donner aux néoconservateurs leur “Nouveau Pearl Harbor” afin de lancer les guerres hégémoniques de Washington au Moyen-Orient et de là sur l’Iran et sur les puissances nucléaires que sont la Russie et la Chine, qui sont encerclées, tout comme l’Iran le fut, par des bases militaires américaines ?
Ce que nous vivons est un remake de la révolution française, cette fois à l’échelle planétaire. Napoléon, l’hériter de la révolution, conquît l’europe plusieurs fois dans un effort d’étendre le Nouvel Ordre français à toute l’Europe. La révolution française fut la première tentative de Nouvel Ordre Mondial, mais à cette époque, le monde était l’Europe.
Les “guerres de libération” de Washington sont des guerres d’hégémonie mondiale et des guerres de profits considérables pour le complexe militaro-industriel et de la sécurité. La combinaison du pouvoir et de l’argent, qui sont les objectifs des guerres concoctés par Washington sont des objectifs cachés, enroulés dans le drapeau, des sentiments patriotiques et la peur des bronzés musulmans diabolisés à souhait.
Le mouvement Architects and Engineers for 9/11 Truth peut-il réussir et libérer les citoyens américains de la réalité artificielle créée par des menteurs gouvernementaux et une pressetituée corrompue ou les Américains sont-ils condamnés à expirer dans la Matrix qui a été créée pour eux ?
L’espoir réside peut-être dans l’effondrement de l’économie sous la houlette du soi-disant hégémon et que les gens qui ne se battraient pas pour des principes et leur liberté le feront pour leur survie économique.
http://resistance71.wordpress.com/
Paul Craig Roberts, ancien assistant secrétaire d’état aux finances et éditeur associé du Wall Street Journal a enseignédans plusieurs universités et est un Contributing Editor du Trends Journal de Geral Celente.
Saluons une fois de plus le courage, l’intégrité intellectuelle de Paul Craig Roberts dans son analyse dévastatrice de son pays qu’il aime tant.
Depuis toutes les années que nous traduisons bon nombre de ses interventions et articles en français, nous considérons Paul Craig Roberts comme en ce qui nous concerne, l’archétype de la résistance au Nouvel Ordre Mondial. Nous n’avons pas les mêmes visions politiques ou solutions aux problèmes économiques et politiques, mais le fond du discours est au delà du faux paradigme “gauche-droite”. Roberts est toujours “reaganien”, nous sommes libertaires, tout devrait nous opposer et pourtant, c’est la résistance au N.O.M qui nous rapproche, comme elle rapproche souvent les gens plus incompatibles… en apparence…
C’est l’union, l’entr’aide mutuelle et la solidarité qui sauvera le genre humain du fascisme mondial…
Mitakuye Oyasin – Résistance 71 –
La mort de la constitution des Etats-Unis : les Américains peuvent-ils échapper à la supercherie ?
Par Dr. Paul Craig Roberts, Le 4 Juillet 2012,
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~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
Le jour de l’air de pipeau arrive. Le 4 Juillet, le vent de la fadaise va souffler sur tout le pays alors que les dignitaires nous vanteront les sempiternelles “liberté et démocratie” et feront l’éloge de “nos braves soldats” qui protègent notre iberté en “allant les tuer là-bas avant qu’ils ne viennent ici”.
Pas un seul de ces discours ne contiendra un seul mot de la vérité. Aucun commentateur ne lamentera la mort de la constitution américaine ou appellera son audience à l’action pour restaurer le seul document qui protège leur liberté. Aucun commentateur ne reconnaîtra qu’au XXIème siècle, le régime Bush/Obama, avec la complicité du ministère de la justice, des cours de justice fédérales, du congrès, des médias prostitués, des facs de droit, des associations du barreau et d’un public insouciant, ont assassiné la constitution au nom de la “guerre contre le terrorisme “.
Tout comme dans les temps médiévaux, les citoyens américains peuvent être jetés aux oubliettes et ne plus jamais refaire surface. Aucune preuve, ni aucune accusation officielles n’ont besoin d’être présentées à une cour de justice. Aucun procès, aucune condamnation ne sont requis.
Comme dans les tyrannies, les citoyens américains peuvent être exécutés selon le bon vouloir du despote de service dans le bureau ovale de la Maison Blanche, qui y est assis et y écrit des listes de gens à être assassinés.
Les contestataires exerçant leurs droits constitutionnels garantis de liberté d’expression et d’association libre, sont attaqués par des policiers armés, battus, passés au taser, gazés, arrosés de fluide lacrymogène et arrêtés.
Les lanceurs d’alerte qui rapportent les crimes du gouvernement sont mis en accusation et ce malgré le statut légal qui les protège.
Des militaires comme Bradley Manning, qui a soi-disant donné à Wikileaks des documents révélant des crimes de guerre américains, incluant une vidéo de soldats américains dans un hélicoptère de combat s’amusant à massacrer des civils marchant dans une rue d’Irak comme dans un jeu vidéo, Manning donc a été arrêté, détenu dans des conditions de torture tandis que le gouvernement essaie d’inventer un cas juridique contre lui.
D’après le code militaire américain, les militaires sont requis de faire connaître tout crime de guerre dont ils ont connaissance. Quoiqu’il en soit, la loi du livre n’a donné aucune protection à Manning et des républicains conservateurs de ma connaissance bavent à l’idée que Manning devrait être exécuté pour avoir laisser transparaître la vérité. La vérité, qu’est-ce que la vérité en comparaison de “l’exceptionalisme du peuple américain” ? L’Amérique a carte blanche (NdT: en français dans le texte original) pour faire ce que bon lui semble aux gens exceptionnels. Ils disent que Manning mérite la mort parce qu’il a pris parti pour les opprimés et non pas celui des oppresseurs américains.
Après que le bureau du procureur suédois ait abandonné les charges contre le fondateur de Wikileaks Julian Assange, déclarant que les accusations de viol étaient sans fondement, un autre procureur, que beaucoup pense être influencé par le gouvernement américain, a demandé l’extradition d’Assange du Royaume-Uni afin d’être interrogé. Normalement l’extradition ne s’applique qu’aux personnes qui sont officiellement accusées d’un crime et pour lesquelles un mandat a été délivré, ce qui n’est pas du tout le cas d’Assange. Mais bien sûr, si Washington veut Assange, Washington s’assurera que toutes les lois soient bafouées ou brisées jusqu’a ce qu’il soit en sa possession. La marionnette suédoise fera les quatre volontés du pays exceptionnel et sera bien payé en retour pour ce service.
Des activistes pacifistes dans plusieurs états ont vu leur maison perquisitionnée par le FBI, leurs ordinateurs et archives personnelles saisies et un grand jury fut convoqué dans une tentative de les mettre en accusation pour soutenir le terrorisme par le simple fait de leur contestation et manifestations contre les guerres illégales de Washington, des guerres qui sont des crimes de guerre en référence aux standards établis au procès de Nüremberg, standards qui furent eux-mêmes établis par le gouvernement américain.
Rien de tout ceci ne sera mentionné dans les beaux discours patriotiques du 4 Juillet. La masse des gens alcoolisée sera drapée dans le drapeau et retournera à la maison pleine de cette arrogance qui méprise les étrangers inférieurs tels les musulmans, les Arabes, les Chinois et les Français.
Aucun dignitaire ne mentionera que ceux “que nous massacrons là-bas”, sont essentiellement des femmes, des enfants, des anciens de villages et des bénévoles. Les troupes américaines semblent se spécialiser dans les cibles faciles comme les mariages, les matches de foot pour enfants, les fermes et les écoles.
Récemment, Washington a réduit le décompte des “dégâts collatéraux” en déclarant que tous les mâles en âge militaire tués sont des combattants Talibans ou des terroristes. De manière évidente, Washington n’a absolument aucun moyen de dire si cela est le cas ou non, mais la déclaration de Washington n’est en fait qu’un feu vert pour massacrer tous les Afghans de sexe masculin en âge de porter les armes.
En ce moment même, Washington est impliquée dans des guerres ou des occupations de nations ou viole la souveraineté de pays étrangers au moyen de drones et/ou de troupes dans sept pays musulmans en plus d’armer les rebelles en Syrie. Tout ceci est fait sans l’autorisation constitutionnelle obligatoire du congrès des Etats-Unis, qui représente soi-disant le peuple américain. Quelle vaste plaisanterie !
En bref, dans l’Amérique “de la liberté et de la démocratie”, le peuple n’a ni la parole, ni de droits ni de représentants.
Et pourtant, ce manque total de démocratie et de liberté sera passé complètement sous silence par les orateurs du 4 Juillet.
Les crimes contre l’humanité, le démantèlement de la constitution des Etats-Unis et la mentalité hors-la-loi tant intra muros qu’à l’étranger, qui définissent l’Amérique du XXIème siècle sont les résultats directs du 11 Septembre 2001.
Le compte-rendu des attentats du 11 Septembre par Washington est la plus incroyable théorie du complot connue dans l’histoire de l’humanité. L’absurdité du compte-rendu de Washington est à ce niveau:
Quelques Saoudiens, sans aucun soutien de quelque gouvernement que ce soit ou de quelconque services de renseignement, ont berné non seulement la CIA et le FBI, mais aussi 16 autres agences de renseignement et de sécurité nationale américaines, de pair avec toutes les agences de renseignement de l’OTAN, alliés de Washington et du Mossad israélien, qui a infiltré tout groupe musulman radical.Ces humbles Saoudiens sans aucune distinction ou pouvoirs spécifiques ont aussi simultanément berné le NSC, le NORAD, le Pentagone, l’administration du contrôle aérien et ont provoqué un échec cinglant de la sécurité des aéroports 4 fois en une heure dans la même matinée.
En d’autres termes, toutes les parties du système de défense de la nation américaine ont été mises en échec simultanément.
Pensez simplement à ceci pour une minute. Si une telle chose s’était véritablement produite, le président, le vice-président, le congrès et les médias auraient tous demandé comment fut-ce possible qu’un tel échec de cette amplitude de la sécurité nationale fut rendu possible. Une enquête aurait été immédiatement lancée, pas un an plus tard suite à des pressions exercées par les familles des victimes des attentats qui ne purent pas être achetées par la corruption monétaire. Un tel échec total de la sécurité de la nation voudrait dire que les citoyens ne furent en aucun cas en sécurité pendant les 40 ans de guerre froide avec l’URSS et que les soviétiques auraient pu détruire les Etats-Unis à n’importe quel moment choisi et nous n’aurions jamais su ce qui nous avait frappé.
Dans une véritable enquête, les preuves des attentats n’auraient pas été illégalement détruites et l’enquête aurait été mené par de vrais experts, pas par des agences du gouvernement auxquelles furent assignées de couvrir la vérité. Le rapport du NIST est un non-sens abject. Il n’explique absolument rien. Ce n’est que la simulation par ordinateur de quelque chose qui ne s’est pas passé de cette façon. Les co-présidents et conseiller juridique de la commission sur le 11 Septembre ont écrit un livre plus tard dans lequel ils stipulent que certaines informations furent cachées à la commission et que la commission fut créée “pour échouer”. Et pourtant, ces admissions incroyables n’eurent aucun impact au congrès, ni dans les médias prostitués, ni sur le public. Toutes les têtes étaient dans le sable. S’il vous plaît, quoi que vous fassiez, ne nous faites pas faire face, nous pauvres hères émotives que nous sommes, aux faits de la réalité.
Plus de 100 pompiers, policiers et personnels paramédicaux, ainsi que des personnels de maintenance des buildings ont rapporté avoir entendu et expérimenté sur le terrain un grand nombre d’explosions dans les tours jumelles, incluant une explosion très puissante dans les sous-sols avant l’effondrement des tours.
Des scientifiques distingués, auteurs de beaucoup d’articles scientifiques publiés dans des journaux scientifiques renommés, ont rapporté avoir trouvé de la nano-thermite intacte dans les poussières des tours, l’ont testé pour sa capacité explosive et productrice de très grande chaleur et ont rapporté des résultats sans équivoque possible.
1700 architectes et ingénieurs ont témoigné sur une pétition au congrès que les trois tours du WTC ne furent par effondrées suite aux dégâts causés par les avions et les incendies qui s’ensuivirent et ont demandé une véritable enquête scientifique sur la cause de la destruction des bâtiments.
Quoi qu’il en soit, nous demeurons avec le paradoxe que l’opinion scientifique fondée sur un examen attentif de ce qui reste des preuves des attentats, a été désignée par les ignorants et les malpropres comme “une théorie du complot”, alors même que la théorie absurde du complot de Washington elle, demeure la vérité monolithique des évènements.
L’association “Architects and Engineers for 9/11 Truth”, menée par l’architecte Richard Gage a enfoncé le dernier clou dans le cercueil de la théorie du complot concoctée par Washington avec son dernier documentaire: “9/11 Explosive Evidence, Experts Speak Out”, et ces experts ne mâchent pas leurs mots !
Un grand nombre d’experts en démolition de bâtiment et d’experts en construction, ingénierie de hautes structures d’acier, donnent des raisons scientifiques, architecturales, et techniques sur le fait que les trois buildings du WTC n’ont pu s’effondrer que par l’assistance d’explosifs qui avaient été placés pour supprimer tout soutien structurel et permettre un effondrement soudain des buildings. Comme tous ces bâtiments avaient été pensés et construits en accord avec tous les principes connus et testés qui préviennent un effondrement soudain et rapide des bâtiments, le feu et les dégâts structurels dont deux des trois bâtiments souffrirent après l’impact des avions, ne pouvaient pas avoir causé la désintégration soudaine des trois bâtiments.
J’ai vu le documentaire à Atlanta le 2 Juillet. Atlanta était une des 32 villes de première du film.
Le documentaire a été montré au 7 Stages Theater sur Euclid Avenue, l’ancien cinéma Euclid où nous allions enfants, il y a 65 ans, voir Tarzan se battre avec des reptiles géants et mener des éléphants à la victoire sur des méchantes tribus noires ou de vils chasseurs blancs, ou nous allions admirer Randolph Scott ramener la justice avec son six-coups dans une ville sous l’emprise des chapeaux noirs ou être le témoin de braves soldats américains libérant l’Europe des nazis. Jamais nous n’aurions pu cauchemarder, que nous, résidents du “pays de la liberté”, serions un jour menacé par un état gestapiste.
La descente de l’Amérique dans l’enfer d’un état policier de la gestapo pourrait peut-être être arrêtée, si les citoyens américains n’étaient pas si ignorants des choses de la science et étaient capables de réaliser que ce qu’ils voient de leurs propres yeux quand ils regardent des vidéos de la destruction des tours jumelles est en fait l’explosion/implosion de bâtiments et non pas de bâtiments s’effondrant suite à des dégâts structurels. La destruction du building 7 du WTC est l’archétype même d’une démolition contrôlée.
A la fin de ce documentaire très puissant, des psychologues expliquent pourquoi la vaste majorité de la population n’a pas la force mentale et émotionnelle pour confronter des faits très très troublant et dérangeant. Un gouvernement qui espionne sa populaition de manière si efficace tel que le fait Washington, connait très bien le profil de sa population et n’y voit que faiblesse et peur qui peuvent être manipulées.
Quel fait peut-être plus dérangeant que le fait plus que probable que le 11 Septembre fut un attentat fausse bannière fait pour donner aux néoconservateurs leur “Nouveau Pearl Harbor” afin de lancer les guerres hégémoniques de Washington au Moyen-Orient et de là sur l’Iran et sur les puissances nucléaires que sont la Russie et la Chine, qui sont encerclées, tout comme l’Iran le fut, par des bases militaires américaines ?
Ce que nous vivons est un remake de la révolution française, cette fois à l’échelle planétaire. Napoléon, l’hériter de la révolution, conquît l’europe plusieurs fois dans un effort d’étendre le Nouvel Ordre français à toute l’Europe. La révolution française fut la première tentative de Nouvel Ordre Mondial, mais à cette époque, le monde était l’Europe.
Les “guerres de libération” de Washington sont des guerres d’hégémonie mondiale et des guerres de profits considérables pour le complexe militaro-industriel et de la sécurité. La combinaison du pouvoir et de l’argent, qui sont les objectifs des guerres concoctés par Washington sont des objectifs cachés, enroulés dans le drapeau, des sentiments patriotiques et la peur des bronzés musulmans diabolisés à souhait.
Le mouvement Architects and Engineers for 9/11 Truth peut-il réussir et libérer les citoyens américains de la réalité artificielle créée par des menteurs gouvernementaux et une pressetituée corrompue ou les Américains sont-ils condamnés à expirer dans la Matrix qui a été créée pour eux ?
L’espoir réside peut-être dans l’effondrement de l’économie sous la houlette du soi-disant hégémon et que les gens qui ne se battraient pas pour des principes et leur liberté le feront pour leur survie économique.
http://resistance71.wordpress.com/
Paul Craig Roberts, ancien assistant secrétaire d’état aux finances et éditeur associé du Wall Street Journal a enseignédans plusieurs universités et est un Contributing Editor du Trends Journal de Geral Celente.
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Le gouvernement mondial maintenant établi secret de polichinelle
Une récente interview sur la chaîne CNBC où des analystes financiers admettent ouvertement devant leur audience que les Etats-Unis sont sous le contrôle d’un groupe de banquiers centraux qui construisent un gouvernement mondial est un constat navrant de l’intérieur sur la façon dont l’establishment s’est maintenant dispensé de toute prétention à même essayer de cacher leur agenda alors qu’il est en phase de finalisation.
Durant cet entretien, l’hôte de l’émission demande à ses invités: “Travaillons-nous tous pour les banques centrales, est-ce enfin la gouvernance mondiale, est-ce un monde unique, avec les banquiers centraux en charge, ne sommes-nous pas en train de vivre et de mourir juste pour ce que font les banques centrales ?…”
“Pour répondre à votre question: “Nous sommes absolument les esclaves des banques centrales”, répondent en cœur les invités.
“Nous sommes tenus par ce que les banquiers centraux et les faiseurs de politique font plutôt que par les fondamentaux de l’économie”, ajoute un autre.
Ceci n’est juste qu’un exemple parmi tant d’autres où il nous est maintenant jeté à la figure l’idée que l’élite banquière construit un gouvernement mondial aux dépends du peuple américain.
Après avoir traité l’affaire pendant des décennies comme étant une “théorie du complot”, l’establishment déchire maintenant le voile dans un effort de forcer les Américains à docilement accepter ce qui a été planifié depuis bien longtemps.
Un gouvernement mondial est maintenant mis en avant de manière forcée comme étant la “solution” à tous les problèmes, mais spécifiquement en relation avec la crise financière et économique. On nous gave de propagande pour nous faire accepter le fait que le pouvoir central entre les main d’une petite élite est le seul moyen pour en sortir et qu’une monnaie unique mondiale est inévitable.
Au sommet de la dernière crise économique, le membre du groupe Bilderberg et journaliste au Financial Times Gideon Rachman argumentait que “tout est en place” pour l’avènement d’un gouvernement mondial dictatorial qui sera imposé par une élite technocrate.
L’appel de Rachman en 2008 pour que des technocrates autoritaires soient mis en charge de l’économie en préparation de la naissance officielle du gouvernement mondial est maintenant bien avancé, alors que les économies de la France, de l’Irlande, de l’Allemagne, de la Belgique, de l’Italie, de la Grèce, en même temps que le FMI et la BCE, sont tous sous le régime d’occupation banquière de la firme Goldman Sachs.
Ces technocrates n’ont pas été du tout timides pour annoncer ouvertement ce qu’ils sont en train de faire.
Dès sa sélection pour être nommé président de l’UE en 2009, Herman Van Rompuy a annoncé que la crise financière et les efforts pour combattre le “réchauffement climatique” étaient faits pour précéder “la gestion globale de notre planète”. Il déclara également que 2009 était “la première année de la gouvernance mondiale”.
La même année, Van Rompuy fut rejoint par le pape qui appela lui aussi pour une “autorité politique mondiale” afin de gérer l’économie mondiale.
Le président de la Banque Mondiale et élitiste du Bilderberg Robert Zoellick a également ouvertement admis le plan pour une élimination de la souveraineté nationale et d’imposer un gouvernement mondial, ce durant un discours à la fin du sommet du G20.
Les appels pour une monnaie unique mondiale sont également un composant clef et consistant pour une gouvernance mondiale.
Dans un discours prononcé en 2000, un membre du comité directeur de la BCE, Sirkka Hämäläinen avait dit: “En conclusion, je désirerais revenir sur la prophétie de Paul Volcker. Il a sans doute raison et nous pourrions avoir un jour une monnaie unique mondiale. Peut-être une intégration européenne, de la même manière que toute autre intégration régionale, pourrait ˆêtre vue comme une avancée vers la situation idéale d’une monde totalement intégré.”
Dans un discours en 2010 au CFR, l’ancien président de la BCE Jean-Claude Trichet avait dit clairement que le Global Econonomy Meeting (GEM), qui se rencontre au QG des banques centrales, à la BIS de Bâle en Suisse, deviendrait “le groupe principal pour la gouvernance mondiale au sein des banques centrales”.
Trichet ajouta que les réunions de la BIS assuraient que “le système bouge de manière décisive vers une véritable gouvernance mondiale”. Puis il définit comment cette gouvernance mondiale opérerait.
“Il y a plusieurs définitions possibles de gouvernance mondiale. Dans la sphère de la finance et de l’économie, je proposerais que la gouvernance mondiale réunisse non seulement une constellation d’institutions supranationales, incluant les institutions financières internationales, mais aussi le regroupement informel des groupes qui ont progressivement émergés au niveau global. Ces forums informels tels le G7, G10, G20 etc.… sont très importants pour améliorer la coordination mondiale dans tous les domaines où les processus de décision demeurent nationaux, soit en aidant à faire émerger des standards et codes de gestion ou pour faciliter lorsqu’appropriée, la coordination des macro-politiques économiques.”
Beaucoup d’autres membres de l’establishment politique ont ouvertement exprimé l’agenda de créer un gouvernement mondial et ce pas seulement en réponse à la crise financière mais aussi comme solution au réchauffement climatique anthropique.
En 2009, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon a admis que la taxe carbone qui sera prélevée au nom de la résolution du réchauffement climatique devra être collectée par un corps mondial.
“Nous établirons une structure de gouvernance mondiale pour surveiller et gérer la réalisation de ceci”, avait-il déclaré.
Dans un éditorial du New York Times titré: “Nous pouvons le faire”, Ki-Moon écrivait également que les efforts pour imposer des restrictions sur les émissions de CO2, “doivent inclure une structure de gouvernance mondiale juste et équitable.”
Un autre mondialiste et environnementaliste David De Mayer Rothschild avait aussi révélé l’agenda pour une gouvernance mondiale dans une interview avec la chaîne Bloomberg News.
“Ceci est au delà du discours. Nous savons historiquement que ce type d’agenda de gouvernance mondiale et sujets affiliés est très difficile à… avec toutes les meilleurs intentions, c’est en fait très difficile à activer”, avait noté Rothschild.
De la même manière, Al Gore avait dit dans un discours en 2009, que les tentatives de régulation des émissions de CO2, seraient menées au travers “de la gouvernance mondiale et d’accords globaux.”
Un modèle des Nations-Unies en 2010 pour remettre l’organisation à la pointe de la gouvernance mondiale avait révélé de manière alarmante l’agenda de renommer le “réchauffement climatique” en “surpopulation” comme moyen de démanteler les classes moyennes en utilisant “une redistribution de la richesse globale” et une augmentation de l’immigration pour revigorer l’agenda de la poursuite de la gouvernance mondiale.
Des bureaucrates lors du sommet sur le Climat de Durban en 2011 ont souligné les plans pour le traité sur le changement climatique le plus draconien et débridé jamais produit, sous lequel l’occident serait mandaté à respecter “les droits de la Terre mère” en payant “une dette climatique” qui agirait comme un fond de financement pour un gouvernement mondial tout-puissant.
Plus tôt cette année, un article du magazine Scientific American titré: Effective World Government Will Be Needed to Stave Off Climate Catastrophe a argumenté que la gestion globale de la planète était le seul moyen pour combattre le réchauffement climatique.
Bien que l’agenda pour un gouvernement mondial est maintenant ouvert et toute voile dehors avec peu d’attention pour la subtilité ou le secret, les citations qui suivent, remontant sur plusieurs décennies, prouvent que ce plan ne date pas d’hier:
“Aujourd’hui, les Etats-Unis seraient outragés si des troupes de Nations-Unies entraient à Los Angeles pour restaurer l’ordre. Demain ils seront reconnaissants. Lorsque se présentera ce scenario, les droits de l’individu seront volontairement abandonnés pour la garantie de leur bien-être que leur apportera le gouvernement mondial.” — Henry Kissinger –
“Nous remercions le Washington Post, le New York Times, le Time magazine et leurs directeurs qui ont participés à nos réunions (Bilderberg) et ont respecté leurs promesses de discrétion pendant près de quarante ans. Il nous aurait été impossible de développer notre plan pour le monde si nous avions été soumis aux feux de la rampe durant toutes ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à marcher vers le gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est sûrement préférable à l’auto-détermination nationale pratiquée ces derniers siècles.” – David Rockefeller –
“Le siècle prochain, les nations telles que nous les connaissons aujourd’hui, seront obsolètes, tous les états reconnaîtront une autorité unique mondiale et réaliseront que la souveraineté nationale n’était pas une bonne affaire finalement.” – Strobe Talbot –
“Nous avons besoin d’une nouvelle donne mondiale, un grand marchandage entre les pays et les continents de ce monde.” – Gordon Brown –
“Il nous apparaît pour beaucoup d’entre nous que si nous voulons éviter un conflit mondial éventuel qui serait catastrophique, nous devrions renforcer l’ONU comme une première étape vers un gouvernement mondial calqué sur notre propre gouvernement avec sa législature, ses pouvoirs exécutif et judiciaire, sa police pour faire respecter la loi internationale et maintenir la paix. Pour y parvenir, nous les Américains devrons bien sûr abandonner notre souveraineté. Ce sera une pilule amère. Cela demandera beaucoup de courage, une grande foi dans le nouvel ordre mondial. Pat Robertson a écrit dans un livre il y a plusieurs années, qu’il y aurait un gouvernement mondial, mais seulement avec l’arrivée du nouveau Messie. Il écrivit littéralement, que toute tentative de parfaire un nouvel ordre mondial avant ce temps sera le travail du diable. Et bien, rejoignez-moi. Je suis heureux d’être assis ici, à la droite de Satan.” – Walter Cronkite –
“Ceci est le gouvernance mondiale en devenir. Mais nous devons être d’accord et être d’accord d’être liés par un engagement.” – George Papandréou, ancien premier ministre grec –
“Pour la première fois, l’humanité institue un véritable instrument de gouvernance mondiale. Depuis les premiers temps, nous devrons faire de l’environnement notre pôle d’attention et un thème majeur d’éducation et un thème majeur de débat politique, et ce jusqu’à ce que le respect de l’environnement devienne un fondamental pour sauvegarder nos droits et nos libertés. En agissant ensemble, en construisant cet instrument sans précédent, le premier composant d’une gouvernance mondiale, nous travaillons pour le dialogue et la paix.” – Jacques Chirac –
“Pour plus d’un siècle des idéologues extrémistes des deux côtés du spectre politique ont utilisé et instrumentalisé des incidents tels que ma rencontre avec Castro afin d’attaquer la famille Rockefeller et son influence qu’ils clament que nous avons sur la société américaine, sa politique et ses institutions économiques. Certains croient même que nous faisons partie d’une cabale secrète et travaillons contre les intérêts des Etats-Unis, caractérisant ma famille et moi-même comme étant des “internationalistes” et de conspirer avec d’autres dans le monde afin de construire une structure globale politique et économique plus structurée, un monde unique si vous voulez. Si ce sont là les accusations, alors je suis coupable et fier de l’être.” – David Rockefeller, citation tirée de ses propres mémoires –
Article original en anglais : http://www.infowars.com/bankers-declare ... conquered/, le 19 juillet 2012
Traduit de l’anglais par Résistance 71
par Paul Joseph Watson et Alex Jones http://www.mondialisation.ca
Une récente interview sur la chaîne CNBC où des analystes financiers admettent ouvertement devant leur audience que les Etats-Unis sont sous le contrôle d’un groupe de banquiers centraux qui construisent un gouvernement mondial est un constat navrant de l’intérieur sur la façon dont l’establishment s’est maintenant dispensé de toute prétention à même essayer de cacher leur agenda alors qu’il est en phase de finalisation.
Durant cet entretien, l’hôte de l’émission demande à ses invités: “Travaillons-nous tous pour les banques centrales, est-ce enfin la gouvernance mondiale, est-ce un monde unique, avec les banquiers centraux en charge, ne sommes-nous pas en train de vivre et de mourir juste pour ce que font les banques centrales ?…”
“Pour répondre à votre question: “Nous sommes absolument les esclaves des banques centrales”, répondent en cœur les invités.
“Nous sommes tenus par ce que les banquiers centraux et les faiseurs de politique font plutôt que par les fondamentaux de l’économie”, ajoute un autre.
Ceci n’est juste qu’un exemple parmi tant d’autres où il nous est maintenant jeté à la figure l’idée que l’élite banquière construit un gouvernement mondial aux dépends du peuple américain.
Après avoir traité l’affaire pendant des décennies comme étant une “théorie du complot”, l’establishment déchire maintenant le voile dans un effort de forcer les Américains à docilement accepter ce qui a été planifié depuis bien longtemps.
Un gouvernement mondial est maintenant mis en avant de manière forcée comme étant la “solution” à tous les problèmes, mais spécifiquement en relation avec la crise financière et économique. On nous gave de propagande pour nous faire accepter le fait que le pouvoir central entre les main d’une petite élite est le seul moyen pour en sortir et qu’une monnaie unique mondiale est inévitable.
Au sommet de la dernière crise économique, le membre du groupe Bilderberg et journaliste au Financial Times Gideon Rachman argumentait que “tout est en place” pour l’avènement d’un gouvernement mondial dictatorial qui sera imposé par une élite technocrate.
L’appel de Rachman en 2008 pour que des technocrates autoritaires soient mis en charge de l’économie en préparation de la naissance officielle du gouvernement mondial est maintenant bien avancé, alors que les économies de la France, de l’Irlande, de l’Allemagne, de la Belgique, de l’Italie, de la Grèce, en même temps que le FMI et la BCE, sont tous sous le régime d’occupation banquière de la firme Goldman Sachs.
Ces technocrates n’ont pas été du tout timides pour annoncer ouvertement ce qu’ils sont en train de faire.
Dès sa sélection pour être nommé président de l’UE en 2009, Herman Van Rompuy a annoncé que la crise financière et les efforts pour combattre le “réchauffement climatique” étaient faits pour précéder “la gestion globale de notre planète”. Il déclara également que 2009 était “la première année de la gouvernance mondiale”.
La même année, Van Rompuy fut rejoint par le pape qui appela lui aussi pour une “autorité politique mondiale” afin de gérer l’économie mondiale.
Le président de la Banque Mondiale et élitiste du Bilderberg Robert Zoellick a également ouvertement admis le plan pour une élimination de la souveraineté nationale et d’imposer un gouvernement mondial, ce durant un discours à la fin du sommet du G20.
Les appels pour une monnaie unique mondiale sont également un composant clef et consistant pour une gouvernance mondiale.
Dans un discours prononcé en 2000, un membre du comité directeur de la BCE, Sirkka Hämäläinen avait dit: “En conclusion, je désirerais revenir sur la prophétie de Paul Volcker. Il a sans doute raison et nous pourrions avoir un jour une monnaie unique mondiale. Peut-être une intégration européenne, de la même manière que toute autre intégration régionale, pourrait ˆêtre vue comme une avancée vers la situation idéale d’une monde totalement intégré.”
Dans un discours en 2010 au CFR, l’ancien président de la BCE Jean-Claude Trichet avait dit clairement que le Global Econonomy Meeting (GEM), qui se rencontre au QG des banques centrales, à la BIS de Bâle en Suisse, deviendrait “le groupe principal pour la gouvernance mondiale au sein des banques centrales”.
Trichet ajouta que les réunions de la BIS assuraient que “le système bouge de manière décisive vers une véritable gouvernance mondiale”. Puis il définit comment cette gouvernance mondiale opérerait.
“Il y a plusieurs définitions possibles de gouvernance mondiale. Dans la sphère de la finance et de l’économie, je proposerais que la gouvernance mondiale réunisse non seulement une constellation d’institutions supranationales, incluant les institutions financières internationales, mais aussi le regroupement informel des groupes qui ont progressivement émergés au niveau global. Ces forums informels tels le G7, G10, G20 etc.… sont très importants pour améliorer la coordination mondiale dans tous les domaines où les processus de décision demeurent nationaux, soit en aidant à faire émerger des standards et codes de gestion ou pour faciliter lorsqu’appropriée, la coordination des macro-politiques économiques.”
Beaucoup d’autres membres de l’establishment politique ont ouvertement exprimé l’agenda de créer un gouvernement mondial et ce pas seulement en réponse à la crise financière mais aussi comme solution au réchauffement climatique anthropique.
En 2009, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon a admis que la taxe carbone qui sera prélevée au nom de la résolution du réchauffement climatique devra être collectée par un corps mondial.
“Nous établirons une structure de gouvernance mondiale pour surveiller et gérer la réalisation de ceci”, avait-il déclaré.
Dans un éditorial du New York Times titré: “Nous pouvons le faire”, Ki-Moon écrivait également que les efforts pour imposer des restrictions sur les émissions de CO2, “doivent inclure une structure de gouvernance mondiale juste et équitable.”
Un autre mondialiste et environnementaliste David De Mayer Rothschild avait aussi révélé l’agenda pour une gouvernance mondiale dans une interview avec la chaîne Bloomberg News.
“Ceci est au delà du discours. Nous savons historiquement que ce type d’agenda de gouvernance mondiale et sujets affiliés est très difficile à… avec toutes les meilleurs intentions, c’est en fait très difficile à activer”, avait noté Rothschild.
De la même manière, Al Gore avait dit dans un discours en 2009, que les tentatives de régulation des émissions de CO2, seraient menées au travers “de la gouvernance mondiale et d’accords globaux.”
Un modèle des Nations-Unies en 2010 pour remettre l’organisation à la pointe de la gouvernance mondiale avait révélé de manière alarmante l’agenda de renommer le “réchauffement climatique” en “surpopulation” comme moyen de démanteler les classes moyennes en utilisant “une redistribution de la richesse globale” et une augmentation de l’immigration pour revigorer l’agenda de la poursuite de la gouvernance mondiale.
Des bureaucrates lors du sommet sur le Climat de Durban en 2011 ont souligné les plans pour le traité sur le changement climatique le plus draconien et débridé jamais produit, sous lequel l’occident serait mandaté à respecter “les droits de la Terre mère” en payant “une dette climatique” qui agirait comme un fond de financement pour un gouvernement mondial tout-puissant.
Plus tôt cette année, un article du magazine Scientific American titré: Effective World Government Will Be Needed to Stave Off Climate Catastrophe a argumenté que la gestion globale de la planète était le seul moyen pour combattre le réchauffement climatique.
Bien que l’agenda pour un gouvernement mondial est maintenant ouvert et toute voile dehors avec peu d’attention pour la subtilité ou le secret, les citations qui suivent, remontant sur plusieurs décennies, prouvent que ce plan ne date pas d’hier:
“Aujourd’hui, les Etats-Unis seraient outragés si des troupes de Nations-Unies entraient à Los Angeles pour restaurer l’ordre. Demain ils seront reconnaissants. Lorsque se présentera ce scenario, les droits de l’individu seront volontairement abandonnés pour la garantie de leur bien-être que leur apportera le gouvernement mondial.” — Henry Kissinger –
“Nous remercions le Washington Post, le New York Times, le Time magazine et leurs directeurs qui ont participés à nos réunions (Bilderberg) et ont respecté leurs promesses de discrétion pendant près de quarante ans. Il nous aurait été impossible de développer notre plan pour le monde si nous avions été soumis aux feux de la rampe durant toutes ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à marcher vers le gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est sûrement préférable à l’auto-détermination nationale pratiquée ces derniers siècles.” – David Rockefeller –
“Le siècle prochain, les nations telles que nous les connaissons aujourd’hui, seront obsolètes, tous les états reconnaîtront une autorité unique mondiale et réaliseront que la souveraineté nationale n’était pas une bonne affaire finalement.” – Strobe Talbot –
“Nous avons besoin d’une nouvelle donne mondiale, un grand marchandage entre les pays et les continents de ce monde.” – Gordon Brown –
“Il nous apparaît pour beaucoup d’entre nous que si nous voulons éviter un conflit mondial éventuel qui serait catastrophique, nous devrions renforcer l’ONU comme une première étape vers un gouvernement mondial calqué sur notre propre gouvernement avec sa législature, ses pouvoirs exécutif et judiciaire, sa police pour faire respecter la loi internationale et maintenir la paix. Pour y parvenir, nous les Américains devrons bien sûr abandonner notre souveraineté. Ce sera une pilule amère. Cela demandera beaucoup de courage, une grande foi dans le nouvel ordre mondial. Pat Robertson a écrit dans un livre il y a plusieurs années, qu’il y aurait un gouvernement mondial, mais seulement avec l’arrivée du nouveau Messie. Il écrivit littéralement, que toute tentative de parfaire un nouvel ordre mondial avant ce temps sera le travail du diable. Et bien, rejoignez-moi. Je suis heureux d’être assis ici, à la droite de Satan.” – Walter Cronkite –
“Ceci est le gouvernance mondiale en devenir. Mais nous devons être d’accord et être d’accord d’être liés par un engagement.” – George Papandréou, ancien premier ministre grec –
“Pour la première fois, l’humanité institue un véritable instrument de gouvernance mondiale. Depuis les premiers temps, nous devrons faire de l’environnement notre pôle d’attention et un thème majeur d’éducation et un thème majeur de débat politique, et ce jusqu’à ce que le respect de l’environnement devienne un fondamental pour sauvegarder nos droits et nos libertés. En agissant ensemble, en construisant cet instrument sans précédent, le premier composant d’une gouvernance mondiale, nous travaillons pour le dialogue et la paix.” – Jacques Chirac –
“Pour plus d’un siècle des idéologues extrémistes des deux côtés du spectre politique ont utilisé et instrumentalisé des incidents tels que ma rencontre avec Castro afin d’attaquer la famille Rockefeller et son influence qu’ils clament que nous avons sur la société américaine, sa politique et ses institutions économiques. Certains croient même que nous faisons partie d’une cabale secrète et travaillons contre les intérêts des Etats-Unis, caractérisant ma famille et moi-même comme étant des “internationalistes” et de conspirer avec d’autres dans le monde afin de construire une structure globale politique et économique plus structurée, un monde unique si vous voulez. Si ce sont là les accusations, alors je suis coupable et fier de l’être.” – David Rockefeller, citation tirée de ses propres mémoires –
Article original en anglais : http://www.infowars.com/bankers-declare ... conquered/, le 19 juillet 2012
Traduit de l’anglais par Résistance 71
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Pendant encore combien de temps devrons-nous nous soumettre à un tel « gouvernement invisible »
Traduit par Résistance 71
url de l’article original : http://www.johnpilger.com/articles/hist ... e-the-news
En arrivant dans un village du sud-Vietnam, je remarquais deux enfants qui étaient des témoignages vivants de la plus longue guerre du XXème siècle. Leurs terribles difformités étaient familières. Tout le long du fleuve Mékhong, là où les forêts étaient pétrifiées, de petites mutations humaines vivaient du mieux qu’elles le pouvaient.
Aujourd’hui, à l’hôpital pédiatrique Tu Du de Saïgon, un ancien bloc opératoire est connu sous le nom de « musée » et de manière non-officielle comme le « musée des horreurs ». Cette pièce a des étagères où se tiennent de grands bocaux en verre contenant des fœtus grotesques. Pendant l’invasion du Vietnam, les Etats-Unis ont pulvérisé un puissant herbicide sur la végétation et les villages afin de « retirer sa planque à l’ennemi ». Ceci était l’agent orange, qui contient de la dioxine, un poison si puissant qu’il cause mort fœtale, fausses-couches, dégâts chromosomiques et cancers.
En 1970, un raport du sénat américain révéla que « les Etats-Unis avaient déversé (sur le sud-vietnam) une quantité du produit toxique équivalent en volume à 3kg de la substance par personne de la population, ceci incluant femmes et enfants ». Le nom de code de cette opération à coup d’arme de destruction massive, l’opération Hades, fut changé en un nom plus amical: Operation Ranch Hand. Il est estimé aujourd’hui que 4,8 millions des victimes de cet agent orange sont des enfants.
Len Aldis, secrétaire de la société de l’amitié anglo-vietnamienne, est revenu récemment du Vietnam en possession d’une lettre à délivrer au Comité Olympique International de la part de l’Union des Femmes Vietnamiennes. Le président de l’union, Nguyen Thi Thanh Hoa, y décrit « les sévères difformités congénitales (causées par l’agent orange) de génération en génération ». Elle demande au COI de reconsidérer sa décision d’accepter comme sponsor officiel la compagnie Dow Chemical, qui fut une des compagnies responsables de la production du poison et qui a refusée de compenser les victimes.
Aldis a délivré la lettre personnellement au bureau de Lord Coe, le président du comité organisateur des JO de Londres. Il n’a eu aucune réponse. Quand Amnesty International mit en lumière le fait qu’en 2001 Dow Chemical acheta « la compagnie responsable de la terrible fuite de gaz de Bhopal en Inde en 1984, qui tua de 7 000 à 10 000 personnes immédiatement et environ 15 000 les vingt années qui suivirent », David Cameron décrivit Dow comme « étant une entreprise réputée ». Santé à tous donc, lorsque les caméras balaieront les décors valant 7 millions de Livres britanniques qui habillent le stade olympique: le produit d’un « contrat » de 10 ans entre le COI et un tel destructeur réputé.
L’histoire est enterrée avec les morts et les déformés du Vietnam et de Bhopal. Et l’histoire est l’ennemi. Le 28 Mai, le président Obama a lancé une campagne de falsification de l’histoire de la guerre du Vietnam. Pour Obama, il n’y a pas eu d’agent orange, pas de zones de tirs libres, pas de tirs au lapin, pas de couverture des massacres, pas de racisme rampant, pas de suicides (alors que plus d’Américains se sont suicidés que ne sont morts durant la guerre), pas de défaites aux mains d’une armée de résistance levée d’une société apauvrie. Ce fut, a dit Mr Prometteur de beaux jours, « une des histoires les plus extraordinaires de bravoure et d’intégrité de l’histoire de l’armée américaine ».
Le lendemain, le New York Times publiait un long article documentant comment Obama sélectionne personnellement les victimes de ses attaques de drones de par le monde. Il fait cela les « Mardis de la terreur » quand il parcourt les noms d’une « kill list », certains étant des adolescents, incluant une « fille qui fait bien plus jeune que ses 17 ans ». Beaucoup sont inconnus ou simplement d’âge militaire. Guidés par des « pilotes » assis devant un écran ordinateur à Las Vegas, les drones tirent des missiles Hellfire (NdT: qu’on peut traduire par « feu de l’enfer »), qui pompent l’air des poumons et pulvérisent leurs victimes. En Septembre dernier, Obama a tué un citoyen américain, Anouar El-Alaki, sur la simple rumeur qu’il incitait au terrorisme. « Celui-là est facile », a t’il été dit de sa déclaration par ses aides alors qu’il signait l’arrêt de mort de l’intéressé. Le 6 Juin, un drone a tué 18 personnes dans un village d’Afghanistan incluant des femmes et des enfants ainsi que des personnes âgées qui célébraient un mariage.
L’article du New York Times n’était pas une fuite ou un exposé. C’était une pièce de relation publique, de propagande, créée par le gouvernement Obama pour montrer à quel point le « commandant en chef » peut-être un dur à cuire dans une année électorale. S’il est réélu, la marque Obama va continuer à servir docilement les riches et puissants, à poursuivre ceux qui disent la vérité, à menacer les nations, à disséminer des virus informatiques et à assassiner des gens tous les Mardis.
Les menaces contre la Syrie, coordonnées depuis Washington et Londres, marquent un nouveau sommet de l’hypocrisie. Contrairement à la propagande brute présentée sous forme d’information, le journalisme d’enquête du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung identifie ceux responsables du massacre de Houla comme étant les « rebelles » soutenus par Obama et Cameron. Les sources du quotidien incluent les rebelles eux-mêmes. Ceci n’a pas été complètement ignoré en Grande-Bretagne. Ecrivant dans son blog personnel, toujours si discrètement, Jon Williams, l’éditeur en chef de l’information de la BBC, sert de manière effective sa « couverture » de l’évènement, citant des officiels occidentaux qui décrivent l’opération de guerre psychologique contre la Syrie comme étant « brillante ». Aussi brillante que la destruction de la Libye, de l’Irak et de l’Afghanistan.
Tout aussi brillante que la dernière promotion de propagande du Guardian d’Alistair Campbell, le collaborateur en chef de Tony Blair pour l’invasion criminelle de l’Irak. Dans ses « carnets », Campbell essaie d’éclabousser le sang irakien sur le diable Murdoch. Il est vrai qu’il y en a suffisamment pour les tremper tous. Mais la reconnaissance du fait que les médias respectables, libéraux, et flatteurs de Blair, furent un accessoire vital pour que soit perpétrer une telle épidémie de crimes, est bien sûr omise et demeure un singulier test d’honnêteté intellectuelle et morale en Grande-Bretagne.
Pendant encore combien de temps devrons-nous nous soumettre à un tel « gouvernement invisible » ? Ce terme pour une propagande insidieuse, a été utilisé pour la première fois par Edward Bernays, le neveu de Sigmund Freud et inventeur de la relation publique moderne, n’a jamais été plus à propos. « La fausse réalité » demande une amnésie historique, le mensonge par omission et le transfert du signifiant vers l’insignifiant. De cette façon, les systèmes politiques promettant sécurité et justice sociale ont été remplacés par la piraterie, l’austérité et la « guerre perpétuelle »: un extrémisme dédié à renverser la démocratie. En appliquant ceci à un individu, nous identifierions un psychopathe. Pourquoi l’acceptons-nous ?
http://lemondeactualite.unblog.fr
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url de l’article original : http://www.johnpilger.com/articles/hist ... e-the-news
En arrivant dans un village du sud-Vietnam, je remarquais deux enfants qui étaient des témoignages vivants de la plus longue guerre du XXème siècle. Leurs terribles difformités étaient familières. Tout le long du fleuve Mékhong, là où les forêts étaient pétrifiées, de petites mutations humaines vivaient du mieux qu’elles le pouvaient.
Aujourd’hui, à l’hôpital pédiatrique Tu Du de Saïgon, un ancien bloc opératoire est connu sous le nom de « musée » et de manière non-officielle comme le « musée des horreurs ». Cette pièce a des étagères où se tiennent de grands bocaux en verre contenant des fœtus grotesques. Pendant l’invasion du Vietnam, les Etats-Unis ont pulvérisé un puissant herbicide sur la végétation et les villages afin de « retirer sa planque à l’ennemi ». Ceci était l’agent orange, qui contient de la dioxine, un poison si puissant qu’il cause mort fœtale, fausses-couches, dégâts chromosomiques et cancers.
En 1970, un raport du sénat américain révéla que « les Etats-Unis avaient déversé (sur le sud-vietnam) une quantité du produit toxique équivalent en volume à 3kg de la substance par personne de la population, ceci incluant femmes et enfants ». Le nom de code de cette opération à coup d’arme de destruction massive, l’opération Hades, fut changé en un nom plus amical: Operation Ranch Hand. Il est estimé aujourd’hui que 4,8 millions des victimes de cet agent orange sont des enfants.
Len Aldis, secrétaire de la société de l’amitié anglo-vietnamienne, est revenu récemment du Vietnam en possession d’une lettre à délivrer au Comité Olympique International de la part de l’Union des Femmes Vietnamiennes. Le président de l’union, Nguyen Thi Thanh Hoa, y décrit « les sévères difformités congénitales (causées par l’agent orange) de génération en génération ». Elle demande au COI de reconsidérer sa décision d’accepter comme sponsor officiel la compagnie Dow Chemical, qui fut une des compagnies responsables de la production du poison et qui a refusée de compenser les victimes.
Aldis a délivré la lettre personnellement au bureau de Lord Coe, le président du comité organisateur des JO de Londres. Il n’a eu aucune réponse. Quand Amnesty International mit en lumière le fait qu’en 2001 Dow Chemical acheta « la compagnie responsable de la terrible fuite de gaz de Bhopal en Inde en 1984, qui tua de 7 000 à 10 000 personnes immédiatement et environ 15 000 les vingt années qui suivirent », David Cameron décrivit Dow comme « étant une entreprise réputée ». Santé à tous donc, lorsque les caméras balaieront les décors valant 7 millions de Livres britanniques qui habillent le stade olympique: le produit d’un « contrat » de 10 ans entre le COI et un tel destructeur réputé.
L’histoire est enterrée avec les morts et les déformés du Vietnam et de Bhopal. Et l’histoire est l’ennemi. Le 28 Mai, le président Obama a lancé une campagne de falsification de l’histoire de la guerre du Vietnam. Pour Obama, il n’y a pas eu d’agent orange, pas de zones de tirs libres, pas de tirs au lapin, pas de couverture des massacres, pas de racisme rampant, pas de suicides (alors que plus d’Américains se sont suicidés que ne sont morts durant la guerre), pas de défaites aux mains d’une armée de résistance levée d’une société apauvrie. Ce fut, a dit Mr Prometteur de beaux jours, « une des histoires les plus extraordinaires de bravoure et d’intégrité de l’histoire de l’armée américaine ».
Le lendemain, le New York Times publiait un long article documentant comment Obama sélectionne personnellement les victimes de ses attaques de drones de par le monde. Il fait cela les « Mardis de la terreur » quand il parcourt les noms d’une « kill list », certains étant des adolescents, incluant une « fille qui fait bien plus jeune que ses 17 ans ». Beaucoup sont inconnus ou simplement d’âge militaire. Guidés par des « pilotes » assis devant un écran ordinateur à Las Vegas, les drones tirent des missiles Hellfire (NdT: qu’on peut traduire par « feu de l’enfer »), qui pompent l’air des poumons et pulvérisent leurs victimes. En Septembre dernier, Obama a tué un citoyen américain, Anouar El-Alaki, sur la simple rumeur qu’il incitait au terrorisme. « Celui-là est facile », a t’il été dit de sa déclaration par ses aides alors qu’il signait l’arrêt de mort de l’intéressé. Le 6 Juin, un drone a tué 18 personnes dans un village d’Afghanistan incluant des femmes et des enfants ainsi que des personnes âgées qui célébraient un mariage.
L’article du New York Times n’était pas une fuite ou un exposé. C’était une pièce de relation publique, de propagande, créée par le gouvernement Obama pour montrer à quel point le « commandant en chef » peut-être un dur à cuire dans une année électorale. S’il est réélu, la marque Obama va continuer à servir docilement les riches et puissants, à poursuivre ceux qui disent la vérité, à menacer les nations, à disséminer des virus informatiques et à assassiner des gens tous les Mardis.
Les menaces contre la Syrie, coordonnées depuis Washington et Londres, marquent un nouveau sommet de l’hypocrisie. Contrairement à la propagande brute présentée sous forme d’information, le journalisme d’enquête du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung identifie ceux responsables du massacre de Houla comme étant les « rebelles » soutenus par Obama et Cameron. Les sources du quotidien incluent les rebelles eux-mêmes. Ceci n’a pas été complètement ignoré en Grande-Bretagne. Ecrivant dans son blog personnel, toujours si discrètement, Jon Williams, l’éditeur en chef de l’information de la BBC, sert de manière effective sa « couverture » de l’évènement, citant des officiels occidentaux qui décrivent l’opération de guerre psychologique contre la Syrie comme étant « brillante ». Aussi brillante que la destruction de la Libye, de l’Irak et de l’Afghanistan.
Tout aussi brillante que la dernière promotion de propagande du Guardian d’Alistair Campbell, le collaborateur en chef de Tony Blair pour l’invasion criminelle de l’Irak. Dans ses « carnets », Campbell essaie d’éclabousser le sang irakien sur le diable Murdoch. Il est vrai qu’il y en a suffisamment pour les tremper tous. Mais la reconnaissance du fait que les médias respectables, libéraux, et flatteurs de Blair, furent un accessoire vital pour que soit perpétrer une telle épidémie de crimes, est bien sûr omise et demeure un singulier test d’honnêteté intellectuelle et morale en Grande-Bretagne.
Pendant encore combien de temps devrons-nous nous soumettre à un tel « gouvernement invisible » ? Ce terme pour une propagande insidieuse, a été utilisé pour la première fois par Edward Bernays, le neveu de Sigmund Freud et inventeur de la relation publique moderne, n’a jamais été plus à propos. « La fausse réalité » demande une amnésie historique, le mensonge par omission et le transfert du signifiant vers l’insignifiant. De cette façon, les systèmes politiques promettant sécurité et justice sociale ont été remplacés par la piraterie, l’austérité et la « guerre perpétuelle »: un extrémisme dédié à renverser la démocratie. En appliquant ceci à un individu, nous identifierions un psychopathe. Pourquoi l’acceptons-nous ?
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
La possibilité de s’exprimer librement sur la toile risque de sérieusement être compromise…
Deux informations qui ne laissent présager rien de bon pour les résistants patriotes et nationalistes. Ayant besoin de toujours plus fliquer la population pour mieux la tenir en laisse, le FBI « a renouvelé la semaine dernière son souhait de voir adoptée une loi qui obligerait les réseaux sociaux, les fournisseurs de services de VoIP, les éditeurs de messageries instantanées ou les hébergeurs de boîtes e-mail à concevoir un moyen technique permettant à la police d’accéder aux communications privées des suspects placés sous surveillance. » (source) http://www.numerama.com/magazine/23841- ... l-etc.html
ET attention tenez vous bien : pour lutter contre le terrorisme, CleanIT propose ainsi tout simplement de bannir tout « contenu terroriste ». Or, cette idée suppose tout d’abord de trouver une définition commune à tous les pays d’Europe du terrorisme et de ce que peut-être un « contenu terroriste », au risque dans certains cas de violer la liberté d’expression de certains groupes. En outre, le projet propose d’également rendre illégal le simple fait de faire un lien hypertexte vers de ces « contenus terroristes ». CleanIT entend également mettre la pression sur entreprises du web en assimilant le fait d’avoir un groupe terroriste dans ses clients à une aide financière au terrorisme. Ainsi, le fait de « fournir des services internet » à l’un de ces groupes serait qualifié « d’aide économique (…) et serait donc un acte illégal ».
Parmi les autres mesures proposées risquant de déclencher un tollé figurent notamment le fait d’obliger les entreprises du web « n’autoriser que les vrais noms » des internautes, ce qui reviendrait à interdire tout pseudo, l’obligation de mettre sa vraie photo sur les réseaux sociaux ou encore l’obligation d’inclure dans les navigateurs un « bouton d’alerte »… (source) http://tempsreel.nouvelobs.com/vu-sur-l ... autes.html
http://www.contre-info.com/
Deux informations qui ne laissent présager rien de bon pour les résistants patriotes et nationalistes. Ayant besoin de toujours plus fliquer la population pour mieux la tenir en laisse, le FBI « a renouvelé la semaine dernière son souhait de voir adoptée une loi qui obligerait les réseaux sociaux, les fournisseurs de services de VoIP, les éditeurs de messageries instantanées ou les hébergeurs de boîtes e-mail à concevoir un moyen technique permettant à la police d’accéder aux communications privées des suspects placés sous surveillance. » (source) http://www.numerama.com/magazine/23841- ... l-etc.html
ET attention tenez vous bien : pour lutter contre le terrorisme, CleanIT propose ainsi tout simplement de bannir tout « contenu terroriste ». Or, cette idée suppose tout d’abord de trouver une définition commune à tous les pays d’Europe du terrorisme et de ce que peut-être un « contenu terroriste », au risque dans certains cas de violer la liberté d’expression de certains groupes. En outre, le projet propose d’également rendre illégal le simple fait de faire un lien hypertexte vers de ces « contenus terroristes ». CleanIT entend également mettre la pression sur entreprises du web en assimilant le fait d’avoir un groupe terroriste dans ses clients à une aide financière au terrorisme. Ainsi, le fait de « fournir des services internet » à l’un de ces groupes serait qualifié « d’aide économique (…) et serait donc un acte illégal ».
Parmi les autres mesures proposées risquant de déclencher un tollé figurent notamment le fait d’obliger les entreprises du web « n’autoriser que les vrais noms » des internautes, ce qui reviendrait à interdire tout pseudo, l’obligation de mettre sa vraie photo sur les réseaux sociaux ou encore l’obligation d’inclure dans les navigateurs un « bouton d’alerte »… (source) http://tempsreel.nouvelobs.com/vu-sur-l ... autes.html
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS

Maintenant, observons qui Hollande caressera pour mieux connaître tant sa félonie à l'égard de son nouvel "ami" que sa félonie à l'égard son "peuple" (là, c'est pire !).
Ce gars se voulait un Président normal ? J'entends parler de lui tous les jours. Quel changement avec le Nabot, c'est fou !!!!!

http://www.theatrum-belli.com/
"Quand le doigt montre la lune l'imbécile regarde le doigt"
. Les forçats du gosier : écouter . Le Petit Chaperon rouge : écouter
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
C'est 4 photos sont réellement puissantes et excellentes.
Imaginez dans quelque années les cours d'histoire dans nos livres scolaires...
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
On appelle ça le baiser ou l'accolade de la mort, surtout que Sarkozy a la tête de l'emploi pour ça. 
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
L'histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde
De nouvelles informations apparaissent, concernant l'attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI. par Harold James, Princeton
Le grand roman de Balzac Ies illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l'histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l'histoire secrète » - c'est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l'histoire pendant longtemps - voire pour toujours. Plus maintenant.
Ceci n'est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L'histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe. Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.
Le rôle premier de la Fed
Les réunions les plus importantes se sont déroulées le 16 septembre et le 28 octobre - à la suite de l'effondrement de la banque d'investissement américaine Lehman Brothers - et portaient sur la création d'accords bilatéraux d'échange de devises visant à assurer une liquidité adéquate. La Fed y avait décidé d'accorder des crédits en dollars à des banques étrangères en échange de devises, que la banque étrangère acceptait de racheter après une période spécifiée au même taux de change, plus les intérêts. Cela fournissait aux banques centrales - en particulier celles de l'Europe, qui faisaient face à une pénurie de dollars après la fuite des investisseurs américains - les dollars dont elles avaient besoin pour prêter aux institutions financières domestiques en difficulté.
En effet, la BCE a été parmi les premières banques à conclure un accord avec la Fed, suivie par d'autres grandes banques centrales de pays avancés, comme la Banque nationale suisse, la Banque du Japon et la Banque du Canada. Lors de la réunion d'octobre, quatre économies émergentes importantes « sur le plan diplomatique et économique » - Mexique, Brésil, Singapour et Corée du Sud - ont rejoint le mouvement, la Fed décidant d'établir des lignes de swap à hauteur de 30 milliards de dollars avec les banques centrales de ces pays.
La Fed voit d'abord les intérêts américains
Bien que la Fed ait agi comme une sorte de banque centrale mondiale, ses décisions ont été dictées, d'abord et avant tout, par les intérêts américains. Pour commencer, la Fed a rejeté les demandes de certains pays - dont les noms sont effacés dans les transcriptions publiées - de rejoindre le programme d'échange de devises.
Plus important encore, des limites furent placées sur les swaps. L'essence de la fonction de prêteur en dernier ressort d'une banque centrale a toujours été la fourniture de fonds illimités. Parce qu'il n'y a pas de limite sur la quantité de dollars que la Fed peut créer, aucun participant au marché ne peut prendre de position spéculative contre elle. En revanche, le Fonds monétaire international dépend de ressources limitées fournies par les pays membres.
Un changement fondamental dans la gouvernance mondiale
Le rôle international grandissant que la Fed joue depuis 2008 reflète un changement fondamental dans la gouvernance monétaire mondiale. Le FMI a été créé à une époque où les pays étaient régulièrement victimes des hypothèses désinvoltes des banquiers de New York, tels que l'évaluation de JP Morgan dans les années 1920 selon laquelle les Allemands étaient « fondamentalement un peuple de second ordre ». Le FMI formait une caractéristique essentielle de l'ordre international de l'après-Seconde Guerre mondiale, destinée à servir de mécanisme d'assurance universelle - qui ne pourrait pas être utilisé pour promouvoir les intérêts diplomatiques du moments.
Les documents de la Fed montrent la marginalisation du FMI
Aujourd'hui, comme le montrent clairement les documents de la Fed, le FMI est devenu marginalisé - notamment en raison de son processus politique inefficace. En effet, dès le début de la crise, le FMI, supposant que la demande pour ses ressources resterait faible en permanence, avait déjà commencé à réduire ses capacités.
En 2010, le FMI a mis en scène sa résurrection, se présentant comme central dans la résolution de la crise de l'euro - à commencer par son rôle dans le financement du plan de sauvetage grec. Pourtant, ici aussi, une histoire secrète a été révélée - qui met en évidence à quel point la gouvernance monétaire mondiale est devenue asymétrique.
La position du Fonds monétaire compliquée, face à la crise européenne
Le fait est que seuls les États-Unis et les pays massivement surreprésentés de l'Union européenne ont soutenu le plan de sauvetage grec. En effet, toutes les grandes économies émergentes s'y sont fermement opposées, le représentant du Brésil déclarant qu'il s'agissait d'un « plan de sauvetage des détenteurs de la dette privée de la Grèce, principalement les institutions financières européennes ». Même le représentant de la Suisse a condamné la mesure.
Lorsque les craintes d'un effondrement soudain de la zone euro ont donné lieu à un débat prolongé sur la façon dont les coûts seront supportés par des restructurations et des annulations de dette, la position du FMI deviendra de plus en plus compliquée. Bien que le FMI soit censé avoir priorité sur les autres créanciers, il y aura des demandes pour annuler une partie des prêts qu'il a émis. Les pays émergents plus pauvres s'opposeraient à une telle démarche, arguant que leurs citoyens ne devraient pas avoir à payer la facture de la prodigalité budgétaire de pays beaucoup plus riches.
Une perte d'influence inéluctable, même en cas de changement de directeur général
Même ceux qui ont toujours défendu l'implication du FMI se tournent à présent contre le Fonds. Les fonctionnaires de l'UE sont outrés par les efforts apparents du FMI pour obtenir un soutien des pays débiteurs de l'Europe en exhortant l'annulation de toutes les dettes qu'il n'a pas émises lui-même. Et le Congrès des États-Unis a refusé d'approuver l'expansion des ressources du FMI - qui faisait partie d'un accord international négocié au sommet du G-20 de 2010.
Bien que le scandale qui a suivi la nomination d'un autre européen en tant que directeur général du FMI en 2011 soit de nature à assurer que le prochain chef du Fonds ne sera pas originaire d'Europe, la diminution rapide de l'importance du rôle du FMI signifie que cela ne changera pas grand-chose. Comme le montre l'histoire secrète de 2008, ce qui importe est de savoir qui a accès à la Fed.
Source => http://www.latribune.fr/opinions/tribun ... monde.html
http://www.oragesdacier.info/2014/03/lh ... crise.html
http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/
De nouvelles informations apparaissent, concernant l'attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI. par Harold James, Princeton
Le grand roman de Balzac Ies illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l'histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l'histoire secrète » - c'est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l'histoire pendant longtemps - voire pour toujours. Plus maintenant.
Ceci n'est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L'histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe. Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.
Le rôle premier de la Fed
Les réunions les plus importantes se sont déroulées le 16 septembre et le 28 octobre - à la suite de l'effondrement de la banque d'investissement américaine Lehman Brothers - et portaient sur la création d'accords bilatéraux d'échange de devises visant à assurer une liquidité adéquate. La Fed y avait décidé d'accorder des crédits en dollars à des banques étrangères en échange de devises, que la banque étrangère acceptait de racheter après une période spécifiée au même taux de change, plus les intérêts. Cela fournissait aux banques centrales - en particulier celles de l'Europe, qui faisaient face à une pénurie de dollars après la fuite des investisseurs américains - les dollars dont elles avaient besoin pour prêter aux institutions financières domestiques en difficulté.
En effet, la BCE a été parmi les premières banques à conclure un accord avec la Fed, suivie par d'autres grandes banques centrales de pays avancés, comme la Banque nationale suisse, la Banque du Japon et la Banque du Canada. Lors de la réunion d'octobre, quatre économies émergentes importantes « sur le plan diplomatique et économique » - Mexique, Brésil, Singapour et Corée du Sud - ont rejoint le mouvement, la Fed décidant d'établir des lignes de swap à hauteur de 30 milliards de dollars avec les banques centrales de ces pays.
La Fed voit d'abord les intérêts américains
Bien que la Fed ait agi comme une sorte de banque centrale mondiale, ses décisions ont été dictées, d'abord et avant tout, par les intérêts américains. Pour commencer, la Fed a rejeté les demandes de certains pays - dont les noms sont effacés dans les transcriptions publiées - de rejoindre le programme d'échange de devises.
Plus important encore, des limites furent placées sur les swaps. L'essence de la fonction de prêteur en dernier ressort d'une banque centrale a toujours été la fourniture de fonds illimités. Parce qu'il n'y a pas de limite sur la quantité de dollars que la Fed peut créer, aucun participant au marché ne peut prendre de position spéculative contre elle. En revanche, le Fonds monétaire international dépend de ressources limitées fournies par les pays membres.
Un changement fondamental dans la gouvernance mondiale
Le rôle international grandissant que la Fed joue depuis 2008 reflète un changement fondamental dans la gouvernance monétaire mondiale. Le FMI a été créé à une époque où les pays étaient régulièrement victimes des hypothèses désinvoltes des banquiers de New York, tels que l'évaluation de JP Morgan dans les années 1920 selon laquelle les Allemands étaient « fondamentalement un peuple de second ordre ». Le FMI formait une caractéristique essentielle de l'ordre international de l'après-Seconde Guerre mondiale, destinée à servir de mécanisme d'assurance universelle - qui ne pourrait pas être utilisé pour promouvoir les intérêts diplomatiques du moments.
Les documents de la Fed montrent la marginalisation du FMI
Aujourd'hui, comme le montrent clairement les documents de la Fed, le FMI est devenu marginalisé - notamment en raison de son processus politique inefficace. En effet, dès le début de la crise, le FMI, supposant que la demande pour ses ressources resterait faible en permanence, avait déjà commencé à réduire ses capacités.
En 2010, le FMI a mis en scène sa résurrection, se présentant comme central dans la résolution de la crise de l'euro - à commencer par son rôle dans le financement du plan de sauvetage grec. Pourtant, ici aussi, une histoire secrète a été révélée - qui met en évidence à quel point la gouvernance monétaire mondiale est devenue asymétrique.
La position du Fonds monétaire compliquée, face à la crise européenne
Le fait est que seuls les États-Unis et les pays massivement surreprésentés de l'Union européenne ont soutenu le plan de sauvetage grec. En effet, toutes les grandes économies émergentes s'y sont fermement opposées, le représentant du Brésil déclarant qu'il s'agissait d'un « plan de sauvetage des détenteurs de la dette privée de la Grèce, principalement les institutions financières européennes ». Même le représentant de la Suisse a condamné la mesure.
Lorsque les craintes d'un effondrement soudain de la zone euro ont donné lieu à un débat prolongé sur la façon dont les coûts seront supportés par des restructurations et des annulations de dette, la position du FMI deviendra de plus en plus compliquée. Bien que le FMI soit censé avoir priorité sur les autres créanciers, il y aura des demandes pour annuler une partie des prêts qu'il a émis. Les pays émergents plus pauvres s'opposeraient à une telle démarche, arguant que leurs citoyens ne devraient pas avoir à payer la facture de la prodigalité budgétaire de pays beaucoup plus riches.
Une perte d'influence inéluctable, même en cas de changement de directeur général
Même ceux qui ont toujours défendu l'implication du FMI se tournent à présent contre le Fonds. Les fonctionnaires de l'UE sont outrés par les efforts apparents du FMI pour obtenir un soutien des pays débiteurs de l'Europe en exhortant l'annulation de toutes les dettes qu'il n'a pas émises lui-même. Et le Congrès des États-Unis a refusé d'approuver l'expansion des ressources du FMI - qui faisait partie d'un accord international négocié au sommet du G-20 de 2010.
Bien que le scandale qui a suivi la nomination d'un autre européen en tant que directeur général du FMI en 2011 soit de nature à assurer que le prochain chef du Fonds ne sera pas originaire d'Europe, la diminution rapide de l'importance du rôle du FMI signifie que cela ne changera pas grand-chose. Comme le montre l'histoire secrète de 2008, ce qui importe est de savoir qui a accès à la Fed.
Source => http://www.latribune.fr/opinions/tribun ... monde.html
http://www.oragesdacier.info/2014/03/lh ... crise.html
http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Comment les banques centrales provoquent les crises financières
Nous disons et écrivons très souvent que l’économie est largement financiarisée depuis plus de 15 ans. Nous vivons dans une économie de bulles d’actifs financiers. En fait, lorsqu’une bulle éclate sur un actif, on assiste généralement à la naissance d’une nouvelle bulle sur un autre actif car l’argent abondamment créé par les banques centrales ne peut, en général, être repris sous peine de provoquer d’énormes pertes en patrimoine chez les investisseurs privés ou de créer une crise bancaire.
Nous sommes donc en plein aléa moral puisque certains acteurs financiers ne sont pas assez rigoureux dans l’analyse du risque de leurs investissements ; ils se reposent sur le fait qu’ils ont une capacité de nuisance systémique et qu’en conséquence il y aura toujours un prêteur/sauveur en dernier ressort (en l’occurrence la banque centrale de sa zone monétaire).
C’est l’une des principales origines des crises financières que nous connaissons depuis les années 2000 : des politiques monétaires trop accommodantes pour ne pas dire laxistes avec un environnement de taux “anormalement” bas et donc de coûts de financement très avantageux (taux emprunts d’Etat de plus en plus ridicules, écarts de taux vis-à-vis des taux de swap ne rémunérant que très peu ou même pas du tout le risque bancaire ou d’entreprise).
La crise financière est inévitable lorsque l’investisseur va chercher du rendement sur des classes d’actifs de plus en plus risquées parce que les actifs prétendus les plus sûrs — comme les emprunts d’Etat (Etats-Unis, Royaume-Uni et grands Etats de la Zone euro) — rapportent de moins en moins.
La crise financière peut devenir particulièrement violente — comme en 2007-2008 — lorsque de surcroît les produits de placement classiques (y compris les plus risqués) rapportent moins alors même que les exigences de rentabilité restent inchangées ; d’où l’innovation financière pour fabriquer des produits structurés sophistiqués et complexes censés procurer du rendement avec un risque maîtrisé.
La séquence de crise est la suivante
Phase 1 : un investisseur institutionnel achète des titres d’Etat AAA (actifs refuge) à un taux moyen de 3% en empruntant à 1%, soit une marge nette d’intérêt de 2%. Sur les marchés financiers tout le monde fait la même chose en même temps avec peu ou prou les mêmes objectifs de rentabilité et les mêmes contraintes comptables et réglementaires.
La demande sur ces titres d’Etat AAA reste très soutenue car les banques centrales les rachètent dans le cadre de leurs mesures non conventionnelles et la réglementation incite les banques commerciales à en avoir ; les prix s’envolent et les rendements baissent jusqu’à 2%. De nouveaux achats réduiraient donc la marge de transformation à 1% en supposant inchangées les conditions de refinancement. Problème : la rentabilité exigée par les clients ou actionnaires reste la même à 2% de marge.
Phase 2 : ainsi, quels que soient son aversion au risque, son opinion des fondamentaux macroéconomiques, son jugement sur la solvabilité des émetteurs qu’il va rentrer en portefeuille, notre investisseur institutionnel doit rechercher des actifs qui rapporteront au moins 3%. Il pourra alors choisir d’investir sur de la dette souveraine moins bien notée (A voire BBB) et de la dette d’entreprise. Il prendra donc plus de risque pour maintenir sa marge.
Vous commencez à comprendre pourquoi les emprunts d’Etat à 10 ans de pays tels que l’Espagne ou l’Italie rapportent aussi peu (respectivement 2,60% et 2,80% début août) ; pourquoi également les écarts de taux sont aussi resserrés.
Les professionnels de l’investissement sur les marchés financiers vous expliquent qu’ils sont “benchmarkés”, c’est-à-dire comparés entre eux, et obligés d’aller investir leurs excédents de liquidité sur tout actif qui surperformerait les taux prétendus sans risque. On peut considérer aujourd’hui comme taux réellement “sans risque” le taux monétaire Eonia mais plus nécessairement une obligation d’Etat même à court terme. Seulement voilà, l’expérience prouve qu’investir de manière insouciante pour des raisons réglementaires, comptables ou psychologiques (faire comme tout le monde), crée justement des bulles dont l’éclatement aura vite fait d’anéantir le rendement attendu.
Phase 3 : la poursuite de la course au rendement va provoquer une hausse continue des prix des actifs et donc une baisse de leurs rendements. Ainsi les titres d’Etat achetés à 3% dans la phase 1 et rapportant 2% dans la phase 2 vont se renchérir avec des rendements s’effondrant à 1%. Tandis que les obligations d’Etats (notées de A à BBB) et d’entreprises acquises à 3% de rendement durant la phase 2 ne rapporteront plus que 2% en phase 3.
Au-delà de la surévaluation des actifs financiers, la course au rendement débouche sur des risques de course au levier et à l’endettement. C’est exactement ce qui s’est passé en 2006 et 2007. Nous sommes donc installés dans un système de crises financières successives parce que la course au rendement reste déconnectée du risque pris.
Les fondamentaux économiques sont dans le meilleur des cas ignorés, dans le pire des cas méprisés ; ce qui crée des situations totalement délirantes sur l’évaluation de certains actifs financiers. Le risque est amplifié avec la persistance du recours à l’emprunt pour répondre aux contraintes de rentabilité.
La BCE schizophrène
La Banque centrale européenne (BCE) le dit ouvertement mais a mis en place de nouvelles mesures dites non conventionnelles lors de sa réunion mensuelle du 5 juin 2014 — ce qui conforte les investisseurs dans leurs choix dangereux.
N’oublions pas le second visage de la BCE et son futur rôle de superviseur des banques de la Zone euro à partir du 4 novembre 2014. Ainsi dans la nouvelle édition de sa Revue sur la stabilité financière, la banque centrale met en garde contre l’éventualité d’une brusque inversion de tendance sur les marchés financiers.
“En même temps que la recherche de rendement, les préoccupations concernant la formation de déséquilibres et la possibilité d’une remise en cause brusque et désordonnée des flux d’investissement récents s’intensifient“.
Aussi les banques, assureurs et fonds de pensions devraient constituer “des coussins suffisants pour amortir une normalisation des rendements”. Oui la Banque centrale européenne schizophrène reconnaît officiellement l’anomalie des rendements.
Et elle semble bien impuissante tant il est difficile de choisir entre l’éclatement brutal de bulles d’actifs financiers (générateurs de krachs sans précédent) et la persistance de l’inefficacité financière (une liquidité anormalement abondante qui ne sert économiquement et socialement à rien).
Economie Matin
http://fortune.fdesouche.com/353843-com ... ore-353843
http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/
Nous disons et écrivons très souvent que l’économie est largement financiarisée depuis plus de 15 ans. Nous vivons dans une économie de bulles d’actifs financiers. En fait, lorsqu’une bulle éclate sur un actif, on assiste généralement à la naissance d’une nouvelle bulle sur un autre actif car l’argent abondamment créé par les banques centrales ne peut, en général, être repris sous peine de provoquer d’énormes pertes en patrimoine chez les investisseurs privés ou de créer une crise bancaire.
Nous sommes donc en plein aléa moral puisque certains acteurs financiers ne sont pas assez rigoureux dans l’analyse du risque de leurs investissements ; ils se reposent sur le fait qu’ils ont une capacité de nuisance systémique et qu’en conséquence il y aura toujours un prêteur/sauveur en dernier ressort (en l’occurrence la banque centrale de sa zone monétaire).
C’est l’une des principales origines des crises financières que nous connaissons depuis les années 2000 : des politiques monétaires trop accommodantes pour ne pas dire laxistes avec un environnement de taux “anormalement” bas et donc de coûts de financement très avantageux (taux emprunts d’Etat de plus en plus ridicules, écarts de taux vis-à-vis des taux de swap ne rémunérant que très peu ou même pas du tout le risque bancaire ou d’entreprise).
La crise financière est inévitable lorsque l’investisseur va chercher du rendement sur des classes d’actifs de plus en plus risquées parce que les actifs prétendus les plus sûrs — comme les emprunts d’Etat (Etats-Unis, Royaume-Uni et grands Etats de la Zone euro) — rapportent de moins en moins.
La crise financière peut devenir particulièrement violente — comme en 2007-2008 — lorsque de surcroît les produits de placement classiques (y compris les plus risqués) rapportent moins alors même que les exigences de rentabilité restent inchangées ; d’où l’innovation financière pour fabriquer des produits structurés sophistiqués et complexes censés procurer du rendement avec un risque maîtrisé.
La séquence de crise est la suivante
Phase 1 : un investisseur institutionnel achète des titres d’Etat AAA (actifs refuge) à un taux moyen de 3% en empruntant à 1%, soit une marge nette d’intérêt de 2%. Sur les marchés financiers tout le monde fait la même chose en même temps avec peu ou prou les mêmes objectifs de rentabilité et les mêmes contraintes comptables et réglementaires.
La demande sur ces titres d’Etat AAA reste très soutenue car les banques centrales les rachètent dans le cadre de leurs mesures non conventionnelles et la réglementation incite les banques commerciales à en avoir ; les prix s’envolent et les rendements baissent jusqu’à 2%. De nouveaux achats réduiraient donc la marge de transformation à 1% en supposant inchangées les conditions de refinancement. Problème : la rentabilité exigée par les clients ou actionnaires reste la même à 2% de marge.
Phase 2 : ainsi, quels que soient son aversion au risque, son opinion des fondamentaux macroéconomiques, son jugement sur la solvabilité des émetteurs qu’il va rentrer en portefeuille, notre investisseur institutionnel doit rechercher des actifs qui rapporteront au moins 3%. Il pourra alors choisir d’investir sur de la dette souveraine moins bien notée (A voire BBB) et de la dette d’entreprise. Il prendra donc plus de risque pour maintenir sa marge.
Vous commencez à comprendre pourquoi les emprunts d’Etat à 10 ans de pays tels que l’Espagne ou l’Italie rapportent aussi peu (respectivement 2,60% et 2,80% début août) ; pourquoi également les écarts de taux sont aussi resserrés.
Les professionnels de l’investissement sur les marchés financiers vous expliquent qu’ils sont “benchmarkés”, c’est-à-dire comparés entre eux, et obligés d’aller investir leurs excédents de liquidité sur tout actif qui surperformerait les taux prétendus sans risque. On peut considérer aujourd’hui comme taux réellement “sans risque” le taux monétaire Eonia mais plus nécessairement une obligation d’Etat même à court terme. Seulement voilà, l’expérience prouve qu’investir de manière insouciante pour des raisons réglementaires, comptables ou psychologiques (faire comme tout le monde), crée justement des bulles dont l’éclatement aura vite fait d’anéantir le rendement attendu.
Phase 3 : la poursuite de la course au rendement va provoquer une hausse continue des prix des actifs et donc une baisse de leurs rendements. Ainsi les titres d’Etat achetés à 3% dans la phase 1 et rapportant 2% dans la phase 2 vont se renchérir avec des rendements s’effondrant à 1%. Tandis que les obligations d’Etats (notées de A à BBB) et d’entreprises acquises à 3% de rendement durant la phase 2 ne rapporteront plus que 2% en phase 3.
Au-delà de la surévaluation des actifs financiers, la course au rendement débouche sur des risques de course au levier et à l’endettement. C’est exactement ce qui s’est passé en 2006 et 2007. Nous sommes donc installés dans un système de crises financières successives parce que la course au rendement reste déconnectée du risque pris.
Les fondamentaux économiques sont dans le meilleur des cas ignorés, dans le pire des cas méprisés ; ce qui crée des situations totalement délirantes sur l’évaluation de certains actifs financiers. Le risque est amplifié avec la persistance du recours à l’emprunt pour répondre aux contraintes de rentabilité.
La BCE schizophrène
La Banque centrale européenne (BCE) le dit ouvertement mais a mis en place de nouvelles mesures dites non conventionnelles lors de sa réunion mensuelle du 5 juin 2014 — ce qui conforte les investisseurs dans leurs choix dangereux.
N’oublions pas le second visage de la BCE et son futur rôle de superviseur des banques de la Zone euro à partir du 4 novembre 2014. Ainsi dans la nouvelle édition de sa Revue sur la stabilité financière, la banque centrale met en garde contre l’éventualité d’une brusque inversion de tendance sur les marchés financiers.
“En même temps que la recherche de rendement, les préoccupations concernant la formation de déséquilibres et la possibilité d’une remise en cause brusque et désordonnée des flux d’investissement récents s’intensifient“.
Aussi les banques, assureurs et fonds de pensions devraient constituer “des coussins suffisants pour amortir une normalisation des rendements”. Oui la Banque centrale européenne schizophrène reconnaît officiellement l’anomalie des rendements.
Et elle semble bien impuissante tant il est difficile de choisir entre l’éclatement brutal de bulles d’actifs financiers (générateurs de krachs sans précédent) et la persistance de l’inefficacité financière (une liquidité anormalement abondante qui ne sert économiquement et socialement à rien).
Economie Matin
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Re: LES PIEGES DE LA MONDIALISATION... ET SES DÉGÂTS
Vers un Nouvel Ordre Mondial? Mais, il est déjà là!
Ex: http://zejournal.mobi
Poutine a exprimé le souhait d'un « nouvel ordre du monde » capable d'assurer la stabilité de la planète. Il trouve que les États-Unis abusent de leur rôle de leader mondial. Ce qui n'a pas été suffisamment signalé nulle part, c'est que les piliers de « l'ancien régime » s'écroulent depuis des années.
Tout était pourtant si simple. Le monde était partagé en deux camps – l'Occident et le reste. Et « l'Ouest » était vraiment « the best ». Il y a 20 ans, six des économies les plus puissantes faisaient partie du camp pro-Washington.
Le leader – les USA eux-mêmes – était si loin en tête, que son Produit Intérieur Brut (PIB) était quatre fois plus grand que celui de la Chine et valait neuf fois celui de la Russie.
Le pays le plus peuplé du monde – l'Inde – avait presque le même revenu que la comparativement minuscule Italie et que le Royaume Uni. L'idée que cet ordre de choses allait changer aussi dramatiquement en à peine deux décennies aurait fait rire n'importe qui.
Aux yeux des Occidentaux, la Chine et l'Inde étaient des pays arriérés, et il leur faudrait un siècle au bas mot pour devenir des rivales potentielles. La Russie, elle, était perçue comme un cas désespéré, un pays à genoux, en proie au chaos. De telles notions, dans les années 90 étaient parfaitement justifiées.
L'économie mondiale dans les années 1990 et aujourd'hui
Tableau des dix économies mondiales les plus importantes, ajustées selon la Parité en Pouvoir d'Achat (PPA).
1995 ( en milliards d'US$)
1. USA 7.664
2. Japon 2.880
3. Chine 1.838
4. Allemagne 1.804
5. France 1.236
6. Italie 1.178
7. Royaume-Uni 1.161
8. Inde 1.105
9. Brésil 1.031
10. Russie 955
2015 (Prévisions du FMI)
1. Chine 19.230
2. USA 18.287
3. Inde 7.883
4. Japon 4.917
5. Allemagne 3.742
6. Russie 3.643
7. Brésil 3.173
8. Indonésie 2.744
9. France 2.659
10. Royaume-Uni 2.547
Le soleil couchant US
Maintenant, c'est l'Occident qui fait les frais de la plaisanterie. Le Fonds Monétaire International (FMI) estime que, dès 2015, les quatre plus puissantes économies du monde seront des membres du club connu par son acronyme, BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), et la Chine sera tête de file à la place des USA. C'est même probablement déjà le cas, les chiffres, en économie, ayant tendance à traîner derrière les faits.
L'Italie, homme malade de l'Europe, ne fait plus partie des dix du peloton de tête, et le Royaume-Uni, lanterne rouge, peine à s'y accrocher. Londres prétend toujours au titre de place financière centrale. Les seuls qui le croient encore sont les petits Anglais (« the little Englanders »). Le Royaume Uni est devenu la Julie Andrews de la géopolitique : une étoile en voie d'extinction, qui fut jadis brillante. La France est impuissante, se traînant de crise en infortune et d'infortune en crise.
Le Président US Barak Obama et la Chancelière allemande Angela Merkel
Il est trop tôt pour mettre les États-Unis au rebut. L'Empire ne va pas disparaître d'un jour à l'autre, mais son soleil est déjà bien bas dans le ciel. C'est moins la faute des États-Unis que celle de la déchéance croissante de ses alliés traditionnels.
Les deux seuls qui tiennent encore debout sont l'Allemagne et le Japon, aucun des deux n'étant cependant des acteurs militaires sérieux. La Grande Bretagne et la France ont longtemps été le fer de lance des aventures martiales. En réalité, l'Allemagne n'est pas un partenaire follement enthousiaste, parce qu'une large frange de la classe politique de Berlin est extrêmement sceptique à l'égard du pouvoir US. Pour une partie très significative de l'intelligentsia allemande, c'est Moscou le partenaire naturel, pas les États-Unis.
La montée en puissance des BRICS et d'autres économies émergentes joue un rôle majeur dans la consommation mondiale, dans le commerce mondial et dans les investissements mondiaux. D'ici 2020, le FMI estime que la Russie aura dépassé l'Allemagne et que l'Inde aura surclassé le Japon. Il prévoit également une dégringolade de l'importance mondiale des USA, de 23,7% en 2000 à 16% en 2020. En 1960, les USA représentaient 38,7% de l'économie mondiale. À l'opposé, en 1987, la Chine ne représentait que 1,6%, mais à la fin de cette décennie, elle pourra en revendiquer 20%. C'est un changement de donne sans précédent en un laps de temps aussi court.
Importance de la stabilité
Le discours de Poutine à Valdai n'a pas été un coup donné au pif ni à l'aveuglette, mais une évaluation très nuancée de ce qu'est actuellement l'équilibre du monde et de ce vers quoi on se dirige dans les années qui viennent.
Le Président russe Vladimir Poutine, pendant la rencontre plénière finale de la 11e session du Club de Discussion International de Valdai, à Sotchi
Plutôt que de se préoccuper des questions soulevées par Poutine, les médias occidentaux ont préféré shooter dans l'homme et se désintéresser de la balle. Les éditoriaux ont qualifié son discours de « diatribe » et décrété que Poutine s'en est surtout pris à la politique étrangère des États-Unis, jugée par lui anti-russe. Ils sont passés en masse à côté de la question réelle.
Le souci principal de Poutine, c'est la stabilité et sa prévisibilité, c'est-à-dire l'exacte antithèse du libéralisme occidental moderne. En fait, la position de Poutine est plus proche de celle qu'ont eue, dans le passé, des formations comme la CDU de Konrad Adenauer en Allemagne et les Tories de Harold MacMillan en Angleterre, conservateurs européens classiques s'il en fut.
Poutine est souvent très mal entendu en Occident. Ses déclarations publiques, destinées à une audience intérieure plutôt qu'internationale ( ? NdT) sont perçues comme agressives, voire chauvines. Mais les observateurs feraient bien de se rappeler qu'il est un maître de judo, dont les mouvements sont calculés pour déstabiliser l'adversaire. Si on le lit entre les lignes, Vladimir Poutine cherche le mariage, pas l'isolement.
Le Président russe considère son pays comme faisant partie d'une nouvelle alternative internationale, en union étroite avec les autres nations du BRICS, pour mettre un frein aux agressions US là où c'est possible. Poutine voit cela comme un chemin vers la stabilité. Adenauer et MacMillan l'auraient parfaitement compris. Mais les dirigeants européens actuels et les Nord-Américains ne le comprennent pas. Enivrés par la domination dont ils ont joui ces vingt dernières années, l'idée que l'ordre mondial est en train de changer à toute allure n'a pas encore fait tilt dans leurs têtes.
La réaction des États-Unis à cette nouvelle réalité constituera une question de vie ou de mort. Presque à la manière d'un dessin animé, Washington se cramponne désespérément à sa NSA, à ses gouvernements-fantômes, à son Quatrième Pouvoir pathétique à force de nullité, à sa puissance militaire dilapidée et à son terrifiant chauvinisme rampant. Son infantilisme a besoin d'un « méchant ». En une dizaine d'années ce traître de mélodrame est passé de Ben Laden, de Saddam Hussein et des « Frites de la Liberté » à la russophobie. Si la classe dirigeante américaine ne change pas de comportement, la transition vers un monde multipolaire pourrait bien ne pas se passer en douceur. C'est une crainte sérieuse, et elle est fondée.
Bryan MacDonald
Note :
[ On n'a pas l'habitude, ici, de corriger les gens qu'on publie, mais, quand Bryan MacDonald assimile Vladimir Poutine à Harold MacMillan, il oublie que ce dernier a gouverné un empire colonial, et même un des pires qui soient, ce qui n'est pas, jusqu'à présent, le cas de Poutine et que rien, dans son parcours ne laisse présager. ] note du traducteur.
- Source : Bryan MacDonald-Traduction c.l.
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Poutine a exprimé le souhait d'un « nouvel ordre du monde » capable d'assurer la stabilité de la planète. Il trouve que les États-Unis abusent de leur rôle de leader mondial. Ce qui n'a pas été suffisamment signalé nulle part, c'est que les piliers de « l'ancien régime » s'écroulent depuis des années.
Tout était pourtant si simple. Le monde était partagé en deux camps – l'Occident et le reste. Et « l'Ouest » était vraiment « the best ». Il y a 20 ans, six des économies les plus puissantes faisaient partie du camp pro-Washington.
Le leader – les USA eux-mêmes – était si loin en tête, que son Produit Intérieur Brut (PIB) était quatre fois plus grand que celui de la Chine et valait neuf fois celui de la Russie.
Le pays le plus peuplé du monde – l'Inde – avait presque le même revenu que la comparativement minuscule Italie et que le Royaume Uni. L'idée que cet ordre de choses allait changer aussi dramatiquement en à peine deux décennies aurait fait rire n'importe qui.
Aux yeux des Occidentaux, la Chine et l'Inde étaient des pays arriérés, et il leur faudrait un siècle au bas mot pour devenir des rivales potentielles. La Russie, elle, était perçue comme un cas désespéré, un pays à genoux, en proie au chaos. De telles notions, dans les années 90 étaient parfaitement justifiées.
L'économie mondiale dans les années 1990 et aujourd'hui
Tableau des dix économies mondiales les plus importantes, ajustées selon la Parité en Pouvoir d'Achat (PPA).
1995 ( en milliards d'US$)
1. USA 7.664
2. Japon 2.880
3. Chine 1.838
4. Allemagne 1.804
5. France 1.236
6. Italie 1.178
7. Royaume-Uni 1.161
8. Inde 1.105
9. Brésil 1.031
10. Russie 955
2015 (Prévisions du FMI)
1. Chine 19.230
2. USA 18.287
3. Inde 7.883
4. Japon 4.917
5. Allemagne 3.742
6. Russie 3.643
7. Brésil 3.173
8. Indonésie 2.744
9. France 2.659
10. Royaume-Uni 2.547
Le soleil couchant US
Maintenant, c'est l'Occident qui fait les frais de la plaisanterie. Le Fonds Monétaire International (FMI) estime que, dès 2015, les quatre plus puissantes économies du monde seront des membres du club connu par son acronyme, BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), et la Chine sera tête de file à la place des USA. C'est même probablement déjà le cas, les chiffres, en économie, ayant tendance à traîner derrière les faits.
L'Italie, homme malade de l'Europe, ne fait plus partie des dix du peloton de tête, et le Royaume-Uni, lanterne rouge, peine à s'y accrocher. Londres prétend toujours au titre de place financière centrale. Les seuls qui le croient encore sont les petits Anglais (« the little Englanders »). Le Royaume Uni est devenu la Julie Andrews de la géopolitique : une étoile en voie d'extinction, qui fut jadis brillante. La France est impuissante, se traînant de crise en infortune et d'infortune en crise.
Le Président US Barak Obama et la Chancelière allemande Angela Merkel
Il est trop tôt pour mettre les États-Unis au rebut. L'Empire ne va pas disparaître d'un jour à l'autre, mais son soleil est déjà bien bas dans le ciel. C'est moins la faute des États-Unis que celle de la déchéance croissante de ses alliés traditionnels.
Les deux seuls qui tiennent encore debout sont l'Allemagne et le Japon, aucun des deux n'étant cependant des acteurs militaires sérieux. La Grande Bretagne et la France ont longtemps été le fer de lance des aventures martiales. En réalité, l'Allemagne n'est pas un partenaire follement enthousiaste, parce qu'une large frange de la classe politique de Berlin est extrêmement sceptique à l'égard du pouvoir US. Pour une partie très significative de l'intelligentsia allemande, c'est Moscou le partenaire naturel, pas les États-Unis.
La montée en puissance des BRICS et d'autres économies émergentes joue un rôle majeur dans la consommation mondiale, dans le commerce mondial et dans les investissements mondiaux. D'ici 2020, le FMI estime que la Russie aura dépassé l'Allemagne et que l'Inde aura surclassé le Japon. Il prévoit également une dégringolade de l'importance mondiale des USA, de 23,7% en 2000 à 16% en 2020. En 1960, les USA représentaient 38,7% de l'économie mondiale. À l'opposé, en 1987, la Chine ne représentait que 1,6%, mais à la fin de cette décennie, elle pourra en revendiquer 20%. C'est un changement de donne sans précédent en un laps de temps aussi court.
Importance de la stabilité
Le discours de Poutine à Valdai n'a pas été un coup donné au pif ni à l'aveuglette, mais une évaluation très nuancée de ce qu'est actuellement l'équilibre du monde et de ce vers quoi on se dirige dans les années qui viennent.
Le Président russe Vladimir Poutine, pendant la rencontre plénière finale de la 11e session du Club de Discussion International de Valdai, à Sotchi
Plutôt que de se préoccuper des questions soulevées par Poutine, les médias occidentaux ont préféré shooter dans l'homme et se désintéresser de la balle. Les éditoriaux ont qualifié son discours de « diatribe » et décrété que Poutine s'en est surtout pris à la politique étrangère des États-Unis, jugée par lui anti-russe. Ils sont passés en masse à côté de la question réelle.
Le souci principal de Poutine, c'est la stabilité et sa prévisibilité, c'est-à-dire l'exacte antithèse du libéralisme occidental moderne. En fait, la position de Poutine est plus proche de celle qu'ont eue, dans le passé, des formations comme la CDU de Konrad Adenauer en Allemagne et les Tories de Harold MacMillan en Angleterre, conservateurs européens classiques s'il en fut.
Poutine est souvent très mal entendu en Occident. Ses déclarations publiques, destinées à une audience intérieure plutôt qu'internationale ( ? NdT) sont perçues comme agressives, voire chauvines. Mais les observateurs feraient bien de se rappeler qu'il est un maître de judo, dont les mouvements sont calculés pour déstabiliser l'adversaire. Si on le lit entre les lignes, Vladimir Poutine cherche le mariage, pas l'isolement.
Le Président russe considère son pays comme faisant partie d'une nouvelle alternative internationale, en union étroite avec les autres nations du BRICS, pour mettre un frein aux agressions US là où c'est possible. Poutine voit cela comme un chemin vers la stabilité. Adenauer et MacMillan l'auraient parfaitement compris. Mais les dirigeants européens actuels et les Nord-Américains ne le comprennent pas. Enivrés par la domination dont ils ont joui ces vingt dernières années, l'idée que l'ordre mondial est en train de changer à toute allure n'a pas encore fait tilt dans leurs têtes.
La réaction des États-Unis à cette nouvelle réalité constituera une question de vie ou de mort. Presque à la manière d'un dessin animé, Washington se cramponne désespérément à sa NSA, à ses gouvernements-fantômes, à son Quatrième Pouvoir pathétique à force de nullité, à sa puissance militaire dilapidée et à son terrifiant chauvinisme rampant. Son infantilisme a besoin d'un « méchant ». En une dizaine d'années ce traître de mélodrame est passé de Ben Laden, de Saddam Hussein et des « Frites de la Liberté » à la russophobie. Si la classe dirigeante américaine ne change pas de comportement, la transition vers un monde multipolaire pourrait bien ne pas se passer en douceur. C'est une crainte sérieuse, et elle est fondée.
Bryan MacDonald
Note :
[ On n'a pas l'habitude, ici, de corriger les gens qu'on publie, mais, quand Bryan MacDonald assimile Vladimir Poutine à Harold MacMillan, il oublie que ce dernier a gouverné un empire colonial, et même un des pires qui soient, ce qui n'est pas, jusqu'à présent, le cas de Poutine et que rien, dans son parcours ne laisse présager. ] note du traducteur.
- Source : Bryan MacDonald-Traduction c.l.
http://euro-synergies.hautetfort.com/
http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/
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