Le Kosovo vote son indépendance
Publié : 17/02/2008 - 16:18
Le Kosovo vote son indépendance
Dimanche 17 février peu avant 16 heures, un nouveau pays est né dans les Balkans. Le Parlement du Kosovo a proclamé sans surprise l'indépendance de cette province vis à vis de la Serbie. "Un grand jour, un jour historique, un jour de grâce pour un Kosovo souverain et indépendant", avait estimé samedi par le Premier ministre kosovar Thaçi. Les Albanais du Kosovo réalisent leur rêve après huit ans d'administration de l'ONU qui font suite à deux ans de guerre. "A partir de maintenant, le Kosovo a changé de position politique, nous sommes désormais un Etat indépendant, libre et souverain", a déclaré le président du Parlement Jakup Krasniqi aux députés. La Serbie, par la voix de son président fraîchement réélu Boris Tadic, a immédiatement réagi en assurant que "jamais elle ne reconnaîtrait l'indépendance du Kosovo".
Depuis samedi, l'euphorie était palpable à Pristina. Sirènes, klaxons, cris de joie et pétards résonnaient déjà dans la ville. Partout des drapeaux kosovars et américains. "Kosovo", "Indépendance", crie la foule en liesse. "Je ne savais pas qu'on avait une date. J'ai entendu les sirènes et j'ai compris. On attend ça depuis des milliards d'années. Je suis fier ! On l'a fait!", s'est écrié un homme.
Mission ardue pour l'UE
Après cette proclamation, plusieurs grands pays de l'Union européenne et les Etats-Unis devraient reconnaître rapidement le nouveau pays, dont les premiers pas seront encadrés par une mission de l'UE. Contrairement à Vladimir Poutine, hostile à cette indépendance, George Bush a d'ores et déjà déclaré qu'il soutenait l'indépendance du Kosovo sous supervision internationale. Soucieux de voir l'indépendance reconnue par l'UE et les Américains, le Premier ministre kosovar a indiqué à plusieurs reprises que le processus y menant était géré par les responsables du Kosovo "en coordination" avec les Occidentaux. Il a aussi répété que la sécurité des Serbes et des autres minorités serait garantie dans un Kosovo indépendant, appelant à tourner la page du "triste passé".
Dimanche, le président tchèque Vaclav Klaus s'est inquiété d'un "effet dominos" qui risque d'avoir selon lui sur certains autres Etats en Europe suite à la proclamation de cette indépendance. "Certaines parties d'autres Etats peuvent tout à coup réaliser qu'elles ne se sentent pas tout à fait à l'aise dans le cadre du grand Etat où elles se trouvent aujourd'hui", a-t-il déclaré.
L'UE prendra "note" de la proclamation
Samedi, l'UE a donné son feu vert formel à l'envoi d'une mission de quelque 2.000 policiers et juristes, baptisée Eulex chargée d'accompagner l'indépendance du Kosovo. L'UE est divisée sur la question de l'indépendance. Une large majorité de pays européens sont prêts à la reconnaître. Mais six pays membres, craignant qu'une indépendance du Kosovo n'encourage les séparatismes, ne devraient pas le faire dans un proche avenir (Chypre, la Grèce, l'Espagne, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie).
Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'UE devraient simplement "prendre note" de cette proclamation dont la reconnaissance se fera pays par pays. La tâche de l'UE s'annonce comme un défi, en particulier dans le Nord, où vivent 40.000 des 120.000 Serbes présents au Kosovo. Leur principal leader, Milan Ivanovic, opposé à toute indépendance, a rejeté samedi la légitimité de cette mission.
Source : http://tf1.lci.fr/infos/monde/europe/0, ... ance-.html
