L'armée turque dénonce des projets contre la laicité

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ubbo26
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L'armée turque dénonce des projets contre la laicité

Messagepar ubbo26 » 27/08/2007 - 17:49

ANKARA(Reuters) - L'armée turque a déclarée que des efforts étaient entrepris quotidiennement pour saper la structure laIque de l'Etat, alors que le parlement doit selon toute vraisemblance élire mardi l'ancien islamiste Abdullah GÜl à la présidence de la République.

"Malheureusement, chaque jour, apparaissent sous différentes formes des projets sournois qui visent à défaire les avancées modernes et à ruiner la structure laïque et démocratique de la République de Turquie", a déclaré le Chef d'état-major de la puissante armée turque, le général Yasar Buyukanit.

L'armée se considère comme l'ultime garant de la laicité en Turquie et quelle a renversé quatre gouvernements depuis 60ans, dont le dernier en 1997 qu'elle jugeauit trop islamiste.

Le troisième tour de l'élection présidentielle a lieu mardi en Turquie. Abdullah GUl, candidat du Partie de la Justice et du Développent (AKP) au pouvoir, devrait obtenir la majorité simple nécessaire au parlement pour être élu à la tête de l'Etat.

L'opposition laique soupçonne GUl et l'AKP, issus de la mouvance islamiste, de vouloir revenir sur les fondements laiques de l'Etat turc.

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joeblack
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Messagepar joeblack » 27/08/2007 - 19:58

Parmi les défenseurs du régime laïque turc, les appels se multiplient en faveur d'une attitude moins intransigeante à l'égard du gouvernement issu de la mouvance islamiste et de son candidat à la présidence, le chef de la diplomatie Abdullah Gül, en passe d'être élu.

Manifestation des laïcs à l'appel du Parti républicain du peuple, le 19 juillet 2007


Des mois durant, les partisans les plus sourcilleux de la laïcité, emmenés par le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) de Deniz Baykal, ont conspué la candidature de M. Gül, l'accusant de vouloir, une fois devenu président, mettre en oeuvre un plan secret d'islamisation du pays.

Dans un climat de tension alimenté par des manifestations géantes contre l'islamisme, une rhétorique nationaliste et une déclaration de l'armée qui menaçait d'intervenir en cas de remise en cause de la laïcité, le CHP est parvenu au printemps, en boycottant le scrutin, à bloquer, le quorum n'ayant pas été atteint, l'élection de M. Gül.

Mais les élections législatives convoquées le 22 juillet pour sortir de l'impasse ont débouché sur une large victoire du Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et d'Abdullah Gül, dont l'élection mardi par le Parlement est désormais inéluctable.

Et la colère gronde depuis chez les détracteurs de M. Baykal.

"Baykal et ses amis ont choisi de faire du CHP un parti nationaliste et dépouillé de son idéologie traditionnelle de gauche", s'indigne Zülfü Livaneli, artiste, écrivain et ancien député, démissionnaire du CHP.

"Les gens ont été contraints de choisir entre l'AKP et une coalition associant le CHP et les nationalistes. Ils ont senti qu'une telle coalition aurait été la fin de la Turquie", poursuit M. Livaneli, indiquant que l'élection de M. Gül ne lui "pose aucun problème".

Au sein même du CHP, la génération montante réclame un changement de stratégie, même si elle reste sceptique face à l'AKP et à sa conversion affichée aux valeurs démocratiques.

"La campagne a été fondée sur les valeurs de la République, la laïcité. C'est très important tout ça (...) mais les gens auraient plutôt voulu entendre quelles étaient nos solutions contre le chômage ou pour l'agriculture", déplore Didem Engin, 30 ans, candidate malheureuse du CHP à Istanbul.

"Il nous faut maintenant nous engager dans une opposition constructive, pas essayer de provoquer une crise après l'autre ou attendre la faute du gouvernement", considère la jeune femme, qui admet regretter que son parti ait encore tenté la semaine dernière, sans succès, de faire invalider l'élection en boycottant le vote.

Plus radical, Ufuk Uras, président du petit Parti de la liberté et de la solidarité (ÖDP, gauche) dont il est devenu en juillet l'unique député, réfute la menace d'une islamisation de la Turquie par l'AKP, qui selon lui n'est qu'un "parti néolibéral et néoconservateur typique du processus de mondialisation".

"Ce qui est important aujourd'hui, c'est de savoir vers quoi va évoluer la Turquie: vers une République militariste, une République de la peur, ou bien vers une République sociale et démocratique", argumente cet homme politique, dénonçant les immiscions de l'armée dans le jeu politique.

La réalité de cette "menace islamiste" est discutée jusque dans les rangs du quotidien Cumhuriyet, pourtant à la pointe de la lutte contre l'AKP.

Pour Oral Calislar, éditorialiste atypique de ce journal, l'AKP a ainsi eu des effets éminemment positifs sur la société turque.

"Ce parti est en train de changer petit à petit (...) et avec lui une nouvelle classe moyenne conservatrice se rapproche elle aussi de la laïcité. Cette société islamiste était refermée sur elle-même, elle vivait dans un ghetto et l'AKP l'a ouverte sur l'extérieur", se félicite-t-il.

Le journaliste insiste néanmoins sur le rôle indispensable que doit jouer l'opposition laïque pour éviter aux dirigeants de l'AKP de "commettre des erreurs", dont ils les croit toujours capables.
Source: http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de ... fo_express

Et dire que Sarko vient de leur "ouvrir la porte..."
Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme.


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