Le chef des ultranationalistes serbes élu président du Parlement
BELGRADE, 8 mai 2007 (AFP) - Le chef des ultranationalistes serbes, Tomislav Nikolic, a été élu mardi président du parlement serbe après l'échec des réformateurs pro-européens à former un nouveau gouvernement.
Tomislav Nikolic leader du parti Radical serbe (SRS, ultranationaliste) dont le président, l'ex-paramilitaire Vojislav Seselj, est jugé à La Haye pour crimes de guerre, a été élu avec 142 voix sur 244 députés présents. Le parlement serbe compte 250 sièges.
M. Nikolic, qui lors de la réunion du parlement portait au revers de son veston un badge à l'effigie de M. Seselj, a été élu grâce au soutien du Parti Démocratique de Serbie (DSS) du Premier ministre sortant Vojislav Kostunica, un nationaliste modéré.
Le DSS a fait ce choix après l'échec de ses discussions avec la principale formation réformatrice de Serbie, le Parti Démocratique (DS) du président pro-européen Boris Tadic, pour former un nouveau gouvernement suite à des législatives qui en janvier dernier n'ont pas permis de dégager un majorité claire.
L'élection de M. Nikolic "est le début d'une nouvelle radicalisation de la Serbie", a averti un député du DS, Dragan Sutanovac.
M. Nikolic, ancien candidat à la présidence, l'a emporté au poste de président du parlement sur la candidate du DS, Milena Milosevic, qui a obtenu 99 voix après une session de plus de 15 heures marquée par des échanges souvent violents.
M. Nikolic devient, après son élection, la seconde personnalité serbe en importance, le président du parlement pouvant être appelé à remplacer le chef de l'Etat en cas d'empêchement dans l'exercice de ses fonctions.
Arrivé en tête aux législatives de janvier, le Parti Radical serbe, ancien allié du président autoritaire défunt, Slobodan Milosevic, est avec 81 députés, la formation la plus représentée au parlement.
Plus de trois mois après les législatives, les partis réformateurs ne sont pas parvenu à se mettre d'accord sur un nouveau gouvernement en raison de profondes divergences sur la question du contrôle du ministère de l'Intérieur et des services secrets, chargés de retrouver et arrêter les fugitifs réclamés pour crimes de guerre par la justice internationale.
L'incapacité du précédent gouvernement, dirigé par M. Kostunica, à arrêter les fugitifs, en particulier le général Ratko Mladic, inculpé de génocide et crime de guerre par le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, a conduit Bruxelles à suspendre en mai 2006 ses négociations de rapprochement avec Belgrade.
M. Kostunica, qui entend conserver son poste de Premier ministre, insiste pour que sa formation garde le contrôle de la police et des services secrets, contrairement au souhait du président Tadic.
L'échec du DSS et du DS à trouver un terrain d'entente intervient à une semaine de la date limite du 14 mai, prévue par la Constitution pour former un nouveau gouvernement et au delà de laquelle de nouvelles législatives doivent être organisées.
Les partis réformateurs qui négocient la formation du nouveau gouvernement sont : le DS de M. Tadic (65 sièges), un coalition autour du DSS de M. Kostunica (47 mandats) et le parti néo-libéral G17 plus (19 sièges).
L'échec des partis réformateurs à former ensemble un nouveau gouvernement pourrait pousser le DSS à s'allier au Parti radical et au Parti socialiste dirigé en son temps par Slobodan Milosevic.
france24
Il y a encore de l'espoir pour nos freres serbes, aux moins ils ont compris eux!