Les pauvres certitudes de Madame Joly

Un chef-d'oeuvre bimillénaire en péril.
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Pat
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Les pauvres certitudes de Madame Joly

Messagepar Pat » 24/08/2011 - 16:40

Les pauvres certitudes de Madame Joly

Investie le 12 juillet comme candidate d'Europe Écologie-Les Verts, ayant obtenu plus de 58 % des voix au sein de son petit parti, Mme Joly ci-devant juge d'instruction a commencé le 18 août sa véritable campagne présidentielle.

Et elle a immédiatement entamé son potentiel électoral et son image de crédibilité.

Les journées d'été du mouvement qui se sont tenues du 18 au 20 août à Clermont-Ferrand ont permis de mesurer le fossé.

Nicolas Hulot avait annoncé le 16 août qu'il n'y viendrait pas. Qu'importe, disent certains de ses anciens partisans, “nous avons la volonté de faire la campagne d'Eva mais en portant la vision de l'écologie de Hulot”. Ils désirent pour leur part mettre l'écologie au centre de cette campagne bien à eux faisant de la reconversion écologique de l'économie la priorité.

Or, tout cela ne correspond absolument pas aux options de la bénéficiaire laquelle s'apprête à parler de tout autre chose.

Ceux qui s'interrogeraient à propos des raisons du choix d'un porte-drapeau aussi maladroit et psychorigide ne devraient pas chercher trop loin. Sans pour autant faire ombrage à Mme Duflot épouse Cantat, pétulante conductrice du mouvement Vert, la décision semble liée à la négociation avec les socialistes.

Les convergences à gauche, et même très à gauche, comptent donc beaucoup plus, dans un tel contexte que les préoccupations environnementales proprement dites.

La droite, s'offusquant de la petite provocation de mauvais goût de la candidate Joly dirigée contre le défilé du 14 juillet est, d'une certaine manière, entrée dans son jeu. Jusque-là personne n'avait manifesté de préoccupation à l'encontre de son accent à coucher dehors. En fait il s'agissait pour elle de tirer paradoxalement parti de son origine norvégienne et de se présenter comme “la candidate de la diversité” et de prôner “une France ouverte”, pour cristalliser quelques voix dont les gauches espèrent désormais l'appoint.

L'eurodéputé d'EELV Yannick Jadot souligne le trait. Il affirme que sa championne serait devenue, d'après lui “la bête noire du Front national et de la Droite populaire. En posant la question de l'identité de la France face à son pacte républicain et à la mondialisation, Eva, c'est tout le contraire du fantasme de la France blanche”. Les usagers du métro ou les spectateurs du sport spectacle savent pourtant qu'une telle perspective monocolore n'effraie plus grand monde sans avoir besoin de Mme Joly pour l'exorciser. Son camarade se vante.

La vraie convergence de gouvernement se situe en effet ailleurs. Elle se rapporte d'abord à un fiscalisme, ouvertement affiché : “la solution, pour un budget à l'équilibre, c'est l'augmentation des impôts et une réforme fiscale” (1). Elle-même issue de la corporation judiciaire, elle propose donc de “sanctuariser le service public en arrêtant cette règle stupide du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux”.

Comment procéder ? D'abord, on “supprimerait les niches, qui sont des privilèges pour augmenter la base fiscale”. Mme Joly préconise la taxation des dividendes et des bonus des banques. Elle affirme, sans trop savoir de quoi elle parle, que “l'imposition des revenus du capital doit être égale à celle des revenus du travail”. La réforme fiscale qu'elle souhaite se traduirait donc, de son propre aveu, par une “augmentation des impôts sur les revenus du capital comme sur les transactions financières”.

Bien entendu cette hausse “ne concernerait que, de façon progressive, les 15 % des plus aisés d'entre nous et, plus énergiquement, 5 % des plus riches”. De ce point de vue elle dépasse allègrement toutes les précautions stylistiques des technocrates de gauche, qu'il s'agisse du doctrinaire Piketty ou du conseil des prélèvements obligatoires présidé par Didier Migaud. Ceux-ci assurent adroitement ne viser que les 0,1 % de contribuables ultra-riches. Mais, sur le reste, l'alignement sur le projet fiscal du parti socialiste ne comporte aucune divergence.

Sa seule vraie marque de fabrique dans ce domaine est de relancer son vieux serpent de mer et de réclamer “une véritable lutte contre les paradis fiscaux et la fraude fiscale”. N'hésitant pas, une fois de plus, à confondre crime et délit, elle se pose en ennemie numéro un de ce qu'elle appelle “la criminalité financière”.

En regard, le vieux renard Cohn-Bendit n'hésite pas, de son côté à remettre en cause la candidature même de Mme Joly. Car, à l'entendre, il “faudra regarder en janvier-février quelle est la situation politique. Je n'exclus rien, ajoute-t-il : ni qu'Eva se maintienne ni qu'elle se retire face au danger de l'extrême droite”. Un peu gros, cet argument éculé marche encore. La véritable préoccupation consiste en effet à “exiger” de la part des alliés socialistes, un groupe parlementaire de 30 députés “pour peser sur la future majorité”. Mais “Dany est très minoritaire” (2) assure-t-on. En fait il dit tout haut ce que la frange informée du parti pense tout bas.

Or, Cécile Duflot en conductrice avisée calcule tout autrement. Elle répond d'emblée qu'il faut considérer la candidature d'Eva Joly comme définitive et qu'elle ne serait pas remise en question. “Ce ne sont pas les instituts de sondage qui décideront qui sera candidat ou pas à la présidentielle”, a-t-elle clamé dès l'ouverture de la réunion de Clermont-Ferrand le 18 août. (3)

À y regarder de près en effet le meilleur service que nos prétendus “écologistes” peuvent discrètement rendre à leurs amis socialistes consiste à retrouver au scrutin présidentiel un petit score se rapprochant de celui de Voynet, soit 1,57 % en 2007. Un résultat modeste se révélerait beaucoup moins inquiétant pour l'allié que ceux obtenus ces dernières années aux élections européennes (16,2 % en 2009) régionales (12,6 % en 2010) cantonales (8,2 % en 2011), et permettrait de jouer un simple rôle d'appoint, négociable en vue des législatives.

Mme Duflot nous avait d'ailleurs averti. Certes on pourrait être tenté de la croire un peu fofolle, quand on apprend par exemple qu'elle a inventé de donner à sa fille le prénom peu courant, et d'un port difficile, de Térébentine [sans h] (4). Son débit de fusil mitrailleur semble dénoter un léger manque de jugement. Eh bien non. Car, en politique, assure-t-elle “il ne faut pas me prendre pour une neuneu” (5). Ne commettons pas une telle erreur. Nous avons affaire à une gauchiste consciente, organisée et rusée. Avec ses pauvres certitudes Eva Joly joue une partition bien rodée depuis Lénine, celle des utiles idiots.

JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

Apostilles :

cf. Le Monde.fr en ligne le 17 août 2011 à 14h50.

cf. Le Monde.fr en ligne le 19 août 2011 à 13h44.

cf. Le Figaro en ligne le 19 août 2011 à 21h05.

cf. AFP le 25 février 2008.

cf. “Parlons Net” sur France Info le 9 octobre 2009.
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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sosso
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Re: Les pauvres certitudes de Madame Joly

Messagepar sosso » 24/08/2011 - 17:37

:affraid: trop long pas envie de lire je la zappe.......


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