Nicolas Sarkozy ne fait pas grand cas de la famille. Il ne l'ignore cependant pas complètement: il la ruine.
On aime bien que ce que l'on connaît bien. Que connaît Nicolas Sarkozy à la famille ? Bien des choses, sans doute, si l'on se souvient que le président de la République en est à sa troisième union légale. Reformulons donc la question : que connaît-il au modèle familial traditionnel ? Comment pourrait-il apprécier une façon de vivre avec laquelle il a publiquement et volontairement rompu ? « Familles je vous hais », écrivait naguère André Gide. Nicolas Sarkozy n'aime pas la famille. A voir la manière dont il la traite, il est même permis de penser qu'il la hait, lui aussi.
il suffit, pour s'en convaincre, de rappeler qu'aucun ministère ne lui était consacré dans le premier gouvernement Fillon, et de regarder ensuite à qui il l'a confiée près d'un an plus tard, en nommant secrétaire d'Etat Nadine Morano, prosélyte zélée de l'adoption des enfants par les homosexuels, et ministre de tutelle Xavier Bertrand, franc-maçon notoire affilié à l'obédience la plus révolutionnaire en matière de mœurs et qui, jusqu'alors ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, vit la famille s'ajouter en parente pauvre à ce portefeuille déjà touffu.
Dans son discours officiel, bien sûr, Nicolas Sarkozy rend hommage aux familles, qui rappelait-il en décorant de la médaille de la famille, le 13 février dernier, des mères méritantes, « apportent une contribution essentielle, à notre équilibre social. » Reste à confronter ces paroles aux faits, qui, comme chacun sait, sont têtus. Or, ils démentent ces propos.
La famille, sous Sarkozy, subit un certain nombre de préjudices matériels prétendument justifiés par la nécessité de réaliser des économies. Si injustes soient-elles, ces attaques-là ne sont pas les pires, tant qu'elles n'attentent pas à l'esprit de l'institution familiale. Ceux qui les portent affectent cependant de considérer les soutiens accordés aux familles comme des aides sociales, alors que la logique qui a présidé à l'instauration des allocations familiales est fondamentalement différente : elle repose sur la notion d'équité. Elever des enfants coûte cher. Il ne serait pas juste que les parents de familles nombreuses s'appauvrissent exagérément, tandis que ceux qui n'en élèvent pas s'enrichissent et peuvent épargner, puisque ce sont les enfants des premiers qui, par leur travail, financeront plus tard les retraites des seconds. On entretient donc une confusion préjudiciable aux familles en projetant par exemple de conditionner l'attribution des allocations familiales à un plafond de ressources, comme s'il s'agissait du RMI. La proposition figure pourtant parmi celles du rapport Attali, approuvé par Nicolas Sarkozy.
La nécessité du repère paternel
Les atteintes les plus graves contre la famille concernent la conception que s'en fait notre société, à l'heure où les familles "recomposées" y sont de plus en plus nombreuses, où le divorce concerne en région parisienne un couple sur deux, où le mariage n'est plus qu'un contrat, où le Pacs est sensiblement mis sur le même pied que le mariage et où l'on tente d'accréditer dans l'opinion publique le terme et la notion d'"homoparentalité''. Au bout du compte, que reste-t-il de la notion de famille traditionnelle ? Si peu de choses que nos politiciens ont beau jeu de ne la considérer que comme une possibilité parmi d'autres - en tout cas, pas comme un modèle, ni même un idéal. Les plus furieux d'entre eux, comme Nadine Morano, reculent encore quand la résistance est trop vive en face d'eux, comme sur le statut du beau-parent, mais ce recul n'est que tactique : les esprits ne sont pas mûrs, elle reviendra à la charge plus tard. En attendant, elle s'occupe en préparant une réforme de l'adoption que l'on connaît encore mal à l'heure où nous mettons en page, mais qui semble consacrer la notion éminemment dangereuse de "droit à l'enfant".
Les conséquences sont lourdes, à commencer par la disparition progressive du père. Car l'enfant a besoin du repère paternel pour se construire : « Ce n'est que face au père que le garçon sera confirmé dans sa masculinité et que la fille pourra se féminiser. », rappelle Mgr Anatrella, prêtre et analyste. C'est également l'image du père, si imparfait soit-il, qui introduit l'enfant à la paternité divine. Sigmund Freud lui-même en convenait, qui écrivait : « La psychanalyse nous a appris à reconnaître le lien intime unissant le complexe paternel à la croyance en Dieu. »
Une politique populicide
La présence du père auprès de celle de la mère est aussi indispensable à l'éducation des enfants. A cet égard, il est quelque peu paradoxal que l'on impute aux familles les dérives de trop nombreux jeunes, après qu'on a tout fait justement pour les déresponsabiliser.
Enfin et surtout, la famille est le berceau naturel qui accueille l'enfant. En la protégeant et en la soutenant matériellement, on encourage la natalité ; en la dénaturant et en l'appauvrissant, on accentue la dénatalité. Or, en Europe, l'enfant n'est plus considéré comme une richesse : si les générations ne se renouvellent plus, il sera toujours possible de faire appel à l'immigration. Mieux : ces enfants ne prendraient-ils pas la place des immigrés ? Dans les années 80, déjà, des publicitaires avaient suscité un tollé de protestation en placardant sur les murs la photo d'un bébé blanc, avec la légende : « Est-ce que j'ai une tête de mesure gouvernementale ? » SOS racisme avait publié en réaction une photo de bébé... noir.
Il n'est pas illogique de dénoncer ici une volonté populicide. Comme le concept de "discrimination positive" organise le remplacement de population dans la société, les attaques répétées contre la famille l'organisent dans le berceau. Faut-il attribuer au hasard, ou à une fâcheuse coïncidence, le fait que la plupart des mesures de spoliation visent aujourd'hui les cadres parents de familles nombreuses ?
Les Français n'en restent pas moins attachés, contre vents et marées, à la famille, comme le montrent régulièrement les sondages. Le site NotreFamilIe.com vient encore d'en publier un, établissant que 77 % des Français la considèrent comme un rempart efficace contre la crise. Nicolas Sarkozy ne l'ignore pas qui, rappelant le 13 février que les familles « sont la base de notre société », ajoutait : « Et particulièrement en période de crise, heureusement qu'il y a cette base. » Oui, mais jusqu'à quand ?
Eric Letty monde & vie 4 avril 2009
(avec l'aimable autorisation de monde & vie)
Un président contre la famille
Re: Un président contre la famille
Ben, sur ce coup ci, tu as un peu tort
. Il aime la famille. Enfin, il aime bien la sienne. Pour preuve la place que va prendre son fils avec bac+1.
Re: Un président contre la famille
Candide a écrit :Ben, sur ce coup ci, tu as un peu tort. Il aime la famille. Enfin, il aime bien la sienne. Pour preuve la place que va prendre son fils avec bac+1.
+1
Honteux pour une soit disant république démocratique ou l'égalité des personne n'est encore pas respecté.
> La France est le seul pays du monde où, si vous ajoutez dix citoyens à dix autres, vous ne faites pas une addition, mais vingt divisions
> L'élite de ce pays permet de faire et défaire les modes, suivant la maxime qui proclame : "Je pense, donc tu suis."
> La France est un pays qui adore changer de gouvernement à condition que ce soit toujours le même.
> L'élite de ce pays permet de faire et défaire les modes, suivant la maxime qui proclame : "Je pense, donc tu suis."
> La France est un pays qui adore changer de gouvernement à condition que ce soit toujours le même.
Revenir vers « Politique Française »
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 3 invités
