I - L'absentéisme
Pour des raisons diverses - la santé, les congés pris pour des causes autres que "légales" -, des salariés ne se présentent pas à leur travail. Un seul de ces motifs est honorable et encourageable. Dans les tableaux publiés par le ministère du Travail et diverses autres administrations sur l'absentéisme, il est de façon déplorable mentionné à côté de la maladie : il s'agit de la maternité. Les avantages des fonctionnaires, dont devraient profiter toutes les salariées, du privé comme du public, font que la fréquence d'absences, du fait de la maternité est affecté du taux de 0,5% dans le privé, de 1,1% dans les services de l'Etat et 0,9% dans les collectivités territoriales. Autrement dit, une fonctionnaire d'Etat a de bien meilleures conditions pour avoir un enfant. Ce "privilège" - deux fois plus de chances d'être mère - n'est pas contestable, les femmes du privé n'en disposent malheureusement pas, ce qui en dit long sur la dégradation des conditions de travail ces dernières décennies en France, sous la houlette des socialistes et des UDF-RPR.
En tout état de cause, l'absentéisme dans la fonction publique, exprimé en pourcentage, est deux fois plus important que dans le privé. Le tableau ci-dessous est sans appel :
Il - Temps de travail
National Hebdo a déjà rendu compte de la question, sous forme d'une éloquente revue de presse. Les situations sont très diverses selon les secteurs, il n'empêche que le temps de travail du secteur public est largement inférieur à celui du privé. Bien qu'il soit difficile de donner une moyenne nationale, compte tenu de la "discrétion" de certaines entreprises d'Etat sur le sujet et du problème de l'impact des congés, on aura une idée du différentiel privé-public, dans le contexte de l'application des 35 heures, par les données suivantes, concernant environ 140 000 salariés du secteur public (EDF-GDF) :
● 32 heures payées 37, ou 35 heures payées 39 selon les catégories ;
● ou 32 heures payées 39 (SNCF)

III - Pouvoir d'achat
Il y a encore deux ou trois décennies, les fonctionnaires et assimilés étaient plaints par les salariés du privé, quant à leur rétribution. Ils avaient la sécurité de l'emploi, certes, mais ils payaient cet avantage au niveau de leur porte-monnaie. Ce n'est plus vrai au moins depuis le début des années 90. En 1996, on relevait, pour le salaire moyen, un écart de 10% : 11 830 francs net par mois pour un agent de l'Etat, 10 690 francs net par mois pour un salarié du privé. D'année en année, l'écart se creuse. En dépit des obscurités statistiques en la matière, la reconstitution 1990-1996 donne déjà :
SALAIRE NET :
Privé :
1990 : base 100,
1996 : base 99
Public :
1990 : base 100,
1996 : base 106,5
A ceci s'ajoute le différentiel de charges sociales, beaucoup plus légères pour les ressortissants du public. Et le fameux domaine des primes augmente la différence entre le privé et le public.
IV - Les retraites
Les salariés de la fonction publique, et plus largement du secteur public, bénéficient d'un double avantage lorsqu'ils partent en retraite :
● Ils partent plus tôt, avec une pension à taux plein (50% entre 55 et 59 ans, l'âge moyen est de 56,6 ans).
● Leur pension est de 75% du dernier salaire (privé : 47%):
Par ailleurs, et sans multiplier les détails, ils cotisent moins et moins longtemps. D'où un extraordinaire déséquilibre dans les "régimes spéciaux" des fonctionnaires et assimilés.
V - La garantie de l'emploi
Le chômage exerce ses ravages parmi les travailleurs du privé, à tous les postes hiérarchiques, dans toutes les branches et professions. Nul n'est à l'abri. La garantie de l'emploi du secteur public est un avantage qu'on ne saurait sous-estimer, par conséquent. Il est vrai que l'introduction progressive de "'contractuels" dans diverses activités du secteur public oblige à nuancer ce rappel, cette catégorie n'étant pas "protégée".
Au total, la différence de statut social entre privé et public est loin d'être mince. Elle se retourne aujourd'hui contre l'ensemble de la fonction publique française. Car la Commission de Bruxelles, obsédée par sa volonté de détruire les Etats nationaux, compte exploiter au maximum ces disparités afin de détruire tout moyen d'action autonome des divers pays de l'Union européenne. En bloquant toute évolution des statuts des fonctionnaires et agents du secteur public, les syndicats de la gauche aident les eurocrates à isoler la fonction publique française. Ils prennent la terrible responsabilité de la jouer dans une sorte de quitte ou double, entre immobilisme et démantèlement total. Voici pourquoi les cinq groupes de privilèges du public sur le privé risquent de se transformer pour les fonctionnaires en poison mortel.
René-Louis DUVAL National Hebdo du 4 au 10 mars 1999

. Les forçats du gosier : 