LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Un chef-d'oeuvre bimillénaire en péril.
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LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 05/03/2009 - 14:52

LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Depuis la parution du livre de Stéphane Courtois sur les crimes du Communisme, les esprits « bien pensants » nous expliquent qu'on ne peut mettre sur le même plan les crimes du communisme commis par amour et ceux du nazisme commis au nom de la haine. Cela démontre une fois de plus que l'amour et la haine sont tellement proches qu'un esprit « mal pensant » pourrait même déceler dans le nazisme une certaine forme d'amour de soi, de son peuple ... Enfin passons !

Dans tout cela, le seul qui semble triompher est le libéralisme, et pourtant...

Le libéralisme, actuellement débridé, n'a jamais autant créé de pauvres, de miséreux n'ayant droit qu'à une vie végétative et vivant à l'état de zombie. Le seul horizon de millions d'individus est une vie misérable dans des banlieues totalement sordides enlaidies sur tous les plans par l'immigration, au milieu d'une population pluri-ethnique vivant dans l'angoisse, la peur et la violence, car ce même libéralisme excelle à détruire les peuples, les races, les nations et l'harmonie de nos cités qui structuraient la personnalité de notre peuple. Des millions d'hommes et de femmes dans notre société dite libérale, de gauche ou de droite, ne connaissent que le chômage, le RMI, la honte de soi, la perte de dignité économique et la perte de dignité tout court, tout ce que décrit Viviane Forrester dans son livre «L'Horreur économique» qui aurait pu s'appeler l'horreur libérale. Ce livre est d'ailleurs un fatras de considérations psycho-intellectuelles et aura permis à l'auteur de s'enrichir grassement sur la pauvreté puisqu'il a déjà dépassé les 300.000 exemplaires. Il ne va jamais à l'essentiel et ne sort jamais de ce qu'il est permis de dire par l'Établissement actuel. Se sentir inutile, sans position sociale, sans voir le moindre respect dans le regard des autres, ne connaître que le mal être psychologique, physique et économique et aller aux «restos du cœur» avec la bénédiction de l'Abbé Pierre, voilà la perspective humiliante offerte par la société à des millions de Français.

S'il ne tue pas directement, comme l'ont fait le communisme ou le nazisme, le libéralisme actuel sous sa forme mondialisée détruit anonymement par millions les êtres, assassine les âmes sur l'autel du profit. Le sort d'un SDF mourant de froid dans la nuit glacée de l'hiver est-il plus enviable que le sort de tous ceux qui se trouvaient dans les camps de concentration ou le Goulag ?

Malgré ce bilan effroyable, certains, comme François Léotard, déclarent sinistrement : « Le libéralisme est un humanisme ». Celle phrase dite sur le ton de la méthode Coué cherche surtout à convaincre celui qui la prononce.

Le libéralisme démocratique est fondé sur une hypocrisie foncière. Il déclare les hommes égaux alors que pour lui l'homme est défini économiquement. Il peut donc même être hiérarchisé quantitativement par le biais monétaire et de cette inégalité économique découlent toutes les autres. Le "fort" économique écrase le "faible" économique. Tel que l'avait vu Hégel, lorsqu'il décrivait la société civile, le bourgeois, archétype de l'homme-produit du libéralisme s'identifie totalement à ce qu'il possède. Toute vision de l'homme enraciné dans son histoire, son pays, sa race est exclu. L'homme n'est qu'un sujet de droit. Quant à ceux qui n'ont rien ou presque, notre société libérale actuelle de gauche (ou de droite) les appelle avec infiniment de mépris les «petits blancs», terme dépréciatif jamais donné aux immigrés. Ces "minables" n'ont bien sûr pas le droit à la parole, qui serait celle d'une complainte liée à leur situation en porte à faux vis à vis de l'idéologie actuelle.

De tout ceci que faut-il en conclure ? Devons-nous rejeter le capitalisme qui a été un moteur surpuissant pour le développement économique ? La réponse est simple : il faut prôner un capitalisme régulé par un État au service de la Nation et de son peuple.

par Patrice GROS - SUAUDEAU Statisticien - Économiste janv. - fevr. 1998
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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 05/03/2009 - 22:55

Le libéralisme ou la fin de l'Occident

Le libéralisme est l'idéologie qui s'est imposée à toute l'Europe et à une grande partie de la planète. C'est pourtant l'idéologie la plus dangereuse pour l'homme blanc et sera peut-être le tombeau de l'Europe et de l'Occident.

L'Américano-chinois Fukuyama avait annoncé selon une lecture hégélienne la fin de l'Histoire, le libéralisme s'imposant partout après les grandes parenthèses du fascisme et du communisme. Mais Histoire et Occident sont les mêmes termes. Annoncer la fin de l'Histoire consiste donc à annoncer la fin de l'Occident. Pour se légitimer, le libéralisme rappelle de façon incessante les millions de morts du nazisme et du communisme alors que lui-même réduit dans chaque pays des millions d'hommes à l'état de sous-hommes économiques. Il détruit dans le même temps les êtres nationaux d'Europe qui ont toujours constitué l'essence de l'Occident. L'homme n'est défini que comme producteur et consommateur c'est à dire comme néant. L'homme n'est plus défini dans son historicité et n'appartient plus à une communauté historique. Il est complètement atomisé.

L'être-là du Dasein heideggerien est réduit à un livreur de pizzas. La société libérale secrète une absence totale de spiritualité. Elle génère donc en contrepartie le développement des sectes.

Il est significatif que le fils du libéral Jean-François Revel se soit converti au bouddhisme; il ne pouvait être qu'en manque spirituel. Il a donc fallu qu'il trahisse l'Occident. Le libéralisme détruit toute pensée politique qui devient inutile, et même la pensée tout court. Il n'engendre sur le plan artistique et culturel que la fadeur, la laideur, et la médiocrité. Guy Sorman se félicitait de la suppression des frontières dans notre monde libéral, mais à quoi servira-t-il de voyager si c'est pour voir partout la même uniformité. Les frontières protégeaient aussi les différences.

Lorsque les hommes politiques actuels écrivent des livres, ils traitent d'un personnage historique ce qui est la preuve qu'ils n'ont rien à dire, plus de projet politique et que la pensée politique n'existe plus. Ces livres ne servent que de faire-valoir et à créer un semblant de légitimité pour des médiocres.

Le libéralisme est sans enracinement, sans aspérité, lisse comme le visage et le brushing d'Alain Madelin. Tout est subordonné à l'économique. Il ne sert à rien de pratiquer une politique nataliste et de la famille. Il suffit de faire venir des immigrés qui sont moins chers. Les différences d'êtres entre les hommes sont niées. En prônant le métissage des peuples et des races on détruit l'homme blanc qui est l'être de l'Occident.

La fin de l'Histoire est la fin du conflit des êtres. Le libéralisme veut installer l'idéal misérabiliste de la sécurité bourgeoise sans conflits. On détruit donc les êtres pour qu'ils ne s'opposent plus.

Le libéralisme a dissous la gauche et même l'extrême gauche qui sont à son service.

Toutes les luttes ouvrières sont réduites à néant puisqu'une usine peut à tout moment délocaliser ou faire appel à l'immigration. Les luttes syndicales semblent bien dérisoires dans un contexte de libéralisme mondialisé.

On trouvera toujours un pays aux coûts salariaux moindre et un immigré plus immigré qu'un autre, plus soumis. La gauche et l'extrême gauche en sont réduits à défendre de façon hystérique les droits de l'homme qui ne sont que l'armature idéologique et juridique du libéralisme. Les hommes ne sont que des abstractions sans historicité et interchangeables surtout lorsqu'ils sont moins chers et demandent moins de garanties sociales. L'extrême gauche devance les désirs du libéralisme en réclamant toujours plus d'immigrés.

Le libéralisme est la doctrine imposée par le pays le plus puissant actuellement, les États-Unis qui ne représentent plus l'essence de l'Occident. Si le libéralisme est en train de dissoudre l'Europe, il n'a pas dissous des entités plus fortes comme l'Islam ou l'entité asiatique représentée par la Chine. Les États-Unis comme Alexandre Del Valle l'a montré, font alliance avec l'Islam contre l'Europe. Un peuple refuse de disparaître et de se soumettre à l'Ordre mondial. Il doit donc s'opposer de façon la plus absolue au libéralisme qui n'est que la forme la plus hideuse du capitalisme.

PATRICE GROS-SUAUDEAU
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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 09/03/2009 - 19:40

LE LIBÉRALISME : UN INTÉGRISME ÉCONOMIQUE ?
Depuis des années la pensée unique règne et elle est celle du libéralisme. Même l'ancien contestataire de Mai 68 Cohn Bendit l'a fait sien au fur et à mesure que son visage est devenu de plus en plus bouffi. Il n'y a pas d'autre façon, parait-il, de concevoir une société épanouie. Un grand patron allemand a même avancé que le libéralisme avait été démontré par la science !
La force du libéralisme est en fin de compte d'être à sa façon une pensée totalitaire. Comme le marxisme, il a réponse à tout. Avec un peu d'astuce dialectique on a démontré que tout fait historique est une preuve de la lutte des classes. De même lorsque quelque chose va mal, il suffit d'écouter la parole de Madelin pour savoir que la raison en est simple : « le libéralisme n'est pas suffisamment appliqué ». Pour ce courant de pensée, il ne peut y avoir de préférence nationale, puisque l'homme est sans enracinement, sans histoire, sans culture déterminante, sans classe, sans nation, sans lien religieux, ce n'est qu'un consommateur-producteur, donc un atome parfaitement interchangeable. C'est bien sûr un appauvrissement considérable de l'être humain.
L'homme n'est dans le libéralisme qu'un homo economicus. La divinité à adorer c'est le marché. Tout doit se diluer et se dissoudre en lui. Tout est jugé selon lui. Le rap, en dehors de toute considération esthétique, a donc de la valeur, car on peut en vendre des millions de disques ! Mais tout ce qui pense, tout ce qui est dérange le libéralisme. « Le penser et l'être sont le même » (Parménide). Pour le libéral, il ne sert à rien de penser, il faut avoir une confiance absolue dans le marché. « Le marché est grand et Madelin est son prophète ».
Mais la seule constatation incontournable et dérangeante, c'est le chômage ! Depuis qu'il est mis en application, le libéralisme mondialisé sous sa forme actuelle génère dans les pays occidentaux, et en France particulièrement, un chômage massif et dramatique.
Beaucoup d'économistes reconnaissent que le libéralisme n'est pas le meilleur système et la pensée keynésienne démontrait que dans le meilleur des cas il ne pouvait y avoir qu'un équilibre de sous-emploi. Mais comme actuellement les classes dirigeantes dominantes. toutes sensibilités politiques confondues. se sont entichées de libéralisme, il s'impose. Ses victimes n'ont pas le droit à la parole, car elles ne représentent rien financièrement vis à vis du marché.
Pour le libéralisme, le marché étant tout, l'État n'est donc rien. Il doit être réduit à sa plus simple expression. Dans cette logique, il est normal que les hommes politiques actuels soient insignifiants à l'extrême. Ils seront les meilleurs garants de l'insignifiance de l'État .. Le très libéral Guy Sorman souhaitait que Chirac devint le "chef" du mouvement libéral. Il avait intuitivement compris que c'était « the right man in the right place ». Ainsi tous ces hommes politiques insignifiants se manifestent-ils constamment dans les médias pour promouvoir une Europe libérale qui sera à la fois le royaume de l'insignifiance des êtres et de l'importance du marché.
Certains de ces libéraux ont des scrupules de conscience comme Gilles de Robien et parlent de tempérer le libéralisme par le « libéralisme du coeur ». Ce qui consiste à envoyer des Lady Di médiatiques qui, entre un déjeuner chez Maxim's et un dîner au Ritz, prennent le temps d'aller faire un tour à la soupe populaire pour montrer leur compassion. Mais y en a-t-il un seul qui ait recueilli chez lui un sans-logis ?
Le libéralisme par sa vision extraordinairement réductrice de l' homme est sans doute l'extrémisme le plus absolu et un intégrisme parmi d'autres. Il possède en lui un formidable pouvoir de destruction de l'être humain, jusque dans ses recoins les plus secrets.
Mais l'homme n'est pas uniquement un agent économique. Il est attaché à son bout de terrain légué par l'Histoire, au clocher de son église qui n'a pas été construite par ses ancêtres pour les sans papiers. L'homme est un être qui souffre, qui aime son pays, veut vivre la plupart du temps sur la terre de ses parents et n'est pas un vagabond ou un nomade qui erre en fonction des besoins du marché. Il est par essence être enraciné et il ne peut que rejeter avec violence cette nouvelle pensée totalisatrice sans spiritualité qu'on cherche actuellement à lui inculquer et lui imposer. On peut dire que le libéralisme est la négation de l'être.
par Patrice GROS - SUAUDEAU
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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 28/05/2012 - 9:26

Il ne faut pas confondre libéralisme et liberté. Le libéralisme est la liberté donnée au capitalisme de se rendre propriétaire du monde et le capitalisme se sert de l'ONU, l'Otan ....etc. pour développer de pseudos guerres civile dites guerres de libérations ensuite pour détruire les nations et créer à la place de nouveaux marchés.
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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 16/06/2012 - 20:53

Le liberalisme

Le Libéralisme est un très important sous-produit du Rationalisme, et ses origines et son idéologie doivent être clairement exposés.
La période des «Lumières» de l'histoire occidentale, qui commença après la Contre-Réforme, mit de plus en plus l'accent sur l'intellect, la raison et la logique, en se développant. Au milieu du 18ème siècle, cette tendance produisit le Rationalisme. Le Rationalisme considérait toutes les valeurs spirituelles comme ses objets et se mit à les réévaluer du point de vue de la «raison». La logique inorganique est la faculté que les hommes ont toujours utilisée pour résoudre des problèmes de mathématique, d'ingénierie, de transport, de physique ou dans d'autres situations concrètes. Leur insistance au sujet de l'identité et du rejet de la contradiction est praticable dans l'activité matérielle. Ils fournissent aussi une satisfaction intellectuelle en matière de pensée purement abstraite, comme les mathématiques et la logique, mais si elles sont poursuivies suffisamment loin elles se transforment en simples techniques, en simples hypothèses dont la seule justification est empirique. La fin du Rationalisme est le Pragmatisme, le suicide de la Raison.

Cette adaptation de la raison aux problèmes matériels provoque la transformation de tous les problèmes en problèmes mécaniques lorsqu'ils sont examinés à la «lumière de la raison», sans aucun ajout mystique de pensée ou de tendance diverse. Descartes voyait les animaux comme des automates, et environ une génération plus tard, l'homme lui-même fut rationalisé en automate -- ou, ce qui revient au même, en animal. Les organismes deviennent des problèmes de chimie et de physique, et les organismes supra-personnels n'existèrent simplement plus, car ils ne sont pas sensibles à la raison, n'étant ni visibles ni mesurables. Newton fit régenter l'Univers et les étoiles par une force régulatrice non-spirituelle; le siècle suivant enleva à l'homme son esprit, son histoire et ses affaires.

La raison déteste l'inexplicable, le mystérieux, le clair-obscur. Dans un problème pratique de machinerie ou de construction de bateau, on doit sentir que tous les facteurs sont connus et contrôlés. Il ne doit rien y avoir d'imprévisible ou hors de contrôle. Le Rationalisme, qui est le sentiment que tout est soumis à la Raison et complètement explicable par elle, rejette par conséquent tout ce qui n'est pas visible et calculable. Si une chose ne peut réellement pas être calculée, la Raison dit simplement que les facteurs sont si nombreux et si compliqués que sur un plan purement pratique ils rendent le calcul impraticable, mais ne le rendent pas théoriquement impossible. Ainsi la Raison a aussi sa Volonté-de-puissance: tout ce qui ne se soumet pas est déclaré récalcitrant, ou son existence est simplement niée.

Lorsqu'il tourna son regard vers l'Histoire, le Rationalisme vit la tendance toute entière comme évoluant vers la Raison. L'homme avait «émergé» pendant tous ces millénaires, il progressait de la barbarie et du fanatisme jusqu'à la lumière, de la «superstition» à la «science», de la violence à la «raison», du dogme à l'esprit critique, de l'obscurité à la lumière. Plus de choses invisibles, plus d'esprit, plus d'âme, plus de Dieu, plus d'Eglise ni d'Etat. Les deux pôles de la pensée sont «l'individu» et «l'humanité». Tout ce qui les sépare est «irrationnel».

Cette dénonciation des choses comme étant irrationnelles est en fait correcte. Le Rationalisme doit tout mécaniser, et tout ce qui ne peut pas être mécanisé est nécessairement irrationnel. Ainsi la totalité de l'Histoire devient irrationnelle: ses chroniques, ses processus, sa force secrète, le Destin. Le Rationalisme lui-même, étant un sous-produit d'un certain stade de développement d'une Haute Culture, est également irrationnel. Pourquoi le Rationalisme connaît une phrase spirituelle, pourquoi il exerce sa brève domination, pourquoi il se transforme une fois de plus en une religion -- ces questions sont historiques, donc irrationnelles.

Le Libéralisme est le Rationalisme dans la politique. Il rejette l'Etat en tant qu'organisme, et ne peut le voir que comme le résultat d'un contrat entre des individus. Le but de la Vie n'a rien à faire des Etats, car ils n'ont pas d'existence indépendante. Ainsi le «bonheur» de «l'individu» devient le but de la Vie. Bentham traduisit cela aussi grossièrement qu'il le pouvait en lui donnant le sens collectif du «plus grand bonheur du plus grand nombre». Si les animaux en troupeau pouvaient parler, ils utiliseraient ce slogan contre les loups. Pour la plupart des humains, qui sont le simple matériel de l'Histoire, et non ses acteurs, «bonheur» signifie bien-être économique. La Raison est quantitative, pas qualitative, et transforme donc l'homme moyen en «Homme». L'«Homme» est une chose de nourriture, de vêtement, d'abri, de vie sociale et familiale, et de loisirs. La politique demande quelquefois de sacrifier sa vie pour des choses invisibles. Cela est contre le «bonheur», et ne doit pas exister. L'économie, cependant, n'est pas contre le «bonheur», mais se développe presque en même temps que lui. La Religion et l'Eglise souhaitent interpréter la Vie entière sur la base de choses invisibles, et militent donc contre le «bonheur». L'éthique sociale, d'un autre coté, assure l'ordre économique, donc favorise le «bonheur».

Ici le Libéralisme trouve les deux pôles de sa pensée: l'économie et l'éthique. Ils correspondent à l'individu et à l'humanité. L'éthique est bien sûr purement sociale, matérialiste; si l'éthique plus ancienne est conservée, son ancien fondement métaphysique est oublié, et il est promulgué comme un impératif social, et non religieux. L'éthique est nécessaire pour maintenir l'ordre nécessaire comme cadre de l'activité économique. A l'intérieur de ce cadre, cependant, «l'individu» doit être «libre». Voilà le grand cri du Libéralisme, «liberté». L'homme est seulement lui-même, et il n'est lié à rien sauf par son choix. Donc la «société» est une «libre» association d'hommes et de groupes. L'Etat, cependant, est non-liberté, contrainte, violence. L'Eglise est non-liberté spirituelle.

Toutes les choses du domaine politique furent transmutées par le Libéralisme. La guerre fut transformée soit en compétition, vue sous l'angle économique, soit en différence idéologique, vue sous l'angle éthique. A la place de l'alternance rythmique et mystique de la guerre et de la paix, il voit seulement la concurrence perpétuelle de la compétition ou du contraste idéologique, qui en aucun cas ne devient violent ou sanglant. L'Etat devient une société ou une humanité sur le plan éthique, un système de production et de commerce sur le plan économique. La volonté d'atteindre un but politique se transforme en fabrication d'un programme «d'idéaux sociaux» sur le plan éthique, de calcul sur le plan économique. Le pouvoir devient de la propagande, sur le plan éthique, et de la régulation, sur le plan économique.

La plus pure expression de la doctrine du Libéralisme fut probablement celle de Benjamin Constant. En 1814 il poussa en avant ses idées de «progrès» de «l'homme». Il regardait l'époque des Lumières au 18ème siècle avec sa tournure individualiste-humanitaire, comme un simple préliminaire à la vraie libération, celle du 19ème siècle. L'économie, l'industrialisme, et la technique représentaient les moyens de la «liberté». Le Rationalisme était l'allié naturel de cette tendance. La Féodalité, la Réaction, la Guerre, la Violence, l'Etat, la Politique, l'Autorité -- tous étaient vaincus par la nouvelle idée, supplantés par la Raison, l'Economie, la Liberté, le Progrès et le Parlementarisme. La Guerre, étant violente et brutale, était déraisonnable, et est remplacée par le Commerce, qui est intelligent et civilisé. La Guerre est condamnée à tous points de vue: économiquement elle est une perte même pour le vainqueur. Les nouvelles techniques de guerre -- l'artillerie -- rendaient obsolètes l'héroïsme personnel insensé, et donc le charme et la gloire de la guerre disparaissaient avec son inutilité économique. Dans les temps anciens, les peuples guerriers avaient subjugué les peuples marchands, mais plus maintenant. A présent les peuples marchands devenaient les maîtres de la Terre.

Un moment de réflexion montre que le Libéralisme est entièrement négatif. Il n'est pas une force formatrice, mais toujours et seulement une force désintégratrice. Il souhaite déposer les autorités jumelles de l'Eglise et de l'Etat, leur substituant la liberté économique et l'éthique sociale. Il se trouve que les réalités organiques ne permettent que deux possibilités: l'organisme doit être fidèle à lui-même, ou il devient malade et détourné, une proie pour les autres organismes. Donc la polarité naturelle des dirigeants et des dirigés ne peut pas être abolie sans annihiler l'organisme. Le Libéralisme n'obtint jamais un succès complet dans sa lutte contre l'Etat, en dépit du fait qu'il s'engagea dans l'activité politique, au cours du 19ème siècle, en s'alliant avec toutes sortes d'autres forces désintégratrices de l'Etat. Ainsi il y avait les Nationaux-Libéraux, les Sociaux-Libéraux, les Libres Conservateurs, les Libéraux-Catholiques. Ils s'allièrent donc avec la démocratie, qui n'est pas libérale, mais irrésistiblement autoritaire dans le succès. Ils sympathisèrent avec les Anarchistes lorsque les forces de l'Autorité cherchèrent à se défendre contre eux. Au 20ème siècle, le Libéralisme se joignit au Bolchevisme en Espagne, et les Libéraux européens et américains sympathisèrent avec les Bolcheviks russes.

Le Libéralisme peut être défini seulement négativement. Il est une simple critique, pas une idée vivante. Son grand mot «liberté» est un négatif -- il signifie en fait, libéré de l'autorité, c'est-à-dire désintégration de l'organisme. Dans ses derniers stades il produit l'atomisation sociale dans laquelle non seulement l'autorité de l'Etat est combattue, mais même l'autorité de la société et de la famille. Le divorce obtient le même rang que le mariage, les enfants le même rang que les parents. Cette pensée constamment négative conduisit des activistes politiques comme Lorenz V. Stein et Ferdinand Lassalle à désespérer de lui en tant que véhicule politique. Ses attitudes étaient toujours contradictoires, il recherchait toujours un compromis. Il cherchait toujours à «équilibrer» la démocratie et la monarchie, les patrons et les travailleurs, l'Etat et la Société, le législatif et le judiciaire. Pendant une crise, le Libéralisme en tant que tel était introuvable. Les Libéraux se retrouvaient dans un camp ou dans un autre lors d'un affrontement révolutionnaire, selon la consistance de leur Libéralisme, et son degré d'hostilité à l'autorité.

Ainsi le Libéralisme en action était tout aussi politique que tout Etat. Il obéissait à la nécessité organique par ses alliances politiques avec les groupes et les idées non-libéraux. En dépit de sa théorie de l'individualisme, qui bien sûr exclurait la possibilité qu'un homme ou un groupe puisse appeler un autre homme ou un autre groupe à sacrifier ou à risquer sa vie, il soutenait des idées «non-libres» comme la Démocratie, le Socialisme, le Bolchevisme, l'Anarchisme, tous demandant le sacrifice de sa vie.

II

A partir de son anthropologie de la bonté naturelle de la nature humaine en général, le Rationalisme produisit au 18ème siècle l'Encyclopédisme, la Franc-maçonnerie, la Démocratie, et l'Anarchisme, ainsi que le Libéralisme, chacun avec ses ramifications et ses variantes. Chacun joua son rôle dans l'histoire du 19ème siècle et, du fait du détournement critique de toute la civilisation occidentale entraîné par les premières Guerres Mondiales, même au 20ème siècle, où le Rationalisme est grotesquement déplacé, et se transforma lentement en Irrationalisme. Le corps du Libéralisme n'était même pas enterré au milieu du 20ème siècle. Par conséquent, il est nécessaire même aujourd'hui de diagnostiquer la grave maladie de la Civilisation Occidentale comme étant le Libéralisme, compliqué d'un empoisonnement étranger.

Du fait que le Libéralisme voit la plupart des hommes comme harmonieux, ou bons, il s'ensuit qu'ils devraient être autorisés à faire ce qu'ils veulent. Comme il n'y a pas d'unité supérieure à laquelle ils sont tous liés, et dont la vie supra-personnelle domine les vies des individus, chaque champ de l'activité humaine ne sert que lui-même -- aussi longtemps qu'il ne souhaite pas devenir autoritaire, et reste dans le cadre de la «société». Ainsi l'Art devient «l'Art pour l'amour de l'Art», l'art pour l'art. Tous les domaines de la pensée et de l'action deviennent également autonomes. La religion devient une simple discipline sociale, car être plus signifierait assumer l'autorité. La science, la philosophie, l'éducation, tous sont également des mondes en eux-mêmes. Aucun n'est le sujet de quelque chose de supérieur. La littérature et la technique sont dotées de la même autonomie. La fonction de l'Etat est simplement de les protéger par des brevets et des copyrights. Mais par-dessus tout -- l'économie et la loi sont indépendantes de l'autorité organique, c'est-à-dire de la politique.

Les lecteurs du 21ème siècle trouveront difficile à croire qu'autrefois l'idée prévalait que chaque personne devait être libre de faire comme ça lui plaisait en matière économique, même si son activité personnelle impliquait la famine de centaines de milliers de gens, la dévastation complète de zones forestières et minérales, et l'affaiblissement de la puissance de l'organisme; qu'il était tout-à-fait permis pour un tel individu de s'élever au-dessus de l'autorité publique affaiblie, et de dominer par des moyens privés les pensées intimes de populations entières par son contrôle de la presse, de la radio et du cinéma.

Ils trouveront encore plus difficile de comprendre comment une telle personne pouvait s'adresser à la loi pour appuyer sa volonté destructrice. Ainsi un usurier pouvait, même au milieu du 20ème siècle, invoquer avec succès l'assistance de la loi pour déposséder un certain nombre de paysans et de fermiers. Il est difficile d'imaginer comment n'importe quel individu pouvait ainsi affaiblir l'organisme politique, plus qu'en transformant le sol en poussière, selon la phrase du grand Freiherr von Stein.

Mais cela était la conséquence inévitable de l'idée de l'indépendance de l'économie et de la loi par rapport à l'autorité politique. Il n'existe rien de supérieur, pas d'Etat; il y a seulement les individus s'affrontant les uns les autres. Il est donc naturel que les individus les plus astucieux économiquement accumulent la plus grande partie de la richesse mobile dans leurs mains. Cependant, s'ils sont de vrais Libéraux, ils ne désirent pas l'autorité en plus de cette richesse, car l'autorité comporte deux aspects: le pouvoir, et la responsabilité. L'individualisme, psychologiquement parlant, est de l'égoïsme. «Bonheur» = égoïsme. Rousseau, le grand-père du Libéralisme, était un vrai individualiste, et abandonna ses cinq enfants à l'Assistance publique. La loi, étant un domaine de la pensée et de l'effort humains, possède autant d'indépendance et autant de dépendance que tout autre domaine. A l'intérieur du cadre organique, elle est libre de penser et d'organiser son matériel. Mais comme d'autres formes de pensée, elle peut être enrôlée au service d'idées extérieures. Ainsi la loi, originellement un moyen de codifier et de maintenir la paix intérieure de l'organisme en conservant l'ordre et en empêchant les disputes privées de s'aggraver, fut transmuée par la pensée libérale en un moyen de maintenir un désordre interne, et de permettre aux individus économiquement forts de liquider les faibles. Cela fut appelé «le règne de la loi», «l'Etat de droit», «l'indépendance de la Justice». L'idée de faire intervenir la loi pour rendre sacro-saint un certain genre d'affaires n'était pas une idée originale du Libéralisme. Déjà à l'époque de Hobbes, d'autres groupes l'essayaient, mais l'esprit incorruptible de Hobbes déclara avec la plus grande clarté que le règne de la loi signifie le règne de ceux qui déterminent et administrent la loi, que le règne d'un «ordre supérieur» est une phrase vide, qui trouve un sens seulement par le règne concret de certains hommes et de certains groupes sur un ordre inférieur.

C'était de la pensée politique, qui est dirigée vers la répartition et le mouvement du pouvoir. C'est aussi de la politique d'exposer l'hypocrisie, l'immoralité et le cynisme de l'usurier qui demande l'appui de la loi, ce qui signifie richesse pour lui et pauvreté pour des millions d'autres, et tout cela au nom de quelque chose de supérieur, quelque chose ayant une validité supra-humaine. Lorsque l'Autorité ressurgit une fois de plus contre les forces du Rationalisme et de l'Economie, elle commence immédiatement par montrer que le complexe d'idées transcendantales dont s'est équipé le Libéralisme est aussi valide que le Légitimisme de l'ère de la Monarchie Absolue, et pas plus. Les Monarques étaient les plus puissants protagonistes du Légitimisme, les financiers du Libéralisme. Mais le monarque était lié à l'organisme par toute son existence, il était responsable organiquement même quand il n'était pas responsable de fait. Ainsi Louis XVI et Charles 1er [d'Angleterre]. D'innombrables autres monarques et souverains absolus avaient dû s'enfuir à cause de leur responsabilité symbolique. Mais le financier a seulement le pouvoir, pas de responsabilité, même pas symbolique, car le plus souvent son nom n'est pas publiquement connu. L'Histoire, le Destin, la continuité organique, la Renommée, tous exercent une puissante influence sur un souverain politique absolu, et de plus sa position le place entièrement en-dehors de la sphère de la basse corruption. Le financier, cependant, est une personne privée, anonyme, purement économique, irresponsable. Il ne peut en rien être altruiste; son existence même est l'apothéose de l'égoïsme. Il ne pense pas à l'Histoire, à la Renommée, au progrès de l'organisme, au Destin, et de plus il est éminemment corruptible par des moyens vils, car son désir dominant est celui de l'argent et toujours plus d'argent.

Dans sa lutte contre l'Autorité le Libéralisme financier élabora une théorie selon laquelle le pouvoir corrompt les hommes. C'est pourtant la vaste fortune anonyme qui corrompt, car il n'y a aucune limitation supra-personnelle au-dessus d'elle, comme celle qui met le véritable homme d'Etat complètement au service de l'organisme politique, et le place au-dessus de la corruption.

Ce fut précisément dans les domaines de l'économie et de la loi que la doctrine libérale eut les effets les plus destructeurs sur la santé de la Civilisation Occidentale. Il importait peu que l'esthétique devienne indépendante, car la seule forme d'art qui avait encore un avenir en Occident, la Musique Occidentale, ne prêtait pas attention aux théories et poursuivait sa grande course créatrice jusqu'à son terme avec Wagner et ses épigones. Baudelaire est le grand symbole de l'art pour l'art: la maladie comme beauté. Baudelaire est ainsi le Libéralisme dans la littérature, la maladie comme principe de vie, la crise comme santé, l'esprit morbide comme vie spirituelle, la désintégration comme but. L'homme comme un individualiste, un atome sans connexions, la conception libérale de la personnalité. Ce fut dans les domaines de l'action plutôt que de la pensée que les dommages furent les plus grands.

Permettre à l'initiative, pour les questions économiques et techniques, de rester aux individus, soumis à un faible contrôle politique, aboutit à la création d'un groupe d'individus dont les volontés personnelles étaient plus importantes que le destin collectif de l'organisme et des millions de gens de la population. La loi qui servait cet ordre de choses avait complètement divorcé d'avec la moralité et l'honneur. Pour désintégrer l'organisme sur le plan spirituel, la moralité qui était reconnue fut séparée de la métaphysique et de la religion et reliée seulement à la «société». La loi pénale reflétait le Libéralisme financier en punissant les crimes de violence et de passion, mais pas des choses telles que détruire les ressources nationales, gaspiller des millions sans nécessité, ou l'usure à une échelle nationale.

L'indépendance de la sphère économique était un article de foi du Libéralisme. Ce n'était pas sujet à discussion. Cela évolua même en abstraction nommée «l'homo economicus», dont les actions pouvaient être prévues comme si l'économie était un vacuum. La gain économique était sa seule motivation, l'avidité seule l'aiguillonnait. La technique de succès était de se concentrer sur son propre gain et d'ignorer tout le reste. Cet «homo economicus» était pourtant l'homme normal pour les Libéraux. Il était l'unité de base de leur image du monde. «L'Humanité» était la somme totale de ces grains de sable économiques.

III

Le type d'esprit qui croit à la «bonté» essentielle de la nature humaine culmina dans le Libéralisme. Mais il existe une autre anthropologie politique, qui reconnaît que l'homme est disharmonieux, problématique, dual, dangereux. C'est la sagesse générale de l'humanité, et elle se reflète dans le nombre de gardes, de clôtures, de coffres-forts, de serrures, de prisons et de policiers. Chaque catastrophe, incendie, tremblement de terre, éruption volcanique, inondation, suscite des pillages. Même une grève de la police dans une ville américaine fut le signal d'un pillage des magasins par les êtres humains respectables et bons.

Donc ce type de pensée part des faits. Cela est la pensée politique en général, en opposition avec la simple pensée sur la politique, la rationalisation. Même la vague de Rationalisme ne submergea pas cette sorte de pensée. Les penseurs politiques diffèrent grandement en créativité et en profondeur, mais ils s'accordent à dire que les faits sont normatifs. Le mot même de théorie a été déconsidéré par les intellectuels et les Libéraux qui l'utilisent comme marotte pour décrire comment ils voudraient que les choses soient. A l'origine, la théorie était l'explication des faits. Pour un intellectuel qui se livre à la politique, une théorie est un but; pour un véritable homme politique, sa théorie est une limite.

Une théorie politique cherche à trouver dans l'histoire les limites du politiquement possible. Ces limites ne peuvent pas être trouvées dans le domaine de la Raison. L'Ere de la Raison est née dans un bain de sang, et passera de mode dans un bain de sang encore plus grand. Avec sa doctrine opposée à la guerre, à la politique, et à la violence, elle a présidé aux plus grandes guerres et révolutions depuis 5 000 ans, et elle introduisit l'Ere de la Politique Absolue. Avec son Evangile de la Fraternité de l'Homme, elle apporta sur une grande échelle la famine, l'humiliation, la torture et l'extermination dans l'Histoire, contre des populations à l'intérieur de la Civilisation Occidentale, après les deux premières Guerres Mondiales. En mettant hors la loi la pensée politique, et en transformant la guerre en un combat moral au lieu d'un combat pour la puissance, elle jeta dans la poussière la chevalerie et l'honneur d'un millénaire. La conclusion irrésistible est que la Raison devint aussi politique lorsqu'elle entra dans la politique, même si elle utilisait son propre vocabulaire. Quand la Raison dépouillait un ennemi vaincu d'un territoire, après une guerre, elle appelait cela une «désannexion». Le document établissant la nouvelle situation était appelé un «Traité», même s'il avait été imposé par un blocus alimentaire. L'ennemi politique vaincu devait admettre dans le «Traité» qu'il était «coupable» [du déclenchement] de la guerre, qu'il est moralement indigne de posséder des colonies, que seuls ses soldats avaient commis des «crimes de guerre». Mais quel que soit le déguisement moral, quel que soit le vocabulaire idéologique, c'est seulement de la politique, et l'Ere de la Politique Absolue en revient une fois de plus au type de pensée politique qui part des faits, qui reconnaît la puissance et la volonté de puissance des hommes et des organismes supérieurs comme des faits, et trouve toute tentative de décrire la politique en termes de morale aussi grotesque que cela le serait de décrire la chimie en termes de théologie.

Il existe toute une tradition de pensée politique dans la Culture Occidentale, dont quelques-uns des principaux représentants sont Machiavel, Hobbes, Leibnitz, Bossuet, Fichte, de Maistre, Donoso Cortes, Hippolyte Taine, Hegel, Carlyle. Alors que Herbert Spencer décrivait l'histoire comme un «progrès» allant de l'organisation militaro-féodale jusqu'à l'organisation commerciale-industrielle, Carlyle montrait à l'Angleterre l'esprit prussien du Socialisme Ethique, dont la supériorité interne exercerait sur toute la Civilisation Occidentale, pendant l'Ere Politique à venir, une transformation aussi fondamentale que l'avait fait le Capitalisme pendant l'Ere Economique. C'était une pensée politique créatrice, mais elle ne fut malheureusement pas comprise, et l'ignorance qui en résulta permit des influences déviatrices, qui jetèrent l'Angleterre dans deux Guerres Mondiales insensées dont elle émergea en ayant presque tout perdu.

Hegel postula un développement de l'humanité en trois phases, depuis la communauté naturelle, jusqu'à la communauté bourgeoise, puis à l'Etat. Sa théorie de l'Etat est entièrement organique, et sa définition du bourgeois est très appropriée pour le 20ème siècle. Pour lui le bourgeois est l'homme qui ne souhaite pas quitter la sphère de la sécurité politique interne, qui s'établit lui-même, avec sa propriété privée sanctifiée, comme un individu contre l'ensemble, qui trouve un substitut à sa nullité politique dans les fruits de la paix et de ses biens et une parfaite sécurité pour en jouir, et qui souhaite donc être dispensé du courage et rester à l'abri de la possibilité d'une mort violente. Avec ces mots, il décrivit le véritable Libéral.

Les penseurs politiques mentionnés ne jouissent pas de la popularité auprès des grandes masses humaines. Aussi longtemps que les choses vont bien, la plupart des gens ne souhaitent pas entendre parler de lutte pour la puissance, de violence, de guerres, ou de théories les concernant. Ainsi, aux 18ème et 19ème siècles se développa l'état d'esprit selon lequel les penseurs politiques -- et Machiavel fut la première victime -- étaient des hommes méchants, avec un mauvais atavisme, assoiffés de sang. La simple affirmation que les guerres continueraient toujours était suffisante pour déconsidérer l'auteur comme une personne désirant que les guerres continuent. Attirer l'attention sur le vaste et impersonnel rythme de la guerre et de la paix révélait un esprit malade avec une déficience morale et une tare émotionnelle. Décrire les faits était considéré comme les souhaiter et les créer. Aussi tard qu'au 20ème siècle, quiconque soulignait la nullité politique de la «Société des Nations» était un prophète du désespoir. Le Rationalisme est anti-historique; la pensée politique est de l'histoire appliquée. Pendant la paix il est impopulaire de mentionner la guerre, pendant la guerre il est impopulaire de mentionner la paix. La théorie qui devient la plus rapidement populaire est celle qui fait l'éloge des choses existantes et de la tendance qu'elles sont supposées illustrer, comme étant clairement le meilleur ordre et ayant été préparé par toute l'histoire antérieure. Hegel était donc anathémisé par les intellectuels à cause de son orientation pro-étatique, qui faisait de lui un «réactionnaire», et aussi parce qu'il refusait de se joindre à la foule révolutionnaire.

Comme la plupart des gens souhaitent entendre seulement des discours soporifiques sur la politique, et non pas des appels à l'action, et comme en régime démocratique ce que la plupart des gens souhaitent entendre est important pour la technique politique, les politiciens démocrates développèrent au 19ème siècle toute une dialectique de la politique des partis. L'idée était d'examiner le domaine de l'action d'un point de vue «désintéressé», moral, ou économique, et de trouver que l'adversaire était immoral, non-scientifique, non-économique -- bref il était politique. C'était la chose diabolique qui devait être combattue. Le propre point de vue de l'observateur était entièrement «non-politique». Politique était un mot péjoratif pendant l'Ere Economique. Curieusement cependant, dans certaines situations, habituellement celles impliquant des relations avec l'étranger, «non-politique» pouvait aussi être un terme péjoratif, signifiant qu'un homme ainsi décrit manquait d'habileté dans les négociations. Le politicien devait aussi feindre une répugnance à accepter un poste. Finalement une manifestation de «volonté populaire» soigneusement préparée brisait sa répugnance, et il consentait à «servir». Cela était décrit comme du machiavélisme, mais évidemment Machiavel était un penseur politique, et non un adepte du camouflage. Un livre écrit par un politicien ne se lit pas comme Le Prince, mais fait l'éloge de l'espèce humaine entière, à l'exception de certaines personnes perverses les adversaires de l'auteur.

En réalité le livre de Machiavel a une tonalité défensive, justifiant politiquement la conduite de certains hommes d'Etat en donnant des exemples tirés des invasions étrangères en Italie. Pendant le siècle de Machiavel, l'Italie fut envahie à plusieurs reprises par les Français, les Allemands, les Espagnols et les Turcs. Lorsque les armées de la Révolution Française occupèrent la Prusse, et associèrent les sentiments humanitaires des Droits de l'Homme avec la brutalité et le pillage à grande échelle, Hegel et Fichte restaurèrent une fois de plus Machiavel en tant que penseur. Il représentait un moyen de défense contre un ennemi armé d'une idéologie humanitaire. Machiavel montrait le véritable rôle joué par les sentiments verbaux dans la politique.

On peut dire qu'il y a trois attitudes possibles envers le comportement humain, sur la question de l'évaluation de ses motivations: la sentimentale, la réaliste, et la cynique. La sentimentale attribue une bonne motivation à tout le monde, la cynique une mauvaise motivation, et la réaliste recherche simplement les faits. Lorsqu'un sentimental, par exemple un Libéral, entre en politique, il devient par force un hypocrite. L'exposition définitive de cette hypocrisie crée le cynisme. Une partie de la maladie spirituelle qui suivit la Première Guerre Mondiale fut une vague de cynisme qui surgit de l'hypocrisie manifeste, révoltante et incroyable des petits hommes qui présidaient aux affaires à cette époque. Cependant Machiavel avait un esprit incorruptible et n'écrivait pas d'une manière cynique. Il cherchait à dépeindre l'anatomie de la politique avec ses problèmes et ses tensions particuliers, intérieurs et extérieurs. Pour la fantastique maladie mentale du Rationalisme, des faits désagréables sont des choses regrettables, et en parler c'est les créer. Un politicien minable du type libéral cherchait même à empêcher de parler de la 3ème Guerre Mondiale, après la Seconde. Le Libéralisme est, en un mot, de la faiblesse. Il désire que chaque jour soit un anniversaire, la Vie une longue fête. L'inexorable mouvement du Temps, le Destin, l'Histoire, la cruauté de l'accomplissement, la dureté, l'héroïsme, le sacrifice, les idées supra-personnelles -- voilà l'ennemi.

Le Libéralisme est une évasion, depuis la dureté jusqu'à la douceur, de la masculinité à la féminité, de l'Histoire au troupeau en train de brouter, du Destin au Bonheur. Nietzsche, dans son dernier et plus grand ouvrage, désigna le 18ème siècle comme le siècle du féminisme, et mentionna immédiatement Rousseau comme le guide de l'évasion de masse d'en-dehors de la Réalité.

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 27/03/2014 - 16:43

Capitalisme et libéralisme : petites précisions sémantiques

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, disait Boileau. En ouvrant ce dossier sur le libéralisme, il importe de bien désigner notre cible.
Au libéralisme, il faut opposer l'organisation du travail. C'est une singulière aberration de croire que l'intelligence ni la volonté de l'homme ne doivent intervenir pour régler cette fille de leur intelligence et de leur volonté : l'industrie. Nous tâchons de diriger les forces naturelles et nous nous livrerions, pour respecter la concurrence, ou toute autre loi ou non loi, aux caprices des phénomènes économiques ? C'est de l'absurdité pure. » Ces lignes n'ont pas été signées par quelque penseur socialiste, mais par Jacques Bainville, l'un des principaux inspirateurs de l'Action française(1). Dans les Cahiers d'Occident, en 1927, il condamnait encore « ces prétendues lois du Plus Fort, de l'Offre et de la Demande, du Laissez-faire, autrement dit du Chacun pour Soi », qui caractérisent les « sociétés anarcho-libérales ».
En parallèle, le même Bainville critiquait « L'Etat-providence qui pensionne de tous les côtés, l'Etat-infirmier qui sauve toutes les entreprises en déconfiture et qui prend les pertes pour lui, VEtat-entrepreneur, l’Etat-commerçant qui gère lui-même selon des méthodes qui conduiraient immanquablement des particuliers à la faillite, comment veut-on que cet Etat-là ne finisse pas par être aux prises avec d'énormes embarras d'argent ? »
L'école de pensée contre-révolutionnaire a ainsi renvoyé dos-à-dos les deux grandes idéologies, capitalisme et socialisme, toutes deux nées du libéralisme dont l'un des pères du catholicisme social, René de La Tour du Pin, dénonçait les méfaits, à la fois en religion, en économie et en politique(2). Ces contre-révolutionnaires français prônaient le retour aux corporations, tandis qu'en Angleterre, Chesterton opposait à la logique du capitalisme l'idée des Guildes, autrement dit les communautés de métiers, et le développement de la petite propriété(3).
Car la critique du capitalisme ne s'étend pas à celle de la propriété, pas plus que celle du libéralisme à la liberté d'entreprendre. Dans son encyclique Rerum novarum, publiée le 15 mai 1891, le pape Léon XIII, appelant à la concorde entre les classes sociales, constatait lui aussi qu' « il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital. »
Capitalisme n'est pas synonyme de capital, ni libéralisme de libertés
Un siècle plus tard, Jean Paul II poursuivra la même réflexion dans son encyclique sociale Laborem exercens, en soulignant la « compénétration réciproque entre le travail et ce que nous sommes habitués à nommer le capital » et « leur lien indissoluble ». L'Eglise légitime donc la propriété privée, y compris celle du capital et des moyens de production ; mais le pape polonais souligne que ce principe diffère « du programme du capitalisme, pratiqué par le libéralisme et les systèmes politiques qui se réclament de lui », la différence résidant « dans la manière de comprendre le droit de propriété », que la tradition chrétienne « a toujours entendu dans le contexte plus vaste du droit commun de tous à utiliser les biens de la création entière : le droit à la propriété privée est subordonné à celui de l'usage commun, à la destination universelle des biens ».
Cependant, alors que Rerum novarum consacrait un chapitre entier aux corporations, en soulignant leur bienfaisance et leur utilité pour toute la société, Laborem exercens ne les évoque que comme les « ancêtres » des syndicats. Cette évolution montre qu'à tort ou à raison, l'idée du recours à une organisation corporative de l'économie a perdu beaucoup le crédit dont elle bénéficiait dans les esprits voilà encore un siècle, alors que le collectivisme a pourtant démontré tout au long du XXe siècle sa nocivité, et que le mondialisme a aggravé les abus du capitalisme matérialiste.
Il s'ensuit aujourd'hui un trouble des idées qui se double d'une confusion sémantique, aboutissant à confondre capital et capitalisme, liberté d'entreprendre et libéralisme : il arrive d'ailleurs que l'on fasse le tri entre les conceptions économiques véhiculées par cette dernière idéologie, réputées acceptables (selon nous, à tort), et les conceptions philosophiques qui continuent de sentir le soufre.
Il apparaît donc important, en ouvrant ce dossier, de bien préciser ce dont nous parlons : en critiquant le libéralisme, nous visons expressément la doctrine matérialiste qui, en développant une conception excessivement individualiste de la finalité humaine, aboutit à convaincre l'individu que ses talents doivent servir d'abord son propre profit et assurer sa réalisation personnelle, avant ou plutôt que d'être mis au service de ses semblables. Cette critique ne concerne pas la liberté d'entreprendre, si précieuse et utile, dont bénéficie l'ensemble de la communauté, ni le légitime profit que l'entrepreneur peut tirer de sa créativité et de son effort.
De même, notre critique du capitalisme ne s'exerce pas contre la propriété privée du capital et des moyens de production, mais contre l'usage qui en est fait lorsque les buts économiques en viennent à primer sur l'homme et que l'acquisition des biens matériels paraît plus importante que les liens de Charité, la «fortune anonyme et vagabonde » triomphant alors des communautés humaines les plus légitimes, de la famille à la nation. Cette dérive est encore plus dangereuse lorsque la dématérialisation des biens favorise la spéculation, dont les peuples font finalement les frais, comme on le voit aujourd'hui.
Le capital ne se réduit pas plus au capitalisme que le social au socialisme.
Eric Letty monde&vie 18 mars 2014
1) Jacques Bainville,Réflexions sur la politique.
2) René de La Tour du Pin, Vers un ordre social chrétien, Jalons de route.
3) Gilbert K. Chesterton, Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, 1926.

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 27/03/2014 - 16:45

Anatomie d'un monstre : l’Église a sorti le bistouri

L’Église a été la première institution à s'opposer au libéralisme. Ça continue aujourd'hui... où elle est devenue la seule alternative crédible.
Il y a toujours une ambiguïté à propos de la critique du libéralisme. La plupart, s'ils critiquent ce système philosophique, politique et économique qui repose, comme son nom l'indique, sur l'absolutisation de la valeur de liberté, c'est en mettant en cause la mollesse, la lâcheté, l'inefficacité, la supposée inconsistance de l'organisation libérale. Quant à l’Église, elle a très vite compris que le libéralisme n'était pas condamnable à cause de sa faiblesse, mais parce que, sous ce nom avenant se cache l'organisation absolument moderne du despotisme. Paradoxe facile ? Pas du tout. C'est la militante féministe allemande Rosa Luxembourg qui définissait le libéralisme comme « le système du renard libre dans le poulailler libre ». Est libérale l'organisation qui, par principe, met à égalité le renard et la poule. C'est évidemment toujours pour le plus grand profit du renard, qui s'en lèche encore les babines.
L'absolutisme de la liberté
Il se trouve que Rosa Luxembourg, en définissant ainsi le libéralisme, s'est sans doute inspirée d'un slogan qui a couru durant tout le XIXe siècle : « L’Église libre dans l’État libre » répétait Montalembert et ses amis qui s'autodésignaient comme les catholiques libéraux. La liberté de l’État est évidemment, à vue humaine et sans en appeler aux forces de l'Esprit, infiniment plus puissante que la liberté de l'Eglise. Si les deux partenaires, juxtaposés depuis l'origine du christianisme, ont la même liberté, c'est l’État qui se réservera naturellement la part du lion. Clemenceau avait bien vu le parti à tirer de la position libérale : il reprenait l’Évangile, « rendez à César ce qui est à César » et il concluait logiquement, en tant qu’État libre et ne se gênant pas le moins du monde : « Mais tout est à César ». Staline était dans le même registre lorsqu'il se posait dédaigneusement la question : « Le pape combien de divisions ». Il est évident qu'à libertés égales, le pouvoir spirituel non seulement est toujours perdant, mais au fond, dans une configuration totalement libérale, il est perdu.
Non, ce n'est pas un complot
L'analyse du phénomène est plus compliquée aujourd'hui, car - c'est une conséquence du règne de l'idéologie libérale - il est très difficile aujourd'hui de situer les centres du Pouvoir. Le président de la République ? Dans notre monde libéralisé, son pouvoir n'est plus rien. La Commission de Bruxelles ? L'affaire ukrainienne suffit à montrer le peu de pouvoir réel dont elle jouit. Les États-Unis sont intervenus pour empêcher la paix avec la Russie. Mais aux États-Unis qui détient véritablement le pouvoir ? Barack Obama ? Évidemment non. La logique des décisions lui échappe, il est là pour les appliquer et les faire appliquer. Mais c'est l'idée libérale qui fonctionne, dans une sorte d'idéocratie mondialisée : ainsi peut-on dire que la Russie de Poutine n'étant pas assez libérale, elle ne peut pas prétendre arbitrer le conflit inter-ukrainien. Nous ne sommes pas devant un complot avec ses grands initiés. Il n'y a pas de grands initiés, il n'y a que de petits manipulateurs planétaires. Mais la prime est systématiquement donnée à la liberté. Les autres critères n'existent pas. C'est ce que l'on constate aussi dans l'affaire mondiale du mariage homosexuel et c'est ce qui risque d'engendrer une hypersexualisation de l'enfance (le prochain enjeu des libertaires est là : le genre n'est vraisemblablement qu'un prétexte).
L’Église a tenté de prendre en marche le train de la mondialisation libérale. Je pense aux déclarations du pape Pie XII sur l'importance d'un gouvernement mondial (qui à l'époque pouvaient apparaître comme des déclarations opposées à l'Internationale communiste), reprises aujourd'hui et précisées par Benoît XVI qui, en 2007, dans Caritas in veritate, proposa d'instaurer un Conseil des sages dont les décisions puissent s'imposer aux différentes nations, dans certains domaines comme l'écologie. Problème annexe l'écologie, direz-vous peut-être... Pas si sûr, derrière l'écologie il y a le problème de l'énergie, du développement de l'atome, de la société de consommation comme société du déchet, etc. Que diable allait faire Benoît XVI dans cette galère de l’ultra-modernité ?
Vatican II et le libéralisme
La vérité c'est que Vatican II contenait au moins potentiellement une ouverture à l'idéologie libérale, comme j'ai essayé de le montrer naguère dans Vatican II et l’Évangile. Si ces germes avaient produit du fruit, la vérité catholique serait restée l'apanage de quelques cénacles résistants et la grande Église tout entière aurait versé dans l'apologie d'une « foi » à géométrie variable, pure expression de la liberté individuelle, différente en chaque personne. Heureusement Jean Paul II en particulier à travers un enseignement très dogmatique de la morale a interdit cette dérive. Aujourd'hui cette Église qui s'est petit à petit ressaisi d'elle-même, après la transe conciliaire, est dans le collimateur du libéralisme mondial. Autrefois on invitait les papes à l'ONU, pour les remercier de leurs inclinations mondialistes. Aujourd'hui l'ONU envoie un blâme public à l’Église catholique, signifiant me semble-t-il qu'elle ne souhaite plus recevoir les leçons de l'Homme en blanc et qu'elle préfère les lui administrer préventivement. C'est que le libéralisme, cette dictature de la liberté individuelle, est structurellement intolérant pour quiconque doute de son postulat unique. Tant que l’Église prétendra enseigner une vérité, elle sera l'adversaire.
Abbé G. de Tanoüarn monde & vie 18 mars 2014

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 27/03/2014 - 16:52

Le libéralisme avance masqué

À l'heure où chacun prétend défendre des idées - de grandes, nobles et belles idées, bien sûr - le libéral semble aujourd'hui passer à côté, avec une vision plus pragmatique des choses. Et surtout de la société. Pourtant le libéralisme est bien vivant. Plus que jamais peut-être. Mais il se dissimule...
Le libéralisme a si mauvaise presse qu'il avance masqué. Il est accusé à raison de tous les mots : mondialisme, financiarisation, émeutes de la faim, chômage, destruction de la famille, amnésie culturelle, télé-réalité, trafics d'organes, achats de votes, marchandisation du vivant... Il s'essaye donc à brouiller les pistes, à changer les repères, et développe des stratégies de joueur d'échec.
Tout d'abord, en assimilant libéralisme et droite - ce qui permet à la gauche de faire du libéralisme sans le dire. Les accords de libre-échange en train d'être négociés, la promotion d'une Europe systématiquement acquise à la concurrence et systématiquement opposée aux corps intermédiaires, l'individualisation croissante des systèmes de soins, tout est clairement d'inspiration libérale, mais la seule onction d'un gouvernement officiellement socialiste suffit à récuser vertueusement les accusations de libéralisme larvé (déjà proférées en 1983). Le seul défaut du récent tournant social-libéral, si l'on peut dire, est que le masque est tombé.
La distinction libérale
Ensuite, en distinguant libéralisme économique et libéralisme culturel, ce qui permet aux bobos de se croire tout à la fois rebelles et généreux. D'un côté une affirmation fanatique des libertés individuelles déréglées (une extension qui aurait d'ailleurs étonné les auteurs libéraux classiques), surtout quand elles permettent d'échapper à un modèle norme d'inspiration chrétienne. De l'autre une volonté marquée de planification étatique, de contraintes sociales fortes, pourvu que cet abandon de libertés soit la contrepartie d'une assurance financière : garantissant les emplois ou des allocations suffisantes, l’État dirigiste ne serait pas libéral.
Comme l'a fort bien démontré Jean-Claude Michéa, le libéralisme culturel marche de pair avec le libéralisme économique, et les conquêtes du premier font le lit du second : plus l'individu est libéré des contraintes de la famille, de la nation, de la religion, du territoire, plus il est asservi au marché, et son seul-espoir d'accomplissement passe par sa capacité de jouissance, érigée en étalon de la liberté alors qu'elle n'est qu'une promesse de consommation continue. L'État a d'ailleurs tendance, sur le long terme, à aller vers la dérégulation économique - même si le génie français rend sa marche tortueuse ! Mais à défaut de favoriser l'économie et les citoyens français, il ouvre largement ses portes aux autres acteurs.
Innocent de ses travers
Enfin, en refusant de considérer tous les développements naturels de sa théorie : père indigne, il récuse tous ses enfants, comme un communiste français expliquant tranquillement que Lénine, Staline, Pol-Pot et Mao n'étaient pas vraiment des communistes. Chaque catastrophique bâtard de l'application de ses principes est tout de suite dénoncé comme une variante si viciée qu'elle ne peut en rien être imputée au modèle. « Le concept est avant tout politique, pourquoi diable cherchez-vous à le déceler dans l'imparfaite réalité ? ! » nous disent ses thuriféraires. Monique Canto-Sperber, dans une courte conférence de 2009 regrette que « cette condamnation qui souvent est sans nuance, surtout en France, laisse sur sa faim et empêche de penser ce au 'a pu être l'apport du libéralisme » (http://www.les-ernest.fr), tout en reconnaissant que le contexte actuel a pu entrainer le système libéral à développer des pathologies - qu'il ne recèle forcément pas dans son état chimiquement pur.
Si l'État intervient de plus en plus, y compris dans les domaines les plus privés, c'est assurément pour garantir nos libertés; si le droit est devenu une valeur si sûre, ce n'est pas du tout parce qu'infiniment plastique il justifie chaque abus, chaque oppression et chaque privation; si l'utopie libérale se présente aujourd'hui comme un dogme auquel il faut adhérer, c'est bien sûr pour nous éviter de retomber dans de bien plus terribles errements.
Bref, si le libéralisme veut modifier la nature humaine, c'est pour accoucher un homme nouveau, pas du tout pour le dénaturer...
Hubert Champrun monde & vie 18 mars 2014

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 07/05/2014 - 19:07

Le cordon sanitaire du libéralisme par Tomislav SUNIC

Ceci est une version abrégée du discours donné à Los Angeles le 6 juillet 2013 par le Dr. Sunic devant des membres de l’American Freedom Party. Le docteur Tomislav (ou Tom) Sunic est un ancien professeur de sciences politiques, ainsi qu’un ancien diplomate. Il est également membre du conseil de l’American Freedom Party. Il est l’auteur de nombreux livres dont Homo americanus. Rejeton de l’ère postmoderne (2007, version française en 2010 aux Éditions Akribeia). La traduction a été réalisée par la Fédération des Québécois de souche. La rédaction d’Europe Maxima rectifie quelques petites erreurs factuelles de l’intervenant qui ne nuisent pas à la globalité du texte de l’ami Sunic.
***
À première vue, il semble que de lancer un parti nationaliste ou même de droite sociale en Europe est relativement facile, du moins plus qu’aux États-Unis où le bipartisme est la règle d’or. Mais il y a souvent des pièges électoraux et juridiques en Europe, sans mentionner le puissant impact de l’idéologie de la rectitude politique qui empêche les partis nationalistes européens d’avancer dans le système politique. Contrairement aux États-Unis, les vingt-huit nations membres de l’Union européenne ont un bon nombre de partis nationalistes, plusieurs d’entre eux ont même des élus au niveau national, local ou européen, mais le nombre de leurs élus est presque négligeable et leurs voix ne se font pas entendre.
L’avantage du processus électoral européen est le système de représentation proportionnelle, commun à tous les pays membres de l’Union européenne. En pratique, cela signifie que peu importe s’il est gros ou petit, le parti se voit assigner des sièges au parlement, conseil municipal au niveau local en fonction du pourcentage obtenu lors du vote. Donc, si un parti obtient 5 %, 10 % ou 30 % des votes, en théorie il se verra attribuer 5 %, 10 % ou 30 % des sièges d’un parlement national ou d’un conseil municipal.
Ça semble bien, mais la réalité est différente. Ainsi, le Front national en France a une solide base électorale représentant environ 15 % des citoyens français. Curieusement, il n’a que deux élus à l’Assemblée nationale et deux membres au Parlement européen [N.D.L.R.E.M. : en fait, ils sont trois], un gigantesque organe législatif de style soviétique situé à Strasbourg et qui compte plus de 750 chaises des plus confortables. Les choses vont encore mieux en Autriche pour le F.P.Ö. (Parti de la Liberté), qui a plus de trente députés au Parlement local. Même chose pour le Vlaams Belang en Belgique, qui reçoit l’appui d’environ 10 % et 30 % des électeurs belges et flamands respectivement. Même chose en Grèce avec le parti Aube dorée qui récolte plus de 7 % des voix et qui compte dix-huit élus à l’Assemblée grecque, en plus d’un élu au Parlement européen [N.D.L.R.E.M. : l’intervenant confond Aube dorée qui n’a aucun élu au Parlement européen de la mandature 2009 - 2014 et les deux députés européens du L.A.O.S. (Alerte populaire orthodoxe) qui n’existe presque plus]. Le meilleur résultat va au parti hongrois Jobbik, qui reçoit entre 20 % et 30 % des votes hongrois et qui détient plus de quarante sièges au Parlement hongrois.
À l’exception des bons résultats de Jobbik en Hongrie et d’Aube dorée en Grèce, ainsi qu’une popularité locale, tous les partis nationalistes d’Europe attirent constamment de l’attention négative et sont toujours menacés d’interdiction. De plus, les chances pour la formation d’un gouvernement nationaliste en Europe sont pour le moment quasiment nulles.
Le cordon sanitaire imposé aux partis nationalistes
La représentation proportionnelle a ses inconvénients. Il est souvent inévitable, pendant les élections parlementaires ou présidentielles, que deux tours soient requis pour pouvoir déclarer un vainqueur. Presque aucun des partis, peu importe son idéologie, ne peut obtenir une majorité absolue, ce qui signifie 51 % des voix au premier tour. C’est certainement vrai pour les petits partis nationalistes qui sont peu populaires dans les sondages et qui sont plutôt contents s’ils peuvent obtenir le fameux 5 % de vote qui leur permet d’entrer au Parlement. À l’opposé, d’insignifiants partis à la gauche de l’échiquier politique, qui n’auraient aucune possibilité électorale si laissés à eux-mêmes, sont souvent à la remorque des partis de gauche libérale lors des élections. S’ils réussissent à se faire élire, ils font une entente avec leur maître électoral. Donc, un petit parti de gauche, même s’il n’a qu’un pour cent des intentions de vote, peut s’assurer d’un siège ministériel avec le nouveau gouvernement de coalition s’il est libéral ou social-démocrate. On se renvoie l’ascenseur. Les gouvernements de coalition sont communs en Europe et, règle générale, sont un étrange mélange de partis conservateurs ou socialistes, où tout le monde tente de s’assurer d’une belle visibilité au sein du système.
Cette façon de se mettre à la remorque d’un gros parti est totalement interdite aux petits partis de droite européens. Les partis conservateurs ne forment jamais de coalition avec les partis nationalistes. En terme d’idéologies, tout comme avec les républicains et les démocrates, les partis conservateurs européens deviennent de plus en plus des copies conformes de leur supposés adversaires idéologiques qu’ils s’appellent « sociaux-démocrates », « libéraux » ou « chrétiens démocrates ». Situation semblable aux « républicrates » américains.
Ce processus de « neutralisation » de la politique qui est présentement en cours en Europe fut prédit par le théoricien Carl Schmitt il y a près d’un siècle. Ce processus vise particulièrement à réduire la visibilité des partis nationalistes d’Europe, même lorsqu’ils réussissent à s’introduire au Parlement. C’est ce qu’on appelle le « cordon sanitaire », une pratique introduite par les grands partis il y a de cela bien longtemps. La seule exception récente à cette règle fut le gouvernement de coalition formé par les conservateurs chrétiens du Parti populaire en Autriche qui, en 2000, même s’il n’avait pas atteint une majorité absolue, avait décidé de former une coalition avec le parti nationaliste de Jörg Haider, chef du Parti de la Liberté. Il y eut immédiatement un cri de protestation émanant du reste de l’Europe. Israël exigea le boycott de l’Autriche et menaça de retirer son ambassadeur. L’Autriche dût subir un embargo commercial durant quelques années.
L’interdiction de former une coalition avec les partis nationalistes est une loi non-écrite qui date de 1945. Par exemple, le parti nationaliste flamand de droite Vlaams Belang a un électorat très important. Mais, étant catalogué comme « parti raciste », les autres partis conservateurs belges et flamands sont morts de peur à l’idée de former une coalition avec celui-ci. Donc, pour gagner en respectabilité et pour obtenir une pointe de la tarte budgétaire, il y a dix ans, le Vlaams Belang changea sa plate-forme, son langage et même son nom. C’est une erreur majeure que plusieurs partis, organisations, activistes et intellectuels nationalistes européens et américains font lorsqu’ils croient que s’ils modèrent leur discours, écrivent quelques avertissements antifascistes ou disent quelque chose de gentil sur Israël, ils s’éviteront les quolibets de « fascistes », « racistes » et « antisémites ». Cette technique ne les a pas aidés jusqu’à présent.
La démocratie libérale : un mélange de fraude et de corruption
Le problème avec le système de représentation proportionnelle est qu’il engendre d’innombrables sectes politiques et crée un climat de clientélisme, de corruption, de népotisme et de copinage. Il y a une telle myriade de petits partis en Europe que les citoyens sont dissuadés d’aller aux urnes, car ils ne savent plus qui choisir. Pourquoi voteraient-ils pour un petit parti nationaliste qui va perdre de toute façon ? C’est le fondement de la démocratie parlementaire si encensée. Ce « meilleur des mondes possibles », cette soi-disant « démocratie parlementaire », permet à des douzaines de partis politiques de se battre dans l’arène. Mais c’est le système le plus approprié pour briser la volonté du peuple et un sens de cohésion ethnique.
Au cours de la dernière décennie, plusieurs partis nationalistes (principalement les partis les plus gros et les plus « modérés » comme le Vlaams Belang en Belgique, le Parti de la Liberté en Autriche et le Front national en France) ont changé leur discours, sont devenus plus dociles, plus philosémites et ont souvent abandonné leur plate-forme initiale pour obtenir leur part du gâteau.
En France, la politique de refuser de former une coalition avec le Front national a mené à une exclusion quasi-totale de ses représentants de l’Assemblée nationale. Juste avant les élections de mai 2012, Marine Le Pen, chef du Front national, était en troisième place dans les sondages, mais restait derrière les deux autres gros compétiteurs, le candidat socialiste François Hollande et le président « conservateur » Nicolas Sarkozy. Au second tour des présidentielles, où Hollande affrontait Sarkozy, plusieurs conservateurs, des électeurs de la haute bourgeoisie déconnectée votèrent pour Hollande, lui assurant un mandat présidentiel clair. Plusieurs électeurs du Front national ne se rendirent pas aux urnes au second tour, car il n’y avait plus de candidat nationaliste dans l’arène.
C’est la même chose pour le B.N.P. britannique. Le B.N.P. a été exclu de toutes les ententes de coalition. Lorsque deux candidats du B.N.P. furent élus au Parlement européen lors de l’élection de 2009, le gouvernement britannique annonça qu’il leur couperait les fonds.
Les problèmes ne s’arrêtent pas là. Il y a trois sous-ensembles de partis nationalistes. Ils ne se distinguent pas beaucoup au niveau de leur idéologie, mais plutôt au niveau des tactiques et méthodes et de l’égo. On peut observer ce phénomène en Italie en 2001, avec l’opportuniste Gianfranco Fini, le futur ministre des Affaires étrangères du gouvernement conservateur de Silvio Berlusconi. Jusqu’au milieu des années 90, Fini était un membre important du M.S.I., parti fasciste italien. Néanmoins, dix ans plus tard, dans sa nouvelle carrière politiquement correcte et après être devenu un homme du système, il n’hésita pas à se coiffer de la symbolique kippa lors de son rituel d’initiation à Yad Vashem.
Gardons en tête que les partis nationalistes, même lorsqu’ils sont représentés dans les institutions européennes, n’ont pas le même programme. Certains sont plus enclins au compromis, d’autres non. En fait, très souvent ils sont à couteaux tirés, comme c’est le cas entre les nationalistes d’Europe de l’Est. Le récent conflit tragique entre les nationalistes serbes et croates parle de lui-même.
En général, les partis nationalistes en Europe peuvent être divisés en trois groupes ou catégories, chacun étant plus ou moins lié avec les autres groupes, mais plus souvent qu’autrement en guerre d’égos avec d’autres personnalités des autres sous-groupes. Nous avons ainsi :
— Les « modérés » : l’Alliance européenne pour la liberté (le F.P.O. en Autriche, le F.N. en France et le Vlaams Belang en Belgique);
— Les moins « modérés » : l’Alliance européenne des mouvements nationaux (le Jobbik, le B.N.P.);
— Les plutôt « radical » : le Front national européen (Parti national-démocrate d’Allemagne, Aube dorée grecque, la Nouvelle Droite roumaine et Renaissance national de la Pologne). De ce bloc nationaliste « radical », le seul parti à avoir obtenu des sièges au Parlement national est Aube dorée, ce qui cause de nombreux maux de tête aux scribes et politiciens du système en Europe et en Amérique.
Les nationalistes américains ont un avantage considérable sur les nationalistes européens : ils ne sont pas divisés par des querelles de clochers, par des guerres antérieures et de la victimisation conflictuelle. De plus, les Blancs américains constituent encore un arsenal potentiel d’électeurs de deux cents millions, qu’ils se considèrent être des Blancs « implicites » ou « explicites ». Avec la chute prochaine du système, plusieurs devront assurément devenir des Blancs très explicites s’ils veulent rester ce qu’ils sont d’un point de vue culturel et identitaire.
Tomislav Sunic
• D’abord mis en ligne sur le site Fédération des Québécois de souche, le 20 février 2014.
http://www.europemaxima.com/?p=3654

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Messagepar Pat » 16/10/2014 - 7:39

Une critique nécessaire

Le libéralisme est paré par les uns de toutes les vertus, par les autres de tous les vices. Mais le libéralisme existe-t-il vraiment ? Y a-t-il un ou des libéralismes ? Les différents libéralismes partagent-ils un fonds commun ? Y aurait-il un « bon » et un « mauvais » libéralisme ? Existe-t-il une critique libérale du libéralisme ? Et l’antilibéralisme ? Est-il un ou y en a-t-il plusieurs ? S’ils ont le même adversaire, les différents antilibéralismes sont-ils pour autant convergents ? C’est à ces questions que notre série tâchera de répondre ; Falk van Gaver, qui en est l’initiateur et le maître d’œuvre, pose ici les jalons de cette enquête qui se prolongera une année durant en collaboration avec l’Observatoire socio-politique (OSP) du diocèse de Fréjus-Toulon (http://osp.frejus-toulon.fr/).
Comme le souligne Alasdair McIntyre : « Les débats contemporains au sein des systèmes politiques modernes opposent presque exclusivement des libéraux conservateurs, des libéraux centristes et des libéraux de gauche. Cela ne laisse que peu de place pour la critique du système lui-même, c’est-à-dire pour la remise en question du libéralisme » (1). Ainsi, de même que les courants du « nouveau libéralisme » anglais, du libéralisme progressiste américain ou du libéralisme républicain français, un libéral critique comme John Dewey (1859-1952), philosophe pragmatiste américain dont le maître ouvrage sur la question a été récemment édité en français (2), critique l’individualisme abstrait du libéralisme classique et participe de la genèse du « social-libéralisme » qui est la version de gauche du libéralisme, ou des libéralismes nés de l’empirisme britannique (Locke, Hume…), de l’utilitarisme anglo-saxon (Bentham, Mill…), de l’économie politique des mercantilistes et physiocrates français (Montchrestien, Quesnay…) et des économistes dits classiques (Smith, Ricardo, Malthus, Say…) – et plus largement des Lumières françaises (Montesquieu, Voltaire…) et de l’Aufklärung germanique (Kant, Fichte…). Bref, qu’on le loue ou qu’on le déplore, il est possible de déceler dans cette époque de cristallisation de la modernité un libéralisme général, à la fois philosophique, politique, économique… qui voit l’émergence de l’homo oeconomicus unissant dans une même anthropologie l’autonomie du sujet et son intérêt bien compris.
Il y a cependant, distincts dès la Révolution française, un libéralisme « de droite », davantage girondin, et un libéralisme « de gauche », plus jacobin, et les remises en cause du libéralisme ne se sont faites qu’aux marges du système – dans les socialismes et communismes révolutionnaires, écrasés aussi durement par la République (la « Conjuration des Égaux » de Gracchus Babeuf en 1796) que les oppositions contre-révolutionnaires. Cette opposition entre jacobins et girondins, libéraux de gauche et de droite, favorisa momentanément d’un côté comme de l’autre des alliances avec les extrêmes – ainsi girondins et royalistes s’allièrent lors des soulèvements fédéralistes de Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Rouen, Toulon…
À droite, toute une tradition s’inspire ainsi d’un conservatisme libéral parfois revendiqué (ainsi aujourd’hui le site Nouvelles de France se définit comme « portail libéral-conservateur ») qui allierait un libéralisme classique voire aristocratique (Constant, Tocqueville…) à des éléments plus contre-révolutionnaires (Chateaubriand, Burke, etc.). Cette cristallisation d’un libéralisme conservateur, voire réactionnaire ou contre-révolutionnaire, souvent de sensibilité royaliste ou du moins loyaliste, partisan longtemps de la monarchie constitutionnelle, dans lequel on pourrait marquer l’acte de naissance de la droite avec toutes ses nuances – et avec, à sa marge, la contestation légitimiste –, fait face à celle d’un libéralisme républicain, voire révolutionnaire qui marquerait la naissance de la gauche avec toutes ses nuances – et avec, à sa marge, la contestation socialiste puis communiste.[....]
Falk van Gaver
La suite sur La Nef=> http://www.lanef.net/t_article/une-crit ... asp?page=1
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Un ... necessaire

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 18/10/2014 - 16:22

Au coeur du libéralisme destructeur

Le cardinal Billot dénonce la dissolution des liens du mariage, fondement premier de la famille.
La Révolution détruit d'abord la famille dans son fondement. Car le fondement de la famille est le mariage et celui-ci est indissoluble grâce à l'obligation qu'il impose jusqu'à la fin indistinctement à l'homme et à la femme. À quel point cette obligation s'oppose à la liberté et à l'émancipation de l'individu, cela saute aux yeux. Cependant, il subsiste dans la mentalité des gens des préjugés enracinés, qui ne permettent pas de procéder sur le champ à la réforme projetée. On commencera donc par réduire le mariage au rang d'un simple contrat civil, sanctionné par l'autorité de la seule loi civile. Ensuite on fera un pas de plus pour passer du mariage civil au divorce légal, et non sans motif, car ce qui est lié par l'autorité de la loi civile peut aussi être dissous et annulé par la loi civile. Pour finir, à partir du divorce civil se préparera peu à peu une descente rapide vers un vague concubinage en quoi doit consister l'application la plus complète des principes et où il ne restera pas plus trace de famille que ce qui existe chez les bêtes. On voit donc comment le libéralisme tend de toute sa force à détruire la famille et son fondement premier.
Cardinal Billot
Tractatus de Ecclesia Christi (traité sur l'Église du Christ), tome II, Université grégorienne, 1910
Un an après la parution de ce livre, le père Billot (1846-1931) fut nommé cardinal par saint Pie X. Il dut déposer la pourpre en 1927 parce qu'il affichait son désaccord avec l'attitude de Pie XI envers l'Action française.
Personne ne prévoyait, au début du XXe siècle, les conséquences du mariage civil et du divorce, mis à part des penseurs comme Paul Bourget – l'auteur d'Un Divorce (1904) ou le père Billot. Charles Maurras, de son côté, avait analysé le bouleversement de la sensibilité qui se trouve, chez Rousseau, à la base de la subversion révolutionnaire. La Révolution ne veut pas connaître les engagements qui dépassent la volonté immédiate des individus : le mariage indissoluble lui paraît aussi odieux que les voeux perpétuels du moine ou de la moniale.
Les braves gens qui croient aux bonnes élections et qui fondent des associations de défense de la famille dans le respect des institutions républicaines ne voient pas, par manque de maturité politique, que leur action est condamnée à l'avance par un système dont la destruction de la famille constitue un but essentiel : Marianne, la marâtre infernale, a ôté aux familles la responsabilité de l'instruction des enfants, puis elle a prétendu les éduquer à la place des parents. L'abaissement du mariage au rang de simple contrat révocable lui a laissé les mains libres dans cette tâche.
Le cardinal Billot avait bien vu que le principe révolutionnaire, qui est asocial, ne s'en tiendrait pas à l'affaiblissement du lien conjugal : « À partir du divorce civil se préparera peu à peu une descente rapide vers un vague concubinage […] où il ne restera pas plus trace de famille que ce qui existe chez les bêtes. » On peut dire que l'éminent théologien avait, non pas prophétisé, mais prévu par déduction le PACS et l'union libre.
Mais il n'avait pu prévoir que le libéralisme abaisserait l'être humain en-dessous de la bête, par l'extinction, non seulement du sens moral et du plus élémentaire bon sens, mais même de l'instinct, et que le législateur républicain envisagerait un jour la possibilité de liens entre personnes du même sexe ! Cette perspective montre bien que « la démocratie c'est la mort ».
Au fond, libéralisme et libertinage appartiennent à la même famille de mots : doctrine qui fait de la liberté le principe fondamental de la pensée et de l'action des hommes, le libéralisme est à la philosophie et à la politique ce que le libertinage est aux moeurs.
Gérard Baudin L’Action Française 2000 du 18 au 31 décembre 2008

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 20/10/2014 - 7:03

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 15/04/2015 - 7:22

Vers le libéralisme intégral… (article paru dans L’Action Française 2000, 06 juin 2014)

Un nouvel accord de libre-échange est en cours de négociation entre l’Union européenne La perspective de sa signature nourrit de multiples inquiétudes.

A en croire les européistes, la France serait trop petite. Visiblement, l’Europe aussi ; sinon, comment expliquer cette unanimité et cette volonté affirmée d’« aller vite » (François Hollande) pour signer l’accord commercial dit TAFTA (Transatlantic Free Trade Area) ? Le monde ne suffit pas, aurait-on envie d’ajouter à la manière d’un titre de James Bond. Il s’agit, en effet, d’instaurer une zone de libre-échange transatlantique, en l’occurrence la plus grande zone de libre-échange jamais créée : elle couvrirait près de la moitié du PIB mondial. Nous ne reviendrons pas sur l’opacité et même le secret qui entoure l’élaboration de cet accord. Il s’agit d’une affaire d’oligo-technocrates à laquelle les nations n’ont à être mêlées qu’en tant qu’elles ratifieront l’accord sans que leurs peuples s’y opposent. Ce n’est pas la première fois, mais il est plus rare qu’un acte politique, eu égard à ses conséquences prévisibles, soit aussi révélateur de l’idéologie sous-jacente au projet européen.

Rengaine libérale

Laissez faire, laissez aller : la rengaine libérale est encore la plus adaptée pour expliquer la nature de cette union transatlantique. Un accord de libre-échange crée une zone dans laquelle les barrières tarifaires (droits de douane, etc.) et non tarifaires (principe de précaution, interdictions sanitaires, etc.) sont à peu près abolies : « l’accord visera à éliminer les obstacles inutiles au commerce et à l’investissement y compris les obstacles non tarifaires existants », peut-on lire dans le mandat de négociation de la Commission européenne. Les droits de douane entre États-Unis et UE sont déjà insignifiants (de l’ordre de 3 à 5 %). Leur suppression, il est vrai, aura donc des conséquences très limitées. C’est d’ailleurs l’un des arguments des promoteurs de cet accord (même discours que lors de la ratification des différents traités européens, qui ne devaient pas changer grand-chose…). Mais c’est précisément parce que l’enjeu des barrières tarifaires est nul qu’il y a lieu de s’inquiéter, car on ne mène pas ce genre de négociation sans avoir des objectifs commerciaux ou financiers bien précis. En effet cela va beaucoup plus loin : en réalité, toute entrave à la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux serait condamnable, y compris s’il faut pour cela que les États soient condamnés par des institutions privées (modalité dont l’UE et le Conseil de l’Europe avaient déjà posé les bases, d’une certaine manière, avec, respectivement, la Cour de Justice de l’Union et la Cour européenne des Droits de l’homme ; certains opposants au TAFTA feraient bien de méditer cela). Une subvention à Airbus ? On fera condamner l’État français pour entrave à la concurrence. Une aide à un établissement financier en difficulté ? Streng verboten ! Que dire de la Banque publique d’investissement récemment créée ? Sera-t-elle déclarée hors la loi ?

Préférences collectives

Plaisanterie mise à part, aucune règle environnementale, sanitaire et même culturelle ne pourra être opposée à la fluidité de ce grand marché. On mettra des obstacles juridiques à toute préférence économique nationale ou presque, tant dans les législations nationales que dans les marchés publics. La question du gaz de schiste ne pourra pas être ne serait-ce que débattue dans de saines conditions, et aucun principe de laïcité ou autre ne viendra freiner les ambitions commerciales des enseignes avides de prospérer dans les "segments de marché" communautaristes. Quant à l’agriculture française, déjà bien mal en point, elle ne résistera pas longtemps face au gigantisme des exploitations américaines, aux hormones et aux OGM. Alors que l’une des solutions au problème écologique et agricole réside dans le raccourcissement du circuit producteur-consommateur, on veut encore l’élargir et étouffer davantage les petits producteurs. Et il y a fort à parier que les quelques garde-fous envisagés aux chapitres santé et environnement ne seront que des édulcorants destinés à mieux faire passer la pilule dans l’opinion publique.

Utopisme intégral

Alors, quel intérêt pour l’UE ? Comme souvent, il suffit de se demander à qui profite le crime. En l’espèce, d’une part aux multinationales, qui aspirent à maximiser les échanges et leurs profits en s’ouvrant des marchés jusqu’alors impénétrables pour elles, et d’autre part aux oligarques européens, qui vivent de ce système tout en étant persuadés de jouer un rôle historique. Mais il est également possible que l’UE ne se pose même pas la question : toute fuite en avant libérale est bonne pour ceux qui administrent des institutions qu’ils ont créées de toutes pièces. Ces "élites", comme il convient hélas de les appeler, sont de toute façon autant américaines qu’européennes. En d’autres termes, puisqu’il est si difficile de faire les États-Unis d’Europe chers à Monnet, elles se sont résolues à faire les États-Unis en Europe. Le discours prononcé par Victor Hugo lors du Congrès de la paix en 1849 prend à cet égard des accents paradoxalement prophétiques : « un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées » (il ne croyait pas si bien dire) ; « un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les États-Unis d’Amérique, les États-Unis d’Europe, placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu ! » Mais à la place de Dieu, il y a l’argent, et la concurrence a supplanté une fraternité supposée ou autoproclamée. Les grandes utopies naissent dans les discours idéalistes, mais elles finissent dans la réalité de la violence humaine. Tout comme l’UE, cet accord commercial est né des premiers et nous rapproche encore de la seconde.

Pierre Marchand - Action Française 2000

http://www.actionfrancaise.net/craf/?Ve ... e-integral

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 19/07/2015 - 10:35

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 01/09/2015 - 22:12

La plupart des pourfendeurs de « l’ultra-libéralisme » s’attaquent à des chimères

Dans La Nef, Guillaume de Thieulloy aborde à son tour la question du libéralisme :
"Le mot libéralisme est l’un des plus équivoques qui soient. Comme beaucoup de concepts politiques, il est tantôt une insulte, tantôt un drapeau fièrement revendiqué. Mais, comme beaucoup de concepts politiques, aussi, moins il est précis et plus il est efficace !
Tâchons donc d’y voir plus clair,en discernant d’abord plusieurs libéralismes, mais également en mettant en lumière ce que ces divers libéralismes ont de commun. Il nous restera alors à apprécier ces libéralismes au pluriel et le libéralisme au singulier au regard de notre anthropologie chrétienne.
Le Vocabulaire technique et critique de la philosophie de Lalande distingue quatre sens du mot :
– « Doctrine politique suivant laquelle il convient d’augmenter autant que possible l’indépendance du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir exécutif, et de donner aux citoyens le plus de garanties possible contre l’arbitraire du gouvernement. » (A)
– « Doctrine politico-philosophique d’après laquelle l’unanimité religieuse n’est pas une condition nécessaire d’une bonne organisation sociale, et qui réclame pour tous les citoyens la “liberté de pensée”. » (B)
– « Doctrine économique suivant laquelle l’État ne doit exercer ni fonctions industrielles, ni fonctions commerciales, et ne doit pas intervenir dans les relations économiques qui existent entre les individus, les classes ou les nations. » (C)
– « Respect de l’indépendance d’autrui ; tolérance ; confiance dans les heureux effets de la liberté. » (D)
On constate ainsi que « le » libéralisme est une doctrine s’appliquant à des champs extrêmement variés. Mais aussi que le libéralisme n’est pas seulement une doctrine, mais une sorte d’attitude devant la vie. Une telle profusion de sens ne simplifie pas notre tâche !
D’autant que Lalande ne recense pas tous les sens actuellement en circulation. Aujourd’hui, le libéralisme philosophique s’entendrait plutôt comme synonyme de relativisme. Par ailleurs, le libéralisme des mœurs, description polie de la « révolution sexuelle », est totalement absent dans cette énumération. Enfin, signalons qu’être libéral n’est pas simplement être tolérant, comme au sens D, mais signifie encore être généreux, vertu souvent louée par les penseurs médiévaux !
Bref, le libéralisme recouvre des réalités très différentes.Existe-t-il tout de même quelque chose de commun à tous ces libéralismes ? De toute évidence, oui : l’importance attribuée à la liberté. Cette qualité éminente des êtres spirituels(l’homme, l’ange et Dieu) étant impliquée dans la plupart des domaines de l’action humaine, il est assez logique que l’on trouve des libéralismes aussi variés et non moins logique que l’on puisse parler du libéralisme au singulier.
Libéralisme et anthropologie chrétienne. Il nous reste alors la tâche la plus délicate : apprécier ces divers libéralismes au regard de l’anthropologie chrétienne.
Il est assez aisé de disqualifier le libéralisme philosophique: nous croyons que l’esprit humain est capable de reconnaître la vérité et nous rejetons donc le relativisme.
Il est, de même, assez aisé de disqualifier le libéralisme moral: tous les actes humains ne sont pas neutres moralement et il est impossible de bâtir une société fondée sur un tel libéralisme. Si chaque individu se dote de sa propre et arbitraire échelle de valeurs, qui m’empêchera de tuer mon voisin ? Nous n’avons alors pas une société, mais la guerre de tous contre tous. Remarquons, en passant, que même les partisans les plus acharnés de la révolution de 68 ne vont pas jusqu’au bout de leur logique : ils critiquent certes l’idée d’une morale inscrite dans la nature humaine, mais sont bien obligés de vivre comme si certains actes étaient effectivement prohibés par la nature humaine elle-même et ne suggèrent pas, par exemple, la dépénalisation de l’assassinat. De même, les partisans du libéralisme philosophique s’abstiennent de cohérence : il existe toujours des opinions interdites ou taboues.
Restent les libéralismes politique et économique.Léon XIII les condamne nettement, dans son encyclique Libertas (1888) :
« Il en est un grand nombre qui, à l’exemple de Lucifer, de qui est ce mot criminel : Je ne servirai pas, entendent par le nom de liberté ce qui n’est qu’une pure et absurde licence. Tels sont ceux qui […] veulent être appelés Libéraux. […]
« Ce que sont les partisans du Naturalisme et du Rationalisme en philosophie, les fauteurs du Libéralisme le sont dans l’ordre moral et civil, puisqu’ils introduisent dans les mœurs et la pratique de la vie les principes posés par les partisans du Naturalisme. Or, le principe de tout rationalisme, c’est la domination souveraine de la raison humaine, qui, refusant l’obéissance due à la raison divine et éternelle, et prétendant ne relever que d’elle-même, ne se reconnaît qu’elle seule pour principe suprême, source et juge de la vérité. »
Est ici clairement condamné le libéralisme dans l’ordre moral et civil – c’est-à-dire non seulement le libéralisme des mœurs, mais aussi le libéralisme dans l’ordre social, donc en matière politique et économique.
Pourtant, Jean-Paul II, dans Centesimus annus (1991), écrit, pour sa part : « Il semble que, à l'intérieur de chaque pays comme dans les rapports internationaux, le marché libre soit l'instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins. »
Alors, qu’est-ce que l’Église a réellement visé dans sa condamnation constante du libéralisme ?
Pour répondre, examinons d’abord le libéralisme politique. Nous sommes naturellement tous opposés à l’arbitraire du gouvernement, signalé par Lalande (sens A). En revanche, rien ne prouve que la séparation des pouvoirs soit une garantie contre l’arbitraire. Le régime de Saint Louis, aussi éloigné que possible des théories de Montesquieu, était pourtant infiniment moins arbitraire que celui de Robespierre !
Ce qui est critiquable dans le libéralisme politique, c’est principalement l’individualisme.Conscients que l’homme est un animal social, nous, catholiques, refusons de voir dans la société un simple agrégat d’individus.D’où notre refus des « principes de 89 » qui récusent toute communauté entre l’individu et l’État. Poussé à l’extrême, le libéralisme est ainsi, par nature, dissolvant de la société.
La plupart des libertés revendiquées par le libéralisme politique (liberté de la presse, liberté d’expression, liberté d’opinion…), si elles sont orientées au bien commun, ne sont pas, en elles-mêmes, condamnables – ce sont leurs abus qui le sont –, mais ne sont pas non plus des absolus : elles sont subordonnées à la vérité, à l’ordre public et au bien commun.
Libéralisme et libertés économiques.Toutefois, le principal débat actuel concerne le libéralisme économique. Précisons d’abord que, malgré l’apparente synonymie entre les deux concepts,les critiques du libéralisme économique ne visent pas le capitalisme(qui peut être d’État ou privé, monopolistique ou largement répandu dans la société). En tout cas, ce que nous avons dit du libéralisme politique peut s’appliquer, mutatis mutandis, au libéralisme économique. Mais il existe bien d’autres raisons de condamner le libéralisme économique au sens strict, comme le devoir de justice que ne satisfait pas toujours la loi de l’offre et de la demande : ce n’est pas parce que la concurrence sur le « marché du travail » permet de payer un travailleur chinois un dollar par jour qu’il est légitime de le faire. Par ailleurs, contrairement au libéralisme doctrinaire, l’Église n’estime pas que tous les besoins de l’homme puissent être satisfaits par le marché. Et, surtout, l’Église n’estime pas que l’État soit toujours illégitime dans ses actions économiques. Selon le principe de subsidiarité, l’État est légitimé à intervenir dans les affaires économiques quand aucun autre acteur ne peut le faire mieux que lui.
Il faut cependant signaler – et c’est loin d’être anecdotique ! – que la plupart des pourfendeurs de « l’ultra-libéralisme » s’attaquent à des chimères.Il faut beaucoup d’imagination pour croire que la France est actuellement un pays ultra-libéral, comme le disent tant de dirigeants politiques : un pays dont plus de la moitié de la richesse produite est absorbée par la sphère publique est plus proche du communisme que du libéralisme.
Aujourd’hui, le combat prioritaire des catholiques, dans la sphère sociale, me semble être de redonner aux individus et aux communautés des libertés confisquées par l’État. Cette appréciation m’a parfois valu d’être taxé d’ultra-libéralisme, alors qu’au sens strict, refusant l’économisme que le libéralisme partage avec le socialisme, contestant le principe même du relativisme, rejetant l’individualisme, je suis, au sens de Léon XIII, un anti-libéral convaincu. Mais, après tout, peu importent les épithètes. Ce qui compte, c’est de rendre leurs libertés aux Français, notamment leurs libertés économiques et politiques. En rappelant que ces libertés ne sont pas des absolus et doivent se mettre au service du bien commun et de la vérité !"
Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 09/10/2016 - 6:11

Libéralisme, qu’allons-nous faire de toi ?

Philosophie protéiforme à l’origine de nombreux malentendus et incompréhensions, le libéralisme est une notion sur laquelle les souverainistes butent dans la perspective de 2017. En nous appuyant sur la pensée féconde de Guillaume Bernard, les notions viennent naturellement éclairer le flou obscur qui entoure cette question.

Né à la suite du grand chamboulement dans l’histoire des idées politiques que constituent la Renaissance et les notions d’humanisme, le libéralisme apparaît dans l’esprit de philosophes anglais au XVIe siècle — Hobbes, Locke, Burke. Il vient en opposition avec les idées dites classiques qui prévalaient jusqu’ici dans le monde antique puis dans la société chrétienne : ainsi, les corps sociaux comme la société, la famille, la nation sont des manifestations d’un ordre naturel des choses supérieur à l’Homme. Le libéralisme s’inscrit, en effet, dans la vision moderne d’une construction contractualiste de l’ordre social : tous ces corps sociaux cités plus haut ne sont que des abstractions décidées par l’Homme, dont la volonté guide tout, faisant ainsi le lit au développement de l’individualisme.

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 29/10/2016 - 12:14

Au XXIe siècle, le libéralisme est une aberration

CETA, TAFTA, TPP : à travers ces acronymes régulièrement évoqués dans les médias, les citoyens européens découvrent petit à petit qu’un gigantesque projet de marché unique mondial est en gestation à leur insu. Pourquoi ce secret ? Il ne peut y avoir qu’une seule réponse à cette question : parce qu’on ne veut pas leur laisser le choix ni même la possibilité d’en débattre. En Occident, le libéralisme est un dogme absolu sur lequel on ne transige pas. Ah bon, et pourquoi donc ? Car, pourtant, il y aurait de quoi. En effet, après la crise de 2008, il y avait au moins une raison évidente de s’interroger. N’est-ce pas l’étroite interconnexion des économies nationales qui a fait que la crise s’est propagée dans le monde entier à partir d’un foyer unique aux États-Unis ?

Le citoyen ordinaire est enclin, naturellement, à faire confiance aux experts. C’est parfaitement justifié pour les sciences dites dures, beaucoup moins pour les sciences humaines. Je vous livre un exemple vécu. C’était avant le référendum de Maastricht, lors d’une réunion professionnelle à la Banque de France : je tombai sur une brochure du Trésor. Il y était écrit explicitement que l’internationalisation de la dette publique – le fait que des non-résidents se portent de plus en plus acquéreurs de la dette française – était un signe de bonne santé de l’économie française. Cette affirmation était un contresens dangereux : il suffit de comparer la Grèce au Japon pour comprendre qu’une dette externe est une vulnérabilité.

Cet exemple illustre la double tromperie qu’est la liberté de circulation des capitaux. Tromperie parce qu’il était évident, dès le début, que les inconvénients l’emporteraient sur les avantages.

Double parce que deux objectifs non avouables étaient visés. D’abord, je rappellerai que le contrôle des changes n’est pas le gel des capitaux, c’en est juste le contrôle, comme son nom l’indique fort bien. Il y a, effectivement, deux motivations derrière la liberté de circulation des capitaux. La première, c’est l’internationalisation des dettes publiques évoquée plus haut qui, certes, dans un premier temps, a permis le recyclage des pétrodollars, mais qui, au final, a eu raison de la souveraineté monétaire des États-nations. La seconde, nous en sommes les témoins quotidiens, c’est la délocalisation fiscale. Et c’est ça que l’Occident érige en vertu sacrée.Outre les capitaux, la doctrine libérale prône la liberté de circulation des biens, des services et des personnes. Voyons les biens. À l’heure où la question environnementale s’impose comme l’un des principaux défis du XXIe siècle, vendre du porc en provenance de Pologne et, a fortiori, des fraises en provenance de Chine sur les marchés de rue en Bretagne est une anomalie. Pourquoi ? Parce que ne prendre en compte que le seul coût de production, comme on le faisait au XVIIIe siècle, et ignorer les coûts et les risques inhérents au transport, à la fraîcheur du produit et au respect des normes sanitaires est aujourd’hui totalement insuffisant et je n’évoque même pas le coût du chômage induit. Pour les services, j’invite le lecteur à se reporter à la fameuse directive Bolkestein. Reste les personnes. Ce fut tout l’enjeu du Brexit et les Anglais – qui furent les premiers à prôner la doctrine libérale – y ont renoncé. Ils doivent bien avoir une bonne raison.

Source

http://www.voxnr.com/5101/au-xxie-siecl ... aberration

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Re: LE LIVRE NOIR DU LIBÉRALISME

Messagepar Pat » 31/10/2016 - 7:13

L’infection libérale par Georges FELTIN-TRACOL

Voici l’éditorial du n° 54 de Réfléchir & Agir présent en kiosque. Abonnez-vous ! Réabonnez-vous !

Sur son blogue, le 5 juin 2016, Julien Rochedy, ancien directeur du FNJ, aujourd’hui en rupture avec le néo-Front, s’exclame : « Nous sommes donc, désormais, des libéraux » quand bien même son libéralisme serait « post-moderne » et anti-mondialiste. L’économiste et essayiste Hervé Juvin vante dans Le Mur de l’Ouest n’est pas encore tombé les mérites supposés du national-libéralisme. Fin mai 2016 se tenait à l’initiative de Robert Ménard le « Rendez-vous de Béziers » au cours duquel furent adoptées des propositions libérales et identitaires.

Encore à la remorque des libéraux !

Ces trois exemples démontrent que les « droites nationales » n’ont toujours rien compris au combat des idées, qu’il ne faut pas adopter le vocabulaire de l’ennemi et qu’une indécrottable paresse intellectuelle les pousse à approuver la facilité, un libéralisme censé s’opposer à l’étatisme et au socialisme alors qu’il en est le principal fourrier. Les calamités du gouvernement PS n’excusent pas, ni ne justifient ce ralliement stupide aux visions obsolètes d’Adam Smith, de Frédéric Bastiat, de David Ricardo, de Ludwig von Mises, de Friedrich Hayek, de Milton Friedman ou de Murray Rothbard.



On ne peut pas à la fois défendre les identités populaires, exiger le rétablissement des frontières, vouloir contrôler les flux migratoires et célébrer la libre-circulation des capitaux et des marchandises. Système individualiste global aux effets dévastateurs multiples, le libéralisme est incompatible avec la conception communautaire, organique et holiste de notre entre-soi collectif. L’ineffable Thatcher avait bien affirmé un jour que la société n’existe pas…

Indispensable troisième voie

Le refus du libéralisme ne signifie pas admettre le socialisme marxiste et l’étatisme; il suggère au contraire de redécouvrir, d’adopter et de reformuler les théories dites de troisième voie, du justicialisme argentin à l’écologie décroissante, des réflexions les plus pertinentes du christianisme social à la pratique réussie des coopératives ouvrières de production, véritables agents de l’indispensable démondialisation.

En effet, comme le libéralisme, la mondialisation financialiste et marchande n’est pas une fatalité : il revient aux Albo-Européens aidés par les peuples des autres continents à reprendre en main leur destin et de se détourner au plus vite du chant pathétique et dangereux des sirènes du libéralisme.

Georges Feltin-Tracol

http://www.europemaxima.com/linfection- ... in-tracol/

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