Le protectionnisme

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Pat
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Le protectionnisme

Messagepar Pat » 02/03/2009 - 20:31

C'est un sujet extrêmement délicat si l'on sort des dogmes des instances internationales.
Tout est en sous-entendu, hypocrisie, partie de poker-menteur. En période de crise, qu'on le souhaite ou le déplore, le protectionnisme va fatalement se développer dans chaque pays, même si les dirigeants, la main sur le cœur, proclament dans les réunions internationales qu'ils ne le pratiquent pas.
Dans un cadre de libre-échange mondialisé, il y a bien sûr des pays gagnants et des pays perdants. Ces derniers ont donc plus intérêt à pratiquer un certain protectionnisme. La problématique n'est pas un choix entre une absence totale de protectionnisme ou un protectionnisme total coupé de l'extérieur. Tout est dans le dosage, les secteurs que l'on protège ou non dans le but de garantir l'emploi, une industrie qui est la preuve d'un savoir-faire technologique, la nation étant encore une réalité économique et historique.
Le protectionnisme s'appelle aussi parfois patriotisme économique, tout étant une question de terminologie. Pour la gauche, le patriotisme n'est pas loin de nationalisme, donc suspect. « Protectionnisme égale Hitler » pour résumer une certaine pensée imbécile. Quant à la droite libérale, libre-échangiste, mondialiste, l'économie n'a pas de patrie, seuls comptent le profit et la finance.
Les hommes politiques successifs au pouvoir ont voté, appelé à voter tous les transferts de souveraineté et tous les gouvernements, de gauche comme de droite, ont signé les accords qui entérinaient la mondialisation et le libre-échange, ce qui par le fait même anéantissait l'idée de protectionnisme, qu'il soit français ou européen.
Tout ceci n'a pas empêché le protectionnisme de continuer à exister. Tout secteur considéré comme stratégique pour les Etats-Unis doit rester américain. L'Allemagne est très sourcilleuse sur le maintien de son industrie. Quant aux Italiens, ils ont tout fait pour que leurs banques restent nationales. Il y a donc les accords internationaux que l'on signe et ce que l'on fait en pratique.
Nous disons de façon pragmatique que la France a raison de sauvegarder ses grosses entreprises. Pourquoi ? Parce que la France a malheureusement peu de PME et PMI comparée aux autres pays.
Si on ne tenait compte que des mécanismes financiers et de la loi du profit, il n'y aurait plus d'usines en Europe. Si Renault délocalisait toutes ses usines en Inde ou en Roumanie, il multiplierait par deux ou trois ses profits.
Le protectionnisme le plus efficace et accepté par les organismes internationaux est bien sûr la dévaluation de sa monnaie. Les Européens de la zone euro ne peuvent pas le faire, ce qui a été un énorme handicap pour eux. L'Euro n'est pas adapté aux différentes compétitivités nationales. L'Euro dans les faits est un Mark qu'on a appelé Euro.
Certains économistes comme Maurice Allais considèrent que le commerce international doit se faire dans des zones économiques de développement comparable comme l'Europe (non compris les pays de l'Est). Pour lui, et non sans raison, si l'on regarde le bilan actuel, les politiques gouvernementales n'ont fait que sinistrer la France depuis vingt ans et même plus (la première désindustrialisation a eu lieu dans les années 78-85). Dans une période de crise où toutes les règles deviennent plus élastiques, il va de soi que les dirigeants qui veulent se faire réélire vont favoriser leurs concitoyens. D'autres économistes continuent à prôner le refus obstiné de tout protectionnisme. Il faut surtout y voir le refus des financiers de perdre des avantages acquis et la possible perte de rentabilité de leurs actifs financiers.
Dans la mondialisation, marxiste ou pas, il y a incontestablement une lutte des classes pour le partage des liquidités déversées sur la planète. Il fallait être culotté pour traiter de « pieds nickelés » les trois pontes de l'économie que sont Patrick Artus, Elie Cohen et Jean Pisani-Ferry comme l'a fait Emmanuel Todd. Il faut lui reconnaître de n'avoir pas été inhibé par l'argument d'autorité. Des économistes tout aussi éminents il est vrai avaient pris position pour un certain protectionnisme au niveau européen. On s'envoie donc à la figure des mots fleuris comme « pieds nickelés» ou « ligne Maginot », mots d'insultes qui ne font appel ni à la théorie économique, ni à ce qu'on observe et qui est pourtant inquiétant, la disparition de l'industrie en France et en Europe.
« Le pays qui dispose relativement de plus de capital (ou de travail) aura intérêt à produire et exporter le bien qui utilise davantage de capital (ou de travail) ». Ce résultat semble bien obsolète, puisque le capital et le travail sont maintenant très mobiles. On voit donc à quel point toute la théorie sur laquelle se fonde le libre-échange est faible. Les économistes comme les scientifiques ont tendance à «objectiver» la théorie économique, c'est-à-dire croire que la « réalité» découle de la théorie.
Pour les partisans du protectionnisme « raisonnable» il existe aussi des résultats théoriques comme le théorème de Stolper-Samuelson et celui du tarif optimal qui globalement énoncent que les pays ont intérêt à se regrouper en zones assez importantes pour peser sur le marché mondial et à conserver une «certaine» protection douanière que l'on pourrait qualifier d'optimale.
Voilà pour ceux qui veulent absolument des justifications théoriques à leurs idées ou opinions. De tout ceci, on peut quand même dire que les partisans du libre-échange ont gagné la partie. Pour eux, le commerce bénéficie non par ses exportations (ce qui revient à travailler pour les autres) mais par les importations. Pour les libre-échangistes, consommons donc à tout-va les importations. Cela sert l'intérêt général.
On savait déjà que les multinationales faisaient peu de cas des intérêts nationaux mais maintenant, c'est aussi vrai pour les PME qui ont de plus en plus souvent intérêts à délocaliser. Jusqu'à quel point un pays (ou l'Europe) peut-il laisser son industrie (et ses services) disparaître ?
Les « pieds nickelés » ont dit : « pas de protectionnisme pour l'Europe », mais il existe pour les autres. La politique de change que pratiquent les Etats-Unis et la Chine est sans doute la forme de protectionnisme la plus efficace avec un dollar et un yuan faibles. L'Etat chinois aide massivement ses entreprises ce qui n'empêche nullement Bruxelles de commercer avec et Bruxelles ne distribue pas d'amendes à la Chine à la différence des pays européens. Avec l'Euro fort qui profite surtout aux retraités, l'Europe s'est tiré une balle dans le pied.
En conclusion, nous dirons que la France pour le maintien de son industrie et de ses emplois à intérêt à une forme de protectionnisme raisonné en attendant que les pays émergents se développent de façon autocentrée comme notre pays pendant les trente glorieuses. Il faut réaliser un protectionnisme gradué, c'est-à-dire pratiquer le libre-échange avec les pays au développement économique comparable, ce qui évitera toute rétorsion et faire au coup par coup avec des pays comme la Chine. Il faut aussi profiter de la crise pour mettre de côté les directives mortifères de Bruxelles qui semble dépassée par les événements.
Ce mode d'emploi sera sans doute celui de la plupart des pays.
Patrice GROS-SUAUDEAU STATISTICIEN-ECONOMISTE février 2009
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Chris84
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Re: Le protectionnisme

Messagepar Chris84 » 07/03/2009 - 9:23

C'est du protectionnisme çà ? :scratch:

CAISSE D'ÉPARGNE-BANQUE POPULAIRE
Un patron désigné par l'Élysée?

Ce n'est pour l'instant qu'une hypothèse. Mais avant même toute confirmation, la possible nomination du secrétaire général adjoint de l'Elysée François Pérol à la tête du futur groupe bancaire Caisse d'épargne-Banque populaire faisait polémique hier, au point d'éclipser les enjeux économiques d'une telle fusion.
Et s'il y a débat, ce n'est pas parce que l'homme serait incompétent. Agé de 45 ans, cet adepte du libéralisme a le curiculum vitae qu'il faut pour occuper la fonction: HEC, Sciences-Po Paris, ENA (major de sa promotion), inspection des Finances, il a notamment été associé gérant à la banque Rothschild.
François Pérol a négocié la fusion

En fait si des critiques ont fusé, c'est surtout à cause du parcours politique de François Pérol et de son poste actuel: secrétaire général adjoint de l'Elysée. Une position qui l'a amenée à participer au processus de fusion entre la Caisse d'épargne et la Banque populaire piloté par l'État (qui en outre devrait prendre part au capital de la nouvelle entité). C'est ainsi qu'il "a joué un rôle actif" dans le dossier, "jusqu'à convoquer jeudi dernier les dirigeants des deux entités dans son bureau", comme l'a souligné François Bayrou qui a dénoncé un manque de déontologie. "Tous les textes, à la fois de déontologie et du code pénal, indiquent qu'il est interdit à une personne ayant exercé l'autorité publique sur une entreprise privée, qu'elle soit fonctionnaire ou agent temporaire, d'exercer quelque fonction que ce soit dans cette entreprise avant un délai de trois ans révolus" a-t-il ajouté. Même colère à gauche, le porte-parole Benoît Hamon y voyant une "stratégie" de Nicolas Sarkozy pour "asseoir une partie de son influence dans les milieux économiques". Enfin, dans les rangs de l'UMP, la perspective de cette nomination provoque quelques remous. "On renoue là avec une vieille habitude de rapports incestueux entre la haute administration et les grandes entreprises qui était plutôt en régression ces dernières années" a ainsi déploré le villepiniste François Goulard. Paradoxalement, c'est finalement le socialiste Jean-Louis Bianco qui est venu au secours de François Pérol: "Dans la vie, on peut être politique et on peut être homme d'entreprise".
Sentant toutefois la polémique prendre de l'ampleur, le gouvernement a tenu hier à désamorcer la polémique, le porte-parole Luc Chatel rappelant qu'une "commission de déontologie se réunirait et émettrait un avis". Et d'insister: "Naturellement que le gouvernement respectera cet avis".

Sous le regard de l'Etat...

Les détails ne seront dévoilés que jeudi. Mais dans la fusion entre Caisse d'Epargne et Banque Populaire, un troisième intervenant apparaît déjà: l'État. Après avoir injecté 2 milliards d'euros dans les deux groupes, il devrait ainsi remettre au pot à hauteur de 2,5 à 6 milliards. Un apport qui permettrait d'assurer l'avenir de Natixis, filiale commune. En outre, cet apport se faisant en titres convertibles en actions, l'Etat pourrait laisser planer la menace d'une entrée au capital en tant qu'actionnaire de plein droit.
Mais État ou pas, reste une question: l'emploi au sein d'un groupe de près de 100 000 salariés. "Il va y avoir de sérieuses conséquences sociales" s'inquiètait hier la CFDT-banques.


http://www.ledauphine.com/caisse-d-epar ... cle=103192
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Re: Le protectionnisme

Messagepar JCL31 » 19/03/2009 - 22:35

Oui Pat !!
C'est du protectionnisme d'intérêts personnels.
Une activité que pratique à merveille "Sir Cozy" depuis qu'il est au château...... c'est un homme qui rend service à ceux qui lui rendent services.
Tu vois !!
Nous, nous sommes pour un protectionnisme d'intérêt général et national, lui c'est plus réduit, il se confine à son cercle maçonnique !!!
Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses.
La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère
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Re: Le protectionnisme

Messagepar Pat » 21/04/2009 - 19:34

Protectionnisme : quelques réflexions
Posté par jeromemoreno : le 17 avril 2009
Par Richard Jacob Le faible écho de la presse française, suite au G20, valide le fait que les prémices de solutions des niches fiscales ont suffit pour faire leur papier ; hors, l’essentiel de ce G20, était bien les négociations de politiques nationales, en matière de protectionnisme. Le Pen était l’invité moral du G20, car il est [...]
Le faible écho de la presse française, suite au G20, valide le fait que les prémices de solutions des niches fiscales ont suffit pour faire leur papier ; hors, l’essentiel de ce G20, était bien les négociations de politiques nationales, en matière de protectionnisme.

Le Pen était l’invité moral du G20, car il est le seul à proposer le protectionnisme comme la toute première décision efficace, contre l’évasion sociale, suite aux délocalisations industrielles, et l’évasion fiscale, dans les paradis fiscaux. Paradis fiscaux, dont le tout premier se trouve à Bruxelles, siège de la Communauté européenne !

Les États vont emprunter à des niveaux sans précédent, pour renflouer et stabiliser leurs propres économies, mais ces emprunts vont créer rapidement des inquiétudes sur les capacités respectives de remboursement, et les États ne pourront plus emprunter. Ce sera une nouvelle crise liée à une perte de confiance, découlant de l’endettement des États. Dans les années 80, le dérèglement des marchés financiers au profit du capital, et au détriment du travail, est le résultat du ralentissement de la croissance,car pouvoir gagner plus en actions, c’est mettre la pression sur les salaires.

Les fonds de pensions ont pris pied dans les principales entreprises, en exigeant un maximum de rentabilité, alors que le capitalisme régulé des 30 meilleures années (de 1945 à 1975), était basé sur les salaires.

De G20 en G20, le diagnostic sera complexe, comment régler en priorité les créances douteuses, qui va payer ?

Comment réduire l’emprise de la finance par le retour du contrôle des États sur les marchés financiers ?

Comment éviter les délocalisations qui ont permis des gains financiers dégagés par la baisse de salaires, et des coûts de productions plus avantageux ?

Comment les États devront-ils expliquer les solutions de protectionnisme, sans le dire !

Les États ne sont-ils pas intervenus individuellement pour sauver leurs banques ?

La crise d’aujourd’hui, démontre en priorité, que les États-Unis n’ont plus le pouvoir de décider seuls pour l’ensemble de la planète. L’équipe OBAMA sera rapidement empêtrée dans ses contradictions, les États-Unis appliquent une politique forte de protectionnisme, tout en disant aux autres de ne pas le faire !

Le protectionnisme, c’est aussi le retour de l’État sur l’économie, l’État qui devra investir dans des entreprises capables de combattre les délocalisations, pour sauvegarder nos emplois industriels.

L’argent public devra également être utilisé pour compenser les problèmes sociaux, sinon, c’est le retour de l’idéologie de la lutte des classes.

Cette crise demande à l’Europe une autre conception du pouvoir, avec un véritable débat d’orientation axé sur le devenir industriel Européen, pour conserver nos emplois,et lutter contre les accidents cardiovasculaires industriels.

Les eurodéputés Front National, auront à cœur de défendre nos emplois, les Français savent produire aussi bien que les autres, donnons leur les moyens de conserver leur travail et leur savoir faire.

Soyons tous optimistes, votons pour les listes Front National, tout n’est pas perdu si le bon sens revient aux affaires

Richard Jacob, conseiller municipal FN d’Auxerre
http://www.nationspresse.info/
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Re: Le protectionnisme

Messagepar Pat » 13/06/2009 - 16:12

Deux et deux ne font pas cinq, et le protectionnisme n’est pas l’isolationnisme

Il existe, nous dit un certain Sigmund Freud, deux sortes de gens qui croient ou soutiennent que, quelque part deux et deux font cinq, selon que ça les arrange bien ou que ça les dérange, peu ou prou. Mais les uns et les autres ignorent ou feignent d’ignorer qu’existent d’autres gens qui savent que deux et deux font quatre, de sorte que, de leur point de vue, le monde se divise entre ceux qui sont d’accord avec les conclusions qu’ils en tirent et les autres, lesquels sont forcément, disent-ils, contre eux. Cela relève de ce que l’on appelle la pensée binaire, et je dirai ici que la Pensée unique est fille de la pensée binaire.

Je m’explique : l’expression "Pensée unique" désigne la voix de son maître dans les mass média ; la pensée binaire est une propension des paresseux comme celle des orgueilleux à traiter la complexité. Elles ne sont donc pas de la même génération. La pensée binaire n’est pas sans un lointain rapport avec le "rasoir d’Occam", mais c’est un autre sujet. Joseph Joubert a écrit : " C’est l’orgueil qui fait le sophiste, la bonne foi fait le savant. " Et André Comte-Sponville : " La simplicité est le contraire de la mauvaise foi ". Muni de ces deux certitudes, On vérifiera aisément que les esprits simple ne sont pas savants ; les savants ne sont pas sophistes ; les sophistes ne sont pas simples.
Thomas Friedman faisait une belle démonstration de pensée binaire, quand il écrivait dans le New York Times du 18 septembre 2003 : " Il est temps que les Américains se rendent à l’évidence : la France n’est pas seulement un allié embarrassant. Pas seulement un rival jaloux. La France est en train de devenir l’ennemi de l’Amérique. ". Depuis, Nicolas Sarkozy est devenu président, et la France est re-devenue amie de l"Amérique.
Autre exemple : pour les libre-échangistes l’isolationnisme et le protectionnisme, c’est du pareil au même. "Prétendre que le protectionnisme aurait été la cause de la seconde guerre mondiale, il faut une profonde méconnaissance du nazisme et du fascisme, ou une immense mauvaise foi". (Jacques Sapir : ignorants ou faussaires).
Une des idées force des mondialistes, empruntée à Thomas Friedman est que "Chaque pays doit sacrifier une partie de sa souveraineté au bénéfice d’institutions internationales (telles que les marchés financiers et les multinationales) dans le but de parvenir à la prospérité économique de la Civilisation occidentale". Il nomme ces contraintes " La camisole dorée " (Golden Straitjacket en anglais). C’est dans cette ligne de pensée qu’il a écrit : "la guerre froide étant finie, le fossé n’est plus entre les faucons et les colombes mais entre les intégrationnistes et les anti-intégrationnistes."
Ce qui signifie, nous dit Noam Chomsky, "un fossé entre, d’un côté ceux qui sont favorables à davantage de mondialisation et de (ce qu’ils appellent) " libre-échange " (qui n’en est bien sûr pas un), et de l’autre ceux qui veulent le freiner voire y mettre fin". C’est là le premier fossé, et Chomsky ajoute : "Le second sépare ceux qui sont pour un filet de protection sociale et ceux qui pensent que tout le monde devrait " se débrouiller tout seul " et chercher à " grappiller tout ce qu’il est possible de grappiller "… (Propagande & contrôle de l’esprit public)
Ce premier fossé, celui dont parle Friedman entre les mondialistes et les autres, existe bel et bien. N’est-ce pas GW Bush, qui disait :"nous faisons la réalité" ? C’est le drame de la social démocratie, mais aussi de tous ceux qui nous proposent le beurre et l’argent du beurre, je veux parler d’Europe écologie. Car si l’on exclut les libéraux purs et durs, ceux qui pensent que tout le monde devrait " se débrouiller tout seul ", comment la Social démocratie ou Europe Ecologie pourraient-ils s’y prendre pour résister à la barbarie néolibérale autrement que par des institutions fortes et une démocratie véritable ?
On est là de toute évidence dans une impasse oxymorique (pardon pour le barbarisme !), puisque des institutions fortes et autonomes sont antinomiques de mondialisation libérale synonyme nous dit Chomsky, d’impérialisme. "On ne souligne quasiment jamais que l’expression " communauté internationale " est classiquement utilisée pour désigner Washington et tous ceux qui en viennent à s’aligner avec elle, pas seulement sur cette question, mais d’une manière assez générale" ?
Et comment peut-on, à l’instar de Friedman, appeler "camisole dorée" les mensonges et les pratiques terroristes auxquels les marchés financiers autant que les multinationales soumettent les institutions démocratiques.
Pour finir, je laisserai ici s’exprimer J. Sapir : "Le protectionnisme n’est pas une panacée — il n’en est aucune en économie —, mais une condition nécessaire.
Son but doit être clairement précisé. Il ne s’agit pas d’accroître encore les profits mais de préserver et d’étendre les acquis sociaux et écologiques. Il s’agit donc de pénaliser non pas tous les pays pratiquant les bas salaires, mais ceux dont la productivité converge vers nos niveaux et qui ne mettent pas en place des politiques sociales et écologiques également convergentes. Bref d’empêcher le commerce mondial de tirer tout le monde vers le bas.
La combinaison du libre-échange et de la rigidité monétaire de l’euro rend nécessaire, du point de vue des entrepreneurs, l’immigration clandestine. Le sans-papiers n’est pas couvert par le droit social existant. L’immigration devient alors l’équivalent d’une dévaluation de fait et d’un démantèlement des droits sociaux face à la pression de la concurrence importée".

Exemples récents de croyances que deux et deux font cinq :
"Nicolas Sarkozy croit que plus la société va mal et moins le risque social est grand" (D. De Villepin, FI 18/12/08)
"Pour enrayer la xénophobie, le mieux serait encore d’augmenter et non de vouloir réduire le nombre d’étrangers ". (Cohn Bendit " Xénophobies " )
"L’indépendance d’un expert est le gage de son incompétence : voilà le credo des industriels de la santé repris en chœur par les pouvoirs publics." ("Les médicamenteurs" Arte 9/6/9)

Thomas Friedman : New York Times du 18 septembre 2003 http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Friedman
Chomsky : Propagande & contrôle de l’esprit public : http://revueagone.revues.org/index98.html
Jacques Sapir : Igorants ou faussaires : http://www.monde-diplomatique.fr/2009/03/SAPIR/16883
Jacques Sapir : Le retour du protectionnisme et la fureur de ses ennemis : http://www.monde-diplomatique.fr/2009/03/SAPIR/16882)
http://www.agoravox.fr/
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.


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