Analyse économique : malgré une baisse de sa production quotidienne, l’OPEP est incapable d’enrayer la chute des prix du pétrole
Posté par jeromemoreno 25 octobre, 2008
En 2006 les réserves mondiales de pétrole représentaient 1292,55 milliards de barils
Alors que la crise financière s’empare actuellement de toute la planète, la stabilisation des prix du pétrole s’avère de plus en plus difficile par le seul biais de la réduction de la production de l’Organisation de pays exportateurs de pétrole (OPEP), ont estimé des analystes.
1) Recul des prix du pétrole après l’abaissement de la production
Vendredi, l’OPEP a annoncé sa décision de réduire sa production journalière de 1,5 million de barils. Au lieu de doper les cours sur le marché international, la démarche a fait tomber les prix à leur plus bas niveau depuis 17 mois.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a baissé à 61,08 dollars, au même niveau qu’en mars 2007, tandis que sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de “light sweet crude” pour livraison en décembre a reculé à 63,05 dollars, le plus bas niveau depuis mai 2007.
Le 11 juillet dernier, les cours du brut ont enregistré un record à 147,27 dollars le baril, avant de connaître une chute libre par la suite.
Durant les trois derniers mois, les prix du pétrole ont plongé sur le marché international, ce que l’on peut expliquer en partie par la tourmente financière à travers le monde.
Sur fond de crise financière, l’OPEP qui représente 40 % de la production mondiale, a avancé au 24 octobre sa réunion extraordinaire prévue pour le mois de novembre, afin de débattre la réduction de la production.
2) l’OPEP pourrait envisager une nouvelle réduction
A l’issue des délibérations vendredi, l’OPEP a décidé de superviser le marché international avant de déterminer s’il fallait des actions supplémentaires.
“Il exsiste une offre excédentaire sur le marché international”, a fait savoir le ministre algérien de l’Energie, Chekib Khelil, qui a présidé la conférence du cartel.
Aux dires de M. Khelil, l’OPEP compte organiser une réunion en décembre prochain pour réviser l’offre du brut en vue d’évaluer la nécessité de procéder à une nouvelle réduction.
D’après des observateurs, l’OPEP pourrait entamer un autre cycle de réduction de sa production afin d’enrayer le plongeon des cours du brut.
“Nous estimons que cette semaine devrait marquer le début d’un nouveau cycle de réduction de quota de l’OPEP et que cela se poursuivrait jusqu’en 2009″, a déclaré Michael Lewis, analyste de Deutsche Bank.
Ces dix dernières années, l’OPEP a entrepris trois réductions majeures en 1998, 2001 et 2006, mais aucune d’entre elles n’a abouti à un sursaut immédiat des prix.
Outre les rapports entre l’offre et la demande, la spéculation sur le marché énergétique constitue un autre élément important sur l’évolution des prix, a noté M. Khelil.
Pour sa part, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’est opposée à la décision de réduction de l’OPEP.
“Ce n’est pas une décision utile car les marchés sont très tendus”, a fait remarquer Eduardo Lopez, un analyste de la division du marché pétrolier de l’AIE.
3) l’OPEP perplexe
En ce qui concerne la réduction de la production, l’OPEP fait face à un dilemme à la fois en son sein et à l’extérieur.
La communauté internationale appelle à un prix raisonnable de l’or noir afin de répondre à une récession économique découlant de la crise financière planétaire.
En fait, les investisseurs sont de plus en plus pessimistes à l’égard de l’économie du monde.
Les bourses en Europe et en Asie ont accusé une dégringolade vendredi, sous l’impulsion de la chute de 10% du Nikkei (Japon) et celle de 5% du DAX (Allemagne).
L’Allemagne, locomotive économique de l’Europe, a abaissé les perspectives de sa croissance économique en 2009 à 0,2%, contre 1,4%.
Au début de mois, des instituts de recherche économique du pays ont averti que l’Allemagne se trouvait “au bord d’une récession” suite à la crise financière mondiale.
Le mois dernier, la demande du pétrole aux Etats-Unis, premier pays consommateur de brut, a décliné à son plus bas niveau depuis cinq ans, soit 18,6 millions de barils par jour.
De son côté, le Premier ministre britannique Gordon Brown a jugé que la réduction de l’OPEP est une décision “erronée pour l’économie du monde” et “absolument scandaleuse” dans la conjoncture actuelle.
Au sein de l’OPEP, les membres sont même divisés sur la réduction, chacun ayant sa propre arrière-pensée sur la fixation de prix.
En tant que premier pays exportateur du brut au monde, l’Arabie Saoudite, dont le coût de production est considéré comme étant le plus réduit parmi les membres du cartel, est largement censée pouvoir supporter la fluctuation des prix entre 55 et 65 dollars, sans porter atteinte à son budget.
Pourtant, d’autres membres du cartel moins riches que l’Arabie saoudite réclament plutôt des prix plus élevés pour appuyer leur budget.
Le Nigeria a préconisé un prix de 80 dollars le baril, le Qatar a préféré fixer une fourchette entre 70 et 90 dollars, tandis que l’Iran a souhaité un niveau au-dessous de 90 dollars.
Source http://www.nationspresse.info/
l’OPEP est incapable d’enrayer la chute des prix du pétrole
Re: l’OPEP est incapable d’enrayer la chute des prix du pétrole
C'est quand même mieux pour nous, simples consommateurs, que le prix redevienne raisonnable non ?
Je préfère ça plutôt que d'engraisser une poignée d'émirs ou autres spéculateurs à l'autre bout de la planète...
Ca nous donne une éphémère bouffée d'oxygène, avant de se faire réasphyxier dans quelques temps (car ils trouveront bien un moyen de réaugmenter les prix...).
Je préfère ça plutôt que d'engraisser une poignée d'émirs ou autres spéculateurs à l'autre bout de la planète...
Ca nous donne une éphémère bouffée d'oxygène, avant de se faire réasphyxier dans quelques temps (car ils trouveront bien un moyen de réaugmenter les prix...).
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Re: l’OPEP est incapable d’enrayer la chute des prix du pétrole
L'OPEP va tenter d'éviter une chute du baril de pétrole sous 50 dollars
Tiens donc quel revirement de situation!!!
Tout s'est conjugué, ces derniers mois, pour entraîner un recul de la consommation : l'envolée des prix des carburants à la pompe, qui a poussé les automobilistes à moins rouler ; le retrait des opérateurs qui se sont délestés de leurs "barils papiers" ; la forte baisse de l'activité économique.
Maintenant que le prix du baril baisse qu'attendent-ils pour baisser le carburant à la pompe???
>>>L'article
Re: l’OPEP est incapable d’enrayer la chute des prix du pétrole
De toute façon, tout est lié. Baisse du pouvoir d'achat = baisse de la consommation = baisse de la consommation de produits pétroliers.
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