Pour en finir avec les délocalisations

Un chef-d'oeuvre bimillénaire en péril.
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Pat
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Pour en finir avec les délocalisations

Messagepar Pat » 15/03/2008 - 17:55

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Hewlett Packard est le dernier cas emblématique de ces entreprises qui délocalisent leur activité à l'étranger, fuyant ce "modèle social" français loué par Villepin, qui détruit plus d'emplois qu'il n'en crée. Fruit vénéneux de la mondialisation, les délocalisations sont-elles pour autant une fatalité ou l'expression circonstancielle mais corrigeable d'une économie passée sous le dogme de l 'ultralibéralisme ?

Trois questions à Thibault de la Thocnaye
Secrétaire national aux études et aux argumentaires.


FDA: selon une étude réalisée par le groupe britannique des services immobiliers, 17 % des entreprises implantées en Europe envisagent de délocaliser leurs activités d'ici à deux ans dans les pays d'Europe centrale. Est-on face à un phénomène temporaire ou face à un mouvement de masse?

Thibault de la Tocnaye :
On est au tout début d'un phénomène de fond qui est appelé à devenir planétaire. Les délocalisations sont à l'origine de plusieurs dizaines de milliers d'emplois perdus en France et de plusieurs centaines de milliers aux États-Unis. Ce chiffre de 17 % est parfaitement crédible. Il faut avoir à l'esprit qu'aujourd'hui tout pousse aux délocalisations : les faiblesses structurelles de la France alliées à un climat de dumping social international et à un capitalisme qui exige une rentabilité à court terme entraînant la fuite des capitaux aussi bien que des cerveaux.


Dans l'affaire Hewlett Packard, on met en avant le taux d'imposition des sociétés ou de l'ISF pour expliquer la délocalisation de l'activité de cette multinationale en Suisse. Est-ce un argument recevable qui nécessiterait une réforme de la fiscalité française?

Thibault de la Tocnaye:
C'est assurément une des faiblesses françaises. Dans certains cas, l'ISF peut être un facteur de délocalisations. Dans les hautes tranches de l'ISF, on est taxé à 1,8 %. Un taux trop élevé qui démobilise les investisseurs, entraîne une délocalisation des capitaux et par conséquences une délocalisation de l'activité. Il faut y ajouter une taxe professionnelle élevée, le réglementarisme excessif du droit du travail, les 35 heures, les grèves répétitives, les charges sociales qui sont pour les entreprises en France les plus importantes d'Europe.


Justement, face à ces causes structurelles inhérentes au modèle ultralibéral, le protectionnisme raisonné tel qu'il est défendu par le Front National peut-il être un moyen de freiner ce phénomène de délocalisations?

Thibault de la Tocnaye:
C'est la dérive même du capitalisme qui favorise les délocalisations. Il faut remettre en cause non pas le capitalisme mais le réformer. Le capitalisme d'aujourd'hui est un capitalisme de finance or la finance doit être au service de la production, qu'elle soit industrielle, agricole ou commerciale et non l'inverse.De même la Bourse qui est le temple de la finance doit être au service de l'industrie et de la production et non l'inverse comme c'est le cas aujourd'hui. Concrètement, il faut mettre en place un nouveau protectionnisme tout comme il est nécessaire de revoir le fonctionnement de circulation des capitaux avec prise d'action et cession d'actions. De plus en plus les capitaux sont détenus par des instituts financiers qui ont des objectifs de rentabilité à court terme et élevés. Ce qui ne peut que favoriser les délocalisations dans des pays en voie de développement au coût de production faible.

Propos recueillis par Eric Domard : Français d'Abord ! novembre 2005 •
Délocalisations: ce n'est pas une fatalité!

le 21 mai 2005, en pleine campagne référendaire sur le projet de Constitution européenne, le Conseil scientifique du FN présidé par Hugues Petit organisait un colloque sur le thème "la France face aux délocalisations". Face à ce drame national, le Front National a souhaité ouvrir un large débat regroupant des cadres du FN, des professionnels et des personnalités extérieures. De ce phénomène disséqué et analysé à la pointe des dernières évolutions socio-économiques, le Conseil scientifique s'est attaché à proposer plusieurs solutions concrètes susceptibles de répondre ou défi des dé localisations. Pour éclairer le plus grand nombre de Français face à ce drame national, les actes de ce colloque font aujourd'hui l'objet d'un ouvrage collectif qui est un des premiers à aborder la quesfjon de manière aussi claire et aussi complète.
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"Délocalisatians: ce n'est pas une fatalité!"
Éditions Godefroy de Bouillon, 21 euros (frais de port indus).
Commande directe à FDA, BP 290 -
92212 Saint· Cloud Cedex (chèque à l'ordre de D.L.P.)
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Messagepar Pat » 27/03/2008 - 19:39

Délocalisations minimisées par l'INSEE

• En haut lieu, les protestations contre les délocalisations d'emplois, renforçant le chômage français, agacent prodigieusement. L'INSEE est donc incitée à agir médiatiquement sur l'opinion à ce sujet. Un document de travail de cet organisme statistique public vient d'établir qu'entre 1995 et 2001 le nombre d'emplois perdus chaque année ne s'élèverait qu'à 13 500 par an, et que le phénomène concernerait surtout les grands groupes multinationaux, bien plus que les PME/PMI. Donc, une affaire « limitée ». Cependant, l'étude n'inclut pas les emplois créés directement hors de France par les sociétés domiciliées dans notre pays, alors qu'ils auraient pu l'être chez nous, pas plus qu'elle ne tient compte des emplois supprimés du fait des produits fabriqués par des entreprises délocalisées et importés en France. On atteindrait de la sorte plus du quadruple du nombre annuel signalé par l'INSEE.

National Hebdo du 14 au 20 juillet 2005
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Messagepar Pat » 29/03/2008 - 11:04

BORLOO S'ECRASE

L'an dernier, le gouvernement demandait au cabinet Altedia d'établir un rapport de «terrain» sur les délocalisations. En janvier, ce document était remis à Jean-louis 80r100, le sémillant ministre du Social. Qui s'est empressé de l'enterrer ...
Des fuites ayant eu lieu, les conclusions les moins inquiétantes du rapport étaient publiées, dans leurs très grandes lignes, fin avril par les médias. Il a fallu attendre août pour que l'on en sache un peu plus long. Mais le rapport Altedia n'est toujours pas public dans son intégralité. Parce que les éléments qu'il établit se révèle« décapants et politiquement incorrects », comme le note la presse financière.

De plus en plus nombreuses

Le rapport gardé sous le boisseau de Borloo se base sur une quarantaine de cas concrets.
Il relève tout d'abord que les délocalisations touchent un nombre toujours plus grand de secteurs et de fonctions, et que les entreprises de toutes tailles sont concernées.
Et un autre constat est tout aussi dérangeant : ce sont les contraintes de toutes sortes que subissent les entreprises dans leur environnement qui poussent au départ, encore plus que les problèmes financiers. L'intervention perpétuelle des services de l'Etat, la législation de plus en plus complexe et paralysante, sont devenues de moins en moins supportables. La multiplication et l'instabilité législative sont très mal vécues. Le poids de la fiscalité s' enchevêtre avec le casse-tête qu'elle représente en elle-même (taxe professionnelle, etc.). En ce qui concerne les salariés, un phénomène nouveau et grave vient d'apparaître. Il touche à la qualité de la main d'œuvre. Il est de règle dans les discours ministériels d'insister, de manière à faire oublier le reste, sur l'excellence du travail français. Les applaudissements sont garantis. Seulement la compétence de nos salariés se heurte aux progrès des pays du Tiers Monde, zone d'appel des délocalisations. « Il y a quarante ans, la qualité de la main d'œuvre française était irréprochable : mais aujourd'hui, elle est en baisse. En Tunisie, nous rencontrons le contexte de la France d'il y a quarante ans: la main d' œuvre est de qualité, flexible, polyvalente et volontaire. »
Nombreux sont les témoignages de ce type de patrons, mentionnant bien d'autres pays. Certains vont jusqu'à affirmer que l'on trouve des usines chinoises nettement moins archaïques, du point de vue social, que nombre de PME de chez nous ! La motivation au travail des salariés français serait beaucoup plus faible que celles des Espagnols ou des pays de l'Est, par exemple. Et ainsi de suite.

Les méthodes des hypermarchés font tache d'huile


La grande distribution est mise au pilori pour sa politique d'achat, forçant les fournisseurs à diminuer leurs prix en permanence, en dépit de leurs coûts. D'innombrables délocalisations en ont résulté. Les méthodes des hypermarchés s'étendent maintenant aux télécommunications, à l' automobile, à l'énergie; Le neè plus ultra consiste en ce moment dans les «enchères inversées» sur Internet, qui font triompher les prix les plus bas, possibles seulement par le départ au loin.
Un unique bémol s'entend: « Les bénéfices réels (des délocalisations) sont souvent inférieurs à ceux qui avaient été estimés.»Cela ne suffira pas à stopper l'exportation des emplois. Le premier ministre Villepin déclarait en juin qu'il y avait nécessité de supprimer les aides aux entreprises qui quittent la France. A ce jour, rien n'a été fait.

Alexandre MARTIN National Hebdo du 10 au 16 février 2005
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Messagepar Christophe74 » 29/03/2008 - 11:48

Existe t il des statistiques sur le nombre d'emplois délocalisés en France ? Et de même, le nombre d'emplois créés par des entreprises qui se délocalisent... vers la France ?

On va rigoler ! :lol: :lol: :lol: :lol:
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Je suis un traitre parmi les traitres

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Messagepar Suitengu » 29/03/2008 - 12:40

Pour contrer tout ça, il faut redevelopper ce qui est parti ailleurs, grâce aux PME. Et il faut vouloir une chose a tout prix: ne pas être avide de bénéfices plus élevées qu'ils n'en faut.
Seuls des nationalistes peuvent le faire a mon avis car eux-seuls ont la foi et l'honnête de réaliser cela.
La France n'a pratiquement pas de technologie de pointe.
Préférence nationale....Faut pas attendre qu'un vrai président apparaisse, on en a encore pour 5 ans avec l'affreux nabot, il faut préparer le terrain.

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Messagepar Lyllopop » 29/03/2008 - 13:35

il faut surtout arrêter de taxer à tout va !!! Ya que comme ca qu'on attire les industriels !
"Le Monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien dire" Einstein, cité par Marine Le Pen in "A Contre Flots"

Casse toi pov' con ! Image

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Messagepar Pat » 29/03/2008 - 13:49

Il faut se débarrasser du carcan de la commission européenne et aider nos entreprises financièrement en entrant dans leur capital ne serait-ce que de façon provisoire.
Rétablir le Franc pour en dévaluant les rendre plus compétitives et en diminuant les taxes sur le pétrole pour ne pas pénaliser les consommateurs.
Instaurer des taxes douanières pour les pays qui pratique le dumping social.
Soulager financièrement les français en faisant participer financièrement les travailleurs immigrés pour commencer en limitant légalement les sommes qu'ils envoient au pays. etc...........
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Messagepar supergaulois » 29/03/2008 - 19:33

Lyllopop a écrit :il faut surtout arrêter de taxer à tout va !!! Ya que comme ca qu'on attire les industriels !


probleme les cpf apres tu les finances comment ? :vomil:

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Suitengu
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Messagepar Suitengu » 30/03/2008 - 2:07

Oui, surtout supprimer ces taxes abusives comme la TVA. Ou du moins la baisser considérablement et surtout arrêter de donner a ceux qui viennent que pour ça,>>>CPF.

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Re: Pour en finir avec les délocalisations

Messagepar Pat » 08/03/2010 - 6:54

Délocalisations, tous responsables (ou presque !)

Délocalisation, développement des pays pauvres, intérêt des citoyens et des consommateurs sont des sujets galvaudés. Qu’est-ce qu’une délocalisation ? Dans quels cas une délocalisation est-elle acceptable ? Que faire lorsqu’elle ne l’est pas ? Nous avons en fait le choix, du moins si on nous aide un peu.

Qu’est-ce qu’une délocalisation ?
Délocaliser c’est déplacer une activité industrielle, artisanale ou de service local vers un autre pays en remplacement partiel ou complet de cette activité.

Les neuf évidences des délocalisations
Première évidence : les délocalisations ne concernent pas que l’industrie mais également les services. Ainsi nous avons vu la majorité des centres d’appels basculer progressivement vers des pays étrangers. Evolution possible grâce aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) et à leurs coûts de plus en plus bas. Avant la délocalisation des centres d’appels, quelques initiatives de secrétariat à distance ont été menées.

Deuxième évidence : Les délocalisations ne concernent pas uniquement les activités à faible valeur ajoutée mais tout type d’activités. Ainsi la Recherche et Développement, la médecine, la chirurgie esthétique, etc. sont maintenant concernées. Ce qui veut dire que presque tous les métiers sont aujourd’hui concernés. Une usine qui disparaît, c’est des ouvriers, des chefs d’équipes, des secrétaires, des comptables, des logisticiens, des acheteurs, des qualiticiens, des personnes des services généraux, de l’environnement, de la recherche et développement, des cadres, des dirigeants, etc. qui disparaissent. Si le mouvement continue, même les sièges sociaux disparaîtrons car ils n’auront plus de raison de rester en France si plus aucune n’activité ne se fait localement… Les managers qui favorisent ces délocalisations scient la branche sur laquelle ils sont assis à très court terme.

Troisième évidence : si au commencement des délocalisations les produits ou services voyageaient du producteur vers le consommateur, aujourd’hui il peut arriver que le consommateur se déplace pour obtenir un service moins cher ou avec un meilleur rapport qualité/prix. Il est possible maintenant de se déplacer pour obtenir des services de santé, de chirurgie esthétique vers des pays proches mais moins chers.

Quatrième évidence : Se développer à l’étranger n’est pas forcément délocaliser. Une entreprise Française qui crée une usine ou un centre R&D étranger est-elle forcément une entreprise qui délocalise ? Ce n’est évidemment pas le cas. Une entreprise doit « idéalement » produire là ou le produit est consommé. Ceci à plein d’avantages aussi bien économiques qu’écologique. Savoir que la fabrication d’un blue-jean nécessite de faire plusieurs fois le tour du monde avant d’arriver en temps que produit finit dans nos magasins est une hérésie. Certaines entreprises l’on bien comprit comme Toyota qui produit également ses voitures en France, ou comme Décathlon qui finalement à décidé de produire ses vélos en France (relocalisation) car le surcoût d’une dizaine d’euros n’était pas significatif en regard des avantages. Citons également le cas d’une entreprise fabriquant du mobilier de bureau : après avoir délocalisé en Chine, la production a été relocalisé en France car les délais d’acheminement de 3 mois par bateau lui faisaient perdre des clients (le client avaient le choix entre attendre 3 mois pour recevoir leur commande ou de choisir parmi un nombre très limité de modèles ou couleurs en stock). Se rapprocher de ses clients est un choix justifié et naturel pour une entreprise, que cela nous arrange ou non.

Cinquième évidence : Dans l’intérêt d’un pays, il faut produire le plus possible localement et vendre le plus possible à l’étranger. Ceci entre en contradiction avec le point précédent. Si pour l’écologie il vaut mieux ne pas acheter de produits fabriqués loin, pour un pays il vaut mieux exporter le plus possible (et donc fabriquer localement). Cette contradiction transparaît dans les avis divergents que l’on entend aujourd’hui concernant les délocalisations. Si les délocalisations sont légitimes parfois pour l’entreprise elles sont contraires à l’intérêt local et à l’écologie (à l’exception des services intellectuels, encore que cela consomme de l’électricité en serveurs, téléphone et transmissions d’informations). Ainsi chacun défend ses intérêts et tout le monde à « égoïstement » raison.

Sixième évidence : Les délocalisations semblent profiter aux pays pauvres mais la réalité est plus complexe. Nous entendons parfois que les délocalisations sont nécessaires et utiles aux pays pauvres. Cet argument très altruiste (lorsqu’il émane des habitants des pays à hauts-coûts) est portant discutable. Les pays pauvres se développant trop vite agrandissent souvent leurs inégalités locales. Ainsi, entre les paysans Chinois qui ont conservés leur métier et ceux qui ont intégrés les usines, il y a maintenant un écart de pouvoir d’achat très grand. Le développement économique rapide d’un grand pays comme la Chine et l’Inde ne concerne et ne concernera pas toute sa vaste population. Pire, il fait monter les prix locaux, rendant plus pauvres encore les laissés pour compte de l’industrialisation. Etre paysan est de plus en plus dévalorisé dans ces pays et pourtant il est nécessaire de nourrir cette population citadine sans cesse grandissante qui ne produit pas sa propre nourriture. Ceci implique des importations massives de denrées alimentaires en provenance de l’étranger. D’un point de vue écologique, ces développements rapides sont une catastrophe, l’eau en Chine n’est pas buvable et ne le sera pas avant très longtemps. Les usines utilisent parfois des produits interdits et/ou dangereux ; Difficile de contrôler de si nombreuses entreprises alors que ces pays n’ont pas encore la culture nécessaire ni les moyens. Une croissance économique rapide attise les appétits des plus corrompus, développant mafias et abus en tous genres (scandale du lait frelaté en Chine et corruption). Les délocalisations massives et non contrôlées vers ces pays tout en leur apportant croissance à deux chiffres, leurs posent de nombreux problèmes sociaux, énergétiques, écologiques, politiques et même économiques.

Septième évidence : Il est à noter que les délocalisations rapides auxquelles l’Europe procède ne sont pas facilement réversibles et ne sont pas pérennes pour l’Europe et pour les pays en voie de développement. Ces derniers ont parfois une masse de population si importante (se comptant en milliards d’individus) qu’elle est difficilement épuisable. Le nombre de pays potentiellement en voie de développement est également assez important. Si les délocalisations continuent à ce rythme nous n’aurons bientôt plus rien à délocaliser ce qui n’est pas pérenne pour nous et pour ces pays. Les grand pays comme la Chine et l’Inde en sont conscients et parient sur une croissance de la consommation locale forte pour prendre le relais lorsque l’occident cessera d’être leur principal donneur d’ordre. C’est un pari et une course contre la montre qui n’est pas gagnée au premier abord. La paupérisation de l’occident est en revanche programmée.

Huitième évidence : Les délocalisations ne sont pas toujours rentables et relèvent parfois de l’idéologie. Aussi incroyable que cela puisse paraître, une « mode » des délocalisations s’est répandue et un dirigeant qui ne délocalise pas est mal vu par ses actionnaires. Si décider une délocalisation est une action simple et facile, réussir une délocalisation afin qu’elle soit profitable à l’entreprise demande de nombreuses compétences. Ce qui est ridicule avec ces délocalisations ratées est que ceux qui les ont mises en place (de manière coûteuse) ne veulent pas supporter le poids de leurs erreurs, ils font tout pour masquer, au sein de l’entreprise, cet échec. Le manque de rentabilité d’une délocalisation peut tenir à beaucoup de sujets : manque de main d’œuvre qualifiée, forte concurrence entre entreprises qui délocalisent (turn-over important et salaires croissants), sous-estimation des écarts culturels, sous-estimation des frais de management, gestion de projet, voyages, formation, de la qualité des infrastructures du pays (route, réseau, téléphone, Internet…), productivité de la main-d’œuvre locale, temps de mise en place d’un centre qui fonctionne de manière optimale, éloignement des clients finaux, corruption locale, loi locale mal connue, etc. Dans cette liste, le choix du pays est primordial mais le pays idéal n’existe pas. Dans la course à la recherche du profit immédiat, une délocalisation est souvent éphémère. Les délocalisations en cascade (d’un pays pauvre vers un pays encore plus pauvre) d’une activité qui vient à peine d’atteindre ses performances maximales, diminuent encore la rentabilité de ces opérations !

Neuvième évidence : Ainsi, les délocalisations ne concernent pas que les pays occidentaux, mais également les pays en voie de développement. La Chine délocalise elle-même certaines de ses usines au profit de l’Afrique par exemple. Les victimes des délocalisations sont beaucoup plus nombreuses et variées qu’on peut l’imaginer.

Que faire ?
Laisser le marché se réguler lui-même ne donnera rien car ceux qui décident de délocaliser n’ont souvent aucun intérêt commun avec le reste des personnes concernées par ce phénomène. L’intérêt des actionnaires est axé sur le profit immédiat sans vision du long terme. Délocaliser appauvrit le pays et donc diminue le marché local ? Qu’importe, les pays en voie de développement sont de nouvelles cibles de consommation encore plus grandes et alléchantes ! Pourtant ces pays en pleine expansion ne comptent pas rester uniquement des cibles commerciales et leurs entreprises comptent bien profiter en priorité de cette croissance. Le protectionnisme que l’on s’interdit pour des raisons idéologiques en Europe ne pose en revanche aucun problème à ces pays. Nous allons donc « dans le mur ».

Que faire si le marché ne va pas dans la bonne direction ? Il faut que nous, consommateurs, prenions nos responsabilités rapidement tant qu’il en ait encore temps. Il faut également que nous ayons les moyens d’assumer nos responsabilités. Tout le monde peut remarquer que le prix d’un objet n’a plus aucun lien avec sa qualité ni même son lieu de fabrication. Cela fait bien longtemps (plus de 20 ans) que les marques de luxe ont commencé à délocaliser très discrètement. Le consommateur ne peut plus, comme autrefois, faire confiance au prix afin de désapprouver les délocalisations qui finalement lui sont néfastes. C’est donc une vraie question, comment faire valoir ses intérêts en temps que consommateur ? Il faut être clair ce n’est actuellement pas possible. Le système ne permet pas au client de choisir. Il faut donc réguler un peu, juste assez pour que les consommateurs aient le choix.

Propositions
Il pourrait par exemple être rendu obligatoire un marquage règlementaire sur chaque produit indiquant : ou le produit est conçu (R&D), ou il est assemblé, ou il est emballé. Pour chacune des trois catégories un pourcentage serait rendu obligatoire. Bien sûr cela ne va pas dans le sens de l’intérêt des multinationales qui délocalisent mais dans le sens de la démocratie et de l’information du consommateur. Ainsi je suis sur que certain nous expliquerons tout le mal qu’ils pensent de cette proposition qui va contre leur intérêt purement financier et/ou idéologique.

PS : Remarquons également que le bas prix des produits qui voyagent beaucoup tout au long de leur cycle de fabrication et de vente est en fait un hold-up sur la planète car si l’on payait au juste prix le CO2 dégagé par ce cycle ils couteraient chers. Le marquage concernant le CO2 dégagé par la fabrication de chaque produit est un premier pas vers l’information du consommateur et vers un choix possible de société.


Mise à jour : Réponse aux lecteurs de ce billet :
Réponses aux différents commentaires des lecteurs :

1. “Calamity jane” demande ou partent les impôts des travailleurs des autres pays suite aux délocalisations françaises. Réponse: dans leur pays bien sûr, les délocalisations n'apporte rien à la France, peut-être enrichissent-elles les actionnaires français de ces entreprises, mais l'on sait que cela ne dure pas et que les plus riches actionnaires ne dépensent pas plus en gagnant plus, c'est donc de l'argent qui est réinvestit dans d'autres délocalisations potentiellement.

2. “Conglomérat” dit qu'il est évident qu'il faille interdire les délocalisations. Réponse : ca c'est vraiment illusoire et penser que c'est possible dans un monde globalisé est très naïf. Il faut donc agir autrement.

3. “S1LV3RSNAK3” pense que ce n’est pas possible d'acheter français avec un petit salaire. Réponse : c'est bien entendu faux. Certains produits français sont aussi peu chers que des produits importé et de meilleure qualité ! Comme l'indique le commentaire de "4 aout". Le tout est de savoir ou c'est réellement fabriqué, d'ou la proposition que je fais.

4. “Mosca7” pense qu'il faut taxer aux frontières les produits importés. Réponse : Encore une utopie impossible dans un monde globalisé. Il faudrait sortir d'Europe et quand bien même la réaction des pays taxés serait de taxer nos produits en retours...

5. “La lumière” pense que la solution est un gouvernement mondial. Réponse : cela ne résoudrait pas les inégalités mondiales (les délocalisations persisteraient mais s'appelleraient autrement puisqu'il n'y aurait qu'un seul pays) et aggraverait surement la corruption.

6. “Sergio” se demande en quoi il est coupable de privilégier le made in France ? Réponse : en rien chaque consommateur fait se qu'il veut qu'on se le dise !

7. “Patron heureux” aimerait bien installer des bureaux en Chine car cela voudrait dire que sont entreprise est forte. Réponse : Vous avez raison, c'est l'objet de l'évidence N°4.

8. “paysan” trouve que je dénonce des évidences. Réponse : Bien entendu que nous savons tous cela depuis longtemps. Mais si vous êtes perspicaces, vous voyez bien que rien de sérieux n'a été fait, que la situation empire chaque jour et qu'il faut réagir à notre niveau déjà. Concernant le "ou délocaliser ensuite ?" que paysan demande, la réponse sera dans le prochain article à paraître le we prochain sur la désindustrialisation française.

9. “Icare” demande que l'on ferme le marché Français et Européen aux entreprises qui délocalisent. Réponse : voir points 2 et 4

10. “Valou” pense que lorsqu'il n'y aura plus de pouvoir d'achat pour les produits étrangers on pourra reconstruire. Réponse : Cela signifiera que la France sera devenu le plus pauvre de tous les pays, vu le nombre de pays pauvres, on a des centaines d'année à attendre... Ce n’est pas envisageable...

11. “Ancelle” pense qu'il est juste de partager avec les pays pauvres. Réponse : je pense que ce lecteur n'a pas lu l'article en totalité, voir 6ième évidence.

12. “Astrocon” pense l'étiquetage compliqué et espère beaucoup de l'augmentation des coûts de transports. Réponse : Ce n'est pas compliqué comme vous le dites puisque c'est en cours déjà pour les bilans carbones. Comme ce dernier en revanche, cela ajoute un surcoût. Oui les coûts de transport sont un espoir mais peu fiables : quand vont-il augmenter ? De combien ? Ne trouvera-t-on pas une énergie alternative pas chère ?

13. “Richy” pense qu'on n'a pas le choix avec les centres d'appels. Réponse : Ils ne sont pas tous délocalisés, il est possible de donner son avis : j'ai eu affaire a une pannes ADSL et la hotline était manifestement délocalisée et inefficace (bien que payante !). J'ai fait une évaluation catastrophique de la prestation juste après, si les clients se plaignent tous, ca avancera un peu. Pour les produit ou on n'a plus le choix c'est en effet trop tard mais rien n'empêche, si le mouvement se développe, de recréer des usine en France de toute pièce, s'il y a des acheteurs, il y aura des vendeurs !

14. “Raoul Blier” pense qu'il faut créer un site pour lister les produits français. Réponse : Tout a fait, ca existe déjà, une interview sur mon blog bientôt a ce sujet. Restez connectés.

15. “Louise” pense que le boycott accélère les délocalisations. Réponse : bien sûr que c'est vrai mais n'oublions pas que si l'on achète plus un produit fabriqué a l'étranger c'est pour en acheter un en France (forcément). Donc on sauvegarde l'emploi français même si ce n’est pas les mêmes personnes...

16. “Jdif” parle d'un porc "né au Canada, élevé en Australie, tué en Belgique et vendu en France". Réponse : je propose que les étiquettes indiquent les pourcentages pour cette raison. Avec un code de couleur en fonction des pourcentages. Dans le cas que vous citez, pour moi c'est clair : ce porc n'a rien de Français, 0% ! A éviter donc. Si l'étiquette était plus grise les pourcentages permettraient de choisir les moins français des produits.

17. “Franz” pense que les gens ne se mobiliseront pas. Réponse : C'est en disant cela que durant des années NOUS avons laissé faire, tenté par des lecteurs de DVD à 19 Euros qui ne durent qu'un an et que l'on rachète chaque année donc. N'est-ce pas de l'achat à crédit qui tue l'emploi finalement ? Bougez vous au lieu de vos plaindre.

17. “Franz” dénonce également les pratiques anticoncurrentielles consistant à refuser la reprise d'une entreprise délocalisée. Réponse : Très juste, cela manque à mon analyse et ne peut être réglé que par la voie politique. Les sites qui listent les produits français devraient lister les entreprises déloyales également. Quant à la TVA sociale proposée je pense qu'aujourd'hui ce n'est pas possible voir points 2 et 4.

18. “Dan51” indique que “c’est n’importe quoi” que d’obliger les français à n’acheter que les produits français. Il indique que la politique du “Made In England” de 1887 s’était finalement transformée en achats massifs de produits Allemands de grande qualité. Réponse : Dan51 n’a pas bien lu l’article, s’il l’avait fait, il aurait vu que ce que je conseille est un affichage qui informe le consommateur, rien de plus. Je n’oblige personne à acheter quoi que ce soit, chacun réagit en son âme et conscience. Quant à l’histoire du “Made In England”, il n’est pas comparable car cela fait longtemps que l’on connait la qualité des produits Allemands et que ces derniers ne se privent pas aujourd’hui de marquer “Made in Germany”, il faut donc que nous fassions de même.

19. “Alocer” dit que, étant au RMI il n’a pas le choix, le produits made in France étant bien trop chers. Réponse : Relisez bien l’évidence 4. Mais vous avez raison ce n’est pas aussi clair que cela, en fait. J’ai déjà vu de nombreux produits Français au même prix que des produits importés et pourtant de meilleure qualité. Pourquoi ? Car le but d’acheter à l’étranger, pour un distributeur, est d’augmenter sa marge. Pour ce faire il faut donc rester à un prix raisonnable car si l’on baisse le prix de vente d’autant que le prix d’achat a baissé, le bénéfice ne change pas (sauf si les ventes explosent, mais c’est assez aléatoire). C’est ainsi que même les marques de luxe fabriquent à l’étranger (parfois? souvent?), pour gagner plus avec un prix de vente élevé. Ainsi les prix, de nos jours, n’ont rien à voir avec la qualité du produit acheté (qui n’est pas liée à l’origine du produit)… Le seul problème est que nous ne le savons tout simplement pas, vu que l’étiquetage n’est pas obligatoire, changeons ca !

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Re: Pour en finir avec les délocalisations

Messagepar JCL31 » 08/03/2010 - 14:07

Propositions
Il pourrait par exemple être rendu obligatoire un marquage règlementaire sur chaque produit indiquant : ou le produit est conçu (R&D), ou il est assemblé, ou il est emballé. Pour chacune des trois catégories un pourcentage serait rendu obligatoire. Bien sûr cela ne va pas dans le sens de l’intérêt des multinationales qui délocalisent mais dans le sens de la démocratie et de l’information du consommateur. Ainsi je suis sur que certain nous expliquerons tout le mal qu’ils pensent de cette proposition qui va contre leur intérêt purement financier et/ou idéologique.


Cette proposition est une idée qui m'avait déjà traversé l'esprit et depuis longtemps d'ailleurs.
Elle permettrait à tout un chacun de choisir, sorte de libre arbitre dans une démocratie de merde qui favorise la mondialisation, entre soutenir l'industrie française et donc un certain niveau d'emploi avec des produits qui sont de meilleure qualité, et des produits pas forcément moins cher et qui sont de merde venant de Chine, avec des produits toxiques, des malfaçons, et que les fainéants de l'EUrop€ à la botte des apparatchiks du libre échange laissent rentrer sans trop de frais de douane pour ne pas pénaliser les marges de ces créateurs de chomeurs et destructeurs social.

Au lieu de cela les supers intelligents qui nous gouvernent préfèrent faire de l'emprunt aux banksters pour soutenir leur/l'économie, les emplois, et donc un semblant de tout va bien, jusqu'au jour où et c'est déjà le cas, le taux d'endettement est tellement important que la bulle explose et la grogne sociale prend des proportions irréversibles.
C'est ce qui se prépare en Grèce, bientôt en Espagne, au portugal, ... ... .. et puis chez nous dans quelques années.
Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses.
La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère
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Re: Pour en finir avec les délocalisations

Messagepar vinvin » 13/08/2010 - 17:19

Il faut donner des amendes et poser poursuites contre les entreprises ou autres qui délocalisent.


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