Pour une grande politique économique

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Pour une grande politique économique

Messagepar Pat » 26/02/2008 - 22:31

La fin des quotas d'exportation du textile chinois vers l'Europe ou les États-Unis et l'explosion subséquente des exportations de ce pays (entre 300 et 1500 %), si préjudiciable à l'activité et à l'emploi, ont relancé, enfin, le débat sur la nécessité des protections commerciales. L'économie française, stupidement ouverte à tous les vents des échanges mondiaux, en a bien besoin. Il est temps pour nous de faire comme les autres, et d'appliquer les sages préceptes du "mercantilisme" du XVII siècle français: stimuler nos exportations et limiter nos importations au strict nécessaire.

Le protectionnisme dans l'histoire

1) On nous dit: "Le protectionnisme empêche le décollage économique des nations."
Non. On pourrait citer le cas de l'Allemagne de Bismarck, du Japon après 1945 ou de la Corée depuis le début des années 70. En réalité, tous les pays libre-échangistes ont bâti leur puissance sur un protectionnisme qu'ils diabolisent après coup. Au XIX' siècle, l'avance technologique de la Grande Bretagne, qui lui permit de se convertir au libre-échange, avait été acquise à l'abri de barrières tarifaires élevées maintenues sur une longue période (1). Entre 1830 et 1945, les droits de douane moyens aux États-Unis sur les importations de produits industriels furent parmi les plus élevés du monde (tarif moyen: 48 % !). Contrairement à ce que pensent beaucoup d'économistes libre-échangistes, il n'existe pas de modèle unique pour le développement industriel.

2) On nous dit: "Aucun économiste sérieux n'a jamais proposé le protectionnisme."
Faux. Nul ne propose, c'est vrai, un protectionnisme absolu et permanent, c'est-à-dire l'autarcie à l'albanaise. Les protections commerciales relèvent d'une nécessité pratique: on doit à Daniel Raymond, économiste américain de la fin du XVIII' siècle, la théorie de la protection des "industries infantiles" dans le contexte de décollage industriel du Nouveau Monde (2). Confronté à la crise de 1929, Keynes (3) recommande à la Grande Bretagne de maintenir ses exportations et de diminuer ses importations pour sauver l'emploi national. Face à la guerre commerciale mondiale contemporaine, Maurice Allais, prix Nobel d'Économie, propose un protectionnisme éclairé à l'échelle d'ensembles régionaux constitués de pays économiquement et socialement comparables.

Le protectionnisme aujourd'hui

3) On nous dit: "Le protectionnisme diminue la croissance économique des nations."
Si le libre-échange était si efficace, la croissance économique aurait dû s'accélérer au cours des 20 dernières années, parallèlement aux mesures d'ouverture des frontières commerciales. Or les faits sont là: pendant les années 1960 et 1970, quand il existait bien plus de protections, l'économie mondiale progressait beaucoup plus vite qu'aujourd'hui. À l'époque, le revenu mondial par personne croissait d'environ 3 % par an, contre seulement 2,3 % depuis 1980, c'est-à-dire depuis la nouvelle vague de libéralisation du commerce mondial..

4) On nous dit: "À l'heure de la . mondialisation, plus personne ne peut avoir de barrières commerciales, plus particulièrement des droits de douane."
La libéralisation du commerce américain est encore aujourd'hui très relative (4). "Patrie et bastion du protectionnisme moderne" (Paul Bairoch) , les États-Unis ont d'abord un arsenal juridique de riposte aux "pratiques déloyales": ils taxent à 100 % certains pays ou certains produits (eaux minérales françaises, jambon italien ... ). Ensuite, des lois américaines interdisent aux autres États le commerce avec les adversaires des États-Unis (Cuba ou l'Irak). D'autres méthodes, indirectes, sont utilisées par la Chine ou le Japon: subventions aux exportations, baisses de tarifs sur les importations nécessaires aux exportations, octroi de monopoles, crédits sur mesure, planification des investissements et des flux de main-d'œuvre ... En réalité, tout le monde a intérêt à être protectionniste aujourd'hui: les pays développés pour protéger les industries en déclin, les pays d'Asie du Sud-Est pour protéger des industries naissantes encore fragiles mais prometteuses.

1) Paul Bairoch, Mythe et paradoxes de l'histoire économique, la Découverte, Paris, 1995.

2) Cette proposition n'a pas été inventée, contrairement à l'image d'Épinal, par l'Allemand Friedrich List, même s 'il la reprend dans ses Principes d'économie politique, 1844.

3) Traité sur la Monnaie, 1930.

4) Les échanges extérieurs des États-Unis sont passés seulement de 12% du PIB en 1913 à 18% en 1994. Les échanges extérieurs des États-Unis sont bien moins importants dans l'économie américaine que dans l'économie anglaise ou allemande.


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Messagepar Pat » 14/05/2008 - 15:50

Produisons français en France avec des Français

Après l'exode rural, l'exode industrie!? Notre agriculture en 1960 employait 20 % des actifs contre 4 % aujourd'hui. L'industrie est sur la même pente. En vingt ans, sa part dans la population active est tombée de 24 % à 15 %. Les délocalisations lui porteront-elles le coup de grâce? Après la cascade de plans de licenciements annoncés le mois dernier (ARC; dans le Pas-de-Calais, Lustucru, Nestlé ... ), 37 grandes entreprises au moins s'apprêtent à délocaliser leurs activités.
Nos dirigeants répètent que "c'est la loi du marché", prétendent qu'ainsi la France se spécialise dans les services et dans la haute technologie. Mais l'informatique, la comptabilité, les centres d'appels téléphoniques se délocalisent aussi. Quant à la haute technologie, Chirac estime nécessaire de la transférer à la Chine.
Les délocalisations ne sont pas une fatalité, mais les fruits d'une politique menée depuis plus de 30 ans, combinant trois idéologies: l'Europe libre-échangiste de Bruxelles détruit les protections de notre économie, notamment nos frontières; le socialisme fait de la France un des pays les plus prélevés; l'idéologie" immigrationniste" amène chaque année des centaines de milliers de personnes, dont 95 % viennent non pas pour travailler mais pour bénéficier des allocations sociales et familiales, destinées à l'origine aux familles françaises et à nos compatriotes les plus modestes. Les emplois sortent, les immigrés entrent.
Résultat, nos entreprises, avec des coûts de main-d'œuvre qui représentent parfois quarante fois ceux de leurs concurrents chinois ou indiens, sont condamnées à la faillite ou aux délocalisations.
Que faire? L'UMP, l'UDF, les socialistes, les communistes et les Verts proposent la fuite en avant dans une Europe sans frontières ouverte à une immigration planétaire.
La solution doit être nationale. Les Français doivent, comme le font les Américains, défendre leur industrie. Rétablissons nos frontières, remplaçons les cotisations sociales qui pèsent aujourd'hui uniquement sur nos entreprises par une TVA, à laquelle seront soumises aussi les sociétés étrangères exportant leur production en France, aidons seulement les entreprises s'engageant à ne pas délocaliser leur production, résolvons le problème de l'immigration qui grève nos budgets publics, rétablissons le principe de la préférence nationale. Enfin, que chaque Français soit convaincu qu'en achetant ''français", il défend l'emploi français.
par C L. Français d'Abord novembre 2004
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Re: Éloge d'un protectionnisme éclairé

Messagepar Pat » 08/12/2008 - 15:45

« LE MEME BRAS DE FER DEPUIS 25 ANS »
❍ National-Hebdo : Que pensez-vous de la théorie du libre-échange sauvage ?
Boursier de Carbon - Cette théorie, développée par Ricardo au début du XIXème siècle, n'est pas fausse à condition d'en respecter les conditions d'application. Or ces conditions ont radicalement changé en 1971, lorsque le dollar s'est détaché de l'étalon or. Jusqu'alors les flux financiers internationaux avaient un rapport avec les flux de matières, les cours des monnaies reflétaient les échanges commerciaux et donc les productivités moyennes.
Depuis 1971, la plupart des pays développés ont dérégulé les échanges de capitaux, qui représentent aujourd'hui quelque 1100 milliards de dollars par an, soit quarante fois le volume des échanges de matières. Ainsi le cours des monnaies n'est-il plus commandé par les échanges de biens, ni par les rapports des productivités moyennes, mais par les échanges de capitaux, sensibles à la spéculation. Aujourd'hui, les prix internationaux sont fixés en dollars ; or le cours du dollars est sous-évalué par rapport au mark et au franc : donc les prix mondiaux, tout particulièrement agricoles, sont sous-évalués par rapport aux prix européens.
En l'absence de monnaie fixe, le gouvernement américain pouvant manipuler le dollar par sa politique monétaire et budgétaire, tout se passe comme si les Etats-Unis avaient le monopole de l'or. Cette raison suffit à invalider le théorème de Ricardo, qui suppose en outre que les avantages comparés soient permanents et que les échanges portent uniquement sur les produits finis, à l'exception des échanges de capitaux et de populations : ce qui n'est plus le cas.
❍ Faut-il revenir à l'étalon-or ?
Les Etats-Unis n'y trouveraient pas leur compte, puisque leur domination s'en trouverait ébranlée.
Le GATT, créé en 1947, couronnait des accords généraux sur les tarifs douaniers et le commerce, sur une base multilatérale et réciproque. Trois ans auparavant, les accords de Bretton Woods avaient défini une parité presque fixe entre les monnaies.
En août 1971, on a abandonné le Gold Exchange Standard pour l'étalon dollar et depuis 1973, les Américains contrôlent les négociations du GATT, dont ils violent sans complexe les réglementations : ainsi un article du Traid Act leur permet-il d'augmenter les droits de douane sur les prix agricoles, sans consulter qui que ce soit.
❍ Sommes-nous en état de leur résister ?
Le progrès technique se développe grâce à la concurrence, et pour que ce mécanisme fonctionne, il faut que le marché soit suffisamment large. Avec 347 millions d'habitants, l'Europe se trouve très bien lotie et peut refuser les diktats américains, même lorsqu'ils menacent, comme ils le firent en novembre dernier pour obliger les Européens à signer les accords de Blair-House, d'augmenter de 200% leurs droits de douane sur certains produits français ...
De plus en plus dépendants des importations japonaises, les Etats-Unis tentent en fait de se rétablir sur le ventre mou européen. Ainsi notre déficit commercial est-il passé en quatre ans de 6 milliards à 25 milliards d'écus. C'est considérable.
❍ Dans quelle mesure notre agriculture est-elle menacée ?
Les Etats-Unis veulent garantir les revenus de leurs agriculteurs. Pour cela, il faut non seulement que l'Europe cesse de concurrencer leurs produits agricoles sur les marchés tiers, mais qu'elle démantèle sa propre agriculture pour absorber leur production. Ainsi ont-ils obtenu une clause spéciale qui leur permet d'exporter sans droits, vers l'Europe, les produits de substitution des céréales nécessaires à l'élevage intensif européen, désormais entre leurs mains.
❍ Quels effets pervers le libre-échange engendre-t-il ?
Le tiers-monde, dont la population n'est pas encore marquée par le vieillissement, excelle dans les industries de main-d'œuvre peu qualifiée ; en revanche, chez nous le libre-échange crée le chômage et accroît les inégalités, en partie à cause de la spécialisation des entreprises, qui font appel à une main d'œuvre réduite et peu qualifiée. Le prix de cette main-d'œuvre augmente à cause des coûts induits par le vieillissement démographique, rentabilisant ainsi les investissements dans la robotisation qui accentuent ces effets récessifs.
Par ailleurs, le chômage suscite une baisse de la fécondité liée depuis 20 ans à la baisse du niveau de vie relatif des personnes en âge de procréer, freinant les naissances et favorisant l'immigration. Ce phénomène risque d'être accéléré par la mise en service de la monnaie unique européenne qui se traduira par la fermeture des usines dans les régions de moindre productivité, dont les populations migreront vers les régions de haute productivité, à la recherche d'un emploi. Pour lutter contre ce phénomène, le mécanisme européen envisage une explosion des transferts et, pour les financer, de la fiscalité européenne. Le phénomène de dénatalité s'en trouvera accéléré.
C'est ainsi qu'en Allemagne, dix mois après l'unification monétaire, le nombre des naissances dans les cinq nouveaux lânders de l'ex-RDA était déjà divisé par deux, et il stagne à ce niveau depuis trois ans, avec un taux jamais vu de 0,7 enfant par femme : un phénomène mortel, à terme, pour n'importe quel peuple. Celle évolution menace toute l'Europe.
Or, tout se tient. L'actuelle bataille du GATT est un épisode de la bagarre commencée lorsque fut créé le Marché commun, avec le souci d'organiser un espace de liberté face aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne. Depuis 25 ans, c'est le même bras de fer qui est engagé, avec pour enjeu notre survie.
✍ National Hebdo du 9 au 15 12 1994
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Re: Éloge d'un protectionnisme éclairé

Messagepar Pat » 08/12/2008 - 18:26

Boursier de Carbon : « DES FRONTIERES POUR PROTEGER L'EMPLOI »
Alain Madelin, le ministre des entreprises, vient de faire dans Le Monde un plaidoyer pour le libre-échange intégral, en s'attaquant à l'illusion que constitue selon lui le protectionnisme.
Philippe Boursier de Carbon, polytechnicien et économiste éminent, ami personnel de Maurice Allais, prix Nobel d'économie, lui répond point par point. Le libre-échange intégral nuit à la prospérité et à l'équilibre social.
❍ Le ministre affirme que le protectionnisme repose sur une illusion d'optique et donne l'exemple d'une paire de chaussures importée et payée 100 francs en France au lieu des 250 F que propose un producteur autochtone pour ce même produit.
Les pays développés importent aujourd'hui des produits à faible valeur ajoutée et fabriqués avec une main-d'œuvre non qualifiée et ils exportent au contraire des produits de haute technicité, requérant un personnel moins nombreux mais bien formé. Equilibré en francs, un tel échange est déséquilibré en termes d'emplois.
Affirmer que les 100 francs reçus par le producteur étranger de chaussures constituent une créance sur la production française car elle reviendra inévitablement sous forme d'achat de biens ou de services est une affirmation insuffisante en termes d'effets sur l'emploi national : la demande extérieure procure bien moins d'emplois en France que la demande nationale en raison de la forte productivité des entreprises exportatrices.
Ce peut être un marché de dupes car le TGV vendu à la Corée du Sud ne donnera jamais autant de travail que les millions de paires de chaussures qui auront servi à le payer.
❍ Alain Madelin estime que rien ne justifie la peur des délocalisations, en premier lieu parce qu'elles sont une manifestation de l'Internationalisation croissante de l'économie et des entreprises. Que vous en semble ?
Problème gravissime en effet.
Actuellement, il existe entre les pays développés et les pays moins développés des taux de change qui compensent les effets des différences moyennes des productivités locales en égalisant les niveaux moyens des prix,
Si l'équilibre entre deux pays s'est établi avec une différence de charges salariales de 1 à 4 ou 5 au cours du change, différence égale à celle des productivités, la délocalisation d'une industrie de pays développé permet la même productivité que dans son cadre national.
Mais dans ce cas, la production nationale périclite fatalement !
Le développement des délocaIisations a pour résultat d'aggraver le chômage en même temps qu'elle accroît les inégalités dans nos pays.
Si vous voulez un exemple de la malfaisance des délocalisations, je citerai le rapport du sénateur Arthuis à propos de l'histoire des survêtements de l'armée de terre.
Un marché de 90 000 d'entre eux fut passé par l'armée à une société domiciliée en France qui fit fabriquer ces survêtements à l'île Maurice pour 9,6 millions de francs.
Le ministère de la Défense a réalisé une économie de 540 000 francs sur ce marché mais cette délocalisation de production implique pour la France un coût de chômage évalué à 6 millions de francs, soit une perte nette de 5,7 millions pour la collectivité nationale.
Le marché a en fait été adjugé à la société MPH pour un prix unitaire de 107 francs contre 113 francs pour deux sociétés françaises concurrentes, soit une différence qui ne se monte qu'à 6 francs par survêtement. Aux taux de change actuel les salaires de l'île Maurice sont 8 fois moins élevés qu'en France. Ainsi le prix d'adjudication de 107 francs aura permis à cette société de réaliser un magnifique sur-profit.
❍ Estimez-vous que le libre-échange est aussi néfaste à l'Intérieur de l'Union européenne?
Non. L'Union européenne peut et doit pratiquer un libre-échange total. Elle doit se fonder sur le principe de la préférence communautaire ce qui entraîne une protection contre les importations génératrices de chômage.
❍ Vous vous séparez donc de l'assertion du ministre selon laquelle le libre-échange n'exige pas l'égalité des conditions de concurrence.
Oui. Si l'on mène une politique sans limite de libre-échange mondial, le fossé des inégalités sociales ne fera que s'élargir chez nous et le taux de chômage s'élèvera encore.
La seule solution ou au moins e palliatif à appliquer dans le cas d'un libre-échangisme illimité consisterait à créer des taxes compensatoires sur les produits importés ou bien à contingenter les marchandises. .
Pourquoi ne pas adopter pour l'Union européenne un système comparable à celui de la « clause de la nation la plus favorisée » actuellement en vigueur aux USA ? Ce type de protection n'est pas un isolement de la Communauté européenne mais on ne voit tout de même pas comment on pourrait fonder une politique raisonnable à l'égard de pays peu développés en appauvrissant des pays développés.
❍ Alain Madelin admet volontiers qu'iI ne peut y avoir de fonctionnement normal du libre échange que si les Etats s'abstiennent de manipuler les monnaies. Qu'en pensez-vous ?
En ce qui concerne l'Union européenne, c'est tout à fait exact. Pour que la théorie du libre-échange puisse s'appliquer, il faut impérativement que les monnaies reflètent correctement les niveaux des productivités moyennes réelles.
Pour remplacer les monnaies nationales par une monnaie unique, il est nécessaire que tous les ajustements économiques correspondant à la fixité des taux de change en son sein aient pu être réalisés. Cependant, l'instauration à marche forcée d'une monnaie unique et non commune prévue par le Traité de l'Union risque fort d'aggraver la crise européenne.
✍ Propos recueillis par Raphaël TRIGAL National hebdo du 11 au 17 août 1994
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Re: Éloge d'un protectionnisme éclairé

Messagepar Pat » 24/12/2008 - 17:09

Vous dites « protectionniste » ?
Il fallait être culotté pour traiter de « pieds nickelés » les trois pontes de l' économie que sont Patrick Artus, Elie Cohen et Jean Pisani-Ferry comme l'a fait Emmanuel Todd. Il faut lui reconnaître de n'avoir pas été inhibé par l'argument d'autorité. Des économistes tout aussi éminents, il est vrai, avaient pris position pour un certain protectionnisme au niveau européen comme le Prix Nobel d'économie, Maurice Allais. On s'envoie donc à la figure des mots fleuris comme « pieds nickelés » ou « ligne Maginot », mots d'insultes qui ne font appel ni à la théorie économique, ni à ce qu'on observe et qui est pourtant inquiétant, la disparition de l'industrie en France et en Europe. ( ... )
« Le pays qui dispose relativement de plus de capital (ou de travail) aura intérêt à produire et exporter le bien qui utilise davantage de capital (ou de travail). » Ce résultat semble bien obsolète puisque le capital et le travail sont maintenant très mobiles. On voit donc à quel point toute la théorie sur laquelle se fonde le libre-échange est fiable.
Pour les partisans du protectionnisme "raisonnable", il existe aussi des résultats théoriques comme le théorème de Stolper-Samuelson et celui du tarif optimal qui, globalement, énoncent que les pays ont intérêt à se regrouper en zones assez importantes pour peser sur le marché mondial et à conserver une "certaine" protection douanière que l'on pourrait qualifier d'optimale.
Voilà pour ceux qui veulent absolument des justifications théoriques à leurs idées ou opinions. De tout ceci, on peut quand même dire que les partisans du libre-échange ont gagné la partie. Pour eux, le commerce bénéficie non par ses exportations (ce qui revient à travailler pour les autres) mais par les importations.
Pour les libre-échangistes consommons donc à tout-va les importations. Cela sert l'intérêt général. ( ... )
On savait déjà que les multinationales faisaient peu de cas des intérêts nationaux mais maintenant, c'est aussi vrai pour les PME qui ont de plus en plus souvent intérêt à délocaliser. Jusqu'à quel point un pays (ou l'Europe) peut-il laisser son industrie (et ses services) disparaître ? Les « pieds nickelés » ont dit : pas de protectionnisme pour l'Europe mais il existe pour les autres. La politique de change que pratiquent les Etats-Unis et la Chine est sans doute la forme de protectionnisme la plus efficace avec un dollar et un yuan faibles. L'Etat chinois aide massivement ses entreprises, ce qui n'empêche nullement Bruxelles de commercer avec et encore moins de distribuer des amendes. Avec l'euro fort qui profite surtout aux retraités, l'Europe s'est tirée une balle dans le pied...
✍ Patrice Gros-Suaudeau - Statisticien-Economiste
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Re: Éloge d'un protectionnisme éclairé

Messagepar Pat » 11/02/2009 - 21:38

Aux sources du ... protectionnisme
C'est l'économie qui, hélas, prime le politique et l'idéologie dans nos régimes fondés sur le capitalisme qui se nourrit de libéralisme économique. Souvent, les partis «identitaires», qui refusent la mondialisation et ses sous-divisions sur le chemin de la globalisation, synonyme de domination américaine et de paupérisation, sont accusés de « réflexe protectionniste » comme s'il s'agissait d'une aberration absolue, démontrée et reconnue.
L'organisation de législatives anticipées est justifiée, en France, par les sacrifices à accomplir - qui seront terribles pour entrer dans un système d'économie globale de libre-échange et d'européanisation de notre monnaie. Le pouvoir admet qu'il va pratiquer une politique qui ne sera pas acceptée par le peuple et qui lui vaudrait, dans moins d'un an, un échec politique fondé sur un refus des recettes économiques imposées par une conception étrangère de notre avenir.
Il faut donc tout faire pour éviter un sursaut qui serait qualifié de protectionniste et donc de rétrograde... sans que jamais cependant on ne daigne nous expliquer ce qu'est vraiment le protectionnisme et en quoi son application modérée et raisonnable serait une aberration économique.
Le protectionnisme se définit comme le système économique qui entend protéger la production nationale contre la concurrence étrangère. On comprend donc qu'il ne soit absolument pas politiquement correct... mais pour le reste.
Au départ, le principe est le suivant : plus un pays produit, moins il est amené à puiser dans son stock de métaux précieux. Le plus célèbre exemple de protectionnisme français est celui de Colbert, en 1667, dirigé contre le pays marchand par excellence : la Hollande.
Le libéralisme est la politique vantée par les industriels en position dominante qui veulent exporter pour s'enrichir au détriment des autres. C'est pourquoi, après avoir pratiqué une politique protectionniste en faveur de ses grands propriétaires terriens, la Grande-Bretagne, première puissance industrielle du monde en 1850, devient le pays du libre-échangisme.
Le courant protectionniste est alors représenté par des pays qui veulent se développer sans tomber sous la dépendance de Londres, comme l'Allemand Fichte, auteur de L'Etat commercial fermé, ou par des penseurs qui veulent préserver les vertus fondamentales des peuples d'un pouvoir industriel mondialiste non contrôlé par l'Etat représentant les intérêts de la nation.
Une tradition française, appuyée par un déterminisme allemand, se heurte donc à une conception globale du monde déjà de source anglo-saxonne. La première vraie réaction protectionniste à l'offensive du libre-échangisme est située aux alentours de 1800. On peut noter que les USA sont en tête de ce mouvement qu'ils condamnent aujourd'hui bien sûr, avec McKinley en 1890.
Le protectionnisme poussé à son extrême limite débouche sur le système dit de l'autarcie qui se révèle, comme l'Allemagne hitlérienne l'a démontré, être une économie d'autosuffisance prenant en compte la perspective d'une guerre et d'un isolement total.
Dès 1945, les vainqueurs affirment leur volonté de construire un monde sans barrière, et ils bénéficient de l'explosion des échanges commerciaux internationaux qui débouchent sur toutes les organisations économiques internationales que l'on connaît aujourd'hui. En France, c'est la gauche qui, derrière Mendès France, est restée le plus longtemps au regard du socialisme étatique attaché au protectionnisme par hostilité également aux grands trusts internationaux rejoignant, curieusement mais à première vue seulement, les thèses des nationalistes.
Aujourd'hui, les USA - protectionnistes quand ils sont gênés par les Japonais - sont les champions d'une globalisation de l'économie qui conforte leur primauté politique mondiale. L'Europe n'est, à cet égard, dans sa conception maastrichtienne, qu'un appendice de cette collaboration économique devenue, avec les médias audiovisuels capitalistiques, également culturelle.
On entend dire que le retour au protectionnisme entraînerait l'effondrement du monde bâti depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais, mis à part le fait que l'utilité de la survie de ce monde mérite un autre débat, Il s'agit là d'un protectionnisme présenté par ses adversaires et caricaturé. Les échanges commerciaux internationaux sont un élément majeur de la vie des nattions - personne ne peut dire le contraire - mais quand on estime qu'il y a, dans ces nations, des choses primordiales à protéger, on peut légitimement se référer à un néo-protectionnisme de salut public qui est peut-être, d'ailleurs, urgent à réinventer.
Les champions du capitalisme ultralibéral n'aiment pas les nations et veulent leur interdire les moyens de protéger leurs citoyens de la concurrence mondialiste, Le protectionnisme redevient à l'ordre du jour et une nouvelle réaction internationale devant les échecs du capitalisme libre-échangiste n'est plus à exclure... Nous ne sommes peut-être pas en 1789, mais nous sommes certainement en 1800.
National Hebdo du 1er au 7 mai 1997
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Re: Éloge d'un protectionnisme éclairé

Messagepar Maxime » 18/03/2009 - 9:55

J'ai vu il y a quelques temps un reportage sur l'Australie où les consommateurs ont pour principal critère d'achat en supermarchés la provenance australienne des produits. Ainsi, chaque produit a son son emballage un gros drapeau australien pour indiquer son lieu de fabrication. Ca serait déjà un premier pas, certes minime, pour inciter à consommer davantage français.
"C'est au Monde d'être multi-culturel, pas à la France !"

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Re: Éloge d'un protectionnisme éclairé

Messagepar Pat » 18/03/2009 - 12:04

Maxime a écrit :J'ai vu il y a quelques temps un reportage sur l'Australie où les consommateurs ont pour principal critère d'achat en supermarchés la provenance australienne des produits. Ainsi, chaque produit a son son emballage un gros drapeau australien pour indiquer son lieu de fabrication. Ca serait déjà un premier pas, certes minime, pour inciter à consommer davantage français.


Je pense que la législation européenne l'interdit, et que c'est pour ça que beaucoup de produits n'ont qu'un n° de code pour le lieu de fabrication.......
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Re: Pour une grande politique économique

Messagepar Pat » 05/04/2009 - 0:08

Pour une grande politique économique
Tandis que la plupart des experts contestent les estimations de croissance du Gouvernement pour 2004 de 2005 (2,5 % par an), le constat de faillite de l'économie française est sans appel. Depuis 1970, la croissance moyenne s'est maintenue à 1,8 % par an contre 3 % entre 1945 et 1975, tandis que la productivité a chuté de 4 % à 1 %, Depuis 25 ans, le chômage officiel se maintient à 9 % de la population active et à 20 % des actifs en âge de travailler. Depuis 25 ans, la dette publique a explosé, passant de 23 % du PIB en 1980 à 62 % en 2003 (l 000 milliards d' euros)
En 2003 et 2004, le déficit se situe autour de 4% du PIB, tandis que le niveau de prélèvement dépasse de 6 points de PIB la moyenne européenne, et que la dépense publique représente 54 % du PIB, contre 45 % dans l'UE, 37 % dans l'OCDE. Le coût de la fonction publique représente aujourd'hui 14,5 % du PIB, les transferts sociaux 22,5 %, et l'investissement 2 % seulement !
Les conséquences en sont dramatiques : la France a perdu 2 millions d'emplois industriels entre 1975 (5,6 millions) et 2000 (3,7 millions), et le tissu industriel continue de s'effondrer (45 000 faillites en 2003). Les sorties de capitaux sont deux fois plus importantes que les entrées, et 260 000 cadres français de haut niveau ont émigré depuis 10 ans. Le niveau de vie d'un Français qui représentait, il y a 20 ans, 80 % de celui d'un américain, ne représente plus que 65 % de celui-ci en 2003,
Le déclin français ne se limite pas à la dislocation de la base productive du pays, mais correspond à un traumatisme politique aigu. La crise n'est pas seulement économique, elle est intellectuelle, morale, voire spirituelle, car touchant au plus profond de l'identité, des valeurs et du destin historique de la France. Il est temps d'en sortir, et de proposer les voies du renouveau.
I- Les fondements du renouveau
a) La récupération de nos instruments de politique économique
La France est à l'agonie, et de surcroît, elle n'a plus les moyens de son propre salut. En signant les traités de Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2001), avec en point d'orgue le traité sur la Constitution européenne, les gouvernements français successifs ont accepté de transférer vers Bruxelles l'essentiel des attributs de la puissance publique, c'est-à-dire de l'État. Depuis la mise en place de l'euro, notre politique économique est soumise à de drastiques "critères de stabilité" (déficit, dette, inflation, taux d'intérêt, stabilité des changes). Nous n'avons donc plus de politique monétaire, budgétaire, industrielle et! commerciale indépendante, et par extension inévitable, plus non plus de politique salariale, fiscale et sociale. Notre souveraineté économique, c'est-à-dire notre pouvoir de décision et notre liberté de choix, ont bel et bien disparu.
Il importe donc, avant toute chose, de dénoncer ces traités, pour récupérer notre marge de manœuvre, c'est-à-dire notre capacité d'action, et sortir notre pays de sa crise économique permanente.
b) L'établissement d'un libéralisme national populaire et social
Depuis 20 ans, l'économie française cumule les handicaps du dirigisme socialiste au plan interne et du libre échangisme débridé au plan externe. Ce double poison ouvre notre système productif à tous les vents d'une concurrence mondiale sauvage, destructrice de nos entreprises et de nos emplois, sans lui donner les moyens d'y faire face. Cette spirale funeste diminue autant la richesse créée qu'elle rogne peu à peu les solidarités nécessaires. Les acteurs économiques ont donc besoin de plus de liberté d'action (liberté d'entreprendre, liberté du travail, respect de la propriété privée, respect des fruits du travail et de l'effort) et de protections commerciales minimales, afin d'assurer l'enrichissement de tous et le financement de la solidarité sociale (système de protection sociale et politique sociale),
Seule l'institution d'un libéralisme national, populaire et social est donc de nature à remettre la France sur le chemin de la prospérité.
II- Les moyens du renouveau
Deux types de mesures doivent donc être conjugués : celles qui créeront immédiatement les conditions du redémarrage (la politique "conjoncturelle"), et celles, à plus long terme, qui perpétueront une croissance durable du système économique (la politique "structurelle"),
a) La politique conjoncturelle
Elle s'appuie sur trois axes fondamentaux.
Tant d'abord, une baisse significative des impôts. Les prélèvements (46 % du PIB au minimum) doivent être ramené à 38 %, moyenne des pays de l'OCDE, par la diminution des tranches de l'impôt sur le revenu, la diminution de l'impôt sur les sociétés à 15 % du bénéfice et la suppression des droits de succession en ligne directe, La fiscalité locale doit être plafonnée et réformée, particulièrement en ce qui concerne la taxe professionnelle. Le financement de la protection sociale doit changer d'assiette, les cotisations pénalisant l'emploi : elle pourrait reposer sur la TVA (modulée), impôt de bon rendement, indolore et taxant inévitablement le capital, parce que toute épargne a vocation a être un jour dépensée.
Même si la réforme fiscale crée dans un premier temps un déficit budgétaire supplémentaire, il sera couvert par le supplément de richesses créées (et taxées) dans un second temps.
Ensuite, le rétablissement de nos frontières commerciales, c'est-à-dire des droits de douane modulés en fonction de l'origine des produits importés. Ainsi, les écarts de coûts salariaux entre la France et les pays du tiers monde seront compensés, laissant toutes leurs chances à nos entreprises sur le marché intérieur. C'est exactement la politique commerciale américaine, qui dispose d'un arsenal commercial unilatéral de protection des secteurs menacés (agriculture, construction aéronautique, services ... ).
Enfin, le rétablissement de notre monnaie nationale doit s'accompagner d'une gestion monétaire pragmatique et pas dogmatique, Le franc fort ou l'euro fort, c'est-à-dire la politique de surévaluation monétaire, n'ont aucun sens économique : elle n'empêche pas l'inflation réelle (plus de 5 % par an en France) et pénalise nos entreprises à l'exportation. Il faut savoir gérer la monnaie, pour qu'elle se déprécie ou s'apprécie quand c'est nécessaire. Là encore, le pragmatisme américain est frappant : la dépréciation du dollar permet, lorsqu'il y a un déficit commercial récurrent, de redresser progressivement les comptes extérieurs du pays.
b) Les réformes structurelles
Tous les modèles économiques enseignent que la croissance économique repose en partie sur la croissance démographique. Celle-ci ne doit pas reposer sur une immigration de peuplement généralement sous-qualifiée, mais sur une relance de la natalité française, assise sur une véritable politique sociale et fiscale d'incitation à l'accueil de la vie. Les naissances conditionnent la fois le capital humain de demain, la taille des marchés de consommation, le niveau d'épargne des ménages. La relance de la natalité doit ainsi s'accompagner d'une puissante réforme du système d'éducation et de formation, pour le tourner davantage vers les besoins d'une économie dynamique et en mouvement, en suscitant l'esprit d'effort, d'initiative et de travail.
Enfin, une diminution progressive du poids de l'État dans l'économie doit impérativement être mise en œuvre : baisse progressive des dépenses publiques par la suppression des postes de fonctionnaires partant en retraite, par la diminution du champ d'intervention de l'État là où de toute évidence son action est inutile ou moins efficace que ne le serait l'initiative privée, simplification de la réglementation. Un seul exemple : il y a 4 fois plus de lignes sur un bulletin de paie français qu'un bulletin de paie britannique!
III- Les objectifs du renouveau
Cette nouvelle politique économique a ainsi pour objectif le rétablissement des grands équilibres économiques, des grands équilibres sociaux et des grands équilibres financiers dans notre pays,
Le rétablissement des grands équilibres économiques suppose une croissance élevée et durable, laquelle découle des grandes réformes évoquées plus haut.
Un fort sentier de croissance économique est la condition du rétablissement des grands équilibres sociaux, d'abord parce que le niveau de l'emploi est lié à celui de l'activité. Ensuite, parce que la croissance permet toujours de distribuer un surplus, qui doit profiter à toutes les catégories d'actifs au travail, par la distribution de dividendes ou par les mécanismes d'intéressement et de participation. C'est l'essence d'un libéralisme national, populaire et social.
Enfin, c'est toujours la croissance qui permettra le rétablissement des grands équilibres financiers. En effet, l'expansion de l'activité est par nature génératrice de grosses recettes fiscales, même lorsque le niveau d'imposition est faible, puisque l'assiette de l'impôt, c'est-à-dire la richesse créée, est plus large. L'équilibre ou l'excédent budgétaire doivent ainsi être considérés comme des objectifs à moyen terme, permettant la résorption progressive de la dette publique.
On le voit, les solutions au mal économique français sont simples et claires. Tout est question de moyens, et surtout, comme toujours en politique, de volonté et de courage.
FDA janvier 2005
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Re: Pour une grande politique économique

Messagepar Pat » 15/10/2009 - 23:49

François-Xavier de Guibert : « Il existe des lois économiques cohérentes avec la Création »

« Exigez l'ordre monétaire ou acceptez l'esclavage », disait naguère l'économiste Jacques Rueff, favorable au retour à "étalon or. François-Xavier de Guibert, qui a édité d'importants ouvrages économiques (comme La Tragédie monétaire de Pierre Leconte, Mondialisme et mondialisation de Norman Palma et, en janvier 2009, Le capitalisme malade de sa monnaie) partage cet avis et explique pourquoi.

M &V : Le livre d'Edouard Husson et Norman Palma, Le capitalisme malade de sa monnaie, établit la responsabilité dans la crise actuelle de l'abandon de l'étalon-or au profit de l'étalon dollar ...
François-Xavier de Guibert
: Et même de l'abandon du bimétallisme, c'est-à-dire du double-étalon métallique qu'étaient jusqu'au XIXe siècle l'or et l'argent. L'une des grandes objections que l'on fait à l'étalon or est que sa base est étroite. En cas d'accroissement de richesses, et par conséquent de création de monnaie gagée sur cet accroissement et celui des échanges, la quantité d'or disponible n'est pas suffisante. Pour les auteurs, l'abandon de l'étalon argent, qui a précédé de plus d'un siècle l'abandon de l'étalon or, a été une première catastrophe, parce qu'il a rétréci considérablement la base monétaire métallique. Jusqu'alors, l'or servait de valeur de réserve tandis que l'argent circulait.

M &V : L'étalon dollar a longtemps été l'outil de l'hégémonie américaine, aujourd'hui remise en cause par la faillite du dollar. Est-il encore possible de revenir aux deux monnaies étalon ?
F-X. de G.
: Les auteurs que j'ai eu l'honneur d'éditer pensent que ce sera un point de passage obligé. La défiance publique envers les monnaies en circulation et le système financier va peser très fortement sur la conjoncture économique. Si l'on veut reconstruire des monnaies après la fin du règne du dollar- pour ne pas parler de son possible effondrement -, il faudra restaurer la confiance dans la monnaie et l'épargne. On ne pourra pas éviter de créer des instruments monétaires nouveaux, qui ne pourront pas être appuyés sur la seule prétention à la solvabilité d'Etats surendettés dans des proportions considérables. L'homme a besoin d'échanger et pour cela il a besoin de repères stables. La monnaie est un instrument essentiel des fonctions économiques que sont les échanges, la fixation de la valeur et la conservation de l'épargne. Il faudra donc recréer des monnaies et l'on ne pourra pas éviter de faire référence, au moins partiellement, à une garantie métallique, c'est-à-dire à l'or et à l'argent, ou autres. Soit ce retour au réel s'opérera de manière organisée et les Etats le canaliseront, au prix de grandes souffrances ; soit la pression des faits l'imposera malgré eux et nous serons dans la situation décrite par Pierre Leconte il y a déjà six ans : La Tragédie monétaire, que redoutaient voilà déjà 40 ans De Gaulle et Jacques Rueff. C'est inévitable et c'est la crainte majeure des responsables du système actuel, car l'émission monétaire ne sera plus laissée au bon vouloir de ceux qui impriment les billets. Or les Etats ne veulent pas être limités dans leurs dépenses par ce garde-fou.
On assistera aussi vraisemblablement à la remise en cause de l'euro. L'un des problèmes fondamentaux que pose cette monnaie, c'est qu'elle a plusieurs garants en dernier ressort et qu'ils peuvent avoir des intérêts opposés. Les différents auteurs que nous avons publiés ont souligné depuis longtemps qu'il était extraordinairement imprudent de fonder une monnaie qui ne peut voguer que par temps calme et en pleine prospérité. Quiconque a navigué sait que l'on prend un risque considérable en amarrant entre eux, en pleine mer, des bateaux de taille et de nature extrêmement différentes. Il est faux de prétendre que ces bateaux amarrés les uns aux autres constituent une grande puissance : quand la tempête arrive, ils se heurtent les uns les autres, et, pour survivre, doivent impérativement se déborder le plus vite possible. C'est ce qui va se passer. Rappelons d'ailleurs que l'euro n'est pas une monnaie économique, mais une monnaie politique, qui n'a pour objectif que d'enfermer les Etats membres dans un carcan. La question est de savoir si cette prison tiendra longtemps contre la tempête. Sa situation évoque la maison bâtie sur le sable dont parlent les Evangiles : la pluie est tombée, les torrents ont dévalé et la maison a été ruinée.

M & V : Peut-on y voir la condamnation du mondialisme et du libre-échangisme ?
F-X. de G.
: Non, mais la condamnation d'une situation de mondialisation parfaitement scandaleuse. Il peut exister une bonne mondialisation : la route de la soie n'a pas attendu l'OMC, ni la commission européenne, pour exister ! Mais lorsqu'un commerçant chinois organisait une caravane vers l'Europe, il transportait des biens qui avaient de la valeur et qui étaient payés avec une monnaie de référence admise par tous : l'or, ou par un échange de marchandises équivalentes. Il y avait donc une honnêteté, une équité et un équilibre dans l'échange. Ce qui est dramatique dans la mondialisation actuelle, c'est l'iniquité et le déséquilibre. Le système est fondé sur la mise en relations de civilisations ou de pays dont les niveaux économiques sont fondamentalement différents ; or on ne peut pas mettre en concurrence avec profit des pays dans de telles conditions. Il n'y a aucun intérêt à fabriquer des pièces détachées en Chine, sinon parce que les Chinois sont payés vingt fois moins cher que les Français pour faire le même travail... Cette persistance de déséquilibres majeurs a créé des accumulations de réserves monétaires d'un côté et des appauvrissements de l'autre. Finalement ; tout cela génère des bulles financières et, à terme, un chômage de masse et une catastrophe monétaire.

M &V : Ne faudra-t-il pas sortir tôt ou tard du débat entre l'étatisme socialiste et l'individualisme libéral ? N'y a-t-il pas autre chose à inventer ?
F-X. de G.
: La question tient moins aux doctrines économiques qu'à des principes moraux. Le principe moral fondamental, c'est la dignité de l'homme, qui suppose la liberté économique et la justice. Les déséquilibres, les atteintes à l'équité, s'opposent fondamentalement au droit naturel. De ce point de vue, nous sommes en situation de contradiction absolue par rapport à la doctrine sociale de l'Eglise. Or, il existe une seule institution au monde qui n'a pas à rougir de ce qu'elle a dit sur les problèmes économiques et financiers depuis 4000 ans - puisque nous reprenons dans notre patrimoine la vénérable tradition hébraïque en la matière -, c'est l'Eglise catholique romaine. En se fondant sur le droit naturel éclairé par l'enseignement de la Bible et de l'Evangile, elle rappelle avec une grande sagesse qu'il existe des lois économiques, conformes à la nature de l'homme et cohérentes avec la Création. Ces lois, nous ne pouvons pas impunément nous en affranchir. Cette crise va avoir pour première conséquence un retour salutaire à la morale, hélas à travers les très grandes souffrances des plus pauvres.
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