L’actuel débat sur le pouvoir d’achat nous permet d’assister au spectacle lassant des pompiers pyromanes. Comme à son habitude, la classe politique, directement responsable de ce désastre social, se pique nous expliquer ce qu’il convient de faire. Ses résultats que même l’Insee avec ses chiffres truqués n’arrive plus à camoufler, devraient pourtant inciter nos élites à davantage de modestie.
Plus d’Europe c’est moins d’euros
Lorsque, par la volonté politique de nos gouvernants, les entreprises sont soumises à une concurrence étrangère débridée sur leur propre marché intérieur ou sur un marché européen ouvert à tous les vents, les salaires sont mécaniquement tirés vers le bas. Il en est de même pour les entreprises qui se tuent à exporter et voient leurs marges laminées par les taux de change scandaleusement déséquilibrés du fait de l’action néfaste de la BCE : les salaires se payent dans un euro abusivement fort alors que les exportations sont réglées en dollar artificiellement faible.
Plus d’immigration c’est moins de rémunération
Sur le front du travail, une politique d’immigration continue à être méticuleusement organisée dans de nombreux secteurs pour satisfaire un certain patronat. Elle a pour effet direct l’injection d’une offre de main d’œuvre à faible prétention salariale. Ce dumping à l’embauche désamorce à l’avance toute velléité de revalorisation du travail.
Il ne faut pas être grand spécialiste en économie pour comprendre que le marché du travail est, comme tous les marchés, soumis à la règle de l’offre et de la demande. C’est une certitude, la mondialisation avec son volet démographique vise également un projet d’alignement sur le moins disant social dans lequel « l’immigration choisie » trouve toute sa venimeuse cohérence.
L’engagement sans garde fou de notre économie dans la mondialisation, la création de l’euro et son corollaire qu’est l’irresponsable indépendance de la BCE comme la poursuite effrénée de l’immigration relèvent expressément de la volonté politique de nos gouvernants depuis 30 ans. Or, Nicolas Sarkozy qui fut tour à tour, maire, député, ministre, vice premier ministre, président de conseil général, chef de parti majoritaire, ne peut s’exonérer de sa propre responsabilité politique. Il a été l’artisan ou plus exactement le complice et même l’auteur de cette funeste politique.
Le pouvoir d’achat, comme la richesse, ça ne se décrète pas
Pour autant, si la baisse des salaires peut s’organiser sciemment ou non, la hausse du pouvoir d’achat ne se décrète pas par volonté ministérielle. Il faut avoir la prétention du communiquant, enivré de ses propres slogans électoraux, pour croire qu’un gouvernement peut prétendre sérieusement décider du niveau des salaires ou de la croissance. Le niveau des rémunérations comme celui du PIB ne correspondent en effet qu’à de la richesse effectivement produite par le pays ou par l’entreprise. Il ne suffit pas de dire qu’on va être riche pour le devenir. Un tel raisonnement procèderait du mensonge ou du propos de bistrot.
Le « paquet social » : une usine à gaz qui produit des mégots
Enfermé dans des promesses d’autant plus pressantes qu’elles ont aiguisé les légitimes attentes des Français les plus modestes, confronté à l’échec de l’impulsion sur la croissance de son paquet fiscal et la complexité de sa loi « Tepa » sur l’exonération de heures supplémentaires, Nicolas Sarkozy se voit contraint d’agir avant les municipales.
Pour donner le change, il ficelle, à la hâte, un fourre-tout social agglomérant des mesures qui relèvent du trompe l’œil ou de la politique de gribouille, oubliant au passage les retraités en voie de paupérisation :
1) La possibilité pour les salariés de disposer des sommes attribuées au titre de la participation aux résultats de l’entreprise : cette nouvelle faculté ouverte ne constitue pas à proprement parler un octroi de pouvoir d’achat supplémentaire mais une autorisation officielle de dépenser sa propre épargne. Il y a d’ailleurs tout lieu de penser que la plupart des salariés n’y toucheront pas ou réinvestiront les sommes initialement détenues par l’entreprise dans de l’assurance vie c’est-à-dire dans un autre produit d’épargne.
2) La monétarisation des RTT et la possibilité de renégocier les 35 heures dans l’entreprise c’est-à-dire le relèvement du seuil de déclenchement des heures supplémentaires : elle rendent inopérantes les avantages sociaux et fiscaux accordés en octobre 2007 par la loi Tepa.
3) La transformation en salaire des RTT et des comptes épargne temps : ils sont institués mais restent conditionnés à des besoins de l’entreprise et à ses disponibilités de trésorerie.
4) La prime de 1000 euros exonérée de charge dans les entreprises non soumises à la participation : elle est illusoire dans la plupart des petites entreprises faute de capacité financière.
4) L’indexation des loyers sur des indices inférieurs à l’indice de la construction et la baisse autoritaires des cautions : ces dispositions reviennent indirectement mettre à la charge des propriétaires immobiliers privés le financement d’une politique d’aide aux locataires. En réalité, ces mesures risquent de décourager encore davantage l’investissement dans la pierre jugé déjà aléatoire et peu rentable. Cette dissuasion probable des investisseurs aura comme dommage collatéral de raréfier les produits et d’entraîner une augmentation les loyers.
5) La hausse du pouvoir d’achat par la volonté de la grande distribution : elle relève carrément de l’escroquerie politique : comment croire que les distributeurs protègeront le pouvoir d’achat des consommateurs alors que leur premier souci de commerçants et l’exigence de leurs actionnaires les conduisent à ne protéger que leurs marges ; comment croire que le débridement effrénée de la concurrence entraîne une baisse des prix : l’exemple du numéro des renseignements 12 devenu 218 suffit à nous convaincre que cette libéralisation sauvage crée une jungle des prix préjudiciable aux consommateurs; quant à la libéralisation des services publics, l’exemple de la distribution de l’eau nous montre que la concurrence peut mener au duopole, à la surfacturation organisée et à l’entente illicite sur le dos des consommateurs.
Décidemment, l’examen du nouveau paquet social de Nicolas Sarkozy est plus qu’inquiétant. En matière de pouvoir d’achat, le gouvernement tâtonne. Pour n’avoir pas voulu oser l’abolition pure et simple des 35 heures, il s’oblige à de vaines contorsions légales, contradictoires et psychologiquement désastreuses.
Pour avoir renoncé à réformer en profondeur un mode de financement de notre protection sociale anachronique qui plombe nos salaires et notre compétitivité, Sarkozy rafistole en attendant un hypothétique sursaut économique. Même sa propre majorité, pourtant composée de godillots, ressent le malaise, rechigne et avoue même ne plus rien y comprendre.
Ce débat surréaliste qui enterre bien des illusions, vient vraisemblablement sceller la fin de l’état de grâce présidentiel. Tout le monde l’aura compris. La baisse du pouvoir d’achat c’est pour les autres. Pour lui, c’est 204 % d’augmentation immédiate.
Alors que Nicolas entre dans une lune de miel avec son mannequin de cire, Sarkozy en sort avec les Français.
Olivier Carer
http://fr.altermedia.info/
Baisse du pouvoir d’achat : ils continuent de nous balader !
http://www.les4verites.com/Diminuer-l-i ... -1771.html
- les démons inflationnistes français sont toujours bien là. Obtenir une augmentation de salaires sans une augmentation de productivité équivalente, augmenter la durée de la retraite sans augmenter le temps du travail, payer brutalement 35 heures comme 39, ne peut donner que de l’inflation. La liste de ces comportements bien français est très, très longue.
- les démons inflationnistes français sont toujours bien là. Obtenir une augmentation de salaires sans une augmentation de productivité équivalente, augmenter la durée de la retraite sans augmenter le temps du travail, payer brutalement 35 heures comme 39, ne peut donner que de l’inflation. La liste de ces comportements bien français est très, très longue.
"LA VÉRITÉ EST COMME LE FEU:ELLE EST D'UNE ÉVIDENCE AVEUGLANTE"
"LA PERFECTION N"EST PAS DE FAIRE QUELQUE CHOSE DE GRAND OU DE BEAU, MAIS DE FAIRE CE QUE VOUS ÊTES EN TRAIN DE FAIRE AVEC GRANDEUR ET BEAUTÉ."
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