Tout est dans la manière d'annoncer. Début décembre, Louis Gallois, président d'EADS, traitant de "l'euro fort ", évoquait la menace de délocalisations de pans entiers de la construction aéronautique ailleurs qu'en Europe. En fait de menace, le processus est déjà en cours. Il accentue la disparition accélérée de l'industrie, en particulier en France. Tout ceci est présenté comme inévitable, et allant dans la logique des choses. Mais dirigeants et médias passent sous silence un certain nombre d'éléments qui contredisent Louis Gallois et les autres patrons d'Airbus.
"NOUS allons être obligés de faire fabriquer des pièces d'avion, des portes; des éléments de fuselage, des éléments d' aile, à l' extérieur de l'Europe." Louis Gallois attribue cette « nécessité » au cours euro-dollar en la mettant au futur. En réalité, ses plans de délocalisation sont lancés depuis longtemps. Les patrons français d'EADS finissent de répartir les parts de marché qu'ils vont accorder aux uns et aux autres. Au moment où Louis Gallois parlait à Paris, une réunion sur Airbus s 'achevait à Tokyo, vingt sous-traitants aéronautiques nippons se répartissaient avec le patron des contrats d'Airbus, Kiran Rao, la fabrication des fibres de carbone de l'A350. Dans des conditions inédites, et graves pour l'avenir.
Car cette négociation n'était pas une nouveauté. Russes et Chinois ont déjà obtenu des parts importantes de l' A320 et de l' A350. Dans l'Empire du Milieu l'assemblage d'éléments complets débute l'an prochain. Donc, rien de nouveau à Tokyo? Si, pourtant. A Pékin et à Moscou ont été conclus des accords avec la condition que les compagnies aériennes de ces pays garantissent des achats des modèles produits. Avec les Japonais, rien de tel. Tout cela à cause de ce maudit dollar, lequel, à chaque fois qu'il perd 10 cents face à l'euro, ferait plonger EADS d'un milliard d'euros? On peut être sceptique. Car, non seulement tous les contrats de délocalisations sont rédigés en dollars et non en euros, mais encore 70% des dépenses présentes d'Airbus par exemple, sont d'ores et déjà réglées en dollars. L'avionneur "européen" a son cœur financier à Washington.
EADS est au demeurant tellement fasciné par les USA qu'il entend bien y investir très vite. Plus de 1,5 milliard de dollars - pas d'euros - sont provisionnés afro d'implanter outre-Atlantique une usine de communications militaires d'ici fin 2008, outre le projet d'assemblage de l'A330 cargo en Alabama (coût non signalé). Un tel enthousiasme est entraînant, et Charles Edelstenne, PDG de Dassault Aviation, en a subi les effets. Il souhaite délocaliser ses bureaux d'études et des « éléments de structure». La faute à l'euro fort, soutient-il à l'unisson de Louis Gallois. Là aussi, des doutes sont exprimés : le plantage du Rafale au Maroc, plus quelques autres mésaventures, expliquent mieux la ruée vers les délocalisations.
Des gages à Washington
Il ne faudrait quand même pas oublier, sous prétexte que les directions sont très discrètes à ce sujet, que le dollar faible est une grande aubaine pour les compagnies d'aviation et les avionneurs. Toutes les factures de carburant en particulier sont réglées dans cette devise. Le grand problème ne réside pas dans les termes "force" ou "faiblesse" du dollar et de l'euro, mais dans leurs fluctuations constantes, en fonction des intérêts de Washington , et d'eux seuls. Les Américains, bien qu'Airbus leur achète déjà plus de 20 % de ses éléments, entendent en vendre de plus en plus. Et les Asiatiques, moins gâtés que les Etats-Unis, frappent avec insistance à la porte des acheteurs des avionneurs français et allemands. A Paris et à Berlin, on convient qu'il faut donner des gages à Washington. Au-delà d'investissements aux USA, des ventes d'usines en France à des acheteurs comme la firme US Spirit sont en discussion.
Tout ceci produira des restructurations massives d'effectifs, s'ajoutant à celles du « plan social » Power 8. Les syndicats pourront-ils s'y opposer ? Ceux de France auront beaucoup de peine à s'imposer. En Allemagne, en revanche, EADS se heurtera à une très forte résistance. 2008 sera une année agitée dans l'aéronautique européenne ...
Alexandre MARTIN National Hebdo décembre 2007
LA CONSTRUCTION D' AIRBUS DÉLOCALISÉE AU JAPON ET AUX USA!
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___ oups !!!
Candide a écrit :On ne pourrait pas délocaliser l'UMPS, les syndicats et toutes les associations parasites ?
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___ voilà une idée qu'elle est très bonne
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encore un carreau d'cassé, v'là le vitrier qui passe,
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comme l'a justement ironisé Marine hier à la matinale de Anal+ : "on nous a dit : la France c'est le luxe, nous aurons toujours le luxe, nous pouvons en vivre"...
Sauf que le luxe, nous n'y avons pas droit nous-même.
Sauf que les entreprises de luxe délocalisent.
et Sauf que toute l'économie, y compris "le luxe", fuit notre pays-benne.
Il est grand temps que le FN rende ses couleurs à notre drapeau !
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"Les peuples ne devraient pas avoir peur de leurs gouvernements. Les gouvernements devraient avoir peur du peuple"
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___ partage ...
Georges-Bernard a écrit :Lorsque toutes les entreprises seront délocalisées, que feront donc les moutons françaisComment gagneront-ils de quoi vivre, payer leur piscine, leur voiture, leur téléphone portable, leur écran plasma de 10 M2, e c t . . .
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___ celà est sans doute ce que l'on nomme << partage des richesses>>, celà s'apparente pour moi au <<partage des misères>>, voire appauvrissement des siens .
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___ ma grand-mère avait coutume de dire : Charité bien ordonnée commence par soi-même !
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Airbus : délocallsatlons vers les USA
DÉCIDÉMENT, les mauvaises nouvelles se succèdent pour les salariés d'Airbus. A peine a-t-on appris il y a quelques mois la mise en œuvre du plan Power 8, qui prévoit la suppression de quelque dix mille emplois en quatre ans et la cession de six sites industriels européens (les noms des repreneurs ne seront d'ailleurs pas connus avant Noël voire au début 2008 a annoncé le président d'Airbus, Thomas Enders), que la direction du groupe aéronautique évoque la perspective de prochaines délocalisations aux ... Etats-Unis!
Ce projet, qui pourrait être effectif dès l'année prochaine et qui est officiellement destiné à compenser les effets négatifs de la baisse du dollar sur la rentabilité de l'entreprise, a le soutien d'Arnaud Lagardère, gérant-commandité du groupe éponyme et actionnaire d'EADS, la maison mère d'Airbus: « Les constats sont clairs: il y a un mal qui peut être mortel, c'est l'affaiblissement du dollar par rapport à l'euro. Dix centimes d'affaiblissement du dollar égale un milliard de résultat d' exploitation de perte pour Airbus. Depuis deux ans, le dollar s'est déprécié de trente centimes, si mes calculs sont justes, cela fait trois milliards, il faut les trouver quelque part », a déclaré au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI cet industriel très proche de Nicolas Sarkozy, reprenant à son compte les arguments présentés à plusieurs reprises par Louis Gallois, président d'EADS ces derniers temps.
De fait, le plan Power 8, déjà draconien, était fondé sur une hypothèse d'euro à 1,30 dollar alors que le cours actuel frôle 1,50. Cela dit, la baisse du billet vert n'explique pas tout. Il y aussi des problèmes internes sur le programme du très gros porteur A380 qui ont coûté à Airbus la bagatelle de cinq milliards de dollars même si la vente de 160 avions à la Chine aurait rapporté par ailleurs 17 milliards de dollars. Toujours dans le cadre de Power 8, le groupe américain Spirit est le favori pour la reprise des sites allemands de Varel, Nordenham et Laupheim, tandis que le choix de Latécoère pour la reprise des sites français de Méaulte et Saint-Nazaire- Ville serait quasiment acquis.
L'IMPUISSANCE DE L'ETAT NATIONAL
Pour Lagardère « Il faut d'abord appliquer le programme Power 8jusqu'au bout, c'est le premier point. Le deuxième point, ce sont les délocalisations, c'est aussi une réponse. Il ne s'agit pas de transporter Toulouse à Seattle, il s'agit de délocaliser une certaine partie des productions. Les délocalisations, c'est une décision ferme bien évidemment. Pas une décision de très court terme mais une décision de moyen terme. » Une sèche réplique au Premier ministre François Fillon qui déclarait dans un entretien au quotidien économique Les Echos: « On ne répond pas à un problème purement conjoncturel par des décisions stratégiques qui engagent le long terme. La France et l'Allemagne ont lourdement investi dans Airbus, ce n'est pas pour le voir partir par morceaux vers la zone dollar. L'Etat actionnaire fera tout pour dissuader EADS de délocaliser sa production. »
Des « paroles verbales» car l'Etat français, actionnaire à hauteur de 15 % seulement d'EADS, la maison mère d'Airbus, n'a évidemment pas la possibilité de s'opposer à la décision de l'avionneur européen de délocaliser certaines activités, comme l'a sèchement constaté Arnaud Lagardère pour lequel l'Etat ne peut aller « contre les intérêts à moyen et long terme d'EADS ». De fait, la mondialisation des économies diminue considérablement le rôle protecteur des Etatsnations et le magistère des politiques reste désormais celui de la parole et de la vaine promesse à défaut d'être celui de l'action et de la décision. On le voit de plus en plus clairement, les dirigeants des pays européens sont là pour accompagner la mondialisation, compatir platoniquement aux souffrances et destructions de toutes sortes induites par la nouvelle économie mais en aucun cas pour protéger leurs compatriotes en restaurant la souveraineté de l'Etat.
On constate pareillement que la mise en place de l'euro qui devait profiter au peuple, du moins nous le promettait-on, a non seulement entraîné un considérable surenchérissement du coût de la vie (avant 2002, il fallait quelque 400 francs. pour faire le plein de provisions au supermarché alors qu'aujourd'hui 150 euros, soit 1 000 francs, sont à peine suffisants), mais de plus cette monnaie européenne ruine nos entreprises les plus performantes et menace donc les emplois et le pouvoir d'achat. Et on ne peut compter sur la Banque centrale européenne pour défendre les intérêts des travailleurs des Etats membres de l'UE. Notre pays et notre continent n'ont pas fini de connaître la spirale des délocalisations sauvages - contre lesquelles le candidat Sarkozy s'était pourtant engagé à lutter pendant sa campagne présidentielle - et de tous les désastres économiques et sociaux qu'elles engendrent.
J. B. RIVAROL
DÉCIDÉMENT, les mauvaises nouvelles se succèdent pour les salariés d'Airbus. A peine a-t-on appris il y a quelques mois la mise en œuvre du plan Power 8, qui prévoit la suppression de quelque dix mille emplois en quatre ans et la cession de six sites industriels européens (les noms des repreneurs ne seront d'ailleurs pas connus avant Noël voire au début 2008 a annoncé le président d'Airbus, Thomas Enders), que la direction du groupe aéronautique évoque la perspective de prochaines délocalisations aux ... Etats-Unis!
Ce projet, qui pourrait être effectif dès l'année prochaine et qui est officiellement destiné à compenser les effets négatifs de la baisse du dollar sur la rentabilité de l'entreprise, a le soutien d'Arnaud Lagardère, gérant-commandité du groupe éponyme et actionnaire d'EADS, la maison mère d'Airbus: « Les constats sont clairs: il y a un mal qui peut être mortel, c'est l'affaiblissement du dollar par rapport à l'euro. Dix centimes d'affaiblissement du dollar égale un milliard de résultat d' exploitation de perte pour Airbus. Depuis deux ans, le dollar s'est déprécié de trente centimes, si mes calculs sont justes, cela fait trois milliards, il faut les trouver quelque part », a déclaré au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI cet industriel très proche de Nicolas Sarkozy, reprenant à son compte les arguments présentés à plusieurs reprises par Louis Gallois, président d'EADS ces derniers temps.
De fait, le plan Power 8, déjà draconien, était fondé sur une hypothèse d'euro à 1,30 dollar alors que le cours actuel frôle 1,50. Cela dit, la baisse du billet vert n'explique pas tout. Il y aussi des problèmes internes sur le programme du très gros porteur A380 qui ont coûté à Airbus la bagatelle de cinq milliards de dollars même si la vente de 160 avions à la Chine aurait rapporté par ailleurs 17 milliards de dollars. Toujours dans le cadre de Power 8, le groupe américain Spirit est le favori pour la reprise des sites allemands de Varel, Nordenham et Laupheim, tandis que le choix de Latécoère pour la reprise des sites français de Méaulte et Saint-Nazaire- Ville serait quasiment acquis.
L'IMPUISSANCE DE L'ETAT NATIONAL
Pour Lagardère « Il faut d'abord appliquer le programme Power 8jusqu'au bout, c'est le premier point. Le deuxième point, ce sont les délocalisations, c'est aussi une réponse. Il ne s'agit pas de transporter Toulouse à Seattle, il s'agit de délocaliser une certaine partie des productions. Les délocalisations, c'est une décision ferme bien évidemment. Pas une décision de très court terme mais une décision de moyen terme. » Une sèche réplique au Premier ministre François Fillon qui déclarait dans un entretien au quotidien économique Les Echos: « On ne répond pas à un problème purement conjoncturel par des décisions stratégiques qui engagent le long terme. La France et l'Allemagne ont lourdement investi dans Airbus, ce n'est pas pour le voir partir par morceaux vers la zone dollar. L'Etat actionnaire fera tout pour dissuader EADS de délocaliser sa production. »
Des « paroles verbales» car l'Etat français, actionnaire à hauteur de 15 % seulement d'EADS, la maison mère d'Airbus, n'a évidemment pas la possibilité de s'opposer à la décision de l'avionneur européen de délocaliser certaines activités, comme l'a sèchement constaté Arnaud Lagardère pour lequel l'Etat ne peut aller « contre les intérêts à moyen et long terme d'EADS ». De fait, la mondialisation des économies diminue considérablement le rôle protecteur des Etatsnations et le magistère des politiques reste désormais celui de la parole et de la vaine promesse à défaut d'être celui de l'action et de la décision. On le voit de plus en plus clairement, les dirigeants des pays européens sont là pour accompagner la mondialisation, compatir platoniquement aux souffrances et destructions de toutes sortes induites par la nouvelle économie mais en aucun cas pour protéger leurs compatriotes en restaurant la souveraineté de l'Etat.
On constate pareillement que la mise en place de l'euro qui devait profiter au peuple, du moins nous le promettait-on, a non seulement entraîné un considérable surenchérissement du coût de la vie (avant 2002, il fallait quelque 400 francs. pour faire le plein de provisions au supermarché alors qu'aujourd'hui 150 euros, soit 1 000 francs, sont à peine suffisants), mais de plus cette monnaie européenne ruine nos entreprises les plus performantes et menace donc les emplois et le pouvoir d'achat. Et on ne peut compter sur la Banque centrale européenne pour défendre les intérêts des travailleurs des Etats membres de l'UE. Notre pays et notre continent n'ont pas fini de connaître la spirale des délocalisations sauvages - contre lesquelles le candidat Sarkozy s'était pourtant engagé à lutter pendant sa campagne présidentielle - et de tous les désastres économiques et sociaux qu'elles engendrent.
J. B. RIVAROL
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