FAUSSAIRES D'ÉTAT

Un chef-d'oeuvre bimillénaire en péril.
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Pat
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FAUSSAIRES D'ÉTAT

Messagepar Pat » 07/11/2007 - 20:17

EN LA personne de François Léotard, heureusement rendu à une obscurité dont il n'aurait jamais dû sortir, la France avait déjà eu (dans le gouvernement Balladur, 1993-1995) un objecteur de conscience promu ministre de la Défense.
Grâce à l'ex- Mme Sarkozy, qui imposa auprès de son époux d'alors celle qu'elle considérait comme «une sœur», notre pays a l'honneur et l'avantage d'avoir pour garde des Sceaux une issue de l'immigration (algérienne), délinquante de droit commun. Certes, Mme Rachida Dati n'a pas comme ses frères Omar et Jamal dealé du haschich. S'il est vrai néanmoins comme l'affirme L'Express (du 25 octobre) et comme l'a confirmé HEC, entérinant ainsi le bruit qui courait depuis des mois, qu'elle a frauduleusement excipé de l'obtention d'un «MBA européen du groupe HEC-ISA » - jamais décroché - pour intégrer « sur titres » l'Ecole nationale de la Magistrature de 1997 à 1999 et devenir ainsi auxiliaire Ide justice jusqu'en septembre 2003, époque à laquelle elle bénéficia d'une mise â disposition du cabinet du ministère de l'intérieur - alors occupé par un certain Sarkozy -, elle s'est rendue coupable de faux et usage de faux. Délit passible selon les articles 441-1 et 441-2 du Code Pénal de lourdes peines (3 à 5 ans de prison et 45 000 à 75000 euros d'amende).
Une première dans l'histoire de la République française, qui en a pourtant vu d'autres. Et qui disqualifie évidemment, puisque c'est une délinquante qui la mène, la « révolution de la carte judiciaire » dont l'a chargée le chef de l'Etat. Comment les magistrats, les avocats et les députés concernés par la disparition prévue de quantités de tribunaux d'instance et même de cours d'appel pourraient-ils accepter les Diktats d'une créature nommée à son poste prestigieux un ministre régalien! - sur la foi d'une prétendue expérience judiciaire elle-même acquise par fraude? Aux dernières nouvelles, d'ailleurs, la fronde a été telle, y compris à l'UMP, que la fameuse révolution serait fort compromise, les cours d'appel menacées étant finalement épargnées. Mais on comprend mieux les crises à répétition survenues au ministère de la Justice depuis l'arrivée de Rachida Dati : les sept hauts fonctionnaires, chargés d'expérience et de diplômes (avérés, eux !) constituant son cabinet et qu'elle traitait comme des chiens, savaient trop à quoi s'en tenir sur la parachutée.

MAIS dans la France des Dati et des Sarkozy, ces arrivistes forcenés qui étaient si bien faits pour s'entendre, tout ne se passe-t-il pas sous le signe du faux et usage de faux?
Le même 25 octobre, l'actualité était dominée par le renvoi aux calendes grecques d'une autre réforme historique, celle des institutions, et par la mort du négrillon Aaron, tué dans une cité de Bobigny (Seine-Saint-Denis) par un molosse appartenant à un vigile. Aucun rapport ?
Sauf qu'à l'occasion de ce drame, on a appris par France 2, chaîne d'Etat, que la plupart des vigiles africains (omniprésents désormais dans tous les restaurants populaires et grandes surfaces où ils se montrent d'ailleurs odieux avec les "babtous" sur lesquels on leur donne autorité) étaient des clandestins, dont les chiens l'étaient aussi, et que vivant dans des squats, ils parquent leurs rottweilers, pitbulls et autres malinois dans des cages microscopiques dont ces animaux, qui auraient besoin d'espace et d'une nourriture saine, sortent affamés, littéralement enragés par leur confinement et donc prêts à dépecer le premier humain croisé. Une situation apparemment connue de tous. Que fait la Chancellerie, alors que des lois ont été votées depuis des années, à l'encontre aussi bien des immigrés en situation irrégulière que des chiens tueurs et des criminels qui, par ignorance ou sadisme, font de leurs bêtes de véritables armes par destination?
Si une révolution était à faire Place Vendôme c'est bien celle qui consisterait à faire appliquer, sans faiblesse, les textes déjà existants.

ON NAGE aussi en pleine mystification avec les conclusions de la Commission Balladur-Lang sur les institutions remises lundi à l'Elysée puisque sous couvert de rationalisation et de modernisation, elles visent à recouper tout exprès pour l'actuel président de la République la Constitution de 1958 qui avait été taillée sur mesures pour De Gaulle par Michel Debré.
Certes, on peut se féliciter que soient un jour « prises en compte dans le temps de parole de l'exécutif » les interventions du chef de l'Etat dans les media audiovisuels, alors qu'actuellement ce temps de parole est exorbitant (1). Mais il est évident que le changement consistant à donner au seul président le droit de « définir la politique de la nation », le gouvernement se bornant à la "conduire", est de nature à provoquer une crise institutionnelle majeure en cas de cohabitation, laquelle n'est jamais à exclure.
En outre, à quoi rime d'autoriser le président à « prendre la parole devant l'une ou l'autre des assemblées du Parlement », ce qui lui est aujourd'hui interdit en vertu de la séparation des pouvoirs, et d'indiquer que cette allocution « peut donner lieu à un débat», dès lors qu'il est dûment précise que ce débat ne sera «suivi d'aucun vote» ?
Autres modifications en trompe-l'œil, l'introduction d'une « dose de proportionnelle » aux législatives - dose homéopathique puisque « 20 à 30 députés » seulement seraient élus selon ce mode de scrutin - et, pour les candidatures à la présidentielle, le remplacement des 500 parrainages de maires par un « collège de 100000 grands électeurs» entérinant ou non à bulletins secrets les candidatures en présence. Une proposition "aberrante" et même « anticonstitutionnelle en ce sens que le scrutin présidentiel doit être direct, secret et universel », s'est aussitôt insurgé Jean-Marie Le Pen flétrissant à juste titre cette «élection à deux degrés» alors qu'il y a « une proposition simple, demandée par tout le monde, à savoir la confidentialité des signatures de maires ». Mais ce serait là une solution trop simple et trop démocratique. Alors qu'un grand collège congrument choisi permettrait d'éliminer tous les gêneurs ou, au contraire, de promouvoir les « idiots utiles» au Pouvoir.

AU demeurant, cette réforme tant trompetée depuis le début du quinquennat a elle aussi du plomb dans l'aile. Alors qu'elle aurait dû être examinée par les Chambres (dont la session s'achèvera le 7 février en raison des municipales), puis adoptée en Congrès dès janvier, le gouvernement laissait donc entendre le 25 octobre qu'elle serait repoussée au printemps, l'urgence étant à la ratification par le Congrès du traité européen "simplifié" (3 000 pages !) que Nicolas Sarkozy considère comme une immense victoire. Mais cette victoire, qui est en fait un aveu d'échec puisque le chef de l'Etat se garde bien de soumettre son "enfant" au peuple qui avait si mal voté le 29 mai 2005 contre la Constitution-Giscard dont, de l'avis même de l'ancien président de la République, le traité dit de Lisbonne n'est qu'une resucée (2) et choisit prudemment l'onction des députés à sa botte et de leurs collègues socialistes, sera donc fondée sur la fraude. Comme la météorique carrière de Rachida Dati, boulet dont il sera bien difficile de se débarrasser puisque femme, beur et musulmane, elle est intouchable.
Sarko, pire que Jacquot? Entre ses mauvais choix ministériels, le pays paralysé par la grève d'Air France succédant à celles survenues à la SNCF et à la RATP et le recul sur l'interdiction signifiée aux médecins fraîchement diplômés de s'installer dans des zones déjà surmédicalisées, l'illustre illusionniste semble bien perdre la main dans ses tours de magie. Qu'on ne compte pas sur nous pour le plaindre.

< galic@rivarol.com >.

(1) 224 passages au petit écran pendant les quatre premiers mois de son mandat, contre 75 pour Chirac pendant la même période!
(2) « Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l'on cherche », a crûment écrit Valéry Giscard dans Le Monde du 26 octobre. Qu'en pensent les naïfs qui ont voté Sarkozy un an après avoir voté non?
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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