Devant Vladimir Poutine, Nicolas Sarkozy a redit son alignement sur les positions américaines en ce qui concerne le nucléaire iranien.
De son côté, Poutine au contraire a réaffirmé, devant son homologue, la position ferme de son pays, assurant ne pas avoir "d'informations selon lesquelles l'Iran aspire à produire des armes nucléaires". Et donc que Moscou s'opposerait à de nouvelles sanctions contre Téhéran, prônées notamment par Paris, pour contraindre l'Iran à stopper son programme d'enrichissement d'uranium susceptible de dissimuler un projet militaire.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a mis en garde contre tout "mouvement brusque" envers l'Iran tant que les experts de l'Agence internationale de l' énergie atomique (AlEA) n'auront pas rendu leurs conclusions.
Ce qui n'a pas empêché Sarkozy de déclarer aux jour!nalistes qu'il avait noté " une certaine convergence sur ce dossier " Il est bien le seul !
En s'acharnant ainsi sur l'Iran, le chef de l'Etat français réitère son soutien à Israël. Il l' avait clamé haut et fort à la réunion des ambassadeurs où il avait déclaré : "Je ne transigerai jamais avec la sécurité d'Isarël".
Dans sa conférence de presse Sarkozy a déclaré "qu'il ne voulait pas de guerre avec l'Iran". L'important étant qu'on trouve "guerre" et "Iran" dans la même phrase, afin de conditionner l'opinion publique, comme aux USA.
Le moment venu, il fera comme Chirac avec le Kosovo, "Si on a bombardée les Serbes, c'est parce qu'ils nous ont obligé à le faire".
Depuis plus d'un an,Bush cherche à former, hors ONU, ''une coalition de volontaires", contre l'Iran. Sans succès, sauf avec Sarkozy !
Mesures de rétorsion
Kouchner est monté à son tour au créneau en réclamant des sanctions éconorrriques à propos "des circuits financiers, des grandes fortunes, des banques".
Des exigences qui n'ont pas soulevé un grand enthousiasme, et pour cause ...
La Grande Bretagne a décroché, il y a un an via British Gaz, un gros contrat gazier, avec l'Iran, et l'Autriche un contrat pétrolier, il y a quelques mois. Ces deux pays ne sont guère disposés à compromettre leur approvisionnement énergétique. On les comprend.
De toute façon la majorité des pays de l'Union européenne ne semblent pas concernés par une "bombe iranienne" que Sarkozy et Kouchner sont les seuls à redouter.
Sarkozy a décidé de donner l'exemple en demandant à Total de quitter l'Iran. Mais Total fait partie d'un consortium négociant l'exploitation d'un gisement gazier à Fars. S'il s'en va, ses partenaires, Petronas (Malaisie) et Gasprom (russe) resteront...
Voilà comment on se tire une balle dans le pied ! Sarkozy a lancé sa croisière anti iranienne après sa rencontre avec Bush, pendant ses vacances aux USA. .
Or la demarche de Bush n'a rien à voir avec la bombe. Depuis des années, il essaie d'étrangler économiquement l'Iran, en espérant provoquer une révolte des Iraniens et un "changement de régime" .
Un baril de pétrole au-dessus de 150 dollars
Mais la politique française ne brille pas par sa cohérence. Le 23 septembre, après avoir renchéri sur Burns au Conseil de sécurité de l'ONU pour demander de nouvelles sanctions contre l'Iran, Kouchner déclarait qu'il fallait attendre la fin du "plan d'action" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AlEA) pour les mettre en pratique, contredisant la position française du 13 septembre, puis il est allé voir Condoleeza Rice pour mettre au point les sanctions hors ONU.
De toutes façons, surIe plan militaire l'apport de la France n'est pas crédible. L'émir du Quatar (qui assistait à la revue du 14 juillet aux côtés de Sarkozy) devrait accepter d'accueillir une douzaine de Mirage 2 000 dans son pays. D'autres avions pourraient agir depuis l' Afghanistan (des Mirage 2 000 et FI sont en cours de transfert de Manias à Kandahar) et le Charles de Gaulle servirait de force d' appoint avec tous les Rafale Marine disponibles. A côté de l'armada américaine les quelques dizaines d'avions français pèseront peu.
En revanche, les mesures de rétorsion prises par l'Iran pourraient nous coûter cher.
Depuis la présidence Khattami, il n'y a plus eu d'attentats dans notre pays, bien que le Vevak(1) y ait toujours des réseaux dormants. Sans compter qu'en cas de guerre avec l'Iran, le baril de pétrole pourrait s'envoler bien au-delà de la barre des 150 dollars.
En évoquant une "menace iranienne" inexistante en ce qui concerne la France, Sarkozy et Kouchner ne servent que les intérêts des USA et d'Israël.
(1) Services sècrets iraniens.
Jean ROBERTO National Hebdo octobre 2007
Contre l'Iran Sarko persiste et signe.
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