(2006) CLEARSTREAM ET KÄRCHER

Un chef-d'oeuvre bimillénaire en péril.
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Pat
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(2006) CLEARSTREAM ET KÄRCHER

Messagepar Pat » 04/10/2007 - 15:59

L'affaire Clearstream n'a jamais été , claire, mais chaque jour qui passe la rend plus opaque, dans un torrent de révélations, de démentis et de contradictions, avec le renfort à tout va de la presse qui, comme d'habitude, joue un rôle contraire à celui qui devrait être le sien. Sur le plan politique, la « mascarade sordide », comme dit Jean-Marie Le Pen, a atteint un sommet de dérision avec la motion de censure socialiste, à laquelle s'associait François Bayrou qui croit voir là, le pauvre, un bon moyen de s'affirmer comme présidentiable ...
Il y a dans cette affaire une victime auto-désignée qui se pose en procureur et redresseur de torts. Une victime unique, croirait-on à l'entendre. Mais de quoi Sarkozy est-il victime, puisque personne ne conteste que son nom a été cité à tort ? Et en quoi serait-il l'unique victime, puisque d'autres noms de personnalités politiques ont été cités ? Par exemple Dominique Strauss-Kahn, Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, qui se sont eux aussi portés partie civile sans pour autant hurler à un complot qui n'existe plus, si tant est qu'il ait existé, en tout cas sous la forme qu'on le présente aujourd'hui.

Le Rondot inconnu

Il n'est pas inintéressant d'entendre ce que dit Jean-Pierre Chevènement. Interrogé jeudi dernier sur France Info, il a d'abord insisté sur le fait qu'il fallait aller à l'origine de l'affaire, et que cette origine est selon lui une« rivalité au sein d'un groupe industriel » (EADS), sur laquelle s'est ensuite « griffée une manipulation politique ». Mais quelle manipulation? Chevènement est très circonspect : « Je ne veux pas me joindre au chœur de tous ceux qui aujourd'hui considèrent que Dominique de Villepin est au cœur de tout cela . Je ne le crois pas. J'ai tendance à penser que c'est plus compliqué.» Et l'ancien ministre de la Défense de dénoncer au passage « ce genre de mœurs qui résultent d'un étroit concubinage entre les juges, les policiers, les avocats, les journalistes » .
Parmi les vieilles recettes qui ont fait leurs preuves, il y a la question : à qui profite le crime? En l'occurrence, le "crime" dénoncé par Sarkozy profite à la "victime" Sarkozy. C'est pourquoi on ne peut qu'être tenté de souscrire à la conclusion d'Arnaud Montebourg : « Sarkozy n'est pas une victime, il est l'auteur de la mise en scène d'une manipulation contre lui. Il est en quelque sorte l'organisateur en chef de sa victimisation, en instrumentalisant les institutions et la justice. »
Dans le flot continu des révélations et des démentis, il y a un propos de Sarkozy qui a été trop peu relevé : « Je ne connaissais même pas le nom ni l'existence » de Philippe Rondot, dit-il dans Le Point, pour démentir que Stéphane Denis lui ait fait part du désir de Philippe Rondot de lui parler de son enquête. Et samedi, il a réitéré son démenti, et la même dénégation : « Je ne connaissais pas M. Rondot. »
Encore une fois, et le coq chantera ... Le général Rondot est la plus célèbre personnalité des services secrets français. Membre éminent du SDECE puis de la DST, il a été notamment le principal acteur de la capture de Carlos au Soudan, il a joué un rôle important dans plusieurs affaires d'otages (il a en outre publié plusieurs livres importants sur le Proche Orient), et il a été chargé de la coordination du renseignement au cabinet du ministre de la Défense de 1997 à sa retraite en décembre 2005. Et Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur en 2002, ministre des Finances en 2004; ministre d'Etat depuis 2005, n'aurait jamais entendu parler d'un certain, comment vous dites déjà ... Philippe Rondot ? C'est se moquer du monde.
En juin 2005, il expliquait ouvertement que son retour au ministère de l'Intérieur lui permettrait de « reprendre en main la DST» (sic). Et aussi d'« éviter les coups tordus montés contre lui ». A l'époque, il évoquait« des officines qui, depuis six mois, ont pris (sa) famille pour cible ». On se souvient que Sarkozy avait étalé sa vie privée dans les journaux, et que, lorsque les mêmes journaux traitèrent, de la même façon, de ses déboires conjugaux, il hurla au complot...
Le ministère de l'Intérieur, et la "reprise en main de la DST", permettent aussi que soient distillées aux journaux toutes les révélations voulues ou tacitement souhaitées, dans le sens que l' on veut, et dans des conditions de sécurité optimales. On se souvient d' Yves Bonnet, directeur de la DST, avouant avoir été à l'origine de révélations du Monde par des fax envoyés à Edwy Plenel, « en accord avec le cabinet du ministre », Pierre Joxe faisant ensuite limoger Yves Bonnet ... Et comme Matignon et l'Elysée ont également les moyens d'envoyer des scoops aux "journalistes d'investigation" sagement assis devant leurs ordinateurs, la cacophonie est évidemment à son comble.
Il n'est donc pas étonnant que Nicolas Sarkozy ait décidé de rester à son poste, après avoir tergiversé, selon la presse. Cette période supposée de doute sur la décision à prendre a permis au ministre de l'Intérieur de se poser en homme d'Etat responsable, qui n'ajoute pas la crise à la crise : « On ne surréagit pas lorsqu'on a la responsabilité de diriger le premier parti de France. »Sic. Sarkozy ne surréagit pas ...
Dans le torrent des révélations contradictoires, la violation du secret de l'instruction est tellement massive que le garde des Sceaux a demandé l'ouverture d'une enquête judiciaire. Or c'est toujours inefficace, et c'est trop tard, et il y a trop d'intérêts politiciens contradictoires en jeu, au sommet du pouvoir, pour qu'une telle enquête aboutisse à quoi que ce soit. Tout juste sert-elle à rappeler que tout cela se passe en dehors de toute morale, de toute déontologie, de tout respect des institutions, et d'abord de la Justice.

Le petit marteau et tes marteaux-piqueurs

Le grand leitmotiv politique est que l'affaire profite à Le Pen. Les commentateurs répètent ce qu'ils disent en toute occasion : on n'entend pas Le Pen, mais il n'a pas besoin de parler, les faits travaillent pour lui. D'habitude, c'est faux. Le Pen« ne parle pas » parce qu'on ne l'invite pas à s'exprimer, et qu'on ne reprend aucune de ses réactions. Mais cette fois, c'est vrai. « il n' y a pas de raison que je vienne attaquer ces personnes avec mon petit marteau, quand ils se défoncent à coups de marteaux-piqueurs », répond-il à ceux qui lui demandent pourquoi il reste discret sur l'affaire. Une affaire qui vient après tant d'autres, souvent beaucoup moins médiatisées, voire quasiment occultées (comme le procès pourtant plein d'enseignements, de la MNEF), et qui touchent alternativement la droite et la gauche. Dans cette sorte de situation, il suffit de les laisser s'auto-détruire. Les élections approchent. Or, dit Le Pen, « quand on compare un torchon sale et une serviette blanche, le choix est plutôt favorable à la serviette blanche » ...
Y.D. Français d'Abord.daoudal@fr.oleane.com
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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