Un choix antinational et antirépublicain
Cette déclaration légalise donc le choix officiel de transformation de la société française en société multiculturelle, ce que Sarkozy avait déjà fait comprendre, en affirmant dans La Nouvelle République du Centre, le 8 novembre 2003, qu'il était "gêné qu'il n'y ait pas un seul préfet de la République musulman autant d'années après la décolonisation et qu'il souhaitait nommer des préfets musulmans". On se demande bien en quoi, dans la République, dans un État laïque, la religion ou l'origine ethnique serait un critère de compétence ou de recrutement.
À la vérité, ces déclarations constituent un véritable choix de société. En effet, quand la préférence nationale, vieille tradition républicaine, reconnaît le primat des valeurs de proximité, la discrimination positive institutionnalise la préférence étrangère, qui était d'ailleurs déjà très largement une situation de fait dans notre pays.
En effet, on a déjà instauré des quotas réservés aux élèves des ZEP pour entrer à Sciences Po, en rupture avec le modèle traditionnel du concours. Le 20 mai 2000, le ministre socialiste de la Culture et de la Communication Catherine Tasca a demandé une modification du cahier des charges des chaînes publiques, pour mieux représenter les minorités ethniques. Plus récemment encore, Raffarin a décidé de mettre en œuvre une fiscalité allégée pour les cadres étrangers désirant venir travailler en France: c'est là une forme de discrimination fiscale.
C'est aussi cette logique de discrimination positive qui a présidé à l'instauration de la parité en politique. Enfin, qu'est devenue aujourd'hui la politique dite de la Ville, sinon un extraordinaire mécanisme de traitement préférentiel, par le biais de péréquations financières et de franchises fiscales censées combler les écarts entre les zones urbaines où les immigrés sont très nombreux et le reste du territoire.
L'idée d'instaurer des traitements préférentiels compensatoires pour l'ensemble de ceux qui font l'objet d'une discrimination supposée (immigrés, femmes ... ) est récurente en France depuis le début des années 1980. Elle est avant tout le fruit de la mauvaise conscience collective, née de l'action de groupes de pression, et de la lâcheté de l'ensemble des autorités publiques qui, non seulement refusent désormais de faire valoir le principe à valeur constitutionnelle de l'indivisibilité de la Nation, qui fait obstacle à toute division de la société par catégorie, mais entendent désormais inscrire le communautarisme dans le droit.
Le principe aux redoutables effets pervers
Outre que la discrimination positive instaure en droit la préférence étrangère, elle n'aboutira évidemment pas aux résultats escomptés.
Les bénéficiaires de traitement préférentiel de compensation seront toujours soupçonnés d'avoir réussi pour des raisons autres que leur talent ou leur mérite. L'humiliation alors ressentie est certainement plus forte que l'abolition de la discrimination supposée: la substitution d'une discrimination à une autre ne modifie en rien le résultat obtenu, puisque l'on est toujours marginalisé de fait. Pire, le bénéficiaire ne peut plus se retrancher dans la fierté de son identité (fût-elle initialement supposée bafouée), car il n'a plus d'exutoire à son sentiment d'humiliation.
Enfin, cette ségrégation à rebours élimine les individus talentueux ou méritants sous le prétexte qu'ils n'appartiennent pas à des minorités, et rompt le modèle classique de promotion individuelle.
Il y a plus grave encore: les quotas vont "raciser" les rapports entre les hommes, puisqu'ils reposent sur la reconnaissance implicite de différences insurmontables entre les individus, selon leur origine ou leur religion, ce qui revient à consacrer ces dernières, et à admettre leur extrême pertinence pour réformer la société. Après les quotas et dans la même logique, on nous annoncera qu'il faut des institutions séparées (piscines, cafétérias, cours de sports, magasins ... ).
C'est ainsi que la discrimination positive est plus raciste que le prétendu racisme qu'elle entend combattre. Dans ce domaine comme dans tant d'autres, la loi des effets pervers est l'inéluctable rançon des erreurs de constat et des lâchetés accumulées qui, hélas, marquent au fer rouge l'histoire de la France contemporaine.
Jean-Marie Le Pen: décembre 2003 - N'385 FDA 3
Préférence nationale contre discrimination positive
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