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infos salaires, le vertige...

Publié : 19/09/2007 - 6:18
par Danisiam
http://www.linternaute.com/actualite/do ... ires.shtml

et aussi

Entreprise . Alors que les dirigeants du CAC 40 ont touché en moyenne 2,2 millions d’euros en 2006, les rémunérations des employés de ces groupes ont été écrasées.
La rémunération moyenne des patrons du CAC 40 a été de 2,2 millions d’euros en 2006. Alors que les questions sociales ont pour partie été évincées du premier tour de la présidentielle par les enjeux de sécurité et d’identité, malgré le scandale provoqué par les indemnités de départ de Noël Forgeard, ex-PDG d’EADS (voir l’Humanité du 20 avril), elles pourraient revenir sur le devant de la scène après la publication, hier par le quotidien les Échos, de la « rémunération brut totale des patrons du CAC 40 en 2006 ».

Creusement

des écarts

La palme de la plus haute rémunération revient au PDG de LVMH. Bernard Arnault a touché plus de 4 millions d’euros en 2006. Il est suivi de près par Henri de Castries, le PDG d’Axa, qui empoche une rémunération globale de 3,8 millions d’euros sur 2006, en augmentation de 19 %. Un prix spécial doit être décerné au secteur financier. Le patron de la BNP-Paribas, Baudoin Prot, a vu sa rémunération augmenter de 21 % en 2006, à 3,3 millions. Le montant est le même pour Daniel Bouton (Société générale). Georges Pauget (Crédit agricole) a bénéficié d’une hausse de 54 % de sa rémunération (à 1,7 million d’euros). La plus forte augmentation revient au PDG de STMicro Electronics, Carlo Bozotti, avec + 119 %.

En contrepoint, les NAO (négociations annuelles obligatoires) des entreprises du CAC 40 montrent un écrasement des salaires. Pour l’année 2007, aucune augmentation générale n’aura lieu à la BNP-Paribas, seulement des primes d’intéressement sont prévues, comme au Crédit agricole. À la Société générale, les salariés n’ont obtenu que 2 % d’augmentation et ce, malgré les gains de productivité. L’écart flagrant avec les rémunérations des grands dirigeants des banques a poussé à une multiplication des mouvements de grève pour motif salarial pourtant rares ces dernières années dans ce genre d’établissements (voir l’Humanité du 22 février). Dans l’industrie automobile, les salariés de Renault n’ont eu droit qu’à 1,5 % d’augmentation générale alors que le PDG, Carlos Ghosn, a vu sa rémunération exploser de 45 % pour atteindre 2,6 millions d’euros. À France Télécom, les salariés devront se contenter d’une augmentation de 1,1 %. Le PDG, Didier Lombard, s’est vu octroyer une augmentation de 27 %.

les stock-options

à la hausse

La part du salaire fixe dans les rémunérations des dirigeants des très grandes entreprises a semble-t-il beaucoup diminué. Sur un revenu total de 3 758 182 euros, le PDG d’Axa, par exemple, a touché 500 000 euros en fixe. La part variable est de plus de 3 millions d’euros, à laquelle il faut ajouter près de 190 000 euros de jetons de présence et 4 150 euros d’avantages en nature. La prépondérance de la part variable a pour but d’aligner la rémunération du dirigeant sur les performances de l’entreprise. Ces performances sont elles-mêmes définies sur la base de critère de gestion maximisant la fameuse « valeur pour l’actionnaire », c’est-à-dire le montant de la trésorerie disponible que l’entreprise versera sous forme de dividendes à ceux qui détiennent le capital. Dans ce cadre, les stock-options représentent en quelque sorte l’arme ultime. Les montants attribués aux dirigeants du CAC 40 restent considérables et peu transparents. Ils sont l’un des moyens pour rapprocher les dirigeants des préoccupations des actionnaires, en les transformant eux-mêmes en détenteurs significatifs de parts de l’entreprise. Ainsi, Thierry Desmaret, ex-PDG de Total, possédait 477 200 actions du groupe qu’il dirigeait en 2006, Jean-François Dehecq (Sanofi-Aventis), 412 000 et Serge Tchuruk (Alcatel-Lucent), 236 000. Un rapport d’information de la commission des Lois de l’Assemblée nationale notait, en décembre 2003, qu’en moyenne, chaque dirigeant du CAC 40 possédait pour 5 millions d’euros d’options en 2001.

Depuis, pas moins de quatre lois ont abordé la problématique de la rémunération des dirigeants, mais seulement sous l’angle de la transparence. Au-delà de la transparence, le principal problème demeure néanmoins. La rémunération des dirigeants reste liée au cours de l’action, c’est-à-dire à leur capacité à écraser la masse salariale.