Le secrétaire général du MNR a écrit aux secrétaires D du FN
Publié : 21/08/2007 - 17:36
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Secrétaire général du Mouvement national républicain présidé par Bruno Mégret, Nicolas Bay a écrit le 18 juillet à tous les secrétaires départementaux du Front national pour leur proposer de réaliser effectivement “l’union patriotique” et de constituer des listes communes aux élections municipales de 2008. Il s’en explique.
Minute: Pourquoi avez-vous décidé de lancer cet appel à tous les secrétaires départementaux du Front national ?
Nicolas Bay: Le sabotage par Marine Le Pen et Louis Aliot, secrétaire général du Front national, de l’union patriotique initiée pourtant par Jean-Mari Le Pen lui-même a conduit à la division de la droite nationale aux élections législatives, en dépit des propositions très raisonnables que nous avions faites, puisque nous souhaitions des candidatures uniques dans toutes les circonscriptions de France sur la base de dix candidats FN pour un candidat MNR. Cette division a eu un coût électoral important mais aussi un coût financier que l’on peut estimer, pour le Front national, à plus d’un million d’euros, puisque 360 candidats n’ont pas franchi la barre des 5% et n’ont donc pas été remboursés de leurs frais de campagne. Or si l’accord avec le MNR avait eu lieu, 35 au moins d’entre eux auraient mathématiquement atteint la barre des 5 %, ce qui représente bien le million d’euros évoqué à raison de 30 000 euros par candidat.
La situation actuelle de notre courant politique exige maintenant de ne pas renouveler ces erreurs, et nous devons travailler prioritairement à la rénovation et au rassemblement de la droite nationale.
Quelles propositions concrètes faites-vous aux secrétaires départementaux du FN ?
Très concrètement, nous proposons, pour les élections municipales, de présenter partout des listes d’union afin d’être présents dans un maximum de villes. Car il faut être bien conscient d’une chose : compte tenu de l’état des forces militantes du FN, du MNR et du MPF dans la plupart des villes, ou il y aura des listes d’union, ou il n’y aura pas de liste du tout.
Vous pensez que le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers peut s’associer à de telles listes ?
Lors des élections législatives, nous avions conclu un accord électoral minimal avec le MPF portant sur 70 circonscriptions. C’est une première étape. Il appartient maintenant au MPF de régler ses contradictions internes et de choisir clairement sa place : soit il veut être un partenaire de l’UMP, soit il veut rompre avec le système politicien. Dans ce deuxième cas, des accords sont possibles.
Avez-vous reçu des réponses à votre lettre ?
Treize secrétaires départementaux du FN ont d’ores et déjà répondu par écrit Douze ont clairement manifesté leur accord pour la constitution de listes d’union. Un seul a refusé mais ce n’est pas étonnant car c’est un proche de Marine Le Pen.
Le MNR appelle à l’union mais que reste-t-il du MNR, qui ne bénéficie plus de subventions publiques depuis les dernières législatives ?
En effet, le fait de ne plus bénéficier de subventions publiques est un coup dur mais cela ne nous empêche pas de poursuivre notre action, d’autant que cette subvention était consacrée depuis cinq ans au remboursement de nos dettes qui ont, de ce fait, très fortement diminué. Nous avons montré aux législatives notre vitalité et notre capacité de mobilisation car, en dépit de résultats électoraux très modestes, il est un fait certain: le MNR a fait partie, avec le FN et le MPF des trois formations capables d’aligner plus de 400 candidats et 400 suppléants.
Quels que soient vos différends avec Marine Le Pen, vous devez bien reconnaître qu’elle a été la seule à être présente au deuxième tour et à réaliser un score considérable, avec 41 % des suffrages.
Il ne s’agit pas de minimiser le succès de Marine Le Pen mais il est largement lié à un contexte local et au travail effectué par son suppléant. Il s’agit d’une victoire incontestable mais le schéma d’Hénin-Beaumont n’est guère transposable ailleurs en France.
Comment pensez-vous pouvoir retrouver l’électorat qui s’est détourné de la droite nationale ?
Contrairement à certaines personnalités du FN qui pensent que l’électorat de notre courant politique reviendra mécaniquement vers nous s’il est déçu par Sarkozy, je pense que la reconquête électorale nécessite que la droite nationale soit à nouveau attractive. Le MNR va prendre une série d’initiatives dans ce sens, notamment en favorisant le rassemblement de toutes les composantes de notre famille politique. Ce rassemblement doit bien sûr se faire avec le FN, le MNR et si possible le MPF, mais aussi avec les personnalités et organisations moins connues dès lors qu’elles sont réellement dans une démarche politique, et sans qu’il y ait de volonté hégémonique de tel ou tel mouvement.
Jean-Marie Le Pen se trouve aujourd’hui clairement en face d’un choix : soit il satisfait uniquement aux ambitions politiques de sa fille, soit il cherche à rassembler les nationaux comme il a su le faire à de nombreuses occasions dans le passé.
Source : Minute n° 2320 – 8 et 15 août 2007
Secrétaire général du Mouvement national républicain présidé par Bruno Mégret, Nicolas Bay a écrit le 18 juillet à tous les secrétaires départementaux du Front national pour leur proposer de réaliser effectivement “l’union patriotique” et de constituer des listes communes aux élections municipales de 2008. Il s’en explique.
Minute: Pourquoi avez-vous décidé de lancer cet appel à tous les secrétaires départementaux du Front national ?
Nicolas Bay: Le sabotage par Marine Le Pen et Louis Aliot, secrétaire général du Front national, de l’union patriotique initiée pourtant par Jean-Mari Le Pen lui-même a conduit à la division de la droite nationale aux élections législatives, en dépit des propositions très raisonnables que nous avions faites, puisque nous souhaitions des candidatures uniques dans toutes les circonscriptions de France sur la base de dix candidats FN pour un candidat MNR. Cette division a eu un coût électoral important mais aussi un coût financier que l’on peut estimer, pour le Front national, à plus d’un million d’euros, puisque 360 candidats n’ont pas franchi la barre des 5% et n’ont donc pas été remboursés de leurs frais de campagne. Or si l’accord avec le MNR avait eu lieu, 35 au moins d’entre eux auraient mathématiquement atteint la barre des 5 %, ce qui représente bien le million d’euros évoqué à raison de 30 000 euros par candidat.
La situation actuelle de notre courant politique exige maintenant de ne pas renouveler ces erreurs, et nous devons travailler prioritairement à la rénovation et au rassemblement de la droite nationale.
Quelles propositions concrètes faites-vous aux secrétaires départementaux du FN ?
Très concrètement, nous proposons, pour les élections municipales, de présenter partout des listes d’union afin d’être présents dans un maximum de villes. Car il faut être bien conscient d’une chose : compte tenu de l’état des forces militantes du FN, du MNR et du MPF dans la plupart des villes, ou il y aura des listes d’union, ou il n’y aura pas de liste du tout.
Vous pensez que le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers peut s’associer à de telles listes ?
Lors des élections législatives, nous avions conclu un accord électoral minimal avec le MPF portant sur 70 circonscriptions. C’est une première étape. Il appartient maintenant au MPF de régler ses contradictions internes et de choisir clairement sa place : soit il veut être un partenaire de l’UMP, soit il veut rompre avec le système politicien. Dans ce deuxième cas, des accords sont possibles.
Avez-vous reçu des réponses à votre lettre ?
Treize secrétaires départementaux du FN ont d’ores et déjà répondu par écrit Douze ont clairement manifesté leur accord pour la constitution de listes d’union. Un seul a refusé mais ce n’est pas étonnant car c’est un proche de Marine Le Pen.
Le MNR appelle à l’union mais que reste-t-il du MNR, qui ne bénéficie plus de subventions publiques depuis les dernières législatives ?
En effet, le fait de ne plus bénéficier de subventions publiques est un coup dur mais cela ne nous empêche pas de poursuivre notre action, d’autant que cette subvention était consacrée depuis cinq ans au remboursement de nos dettes qui ont, de ce fait, très fortement diminué. Nous avons montré aux législatives notre vitalité et notre capacité de mobilisation car, en dépit de résultats électoraux très modestes, il est un fait certain: le MNR a fait partie, avec le FN et le MPF des trois formations capables d’aligner plus de 400 candidats et 400 suppléants.
Quels que soient vos différends avec Marine Le Pen, vous devez bien reconnaître qu’elle a été la seule à être présente au deuxième tour et à réaliser un score considérable, avec 41 % des suffrages.
Il ne s’agit pas de minimiser le succès de Marine Le Pen mais il est largement lié à un contexte local et au travail effectué par son suppléant. Il s’agit d’une victoire incontestable mais le schéma d’Hénin-Beaumont n’est guère transposable ailleurs en France.
Comment pensez-vous pouvoir retrouver l’électorat qui s’est détourné de la droite nationale ?
Contrairement à certaines personnalités du FN qui pensent que l’électorat de notre courant politique reviendra mécaniquement vers nous s’il est déçu par Sarkozy, je pense que la reconquête électorale nécessite que la droite nationale soit à nouveau attractive. Le MNR va prendre une série d’initiatives dans ce sens, notamment en favorisant le rassemblement de toutes les composantes de notre famille politique. Ce rassemblement doit bien sûr se faire avec le FN, le MNR et si possible le MPF, mais aussi avec les personnalités et organisations moins connues dès lors qu’elles sont réellement dans une démarche politique, et sans qu’il y ait de volonté hégémonique de tel ou tel mouvement.
Jean-Marie Le Pen se trouve aujourd’hui clairement en face d’un choix : soit il satisfait uniquement aux ambitions politiques de sa fille, soit il cherche à rassembler les nationaux comme il a su le faire à de nombreuses occasions dans le passé.
Source : Minute n° 2320 – 8 et 15 août 2007











