Délocalisations: ce n'est pas une fatalité!
Publié : 16/08/2007 - 10:08
LE LIVRE QUI ANALYSE LE PHÉNOMÈNE ET APPORTE LES SOLUTIONS
Le fléau des délocalisations est devenu l'un des sujets majeurs de l'actualité économique et sociale, donc politique. Ce fut le thème du colloque du Conseil scientifique du Front national (que préside Hugues Petit) organisé à Paris le 21 mai dernier. Thibaut de la Tocnaye, qui animait ce colloque, largement ouvert à des personnalités extérieures au mouvement, a réuni les principales contributions dans un livre édité aux éditions Godefroy de Bouillon : Délocalisations; ce n'est pas une fatalité ! Et c'est LE livre qu'il faut lire sur la question.
En dehors des spécialistes, rares sont ceux qui cherchent à dépasser les informations quotidiennes et les idées générales sur un tel sujet, dont le traitement de fond ne peut qu'être ardu. Mais ce livre, bref et concis, qui donne l'essentiel des actes du colloque du Front national, est à la portée de tous, et permet à chacun de mieux comprendre le problème, et de prendre connaissance des solutions rationnelles et nationales qu'on peut lui apporter.
Suivant le déroulement du colloque, il est divisé en trois parties : la description et la mesure du phénomène, l'analyse de ses causes, la proposition de solutions.
Deux témoignages
Il commence de façon très concrète par deux témoignages : celui d 'un chef d'entreprise, Charles Perrot, et celui d'une salariée victime d'une délocalisation. Le premier est d'une certaine façon paradoxal, puisque Charles Perrot explique comment il a sauvé son entreprise (et ses emplois) en France grâce à la délocalisation de certaines activités (condamnées à terme chez nous) : on est là, d'emblée, au cœur de la complexité du problème. Le second, qui fait toucher du doigt la réalité humaine, évoque aussi une curieuse conséquence: ce sont les salariés d'origine maghrébine qui sont allés s'occuper des activités délocalisées au Maghreb ... au détriment des Français de souche. Vous avez dit "nationalité" ?
Ce chapitre se conclut par une étude du statisticien Alain Gallais, montrant que l'impact des délocalisations en matière de perte d'emplois est très variable selon la définition qu'on donne à ce mot, ce qui permet à certains de minimiser le phénomène alors qu'il devient tragique.
Les méfaits de l'Europe de Bruxelles
Dans la deuxième partie, on notera surtout la contribution de Bruno Gollnisch, qui explique de façon très claire en quoi la politique européenne de Bruxelles est un facteur aggravant des délocalisations : d'une part, la politique extérieure commerciale de l'Union européenne est fondée sur l'idéologie libre-échangiste, et elle favorise la financiarisation de l'économie et l'internationalisation de l'actionnariat, ce qui livre les entreprises à des structures de décision déconnectées des réalités nationales ; d'autre part, les politiques internes de l'Union européenne engendrent des distorsions de concurrence et des contraintes qui pèsent sur les entreprises.
Ce constat est complété par l 'étude du professeur Georges Lane (université de Paris-Dauphine), dont on ne suivra sans doute pas tous les présupposés libéraux, mais qui souligne combien les réglementations excessives jouent contre l'emploi .. Et par celle de Pascal Bernardin, qui à raide de très nombreuses et étonnantes citations émanant de hautes personnalités internationales, montre que les délocalisations font partie d'un plan concerté et mondial visant, entre autres, à baisser le niveau de vie dans les pays développés.
Des réformes de fond
En ce qui concerne les solutions à apporter au problème, la contribution de Thibaut de la Tocnaye est capitale. Ici sont répertoriées les principales causes des délocalisations (dont celles qui ont déjà été évoquées), et sont énoncées les solutions, nationales, européennes, et internationales. Sont particulièrement dignes d'intérêt les pages sur la financiarisation de l'économie qui aboutit à une « subordination de la production économique aux fonds boursiers »(lesquels n'ont pas du tout les mêmes priorités que les entreprises) : pour y porter remède, il faut limiter le pouvoir de la finance, par une réforme de la Bourse, et en organisant les métiers.
Parmi les solutions évoquées dans ce chapitre, les droits de douane déductibles, qui sont une des grandes idées de Jean-Claude Martinez, permettant le développement des pays pauvres sans préjudice pour les pays développés. C'est Jean-Claude Martinez lui-même qui explique ici ce dont il s'agit, au cours d'un exposé qui synthétise tout ce que l'on doit savoir sur les questions douanières et le fond des discussions commerciales mondiales (OMC).
Le livre, qui comporte encore un texte de Claude Reichman appelant à supprimer le monopole de la Sécurité sociale, se termine par l'allocution de Jean-Marie Le Pen prononcée en clôture du colloque. Le président du Front national décrit notamment, avec des exemples chiffrés, les trois vagues successives de délocalisations (la troisième étant celle qui est en cours et touche le cœur même de notre économie), et souligne qu'il ne s'agit pas d'une fatalité, mais d'une question de choix politiques, tant sur le plan français qu'européen. Yves DAOUDAL
• Délocalisations : ce n'est pas une fatalité ! Ouvrage collectif sous la direction de Thibaut de la Tocnaye, éditions Godefroy de Bouillon (té!. 01 47 3402 97), 170 pages, 19 euros.
National Hebdo du 10 au 16 novembre 2005.
Le fléau des délocalisations est devenu l'un des sujets majeurs de l'actualité économique et sociale, donc politique. Ce fut le thème du colloque du Conseil scientifique du Front national (que préside Hugues Petit) organisé à Paris le 21 mai dernier. Thibaut de la Tocnaye, qui animait ce colloque, largement ouvert à des personnalités extérieures au mouvement, a réuni les principales contributions dans un livre édité aux éditions Godefroy de Bouillon : Délocalisations; ce n'est pas une fatalité ! Et c'est LE livre qu'il faut lire sur la question.
En dehors des spécialistes, rares sont ceux qui cherchent à dépasser les informations quotidiennes et les idées générales sur un tel sujet, dont le traitement de fond ne peut qu'être ardu. Mais ce livre, bref et concis, qui donne l'essentiel des actes du colloque du Front national, est à la portée de tous, et permet à chacun de mieux comprendre le problème, et de prendre connaissance des solutions rationnelles et nationales qu'on peut lui apporter.
Suivant le déroulement du colloque, il est divisé en trois parties : la description et la mesure du phénomène, l'analyse de ses causes, la proposition de solutions.
Deux témoignages
Il commence de façon très concrète par deux témoignages : celui d 'un chef d'entreprise, Charles Perrot, et celui d'une salariée victime d'une délocalisation. Le premier est d'une certaine façon paradoxal, puisque Charles Perrot explique comment il a sauvé son entreprise (et ses emplois) en France grâce à la délocalisation de certaines activités (condamnées à terme chez nous) : on est là, d'emblée, au cœur de la complexité du problème. Le second, qui fait toucher du doigt la réalité humaine, évoque aussi une curieuse conséquence: ce sont les salariés d'origine maghrébine qui sont allés s'occuper des activités délocalisées au Maghreb ... au détriment des Français de souche. Vous avez dit "nationalité" ?
Ce chapitre se conclut par une étude du statisticien Alain Gallais, montrant que l'impact des délocalisations en matière de perte d'emplois est très variable selon la définition qu'on donne à ce mot, ce qui permet à certains de minimiser le phénomène alors qu'il devient tragique.
Les méfaits de l'Europe de Bruxelles
Dans la deuxième partie, on notera surtout la contribution de Bruno Gollnisch, qui explique de façon très claire en quoi la politique européenne de Bruxelles est un facteur aggravant des délocalisations : d'une part, la politique extérieure commerciale de l'Union européenne est fondée sur l'idéologie libre-échangiste, et elle favorise la financiarisation de l'économie et l'internationalisation de l'actionnariat, ce qui livre les entreprises à des structures de décision déconnectées des réalités nationales ; d'autre part, les politiques internes de l'Union européenne engendrent des distorsions de concurrence et des contraintes qui pèsent sur les entreprises.
Ce constat est complété par l 'étude du professeur Georges Lane (université de Paris-Dauphine), dont on ne suivra sans doute pas tous les présupposés libéraux, mais qui souligne combien les réglementations excessives jouent contre l'emploi .. Et par celle de Pascal Bernardin, qui à raide de très nombreuses et étonnantes citations émanant de hautes personnalités internationales, montre que les délocalisations font partie d'un plan concerté et mondial visant, entre autres, à baisser le niveau de vie dans les pays développés.
Des réformes de fond
En ce qui concerne les solutions à apporter au problème, la contribution de Thibaut de la Tocnaye est capitale. Ici sont répertoriées les principales causes des délocalisations (dont celles qui ont déjà été évoquées), et sont énoncées les solutions, nationales, européennes, et internationales. Sont particulièrement dignes d'intérêt les pages sur la financiarisation de l'économie qui aboutit à une « subordination de la production économique aux fonds boursiers »(lesquels n'ont pas du tout les mêmes priorités que les entreprises) : pour y porter remède, il faut limiter le pouvoir de la finance, par une réforme de la Bourse, et en organisant les métiers.
Parmi les solutions évoquées dans ce chapitre, les droits de douane déductibles, qui sont une des grandes idées de Jean-Claude Martinez, permettant le développement des pays pauvres sans préjudice pour les pays développés. C'est Jean-Claude Martinez lui-même qui explique ici ce dont il s'agit, au cours d'un exposé qui synthétise tout ce que l'on doit savoir sur les questions douanières et le fond des discussions commerciales mondiales (OMC).
Le livre, qui comporte encore un texte de Claude Reichman appelant à supprimer le monopole de la Sécurité sociale, se termine par l'allocution de Jean-Marie Le Pen prononcée en clôture du colloque. Le président du Front national décrit notamment, avec des exemples chiffrés, les trois vagues successives de délocalisations (la troisième étant celle qui est en cours et touche le cœur même de notre économie), et souligne qu'il ne s'agit pas d'une fatalité, mais d'une question de choix politiques, tant sur le plan français qu'européen. Yves DAOUDAL
• Délocalisations : ce n'est pas une fatalité ! Ouvrage collectif sous la direction de Thibaut de la Tocnaye, éditions Godefroy de Bouillon (té!. 01 47 3402 97), 170 pages, 19 euros.
National Hebdo du 10 au 16 novembre 2005.