Diplomatie
Maghreb: Sarkozy défend son "Union méditerranéenne" LEXPRESS.fr avec Reuters
Le président français accomplit un voyage diplomatique en Algérie et en Tunisie, afin de réaffirmer "l'amitié profonde" de la France pour ces deux pays. L'occasion pour Nicolas Sarkozy de présenter son projet de rassemblement méditerranéen, basé sur une coopération économique et sur la libre-circulation des personnes.
e président Sarkozy effectue en Algérie et en Tunisie son premier voyage hors d'Europe comme chef de l'Etat pour défendre son idée d'une "Union méditerranéenne".
Ce voyage a été amputé au dernier moment d'une étape au Maroc, "à la demande des autorités marocaines", selon le porte-parole de l'Elysée David Martinon. Paris et Rabat invoquent des "raisons de calendrier", sans autre précision mais l'annulation survient au moment où le niveau d'alerte a été relevé au "maximum" au Maroc. Ce qui est synonyme de "menace sérieuse d'action terroriste", selon le ministère marocain de l'Intérieur. Le président français aura d'abord à Alger un entretien et un déjeuner de travail avec son homologue, Abdelaziz Bouteflika, avant un entretien et un dîner de travail à Tunis avec le président Zine al Abidine ben Ali.
Ce voyage a deux objectifs, selon David Martinon: "réaffirmer l'amitié profonde de la France pour ces deux pays et présenter son projet d'Union méditerranéenne". Le poids de l'histoire entre la France et l'Algérie continue d'empoisonner les relations politiques entre Paris et Alger. Le "traité d'amitié", dont la conclusion était initialement prévue en 2005, n'a ainsi toujours pas vu le jour. Abdelaziz Bouteflika a déclaré en 2006 que les 130 ans de présence coloniale française en Algérie avaient été une "des formes de colonisation les plus barbares" et Alger réclame des "excuses" à la France avant de signer un tel traité. Si ce projet "n'est pas enterré", déclare aujourd'hui David Martinon, "ce n'est pas la priorité du président Sarkozy". "Nicolas Sarkozy a toujours considéré que l'amitié entre la France et l'Algérie ne devait pas se résumer à un traité et qu'il était beaucoup plus important de parvenir à des actions communes, des faits, des gestes", explique le porte-parole. Aujourd'hui, la priorité est à la "coopération économique et sur la circulation des personnes."
Sonatrach et nucléaire civil
La France reste le premier partenaire commercial de l'Algérie - ainsi que de la Tunisie - et les investissements français en Algérie sont en forte croissance. Si aucune signature de contrat n'est prévue avec ces deux pays lors du voyage présidentiel, les relations économiques seront "au coeur des discussions", souligne le porte-parole de l'Elysée. Nicolas Sarkozy, qui a déclaré dans le Journal du Dimanche vouloir "approfondir" sa réflexion sur une éventuelle fusion entre Gaz de France et Suez, devrait ainsi évoquer avec Abdelaziz Bouteflika la question d'un partenariat entre GDF et la société nationale algérienne Sonatrach. Le président français a estimé dans l'hebdomadaire que GDF pouvait "s'adosser à un producteur de gaz et, en même temps, faire la fusion". Mais, a-t-il ajouté, il n'y a pas que la Sonatrach parmi les producteurs de gaz.
Selon David Martinon, les deux présidents devraient aussi évoquer une coopération dans le nucléaire civil - dont ils ont déjà parlé en novembre 2006 lors de la dernière visite de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Nicolas Sarkozy souhaite que l'énergie nucléaire ne demeure pas le monopole de quelques pays industrialisés mais soit "partagée" avec les pays en développement, souligne le porte-parole.
"Espace de solidarité"
Sur le plan multilatéral, Nicolas Sarkozy considère que les pays du Maghreb "ont naturellement vocation à être les piliers" de l'Union méditerranéenne qu'il a proposée pendant sa campagne présidentielle, déclare David Martinon. "La conviction du président de la République c'est que l'avenir de l'Europe et de la France se joue aussi, et peut-être d'abord, en Méditerranée", souligne le porte-parole.
Son projet tend à créer "un espace de solidarité et de coopération" axé sur la lutte contre l'insécurité, le développement durable, l'intégration énergétique, le codéveloppement et la gestion concertée de l'immigration. L'idée a rencontré "un écho très favorable chez tous nos partenaires méditerranéens", assure David Martinon. Il faut donc désormais discuter "de la manière dont on pourrait construire cette Union de la Méditerranée." Et dans ce domaine, Nicolas Sarkozy "a quelques idées (...) tant sur le contenu que sur la méthode", qu'il présentera à ses hôtes. "Pour autant, il ne va pas au Maghreb avec un projet tout fait", prévient le porte-parole.
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