Parmi les serpents de mer des relations sociales françaises, le monstre de la formation n'arrête pas d'apparaÎtre, puis de s'effacer. On déplore en cœur le grand gâchis d'une bonne part des 24 milliards d'euros annuels qui y sont consacrés, et rien ne change. Une petite phrase de Sarkozy pendant sa campagne . électorale a mis le microcosme en émoi : il faut (( trouver des économies " à opérer dans ce secteur. Une bonne idée à mettre en œuvre d'urgence? La formation étant au cœur dé l'emploi des salariés et de la remise, ou de la mise, au travail des sans-emploi,la réponse n'est pas si simpliste
Table ronde. des partenaires sociaux sur le sujet, mission d'information du Sénat avec rapport à la clé présenté au gouvernement en juîllet, la montagne des réformes va-telle accoucher d'une souris, une fois de plus ? On peut le redouter. Car chacun des organismes impliqués dénonce les dépenses exagérées et improductives de l'autre, sans battre sa coulpe. Et l'Etat risque fort de continuer son jeu d'arbitrage inefficace, alors que la résolution du problème dépend de lui. Première question à laquelle il faut répondre, à quoi sert la formation ? Elle devrait aider à la « promotion sociale », et à pourvoir des emplois vacants avec du personnel qualifié. Le fiasco est évident sur ces deux objectifs. Seuls moins de 1 00 000 salariés ; en général des cadres supérieurs, bénéficient d'une véritable formation dans leur entreprise chaque année, en dépit des 14 milliards d'euros qui y sont consacrés dans ce laps de temps. Quant aux emplois vacants, on ,les dénombre par centaines de milliers, et les salariés aptes à les occuper sont pratiquement inexistants.
Les ratés du système
Mais supprimer d'un seul coup ces milliards d'euros risque d'aggraver les choses, car la formation, parfois dans les domaines les plus élémentaires (orthographe, expression orale, ponctualité, etc .. ) est vitale, étant donné la concurrence inter-européenne exacerbée et le système mondialiste. Et, bien sûr, les ratés du système de l'Education nationale, rattrapables.seulement:en entreprise.'40'% du budget sont dévorés ·par la rémunération des stagiaires. Si on supprime ce poste, il retombera sur les fonds du chômage. Un cercle vicieux. Cela ne veut pas dire que l'on ne 'peut rien faire.
Ici, on pénètre dans un champ de mines. Chambres de Commerce et d'Industrie et Chambres de Métiers de l' Artisanat,doublonnant très souvent dans leurs programmes, bénéficient toutes deux de subventions. Les taxes d'apprentissage subissent une déperdition des deux tiers (un milliard d'euros sont détournés vers d'autres utilisations).
Quelques régions, I1e-de- France en tête, monopolisent les actions les plus utiles, des territoires sont abandonnés.
Des escroqueries permanentes perdurent, des formations inutiles, voire extravagantes, prolifèrent. Des sommes notables sont détournées au profit des partis politiques de l'Etablissement. La gestion des organismes formateurs, à commencer par la collecte des fonds, est dispendieuse. Des structures étatiques ou semi-étatisées s'efforcent de couler Ie secteur privé de la formation. Cet ensemble (non exhaustif) fleurit dans un contexte de prélèvements obligatoires sur les entreprises (l ,6 % de la masse salariale). Par ailleurs, des éléments englobés dans les 24 milliards n'ont pas à y figurer, 'd'autres ,et souvent les actions de formation les plus efficaces, ne sont pas comptabilisées, du fait qu'elles émanent d'initiatives privées.
Tout est donc à revoir. En particulier, le rôle des entreprises doit devenir prépondérant. « Economiser» sans rénover d'abord, reviendra à repousser les dépenses, vers d'autres secteurs sociaux. La stratégie de l' éléphant dans le magasin de porcelaine, si le pouvoir la privilégie, n'aboutira qu'à plus de dépenses dans l'avenir, et à l'aggravation de notre retard dans ce domaine.
Alexandre MARTIN : National Hebdo
Le gâchis de la formation:
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En effet, un grand chantier en perspective !
Hélas, les dés sont pipés. Ils y a de tels intérêts en jeu et tout un monde de parasites évoluant dans ce milieu, qu'il apparaît difficile de faire des réformes efficaces.
Il faudrait commencer par réenseigner l'honnêteté chez tous nos concitoyens et obliger la Justice à sévir pour tout contrevenant.
Nous pouvons rêver !
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En effet, un grand chantier en perspective !
Hélas, les dés sont pipés. Ils y a de tels intérêts en jeu et tout un monde de parasites évoluant dans ce milieu, qu'il apparaît difficile de faire des réformes efficaces.
Il faudrait commencer par réenseigner l'honnêteté chez tous nos concitoyens et obliger la Justice à sévir pour tout contrevenant.
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