Morale catholique contre amoralité politique
Publié : 07/06/2007 - 6:16
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A la lumière des récents événements politiques, il m'apparaît indispensable d'entamer une sérieuse réflexion sur les raisons profondes qui minent la France et la plonge dans une décadence tragique et mortifère.
Voici une première communication du Chanoine Bernard GAUDEAU, en 1919, qui pose clairement le problème :
Je vois dès maintenant la volée de bois vert qui va s'abattre sur moi à la lecture de ce texte. Dans le contexte faussement démocratique où les institutions enferment les Français dès leur enfance, je n'en serai pas surpris. Je me prépare donc à en débattre sereinement. Soyez tout de même très attentifs à la portée de ce texte, avant de me tomber dessus à bras raccourcis. Je ne me suis pas résolu à le mettre en ligne par provocation ou par goût immodéré de la polémique. Je crois simplement de plus en plus, en homme libre et disposant encore d'un peu d'esprit, que nos maux viennent moins d'éléments conjoncturels, que de raisons structurelles liées au formatage intellectuel que tous les secteurs institutionnels cherchent à nous imposer. Je crois que je m'en suis sorti miraculeusement. J'aimerais simplement vous aider à mener cette réflexion en commun, afin que nous ne persistions pas à avancer dans une impasse. J'avais depuis longtemps cette intuition, mais je n'arrivais pas à lui donner une forme claire et nette. La providence (parce qu'il n'y a pas de hasard) a mis sur mon chemin des personnes qui m'ont beaucoup aidé à évoluer dans le bon sens. J'espère ne pas en rester là et affiner encore les choses. J'espère aussi que vous aurez la même ambition sereine.
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A la lumière des récents événements politiques, il m'apparaît indispensable d'entamer une sérieuse réflexion sur les raisons profondes qui minent la France et la plonge dans une décadence tragique et mortifère.
Voici une première communication du Chanoine Bernard GAUDEAU, en 1919, qui pose clairement le problème :
« Le fond de l’équivoque démocratique, le voici : la démocratie moderne n’est pas une simple forme de gouvernement, c’est une doctrine politique areligieuse : souveraineté absolue du nombre qui crée le droit. Née de l’égocentrisme allemand (Luther, Rousseau, Kant), elle est incurablement laïque. Il faut, à tout prix, délaïciser le droit public (…). Le laïcisme d’État naît du laïcisme démocratique. Il en est l’inévitable expression. Il faut combattre le laïcisme électoral et constitutionnel, le laïcisme démocratique. Le fond de l’effroyable équivoque contenue dans le mot démocratie, le voici :
La vérité essentielle de bon sens, de raison et de foi dans l’ordre politique, c’est que la volonté et la loi de Dieu (Décalogue et Évangile promulgués par l’Église, mais dont les données essentielles, dans l’ordre de la vie sociale, sont établies par la nature même, reconnues et ratifiées par la raison) sont au-dessus de la volonté particulière ou générale des hommes. La loi n’est donc point « l’expression de la volonté générale » : il faut qu’elle soit conforme à la loi de Dieu.
Au contraire, le principe essentiel et le concept même de la démocratie moderne, c’est que la volonté populaire, la volonté du nombre (hier corps, électoral et nation, aujourd’hui ou tout au moins demain, prolétariat universel) est souveraine et fait le droit comme la loi.
Cette donnée, cette notion sont inhérentes à la réalité et à l’idée même de la démocratie moderne et identifiées, avec elle. Cela est un fait, et ce serait une sottise et une malhonnêteté que d’équivoquer ici, en nous parlant d’une démocratie abstraite et purement théorique, qui contiendrait dans son sein (comment ?) le correctif nécessaire à la loi athée du nombre souverain, du Démos souverain.
Le suffrage universel, pratiqué comme il l’est actuellement chez nous, dans, un État areligieux, qui ne contient dans sa constitution aucun organisme, aucun élément, aucune affirmation, aucune donnée d’ordre moral et religieux, est un acte d’athéisme à la lettre : bien pis, un acte de l’humanité qui se fait Dieu.
La réforme essentielle du suffrage, ce n’est donc pas le proportionnalisme (ou la proportionnelle), vain emplâtre qui ne masque pas même le chancre du laïcisme. L’unique réforme nécessaire, c’est de rétablir dans les institutions des organismes stables, fixes, intangibles au suffrage et aux assemblées, et qui représentent, qui affirment, qui assurent, qui maintiennent le respect de la loi morale éternelle, de la loi de Dieu.
Il faut délaïciser le droit public, délaïciser la loi.
Mais cela, c’est la négation, la destruction, la contradiction absolue de la démocratie moderne.
Délaïciser la démocratie moderne, essentiellement maçonnique, et qui remonte, par la Révolution, à Rousseau et à Kant, jusqu’à Luther, ce serait désathéiser l’athéisme. Et pourtant cela est indispensable, si la France doit vivre, si l’Église doit subsister, si le monde doit durer ».
Chanoine Bernard GAUDEAU
Programme d’Action Catholique anti-laïciste,
Paris, La Foi catholique, 1919, pp. 48-49
Je vois dès maintenant la volée de bois vert qui va s'abattre sur moi à la lecture de ce texte. Dans le contexte faussement démocratique où les institutions enferment les Français dès leur enfance, je n'en serai pas surpris. Je me prépare donc à en débattre sereinement. Soyez tout de même très attentifs à la portée de ce texte, avant de me tomber dessus à bras raccourcis. Je ne me suis pas résolu à le mettre en ligne par provocation ou par goût immodéré de la polémique. Je crois simplement de plus en plus, en homme libre et disposant encore d'un peu d'esprit, que nos maux viennent moins d'éléments conjoncturels, que de raisons structurelles liées au formatage intellectuel que tous les secteurs institutionnels cherchent à nous imposer. Je crois que je m'en suis sorti miraculeusement. J'aimerais simplement vous aider à mener cette réflexion en commun, afin que nous ne persistions pas à avancer dans une impasse. J'avais depuis longtemps cette intuition, mais je n'arrivais pas à lui donner une forme claire et nette. La providence (parce qu'il n'y a pas de hasard) a mis sur mon chemin des personnes qui m'ont beaucoup aidé à évoluer dans le bon sens. J'espère ne pas en rester là et affiner encore les choses. J'espère aussi que vous aurez la même ambition sereine.
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