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Recherche impossible

Publié : 21/05/2008 - 7:20
par Pat
Le social à la Sarkozy s'apparente à un bulldozer qui détruit et creuse, sans boucher les trous. Ainsi avec la suppression de la Dispense de Recherche d'Emploi - DRE pour les "séniors" à partir de 57 ans six mois, ce qui mettait les personnes en cause sous le couvert de formules les menant à la retraite, tout en les faisant disparaître des fichiers du chômage. Compte tenu de la trop grande proportion de salariés (400 000 !) concernés, il fallait certes faire quelque chose. Mais une fois de plus la charrue a été mise avant les bœufs. Pratiquement aucun employeur n'embauche de salariés "âgés", sauf à être dûment subventionné. Le seul dispositif incitatif existant a abouti, malgré une campagne tonitruante, à 20 (vingt) embauches en plus d'un an. Sarko va donc transformer en assistés les personnes qui étaient susceptibles d'être couvertes par la DRE ?

National hebdo du 24 au 30 avril 2008

Quand Sarko n'est pas réactif

Publié : 21/05/2008 - 7:21
par Pat
• Le dossier Alitalia est embourbé en raison des exigences de licenciements massifs d'AirFrance-KLM en cas de reprise. Le gouvernement de gauche, aujourd'hui évincé, était apparu capitulard sur l'aspect social du dossier, et Berlusconi l'avait souligné au cours de sa campagne. Remis en selle par les élections, Berlusconi s'est adressé à Sarkozy pour qu'il contribue à une solution acceptable par tous. Sarkozy est resté sourd. Avec rapidité, Berlusconi a trouvé la parade en entamant des négociations avec le président russe Poutine, afin d'assurer le financement nécessaire au sauvetage de la compagnie aérienne italienne.

Quand Speedy Sarko fait la limace, il se fait coiffer au poteau, et les « relations privilégiées » avec Berlusconi en prennent un sale coup.

National hebdo du 24 au 30 avril 2008

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 22/05/2008 - 19:52
par Pat
Cohn-Bendit en rigole Sarkozy, un soixante-huitard à l'Elysée
« Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes. » Sarkozy dans le texte, entre les deux tours de la présidentielle (1). La gauche avait hurlé. Cohn-Bendit, lui, se marre. Le leader de 68 le certifie : sans Mai 68, pas de Sarkozy à l'Elysée ! Et il a raison.
Dany-Sarkozy, même combat ? S'il y a un soixante-huitard à l'Élysée, c'est bien lui!, la formule n'est pas de nous, elle sort de la bouche de Cohn-Bendit C'êtait le 2 mars dernier sur le plateau de Ripostes, l'émission de Serge Moati. Ce n'était pas une révélation, seulement une répétition. Déjà pendant la campagne de soutien à Denis Baupin aux élections municipales à Paris, le leader de Mai avait lancé : « Nous avons un président de la République soixante-huitard qui a repris le slogan du "jouir sans entraves" pour lui-même et le démontre tous les jours. »
La vérité sort de la bouche des enfants de Mai. Cohn-Bendit a ouvert le bal, Bruckner, vingt ans au moment des « événements » lui succède. « Mai-68 à l'Elysée » chronique le néo-con dans les colonnes du Nouvel Observateur (2). « Fait nouveau en France, le premier personnage de l'État serait célibataire; un cœur à prendre qui décide du sort de millions de gens. Mai 68 est passé par là et ne cesse d'émettre ses effets comme une petite source d'énergie disruptive.» Avec Sarkozy, analyse-t-il non sans lucidité, « nous glissons de l'adultère classique au désordre amoureux avec le ballet probable des prétendantes et des intrigues d'alcôves. Il voulait incarner l'autorité, accéder au mythe des grandes familles régnantes, il symboliserait plutôt la bougeotte sentimentale de nos contemporains, le vertige des inclinations et des infidélités . »

« Imaginez Tony Blair se remariant avec Naomi Campbell »
A l'époque, le président s'était séparé de sa deuxième femme, une première dans l'histoire de la Vertueuse République française. Jamais un chef de l'Etat n'avait divorcé depuis Napoléon, à l'époque du Directoire. « Rendez-nous une famille à l'Elysée! », s'exclamait Bruckner dans sa conclusion. On n'était pas loin du « Rendez-nous tante Yvonne ! » réclamé ironiquement par Minute(3)- Mais Cécilia n'en pouvait plus, ne se voyant pas « première dame de France » .« C'était une femme libérée » ... Cécilia, fille de 68 qui choisit sa vie ...« Je ne me vois pas en first lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte. Je me balade en jean, en treillis ou en santiags. Je ne rentre pas dans le moule », avait-elle pourtant prévenu dans Télé Star en mai 2005. C'est pas si facile l'Elysée. Alors elle l'a laissé tomber.
Vint Carla, première sur la longue liste de toutes les prétendantes. Femme libérée aussi, voire plus libérée encore car plus jeune. Notre président « de droite » s'est remarié donc avec un ex-mannequin « de gauche » au passé sentimental pour le moins mouvementé et au tempérament non moins ardent. Imaginez Tony BlaIr divorçant de Cheny et se remariant avec Naomi Campbell », avait gentiment ironisé un chroniqueur du Times pour faire comprendre la situation aux Anglais. Nicolas Sarkozy restera le seul président avec Gaston Doumergue (1863-1937) à s'être marié en cours de mandat. « Si un président de la République peut être deux fois divorcé et peut se balader au bras d'une chanteuse qui crie sur les toits que baiser pendant trois semaines avec le même homme , c'est le maximum, c'est que Mai 68 est passé par là » a enfoncé le clou Dany dans Lyon capitale(4). Il ajoutera : « Avec Sarko, De Gaulle et son épouse doivent se retourner dans leur tombe! »
En effet, on le croyait fils adultérin de 1958, il se révèle parfait héritier de 1968. Pourtant, à l'époque, il n'avait que 13 ans. Nanterre, il ne l'a connu que bien des années plus tard quand il obtiendra une maîtrise de droit privé en... 1978. Deux ans après, à Sciences Po, il présentera un mémoire sur « le référendum du 27 avril 1969 ». Mais c'est plutôt sur « la révolution de 68 » qu'il aurait dû plancher.
Quarante ans après, on se rend compte à quel point la droite, du moins une certaine droite, a intégré l'héritage « moral » de ce mouvement plus libertaire que gauchiste. C'est encore Dany qui le dit, dans Forget 68(5) : La droite est complètement imprégnée des valeurs issues de l'évolution de la société dans la sphère privée. » Défaite politique à court terme mais grande victoire culturelle à long terme, la révolte du « jouir sans entrave » a fait beaucoup de petits, dont Nicolas. « Sans ces mouvements d'émancipations des années 1960 et donc sans 1968-, poursuit Cohn-Bendit, quelqu'un comme Sarkozy n'aurait pu étre élu président de la République! »

Cohn-Bendit, un « enfant de chœur » à côté de Sarko !
Dany a tout compris et se trouve l'air d'un « vrai conseroateur » avec sa petite famille, un « simple petit-bourgeois qui n'a qu'un enfant avec sa femme et un autre qu'elle a eu lors de sa relation précédente » : , « Nous sommes une famille recomposée, mais comparés à un Sarkozy à l'EIysée, nous sommes des enfants de chœur » ! Sarkozy, lui, trois mariages et trois enfants, de deux lits différents. En attendant la suite. last but not least. Il recompose aujourd'hui sa deuxième famille recomposée après une première tentative qui s'était décomposée. Casanova en perdrait son italien et Mitterrand son florentin. il y a seulement dix, vingt ans, c'eût été impensable. La vraie rupture sarkozyenne est là. Dans la fête au Fouquet's avec les mickeys, dans la croisière dorée sur le yacht de Bolloré, dans la Rolex au poignet, les Ray Ban sur le nez, Carla à Disney, bref tout le côté « bling bling » et paillettes des hippies devenus yuppies, passés du col mao à la chemise Armani.
Mais le plus important n'est pas forcément dans les apparences ; mais dans les origines. C'est ce qu'a bien saisi le fils Glucksmann qui publie avec son paternel, ex-révolutionnaire devenu commissionnaire, Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy(6). Dans un entretien donné au Point le 7 février, celui-là déclare: « Sans le relativisme de Mai, sans son slogan le plus fou, « Nous sommes tous des juifs allemands »; jamais il n 'aurait pu être président de la République. 68 est une assomption du déracinement qui a donné la société " black-blanc-beur ", multiculturelle et ouverte dans laquelle nous vivons. »
Jusqu'alors, comme l'avait mentionné Jean-Marie Le Pen, la France avait toujours été présidée par des Français de souche qui savaient tâter le cul des vaches. Avec Sarkozy, c'est fini. Les paysans sont des « pauv'cons ». Pas seulement l'individu, pedzouille ou non, qui l'a apostrophé au Salon de l'agriculture, mais tous les péquenots, les Bretons, les « Français d'en bas » beaufs, ringards, dont Yasmina Reza GJ a rapporté, l'ayant suivi pas à pas durant toute la campagne, le mépris qu'il leur porte et avec quel cynisme il feint de s'en montrer proche.
L'étonnante ascension d'une Rachida Dati ou d'une Rama Yade participe évidemment de ce mouvement de « déracinement » initié en 68, poursuivi par leurs héritiers trotskistes, libertaires ou libéraux.
Certes SOS Racisme est passé par là, continuant ce travail de sape de la nation. Un certain communautarisme, promu par l'association antiraciste, importé du modèle anglo-saxon, propagé par les soixante-huitards, a imprégné la société française. En 68, raconte Glucksmann père dans le même entretien, « il y avait l'idée de la révolution, de Révolution française et donc de modèle français de révolution, mais aussi l'idée d'ouvrir les frontières, morales et physiques. » Il explique même comment des joumalistes anglais et américains sur place lui disaient : « C'est fantastique, vous vous américanisez ! » Un article de journal The Economist allant même jusqu'à titrer: « Dany sauve le dollar » !

Soixante-huitard contrarié et soixante-huitard atardé
« Cohn-Bendit, ce n 'était pas la France éternelle, se souvient André Glusksmann, mais quelque chose qui se trouvait partout, à Paris comme à Berkeley... Une attitude mondialisée et mondialiste. » Le gros mot est lancé. la vérité sort encore une fois de la bouche des enfants de Mai. Nicolas Sarkozy est en train d'achever politiquement et socialement cette américanisation qui rime avec mondialisation.
De même, dans le choix de certains ministres issus du monde associatif, tels Kouchner, Hirsch ou Amara, la révolution de 68 est passée par là. Il s'agissait de se libérer de la logique verticale du pouvoir pour faire entrer la société clans l'Etat. Les soixante-huitards ont toujours lutté contre l'idée pour eux rétrograde, autoritaire, voire totalitaire que l'Etat crée la société. L'Etat source de la légitimité, politique et sociale leur semblait déjà le début de la tyrannie. C'est la rue, le pseudo-spontanéisme révolutionnaire, l'autogestion, qui constitue la société et la dynamique politique. Là comme ailleurs, il fallait être ouvert et participatif » comme dirait Ségolène, elle aussi fille de 68 malgré ses airs de matrone austère.
« Société ouverte » contre « société fermée », « rupture » ou « révolution contre conservatisme » « liberté individuelle » contre « autorité traditionnelle », « autonomie » contre « hétéronomie ». Ce sont là les maîtres mots du libéralisme qui ont fleuri, certes de manière plus poétique, sur les murs de Paris en mai 68. Iibertaires-libéraux, même slogan ! Cette Proximité terrninologique et idéologique va jusqu'à la reprise du terme de « Grenelle » pour désigner une négociation en période de crise. « Grenelle de l'environnement » hier, « Grenelle de la culture » demain. Dany-Sarkozy, même combat! Quand le second dit « liquider 68 » le premier lui répond « oublier 68 » (Forget 68, titre de son livre d'entretiens). Qui des deux faut-il croire? Le « soixante-huitard contrarié » ou le soixante-huitard attardé ?
« Voyez comment l'héritage de Mai 68 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique » tonnait Nicolas Sarkozy : « Je propose aux Français de rompre réellement avec l'esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68 »; « Je veux tourner la page de Mai 68. Mais il ne faut pas faire semblant. » C'était à Bercy, en pleine campagne du second tour de la présidentielle. Il y a seulement un peu plus d'un an.
Jocelyn Delagarde
L Note pour l'Histoire: discours de Bercy le dimanche 29 avril 2007.
2. n° 2241 du 18 octobre 2007.
3. n° 23-10 du 9 janvier 2008.
4. 9 janvier 2008.
5. Entretiens avec Stéphane Paoli et Jean Viard, Editions de l'Aube, avril 2008, 128 pages, 12,90 euros.
6. DenoëL 2(X)8.
7. L'aube, le soir ou la nuit, Flammarion, 2007.
le Choc du Mois - Mai 2008 -

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 25/05/2008 - 10:16
par Pat
« C'EST CA, FAIRE DE LA POLITIQUE...»
Nicolas Sarkozy a annoncé le 15 mai, au soir de la nouvelle grève des enseignants, un projet de loi instaurant un « droit à l'accueil des enfants » dans les écoles primaires les jours de grève, et prévoyant que « les professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l'avance ». Cette annonce a naturellement provoqué des réactions indignées de la gauche et des syndicats, qui ont dénoncé une insupportable atteinte au droit de grève. Et il c'était à qui crierait le plus fort il sur ce thème, tandis que Bertrand Delanoë, se faisant le porte-parole des maires socialistes, affirmait qu'une telle loi serait anticonstitutionnelle, car contraire à la libre administration des communes. C'est à l'employeur de s'occuper de l'organisation d'un service minimum, souligne-t-il, et l'employeur c'est l'Etat, qui ne peut pas transférer ses responsabilités sur les communes.
Il est amusant de constater que les nouvelles annonces de Nicolas Sarkozy continuent d' être l'objet de vives polémiques, alors qu'il est désormais abondamment prouvé que ce ne sont que des effets d'annonce, et non des projets réels.
Surtout quand le principal intéressé le dit lui-même. Pas de cette manière, mais ça revient au même.
La veille. de la grève, Xavier Darcos avait déclaré qu'il ne s'agissait pas seulement d'une grève des enseignants, mais aussi d'une grève des maires socialistes, qui refusent d'organiser le « service minimum d'accueil » (SMA). D'où, évidemment, une polémique avec la gauche. Au conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a félicité son ministre de l'Education, déclarant, selon un membre du gouvernement : « C'est très bien d'avoir lancé le débat sur le service minimum. Ce débat a permis de faire passer au second plan la grève en elle-même. C'est ça faire de la le politique! »
Faire de la politique, ce n'est pas résoudre les problèmes, c'est faire des annonces suscitant des réactions politico-médiatiques qui vont détourner l'attention du problème ... D'où la multiplication ahurissante des annonces de Sarkozy, puisqu'il faut en inventer de nouvelles chaque fois que le problème, qui demeure intact, réapparaît sur le devant de la scène.
Yves Daoudal National Hebdo du 22 au 28 mai 2008.

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 06/06/2008 - 22:43
par Pat
LES FAUX CADEAUX DE SARKOZY

Noël en mai, Sarkozy promet et accorde. Avouant de cette façon qu'il est hors d'état d'agir directement pour accroître le pouvoir d'achat des Français, le petit roi de l'EIysée leur apporte une compensation, intitulée « intéressement ». Devant les salariés de Poclain Hydraulics, dans l'Oise, il a révélé son plan magique, destiné à restaurer sa popularité, et, peut-être, à mettre du beurre dans les épinards des salariés, une opération d'incitation à un intéressement élargi, transformée en obligation en 2010. Après des éloges de rigueur, le doute est vite apparu, chez tous les intéressés, salariés comme patrons, et économistes.
Depuis 1959, le fameux intéressement des salariés était facultatif. Le voici qui va devenir obligatoire dans moins de deux ans. Cette nouvelle disposition s'adresse aux PME de moins de 50 salariés (dont 11 % seulement, intéressent leurs salariés), et devrait augmenter considérablement le nombre des bénéficiaires, 4 870 000 à 2005, dernier chiffre connu, environ 8 millions n'étant pas couverts. Sarkozy, dans ce cadre, ne tient pas compte de la situation économique ponctuelle des entreprises, ce qui réservera des surprises. Un peu plus de la moitié des entreprises accordent l'intéressement à leur personnel, Sarkozy vise par conséquent un quasi doublement. Il s'agit là du remplacement des augmentations de salaires par un autre procédé. Il n' y a qu' un hic, l'intéressement s'avère très variable d'un employeur à l'autre. Parfois, son montant est presque, symbolique, car il est fonction des résultats.
Le fisc gagnant
Si les PME ne signent pas d'accord d'intéressement, c'est du fait qu'ils sont contraignants sur trois années. Dans l'univers mondialisé, la visibilité des carnets de commande sur une période triennale, relève de l' aléatoire. Comme l'intéressement est déjà en soi avantageux fiscalement, les grandes entreprises sont engagées depuis longtemps dans le système. Celles que Sarkozy veut appâter en plus avec un crédit d'impôt de 20 % se trouvent dans des secteurs à problèmes, à trésorerie réduite. Cadeau fiscal supplémentaire ou non, elles ne s'engageront pas dans le système, car elles subiront une charge de plus sur leur compétitivité, et elles ne pourront verser des sommes suffisamment conséquentes pour des salariés, plus motivés par des augmentations classiques.
Une mesure bourrée de pièges
Celles qui sont engagées dans l' intéressement sont incitées à mieux faire par un crédit d'impôt de 20 %, sur les sommes versées en plus uniquement, ce qui en limite fortement l' aspect positif. Le gouvernement fait un geste au rabais, qui aboutira sans doute à un flop majeur. D'autant plus que la plupart des syndicats, directement concernés, puisqu'il y a obligatoirement accord d'entreprise sur un tel sujet, préfèrent les augmentations salariales, plus sûres. Dans ce domaine, Sarkozy a fait miroiter qu'il allait contraindre le quart des entreprises de plus de 50 salariés n' ouvrant pas de négociations salariales annuelles à en passer par là. Or, il n'y a aucune obligation de résultats. Ce qui rend « l'obligation » illusoire, et partant, les sanctions financières brandies nulles et non avenues,
L'autre geste spectaculaire, sur la fin du blocage de l'argent de la participation, est bourré de pièges. D'abord, l'épargne quelque peu « forcée » du système est détruite, ce qui n'aura pas que des avantages. En effet, première répercussion négative, le régime fiscal change. Les sommes immobilisées cinq ans sont à ce terme exonérées d'impôts sur le revenu. Pas celles utilisées sur l'année, qui seront fiscalisées. Certes, ce sera au choix du salarié, lequel est souvent dans l'obligation de recourir à toutes ses disponibilités, en cas de « coup dur », ou qui préfère parfois les placer. Il sera donc perdant, au profit du fisc. La générosité de Sarkozy profitera à Bercy. Ensuite, les fonds de la participation, avant leur versement, alimentaient les dispositifs d'épargne retraite. Qui perdront une grande partie de cette ressource. Au moment où les retraites sont menacées. Les pensionnés ne diront pas merci à Sarkozy.
Alexandre MARTIN National Hebdo du 5 au 11 juin 2008

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 20/06/2008 - 22:11
par Pat
Nouvelle imposture de Sarkozy
La loi sur la délinquance des mineurs
En 20 ans, la délinquance des mineurs a augmenté de plus de 80 %. Responsables de 25 % desfairs constatés et de 50 % des «violences urbaines» en 2005, les mineurs délinquants sont au cœur de la loi de prévention de la délinquance en cours d'adoption par le Parlement. Simplement, contrairement aux rodomontades du ministre de l'Intérieur ; cette loi ne prévoit que quelques mesures d'ajustement, et ne met en œuvre aucune prévention efficace, ni aucune répression décidée, jugez-en par vous-mêmes ..
[color=#0080FF]On nous dit: « En cas d'infractions graves des enfants, les parents seront privés d'allocations familiales. »

La «suspension» des allocations familiales n'est en fait qu'un différé de versement (on verse, mais plus tard). La «mise sous tutelle» des allocations, elle, est une aide extérieur de gestion des dépenses lorsque les parents n'arrivent pas à gérer correctement leur budget familial. Aucune de ces mesures ne prive les parents du bénéfice de ces prestations. Elles ne peuvent donc être efficaces pour sensibiliser les parents à leur rôle éducatif. La seule mesure efficace consisterait à créer une peine d'extinction temporaire des droits aux allocations en cas d'infractions pénales graves, puis de suppression définitive de ces droits en cas de récidive.
On nous dit: « L'institution de la présentation immédiate des mineurs va renforcer l'action répressive de la justice. »
Non, car le problème n'est pas la rapidité de jugement mais la certitude de la peine. Aussi longtemps que l'idéologie du criminel-victime-de-la-société dominera une bonne partie de la magistrature, le principe même de la sanction et donc, par exemple, le recours à l'incarcération, sera délégitimé. En 2005, sur 1651 mineurs déférés au parquet de Seine-Saint-Denis, seuls 132 ont été écroués, entraînant chez les jeunes délinquants un sentiment général d'impunité qui est intrinsèquement criminogène.
On nous dit : « La loi crée des établissements permettant un travail psychologique, éducatif et social sur les faits commis
C'était déjà l'un des objectifs des Centres d'éducations renforcés, des Centres éducatifs fermés et des centres de placement immédiat, qui n'ont pas empêché l'explosion de la délinquance et remplaçaient (mal) les anciennes maisons de correction.
Depuis la suppression de ces dernières, l'incarcération des mineurs est devenue la seule mesure privative de liberté qui peut les toucher, le problème c'est qu'en France elle est homéopathique (407 mineurs emprisonnés seulement en 2004 après condamnation). Il faut donc rouvrir les maisons de correction pour les mineurs multirécidivistes et les chefs de bande,
On nous dit: « Le maire pourra effectuer un rappel à l'ordre du mineur susceptible de porter atteinte à l'ordre public. »
De l'aveu même du ministre de l'Intérieur, le maire n'a aucun pouvoir de sanction. Son «rappel à l'ordre» risque de faire bien pâle figure face aux violences urbaines des banlieues. Si elle était faite pour éradiquer vraiment les troubles, la loi devrait permettre au maire d'établir le couvre-feu, quand c'est nécessaire dans certaines zones, afin d'interdire aux enfants de moins de 16 ans de sortir sans accompagnement du domicile familial.
On nous dit: « La loi de 1970 sur la toxicomanie, inappliquée car trop répressive, devait être modifiée
La loi de 1970 contre la toxicomanie prévoyait une peine d'un an de prison pour la consommation de cannabis. Lex, dura lex, sed lex. Dès lors, soyons clairs, monsieur le Ministre : qui n'appliquait pas la loi ? Certains magistrats ? Depuis quand ont-ils le droit de juger les lois ? Ce sont les délinquants qu'ils doivent juger ! C'est un comble ! En France, comme dans tous les États de droit, l'inapplication de la loi doit tomber sous le coup de la loi ! Cela pose le problème de la mise en cause pénale des juges. Pourquoi seraient-ils en effet les seuls qui ne risquent rien ?
Français d'Abord novembre 2006

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 04/07/2008 - 0:16
par Pat
Criminalité les bilans truqués de Sarkozy

Pour son dernier bilan place Beauvau, le ministre de l'Intérieur a voulu partir sur une bonne note, annonçant une baisse significative de la délinquance, Sur le terrain, le « sentiment d'insécurité » n'a jamais été aussi fort...
Otage de sa stratégie obsessionnelle de la communication, Nicolas Sarkozy s'est livré lors de sa conférence de presse du 10 janvier à un énième acte de propagande électorale. À trois mois de la présidentielle et quelques jours avant d'être investi candidat de l'UMP, la tentation était trop forte pour ne pas s'adonner une fois encore à un exercice d'autosatisfaction. Reste que le « triomphe » du ministre de l'Intérieur tient à un petit chiffre insignifiant (une baisse de 1,3 % de la délinqnance en 2006 par rapport à 2005), si l'on veut bien le comparer aux millions de crimes et délits enregistrés chaque année en France.
Tout comme pour l'immigration, les statistiques officielles de la délinquance souffrent de non-dits qui n'entrent pas en compte dans la comptabilité officielle du ministère de l'Intérieur, ces millions de crimes et délits qui ne sont pas pris en compte parce que les victimes ont renoncé à porter plainte par peur de représailles ou parce qu' elles estiment que leur plainte n'a aucune chance d'aboutir.
À la lecture de ces faits, que peut bien peser une baisse d'à peine 1 % des crimes et délits quand dans le même temps, les violences contre les personnes ne cessent d'augmenter (+ 5,6 %) et que l'implication des mineurs dans les actes de délinquance est en constante hausse (+ 4,13 %).
À quelques jours de son départ du ministère de l' Intérieur, le candidat de l'UMP pourra difficilement s'appuyer sur un bilan flatteur en matière de lutte contre l'insécurité. Si l'on veut bien dépasser le stade des déclarations incantatoires à usage électoral, il reste les chiffres bruts : de 2001 (dernière année de la législature Jospin) à 2005, le nombre d'actes de violences urbaines recensés est passé d'un peu plus de 50 000 à 110 206...
Eric Domard Français d'Abord février 2007

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 14/07/2008 - 23:48
par Pat
Contre les statistiques truquées de Sarkozy
Les vrais chiffres de l'insécurité
Tandis que le ministre de l'Intérieur se félicite d'une prétendue diminution des crimes et délits constatés depuis 2002, des études moins connues montrent que les statistiques officielles sous-évaluent considérablement la réalité de l'insécurité, dissimulent la nature de la délinquance et masquent l'inefficacité des services de police. Enquête sur un monde de mensonges éhontés et de débats interdits, pour enfin porter à la connaissance du grand public les chiffres qui font mal.
Les mensonges éhontés
1) Nicolas Sarkozy nous dit : « La délinquance générale a baissé de 9,4 % depuis 2003. »
Allons, allons, soyons sérieux : les différentes institutions ne sont pas d'accord entre elles ! Par exemple, pour l'année 2006, le ministre de l'Intérieur a parlé de 3,7 millions d'infractions. Pour la même année, l'enquête de victimalion INSEE-OND aboutit, elle, à 12,4 millions de crimes et délits, soit plus de 3 fois plus. On comprend pourquoi : outre que les gens, lassés de l'inefficacité de la police, ne déclarent même plus la plupart des atteintes aux biens et aux personnes, d'évidents trucages statistiques permettent de diminuer les chiffres «officiels». Ainsi, ne sont pas comptabilisées dans le comptage global les plaintes enregistrées en main courante, les contraventions (injures, menaces, violences légères) ainsi que les infractions routières, douanières et fiscales.
2) Sarkozy nous dit : « Le nombre de voitures brûlées lors de la dernière nuit du 31 décembre est inférieur à l'année précédente. »
D'après une enquête conduite par Europe 1 auprès des préfectures le 1er janvier 2006, le nombre de voitures brûlées lors de la nuit de la Saint-Sylvestre est 70 % plus élevé que le chiffre fourni par le ministère de l'Intérieur le 1er janvier au matin. Il y en aurait eu 683 et non 396 ! La cause de cet écart ? La Direction générale de la Police a refusé de fournir un autre bilan que celui de 6 heures du matin ! Ce bilan n'a jamais été réactualisé, or on sait que tout au long de la journée, des gens découvrent que leur voiture a brûlé, le déclarent à la police, qui, elle, a bloqué les compteurs à l'aube ...
3) Sarkozy nous dit : « Je suis fier d'être le ministre de l'Intérieur qui a fait reculer la peur. »
De l'aveu même des services officiels, entre 2002 et 2006, les violences contre les personnes ont augmenté de 12,45 % (!). Les violences gratuites, elles, ont progressé de 27,50 % sur la même période! Entre 1970 et 2006, le taux de criminalité est passé de 22 pour 1000 habitants à plus de 60 pour mille ... Et la peur aurait reculé ? En politique sarkosienne, l'essentiel n'est pas dans l'acte, mais dans l'aplomb.
Les débats interdits
4) On nous dit : « Il n'y a pas de lien entre délinquance et immigration étrangère. »
S'il est faux de dire que les populations d'origine immigrée sont largement délinquantes, certains chiffres, d'ailleurs officiels, montrent clairement que la délinquance est largement d'origine immigrée : en 1994 déjà, le rapport parlementaire Dell' Agnola révélait que 60 % des personnes interpellées par les différents services de sécurité publique étaient étrangères. En 2004, les synthèses de la police nationale révèlent que 60 à 70 % des délinquants sont issus de l'immigration(1). L'ancienne commissaire des RG Lucienne Bui-Trong(2) relève aussi que 85 % des auteurs de «violences urbaines» sont d'origine maghrébine.
5) On nous dit : « Il faut cesser d' associer les jeunes à l'insécurité. »
Décidément, le politiquement correct exerce également en ce domaine une implacable tyrannie, selon laquelle il faudrait s'interdire de réfléchir et d'énoncer la véritable nature de l'insécurité. Mais les statistiques officielles du ministère de l'Intérieur, même truquées, montrent clairement qu'entre 1992 et 2006 les crimes et délits commis par des mineurs ont augmenté de 80 %, le nombre des mis en cause passant de 100 000 à 180 000. En 2006, la délinquance des mineurs représente 20 % de la totalité des infractions constatées (un mis en cause sur 3 pour vol de voiture, cambriolage ou vol simple a moins de 18 ans) et plus de 50 % des incidents de «violences urbaines».
1. Journal Le Point du 24.06.2004 (n° 1658), page 28.
2. Lucienne Bui-Trong, Violences urbaines, des vérités qui dérangent, Bayard, octobre 2000.

Français d'Abord ! avril 2007

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 21/08/2008 - 23:16
par Eniotnar
Merci Pat.
Il est toujours bon de lire et de relire les propos de ce Félon Patenté ! :evil:

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 01/09/2008 - 22:12
par Pat
Sarko, la tactique et la stratégie
On ne peut rester que confondu devant le contraste entre l’habileté tactique brillante de Sarkozy et son vide stratégique abyssal, presque par refus de la pensée stratégique. Cela correspond à l’air du temps, privilégiant, jusqu’à l’éradication complète, le « people » sur l’homme politique et l’action sur la pensée. Le cas Sarkozy est encore éclairé lors de la visite de G.W. Bush à Paris, vendredi dernier, à la lumière notamment d’un commentaire du « Times », du 14 juin. Le commentaire, qui ne manque ni de lucidité ni d’une certaine amertume, constate par conséquent la perte d’influence des Britanniques auprès des USA.
Quelques mots du « Times »…
« Le Président Bush a annoncé une “nouvelle ère d’unité transatlantique” à son arrivée en France hier, le lieu de son discours étant tout aussi significatif que son contenu. En choisissant Paris pour ce que les fonctionnaires de la Maison-Blanche ont appelé « la pièce maîtresse » pour faire ses adieux à l’issue de sa longue semaine de visite en Europe, M. Bush a cherché à sceller une spectaculaire transformation intervenue dans les relations avec la France depuis que le président Sarkozy a été élu l’année dernière. »
« La Grande-Bretagne qui, pendant si longtemps, a fait office de pont, parfois branlant, au-dessus de l’Atlantique, n’a plus une telle importance stratégique et diplomatique. Le président Bush passe deux nuits à Paris, mais seulement une à Londres demain – où il dînera en privé avec Gordon Brown après avoir vu la Reine. Une grande partie de son passage en Grande-Bretagne sera consacré à la question relativement locale de l’Irlande du Nord avant de regagner Washington. »
Alors que le premier ministre a tenu à prendre ses distances avec le président américain – l’ambassade britannique à Washington, par exemple, fonctionnant selon des strictes consignes de maintien de profil bas – le président français a délibérément revêtu le manteau porté autrefois par Tony Blair, avec une attitude de défi – même triomphante – ne retenant pas ses mots pour dire son engouement pour tout ce qui est américain. Hier, un diplomate américain a qualifié M. Sarkozy « d’axe autour duquel tourneront nos relations avec l’Europe », ajoutant que son « penchant pour l’action plutôt que pour la réflexion » convenait au caractère propre de M. Bush ».
Le reste du commentaire est une longue ballade admirative sur le brio de Sarkozy, réussissant à se placer et à s’imposer comme « meilleur ami de Washington », évidemment au détriment des Britanniques. Tom Baldwin et Charles Bremner, les deux auteurs de l’article, vont jusqu’à mettre en évidence l’aisance avec laquelle Sarkozy parle avec dureté aux Américains sur certains sujets, sans s’attirer la moindre rebuffade :
« En effet, M. Sarkozy a dit sans ménagement à M. Bush qu'il devait s’engager davantage sur la question du changement climatique, tout comme il a été sévèrement critique à l’égard de la politique commerciale américaine et de ce qu'il considère comme une dévaluation délibérée du dollar de la part de Washington. Le lien entre les deux leaders est si fort que la Maison-Blanche considèrent de telles attitudes comme des défis plutôt qu'une source de division. »
Tout cela décrit une tactique remarquablement conduite de la part du président français, une tactique basée sur des méthodes que comprennent les experts américanistes. Beaucoup d’exclamations, d’affirmations éclatantes, concernant des choses simples exposées par des appréciations en forme de slogans. Les deux auteurs citent un diplomate américain qui leur a confié que Sarkozy va devenir « l’axe autour duquel tourneront nos relations avec l’Europe », qui explique que son « penchant pour l’action plutôt que pour la réflexion » se marie parfaitement avec le caractère de M. Bush. Certes, et l’on peut aussi observer, pendant qu’on y est, qu’il y a parfois des compliments dont on se passerait bien…
Pas Sarkozy, sans nul doute. La description de son entregent et de son habileté dans ses relations avec l’actuel président des Etats-Unis rend compte d’un sens tactique aigu et d’une grande capacité d’exploitation de la technique des communications, de la technique « people » de préférence aux arguments politiques, de l’exclamation à défaut d’explication. La nuance ne l’embarrasse pas. Lorsqu’il s’exclame, à propos de l’Afghanistan, qu’il faut se battre jusqu’à la victoire finale car on ne doit pas céder aux « tortionnaires » (« We cannot give in to torturers »), on ne peut qu’approuver tout en se demandant de qui il parle – puisque certaines bonnes âmes pourraient aussitôt penser à Guantanamo, aux vols de la CIA et à quelques prisons fameuses d’Afghanistan. Parvenir à se faire passer pour le grand « meilleur allié » de Washington en Afghanistan alors que les Britanniques portent, aux côtés des forces américaines, la charge principale de cette guerre désastreuse, a de quoi rendre bien amers les susdits Britanniques.
Reste la question principale : où mène tout ce brio tactique ? La politique française semble réduite à des visions stratégiques complètement enfermées dans des soucis tactiques adaptés au court terme, aux moyens plutôt qu’aux fins. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de pensée, chose encombrante et inutile dans ces temps qui filent vite, donc il n'y a pas de stratégie originelle. Le retour de la France dans l’OTAN, qui semble maintenant inéluctable, est un bon exemple d’une stratégie guidée par une tactique et enfantée par la tactique (sinon l'effet), sans autre substance que l’exclamation de la chose en soi présentée comme une idée féconde. La seule explication de substance est que la décision tactique porte en elle sa vertu stratégique, ce qui laisse rêveur lorsqu’on voit l’état de l’OTAN alors que la dialectique française présente l’Organisation comme une sorte de Saint-Graal. Annoncer qu’on restera en Afghanistan jusqu’à la victoire finale n’explique pas pour autant dans quel but l’on s’y trouve et comment se fera cette victoire finale. L’enfermement dans un maximalisme anti-iranien permet de beaux discours et de belles formules mais fait s’interroger sur l’intérêt de la chose, surtout si Obama arrive à la présidence bien décidé à entamer un dialogue constructif avec Téhéran (le sénateur républicain Hagel, qui pourrait tenir une place importante dans l’équipe Obama, a affiché récemment en public et sans crainte d’être démenti sa certitude que « si Obama est élu, c’est la voie qu’il suivra avec les Iraniens »). Les Européens, et les Français en premier parmi eux, vont se retrouver marginalisés dans leur maximalisme, le jeu se déroulant alors à trois : l’Iran, les Etats-Unis et la Russie, qui s’imposeront comme les partenaires nécessaires en raison de leur poids auprès de l’Iran. (La Russie exactement dans le rôle qu'auraient dû tenir les Européens s'ils avaient suivi leur politique naturelle.)
Tout est à l’avenant dans la politique française vis-à-vis des Etats-Unis, comme dans la politique française générale d’ailleurs. L’absence de nuances renvoie sans doute à l’humeur indiscutablement pro-américaniste du président français, y compris lorsqu’il critique la position américaine (« Qui aime bien châtie bien »). On ne peut tout de même écarter le fait que cette efficacité et ce brio s’exercent à l’égard d’un président (des Etats-Unis) qui n’existe plus, et qui ne peut que bondir de joie lorsqu’il rencontre enfin, en Europe, un chef d’Etat qui le prend encore au sérieux ; et à propos d’une politique américaine qui n’est qu’un résidu catastrophique des sept années épuisantes depuis 9/11, dont plus personne ne sait que faire. Que Sarkozy prenne ceci et cela tant au sérieux est habile pour le (très) court terme, mais au-delà ?
Finalement, Sarkozy agit comme s’il était son propre premier ministre – ce qui est d’ailleurs sa marque de fabrique dans toutes les affaires depuis qu’il est président – occupé à traiter avec brio, toujours ce brio de circonstance, des affaires courantes et immédiates, tandis que, derrière lui et un peu au-dessus de lui, le vrai président penserait aux choses sérieuses, notamment pour le cas qui nous occupe, à l’après-GW, à une éventuelle nouvelle grande politique, avec les Etats-Unis ou pas, et ainsi de suite. La grande question est donc : Y a-t-il un président qui pense derrière et un peu au-dessus du premier ministre Sarkozy ?
L’intérêt de cette affaire, on le trouvera effectivement lorsque le premier ministre Sarkozy se tournera pour consulter le président. Cela aura lieu dans six mois, dans un an, cela aura lieu lorsque le partenaire américaniste, s’il n’est pas emporté dans quelque tourmente et lorsqu’il se sera débarrassé de G.W. Bush, de ses ors et de ses séquelles, se dira qu’un « meilleur ami » du calibre de la France mérite qu’on lui demande des services précis, des engagements et toute cette sorte de choses – comme il avait l’habitude de le demander aux Britanniques.
Rubrique : Bloc-Notes
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=5202 17/06/08
Traduction des extraits de l’article du « Times » par RS
Correspondance Polémia 25/06/08

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 11/09/2008 - 19:23
par Pat
Sarkozy, seul atout de la gauche
SÉGOLÈNE ROYAL, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont au moins ça en commun en cette veille de municipales : la peur panique de voir Martine Aubry reconduite dès ce dimanche à la mairie de Lille. Un succès certes local mais susceptible de favoriser le destin national auquel n'aurait pas renoncé l'ancien ministre du Travail encore assez jeune (58 ans) pour s'estimer présidentiable et qui, avec les lois portant son nom, passe à tort ou à raison pour la championne d'un socialisme pur et dur, de nature à lui concilier la gauche extrême et la France métisse. La fille de Jacques Delors n'accoucha-t-elle pas en 1995 d'un Petit dictionnaire pour lutter contre l'extrême droite de la plus impeccable orthodoxie antiraciste ?
Oublié Neuilly, c'est Bordeaux qui, en parallèle, préoccupe au premier chef Nicolas Sarkozy. Qu'Alain Juppé y soit triomphalement réélu dès le premier tour, contrairement aux hiérarques UMP (en commençant par Jean-Claude Gaudin en difficulté à Marseille où il s'acharne à faire oublier sa proximité avec l'Elyséen) et aux ministres candidats dans de grandes villes (Darcos, Bockel, Estrosi, Dati, Lagarde ... ), et toute la suite du quinquennat en serait bouleversée. C'est autour du « meilleur d'entre nous » sacré duc d'Aquitaine que se cristalliseraient les mécontentements, c'est à lui que se rallieraient les déçus du sarkozisme, sa sévérité et sa sécheresse mêmes, qui lui furent tant reprochées, faisant figure d'oasis bienfaisante après les grotesques tumultes de la « présidence bling-bling ».
UNE présidence placée, en outre, sous le signe de la déveine. Alors que les prix ne cessent de monter, le chômage est reparti à la hausse (+0,7 % en janvier) et ce ne sont pas les déclarations lénifiantes de François Fillon assurant le 29 février qu'il s'agit là d'une péripétie « conjoncturelle » car « le mois de janvier est traditionnellement un mois qui n'est pas bon » qui peuvent rassurer les salariés, lesquels sont aussi des électeurs. Car Ils voient bien autour d'eux les magasins, les ateliers, les bureaux, les usines qui ferment, les queues qui s'allongent devant l'ANPE et les agences d'aide sociale tandis que les mieux nantis redoutent l'évaporation d'une épargne patiemment amassée.
Après l'immobilisme de l'interminable ère Chirac, les gens attendaient un président dynamique, proche d'eux, attentif à leurs problèmes quotidiens et capable les résoudre. Ils ont un représentant de la plus détestable jet-set, adepte du plus exécrable confusionnisme avec Guy Môquet, Benoît XVI et Nelson Mandela voisinant pêle-mêle dans son panthéon personnel. Un rigolo ou un inconscient qui, alors que ses compatriotes se demandent comment payer leur loyer, croit bon de leur annoncer - de Johannesburg où, alors même que l'ancien géant du continent est en plein marasme, il a osé faire l'éloge du « modèle sud-africain », facteur de « renaissance pour l'Afrique » - qu'il est prêt à se ruer en Colombie pour convaincre les FARC de libérer Ingrid Betancourt. Sans doute française (par mariage, d'ailleurs suivi d'un divorce) et menant depuis son enlèvement en février 2002 une existence misérable dans la jungle amazonienne mais dont le sort n'est pas le premier souci des ménages français.
Lesquels, en revanche, s'inquiètent de l'accord signé le 27 février avec Dakar par le ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, et ouvrant le marché du travail français à des Sénégalais exerçant 108 métiers ne trouvant pas preneurs dans l'Hexagone. Une mise en application de l'« immigration choisie » - et du rapport Attali - sans même attendre la réforme constitutionnelle nécessaire ni les conclusions de la commission sur les quotas d'immigration créée par le même Hortefeux qui en a confié la présidence à Pierre Mazeaud ! En échange de ces bons procédés, qui aggraveront la submersion de la France puisque les nouveaux venus exigeront fatalement le bénéfice du regroupement familial, Paris aurait obtenu de Dakar des « engagements en matière de rapatriements des sans-papiers », le Sénégal ayant consenti à délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires à la réalisation des expulsions. Un marché de dupes puisque nombre de clandestins détruisent leurs documents d'identité à peine le pied posé sur le territoire français, dont il est dès lors impossible de les expulser !
6 MAI 2007-9 mars 2008. Dix mois d'activisme brouillon (dont le projet avorté des parrainages d'« enfants de la Shoah » par des CM2 est tristement emblématique) et d'actions en trompe l'œil qui expliquent la nouvelle chute de Nicolas Sarkozy dans les sondages : 33 % seulement de satisfaits, 4 points de moins qu'en janvier, selon CSA pour Valeurs actuelles. La présence du Front national étant hélas purement symbolique et les intentions du MoDem illisibles, les élections municipales et cantonales se traduiront sans doute dans les urnes par un succès totalement immérité pour la gauche, dont la médiocrité sur les plans humain et programmatique est pourtant avérée. Beau résultat en ce quarantième anniversaire du « printemps de mai », alors que, voici un an, Nicolas Sarkozy nous jurait que, lui président d'une France n'ayant plus « honte d'être à droite », serait définitivement "liquidé" l'esprit de 68 !
RIVAROL, < galic@rivarol.com >.
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Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 18/09/2008 - 18:54
par Pat
UN BOULET NOMMÉ SARKO
Le hasard fait parfois bien les choses. Ainsi, c'est le 10 mars, au lendemain de municipales et de cantonales dont Nicolas Sarkozy savait depuis deux mois maintenant qu'elles lui seraient défavorables, qu'a eu lieu à Paris la première visite d'Etat du quinquennat. Celle du président israélien Shimon Peres auquel son homologue français a dit avoir « tenu à réserver cet honneur afin de réaffirmer la force de l'amitié qui unit nos deux pays et nos deux peuples ». Et le porte-parole de l'Elysée d'en rajouter : « Le président de la République se fait une joie d'accueillir M. Peres (...) pour lequel il a beaucoup de respect et d'affection. Le chef de l'Etat témoignera une nouvelle fois à M. Peres de son admiration pour l'homme de paix (sic) et de réconciliation (resic) qu'il n'a jamais cessé d'être. »
Difficile d'aller plus loin dans le cirage de pompes ? Certes, mais faut ce qu'il faut pour séduire le vote-qui-n'existe-pas et que n'avait pas réussi à mobiliser l'initiative présidentielle de faire parrainer les petits morts français de la Shoah par les enfants des écoles.
Comme on n'est toutefois jamais trop prudent, surtout quand on a accumulé auparavant incohérences et contre-pieds, Nicolas Sarkozy ne s'en est pas tenu là. Le lendemain, 11 mars, il s'est rendu à Toulon. Pour y causer... immigration ! Et relancer, en paroles du moins, la lutte contre l'immigration clandestine. Aucun rapport évidemment entre ce déplacement inopiné et le besoin vital des voix nationales en général et lepénistes en particulier qu'ont ses amis Jean-Claude Gaudin et Christian Estrosi pour l'emporter le premier à Marseille et le second à Nice.
Ces grosses ficelles permettront-elles à la majorité de limiter les dégâts au second tour ? Certes, le "vote-sanction" tant redouté après la triomphale présidentielle du 6 mai 2007 n'a pas eu l'ampleur annoncée, mais dans le double scrutin de dimanche dernier, l'UMP n'en est pas moins menée de trois points (44 à 47 %) et son secrétaire général, Patrick Devedjian, a dû concéder « une petite défaite » que souligne encore la reconduction plébiscite (56 % des voix) dès le premier tour d'Alain Juppé qui avait obstinément refusé tout mano en la mano, notamment ministériel, avec le successeur de Chirac. Une distance soigneusement cultivée et dont, comme nous l'annoncions dans notre dernier n°, le maire de Bordeaux peut espérer profiter en 2012 .
Ce qui ne sera sans doute pas le cas de François Bayrou. Le « troisième homme » de la présidentielle 2007 n'a pu concrétiser ses espérances aux municipales (y compris à Pau, où le biographe de Henri IV n'est arrivé que deuxième derrière une socialiste inconnue) alors même que les résultats de dimanche montrent la justesse de l'analyse sur laquelle il avait fondé l'an dernier sa candidature : une "centrification" du corps électoral rejetant les "extrêmes", aussi bien par idéologie que, comme nous l'avons souvent dit ici, par consumérisme, l'homme politique n'étant plus conçu comme une boussole ou un porte-drapeau mais comme un simple prestataire de services. Toutefois, loin de favoriser une « troisième voie », cette centrification aboutit à une bipolarisation, les grands partis majoritaires s'acharnant à gommer leurs différences et communiant dans le culte d'une "diversité" aussi protéiforme que fallacieuse.
Dans cette configuration à l'anglo-saxonne ou à l'allemande, les « exceptions françaises » que constituaient le Parti communiste et le Front national ont-elles encore leur place ? Grâce à une présence presque séculaire sur le terrain et à ses alliances avec les socialistes qui, en échange, poursuivent leur investissement de la « ceinture rouge » de Paris, le premier se survit et remporte même certains succès (reprise de la mairie de Dieppe, sièges de conseiller général). A l'inverse, amputé et affaibli par ses échecs de la présidentielle et surtout des législatives qui l'ont privé de son trésor de guerre, mais toujours ostracisé et donc isolé, le FN se voit réduit à un rôle de figurant. Y compris dans les régions où il fut coutumier vingt ans durant des scores à deux chiffres, et tenait un rôle d'arbitre. Rôle que le MoDem voudrait désespérément jouer désormais mais dont il n'a eu que rarement les moyens. Malgré la médiatisation insensée dont elles ont bénéficié tout au long de la campagne, les listes de son égérie Marielle de Sarnez, qui s'estimait "incontournable" à Paris, ne sont ainsi en mesure de se maintenir que dans trois arrondissements. Pari perdu!
Avec le FN qui n'aura pas réussi son OPA sur Hénin-Beaumont où il avait jeté l'essentiel de ses forces et l'UMP qui a perdu à la fois la capitale des Gaules regagnée par le PS dès le premier tour et celle de la France décidément conquise par Delanoë, le MoDem est donc le grand vaincu de ces élections municipales dont le bilan est en revanche globalement positif pour la gauche. Une situation irréversible ? Le pire n'est jamais sûr mais force est de constater que toutes nos métropoles connaissent l'évolution qu'a subie Paris il y a trois décennies déjà : départ des « vraies gens », arrivée de classes moyennes employées dans les "services" et largement formatées par les nouveaux media, et présence de plus en plus prégnante d'une immigration de peuplement, d'ailleurs parfaitement acceptée: dans le Vile arrondissement, réputé bastion du conservatisme catholique et français toujours, il s'en est ainsi fallu d'un cheveu que Rachida Dati ne fût élue dès le premier tour alors que tout le Noble Faubourg aurait dû faire barrage à cette parachutée allogène.
Sans racines et sans principes, Nicolas Sarkozy incarne de manière presque caricaturale cette évolution sociologique. Il aurait dû en recueillir tous les fruits. Seule une inadéquation radicale de sa personne à sa fonction l'a privé de cette moisson.
RIVAROL 14 mars 2008
< galic@rivarol.com >.

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 18/09/2008 - 18:59
par Tireur_isolé
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___ Népotisme : la République des épouses, des cousins et des amis d'amis .
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___ Suivant l'exemple de leur Président, qui a casé son fils au Conseil Général des Hauts de Seine, les ministres font travailler leurs proches dans leurs cabinets… C'est ce que racontent Valentine Lopez et Géraldine Woessner dans leur livre « Les Chambres du pouvoir ».
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http://www.marianne2.fr/Nepotisme-la-Republique-des-epouses,-des-cousins-et-des-amis-d-amis_a91317.html?preaction=nl&id=2935034&idnl=25520&

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 18/09/2008 - 23:36
par Pat
LA CREATIVITE FISCALE
Sarkozy a déjà créé un très grand nombre d’impôts nouveaux dont nous avons parlé au fur et à mesure : il s'affirme ainsi tout à fait dans le sens du socialisme.
Mais il y a les nouveaux projets qui sont absolument terrifiants et que nous énonçons dans la mesure où nous les connaissons.
Obligation à partir de 2012 de faire une rénovation thermique de tous les logements et ceci avant 2027.
Possibilité aux collectivités locales d'expérimenter un système de péage urbain pour entrer dans les villes.
Prime transport demandée aux entreprises en vue de faciliter les déplacements aux salariés.
TVA de 19,6 % au lieu de 5,5 % appliquée aux produits jugés non écologiques utilisés à l'occasion de travaux intérieurs.
Taxe appelée « taxe pique-nique » qui serait un prélèvement concernant les produits jetables par destination comme les briquets ou les produits plastiques.
Une fabuleuse série de bonus-malus écologique. Le système bonus-malus des voitures serait étendu aux produits de grande consommation dont la liste est encore tenue secrète. Les Hommes de l'État décideraient ainsi que tel produit est bon écologiquement et que tel autre est mauvais.
Hausse du malus pour les voitures polluantes.
Augmentation importante d'une taxe sur les décharges et incinérations qui existe déjà.
Surtaxe sur les plus-values immobilières lorsque les logements ont pris de la valeur grâce à la construction d'infrastructures par l’Etat.
Enfin dernière de la liste que nous connaissons une taxe pour le transport de marchandises qui seraient répercutée sur le client.
http://www.libeco.net/magazine.htm

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 20/09/2008 - 12:11
par Pat
Le trompe-l'œil du retour de la morale
L'homme qui jure comme un charretier possède-t-il aujourd'hui la légitimité de rétablir la morale à l'école ou, au moins, la discipline garante de la sécurité et d'un enseignement correct ? Ce petit voyou qui voulait « en finir avec Mai-68 » mais incarne la chienlit mieux que personne a en tout cas chargé son ministre de l'Education Nationale, Xavier Darcos, de pondre un rapport présentant le programme des classes de l'école primaire dans lequel doit être incorporée une part non négligeable de morale et d'instruction civique.
Dès le 20 février, un document de 34 pages fut mis en ligne sur le site du ministère.
Son contenu n'explique aucunement les cris poussés par les syndicalistes de l'Education Nationale. « Je ne refuse pas l'adjectif moral, analyse Luc Bérille, secrétaire général du syndicat des enseignants (SE-UNSA), mais parler de la morale est risqué » car, admirez l'aveu, « dans la France d'aujourd'hui, nous n'en avons pas une définition commune ». Qu'il se rassure ! Car à la lecture du rapport en question, nulle trace de morale n'est identifiée, les propositions de Darcos ne relevant que du conformisme médiatique et n'ayant trait à aucune transcendance. S'il est recommandé que les élèves se lèvent afin de saluer un adulte entrant dans la salle de classe (ce qui, semble-t-il, n'est pas nouveau ... ), s'il est proposé que La Marseillaise soit apprise par les enfants comme le souhaitait déjà Chevènement, l'ensemble des recommandations du ministère découle de l'instruction civique telle qu'elle est entendue par la République maçonnique et nullement de la morale à proprement parler. « Ce ne sera pas la morale à papa », affirmait d'ailleurs dédaigneusement Darcos sur ce point. En effet.
En CEl, nous apprenons que les élèves seront « sensibilisés aux risques liés à l'usage d'internet » ! Certainement les prémices de la Morale qui s'imposera au vingt-et-unième siècle ... Au CMI et CM2, les élèves devront apprendre à « refuser les discriminations de toute nature » (donc logiquement à refuser les concepts de Bien et de Mal, en définitive la vraie Morale), seront capables de reconnaître les traits constitutifs de la Nation française et notamment (et surtout) « les règles d'acquisition de la nationalité française » (une connaissance qui sera fort utile à leur nombreuse parentèle). Ils devront en outre saisir intimement le sens du projet de la construction européenne en apprenant ses symboles ... Et, évidemment, tous les gosses de 10 ans devront être sensibilisés à la religion holocaustique, mais là encore, ce n'est pas nouveau ...
L'ambition de cette formation citoyenne et hautement humaniste ? Faire en sorte qu'à la fin du CM2, « les élèves soient capables de se respecter, respecter les autres et les règles de la vie collective ». Bienvenue dans le Meilleur des Mondes ...
François-Xavier ROCHETTE. Rivarol du 14 mars 2008

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 25/09/2008 - 18:17
par Pat
Sarkozy maintient le cap... vers l'abîme !
Les pouvoirs publics ont toujours le plus grand mal à reconnaître une défaite et à en tirer les conséquences. Depuis François Mitterrand, tous les présidents de la République qui ont perdu la majorité à l'Assemblée nationale ont refusé de se retirer. Et on se souvient qu'après l'échec du référendum sur la Constitution européenne le 29 mai 2005, Jacques Chirac avait nommé un gouvernement encore plus européiste que le précédent, où ne figuraient que des personnalités ayant voté oui et l'Elyséen avait même confié le ministère des Affaires étrangères à l'eurolâtre Philippe Douste-Blazy ! Manifestement Sarkozy a retenu les leçons de ses prédécesseurs dans sa façon de nier le vote des Français.
LA NÉGATION DU VERDICT DES URNES
Certes, il ne s'agit que d'une défaite à des élections locales (encore que les cantonales aient une conséquence directe sur la composition du Sénat, donc sur le pouvoir législatif) mais l'analyse des résultats qu'a faite le chef de l'Etat lors du conseil des ministres du 19 mars est typique de la langue de bois des politicards refusant de voir la vérité en face. Les municipales, a affirmé l'oracle élyséen, « ont exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile. » Et Sarkozy d'ajouter : « Il n'y aura pas de changement de cap. » Ce qui est une manière d'occulter, de mépriser le verdict des urnes, les électeurs ayant dit avec assez de force qu'ils étaient mécontents du cap actuel.
Devant ses ministres, le président a promis qu'il n'y aurait « ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur » et a fixé au gouvernement. quatre priorités : « Remettre le travail au cœur dès politiques publiques. renforcer la compétitivité de notre économie, continuer à gérer avec sérieux (sic !) les finances du pays et concilier solidarité et responsabilité en matière de retraites, de prise en charge de la dépendance et de santé ». Une réforme des retraites étant annoncée pour le second trimestre 2008.
Concernant ce dernier point, on nous avait pourtant dit que la réforme entreprise en 2003 par François Fillon, alors ministre des Affaires sociales dans le gouvernement Raffarin, avait résolu pour vingt ans le problème du financement des pensions et garanti leur maintien. Et voilà que cinq ans plus tard, on remet le couvert, ce qui prouve que les réformes proclamées ne sont jamais que des réformettes qui ne résolvent jamais dans la durée une difficulté mais cherchent seulement à temporiser. Il faut donc s'attendre dans les mois qui viennent à un nouvel allongement des annuités, à une augmentation des cotisations et à une réduction des retraites. Ce qui est un véritable vol. Plus les Français cotisent, moins ils touchent !
Quant aux finances publiques, paraît-il, gérées « avec sérieux », cela prêterait à rire, le montant de la dette et des déficits n'ayant jamais été aussi élevé. L'on nous parle d'ailleurs d'un assainissement des finances pour 2012. Comme par hasard l'année de l'élection présidentielle! Et tout à coup il n'est plus question de réduction d'impôts alors que le candidat Sarkozy s'était engagé à faire baisser de quatre points le taux de prélèvements obligatoires au terme de son quinquennat.
Les autres chantiers au programme, sont l'éducation avec la énième réforme de l'école primaire et du lycée (que va mener Xavier Darcos, mais avec quelle légitimité ? Lequel Darcos est d'ailleurs l'invité d'honneur le 12 avril de la Grande Loge de France pour un colloque sur les progrès scientifiques et leurs conséquences éthiques), la rénovation des campus universitaires, la réforme de la recherche, la sécurité avec la loi de programmation militaire, la loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure. Et l'immigration avec la mise en œuvre de la politique des quotas et la suppression de la double compétence juridictionnelle. Si, entre les deux tours des municipales, Sarkozy s'est rendu à Toulon (dont le maire Hubert Falco est promu secrétaire d'Etat chargé de l'Aménagement du territoire) pour parler d'immigration, c'est parce qu'il sait bien que c'est là son va-tout électoral et qu'il peut ainsi séduire l' électorat populaire. Le drame, c'est que plus il parle d'immigration, plus il la favorise par sa politique.
UN IMMIGRATIONNISTE ET UNE FÉMINISTE
Par ailleurs, le remaniement ministériel tel qu'il a été annoncé deux jours après un scrutin qui a vu la déroute de la majorité montre que le locataire de l'Elysée entend minimiser la défaite de son camp. Les électeurs ayant à leur tour pratiqué l'ouverture à gauche, en boudant l'UMP, Sarkozy s'adresse maintenant en priorité à ses fidèles. La nouvelle équipe compte six nouveaux venus, nommés à des postes de secrétaire d'Etat : Christian Blanc, Hubert Falco, Anne-Marie Idrac, Nadine Morano, Yves Jégo et Alain Joyandet, ces trois derniers étant des très proches du chef de l'Etal. Ce qui dilate un gouvernement que Sarkozy avait voulu resserré : 38 membres en tout, dont désormais une nette majorité d'hommes (25 contre 13 femmes). Juppé avait abandonné en cours de route ses "juppettes", Sarkozy prend à son tour des libertés avec la sacro-sainte parité.
A l'exception de l'ex-rocardien et ex-bayrouiste Christian Blanc, ancien président de la RATP et d'Air France qui devient secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, autrement dit du « Grand Paris », projet de regroupement de la capitale avec quelque 80 communes alentour (ce qui ne plaira pas forcément à Delanoë !) il n'y a pas de nouveau débauchage de personnalités de gauche. La lourde défaite de la majorité a manifestement mis un point final à la volonté de Sarkozy de promouvoir Jack Lang et Claude Allègre - que son combat contre le dogme du réchauffement climatique rendait d'ailleurs difficilement acceptable par un président ayant, à peine élu, organisé un « Grenelle de l'Environnement ». Seul clin d'œil au centre, la nomination de l'ex "juppette" et ancienne présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac qui devient secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur.
Mais pour autant il n'y a aucune droitisation du gouvernement. Le très sarkoziste Yves Jégo, promu secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer en remplacement de Christian Estrosi, lequel a préféré se consacrer à son nouveau mandat de maire de Nice, est connu pour être un immigrationniste forcené. Sous la précédente législature, il avait été un des rares députés UMP à militer en faveur du vote des étrangers aux élections locales, suivant en cela les vues de son mentor et il est un farouche partisan du droit du sol.
De même, le secrétariat d'Etat à la Famille confiée à Nadine Morano montre à quel point Sarkozy est un libéral-libertaire. « On aimerait se réjouir de voir la famille faire enfin son apparition dans l'organigramme gouvernemental, note Jean-Marie Le Pen dans un communiqué, mais confier le poste à Nadine Morano relève de la provocation. Cette personne, qui vient d'être sévèrement rejetée par les électeurs de Toul, n'est pas connue pour défendre la famille, mais pour militer en faveur du mariage homosexuel, de l'adoption par les couples homosexuels, de la procréation assistée pour les homosexuels, et de l'euthanasie » constate le président du Front national.
UNE SŒUR AU GOUVERNEMENT
Nadine Morano a tout pour plaire puisqu'elle est affiliée à la Grande Loge Féminine de France. Après le frère Xavier Bertrand chargé du Travail et membre du Grand Orient de France, voici la sœur Morano. Sarkozy en rajoute une couche dans son syncrétisme philosophique et religieux ! Morano avait d'ailleurs fermement condamné les quelques propos pourtant anodins sur l'homosexualité tenus par le député UMP Christian Vanneste et qui lui ont valu une sévère condamnation en première instance et en appel et elle s'est prononcée, « à titre personnel, pour une exception d'euthanasie » à l'occasion de l'affaire Chantal Sébire. Aussi l'association Laissez-les-Vivre renouvelle-t-elle avec raison ses « mises en garde contre cette discrète mais efficace militante de l'euthanasie, qui ne considère la loi Léonetti (encore un frère!) de 2005, légalisant l'euthanasie "passive", que comme une simple étape vers la légalisation de l'euthanasie "active ", et dont les familles ont tout à craindre »
En tout cas, on se demande comment la "très catholique" Christine Boutin, dont une autre secrétaire d'Etat, Fadela Amara, vient de donner au magazine homosexuel Têtu une interview très « gay friendly », va pouvoir cohabiter de plus avec une Nadine Morano, sauf à aller encore plus loin dans la mise entre parenthèse et le reniement de ses convictions. On notera aussi que, finalement et contrairement à une rumeur savamment instillée par l'Elysée, Philippe de Villiers n'a pas été intégré au nouveau gouvernement. Il est vrai que Jean-Marie Boekel - qui devient secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, son ancien titulaire Alain Marleix étant nommé à l'Intérieur et aux Collectivités territoriales pour préparer un nouveau charcutage des circonscriptions - avait, paraît-il, fait de la venue du vicomte un casus belli. Si le Vendéen n'est pas retenu, en tout cas pas cette fois-ci, ce n'est pourtant pas faute d'avoir fait tout ce qu'il pouvait pour redevenir ministre : soutien explicite à Sarkozy, mise en veilleuse de son opposition au traité de Lisbonne, complet silence radio depuis des mois.
Pour faire accroire qu'il y a quand même un changement, l'intitulé de nombreux ministères est modifié, avec l'accent mis sur de nouveaux secteurs : emploi, économie numérique, aménagement du territoire, famille, associations.
« Les changements d'appellations ne sont pas toujours des changements d'attribution », précise-t-on à l'Elysée. Ainsi Christine Lagarde devient ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi. La mention "finances" disparaît « mais elle garde ce domaine », a expliqué sans craindre le ridicule un conseiller de l'Elysée pour lequel « on voulait insister sur l'industrie ». De même Jean-Louis Borloo est ministre de l'Ecologie, du Développement durable, de l'Aménagement du territoire et, nouveauté, de l'Energie. Le nouvel intitulé du portefeuille de Brice Hortefeux est : ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire. La mention "codéveloppement" disparaît. En revanche, le portefeuille du secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte est complété. L'ancien entraîneur du Quinze de France retrouve la Jeunesse et est chargé en outre de la Vie associative. Les secrétaires d'Etat Luc Chatel, Laurent Wauquiez et Hervé Novelli voient également leur portefeuille modifié et complété.
Peut-on davantage se moquer du monde? Alors que la crise économique (la croissance ne sera que de 1,8 % a admis Lagarde, alors que tous les calculs tablaient sur 2 % au moins), financière, morale est d'une gravité inouïe, on s'amuse à ce jeu de chaises musicales et de changement de dénomination des postes ministériels ! Déjà, en mai 2007, Sarkozy avait voulu innover en présentant un gouvernement avec de nouveaux portefeuilles, des attributions grotesques comme ce secrétariat d'Etat chargé de la Prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement confié à l'ex-socialiste Eric Besson qui aura désormais en sus la responsabilité de l'Economie numérique.
LA PROMOTION DES VAINCUS
C'est en vain qu'on chercherait dans toutes ces combinaisons politiciennes la moindre cohérence. Ainsi, avant les législatives, Sarkozy avait édicté la règle que tous ses ministres battus devraient aussitôt démissionner, ce qui fut le cas, on s'en souvient, d'Alain Juppé, alors ministre de l'Ecologie et numéro deux du gouvernement et qui, depuis, a pris sa revanche aux municipales. Mais Juppé écarté, curieusement, les ministres étrillés quelques mois plus tard aux municipales conservent leur maroquin comme Darcos à l'Education, Albanel à la Culture, Lagarde - dont Sarkozy avait dit le plus grand bien lors de sa nomination au printemps 2007, précisant : « Si elle suit mes conseils, elle explosera à Bercy » - à l'Economie, Rama Yadé aux Droits de l' homme. Et le plus fort, c'est qu'une candidate UMP battue, Nadine Morano, fait même son entrée au gouvernement. Une promotion à la suite d'un échec, voilà ce qui augure bien mal de la suite de l'aventure, ou plutôt de l'historiette sarkozienne.
Jérôme BOURBON, Rivarol du 28 mars 2008

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 26/09/2008 - 17:37
par Pat
Sarkozy aligné... jusqu'au «cataclysme» ?
C'EST entendu : après avoir massivement publié, parfois à la une, la photo (prise en 1993 et mise aux enchères par Christie's) d'une Carla pas encore Sarkozy aussi nue que la Vénus de Botticelli, la presse britannique s'est enflammée pour notre première dame dont l'élégance, la classe et les bonnes manières auraient séduit aussi bien les Windsor que les badauds, lesquels - mauvais présage pour le couple ! - verraient en elle, au choix, une « nouvelle Jacqueline Kennedy » ou une « nouvelle princesse Diana » . Mais au-delà des atours arborés par l'épouse du chef de l'Etat, c'est le discours de celui-ci à Westminster qu'on retiendra de cette visite d'Etat outre-Manche. Avec la confirmation, devenue engagement au sommet de l'OTAN qui s'achève aujourd'hui à Bucarest, de l'envoi de nouvelles troupes françaises en Afghanistan où, avec 2 200 hommes, notre contingent est déjà l'un des plus nombreux de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF).
Ce "renforcement" portera-t-il sur 1 000 soldats (placés sous commandement américain), ou 3 000 comme le prévoient certains experts ? Question subalterne, eût dit de Gaulle (auquel Sarkozy a bien entendu rendu hommage lors de son séjour londonien), l'essentiel étant de « permettre au peuple afghan et à son gouvernement légitime de construire un avenir de paix » car « nous ne pouvons pas accepter un retour des Taliban et d'Al Qaïda à Kaboul. La défaite nous est interdite, même si la victoire est difficile », a martialement déclaré l'Elyséen devant les membres des Communes et de la Chambre des Lords réunis pour l'entendre. Et le président de préciser que la France et le Royaume-Uni, - que devraient lier selon Sarkozy une entente non plus cordiale mais "amicale" et même une «nouvelle fraternité», et pas seulement d'armes - « sont déterminés à rester engagés, côte à côte, avec tous nos alliés, en Afghanistan ». Un guêpier où, avait-il déjà promis en novembre dernier devant le Congrès américain puisque c'est décidément aux parlementaires étrangers, et non à la représentation nationale - à laquelle a été octroyé mardi un débat sans vote, comme on jette un os à un chien - que le président réserve la primeur de nos engagements militaires (1), « la France restera engagée militairement aux côtés des Etats-Unis aussi longtemps qu'il le faudra ».

COMMENT, « aussi longtemps qu'il le faudra », mènera-t-on cette sainte croisade alors que « les caisses sont vides », et au détriment de quels autres postes sera-t-elle financée alors que les Armées crient misère ? La même question se posant d'ailleurs pour la Grande-Bretagne qui, le jour même où elle recevait royalement le couple Sarkozy, apprenait que deux anciens joyaux de son industrie, les firmes automobiles Jaguar et Land Rover, cédées à Ford en 1989, avaient été revendues par l'Américain au groupe indien Tata, une sacrée revanche des ex-colonisés sur l'Empire des Indes, et une insupportable humiliation pour John Bull. Qui dit en effet que Tata ne délocalisera pas à Bombay, privant ainsi d'emplois les 19 000 Anglais travaillant encore sur les sites, tout comme 600 métallos du site lorrain de Gandrange racheté avec Arcelor par l'Indien Lakshmi Mittal vont se retrouver sur le sable malgré la promesse solennelle que leur avait faite en février le chef de l'Etat de mettre tout en œuvre pour leur éviter cette issue fatale ? Le moment était en tout cas mal choisi pour Sarkozy d'exalter la réussite économique du Royaume-Uni qui, a-t-il jugé bon de dire à Westminster, « est devenu un modèle, une référence dont nous devons nous inspirer ».

OUTRE le coût de l'aventure afghane se pose la question de sa pertinence que le candidat à la succession de Chirac avait d'ailleurs formellement contestée entre les deux tours de l'élection présidentielle, laissant ainsi
prévoir un retrait de nos troupes... qu'il entend aujourd'hui «renforcer». En arguant de l'indispensable « guerre contre le terrorisme ». Mais, depuis la défaite du régime taliban et son remplacement par un gouvernement et un président «démocratiques», l'Afghanistan est redevenu le premier producteur mondial d'opium avec 165 000 hectares cultivés, contre 100 000 en 2005, et 6 100 tonnes d'opium brut exportées l'an dernier. Des attentats ou des overdoses d'héroïne (135 000 usagers réguliers en France), lesquel(le)s causent le plus de victimes ou de lésions irréversibles et déstabilisent le plus les sociétés occidentales ?
Si, de l'aveu même du site < www.armees.com >, sont dérisoires les efforts de l'ISAF pour simplement enrayer une culture aussi dévastatrice, on voit mal comment cette Force, qui agit d'ailleurs sans mandat de l'ONU, pourrait refaire un Eden de l'ancienne Transoxiane - qui, du reste, n'a jamais connu que rébellions et guerres civiles - et de la débarrasser des factieux et des fanatiques.
Et puis, est-il vraiment judicieux de se mettre à la remorque de l'Hyperpuissance alors que celle-ci, mise en échec en Irak comme en Afghanistan, risque d'entraîner la planète dans une crise financière et donc économique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale ?
Le 20 mars dernier, constatant qu'aux Etats-Unis, malades d'une monnaie et d'un système bancaire pourris mais aussi de la guerre d'Irak qui, selon un rapport de la Commission économique du Congrès, a déjà coûté 526 milliards de dollars, l'économie « stagne et se contracte peut-être déjà », l'Organisation pour la coopération et le développement économiques révisait nettement à la baisse ses prévisions de croissance américaines qu'elle n'évalue plus qu'entre 0,1 % et 0,0 %. Et si l'OCDE estimait que, dans la zone euro, le ralentissement a été « moins brutal » qu'aux Etats-Unis, elle n'excluait pas une nette récession aggravée par une montée de l'inflation, cependant qu'encore plus catastrophistes, les experts indépendants _ du LEAP/2000 (qui avaient prévu en janvier 2007 la crise "systémique" des subprimes) annoncent, en provenance des USA, un « cataclysme boursier fatal » évidemment appelé à « frapper l'Europe de plein fouet » dès novembre prochain.
Le 26 mars, notre grande argentière Christine Lagarde a d'ailleurs rengainé tout optimisme pour admettre que le taux de croissance français serait très inférieur à 2 % cette année en raison des « envolées récentes du prix du baril et de l'euro » mais surtout de l'« aggravation des turbulences sur les marchés financiers ». Ce qui alourdira évidemment le déficit public, déjà supérieur en 2007 aux 2,4 % initialement prévus ... Et rendra illusoire l'objectif affiché d'assainir les finances publiques avant la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
N'importe, fasciné par l'Amérique comme tant de ses semblables, le chef de l'Etat persiste et signe dans son alignement sur un pays infiniment plus dangereux que la nébuleuse Al Qaïda pour la stabilité du monde. Jusqu'où nous entraînera sa fascination, celle que ressent le serin devant le serpent ?
< galic@rivarol.com >. Rivarol du 4 avril 2008
(1) Le 27 mars, Jean-Marie Le Pen s'est d'ailleurs indigné de l'attitude de Nicolas Sarkozy annonçant « au Parlement britannique que la France va encore renforcer sa présence militaire en Afghanistan ». « Cette désinvolture dans l'empressement à jouer les supplétifs des Anglo-américains est une offense à la Nation », estime le président du Front national qui ajoute que « nos soldats n'ont pas à risquer leur vie pour les manèges géopolitiques de l'Oncle Sam ».

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 27/09/2008 - 19:12
par Pat
Un camelot à l’Élysée :
Nicolas Sarkozy continue de se présenter en homme nouveau, prêt à toutes les actions et les réformes possibles, imaginables, nécessaires, urgentes, innovantes, jeunes, modernes, dynamiques, on en passe et on en oublie sûrement… et personne ne vient lui rappeler que si rien n’a été fait à temps pour prévenir les difficultés du présent sans compter celles à venir, il n’y est tout de même pas totalement étranger : ancien ministre et même ministre d’État, outre ses nombreuses responsabilités communales, départementales ou régionales, qu’a-t-il jamais fait de concret en près d’un quart de siècle au service de l’État ?
Rares sont désormais les médias assez libres pour dénoncer l’imposture du personnage.
Certes, le spectacle de Nicolas Sarkozy est le seul à l’affiche, l’opposition politique est inexistante. Aussi, aurait-il bien tord de se gêner à occuper le terrain social par de fracassantes déclarations, de celles, de préférences, qu’on n’attendait pas dans sa bouche. Par exemple, hier à Toulon, devant 4000 de ses partisans, il a savamment discouru une heure durant pour expliquer comment va le Monde… ou plutôt comment il ne va pas, car nous avons frôlé le précipice et l’avons échappé belle quand le boulet de la catastrophe économique nous a frôlé. Et « la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d’achat… ». S’il le dit ! Rien n’est terminé et pour beaucoup le pire est à venir car tout est encore à faire, mais il est là pour cela, n’est-ce pas et on va voir ce qu’on va voir. Pourquoi pas ! Mieux vaut tard que jamais…
Cette crise venue d’outre-Atlantique, c’est tout bénéfice pour l’actuel hôte de l’Élysée qui peut continuer à arborer le costume de l’homme providentiel. Pour cela, il martèle quelques vérités et sonne le tocsin. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir prévenu les Français. Pour cela, il souhaite leur « dire la vérité ». Ce qui semble être la moindre chose de la part du Premier d’entre eux.
Mais c’est aussi la fausse note qui fait craquer le vernis et rompt l’enchantement !
Car en répétant une fois de plus qu’il dit la vérité aux Français, comme si cela ne coulait pas de source, Nicolas Sarkozy est semblable à ces personnages qui se croient obligés de clamer leur honnêteté. Ces individus qui jurent qu’ils ne vous trahiront jamais. Ces êtres qui vous martèlent qu’ils sont vos amis. Ces interlocuteurs qui promettent de ne jamais vous mentir… Toutes choses dont l’évidence devrait se suffire à elle-même pour qu’il soit aussi outrageant de les mettre en doute qu’inquiétant de s’en vanter !
C’est pour cela sans doute que le long discours du Chef de l’État sur la politique économique, souvent frappé au coin du bon sens, des bonnes intentions, des promesses merveilleuses et des engagements de bon aloi, laisse quelque peu dubitatif.
On l’écoute parce que le numéro est bien fait, bien huilé, que l’artiste a du rythme et du métier. Un peu comme ces camelots dans les foires qui vous vantent à merveille le dernier robot multifonctions dont vous ne pouviez déjà pas vous passer avant même qu’il n’ait été imaginé.
C’est presque automatiquement, quasi-inconsciemment, que vous vous apprêtez à l’acheter, quand brusquement retentit en vous un petite sonnette d’alarme…
C’est que vous en avez déjà acheté tant et tant, de ces merveilleuses machines qui finalement se ressemblent toutes… et que vous avez soigneusement rangées au fond d’un placard, faute d’avoir jamais trouvé l’occasion de les utiliser.
Un discours de Nicolas Sarkozy, c’est un peu la même chose : c’est merveilleux, c’est excitant, c’est tentant, mais c’est finalement bien inutile !
Et puis, à force, on n’a plus vraiment beaucoup de place dans les placards !
Philippe Randa http://www.no-media.info/

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 29/09/2008 - 19:09
par Pat
L'Afrique des banquiers... et des gendarmes
LORS de son voyage en février dernier, Nicolas Sarkozy a cru devoir s'appuyer sur le "modèle" sud-africain pour prôner à la fois une « renaissance de l'Afrique » et une "refondation" des relations entre la France et ce continent. En fait, il a dit au Cap le contraire de ce qu'il avait dit à Dakar. Il y a dans cet homme, physiquement et politiquement, de la démarche du crabe. Au Cap, ville fondée par les Hollandais, et nos huguenots et où il n'y avait aucun noir avant la première moitié du XIXe siècle, il a célébré « l'extraordinaire réussite humaine » d'une Afrique du Sud délivrée de l'apartheid et devenue première puissance économique du continent africain.
« Notre monde doit s'appuyer désormais sur votre exemple pour dire qu'il n'y a pas de fatalité », a-t-il assuré aux parlementaires sud-africains, devant lesquels il a de nouveau soutenu la candidature de leur pays émergent à un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et à une place au sein d'un G8 élargi. Il a ignoré ainsi tous les signaux rouges qui se sont allumés depuis longtemps dans le pays dit arc-en-ciel et qui laissent présager de graves crises ethniques, sociales et économiques.
L'ILLUSOIRE "REFONDATION AFRICAINE" DE SARKOZY
Le président français a également promis une aide de 2,5 milliards d'euros sur cinq ans pour contribuer au financement de 2 000 entreprises africaines et à la création de 300 000 emplois. L'Afrique toute seule, mais toujours avec nous.
Il a aussi rappelé son intention de faire voter chaque année par le Parlement français un quota annuel d'immigrants : « Ce plafond chiffré comportera des sous catégories par motif d'immigration, travail ou regroupement familial », a-t-il précisé. Mais, en totale contradiction avec son principe d'« immigration choisie », il a jugé nécessaire de « construire un partenariat euro-africain sur les migrations » pour enrayer le « pillage des cerveaux » en Afrique, réprimer les filières d'immigration clandestine et relancer le codéveloppement. La France va rester le banquier de l'Afrique et la destination privilégiée pour une population économiquement sinistrée par des gouvernants qui, si fiers de leur indépendance, sont soixante ans plus tard toujours incapables de la nourrir. La France va donc continuer à payer ... et à recevoir. Il n'y aura pas de "rupture" comme le candidat à la présidence l'avait maintes fois annoncé pendant sa campagne ... et comme l'avait naïvement cru le socialiste Boekel qui, chargé de la Coopération, en a été débarqué lors du dernier remaniement sous la pression du lobby "France-Afrique".
La vraie rupture serait ailleurs : la France renoncerait à être le gendarme de l'Afrique. « La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique. L'Afrique doit prendre en charge les problèmes de sécurité », a déclaré M. Sarkozy. M. Mbeki, président en fin de course de l'Afrique du Sud qui prône une « renaissance africaine » et une meilleure intégration du continent sur la scène mondiale, s'est félicité de cette annonce dans laquelle il a vu « la suite du processus de décolonisation en Afrique ». Mais une décolonisation verbale peut cacher des néo-colonisations, économique à la chinoise ou militaire à l'américaine.
La redéfinition du dispositif militaire français en Afrique suscite d'ailleurs un certain scepticisme parmi les observateurs africains, qui doutent de la viabilité d'un projet de désengagement sur lequel Paris a déjà buté par le passé. Premier ministre entre 1997 et 2002, Lionel Jospin, qui voulait « rompre avec les zones d'influence en Afrique », avait déjà manifesté à peu près la même volonté politique, mais rien de significatif ne s'est passé. Paris compte depuis de nombreuses années un dispositif militaire permanent centré sur le continent africain. Quelque 9 000 soldats français sont actuellement déployés au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Gabon, au Tchad et à Djibouti.
Ces bases constituent un point d'appui pour les forces françaises de passage, un réservoir d'alerte pour conduire des opérations et un moyen d'entraîner les armées locales. Mais elles ont aussi une vocation régionale de développement des capacités africaines de maintien de la paix.
BIENTÔT TERRE CHINOISE ?
Cette présence militaire postcoloniale est le plus souvent dangereuse, obsolète, insuffisante et n'assure ni la sécurité de nos ressortissants ni une domination économique favorable à nos intérêts, comme le prouvent les crises survenues en Côte d'Ivoire, au Tchad et au Darfour, mais surtout l'irrésistible percée chinoise sur le continent noir.
Pékin multiplie ses investissements en Afrique. Un journal chinois vient d'être créé au Nigeria. L'Afrique sera-telle bientôt terre chinoise ?
Des structures politiques et économiques sont en place pour que cette percée bien réelle puisse s'étendre. Près de 1 000 entreprises de l'Empire du Milieu sont déjà présentes, le volume des échanges a triplé en quatre ans. Officiellement, le continent accueille 130 000 Chinois, mais ils sont probablement davantage. On s'attend à un doublement, voire à un triplement, d'ici à cinq ans. Ayant déjà "donné" en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe dans les années 1970 et 80 de l'autre siècle, cela sans grand succès, la Chine cependant ne manifeste aucun goût à "gendarmer" le continent.
LES AMBITIONS DE L'ONCLE SAM
Ce n'est pas le cas des USA, mais Washington veut devenir un gendarme antiterroriste et pas postcolonial, c'est très différent. Il ne s'agit pas de stabiliser des pays à travers des régimes amis mais de traquer les ennemis de l'Amérique partout où ils se trouvent, et se cachent, pour frapper les intérêts américains. Cela provoque un nouvel impérialisme. Washington a annoncé la création, le 30 septembre 2007, de l'American Africa Command ou AFRICOM, unité d'un millier d'hommes placée sous le commandement d'un général à quatre étoiles, William "Kip" Ward, 58 ans : elle a pour mission de tenir le continent noir en main, selon les intérêts stratégiques, énergétiques et politiques des Etats-Unis.
L'AFRICOM est donc mise sur pied au moment même où la Chine effectue, depuis un certain temps déjà, des achats considérables de matières premières dans la zone du Sahel et au sud de celle-ci ; elle a investi pour des milliards de dollars en Afrique, sans imposer aux Africains des conditions politiques comme le fait l'Occident pour aligner le continent sur des critères "démocratiques". Grâce à cette souplesse idéologique chinoise, le "Staathouder" en Afrique d'Oussama Ben Laden, le diplômé de la Sorbonne Hassan Al Touabi, a pu conforter ses positions à Khartoum au Soudan. Depuis la capitale de l'ex-Soudan anglo-égyptien, il peut tranquillement prêcher et organiser la Djihad, la guerre sainte, contre l'Amérique & Co., notamment au Darfour.
Depuis février 2007, le général Ward, afro-américain d'origine, cherche un site pour y établir le quartier général de son AFRICOM. Mais sans succès jusqu'ici. Un seul des 53 Etats africains, en l'occurrence le Liberia, a accepté d'accueillir éventuellement les GIs. Quatorze autres, rassemblés au sein de la SADC (« South African Development Community »), ont annoncé qu'ils ne souhaitaient pas la présence de militaires américains sur leur sol et qu'ils imposeraient des sanctions à tout pays africain qui les accueillerait. Quant aux GIs qui sont stationnés dans la Corne de l'Afrique, à Bab El Mandeb (en arabe : " la Vallée des Larmes" !), ils vivent déjà fort dangereusement. La Somalie voisine se débat dans un bain de sang permanent ; la CIA installée en Ethiopie tire les ficelles de ce jeu sordide, grâce à l'hospitalité que lui fournit Meles Zenawi, un Saddam Hussein africain qui fait de bonnes affaires avec Washington depuis Addis Abeba, exactement comme son malheureux homologue irakien jadis, avant d'être ignominieusement manipulé (pour l'invasion du Koweït) et trahi par l'Oncle Sam.
L'AFRICOM a déjà dévoilé le site de son premier établissement structurel: ce sera l'île de Sao Tomé dans le Golfe de Guinée, à côté de Principe, ex-île portugaise. Les Etats-Unis y construisent une formidable base de radar qui coûtera dix millions de dollars. Cette station contrôlera toutes les activités possibles et imaginables dans un vaste rayon, surtout la circulation maritime, car 25 % des besoins pétroliers des Etats-Unis y transitent _ et bientôt 35 %.
En tenant compte des expériences d'autres régions du monde depuis l'établissement du régime neo-conservateur de Bush l'Afrique du Sud s'est posée comme le Porte-étendard de la résistance africaine contre les nouveaux appétits de l'Oncle Sam dans la région. Mosjuoa Lekota a appelé à un boycottage panafricain. contre les tentatives de pénétration du continent noir par l' AFRICOM. Sa qualité de ministre des Affaires étrangères sud-africain lui permet d'avertir les autres Etats du continent des conséquences mortelles qui pourraient s'ensuivre si les Africains n'écoutaient pas son cri d'alarme : Au Maghreb, en Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Libye, mais aussi en Afrique de l'Est et de l'Ouest, on craint que la présence de l'AFRICOM ne provoque des soulèvements et des guérillas islamistes que les Etats locaux, trop pauvres, ne pourraient contenir.
Il y a quelque trente-cinq ans, un candidat américain a la présidence, le démocrate George McGovern, avait déclaré dans un entretien accordé au Wiener Kurier autrichien, que l'Amérique n'avait aucun intérêt vital à aller défendre en Afrique, par la force des armes. Raison pour laquelle les Etats-Unis n'avaient rien fait à l'époque pour soulager leur allié portugais de l'OTAN et l'avait de facto laisser tomber, lorsqu'il combattait, avec peu de moyens, les rébellions de l'Angola, du Mozambique et de la Guinée-Bissau, rébellions téléguidées pourtant par les Soviétiques. Tant et si bien que ce sont des régimes marionnettes du Kremlin qui s'étaient installés dans ces trois pays, ainsi que sur les îles de Sao Tomé et de Principe. En 1975, ces régions furent plongées dans des guerres civiles atroces, entraînant une pauvreté épouvantable dont les retombées se font ressentir jusque aujourd'hui. Les Etats-Unis n'ont rien fait à l'époque pour épargner à ces peuples africains une misère effroyable.
Aujourd'hui, l'ennemi qu'ils déclarent combattre est l'islamisme et non plus le communisme, mais, comme ils ont aussi téléguidé des islamismes contre les communismes, il y a plutôt lieu de croire qu'ils ne combattent en fait ni l'un ni l'autre, téléguident à l'occasion et les uns et les autres, selon leurs propres intérêts, et visent plutôt la présence chinoise qui se révèle partout fort efficace et déploie énormément d'énergie. L'autre objectif collatéral est de supplanter les Européens en Afrique, surtout les Français, en dépit des risettes de Sarkozy ... qui fait un peu fonction pour le moment «d'idiot utile».
Pierre-Patrice BELESTA. Rivarol du 11 avril 2008

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 29/09/2008 - 20:34
par G-B
Il a ignoré ainsi tous les signaux rouges qui se sont allumés depuis longtemps dans le pays dit arc-en-ciel et qui laissent présager de graves crises ethniques, sociales et économiques.


Je confirme!

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 29/09/2008 - 20:38
par G-B
. L'Afrique sera-telle bientôt terre chinoise ?

C'est plus qu'évident.

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 29/09/2008 - 20:44
par G-B
Ce n'est pas le cas des USA, mais Washington veut devenir un gendarme antiterroriste


Les terroristes seront là, où les intérêts se trouvent, mais ne seront pas ailleurs, même si massacre il y a.

Ça continue!! Heureusement ils ont AL-QUAÏDA :clown:

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 30/09/2008 - 18:18
par Pat
Bilan globalement négatif
CE n'est pas tous les jours qu'on se sent rajeunir. Il faut donc remercier Nicolas Sarkozy pour son numéro télévisé du 24 avril. On attendait l'hyperprésident mûri par l'exercice du pouvoir et les épreuves (il a reconnu quelques "erreurs" pour assurer tout aussitôt qu'elles étaient vénielles au regard de ses prodigieuses réussites), on eut le candidat - apôtre de la " valeur travail ", chantre de l'identité nationale, terreur de la voyoucratie et des clandestins allogènes - qui semblait invincible et en effet le fut. Le député UMP Lionnel Luca souhaitait que le chef de l'Etat « retrouve l'esprit de la campagne présidentielle : l'enthousiasme, le volontarisme et l'humilité ». Il a été entendu, au moins par éclipses, mais nous ne sommes plus en campagne, et la magie s'est dissipée, tout comme la fiction du couple idéal que Nicolas formait l'an dernier avec Cécilia - au fait, qu'est devenu le petit Louis, élément essentiel du plan marketing de 2007 ? Vit-il à Dubaï avec sa mère et le nouveau mari d'icelle ou à Paris avec son père ? Questions intéressantes mais que les journalistes se sont poliment abstenus de poser, se contentant de l'assurance donnée par le président que, dans sa « vie privée », « tout était rentré en ordre ».
L'émission s'intitulait « En direct de l'Elysée ». « 100 minutes pour convaincre » eût été un titre plus adapté, à ceci près que Sarkozy n'a convaincu que ceux qui, telle Nadine Morano tout heureuse d'avoir reçu un maroquin, avaient envie de l'être. Car dans ce bilan, les impasses ont alterné avec les mensonges, voire les énormités comme cet interminable développement sur l'impossible naturalisation des clandestins alors qu'on l'interrogeait sur leur régularisation. L'ancien avocat ignore-t-il à ce point le droit, ou s'est-il simplement projeté dans un avenir proche, les régularisés de demain étant les naturalisés (et donc les électeurs) d'après-demain ?
QU'IL y ait de la déception, qu'il y « ait des attentes, qu'il y ait des problèmes, qu'il y ait des difficultés, non seulement je le sais, je l'entends mais je m'y étais préparé », a notamment déclaré le chef de l'Etat. Mais, alors, pourquoi dit-il avoir été surpris en août par l'envolée du prix des hydrocarbures et la crise américaine des subprimes, qu'il accuse d'avoir, ainsi que la cherté de l'euro par rapport au dollar, torpillé sa politique de relance économique alors qu'il s'était voulu « le président du pouvoir d'achat » ? Outre qu'on n'a pas le souvenir que le très européiste Nicolas Sarkozy ait jamais été hostile à la monnaie unique, l'épuisement des énergies fossiles est un fait avéré : le 26 janvier 2001, le n° du 50° anniversaire de RIVAROL contenait un cri d'alarme à ce sujet, et il est du reste bien dommage que le candidat vedette de 2007 n'ait pas été un lecteur assidu de notre hebdomadaire car il aurait su depuis deux ans au moins à quoi s'en tenir sur l'inéluctable éclatement de la bulle immobilière états-unienne. A qui fera-t-il croire d'ailleurs qu'ayant pris pour conseillère puis ministre des Finances l'une des avocates d'affaires les plus réputées d'outre-Atlantique en la personne de Christine Lagarde, il ait tout ignoré des turbulences qui, au-delà de l'Hyper-puissance, allaient ébranler le monde et plomber durablement la croissance ? Si le parler-vrai s'imposait, c'était bien dans ce domaine au lieu de persuader les Français qu'il leur suffirait d'élire Nico l'Enchanteur pour entrer dans une ère de prospérité.
ET bien sûr de sécurité. Sur l'immigration, remise au premier plan de l'actualité par l'affaire des sans-papiers cuistots ou serveurs et dont l'expulsion « tuerait le tourisme » si l'on en croit les syndicats patronaux de l'hôtellerie curieusement alliés de la CGT, le président était très attendu et il a retrouvé les accents du candidat pour rappeler avec bon sens que la France entretenait déjà 22 % de chômeurs immigrés susceptibles d'accomplir les besognes dont les Français sont censés ne plus vouloir, et marteler que, voulant éviter « un appel d'air », le gouvernement ne procéderait pas à une régularisation massive mais agirait « dans le respect de la loi ». Dont ,il se garda bien de préciser qu'elle donne depuis novembre 2007 aux préfets une très large latitude pour régulariser « au cas par cas ». L'ennui étant que chaque "cas" s'ajoutant aux autres dans une parfaite opacité, on aboutit à une régularisation globale.
Nicolas Sarkozy peut bien s'enorgueillir des 22 000 expulsions réalisées selon lui pendant l'année écoulée, cela ne règle en rien le problème lancinant du demi-million de clandestins allogènes, véritable armée d'occupation renforcée bon an mal an par 30 à 100 000 supplétifs. Qui ne contribuent pas peu au climat de violence. Or, sur ce point aussi les journalistes interrogeant le chef de l'Etat se sont montrés d'un tact exquis, n'abordant pas une fois ce sujet dont le traitement volontariste fut pourtant l'une des clés de la victoire du candidat UMP. Or, l'échec en la matière est patent : le jour précédent sa prestation télévisée, une sexagénaire avait été poignardée à mort par un clandestin asiatique (normal : elle avait refusé de lâcher son sac) près des Buttes-Chaumont et, au moment même où il parlait, une vingtaine de Jeunes encagoulés lapidaient - et blessaient trois policiers patrouillant à Villepinte, dans cette Seine-Saint-Denis toujours aussi explosive un an après l'élection du Rambo à Kârcher. Qui, incapable d'assurer une sécurité minimale à ses sujets, envoie en revanche un bataillon supplémentaire en Afghanistan, pour montrer de quel bois il se chauffe aux Taliban, coupables d'attenter aux droits de l'humanité en obligeant les femmes à porter la burqa et en privant les petites filles d'une scolarité normale. Mais, à ce compte-là, il faudrait envoyer paras et légionnaires guerroyer aussi dans les Emirats, en Arabie saoudite et surtout dans l'Irak "libéré" où le deuxième sexe, privilégié sous le "tyran" Saddam Hussein qui lui avait ouvert toutes les portes (université, justice, diplomatie, Parlement), est retombé en servitude.
ENCORE une fois, on admirera la complaisance des journalistes, étonnamment discrets sur le virage atlantiste du chef de l'Etat - dont cela constitue la seule véritable "rupture" avec ses prédécesseurs - pourtant aussi spectaculaire que lourd de conséquences.
De même ont-ils avalé sans broncher la tirade antiturque de Sarkozy, lequel a répété que s'il ne voyait pas la nécessité de consulter les Français sur l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne, il organiserait au contraire un référendum sur l'adhésion d'Ankara. Mais les négociations avec l'ex-Empire ottoman ne seront finalisées que dans une dizaine d'années, autrement dit quand Sarko aura cédé la place. Sa solennelle promesse ne l'engage donc nullement ! En revanche, sa révision constitutionnelle donnant au chef de l'Etat le choix entre un vote du Congrès et un référendum pour l'élargissement de l'Europe laissera la voie libre à son successeur pour la solution la plus scélérate.
Comment expliquer que pas un de nos confrères n'ait soulevé ce point essentiel ? Que pas un ne se soit étonné quand l'Elyséen a souligné que l'une des principales raisons de courtiser éhontément la Chine est que ce « grand pays » siège au Conseil de sécurité de l'ONU où il peut empêcher d'accéder à la maîtrise nucléaire l'odieux Iran, « qui menace l'existence de l'Etat d'Israël » ?
LE 6 mai 2007, les Français avaient cru élire un président qui les protégerait de la "racaille" et des prédateurs industriels, qui défendrait bec et ongles leur gagne-pain et qui, pour préserver l'avenir de leurs enfants et celui du pays, irait « chercher avec les dents le point de croissance » dont on attendait miracles. Ils se sont donné un apparatchik du Nouvel Ordre mondial dont « l'existence de l'Etat d'Israël » et le réalignement sur l'Oncle Sam sont les priorités en politique étrangère, la « discrimination positive » en matière raciale étant le mot d'ordre sur le plan intérieur, avec l'inféodation à la Pensée dominante, incarnée par Jacques Attali, et l'acceptation de la dislocation de pans entiers de notre économie, que va aggraver, sous prétexte d'amélioration du fameux pouvoir d'achat, la multiplication des supermarchés, gros consommateurs d'importations en tout genre.
« Sarko pire que Jacquot ? » s'interrogeait RIVAROL le 13 avril 2007. Un an, pas mal de sondages de plus en plus négatifs et autant de couacs gouvernementaux plus tard, la cause est entendue. Par quelle malédiction - ou plutôt par quelle dégénérescence sommes-nous condamnés sous cette Ve République, dont on célébrera fin septembre le cinquantenaire, à aller depuis Georges Pompidou de président-Charybde en président-Scylla ?
RIVAROL. <galic@rivarol.com>. du 2 mai 2008

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 02/10/2008 - 12:44
par Pat
Blair a-t-il coulé Sarkozy ?
LE premier ministre britannique Gordon Brown parle de "déception", la presse de "déroute", voire de "massacre" : aux élections locales du 1er mai, en Angleterre et au Pays de Galles, les travaillistes au pouvoir depuis 1997 n'ont obtenu que 24 % des suffrages, devancés de très loin par les conservateurs (44 %) et même, humiliation suprême, par les libéraux-démocrates (25 %). S'il s'était agi des législatives, prévues pour 2010, les Tories auraient été hégémoniques à la Chambre des Communes.
Commentant ce résultat, nos média l'attribuent à quelques mesures fiscales récentes et, surtout, au « manque de charisme » de Brown. Mais celui-ci ne paie-t-il pas les années d'erreurs et de mauvais choix du flamboyant Tony Blair, qu'il n'a remplacé qu'en juin dernier ? Or, jusqu'à son départ du 10 Downing Street, toute notre classe politique avait les yeux de Chimène pour Tony Blair dont Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se disputèrent les faveurs et le parrainage pendant toute la campagne présidentielle. A peine arrivé à l'Elysée, le second avait d'ailleurs rompu avec la tradition selon laquelle la première visite du chef de l'Etat français est réservée au chancelier allemand pour rencontrer le 16 mai 2007 le Premier ministre britannique, affirmant devant les caméras : « J'ai une très grande amitié depuis longtemps pour Tony Blair, qui n'est pas simplement une question de proximité politique. Tony Blair est un homme que j'apprécie humainement parlant. Je peux dire que c'est un ami. » Au point d'en faire en janvier 2008 l'invité d'honneur du congrès de l'UMP où à la tribune, l"'ami" se fit le chantre de la mondialisation, proclamant que s'opposer à cette évolution irréversible était « aussi vain que de demander aux provinciaux d'aimer les Parisiens ». Et le Britannique de féliciter le Français de s'être montré « très énergétique » dans sa manière de mener les "changements" et "ruptures" que, bon gré mal gré, doit subir notre pays pour entrer dans l'ère glorieuse du « village global ». Ravi du compliment, Sarkozy assurait en retour Tony Blair que la France et l'Europe avaient « besoin de lui ». Pourquoi pas comme futur et premier président de l'Union européenne, poste prestigieux prévu par le traité de Lisbonne ?
Traité dont les bases avaient justement été discutées lors de la rencontre du 16 mai, à l'issue de laquelle Sarkozy avait célébré en Blair l'homme politique modèle, celui qui « a montré que l'on pouvait obtenir le plein emploi et qui a profondément modernisé son pays, qui a su rassembler des majorités au-delà de sa propre famille politique pour obtenir des résultats importants ».
Moins d'un an plus tard, au vu des résultats non pas "importants" mais calamiteux du New Labour, l'Elyséen qui a lui-même été humilié lors des élections locales et qui le reste semaine après semaine dans les sondages est-il toujours persuadé d'avoir choisi le bon modèle ? Car si le Royaume-Uni a longtemps fait figure de premier de la classe en matière économique (au prix d'ailleurs du sacrifice de son industrie, la Grande-Bretagne n'étant plus qu'une société de services), son inféodation politique et financière aux Etats-Unis a fini par lui être fatale : le chômage et les prix repartent à la hausse et le pouvoir d'achat à la baisse, les transports et le système de santé victimes du libéralisme sauvage ( « la liberté du renard dans le poulailler ») font toujours plus de mécontents parmi une population paupérisée qui, en outre, ne pardonne toujours pas au « caniche de Bush » de l'avoir précipitée dans le guêpier irakien en en rajoutant sur les mensonges éhontés répandus par la Maison Blanche pour légitimer l'invasion de 2003. Plutôt que d'en découdre avec les chiites à Bassorah, les boys n'auraient-ils pas été plus utiles dans le "Londonistan" livré aux islamistes les plus radicaux, ce que les travaillistes ont payé très cher le 1er mai ? Et à quoi sert de se battre contre les Taliban en Afghanistan quand, dans le nord de l'Angleterre, des municipalités dirigées par des Pakistanais intégristes favorisent un fondamentalisme dont l'avocate Cherie Blair a défendu les "droits" devant les tribunaux ?
Certains s'étonnaient que le fringant Tony cède finalement la place à Brown après avoir si longtemps résisté. Peut-être sentait-il monter l'orage et se doutait-il que les prochaines élections seraient désastreuses pour son parti. Mieux valait donc prendre du champ, multiplier les conférences payées 250 000 dollars cash et accepter en juillet 2007 la présidence du "Quartette" chargé d'« arriver à la paix et à la stabilité au Proche-Orient en aidant les Palestiniens à bâtir un Etat ou aller au-delà en facilitant un large dialogue entre les parties ». Beau programme dont, soit dit en passant, nul ne parle plus. Ce qui laisse songeur sur les capacités de Blair à présider l'Europe comme le voulait absolument Sarkozy.
Celui-ci a fêté mardi sa première année à la tête de la France. Année perdue en coups de cœur, coups de pub et coups de gueule, les seules réformes adoptées, les seules initiatives prises ayant été des mauvais coups contre la France, qu'il s'agisse de l'ouverture à gauche, de la ratification du traité de Lisbonne, de la loi Hortefeux ou de l'alignement atlantiste. Les prochains scrutins seront-ils aussi catastrophiques pour l'UMP qu'ils l'ont été le 1er mai pour le New Labour ? En guise de gâteau d'anniversaire, le chef de l'Etat a eu en tout cas son content de soupe à la grimace, entre la fronde et la grogne de ses députés de plus en plus hostiles à ses réformes institutionnelles, et le sondage CSA pour Marianne selon lequel 29 % seulement des Français souhaitent le voir briguer un second mandat. 55 % brûlant au contraire de le voir débarrasser le plancher.
RIVAROL, du 9 mai 2008
<galic@rivarol.com>.

Re: Dites tout sur Sarkö...

Publié : 02/10/2008 - 14:19
par Pat
La réforme de l'audiovisuel public : salut les copains !
M. JEAN-FRANÇOIS COPÉ, président du groupe UMP à l'Assemblée, a reçu de Nicolas Sarkozy la mission de diriger les travaux de la Commission sur la nouvelle télévision publique. Le 7 mai, il a informé la presse des grandes lignes de la réforme en cours, laquelle poursuivra l'objectif assigné par le président : supprimer la publicité sur les chaînes publiques.
Mais laissons-le nous expliquer son projet : « La commission réfléchit à une organisation matricienne, avec du point de vue horizontal les contenus qui fonctionneraient en synergie avec le vertical, les supports. C'est une organisation très moderne clarifiée, plus efficace, qui permettrait des synergies et faciliterait la création. » Dans son élan, il poursuit : « On aurait d'un côté, un pôle horizontal, avec les contenus et une répartition des unités éditoriales par genre (information, sport, fictions, savoir et connaissance, jeunesse, divertissement, culture, cinéma). Et sur le vertical, tous les supports seront pris en compte ... »
Fichtre !
Quand on lit des fumisteries du genre « organisation matricienne, avec du point de vue horizontal les contenus qui fonctionneraient en synergie avec le vertical, les supports », il est urgent de s'interroger sur ce qui se manigance. Alors on se demande pourquoi le président de la République en personne veut supprimer la publicité, c'est-à-dire les recettes publicitaires, sur les chaînes publiques. De prime abord, on pourrait penser que l'idée n'est pas mauvaise. Mais voyons quelles sont les implications d'une telle réforme.
Aujourd'hui, les chaînes hertziennes de grande audience (TF1, France 2, France 3 et M6) se partagent l'essentiel de la manne de 3,6 milliards d'euros que constituent les budgets publicitaires des géants économiques (agro-alimentaire, industrie automobile, banques et assurances, grande distribution ... ) A titre d'exemple, les recettes publicitaires de France 2 en 2007 représentent 40 % des ressources de la chaîne pour 800 millions d'euros ! La réforme voulue par Sarkozy aurait donc pour conséquence immédiate de permettre le report de ces fonds sur les deux chaînes privées restant en lice, celles-ci étant providentiellement débarrassées de la concurrence. Etrange de la part d'une mouvance politique qui vante justement la concurrence comme régulatrice des marchés. En toute logique, TF1 et M6 pourront ainsi augmenter les tarifs de leurs espaces publicitaires de manière considérable.
Voyons maintenant à qui profite le crime.
TF1 est la propriété du groupe Bouygues, dont le président est Martin Bouygues, ami intime de Nicolas Sarkozy. Tiens, tiens, tiens ... Quant à M6, ou Métropole Télévision, son directeur n'est autre que Nicolas de Tavernost. Ce dernier connaît aussi très bien M. Sarkozy : le siège de Métropole Télévision est installé à ... Neuilly ! Coïncidence ? En fait, Tavernost fait aussi partie depuis 1985 du « Club Neuilly Communication », officine créée par Sarkozy lui-même, alors qu'il était encore maire de la commune la plus riche de France !
Le brouillard soulevé par la logorrhée de Copé se dissipe peu à peu.
Poursuivons l'enquête... La fameuse et non moins fumeuse « organisation matricienne » (et non pas matricielle comme les réfractaires au progrès orthographique pourraient le prétendre), en quoi consistera-t-elle ? La « synergie entre les supports et les contenus » n'est-elle pas le nom d'emprunt de la spécialisation des chaînes publiques ? Ainsi, ces dernières pourraient être cantonnées dans la diffusion de programmes thématiques dans des domaines inoffensifs : émissions prétendument civiques, programmes de divertissement... Exeunt les émissions critiques, de débat, d'analyse politique ... Ainsi ringardisées et financièrement asséchées, les chaînes publiques seraient rapidement mûres pour la privatisation ... et les autres amis de M. Sarkozy, les Lagardère, Dassault, Pinault, Arnauld et Rothschild, qui règnent déjà sur les media écrits, pourront racheter à bas prix les restes de France Télévision et faire main basse sur le grisbi !
Au bilan, la suppression de la publicité sur les chaînes publiques permettra au gang Sarkozy de faire d'une pierre trois coups : donner aux copains le monopole des recettes publicitaires, parachever la prise de contrôle de l'information par les mafias financières, et préparer la grande braderie de la télévision publique. Elémentaire mon cher Copé !
Pierre DAMIENS, Rivarol du 16 mai 2008