Le Front National et l'extrême-droite

Quand vous ne savez pas où poster...

Le Front National et l'extrême-droite

Le FN doit laisser n'importe qui participer à ses rassemblements
23
29%
Le FN doit interdire l'accès aux individus arborants des symboles fascisants
35
44%
Le FN est un mouvement rassemblant aussi bien des héritiers de la Révolution que des Royalistes, il doit recevoir dans ses rangs des personnes ayant des idées fascisantes
11
14%
Le FN, c'est l'extrême-droite
3
4%
Je ne réponds pas, j'ai une autre idée que je vais développer
8
10%
 
Nombre total de votes : 80

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Miroir
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Re: L'extrême-droite

Messagepar Miroir » 08/12/2008 - 14:28

Prodeo a écrit :.
Extrême-droite : pourquoi le terme ne veut rien dire ?

Pourquoi "extrême-droite" ne veut rien dire ? L'extrémisme est un anti-concept ; la catégorie n'a pas de définition claire ; l'usage du terme est relatif aux pays et aux tendances politiques ; le terme est un instrument de propagande socialiste.

_

Comment ça, pas de définition claire? Bien sûr que si!
Est classé à l'extrême droite tout mouvement ou individu qui tente de défendre les citoyens de son pays et que ses adversaires au pouvoir ont décidé de discréditer.
C'est simple et clair, non?
Errare humanum est, perseverare diabolicum.

"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche

"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci

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Re: L'extrême-droite

Messagepar Prodeo » 08/12/2008 - 15:00

Miroir a écrit :
Prodeo a écrit :.
Extrême-droite : pourquoi le terme ne veut rien dire ?

Pourquoi "extrême-droite" ne veut rien dire ? L'extrémisme est un anti-concept ; la catégorie n'a pas de définition claire ; l'usage du terme est relatif aux pays et aux tendances politiques ; le terme est un instrument de propagande socialiste.

Comment ça, pas de définition claire? Bien sûr que si!
Est classé à l'extrême droite tout mouvement ou individu qui tente de défendre les citoyens de son pays et que ses adversaires au pouvoir ont décidé de discréditer.
C'est simple et clair, non?

Attends ! Tu ne m'as pas laissé le temps de placer le lien qui renvoie à notre lexique et petit dictionnaire de la réplique.
:wink:
_
Image
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[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 13/12/2008 - 16:30

"Afin de comprendre le mouvement fasciste, il faut d'abord appréhender les phénomènes sous-jacents dans tous ses immensité et la profondeur. En fait, le fascisme italien n'a pas seulement été une révolte contre la politique faible et incapable gouvernements ... mais aussi une révolte spirituelle contre vieilles idées qui ont endommagé les principes sacrés de la religion, de foi, de pays. fascisme, donc, a été une révolte du peuple." - Benito Mussolini, La Doctrine de Fascisme -
"Les racines de l'apostasie moderne réside dans l'athéisme scientifique, le matérialisme dialectique, rationalisme, illuminisme, la laïcité et la franc-maçonnerie, qui est la mère de tous." - Pape Pie XII -

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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 13/12/2008 - 16:38

Ciano Un conservateur face à Hitler et Mussolini

Michel Ostenc

Image

Figure relativement oubliée, voire méconnue, de l’entre-deux-guerres, comptant pourtant parmi les plus importants hiérarques du fascisme italien, Galeazzo Ciano est connu pour avoir tout autant été le gendre de Mussolini - il épouse sa fille, Edda, en 1930 - que le principal acteur - le Duce mis à part - de la politique extérieure italienne du milieu des années trente à la chute du régime, en 1943.

Fils d’un militaire anobli, fasciste de la première heure, Ciano fait ses premières armes politiques au service italien de la propagande avant d’entrer dans la carrière diplomatique. Relativement hostile à l’invasion de l’Ethiopie à laquelle il prend pourtant personnellement une part active au sein d’une escadrille de bombardiers, le jeune ministre des Affaires étrangères se déclare toutefois favorable à un rapprochement très net avec l’Allemagne au détriment d’une alliance avec l’Angleterre et la France.

Très impliqué dans la guerre d’Espagne aux côtés des nationalistes de Franco, il collabore très étroitement avec Mussolini tout en cherchant à ménager le plus possible la Grande-Bretagne dans une situation diplomatique difficile. Faisant progressivement évoluer sa position initiale de bonne entente avec le IIIe Reich, il tente d’empêcher l’entrée en guerre de l’Italie aux côtés de Hitler, en vain.

Désormais à la limite de l’opposition ouverte à son beau-père, et ayant quitté le ministère des Affaires étrangères début 1943 au profit d’une ambassade au Vatican, Ciano se résoud à voter en faveur de la destitution de Mussolini en juillet 1943 à l’occasion de la réunion du Grand Conseil fasciste. Tombé aux mains des radicaux de la République de Salo, il est exécuté le 11 janvier 1944, fusillé dans le dos, à la manière des traîtres, à seulement 41 ans.

Dans ce livre, Michel Ostenc brosse le portrait d’un jeune homme intelligent, écrasé par la figure tutélaire du père. Il donne également à voir l’image d’un politique abouti, viscéralement anticommuniste, convaincu de la validité du choix autoritaire pour l’Italie. Pour l’auteur, Ciano n’a toutefois jamais été véritablement séduit par les sirènes des fascistes fanatiques. C’est en fin de compte une biographie toute en nuances, très documentée et traitant tous les aspects de la vie du jeune comte, que nous livre Michel Ostenc dans ce travail.

Matthieu Boisdron

Source -
http://www.histoforum.org

Kevin
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 24/12/2008 - 17:05

Article par notre Pierre-Nicholas dans son blog

Qui est Mussolini ?

Je rédige et consacre cette note à celui que je considère comme mon idéal politique.

Image

Qui est cet homme, méconnu et mal présenté par l'Histoire d'aujourd'hui ? Qui est cet homme que l'on mêle pour je ne sais quelle raison avec les idéologies noires et les crimes commis par d'autres ?

Cet homme homme, né le 29 juillet 1883 a pris le pouvoir en octobre 1923, il a trouvé une Italie à genoux, économiquement, socialement et moralement.
En l'espace de quelques mois, il a remis sa nation sur les bons rails. Les trains arrivaient à l'heure, il a restauré les monuments de la Rome antique, asséché les marais pontins( César lui même n'avait pas réussi cet exploit), réduit la dette nationale colossale de l'Italie, réduit énormément le chômage, réconcilier l'Etat italien avec la cité du Vatican. La politique sociale qui incitait les familles a faire des enfants, limitait les journées à 8h de travail ainsi que la stabilisation des prix, la participation des ouvriers aux bénéfices des entreprises, la lutte contre la spéculation bancaire etc...

Pourquoi a t'on oublié que cet homme fut le premier Chef européen a s'opposer à Hitler, qu'il qualifiait d'Attila Barbouilleur, de dégénéré sexuel ? Mussolini a été le seul politicien à avoir prévenu des dangers de la montée du nazisme. A-t'il été écouté ? Quand le Duce organisa la Conférence de Stressa destinée à prévenir des dangers de l'Allemagne Nationale-Socialiste, destinée à faire respecter le Traité de Versailles piétiné par Hitler, la France n'exprima aucune position claire sur le sujet, quant aux britanniques, ils n'en prirent aucune.

Les Anglais poursuivent des négociations unilatérales avec l'Allemagne et signèrent un accord naval entre les deux pays le 18 juin 1935 ( accord qui a été autant respecté que le Traité de Versailles ).

Pourquoi a-ton oublié que cet homme a ouvert les portes de l'Italie aux juifs ? Pourquoi a-ton oublié que le Duce a éradiqué la Mafia jusqu'en Sicile ? Pourquoi assimilé le fascisme à l'Antisémitisme, quand on sait que Mussolini avait des amis juifs( comme Ettore Ovazza ) ou encore des juifs dans ses proches chemises-noires ? A-t-on oublié que Mussolini condamnait fermement les théories nazies, affirmant que l'Antisémitisme n'existait pas en Italie ?

Les esprit malades, eux, ont oublié, tout comme les assassins du Duce qui compteront toujours pour ceux qui s'en souviendront, comme les pires meurtriers de l'Histoire.
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 24/12/2008 - 17:28

Salazar avec son autographe de le Duce :lol:

Image
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 29/12/2008 - 17:31

"Quel gâchis que nous avons perdu Mussolini. Il est un excellent homme qui aurait conduit notre parti au pouvoir en Italie." - Lenine -
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 03/01/2009 - 16:59

:lol:

Image

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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 26/01/2009 - 0:44

Le site officiel de le livre The Last Centurion - a Biography of Benito Mussolini par le historien Canadien-Italien M. Rudolph Sebastian Daldin, avec nombreux extraits.

http://www.benito-mussolini.com/

The Last Centurion reveals Benito Mussolini to be a resolute man of social vision and economic purpose. This new insightful biography presents the significant importance of his life on the history of Italy, Europe and the World.


8)
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 14/02/2009 - 15:34

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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar Pat » 14/02/2009 - 15:49

MD12 a écrit :"Afin de comprendre le mouvement fasciste, il faut d'abord appréhender les phénomènes sous-jacents dans tous ses immensité et la profondeur. En fait, le fascisme italien n'a pas seulement été une révolte contre la politique faible et incapable gouvernements ... mais aussi une révolte spirituelle contre vieilles idées qui ont endommagé les principes sacrés de la religion, de foi, de pays. fascisme, donc, a été une révolte du peuple." - Benito Mussolini, La Doctrine de Fascisme -

Et surtout un mouvement de lutte à la fois physique et idéaliste contre le communisme, sans le Fascisme le communisme aurait fait les mêmes ravages en Italie comme en Russie, dans les années 20.
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 14/02/2009 - 16:01

Mais au moins, dans Italie Fasciste, Catholicisme etait le religion officiel, avortment, communisme et franc-macconiere etait interdit...
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Messagepar Pat » 15/02/2009 - 0:32

Prodeo a écrit :.
Le fascisme (de l'italien fascismo, fascio : faisceau) a été fondé, sous la direction du socialiste révolutionaire italien Mussolini à Milan en 1919 par des opposants aux communistes, qui entretenaient violemment des désordres sociaux au lendemain de la première guerre mondiale. Le régime parlementaire italien de l'époque ne parvenant pas à maintenir l'ordre. Le parti fasciste devint une dictature en 1922. Il opéra un rapprochement avec l'Allemagne lorsque la Grande-Bretagne, puis la France s'opposèrent aux vues de l'Italie en Ethiopie._


Et surtout qu'au moins la France refusa l'alliance contre l'Allemagne hitlérienne que lui proposa Mussolini.
Image
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Re: Re:

Messagepar MD12 » 15/02/2009 - 13:57

Pat a écrit :Et surtout qu'au moins la France refusa l'alliance contre l'Allemagne hitlérienne que lui proposa Mussolini.


Malheureusement, le homme responsable est la maçon Leon Blum :evil:
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar Sarah » 15/02/2009 - 23:26

Moi j'ai voté 2, pour la bonne raison que les médias n'attendent que ça pour les montrer à la télé et que ce genre de personne donne une image qui ne représente pas la totalité du FN. De plus j'ai envie de me battre avec des gens qui ont de vraies valeurs et une vraie vision de la société et non pas des racistes primitifs qui ne voient dans le FN que le recul de l'immigration et connaissent à peine nos autres revendications.

En même temps je pense que cette question rapporte à celle de la stratégie "faut-il diaboliser ou dédiaboliser le FN" et là-dessus je n'ai toujours pas d'opinion tranchée. Je crois que les interdire reviendrait à appliquer la stratégie de dédiabolisation (payante ou pas payante, chacun son point de vue...)
"Que Hollande le sache, et que Valls le sache, car nous l'affirmons haut et fort: les Nationalistes vivront! Et si ça n'est plus demain à notre bannière que vous nous reconnaîtrez, vous nous reconnaîtrez car nous serons toujours là, derrière vous, anonymes, dans vos déplacements, dans vos représentations, et dans vos défaites. Vous valserez avant nous et selon les règles de votre propre système."

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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 05/04/2009 - 15:49

Il y a 80 ans, le grand défi fasciste

par Christophe DOLBEAU
« Nous ne saurions trop répéter qu'une belle tâche est offerte à tout
esprit au courant des questions sociales et des questions nationales, qui
saurait nationaliser les premières, socialiser les secondes, les fondre toutes
en un même puissant programme de patriotisme généreux, d'humanité
lucide » Charles Maurras.
LORSQUE le 23 mars 1919 et devant 119 amis et sympathisants réunis au
n° 9 de la Piazza San Sepolcro à Milan, Benito Mussolini annonce la
naissance des « fasci di combattimento », le personnage n'est pas à
proprement parler un nouveau venu. A trente-six ans, il a déjà vécu pas
mal d'expériences politiques et sa réputation commence même à dépasser
les frontières de l'Italie. Fils d'une modeste famille de Predappio, il a
d'abord été instituteur, avant de faire son apprentissage de journaliste et
d'orateur révolutionnaire auprès des émigrés, en Suisse, pays où il a exercé
divers petits métiers (maçon, menuisier, marchand de vin, garçon boucher)
et souvent tâté de la paille humide des cachots. Libéré de ses obligations
militaires en septembre 1906, il renoue brièvement avec l'enseignement,
puis dirige l'hebdomadaire L’Avvenire del Lavoratore, le journal La Lotta
di Classe (1909) et enfin L’Avanti (1912). En 1914, lorsque la guerre
éclate, Mussolini commence par défendre les positions neutralistes du Parti
socialiste (dont il est devenu l'un des principaux dirigeants), avant de
basculer dans le bellicisme, de transformer son journal (Il Popolo d’Italia )
en tribune de l'interventionnisme, et même de s'engager sous les drapeaux
(31 août 1915). Deux années dans les tranchées et une grave bles-
– 39 –
Extrait d’Ecrits de Paris, n° 643, mai 2002, pages 39 à 49.
Ecrits de Paris, 1, rue d’Hauteville 75010 PARIS
Numérisation : PNR illegal factory
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
sure (23 février 1917) achèveront de faire de lui l'une des toutes premières
personnalités politiques de la péninsule.
Malgré un passé qui témoigne de sa résolution et de son courage
physique, créer, au printemps 1919, un mouvement qui « déclare la guerre
au socialisme » est en soi une dangereuse gageure. En effet, ce socialisme,
Mussolini et les anciens combattants qui l'entourent en ont déjà constaté la
puissance lors des grandes campagnes de sabotage et de désertion qu'il
orchestrait en pleine guerre (1917). Depuis la fin des hostilités, ils le voient
régner en maître sur un pays exsangue que des traités défavorables ont
achevé d'humilier et d'aigrir. S'affirmer patriote et arborer des distinctions
militaires, voire un simple drapeau tricolore, peut s'avérer fatal au moment
où les députés socialistes lancent, en plein Parlement, leur fameux « Abas
la Patrie », tandis que leurs groupes de choc s'évertuent dans toutes les
provinces à imposer une terreur directement inspirée du modèle
bolchevique.
Face à cette dégradation pré-insurrectionnelle, personne ne parait en
mesure de réagir et, lors des émeutes de février 1919 à Milan, Mussolini
ne peut que prendre acte de la veulerie ambiante : « Amesure que le défilé
passait dans les rues, note-t-il, les bourgeois, les boutiquiers et les
propriétaires d'hôtels se hâtaient de clore portes et fenêtres, de dérouler
leurs rideaux de fer : voilà des yeux qui se ferment de fatigue, d'inquiétude
et de peur. » En juin, la situation est pire encore : à Forli, la foule pille les
dépôts de vivres ; à Milan, plus de de 200 magasins sont pris d'assaut,
tandis que se constitue à Florence une « République des Soviets » qui va
durer trois jours. « Au milieu de 1919, écrit Maurice Vaussard, il y avait
200 000 métallurgistes en grève dans le Nord, 200 000 ouvriers agricoles
dans les provinces de Novare et Pavie, les typographes à Rome et à
Parme, les ouvriers du textile à Côme, les marins à Trieste et même, un
peu partout, les instituteurs, dont le traitement était, au reste, dérisoire.
Bientôt, les cheminots arrêteront les trains où voyagent les forces de
l'ordre que le gouvernement doit acheminer par camions (...) vers les lieux
où leur présence s'impose (1). »
Telle est l'atmosphère dans laquelle Mussolini réunit ses faisceaux et
leur assigne pour première tâche de reconquérir les rues et les campagnes
d'Italie. La lutte sera bien sûr extrêmement féroce de part et d'autre, car
seule la violence peut encore contrecar-
–––––
(1) Histoire de l'Italie moderne, tome II, 1870-1970. Paris, Hachette, 1972.
– 40 –
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
rer les menées marxistes. Dans ce contexte trop souvent passé sous silence,
les fameuses « méthodes squadristes » ne peuvent être dissociées de
l'extrême brutalité de l'adversaire. Ce dernier, organisé en « gardes
rouges », se déchaîne tout particulièrement contre les hommes du "renégat"
Mussolini ; on tue froidement ceux qui portent des décorations, ceux qui ne
veulent pas saluer le drapeau rouge ou refusent de chanter le « Bandiera
Rossa », et on incendie systématiquement les permanences et imprimeries
hostiles. Les fascistes répliquent avec une détermination égale et beaucoup
d'entre eux tombent héroïquement, comme l'étudiant Mario Sonzini (1) ou
le gardien de prison Scimula qui « sans autre grief que la qualité de
fasciste de l'un et celle de représentant de l'ordre pour l'autre, furent tous
deux condamnés par une parodie de tribunal révolutionnaire à être brûlés
vifs dans un haut fourneau, puis, comme les feux étaient éteints, abattus à
coups de revolver ».
De la frénésie qui sévit alors, on a trop coutume de ne retenir que les
assauts contre les Bourses du Travail et les bastonnades fascistes, et
d’oublier les forfaits des rouges comme l'affaire des grenades de Bologne,
le 21 novembre 1920 (10 morts, 100 blessés), l'attentat du Teatro Diana, le
23 mars 1921 (18 morts, 127 blessés), ou l'embuscade de Sarzana, en
juillet 1921 (20 morts, 100 blessés). Une furie qui mettra longtemps à se
calmer et qui frappe même à l'étranger comme le prouvent les assassinats
en France de Nicola Bonservizi, correspondant du Popolo d’Italia (26
mars 1924), et du vice-consul Carlo Nardini (12 septembre 1927). C'est
l'époque où les squadristes chantent que « la chemise noire s'endosse pour
combattre et souffrir », une affirmation que confirme le grand nombre de
leurs morts et martyrs. C'est également l'époque où, dans la fraternité des
luttes communes, se forge une foi nouvelle.
UNE AMBITION SOCIALE
Au plus fort de l'affrontement entre fascisme et partis de gauche,
Mussolini ne perd jamais de vue ses objectifs de justice sociale. Lorsque
l'afflux de nouveaux adhérents bourgeois risque de transformer le
mouvement en simple milice anti-ouvrière, il n'hésite pas à condamner
explicitement les dérapages (« En certaines zones, le fas-
–––––
(1) En fait, Sonzini était membre des Sempre Pronti ou Chemises Bleues
nationalistes.
– 41 –
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
cisme de ces derniers temps ne ressemble plus du tout au premier...
Celui-ci était un mouvement de défense de la nation, et non une
organisation répressive qui sert purement et simplement à défendre les
intérêts particuliers ») et même à interdire toute expédition contre des
organismes à caractère économique. Cet aspect social du fascisme est
essentiel, et Mussolini y revient souvent. Ainsi, en mars 1919, va-t-il
soutenir en personne les ouvriers "nationaux" de Dalmine qui occupent leur
usine et tentent de l'autogérer : « Ce n'est pas vous, leur déclare-t-il, qui
êtes les pauvres, les humbles, les parias, selon la vieille rhétorique du
socialisme littéraire. Vous êtes les producteurs, et c'est au nom de cette
qualité bien à vous que vous revendiquez le droit de traiter d'égal à égal
avec les industriels. » Le 9 octobre suivant, à Florence, il est encore plus
précis : « ... nous n'entendons pas cependant être considérés comme une
espèce de garde du corps d'une bourgeoisie indigne et lâche, surtout dans
ses éléments nouvellement enrichis. Si ces gens ne savent pas se défendre
eux-mêmes, qu'ils n'espèrent pas être défendus par nous (...) Depuis 50
ans, seules les classes dirigeantes fournissent les généraux, les diplomates,
les bureaucrates. Il est temps de briser tout cela si l'on veut mettre de
nouvelles énergies dans le corps de la nation et lui infuser un sang
nouveau ». Enfin, le 29 octobre 1922, jour de la Marche sur Rome, il
avertit : « Les classes qui composent la bourgeoisie productrice doivent
savoir que le fascisme veut imposer une discipline unique à la nation. Les
travailleurs, ceux des champs et des usines, ceux des transports comme les
employés, doivent savoir que leurs justes droits seront loyalement
protégés » - une profession de foi à laquelle beaucoup de militants
resteront fidèles.
UN ETAT SOCIAL
Avec l'accession du Duce à la tête du gouvernement (30 octobre),
l'année 1922 marque un tournant de la révolution fasciste : après le temps
de la confrontation commence l'ère de la réorganisation nationale. La
menace marxiste éliminée, Mussolini doit maintenant concrétiser ses
promesses.
Pour rétablir définitivement l'ordre, il réforme la loi sur la police et
décide la création immédiate d'un Grand Conseil Fasciste, « organe
suprême qui coordonne toutes les activités du régime issu de la révolution
du mois d'octobre 1922 », d'une Milice pour la Sécurité nationale
(MVSN) « au service de Dieu et de la Patrie italienne » (décret du 14
janvier 1923), et de préfets volants, chargés de "super
– 42 –
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
viser" des chefs locaux parfois turbulents. Il entreprend également les
premières démarches en vue d'une réconciliation de l'Eglise et de l'Etat
(entre 1923 et 1925, le crucifix réapparaît dans les écoles et les tribunaux,
les lois punissant le blasphème sont renforcées, la franc-maçonnerie est
mise hors la loi), démarches qui aboutiront, le 11 février 1929, à la
signature des Accords de Latran.
Parallèlement aux mesures destinées à affermir les prérogatives du chef
du gouvernement (24 décembre 1925), à contrôler la presse (31 décembre
1925), à augmenter les pouvoirs législatifs de l'Exécutif (31 décembre
1926) ou à mieux contrôler l'administration communale (les maires élus
sont remplacés par des "podestats" nommés par le roi ; ils sont
éventuellement assistés par des "consultori" nommés par le ministre de
l'Intérieur), Mussolini attaque sur tous les fronts, et notamment sur le
terrain social dont il fera vite l'une des vitrines du défi fasciste. Dans ce
domaine, la Convention de Washington et l'Organisation internationale du
Travail avaient fait un certain nombre de recommandations dont Mussolini
adopte, dès le 15 mars 1923, les plus urgentes, à savoir la journée de
travail de huit heures et l'interdiction du travail de nuit pour les femmes et
les jeunes gens de moins de 18 ans. D'autres efforts suivront, amenant
l'Italie, entre 1923 et 1931, à ratifier la plupart des conventions
internationales (emploi du phosphore blanc, âge minimum pour les
travaux agricoles, repos hebdomadaire, salaire minimum, etc.).
Conjointement, le Duce lance un vaste projet d'aide et de solidarité,
créant en 1925 l'OEuvre nationale pour la Protection de la Maternité et de
l'Enfance dont les quinze premières années d'existence permettront à huit
millions de mères et d'enfants de bénéficier d'une aide financière, de
conseils d'obstétrique et de pédiatrie, au travers de 10 000 agences, 1 500
dispensaires et 260 « maisons maternelles ». Conséquence directe de cette
initiative, la mortalité infantile baissera de 20 % entre 1922 et 1936.
Complément de cette mesure en faveur de la santé publique, le régime
entreprend aussi de lutter contre les fléaux que sont la tuberculose (de
65 000 par an avant 1922, la mortalité infantile tombe à 26 000 en 1939),
le trachome, la malaria et le paludisme : en mai 1928, l'assurance contre la
tuberculose devient obligatoire, tandis que, de 1929 à 1935, 240 000
malades bénéficient des soins intensifs que dispensent 42 nouveaux
sanatoriums. Dans le même temps démarrent les opérations
d'assainissement des marais et de démoustication. Ces efforts
s'accompagnent bien sûr d'une ambitieuse poli-
– 43 –
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
tique familiale (exemptions fiscales pour les familles nombreuses, sévère
répression de l'avortement, allocations nuptiales et familiales, prêts
familiaux) et de mesures de protection raciale (1).
Dans son chapitre 27, la Charte du Travail (adoptée le 21 avril 1927)
précise que « l'Etat fasciste se propose de procéder au perfectionnement de
l'assurance contre les accidents ; à l'amélioration et l'extension de
l'assurance maternité ; à l'institution de l'assurance contre les maladies
professionnelles et la tuberculose comme première étape vers l'assurance
générale contre toutes les maladies ; au perfectionnement de l'assurance
contre le chômage ; à l'adoption de formes spéciales d'assurance visant à
doter les jeunes travailleurs ». En application de ce programme naît alors
une assurance maternité qui ne couvre, au début, que les femmes
travaillant dans le commerce et l'industrie, mais qui s'étend, en 1936, aux
femmes d'agriculteurs, et trois grands instituts : l'Istituto Nazionale per
l'Assicurazione contro le Malattie (prévention et contrôle des maladies
contagieuses et du travail), l'Istituto Nazionale per l'Assicurazione contro
gli Infortuni Laborativi (prévention et soin des accidents du travail) et
l'Istituto Nazionale per la Previdenza Sociale (assurance sociale générale).
Les résultats de ces organismes sont probants : entre 1922 et 1935,
515 000 pensions de retraite et d'invalidité sont versées, pour un coût de
deux milliards de lires ; en 1939, quelque vingt millions d'Italiens sont
déjà couverts par une assurance vieillesse et invalidité ; en 1938, les
indemnités pour les accidents du travail représentent la somme d'un
milliard cinquante millions de lires ; entre 1922 et 1941, deux milliards
225 millions de lires sont déboursés en indemnités de chômage. En outre,
un système d'allocations familiales est lancé en 1937 (500 millions versés
la première année)
Sur la même lancée, le régime crée deux institutions absolu-
(1) Un "manifesto" du 14 juillet 1938 rappelle que « la population de
l'Italie actuelle est d'origine aryenne et sa civilisation est aryenne », et
que « les caractères physiques et psychologiques purement européens des
Italiens ne doivent être altérés en aucune manière ». Au niveau juridique,
des décrets interdisent les mariages d'Italiens avec des éléments
appartenant aux races hamitique, sémitique, et autres races non-aryennes.
(2) Chiffres et pourcentages sont extraits de Italian Fascism and
Developmental Dictatorship de A. James Gregor, Princeton University
Press, 1979.
– 44 –
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
ment spécifiques du fascisme : l'Opera Nazionale Balilla (ONB) et l'Opera
Nazionale Dopolavoro (OND). Pédagogue de métier, Mussolini a toujours
accordé une grande importance à la formation des jeunes, ce qui explique
l'attention particulière qu'il porte à l'Education publique dont il confie la
responsabilité aux gens les plus qualifiés de l'époque (Giovanni Gentile par
exemple) et à laquelle il consacre un budget renforcé. Ainsi, de 60 millions
de lires entre 1862 et 1922, la somme dévolue à la construction d'écoles
passe à 400 millions entre 1922 et 1942 (entre 1922 et 1939, 30 693
nouvelles salles de classe sont ouvertes), tandis que le budget du ministère
grimpe à un milliard 636 millions en 1936-37. Mais cela est encore
insuffisant. A l'Etat de type nouveau doit correspondre une jeunesse
pénétrée des idéaux fascistes, reflet, comme l'écrit Blandine Ollivier,
« d'un type d'homme fort, résolu, tenace, discipliné, parlant peu, conscient
de ses responsabilités, attaché et dévoué passionnément à la chose
publique (1) » ; l'ONB en sera le creuset (plus de 8 millions d'enfants
passeront en 20 ans dans ses camps de vacances). Le sommet de cette
pyramide éducative demeure, bien sûr, l'Université à laquelle Mussolini
conserve la plupart de ses anciens privilèges (notamment les franchises) et
qu'il enrichit de plusieurs organismes spécialisés : Conseil national de la
Recherche, Institut d'études romaines, Institut international du Cinéma
Educatif, Commission nationale italienne pour la Coopération
intellectuelle, et, politique oblige, une Faculté fasciste des Sciences
politiques. Il crée enfin l'Académie d'Italie avec pour mission, pleinement
réussie d'ailleurs, de publier une grande encyclopédie nationale.
Vis-à-vis des adultes et plus particulièrement du monde ouvrier, les
réalisations ne sont pas moins remarquables. En premier lieu, le nouveau
régime s'attaque de front au problème de l'emploi : le nombre des
chômeurs passe de 541 000 en 1921 à 122 000 à la fin de l'année 1925.
L'énorme recrutement des syndicats fascistes (passés de 64 000 adhérents
en novembre 1921 à plus de 2,5 millions en 1926) et le rôle essentiel que
leur attribue un système corporatif que le Duce envisage de substituer aux
traditionnels organes législatifs amènent le nouveau régime à consentir un
effort spécial pour faciliter l'accès à la culture et encourager les loisirs de
masse : c'est la naissance du Dopolavoro (OND). Le décret n° 582 du ler
mai 1925 en définit les ob-
–––––
(1) Jeunesse fasciste, Paris, Gallimard, 1934.
– 45 –
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
jectifs qui sont « de favoriser l'emploi sain et profitable des heures libres
des travailleurs intellectuels et manuels, au moyen d'institutions destinées à
développer leurs capacités physiques, intellectuelles et morales,de pourvoir
à l'accroissement et à la coordination de ces institutions, en leur procurant,
à elles et à leurs adhérents, toute assistance nécessaire, et en les érigeant
éventuellement en institutions dotées de la personnalité morale ». En 1926,
un an après sa fondation, l’OND compte déjà 280 000 membres, répartis en
200 groupes d'usine, 300 groupes communaux et 500 groupes divers.
L'entreprise se consolide et, six ans plus tard, en 1932, l’OND (dont 67 %
des adhérents sont des travailleurs manuels) a déjà mis sur pied 2 130
orchestres, 3 787 fanfares, 994 chorales, 10 302 associations culturelles et
professionnelles, 6 427 bibliothèques et 11 159 clubs sportifs. L'essor ne
s'interrompt pas et en 1941-42, l’organisation atteint les cinq millions
d'adhérents ; elle organise des représentations théâtrales in situ auxquelles
assistent 600 000 Italiens, et gère 75 compagnies ambulantes (les Chars de
Thespis) dont les 4 308 spectacles attirent près de 3 millions de personnes.
Elle contrôle également plus de 1 000 cinémas et dispense près de 21 000
cours techniques. A partir de 1935, l'Etat fournit un gros effort pour soutenir
financièrement la musique et le théâtre italiens. Dans le domaine du cinéma,
l'Ente Nazionale
– 46 –
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
Industrie Cinematografiche réalise, lui-aussi, de gros investissements pour
réorganiser et harmoniser la production (création du Centro Sperimentale
di Cinematografia et des studios Cinecitta).
LE DÉFI ÉCONOMIQUE
Tout autre bien sûr est le domaine économique dans lequel vont
survenir des bouleversements très importants par lesquels nous
terminerons ce bref panorama. Ici aussi, le fascisme lance un défi, celui de
« regagner en quelques années le temps perdu en cinquante ans » et de
conduire l'Italie au premier rang des grandes nations industrialisées.
Pour ce faire, Mussolini entreprend une refonte globale, antisocialiste
et antilibérale, des structures économiques, refonte dont le pivot central
sera le corporatisme qu'officialise la loi Rocco du 3 avril 1926. Nous
manquons de place pour détailler ici le fonctionnement qui repose grosso
modo sur le groupement rigoureusement parallèle des catégories ouvrières
et patronales d'une même zone d'activité au sein de corporations, sur les
contrats collectifs établis par les syndicats intéressés avec caractère
d'obligation de droit public, et sur le principe de collaboration des classes
qui interdit grèves et lock-out.
Dans la pratique, le nouveau régime engage simultanément plusieurs
batailles. Au niveau financier, il procède d'urgence à une importante
réforme fiscale ainsi qu'à la suppression des emplois inutiles, dans les
chemins de fer par exemple, dont les salariés passent de 241 000 (15 au
kilomètre) à 135 000. Il s'attache à réduire les dépenses de l'Etat (35
milliards de lires en 1922, 21 milliards en 1923) et, dans le même temps, à
défendre la lire qui, grâce à des mesures sévères, effectue un redressement
spectaculaire.
Dans l'agriculture, la « bataille du blé » va permettre une augmentation
sensible de la production qui passe de 49 millions de quintaux en 1919 à
71 millions en 1932 et 81 millions en 1933, réduisant d'autant les
importations et donc la dette extérieure. Les autres cultures progressent
d'une façon similaire, profitant d'une modernisation des techniques et des
exploitations qu'encouragent, sur le terrain, les « Cattedre ambulanti
d'Agricoltura », équipes volantes d'agrobiologistes conseils. Parallèlement,
l'Etat décourage l'exode rural en restreignant par une loi (3 juin 1939) la
possibilité de s'installer dans les villes de plus de 25 000 habitants.
– 47 –
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
Par ailleurs, dès 1923, Mussolini engage une campagne de
« bonification intégrale » dont l'intérêt est double puisqu'elle vise à
augmenter les surfaces cultivables, mais aussi à assainir les zones
marécageuses, génératrices de malaria et de paludisme. Coordonnant les
décrets de 1923, 1928, 1929 et 1930, une loi du 13 février 1933 en donne
la définition officielle en ces termes
« Les travaux de bonification sont ceux qui sont effectués conformément
à un plan général de travaux et d'activités coordonnées, et comportant
d' importants avantages hygiéniques, démographiques, économiques et
sociaux, dans des secteurs où se trouvent des lacs, des étangs, des
marécages et terres marécageuses, ou qui sont constitués de terrains
montagneux désorganisés au point de vue hydrogéologique ou forestier,
ou bien de terrains utilisés extensivement pour de graves causes d'ordre
physique ou social, et susceptibles, une fois travaillés, d'une
transformation radicale de l'organisation de la production. » Plusieurs
milliers d'hectares sont ainsi gagnés, permettant la construction des villes
nouvelles de Littoria (30 juin 1932), Sabaudia (5 août 1933), Pontinia (19
décembre 1934), Aprilia (25 avril 1936) et Pomezia (22 avril 1938), « que
1a guerre et le débarquement allié à Nettuno - tout proche d'Aprilia -
allaient, hélas, rendre en grande partie à leur ancienne misère ».
Dans l'industrie, les effets de l'électro-choc fasciste sont tout aussi
foudroyants. Les réformes juridiques (décrets sur les consortiums
obligatoires, autorisation préalable pour les industries nouvelles, etc.) et la
dynamique mussolinienne débouchent vite sur des résultats très positifs :
hausse en flèche du secteur textile (la production de soie artificielle ne
cédant la première place qu'aux Etats-Unis), progrès spectaculaires de la
sidérurgie avec une production triplée pour la fonte, doublée pour l'acier,
sextuplée pour le zinc et décuplée pour l'aluminium !
Tandis que le système centralisé d'assurance fournit d'énormes
capitaux à l'Etat (en 1940, l'INPS fournit 4 milliards de lires pour les
travaux publics et la construction – érection des digues d'Oschiri et de
Tirso, construction de 14 000 immeubles, soit 136 000 logements
sociaux ; à Rome, construction du Foro Mussolini et réaménagement du
centre-ville – et 3,5 milliards pour la reforestation et le développement
rural), celui-ci s'efforce de rationaliser la production grâce à plusieurs
nouveaux organismes tels que l'Ente Nazionale Italiano per
l'Organizzazione Scientifica del Lavoro (chargé d'introduire le
taylorisme), l'Ente
– 48 –
IL Y A 80 ANS, LE GRAND DÉFI FASCISTE
Nazionale per l'Unificazione dell'Industria (chargé des problèmes de
standardisation) ou l'Istituto per il Credito Navale (chargé de
restructuration des constructions navales et de la marine marchande) (1).
Une certaine coordination industrielle s'instaure grâce à des agences
spécialisées : AGIP pour le pétrole, SAFNI pour la chimie, IMI pour le
soutien aux entreprises en difficulté, IRI pour le soutien au secteur privé.
C'est à cette époque que l'Italie devient le premier producteur d'électricité
(12 milliards de kw/heure en 1934), ce qui lui permet d'électrifier
systématiquement ses chemins de fer (4 722 km entre 1922 et 1942) ; elle
ouvre également 7 000 km de routes nouvelles, construit plus de 500 ponts
(dont celui de Venise qui fait 4 km de longueur sur 20 mètres de largeur et
repose sur 228 arches) et se dote des premières autoroutes (700 km en
1940), développements qui coïncident avec le lancement par Fiat d'une
petite voiture à bon marché, la Balilla.
Protection sociale, éducation publique, formation professionnelle,
agriculture, industrie, les quelques exemples que nous venons d'évoquer
donnent une idée des paris lancés et gagnés par Benito Mussolini (2).
« Une nation est grande, disait-il, lorsqu'elle traduit dans la réalité la
force de son esprit », ce qu'illustre au mieux le fantastique redressement
entrepris sous sa direction par l'Italie de l'entre-deux-guerres. Cette
renaissance ne fut rendue possible que par l'exceptionnelle mobilisation
d'un peuple italien dont Bainville affirmait qu'« il est un des mieux doués
qui soient au monde pour l'intelligence spontanée des grandes nécessités
de la politique (3) », et par l'extraordinaire impact d'une doctrine nouvelle,
le fascisme, qui se proposait, selon les termes du Duce, d'« ouvrir le
chemin à la civilisation véritable et humaine: celle du Travail ».
Christophe DOLBEAU.
–––––
(1) La marine marchande passe de 2,7 millions de tonneaux en 1922 à
3 012 millions en 1935.
(2) et qui lui vaudront l'admiration de gens aussi divers que sir Austen
Chamberlain, Franklin Roosevelt, Paul Valéry, Henri Bordeaux, Thomas
Edison ou Rabindranath Tagore.
(3) Les Dictateurs, Denoel et Steele, 1935.
– 49 –
"Les racines de l'apostasie moderne réside dans l'athéisme scientifique, le matérialisme dialectique, rationalisme, illuminisme, la laïcité et la franc-maçonnerie, qui est la mère de tous." - Pape Pie XII -

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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar MD12 » 19/06/2009 - 13:59

"Les racines de l'apostasie moderne réside dans l'athéisme scientifique, le matérialisme dialectique, rationalisme, illuminisme, la laïcité et la franc-maçonnerie, qui est la mère de tous." - Pape Pie XII -

C.N.
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar C.N. » 19/06/2009 - 19:00

s'il n'est pas d'extrême droite d'où est-il?

Ce n'est pas en se permettant de refuser des gens que le mouvement progressera?

Certains discours ou point du programme amenent inéxorablement des "fascistes" comme vous dites.

Pourquoi le refuser?

sont-ils si loin du FN?

D'ailleurs on voit où ça a mener de vouloir faire "bonne image" en 2007.

Les gens viennent pour entendre un autre discours et du changement.

sarko a été élu avec un discours bien plus radical que la droite habituelle, qualifié parfois de fasciste.

Selon le parti et jmlp lui même, il a chiper pas mal de ses voix au FN.

Bien qu'il n'est qu'un siège, de villiers à fait 6.9% aux européennes...

Le FN ne cessait de progresser depuis les années 80 et depuis 2007 c'est la chute, il faut bien l'avouer et parallèlement on essaie de lisser l'image du mouvement et du parti.

Maintenant c'est à la direction du parti de fixer son idéologie et chacun sera à même d'en être d'accord ou pas.

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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar section2 » 20/06/2009 - 21:13

Ca me donne envie de :vomirr: vos commentaires, je suis fier et je revendique d'etre d'extreme droite ou fasciste,et alors? vous oubliez quoi là? , tous ceux qui ont fait le mouvement FN?, les cranes rasés on était content de les avoir à l'époque non!, je comprends mieux la scission avec CARL LANG maintenant, le FN préfére se rapprocher des Hallogènes ou des vrais patriotes?, l'avenir nous le dira, mais je ne suis pas rassuré par ce ramollissement! :twisted:
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar G-B » 20/06/2009 - 21:20

je suis fier et je revendique d'être d'extrême droite ou fasciste,et alors?


C'est ton droit le plus strict.
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar section2 » 20/06/2009 - 21:28

Sinon G-B, tu pourrais m'éclairer sur la direction que prend le FN actuellement ici ou en mp?avec tous ces départs et les déclarations de certains,beaucoup se demande si le FN est en train de se changer en droite molle. merci .
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Re: Le Front National et l'extrême-droite

Messagepar G-B » 20/06/2009 - 21:33

Je ne pense pas que le FN se transforme en droite molle, pas du tout même. Le problème pour nos dirigeants c'est de s'adapter aux attaques incessantes du système. Si notre parti était de droite molle, il aurait eu droit comme les autres à des heures de médiatisation, or ça n'a pas été le cas loin de là.

On attrape pas les mouches avec du vinaigre, encore moins les veaux avec un couteau sous la gorge. essaye de te rappeler de ces conseils.

A++ L'ami.
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