http://www.laprovence.com/articles/2008 ... froide.php
Il se trouve qu'à l'heure de la retraite, le père de la fratrie a cédé à Abdelmajid la boucherie à l'enseigne
Abdelmajid aurait très vite convaincu ses frères de travailler avec lui. C'est ainsi qu'après Hamid et Omar, le plus jeune des frères a rejoint l'équipe. "Ils travaillaient sept jours sur sept, tôt le matin jusqu'à tard le soir, et ne percevaient pour cela aucun salaire. Alors, un jour, quand ils se sont rendus compte qu'Abdelmajid menait grand train, ils se sont révoltés", explique M e Collion.
Pour autant, Abdelmajid, qui mettait en avant les investissements nécessaires au développement de sa boucherie, n'a pas voulu céder. Leur père ne voulant pas se mêler des histoires de ses fils, les frères exploités ont suivi le conseil de Mohamed, qui leur aurait dit qu'il fallait réagir…
Mais la "réaction" a été particulièrement violente. Le 2 janvier 2007, Abdelmajid a été rudement accueilli par ses trois employés: Omar lui a pulvérisé du gaz lacrymogène au visage pendant que les deux autres l'ont plaqué au sol et solidement attaché avec des cordes et de l'adhésif, tout en le bâillonnant.
Après l'avoir roué de coups, ils l'ont mis dans une chambre froide après avoir arrêté le système de réfrigération. Abdelmajid, qui a refusé toute nourriture, parvenait à se libérer au bout de trois jours.
Les trois frères expliqueront qu'ils avaient élaboré un plan pour lui permettre de se dégager des liens et sortir de la chambre froide. Abdelmajid a disparu pendant quelques semaines et ses frères ont continué comme si de rien n'était à travailler dans la boucherie.
C'est lorsque le père, de retour d'un pèlerinage à LaMecque, lui aurait dit qu'il avait mal agi avec ses frères qu'Abdelmajid s'est décidé à déposer plainte.
Le 2 février 2007, les trois frères, après avoir été mis en examen, étaient placés en détention jusqu'au 23 février. "Depuis, ils ont suivi des formations et travaillent sans aucune difficulté", assure leur avocat, qui envisage, après la phase pénale, d'engager des actions prud'homales "pour que ces trois salariés qui ont été exploités par leur frère obtiennent leur dû".
"Dans cette affaire, mon client, qui conserve de graves séquelles de cette agression, attend que ses frères prennent conscience de la gravité des faits. Même s'ils ont le sentiment d'avoir été exploités, rien ne justifie une telle violence animale", expose pour sa part Me Roubaud, en partie civile.




