je ne savais pas
Le jury du Festival de Cannes a été unanime: c’est «Entre les murs», le film de Laurent Cantet, qui méritait la Palme d’or. Mais au fond, qu’est-ce que ce prix va changer à la carrière du film? Questions et réponses sur la Palme 2008.
Quelles conséquences pour le réalisateur?
La Palme donne une visibilité au film et au réalisateur. Comme le dit Christine Albanel, la ministre de la Culture, «qui connaissait le Roumain Christian Munghiu avant qu’il reçoive la Palme d’or» l’année dernière? Pour Laurent Cantet, c’est pareil. En France, il s’était déjà fait remarqué en remportant un César pour «Ressources humaines» (en 1999), mais désormais, c’est dans le monde entier que son nom va circuler, le plaçant parmi les grands du cinéma.
Quelles conséquences sur le nombre d’entrées en salles?
Nombreux sont les cinéphiles qui vont voir le film palmé à Cannes comme ils liraient le dernier Prix Goncourt. L’effet est encore plus fort quand le film sort en salles peu de temps après le palmarès. Or «Entre les murs» ne sera dans les cinémas qu’en octobre prochain. L’effet Cannes a donc le temps de s’effriter, même si toutes les affiches, labellisées Palme d’or — un prix reconnu dans le monde entier, rappelleront que le film a été récompensé.
Néanmoins, la règle Palme d’or = succès en salles n’est pas toujours vraie. Certains films sans palme font bien plus d’entrées que des films avec. Mais là où ça va se jouer pour «Entre les murs», c’est à la télé. Le sujet du long-métrage et la façon de filmer, très documentaire, se prêtent particulièrement au petit écran. Et un film palmé qui passe à la télé, ça n’arrive pas tous les jours.
Quelles conséquences pour l'exportation?
Outre le prestige du prix, lorsqu’un film a la palme, ses droits se vendent plus cher à l’étranger. Environ 20% de plus. Mais même avant la remise du prix, «Entre les murs» s’était déjà bien vendu au Marché du film. Dans au moins 26 territoires, un très bon score sachant qu’à partir de 15, les vendeurs sautent déjà de joie. «Je ne suis pas si surpris que parler de l'école intéresse le monde entier, les questions sont un peu les mêmes quel que soit le pays où l'on se trouve», a commenté Laurent Cantet.
«Entre les murs» va-t-il faire parler davantage de l’école?
Ce film, en forme de presque huis clos, évoque l’école en Zone d’éducation prioritaire (ZEP), ces zones où les élèves viennent de milieux plutôt défavorisés. Via la relation entre un prof de français (François Bégaudeau) et des ados pas toujours simples, on comprend qu’il suffit d’un mot pour tout faire déraper. «J'espère que le film rend justice à tout le travail qui est fait» dans les écoles, là «où se fabrique la société dans laquelle on vit», a dit Laurent Cantet. Aussitôt, le ministre de l’Education Xavier Darcos a salué «un très bel hommage à tous les enseignants de France qui, malgré des conditions de travail parfois difficiles, font preuve d’un dévouement et d’un mérite exceptionnels».
On pensait qu'on en resterait là mais ce mardi à l'Assemblée, le débat est monté d'un ton. Les membres du PS ont tenté d’en faire un sujet pour l’opposition: «Ce film montre la diversité du métier des enseignants, ne les découragez pas!», a lancé le député Michel Ménard en direction du Ministre. Et Jack Lang a ajouté que le film de Cantet «tombait à point nommé au moment où le gouvernement aime si peu et si mal l’école». Ce que Darcos a fustigé: «Si je comprends bien, au palmarès de Cannes, il y a deux Palmes d'or, la Palme d'or du film "Entre les murs" et la Palme d'or de la récupération par le Parti socialiste d'un film qui a été co-financé par les services de Fadela Amara.»
http://www.20minutes.fr/article/233350/ ... -Palme.php






