remise en ligne du message originel
les faits
Des rappeurs de Nantes ont réalisé un clip avec des armes, de la drogue et... une intervention de police. De quoi choquer les autorités de Nantes qui découvrent en plus que la mairie avait accordé une subvention au groupe. La préfecture envisage de les poursuivre en justice.
Armes, drogue, argent à foison dans les mains de mineurs, propos violents... tout y est. Le clip "Colt 44" des chanteurs de rap "Tipikal" et "K-P ster" créé l'émoi depuis jeudi à Nantes. Parmi les nombreuses menaces envers les forces de l'ordre : "J'emplis Waldeck (ndlr: le commissariat de Nantes) de gaz moutarde, je fais ça à la russe".
Menaçants mais subventionnés
Librement téléchargeable sur internet, "ce clip, tourné en utilisant une moto volée, présente un rodéo dans un quartier entraînant un attroupement d'une soixantaine de personnes hostiles aux forces de l'ordre qui ont dû intervenir sous les caillassages et les projectiles divers pour rétablir le calme. Et ce, sans se douter un instant d'être acteurs malgré eux d'un tel clip", explique le syndicat de police Alliance.
Chose plus incroyable encore : le syndicat, qui dit être soutenu par le préfet de Loire-Atlantique à propos de ce clip qui incite "à la guérilla urbaine, à la haine contre la police, au terrorisme et au viol", a découvert que ce
groupe de rap avait bénéficié d'une subvention de 700 euros accordée en 2005 par la mairie de Nantes via le Comité local d'aides aux projets des jeunes (Clap).
Suites judiciaires ?
"
C'est vrai il y a des paroles violentes mais s'ils (les policiers, ndlr) ont bien écouté le morceau, c'est que de la métaphore", se défend K-Pster, l'un des deux rappeurs. Mais la mairie a assuré jeudi désapprouver "la violence véhiculée par certains propos et scènes du clip" et condamner "fermement, par principe, toute incitation à la violence", affirmant que ses services "avaient marqué leur désaccord après avoir pris connaissance du script détaillé présenté par les jeunes en octobre 2005"
mais les jeunes n'avaient pas accepté de modifier leur projet.
Le préfet Bernard Boucault a contacté la justice pour envisager "les suites susceptibles" à cette affaire. La police, qui a alerté le ministère de l'Intérieur,
a entamé un "travail technique" de constatation sur le clip, afin de réunir des éléments qui pourraient être transmis au parquet de Nantes.
le clip
http://www.youtube.com/watch?v=xNARd0qc ... hp?t=11299
la decision judiciaire,
Le Rappeur Tipikal a été condamné à 3 euros de dommages et intérêt et une amende de 1000 euros avec Sursis.
Cet homme de 26 ans a donc été condamné pour « provocation à la commission d’atteinte à la vie d’autrui » après avoir dit dans un clip qu’il voulait remplir le commissariat de Nantes de gaz moutarde.
Rappelons au passage que cette chanson n’avait été possible que grâce au concours de la ville de Nantes qui avait attribué une bourse d’aide à la création au jeune prévenu.
Les injures n’ont pas été retenues par le parquet alors que les paroles tombaient sous le coup de la loi. Les parties civiles, le Ministère de l’Intérieur et les syndicats Alliance et UNSA-Police, ont reçu un euro de dommages et intérêts chacun.
Avec un tel traitement souligné d’ailleurs par l’avocat de la défense qui a notamment déclaré : « sur le terrain de la liberté d’expression, je trouve ça un peu regrettable », la récidive est quasiment impossible.