Jean-Marie Le Pen: " C'était mon chef, c'était aussi mon ami et mon camarade "
Je suis triste aujourd'hui. Bien qu'elle ait été attendue, la mort du général Martin, me frappe au cœur. Le général Louis Martin, - Loulou pour tout le monde à la Légion étrangère où il était une figure emblématique s'est éteint à Nice à la suite de ce qu'il convient d'appeler aujourd'hui, une longue et douloureuse maladie.
Louis Martin est un personnage exceptionnel, c'était mon chef, c'était aussi mon ami et mon camarade. J'ai servi sous ses ordres en Egypte et en Algérie au 1 er REP et il venait juste d'être décoré récemment de la Grand Croix de l'ordre de grand officier de la Légion d'honneur. Distinction qu'il a attendu, quarante-sept ans, puisqu'il était commandeur de la Légion d'honneur à titre militaire à l'âge de 34 ans. Il est vrai qu'il était officier au 1er REP en 1961. Ceci explique sans doute cela.
Louis Martin était, de l'avis de ses chefs et de ses camarades, le meilleur commandant de compagnie de l'armée française. Il a aussi continué à servir la France de façon indirecte après son temps militaire puisqu'il a été pendant 20 ans le chef de la garde présidentielle du président Bongo au Gabon.
Louis était un Breton qui a été FFI à 17 ans et qui pendant 60 ans a servi son pays, véritable figure légendaire, véritable chevalier dont la vie toute de droiture et de simplicité faisait l'admiration de tous.
C'est un homme qui n'élevait jamais la voix et qui toujours plantait son regard bleu de Breton dans les yeux. Et qui obtenait de ses hommes, absolument tout, y compris le sacrifice suprême.
Il avait récemment témoigné en ma faveur dans le procès scandaleux qui m' opposait au journal Le Monde sur la période justement où j'avais servi en Algérie comme lieutenant dans sa compagnie.
Il y a de nombreux exemples de son exceptionnelle bravoure. Celui-là par exemple dont a témoigné le commandant Grauvin, chef de l'antenne chirurgicale: "A Dien-Bien-Phu, il avait été blessé à trois reprises. La troisième fois il est amené dans le coma sur une civière, couvert de poussière puisqu'il a reçu une grenade à fusil de plein fouet.
Au bout d'un moment il sort du coma, secoue la poussière qui recouvrait sa tenue de combat et s'écrie: « Tiens on m'a encore fait quelques trous, j'y retourne ». il se lève et il s'en va".
Voilà, c'était Loulou Martin. Il était en même temps un chef de guerre et un homme de cœur. Des qualités qui, souvent, ne se croisent pas.
Chez lui, elles se croisaient avec la formidable simplicité des vrais héros. Loulou était titulaire de la Flamme d'honneur du Front national et avait été candidat sur ma liste.
JMLP





