Messagepar Danisiam » 08/06/2007 - 7:21
l'impartialite d'un organe de presse!
PARIS (AP) - "Je suis l'homme qui rit dans les tempêtes", se gausse Jean-Marie Le Pen. Après s'être fait siphonner une bonne partie de ses électeurs par Nicolas Sarkozy à la présidentielle, le leader vieillissant du FN se prépare à un nouveau naufrage aux législatives avec, en ligne de mire, une bagarre de succession et des caisses vides.
Jean-Marie Le Pen a beau faire mine de croire qu'il aura "quelques" députés et que ce scrutin verra un "redressement" de son parti, les sondages créditent le FN de 3,5 à 8% et d'aucun élu. Loin de rentrer au "bercail", 30% des électeurs FN du premier tour de la présidentielle pourraient même choisir un candidat UMP aux législatives, selon l'Ifop.
Rien de surprenant pour une formation qui n'a plus aucun député depuis 1988 en raison d'un mode de scrutin jugé "inique" par son chef. Il n'avait dû l'entrée de 35 députés frontistes à l'Assemblée nationale de 1986 à 1988 qu'à l'introduction de la proportionnelle intégrale.
Mais voilà, après le médiocre score de 10,44% de Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle -le pire depuis 1974 et 970.000 voix de moins que lors du séisme de 2002-, le pouvoir de nuisance du FN semble lui-même se réduire comme peau de chagrin. Rien n'assure en effet que beaucoup de candidats FN pourront se maintenir au second tour dimanche soir, bien que le leader d'extrême droite ait dépassé 12,5% des inscrits dans 77 circonscriptions le 22 avril, le minimum requis.
Jean-Marie Le Pen avait franchi cette barre dans 237 circonscriptions au premier tour de la présidentielle de 2002, mais seuls 37 candidats FN s'étaient maintenus aux législatives, pour zéro élu au final. De même les sondeurs s'attendent-ils cette année à peu de triangulaires avec le FN, contre 76 en 1997, et seulement 9 en 2002.
Le nouvel ennemi de Jean-Marie Le Pen s'appelle Nicolas Sarkozy. Directeur adjoint du département opinion de l'Ifop, Jérôme Fourquet attribue "l'effondrement" du FN à ce qu'il appelle la "spoliation de la thématique sécuritaire" par l'ex-candidat UMP dans la campagne. Selon une étude de l'Ifop publiée jeudi, 38% des électeurs de Jean-Marie Le Pen en 2002 ont voté Nicolas Sarkozy en 2007, contre 53% au chef du FN.
Suprême vexation, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy culmine même à 88% chez les sympathisants FN, selon le baromètre JDD/Ifop.
"Il ne faut pas vendre la peau de l'ours", avertit pourtant le leader d'extrême droite, qui a connu bien d'autres traversées du désert. En particulier après la scission du "félon" Bruno Mégret, parti fin 1998 avec la plupart des cadres du parti pour fonder le MNR, laissant l'appareil du FN exsangue.
Et Jean-Marie Le Pen, qui aura 79 ans le 20 juin, d'avertir que l'heure n'est pas venue de danser sur sa tombe. Il a déjà annoncé qu'il serait candidat à sa succession lors du congrès du FN des 17 et 18 novembre à Bordeaux, après un règne de presque 35 ans. Mais l'heure du droit d'inventaire semble déjà sonner, et avec elle celle de la succession. Si le délégué général Bruno Gollnish est le dauphin désigné, Marine Le Pen s'annonce comme une concurrente sérieuse.
A plus court terme, les législatives risquent fort de faire entrer le FN dans une période de vaches maigres. Le financement public des partis est indexé sur le nombre des voix aux législatives et le nombre de parlementaires. Avec 557 candidats, il peut compter sur la première partie. Mais la subvention annuelle de 4,6 millions d'euros qu'il perçoit depuis 2002 (après 11,34% des voix) pourrait bien plonger.
Jean-Marie Le Pen n'exclut d'ailleurs pas de vendre le "paquebot", siège du parti à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). "On peut faire de la politique dans une chambre de bonne", aime-t-il à plaisanter.
Ironie du sort, le sauvetage pourrait venir du naufrageur lui-même. Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi qu'il n'était "pas fermé" à l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives. Mais il faudra alors attendre 2012. AP
DEBOUT..................NOUS VAINCRONS