Nicolas Sarkozy souffre d'une image de leader proaméricain et pro-israélien. Pour l'éditorialiste d'Al-Hayat, Sarkozy s'occupera d'abord des dossiers économiques brûlants. Une nomination d'Alain Juppé comme ministre des Affaires étrangères serait bien perçue dans le monde arabe.
Si le nouveau président français sait réaliser les réformes économiques et sociales qu'il a promises, ce sera de bon augure pour la France. Ses cent premiers jours seront consacrés à lancer les réformes telles que les baisses de charges pour les entreprises et sur le travail, le contrôle de l'immigration, la lutte contre les déficits, la relance de la croissance, l'augmentation du nombre d'heures travaillées, etc. Il faut dire que la France a souffert de l'immobilisme du règne de Jacques Chirac. Celui-ci, au début de son premier mandat, avait voulu lancer des réformes importantes, mais son Premier ministre de l'époque, Alain Juppé, avait dû renoncer face au poids des syndicats et à l'hostilité de la population.
Ce même Alain Juppé pourrait revenir aujourd'hui au gouvernement. En effet, dans l'entourage de Sarkozy, on pense qu'il sera nommé ministre des Affaires étrangères. Certes, Sarkozy connaît le président américain George W. Bush, le Premier ministre britannique Tony Blair, le président égyptien Hosni Moubarak et plusieurs hommes politiques israéliens, dont son ami Benyamin Nétanyahou. Mais son expérience en politique étrangère est limitée puisqu'il a occupé le ministère des Finance et ensuite celui de l'Intérieur. De plus, il souhaite se concentrer sur les réformes économiques et sociales. Il a donc besoin d'un homme comme Juppé, qui, selon la plupart des diplomates français, est le plus compétent en matière de politique internationale. Il a la confiance de Sarkozy et, s'il devait accepter le poste, on peut penser qu'il disposerait des marges de manœuvre nécessaires pour agir.
Cela devrait rassurer, surtout par rapport au Moyen-Orient. Car Juppé connaît bien la région et avait fait du bon travail lorsqu'il avait occupé ce poste dans le gouvernement d'Edouard Balladur. Il avait fait preuve d'équilibre par rapport au conflit israélo-palestinien et il s'est toujours intéressé au dossier libanais. Avec lui, la France sera sur la bonne voie en matière de politique étrangère, celle de la continuité avec Jacques Chirac. Cette politique jouit d'un large consensus dans la population française.
Randa Takieddine
Al Hayat






