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Féru de velours côtelé traditionnel.

Publié : 23/02/2007 - 10:35
par Comptable
Bonjour à tous,
Depuis toujours ma passion a été de porter du véritable velours côtelé, à grosses côtes, bien épais, en pur coton si possible. Je recherche amateurs et achète tous velours à l'ancienne, notamment des vieux Adolphe-Lafont si par hasard vous ne savez pas quoi en faire. A bientôt de vous lire!
France en velours, debout!

Publié : 24/02/2007 - 5:33
par Christophe74
Pourrais tu nous en dire plus de ta douce passion ? Merci !

Publié : 24/02/2007 - 7:12
par Comptable
Christophe74 a écrit :Pourrais tu nous en dire plus de ta douce passion ? Merci !

Issu de milieu populaire je n'ai jamais été sensible ou, disons très très peu, aux effets de mode, même étant jeune, d'autant plus qu'à maintenant près de 47 ans, les goûts vestimentaires des jeunes minets peroxydés ce n'est guère ma tasse de thé (rires!).
J'ai toujours vu mon père, qui était menuisier, porter des pantalons de gros velours, alors de la marque Adolphe Lafont et, très naturellement, moi aussi j'en ai porté, pour maintenant ne plus les quitter, hiver comme...été. La marque que je porte est Le laboureur, qu'on trouve en vente dans des magasins de vêtements de travail. La maison est à Digoin, en Saône et Loire, et fournit beaucoup les compagnons. Elle a des revendeurs sur toute la France.
Elle avait bien un site web, http://www.lelaboureur.fr , mais depuis plusieurs semaines il m'a l'air complètement en rade.
Il y a à peu près trois, quatre maisons qui existent encore en France et qui confectionnent de tels pantalons et tenues de gros velours: Le laboureur, à Digoin, la maison Beaufort à Angers, la maison Adolphe-Lafont et, à Chartres, la maison Buciek-Caps, à deux pas de la cathédrale et de la place de la halle. Le velours utilisé provient de la maison Cosserat, à Amiens.
Mais le velours d'aujourd'hui, fût-il coupé à l'ancienne, comme le font ces vénérables maisons (forme demi-ballon pour les pantalons largeots) n'a absolument pas la qualité des velours d'antan.
La raison est que les anciens métiers à tisser ont été tout simplement cassés car les gens se sont détournés du velours progressivement, au profit des toiles comme le jean. La liquidation des établissements Boussac dont dépendait la maison Cosserat d'Amiens, a été un coup quasi fatal au velours français. Et l'Angleterre, qui avait été la figure de proue du velours côtelé avec Manchester n'en produit guère plus...
Pour moi c'est un drame terrible que cette perte de qualité dans la toile de velours moderne. Les effets de mode, mon Dieu, c'est une calamité. Il faut bien sûr comprendre les fabricants, car si le velours leur reste sur les bras, je devine leur manque à gagner. Il faudrait presque aujourd'hui que ce soit un Zidane ou un Johnny qui dise "J'aime le velours" pour que ça redémarre et qu'il y ait la queue devant les magasins de vêtements de travail! C'est complètement démoralisant de voir ça. Et pourtant, comment une étoffe comme le velours peut-elle être qualifiée de "démodée"? C'est bien une idée reçue car dans les pays froids et/ou humides mieux vaut être dans un bon velours que dans un jean. Et le velours côtelé pur coton 100 % j'assure que même en été on peut le supporter. Moi qui habite en Provence je peux l'affirmer.
Alors voilà, je vis dans un monde de velours côtelé, inspiré de références telles que celles d'un Georges EECKHOUDT (1857-1927), auteur belge né à Anvers, qui a écrit en français un merveilleux roman intitulé "Voyous de velours", totalement dévoué au velours côtelé et...aux "voyous" qui le portaient, dans les quartiers populaires de Bruxelles au début du XX° siècle, comme le quartier des Marolles, un peu l'équivalent de nos Halles d'antan. Et je vis aussi dans un monde de velours côtelé inspiré de Giono, notamment Regain, l'histoire de la renaissance, à force de travail, d'un village abandonné de Haute-Provence. Si tu vois le film "Regain", réalisé par Marcel Pagnol, qui date de 1937, tu verras Gabriel Gabrio, qui joue le rôle masculin principal, celui de Panturle, porter de splendides vêtements de velours qu'il achète pour se faire "beau" chez "Le gaspilleur" la maison de vêtements de travail imaginaire du roman, sous les conseils d'Orane Demazis, qui tient le rôle principal féminin.
C'est cette renaissance de la France, notamment de la France rurale, de la France des beaux métiers manuels, ce calage sur la Tradition, le respect des vraies valeurs de nos pères, comme, par exemple, et je l'affirme ici, le gros velours côtelé, avec ce qu'il faut de modernité nécessaire, de progrès et d'ouverture au monde, aux autres, qui est la base de ma conception du monde. Allier Tradition et Modernité, si on veut résumer de façon lapidaire.
France en velours, debout! Velours, le plus beau mot de la langue française avec Amour et Patrie.

Publié : 24/02/2007 - 9:00
par Christophe74
Quel brio !

Fort instructif !

Publié : 24/02/2007 - 9:03
par Comptable
Christophe74 a écrit :Quel brio !

Fort instructif !

Le velours côtelé est une passion extrêmement forte en moi car il y a une histoire personnelle qui va avec.
Bien à toi.
France en velours, debout!

Publié : 24/02/2007 - 10:33
par Christophe74
DEBOUT... en velours ou pas ! DEBOUT ! Et si c'est en velours...et bien c'est bien !

Publié : 24/02/2007 - 19:15
par Mimi
exptdr :houra: .....j'en pleure serieux :D

merci pour ce moment ...

Publié : 24/02/2007 - 19:28
par Comptable
Mimi a écrit :exptdr :houra: .....j'en pleure serieux :D

merci pour ce moment ...


Essayer le velours côtelé des charpentiers, c'est l'adopter à jamais.
En anglais velours côtelé se dit "corduroy". Seul un roi pouvait se l'offrir autrefois sans doute...