Remaniement au ministère de l’économie sur fond de crise du logement
Publié : 04/09/2014 - 22:17
Remaniement au ministère de l’économie sur fond de crise du logement
Montebourg a donc fait un grand discours de départ du ministère de l'économie, assez magnifique dans l'interprétation, avec toute une variété de nuances. Desquasi -angoisses… puis de surprises...Puis de la détermination…Sur le fond, il dénonce donc l'orthodoxie allemande, la BCE et l'austérité (la BCE s’est d’ailleurs finalement décidée jeudi 4 septembre 2014 à passer à la vitesse supérieure en matière d’expansion monétaire et de relance). A-t il raison ? Pas tellement, non. Si on part, comme il le suggère, en guerre (ou expansion) monétaire la fleur au fusil, Il ne faut pas trop s'attendre à revenir gare de l'Est 6 mois plus tard en ayant vaincu le chômage. Mais Le diable aime bien nous proposer de tentations de plaisir rapides et de victoire ou d'argent faciles, des satisfactions immédiates….L'alcool, les braquages, le poker, la prostitution…et la relance à crédit.
Prenons l'exemple du bâtiment et de l’immobilier, un des gros dossiers de cette rentrée. On sent l'exécutif finalement assez tenté par une victoire facile sur ce front, assez tenté par les théories keynésiennes de relance de Montebourg malgré son limogeage. Au besoin en procédant par ordonnance (Ca fait quand même un peu panique à bord). Mais contrairement a ce que dit Montebourg le roi des démagogues, les économistes pensent plutôt que les théories keynésiennes de la relance ont échoué…Sans demande suffisamment solvable dès le départ, une part des investissements immobilier se transforme systématiquement en dépréciation puis en bulle, car le fameux multiplicateur keynésien sensé entrainer toute l’economie ne marche pas bien. C'est le problème finalement des subprimes de 2007 - 2008, c’est-à-dire la cause de la crise, pas sa solution. Quelques soient les dispositifs que proposera le plan Valls- pas forcément tous mauvais en eux mêmes - (abattement sur les plus values de cessions foncières pour libérer des terrains constructibles, prêt à taux zéro aux accédants à la propriété, aménagement des mesures Duflot…) le problème de la demande non solvable restera entier. Si la demande était solvable, cela fait longtemps que Bouygues, Eiffage, et autres Progedim auraient lancé des mises en chantier. Pourtant en cette rentrée 2014, le gouvernement, avec ou sans Montebourg, va bel et bien relancer de force le logement, dans la tradition socialiste dirigiste. Il est probable que voyant que tout ceci est bancal et potentiellement générateur de créances ou actifs douteux, les bétonniers et les promoteurs vont chercher a se couvrir financièrement auprès des collectivités locales ou des banques - assurances , lesquelles effrayées par les emprunteurs précaires (même à taux zéro) et les sommes à avancer déclareront sans doute que le régulateur leur impose déjà des contraintes supplémentaires sur leurs fonds propres et se retourneront probablement vers l'état…qui lui-même n' a pas d'argent et appellera donc …la BCE à la rescousse, façon Montebourg. Ce manège dure depuis plusieurs années et on est pas près d’en sortir.
Autre non - dit sous tendant ce dossier immobilier, et en particulier son volet social en lien avec les blocages sur le foncier, la volonté de forcer le mélange des groupes culturels ou religieux (appelé « mixité sociale »). Dans ce domaine, Ce qui est humainement absurde ou malveillant finit tôt ou tard par devenir économiquement absurde ou catastrophique. Or la France est le pays d'Europe qui compte le plus d'allogènes. C'est peut être avant tout pour ça que nous sommes le malade économique de l'Europe. Les médias préfèreront plutôt zoomer sur le psychodrame du Duflot ou sur d'autres aspects secondaires que de parler de ce qui compte vraiment, et ce afin d'éviter toute prise de conscience massive.
Dans son discours Montebourg dit encore que le chômage baisse aux USA grâce à la relance par la demande et appelle à la rescousse - sans les citer - de mystérieux distinguées économistes -. En réalité de l'avis d'à peu près tout le monde la situation sur le marché de l'emploi US est dégradée, et les statistiques flatteuses (6, 7 % de chômage) sont complètement biaisées par la notion de participation au marché au marché de l'emploi (les nombreux laissés pour compte qui ne s'inscrivent pas au chômage ou en sont éjectés sont évacués des statiques). Si on y ajoute la montée des petits salaires, il y a bien 25 % d'américains précaires. Drôle de modèle pour un "socialiste». Par ailleurs si nous creusons nos déficits nous pourrions cesser d'être considérés comme « coopératif », ce qui pourrait faire monter le taux de nos nouvelles dettes, éventuellement jusqu'à l’insoutenabilité, voir la faillite.
La baisse de l'euro n'est pas non plus une solution. On ne peut pas mettre en balance les effets certains d'une dévalorisation de la monnaie (inflations domestique, importations plus chères par dégradation des termes de l'échange…) et ses effets seulement possibles (conquête hypothétique de nouveaux marchés à l'export, ce qui n'est nullement automatique mais demande des efforts commerciaux). Cela devrait heurter le sens logique de n'importe qui. Toutes les études montrent d'ailleurs que la dévalorisation de la monnaie ne résout pas les déficits commerciaux. Pour ne prendre qu'un exemple, le Japon connait les pires déficits commerciaux de son histoire récente alors que pourtant, dans le même temps, il ne cesse de dévaloriser le yen, faire de l'expansion monétaire et des déficits.
Les banquiers et financiers privés sont sur la même ligne que Montebourg, ils veulent une assistance de la BCE. Ils se cachent derrière les pauvres en disant que la politique monétaire expansive fera du bien à tout le monde. Ce n'est pas entièrement faux, ce qui finalementest pire que tout. A court terme, en effet l'argent, facile permet d'aider les gens et de créer quelques emplois provisoires (beaucoup plus de distribution d'aides que de créations d'emplois au demeurant). A long terme c'est la catastrophe (constatée systématiquement). En réalité les financiers s'intéressent là surtout beaucoup au marges de profits que dégageraient pour eux les politiques monétaires expansives, via des opérations sur titres ou des taux d'emprunt de gros encore plus faibles qu'aujourd'hui (taux et opérations réservés à l'élite et inaccessibles aux particuliers lambda bien sûr). Ils semblent en particulier alléchés par les achats éventuels de titres par la BCE (il serait question des titre type "ABS"…) qui représenteraient pour eux une cash - machine. Et on revient alors au problème des inégalités, lesquelles détruisent l'économie. Bien loin du socialisme - ami du peuple…
Christophe Poitou
Auteur de : le totalitarisme économique (éditions Dualpha / l’Aencre)
Montebourg a donc fait un grand discours de départ du ministère de l'économie, assez magnifique dans l'interprétation, avec toute une variété de nuances. Desquasi -angoisses… puis de surprises...Puis de la détermination…Sur le fond, il dénonce donc l'orthodoxie allemande, la BCE et l'austérité (la BCE s’est d’ailleurs finalement décidée jeudi 4 septembre 2014 à passer à la vitesse supérieure en matière d’expansion monétaire et de relance). A-t il raison ? Pas tellement, non. Si on part, comme il le suggère, en guerre (ou expansion) monétaire la fleur au fusil, Il ne faut pas trop s'attendre à revenir gare de l'Est 6 mois plus tard en ayant vaincu le chômage. Mais Le diable aime bien nous proposer de tentations de plaisir rapides et de victoire ou d'argent faciles, des satisfactions immédiates….L'alcool, les braquages, le poker, la prostitution…et la relance à crédit.
Prenons l'exemple du bâtiment et de l’immobilier, un des gros dossiers de cette rentrée. On sent l'exécutif finalement assez tenté par une victoire facile sur ce front, assez tenté par les théories keynésiennes de relance de Montebourg malgré son limogeage. Au besoin en procédant par ordonnance (Ca fait quand même un peu panique à bord). Mais contrairement a ce que dit Montebourg le roi des démagogues, les économistes pensent plutôt que les théories keynésiennes de la relance ont échoué…Sans demande suffisamment solvable dès le départ, une part des investissements immobilier se transforme systématiquement en dépréciation puis en bulle, car le fameux multiplicateur keynésien sensé entrainer toute l’economie ne marche pas bien. C'est le problème finalement des subprimes de 2007 - 2008, c’est-à-dire la cause de la crise, pas sa solution. Quelques soient les dispositifs que proposera le plan Valls- pas forcément tous mauvais en eux mêmes - (abattement sur les plus values de cessions foncières pour libérer des terrains constructibles, prêt à taux zéro aux accédants à la propriété, aménagement des mesures Duflot…) le problème de la demande non solvable restera entier. Si la demande était solvable, cela fait longtemps que Bouygues, Eiffage, et autres Progedim auraient lancé des mises en chantier. Pourtant en cette rentrée 2014, le gouvernement, avec ou sans Montebourg, va bel et bien relancer de force le logement, dans la tradition socialiste dirigiste. Il est probable que voyant que tout ceci est bancal et potentiellement générateur de créances ou actifs douteux, les bétonniers et les promoteurs vont chercher a se couvrir financièrement auprès des collectivités locales ou des banques - assurances , lesquelles effrayées par les emprunteurs précaires (même à taux zéro) et les sommes à avancer déclareront sans doute que le régulateur leur impose déjà des contraintes supplémentaires sur leurs fonds propres et se retourneront probablement vers l'état…qui lui-même n' a pas d'argent et appellera donc …la BCE à la rescousse, façon Montebourg. Ce manège dure depuis plusieurs années et on est pas près d’en sortir.
Autre non - dit sous tendant ce dossier immobilier, et en particulier son volet social en lien avec les blocages sur le foncier, la volonté de forcer le mélange des groupes culturels ou religieux (appelé « mixité sociale »). Dans ce domaine, Ce qui est humainement absurde ou malveillant finit tôt ou tard par devenir économiquement absurde ou catastrophique. Or la France est le pays d'Europe qui compte le plus d'allogènes. C'est peut être avant tout pour ça que nous sommes le malade économique de l'Europe. Les médias préfèreront plutôt zoomer sur le psychodrame du Duflot ou sur d'autres aspects secondaires que de parler de ce qui compte vraiment, et ce afin d'éviter toute prise de conscience massive.
Dans son discours Montebourg dit encore que le chômage baisse aux USA grâce à la relance par la demande et appelle à la rescousse - sans les citer - de mystérieux distinguées économistes -. En réalité de l'avis d'à peu près tout le monde la situation sur le marché de l'emploi US est dégradée, et les statistiques flatteuses (6, 7 % de chômage) sont complètement biaisées par la notion de participation au marché au marché de l'emploi (les nombreux laissés pour compte qui ne s'inscrivent pas au chômage ou en sont éjectés sont évacués des statiques). Si on y ajoute la montée des petits salaires, il y a bien 25 % d'américains précaires. Drôle de modèle pour un "socialiste». Par ailleurs si nous creusons nos déficits nous pourrions cesser d'être considérés comme « coopératif », ce qui pourrait faire monter le taux de nos nouvelles dettes, éventuellement jusqu'à l’insoutenabilité, voir la faillite.
La baisse de l'euro n'est pas non plus une solution. On ne peut pas mettre en balance les effets certains d'une dévalorisation de la monnaie (inflations domestique, importations plus chères par dégradation des termes de l'échange…) et ses effets seulement possibles (conquête hypothétique de nouveaux marchés à l'export, ce qui n'est nullement automatique mais demande des efforts commerciaux). Cela devrait heurter le sens logique de n'importe qui. Toutes les études montrent d'ailleurs que la dévalorisation de la monnaie ne résout pas les déficits commerciaux. Pour ne prendre qu'un exemple, le Japon connait les pires déficits commerciaux de son histoire récente alors que pourtant, dans le même temps, il ne cesse de dévaloriser le yen, faire de l'expansion monétaire et des déficits.
Les banquiers et financiers privés sont sur la même ligne que Montebourg, ils veulent une assistance de la BCE. Ils se cachent derrière les pauvres en disant que la politique monétaire expansive fera du bien à tout le monde. Ce n'est pas entièrement faux, ce qui finalementest pire que tout. A court terme, en effet l'argent, facile permet d'aider les gens et de créer quelques emplois provisoires (beaucoup plus de distribution d'aides que de créations d'emplois au demeurant). A long terme c'est la catastrophe (constatée systématiquement). En réalité les financiers s'intéressent là surtout beaucoup au marges de profits que dégageraient pour eux les politiques monétaires expansives, via des opérations sur titres ou des taux d'emprunt de gros encore plus faibles qu'aujourd'hui (taux et opérations réservés à l'élite et inaccessibles aux particuliers lambda bien sûr). Ils semblent en particulier alléchés par les achats éventuels de titres par la BCE (il serait question des titre type "ABS"…) qui représenteraient pour eux une cash - machine. Et on revient alors au problème des inégalités, lesquelles détruisent l'économie. Bien loin du socialisme - ami du peuple…
Christophe Poitou
Auteur de : le totalitarisme économique (éditions Dualpha / l’Aencre)