Ahmadinejad : La France mérite mieux que Sarkozy

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Huckleberry
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Re: Ahmadinejad : La France mérite mieux que Sarkozy

Messagepar Huckleberry » 29/09/2009 - 18:13

J'ai trouve un article interessant dans Direct Soir aujourd'hui. Pour une fois qu'il y a des choses censees, au milieu de politiquement correct bien sur, dans ce torchon, je vous fais profiter. C'est surtout l'analyse qui est juste meme si le parti pris du journaliste est conformiste.

La crise economique en voie de s'effacer, un autre drame menace le monde : l'acces de l'Iran a l'arme nucleaire. Chacun connait l'engrenage fatal si les Iraniens pretendent posseder la bombe. Prisonnier de son syndrome securitaire, Israel n'aura pas d'autre choix, a ses yeux, que de frapper les installations nucleaires iraniennes (et les civils qui vivent a cote, comme a Gaza, d'une pierre deux coups!). Teheran retorquera en bloquant le detroit d'Ormuz, cette veine jugulaire qui assure les approvisionnements petroliers a l'Occident. Le prix du baril s'envolera et coupera les jarrets aux perspectives de reprise economique. Responsables de fait de l'ordre mondial, les Etats Unis seront obliges d'intervenir militairement afin de rouvrir le detroit. Le mode musulman sera submerge de manifestations populaires au point de faire tomber plusieurs regimes. Le terrorisme gagner naturellement d'innombrables militants.


la suite je ne vous la raconte pas c'est la solution que le journaliste propose, et vraiment mieux vaut ne pas entendre parler.

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G-B
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Re: Ahmadinejad : La France mérite mieux que Sarkozy

Messagepar G-B » 29/09/2009 - 21:13

Huckleberry a écrit :J'ai trouve un article interessant dans Direct Soir aujourd'hui. Pour une fois qu'il y a des choses censees, au milieu de politiquement correct bien sur, dans ce torchon, je vous fais profiter. C'est surtout l'analyse qui est juste meme si le parti pris du journaliste est conformiste.

La crise economique en voie de s'effacer, un autre drame menace le monde : l'acces de l'Iran a l'arme nucleaire. Chacun connait l'engrenage fatal si les Iraniens pretendent posseder la bombe. Prisonnier de son syndrome securitaire, Israel n'aura pas d'autre choix, a ses yeux, que de frapper les installations nucleaires iraniennes (et les civils qui vivent a cote, comme a Gaza, d'une pierre deux coups!). Teheran retorquera en bloquant le detroit d'Ormuz, cette veine jugulaire qui assure les approvisionnements petroliers a l'Occident. Le prix du baril s'envolera et coupera les jarrets aux perspectives de reprise economique. Responsables de fait de l'ordre mondial, les Etats Unis seront obliges d'intervenir militairement afin de rouvrir le detroit. Le mode musulman sera submerge de manifestations populaires au point de faire tomber plusieurs regimes. Le terrorisme gagner naturellement d'innombrables militants.


la suite je ne vous la raconte pas c'est la solution que le journaliste propose, et vraiment mieux vaut ne pas entendre parler.



C'est le but recherché, et à mon avis ce qui ne va pas tarder à arriver...
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Chris84
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Re: Ahmadinejad : La France mérite mieux que Sarkozy

Messagepar Chris84 » 30/09/2009 - 20:06

Huckleberry a écrit :J'ai trouve un article interessant dans Direct Soir aujourd'hui. Pour une fois qu'il y a des choses censees, au milieu de politiquement correct bien sur, dans ce torchon, je vous fais profiter. C'est surtout l'analyse qui est juste meme si le parti pris du journaliste est conformiste.

La crise economique en voie de s'effacer, un autre drame menace le monde : l'acces de l'Iran a l'arme nucleaire. Chacun connait l'engrenage fatal si les Iraniens pretendent posseder la bombe. Prisonnier de son syndrome securitaire, Israel n'aura pas d'autre choix, a ses yeux, que de frapper les installations nucleaires iraniennes (et les civils qui vivent a cote, comme a Gaza, d'une pierre deux coups!). Teheran retorquera en bloquant le detroit d'Ormuz, cette veine jugulaire qui assure les approvisionnements petroliers a l'Occident. Le prix du baril s'envolera et coupera les jarrets aux perspectives de reprise economique. Responsables de fait de l'ordre mondial, les Etats Unis seront obliges d'intervenir militairement afin de rouvrir le detroit. Le mode musulman sera submerge de manifestations populaires au point de faire tomber plusieurs regimes. Le terrorisme gagner naturellement d'innombrables militants.


la suite je ne vous la raconte pas c'est la solution que le journaliste propose, et vraiment mieux vaut ne pas entendre parler.



Pas seulement dans le monde musulman et pas seulement les régimes arabes, dans toute l'Europe aussi.Un conflit contre l'Iran n'aura pas les mêmes répercussions qu'avec le pillage de l'Irak. A mon avis...
"Condamner l'Immigration de Remplacement ( et ses conséquences) sans jamais dénoncer les Responsables de cette Immigration c'est faire preuve d'inintelligence et de lâcheté !"

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Laurent de Lyon
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Re: Ahmadinejad : La France mérite mieux que Sarkozy

Messagepar Laurent de Lyon » 30/09/2009 - 20:20

INTERVIEW EXCLUSIVE
Dans Newsweek : Ahmadinejad fait une offre atomique
NOUVELOBS.COM | 28.09.2009 | 15:05
Image
Mahmoud Ahmadinejad (Sipa)

Dans une interview exclusive d’une heure et demie et couvrant de nombreux sujets accordée à Lally Weymouth de Newsweek et des journalistes du Washington Post, le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad aborde les futures négociations avec les Etats-Unis, ce qu’il pense du président Obama, ses négations répétées de l’Holocauste, ainsi que les combats en Afghanistan sous l’égide des Etats-Unis, qu’il considère perdus d’avance. Il y fait part pour la première fois de son offre d’acheter aux Etats-Unis de l’uranium enrichi pour usage médical, proposition qui selon les experts en non-prolifération nucléaire est probablement promise à l’échec. Extraits.

Comme vous le savez, l’Iran détient un correspondant de Newsweek depuis trois mois, Maziar Bahari. Je sais que vous avez été très généreux ce matin, en indiquant que vous aideriez à la libération des trois randonneurs américains. Serait-il possible que vous envisagiez de relâcher Maziar, pour motif humanitaire ?


- Je voudrais que tous les prisonniers soient relâchés, mais je ne suis pas le juge. Le juge doit se prononcer. Si j’étais en charge de ce dossier, je pourrais garantir que tous les prisonniers seraient libérés.

Vous avez pourtant déclaré que vous tenteriez d’obtenir la libération des randonneurs américains. Pourriez-vous faire la même chose pour Maziar ?

- Je désire la libération de tous les prisonniers. Tous. Américains et non-Américains — sans distinction.

Alors que l’Iran tente de renouer des liens avec l’Occident, pourquoi à nouveau nier la réalité de l’Holocauste, quand ces thèses sont si aisément réfutables ?

- Ne pensez-vous pas que l’Holocauste est un sujet important ?

Oui, je pense que c’est le plus grand crime du XXe siècle.

- Vous êtes donc d’accord sur le fait que le sujet est important. Pensez-vous que l’Holocauste est encore d’actualité aujourd’hui, qu’il nous concerne encore aujourd’hui par ses effets ? Pouvez-vous m’expliquer en quoi il influe sur les questions de l’heure ?

Ce que je pense importe peu, M. le président, c’est ce que vous pensez qui compte.

- Bien sûr, mais je voudrais que nous puissions échanger nos points de vue afin de pouvoir régler une question.

Le monde voudrait savoir ce que vous pensez. 


- De quel monde parle-t-on ici ?

L’Iran tente d’améliorer ses relations avec l’Occident, c’est du moins ainsi que je le comprends. Il est clair que l’Holocauste a eu lieu. Pourquoi dire qu’il n’a pas eu lieu ? Pensez-vous qu’il ne devrait pas y avoir un état Juif ? Pas d’Israël ? 


- Ce que je dis est extrêmement clair. C’est une approche académique d’un sujet d’importance capitale, qui se fonde également sur des considérations humanitaires. Ce que je dis, c’est que bien des choses sont survenues tout au long de l’histoire, et qu’au cours de la seconde guerre mondiale, bien des crimes ont été commis. Plus de 60 millions de gens ont été tués, encore plus déplacés. Il se pose donc un certain nombre de questions spécifiques quant aux événements de la seconde guerre mondiale, et je pense qu’on ne pourra trouver de réponses à ces questions dans la propagande que diffusent les médias. Au bout du compte, il faut des réponses convaincantes à ces questions. La première chose que je voudrais comprendre, c’est la raison pour laquelle, étant donné tout ce qui s’est passé au cours de la seconde guerre mondiale, on met l’accent sur l’Holocauste plus que sur tout autre [événement] ?

Disons que les crimes de Staline étaient de même gravité.


- La seconde question est : pourquoi les hommes politiques en occident sont tellement obsédés par ce problème ? La troisième question est : de quelle façon cet événement est-il relié aux problèmes que nous pouvons observer autour de nous dans le monde d’aujourd’hui ? Fut-il un événement historique isolé, sans impact sur la situation présente ? La question qu’on doit se poser ensuite est : si cet événement s’est produit, où s’est-il produit, qui en sont les responsables, et quel fut le rôle du peuple palestinien ? Quel crime a-t-il commis pour mériter ce qu’il a subi en conséquence ? Pour quelle raison le peuple palestinien devrait-il être brimé ? Saviez-vous que plus de cinq millions de Palestiniens ont été déplacés, et bénéficient du statut de réfugié ? Quel rôle ont-ils joué dans l’Holocauste ? Pourquoi exploite-t-on l’Holocauste comme prétexte à l’occupation de la terre d’un autre peuple ? Pourquoi les Palestiniens devraient-ils donner leur vie en échange ? Vous devez savoir que les habitants de Gaza ont dû subir plusieurs embargos.

Et ceux-ci ont lancé des frappes contre Israël au moyen de missiles.


- En fin de compte, les habitants de Gaza sont dans leur maison, c’est leur vie, et c’est leur terre. Qui est l’occupant ici ? Quel régime d’occupation est condamné par les résolutions des Nations Unies ? Quel esprit juste pourrait accepter qu’un événement qui s’est déroulé en Europe entraîne l’occupation de sa terre, autre part dans le monde ? Si un crime a été commis en Europe, pourquoi les habitants de Palestine devraient-ils en payer le prix ? La question est simple à comprendre. Malheureusement, les politiciens occidentaux refusent de répondre à ces questions, et préfèrent changer le sujet. Nous sommes opposés par principe au meurtre d’êtres humains. Soixante millions de gens ont été tués à l’époque [de la seconde guerre mondiale] et c’est effectivement très regrettable. Peu importe quelles étaient leur foi ou leurs opinions — c’étaient des êtres humains et leurs vies auraient dû être respectées du seul fait que c’étaient des êtres humains. Je voudrais souligner que nous ne vivons pas dans le monde d’il y a soixante ans. Nous vivons aujourd’hui. Nous considérons l’Holocauste comme un prétexte au génocide commis sur le peuple palestinien.

Les élections disputées de juin dernier on fait beaucoup de bruit. On a beaucoup débattu sur le sujet de savoir si vous aviez ou non détourné le scrutin à votre profit. Prévoyez-vous de traduire en justice [votre opposant, Mir Hossein] Mousavi ? Pour quelle raison la presse d’extrême droite s’en prend-elle à [l’Ayatollah Akbar Hashemi] Rafsanjani ?

- En Iran, les gens des différents groupes sont libres de choisir la direction politique de leur choix. Les élections en Iran se déroulent dans le cadre fixé par la loi, et elles sont gratuites. Dans chaque élection, seule une personne peut l’emporter. Je me souviens, à l’époque de ma première élection, contre M. Rafsanjani, que les mêmes qui aujourd’hui contestent les résultats du dernier scrutin étaient ceux qui organisaient les élections de 2005 entre M. Rafsanjani et moi. Ses partisans étaient ceux qui organisaient les élections. L’élection de 2005. Au bout du compte, je pense que tout ceci n’est que de la propagande, et je n’y prête qu’une oreille distraite. Je ne désire traduire personne en justice.

Mousavi ne sera pas traduit en justice ?


- Cela dépend des juges. Cela n’a rien à voir avec le gouvernement. S’il y a eu des infractions, les tribunaux s’en chargeront. Mais pas dans le cas contraire.

M. le président, bien des gens dans ce pays et ailleurs dans le monde ont été touchés par la façon dont ont été traités les gens qui ont manifesté contre le résultat du scrutin. L’un des autres candidats à l’élection possède, paraît-il, des preuves de tortures et de viols, et bien des gens hors d’Iran sont inquiets des procès qui doivent se tenir. Êtes-vous disposé à aborder ces questions touchant aux droits de l’homme lors de la prochaine réunion de Genève ?

- Savez-vous combien il y a de prisonniers aux Etats-Unis ?

Ma question est de savoir si vous êtes disposé à aborder la situation en Iran. 


- Je comprends votre question, et je veux y répondre. Connaissez-vous le nombre de prisonniers ici, aux Etats-Unis ? Je vais vous répondre, s’il vous plaît, un peu de patience. N’attendez pas de moi que je vous donne la réponse que vous attendez. Vous avez aux Etats-Unis 3,6 millions de prisonniers. Pourquoi sont-ils emprisonnés ? Certains sont exécutés par électrocution. Pourquoi ? Pourquoi exactement ? Vous avez ici une loi qui traite ce genre de questions. Allons-nous dire que c’est une mauvaise chose ? Pouvons-nous expliquer pourquoi 3,6 millions de gens sont en prison ? Si aucun n’a violé la loi, ils n’ont aucune raison d’être emprisonnés. Lorsqu’on a enfreint la loi, on peut se retrouver en prison. L’état de droit en Iran est très respecté. Avant qu’on prononce le verdict définitif, chacun peut voir son cas examiné. C’est assez unique. Quand on est traduit en justice, il y a cinq étapes — dont quatre au cours de laquelle on réexamine le dossier. Notre système judiciaire consacre énormément d’efforts à garantir les droits de celui qui comparait devant un tribunal. Ceci ne signifie pas qu’un policier, quelque part, ne peut violer la loi. Tout comme il arrive qu’un officier de police à New York, ou d’autre part aux Etats-Unis, brutalise quelqu’un. C’est un délit. Mais personne n’accuse pour autant le gouvernement des Etats-Unis de négligence. Notre système judiciaire réglera ces affaires.
Les questions qui sont à l’ordre du jour de la réunion de Genève sont clairement définies : la sécurité dans le monde, le désarmement, les problèmes économiques et les relations internationales. Nous serons heureux d’aborder toute question relative aux droits de l’homme. Par exemple, celle des détenus incarcérés dans des prisons secrètes, en Europe notamment. La question de Guantanamo. Des crimes commis en Afghanistan. En Irak, et en Palestine. Nous sommes prêts à parler de tout. Ainsi que des violations des droits de ceux qui, en Europe, voudraient plus d’informations, mais qui font face à une interdiction. En Europe, l’accès à ces informations est très souvent bridé. On n’y a même pas le droit de soulever de quelconques interrogations sur le sujet de l’Holocauste, et les scientifiques et les universitaires qui le font sont jetés en prison.

Vous avez déclaré vouloir laisser votre programme nucléaire hors du cadre des négociations avec l’occident. Est-ce toujours le cas, où seriez-vous prêt au donnant-donnant avec l’Ouest ? Il ne peut sinon y avoir de négociations si vous ne voulez rien céder, domaine dans lequel à ce jour, M. le président, vous excellez tout particulièrement.


- Je vous remercie beaucoup de vos remarques optimistes. Je pense que, si nous violons les lois et règlements internationaux, personne n’en tirera bénéfice. Tout le monde doit observer les lois internationales. La question nucléaire est traitée par l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique [AIEA]. L’AIEA a des procédures très claires. Nous devons respecter des engagements et des obligations dans ce cadre, cadre qui nous donne également des droits. Nous nous plierons à nos obligations, et nous entendons également jouir de nos droits.

Mais vous n’avez pas respecté vos obligations. Les Nations Unies vous ont sanctionnés, et les Nations Unies priment sur vos droits dans le cadre de l’AIEA. Allez-vous suspendre votre programme d’enrichissement ? Allez-vous coopérer avec le protocole additionnel de l’AIEA que vous avez signé au départ [l’Iran a ensuite quitté la table] ?

- Si l’on se fonde sur les nombreux rapports officiels publiés par l’agence, l’Iran mène ses activités nucléaires en observant le cadre imposé par l’agence. Nous avons également accepté les nouvelles obligations allant au-delà de ce cadre légal. Mais nous n’avons pas pu bénéficier pleinement de nos droits. Les articles deux et quatre de la charte de l’AIEA stipulent que ceux qui détiennent la technologie nucléaire doivent aider les autres pays au développement de leur technologie nucléaire civile. Or, ni l’agence, ni ses états membre n’ont offert à l’Iran d’assistance quelconque dans ce domaine, quand bien même nous avons rempli nos obligations.

Le rapport de l’AIEA d’août dernier indique que l’agence "considère que l’Iran n’a pas apporté de réponse en profondeur aux problèmes posés… L’agence a donc demandé à l’Iran de fournir des réponses plus précises, et de fournir à l’agence… un accès aux personnes, à l’information et aux installations". [Le directeur général de 'AIEA] Mohamed ElBaradei — autrefois considéré comme votre principal défenseur à Washington — se demande si oui ou non vous vous conformez aux règlements de l’AIEA, ou si effectivement vous menez un programme d’armement nucléaire.

- Ce n’est pas vraiment l’endroit pour entrer dans les détails techniques. Mais le rapport est en deux parties, bien distinctes. L’une des parties détaille les questions ayant trait à l’agence elle-même. Voici deux ans, nous avons conclu un accord avec l’agence par lequel nous fournirions les réponses à six questions émanant de l’agence et subsistant dans cette première catégorie. Ces questions sont claires. Nous avons répondu à chacune d’entre elles. L’agence a validé les réponses reçues de notre part. Il est intéressant de constater qu’au bout de ces deux ans, l’administration américaine s’est mise à émettre à notre encontre un certain nombre de plaintes et d’allégations, exigeant de l’agence qu’elle les prenne également en charge. C’est une violation claire des statuts de l’agence, et des accords conclus entre l’agence et l’Iran. Sous la pression politique de l’administration américaine, l’agence accepte une liste d’allégations fournies par les Etats-Unis, et les ajoute tout d’un coup à son propre ordre du jour. Dès le départ, nous étions en désaccord avec cette pratique, en fonction du cadre légal préexistant, qui est très clair. Je pense que votre question se fonde de cette deuxième partie, qui a pu transpirer. En ce qui nous concerne, elle n’a aucun fondement légal. Nos engagements envers l’agence ont été très clairement énumérés et décrits. Si vous y prenez garde, ce même texte ne fait aucune référence à nos engagements. Il s’agit ici de plaintes émises par les Etats-Unis à notre encontre. Légalement, nous ne sommes pas contraints n’y répondre. Si nous acceptons de répondre à ces questions, nous ne serons jamais en mesure de bénéficier de nos droits dans leur intégralité, et nous ne pourrons jamais vivre dans la paix et la sécurité. Notre niveau de coopération avec l’agence est extrêmement élevé.

M. le président, je voudrais aborder le sujet du président Obama. Il a semble-t-il écrit deux lettres au Guide Suprême dans les derniers mois. Je me demandais si vous pourriez nous dévoiler la substance de ces lettres, et nous donner votre opinion du président Obama. Que pensez-vous de lui par rapport au président Bush ? Est-ce un leader faible ? Un leader fort ? Quelqu’un avec qui vous pouvez discuter ?

- Vous me demandez de vous fournir des informations concernant des lettres, dont vous auriez appris l’existence ?

On en a parlé dans la presse iranienne.


- Ne lisant pas la presse, je ne suis pas au courant.

Parlons d’Obama, alors.


- Nous pensons que le désir de changement, ici en Amérique, va dans la bonne direction. Il s’agit d’un désir à l’échelle mondiale. Si l’on observe le statu quo qui prévaut actuellement, rien n’est viable dans le monde. Les administrations qui se sont succédé à la tête des Etats-Unis ont joué un rôle substantiel dans la genèse des problèmes du monde actuel. Il n’est que naturel d’attendre de l’administration des Etats-Unis qu’elle change elle-même. Nous pensons que le changement est inévitable et nécessaire. Néanmoins, ces changements doivent être réels. Un changement de surface ne pourra résoudre les problèmes que nous devons affronter – il ne fera que les compliquer, et retarder une solution finale. Nous espérons que M. Obama cherche un véritable changement. Nous pensons que, s’il le décide, il devrait être en mesure d’agir au moins sur une partie des objectifs qu’il s’est fixés. Nous sommes prêts à l’aider à réaliser ces changements. À l’occasion de la réunion de Genève, nous sommes prêts à aborder certaines questions, y compris à nous engager à acquérir pour notre usage domestique de l’uranium enrichi à 20 %. En retour, l’Iran offrira des solutions aux changements nécessaires. S’il s’agit de perpétuer les politiques de M. Bush sous couvert d’un nouveau langage, on n’arrivera à pas grand-chose, car cette approche est périmée. Les politiques doivent changer. Si les politiques ne changent pas, il ne peut y avoir de réel changement.

Pouvez-vous en dire un peu plus sur ce que vous venez de dire. Vous avez dit qu’à Genève, vous serez d’accord pour acheter du combustible nucléaire enrichi ? C’est cela ? Auprès des Etats-Unis ?

- Nous possédons un réacteur à Téhéran qui produit des radioéléments pour usage médical. Il nécessite de l’uranium enrichi à 19,75 %. Nous sommes disposés à acquérir cet uranium. Nous sommes prêts à envoyer nos experts nucléaires à la table des négociations, afin de discuter de coopération nucléaire avec les experts de l’autre bord, en vue d’acquérir le combustible dont nous avons besoin. Pour établir les prémices d’une coopération nucléaire, et pour discuter de notre acquisition de ce combustible. C’est à mon sens une proposition très solide, qui constitue une bonne opportunité pour débuter.

Mais, vous vous livrez déjà en Iran à l’enrichissement de l’uranium, n’est-ce pas ? L’AIEA indique que vous disposez déjà d’assez d’uranium enrichi — je crois à 4,5 % — pour créer une bombe rudimentaire. Selon ce que vous venez de dire, êtes-vous en train de suggérer que vous êtes prêt à suspendre vos activités d’enrichissement ?

- Permettez-moi de vous corriger. Notre niveau d’enrichissement est aujourd’hui de 3,5 % — dans le cadre d’une plage allant de 3 à 5 %. Le combustible est destiné aux centrales atomiques de production d’électricité. Il est inutilisable dans une bombe. Une bombe requiert de l’uranium enrichi à 99,7 %. Nous pensons qu’il n’est pas bon de posséder la bombe nucléaire. Savez-vous combien de bombes atomiques détiennent les Etats-Unis ?

Je ne le sais pas. Seriez-vous prêt à vous engager à ne jamais construire d’armes atomiques ?

- Nous pensons que le principe selon lequel certains pays peuvent ou ne peuvent pas disposer de l’arme atomique est un mauvais principe. C’est pourquoi nous avons proposé de lancer des négociations en vue d’un désarmement. Selon les rapports que nous avons reçus, il y a ici aux Etats-Unis plus de 10.000 têtes nucléaires. Ne trouvez-vous pas hilarant de dire que le fait que l’Iran possède une tête nucléaire représenterait un danger potentiel pour le monde, mais que le fait que les Etats-Unis en possèdent des milliers ne constitue pas une menace ? N’est-il pas hilarant d’imaginer que l’on pourrait s’opposer à la force de 10.000 têtes nucléaires avec une seule ? La bombe atomique appartient à une génération dépassée. Le temps n’est plus où l’on pouvait utiliser ces armes. Honnêtement, si elles servaient à quelque chose, l’Union Soviétique ne se serait pas effondrée, elle les aurait utilisées, d’une façon où d’une autre. Elles auraient permis à l’OTAN à gagner la guerre en Afghanistan [au moyen de la bombe atomique]. Elles auraient aidé le régime sioniste à gagner à Gaza et au Liban. L’arme nucléaire est l’outil le plus inhumain jamais produit dans l’histoire de l’humanité. Sur la question nucléaire, nous avons soumis deux propositions de négociations au P5 + 1 [les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, plus l’Allemagne]. La première concerne le désarmement et la prévention de la prolifération des armes nucléaires. La deuxième concerne le développement d’un accès collectif aux technologies nucléaires civiles, par la coopération entre toutes les parties. Nous pensons également que du point de vue environnemental, nous devons disposer d’un accès à une énergie propre, une énergie sûre, qui peut être garantie. Notre position est parfaitement claire. Nous travaillons dans le cadre édicté par l’agence, et nous avons pour l’instant respecté nos obligations.

Je ne comprends pas comment votre proposition d’achat d’uranium enrichi s’inscrit dans le tableau d’ensemble de votre programme nucléaire.

- Encore une fois, les matériaux nucléaires que nous désirons acquérir sont destinés à une utilisation médicale. Le matériau enrichi à 20 % servira à produire des médicaments nécessaires à la guérison de certaines maladies. Le but est humanitaire. On travaille à ces médicaments à Téhéran à l’heure où je vous parle. Nos réacteurs travaillent à les produire. Ils ont déjà produit une vingtaine de médicaments à base de radioéléments, mais nous devons prévoir nos besoins pour les vingt prochaines années, et nous avons besoin de plus de matériau enrichi. Nous pensions que cela constituerait un bon point de départ pour des négociations.

Si vous étiez en mesure d’acheter cet uranium, que donneriez-vous en échange ?

- Nous donnerions de l’argent en échange du matériau. C’est un bon point de départ pour une coopération, et pour s’engager dans la coopération. J’ai également dit que nous serions d’accord pour que nos experts nucléaires rencontrent et discutent avec des experts nucléaires de l’autre côté. Ceci contribuerait à créer un climat de confiance et à faire place nette des inquiétudes qui règnent dans chaque camp.

Pourquoi auriez-vous besoin d’uranium enrichi si vous n’avez pas à ce jour de réacteur en service pouvant utiliser de l’uranium enrichi ?

- Nous disposons d’un réacteur nucléaire à Téhéran qui fonctionne depuis 20 ou 30 ans, je pense, dans le but de produire des médicaments. Il fonctionne toujours. Il produit une vingtaine de médicaments différents. Nous avons dans le passé acheté de l’uranium enrichi à 20 % auprès de différents pays, mais pas des Etats-Unis. Aujourd’hui, pourquoi ne pas l’acheter aux Etats-Unis ? C’est un bon moyen d’entamer une coopération et des discussions. Il s’agit d’une question humanitaire — nous parlons d’usage médical.

Lorsque vous dites que les experts nucléaires de votre camp vont discuter avec les experts nucléaires de l’autre camp — êtes-vous disposés à ce que ces discussions portent sur les questions en suspens de l’AIEA ?

- Pourquoi ne pas les laisser entamer les discussions, et voir ce à quoi ils parviennent ?

Et ceci serait proposé à Genève ?

- C’est notre proposition, oui. Les négociations ne sont pas à sens unique. Est-ce un souci ? Je pense que c’est plutôt une bonne chose.

Comment voyez-vous le futur de l’Afghanistan ? Envisagez-vous une coopération entre l’Iran et les Etats-Unis en Afghanistan, ou un Iran dominant ? Je pense que vous avez pris connaissance du rapport McChrystal, dont les conclusions sont des plus sombres.

- L’Afghanistan est notre voisin. Nous avons avec ce pays des liens étroits, historiquement et émotionnellement. Plusieurs millions d’Afghans vivent en Iran. Des millions d’Afghans et d’Iraniens voyagent chaque année entre les deux pays. De nombreux mariages mixtes sont célébrés. Nos relations sont très étroites. La sécurité en Afghanistan est un souci premier de l’Iran. Je voudrais voir rétablir la sécurité en Afghanistan aussi vite que possible. J’ai dit dès le départ que nous étions prêts à apporter notre aide, sous condition d’un changement de politique. Nous pensons que les politiques menées en Afghanistan sont totalement inadéquates, et il est inutile d’aller bien loin pour le prouver. Depuis l’arrivée des troupes de l’OTAN, nombre de crimes ont été commis. De toute évidence, les politiques suivies ne sont pas les bonnes. Même si nous offrions notre aide, on n’arriverait à rien. Il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan. Permettez-moi de vous poser une question — comment se fait-il que la presse aux Etats-Unis s’abstienne d’analyser les problèmes en profondeur ? Je veux ici vous fournir des raisons. Quelqu’un ici a-t-il déjà demandé au gouvernement des Etats-Unis la raison pour laquelle il est entré en Afghanistan et s’y est engagé à ce niveau ?

Avez-vous lu le rapport du Général McChrystal ? Il est accablant.

- Oui, c’est vrai, mais c’est sept ans après. N’aurait-on pas pu poser ces questions avant d’y aller ? Quand la propagande guerrière de l’administration Bush était à son comble ?

Trois mille personnes sont tout de même mortes à New York le 11 septembre.

- C’est sûr, mais ont-elles recouvré la vie suite aux crimes commis en Afghanistan ? D’autre part, le bilan se monte à des dizaines de milliers de victimes. On ne lave pas le sang par le sang. Depuis l’entrée de l’OTAN en Afghanistan, le terrorisme a été multiplié par dix, et la production de drogues illicites par cinq. Je vais vous rappeler un événement historique — et demander à la presse américaine de le rappeler à ses dirigeants, car ceci est de la responsabilité de la presse — si M. Bush avait été contraint d’étudier l’histoire de l’Afghanistan depuis un siècle, je peux vous garantir qu’il n’y aurait jamais mis les pieds. L’expérience montre que quiconque est entré dans ce pays par la force des armes en est ressorti défait. Voici cent ans, les forces britanniques se sont lancées dans un assaut frontal de l’Afghanistan et ont essuyé une sévère défaite. Voici trente ans, les troupes d’Union Soviétiques sont entrées en Afghanistan et ont dû battre en retraite. De quelle force surnaturelle M. Bush pensait-il disposer, qui lui permettrait de gagner une guerre que les Soviétiques et les Britanniques n’ont jamais pu emporter ? Nous nous permettons d’aborder le sujet en toute amitié — ce qui arrive nous touche aussi. Nous sommes touchés quand des gens meurent. À chaque vie perdue, la solution est deux fois plus dure à atteindre. Si nous n’étions pas bienveillants, nous aurions gardé le silence. Mais nous continuons de dire haut et fort que les politiques suivies sont inadéquates. Les richesses du peuple européen et américain sont dépensées ici sans résultat hormis la défaite. Cette richesse pourrait être utilisée pour créer des amitiés ou pour reconstruire un pays, c’est pourquoi nous sommes préoccupés. Chacun sait que l’OTAN est au bord de la défaite en Afghanistan. Nous pourrions garder le silence et rester à l’écart, car certains états membres de l’OTAN sont nos ennemis. Nous aurions des motifs de satisfaction à les voir essuyer la défaite. Mais nous ne nous réjouissons pas. Nous sommes attristés par la situation. Nous pensons, et disons, qu’il existe une solution humanitaire, et nous sommes véritablement surpris que les politiciens et l’OTAN aient choisi de se boucher les oreilles et refusent d’écouter toute forme de critique. Nous sommes même prêts à les aider à changer de politique là-bas. La condition préalable est qu’ils doivent se montrer disposés à écouter. Le rapport de ce général indique clairement que les politiques suivies jusqu’ici n’ont pas été les bonnes. Alors, quand vont-ils en changer ? Nous pensons que sont nécessaires des évolutions radicales des politiques suivies. Changer l’emballage — je veux dire l’emballage du nucléaire — sans adresser les questions plus fondamentales ne permettra pas d’obtenir de résultat. Il faut changer de politiques, et nous sommes prêts à leur prêter main-forte pour cela.

Sur la question nucléaire, êtes-vous en train de dire que l’Iran pourrait accepter de suspendre sa production d’uranium enrichi pour usage médical si on l’autorise à acquérir cet uranium enrichi ? Ceci pourrait-il être un premier pas vers des négociations ultérieures, qui pourraient porter sur la suspension d’autres programmes, en échange d’autres livraisons ?


- Très simplement, nous n’avons pas pour l’heure la capacité d’enrichir l’uranium à 20 % pour les objectifs médicaux que nous poursuivons. Nous en sommes à 3,5 %. Nous avons déjà par le passé acheté ce type de matériau, mais pas auprès du gouvernement des Etats-Unis. Nous pouvons l’acheter aux Etats-Unis. Le fournisseur importe peu, et nous sommes ouverts. Mais ceci ne concerne pas le cycle du combustible. Néanmoins, il me semble que c’est une belle ouverture, une belle fenêtre par laquelle regarder.

En d’autres mots, vous dites que cela ne concerne pas les centrifugeuses que vous êtes en train de construire, et le fait que vous pourriez retraiter l’uranium faiblement enrichi pour le transformer en uranium très enrichi, si je comprends bien.

- Ce que je dis, c’est que vous êtes libre d’interpréter à votre guise ce que je dis. Nous avons été très clairs sur ce que nous faisons. Nous disons simplement que nous avons besoin de combustible pour nos centrales électriques et pour notre réacteur. Et si l’on se réfère aux règles de l’AIEA, nous avons droit à ce genre d’assistance technique. Merci de vous rappeler lorsque vous sortirez de cette pièce qu’une des principales évolutions devant nécessairement prendre place à trait au traitement exclusif que l’on accorde à certains sujets de préférence à d’autres, ce qui mène à un système à deux poids, deux mesures. Si vous ne changez pas votre propre point de vue sur ces [sujets], rien ne pourra changer.

M. le président, une dernière question : ferez-vous quelque chose pour Maziar ? Dites que vous l’aiderez. Il travaille pour nous. Cette situation est vraiment difficile. 


- Je ferai ce que je peux. Merci de conseiller à vos collègues de ne pas enfreindre la loi.

Lally Weymouth

Traduction française de David Korn

> Lire la version américaine sur le site de Newsweek : http://www.newsweek.com/id/216040

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit ... mique.html

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Re: Ahmadinejad : La France mérite mieux que Sarkozy

Messagepar Eniotnar » 30/09/2009 - 22:10

En fait, le caca dur de l'allliance americano-anglo-sarkozienne, vient du fait que le président iranien a pris la décision de vendre son pétrole en euros et non en dollars ; Saddam avait, en son temps, pris la même décision et .... boum ! on connaît la suite.

Le seul fait que le Nabot se mette dans cette coalition anti-Iran vous prouve à quel point il aime son pays et il défend sa France ! :evil:

Ah, pour info, l'Allemagne ne fait pas encore partie de ce complot malsain ! Bizarre, non ? :scratch:
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Re: Ahmadinejad : La France mérite mieux que Sarkozy

Messagepar JCL31 » 05/10/2009 - 17:08

Eniotnar a écrit :En fait, le caca dur de l'allliance americano-anglo-sarkozienne, vient du fait que le président iranien a pris la décision de vendre son pétrole en euros et non en dollars ; Saddam avait, en son temps, pris la même décision et .... boum ! on connaît la suite.

Le seul fait que le Nabot se mette dans cette coalition anti-Iran vous prouve à quel point il aime son pays et il défend sa France ! :evil:

Ah, pour info, l'Allemagne ne fait pas encore partie de ce complot malsain ! Bizarre, non ? :scratch:


C'est une question de temps !!!
Maintenant que Merkel a été "elue" majoritairement elle va pouvoir rejoindre le club.
Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses.
La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère
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Re: Ahmadinejad : La France mérite mieux que Sarkozy

Messagepar JCL31 » 05/10/2009 - 17:08

Journal d’un séjour en Iran
Christian Bouchet
Éditorial
http://www.voxnr.com

Ce sera ma manière de contribuer à la lutte contre la désinforation et contre les fauteurs de guerre.

1 août 2009, Shiraz.

Je suis maintenant sur la terre de l’antique empire perse depuis quatre jours et rien n’est comme je l’avais imaginé.

Quand j’ai annoncé à mes proches, début juillet, que j’avais l’intention de me rendre en Iran, pour juger sur pièce de la situation, les réactions ont été de deux types. Mes amis politisés n’ont pas caché qu’ils m’enviaient et qu’ils auraient aimé être à ma place. Les autres, en revanche, n’ont eu de cesse de me mettre en garde contre le danger inutile que je prenais, vu les circonstances, en me jetant volontairement dans ce qu’ils considéraient comme la gueule du grand méchant loup… Pour eux, je risquais bien de connaître le même sort que Clotilde Reiss, voire pire. Les Conseils aux voyageurs figurant sur le site du Ministère français des Affaires étrangères allait dans le même sens et insistaient sur le fait que « dans les circonstances actuelles, il est recommandé de surseoir à tout voyage non essentiel en Iran. Cette recommandation s’applique aussi bien aux voyages d’affaires qu’aux voyages touristiques. Les services de sécurité sont en effet très suspicieux à l’égard des contacts avec la population, notamment avec les milieux universitaires et étudiants, qu’ils observent avec attention, et à l’égard des prises de photographies. »

Bien que n’ignorant pas ce que la Propaganda Staffel occidentale peut générer comme désinformation, et bien qu’ayant, naturellement, un a priori favorable pour l’Iran résistant de Mahmoud Ahmadinejad, j’ai donc pris le vol de la KLM Amsterdam-Téhéran avec une certaine perplexité et une légère inquiétude… En tous cas, je n’imaginais nullement à ce que j’allais découvrir : une réalité en tout point différente de l’image que les médias du Grand Occident nous délivrent.

Soixante-douze heures pour parcourir Téhéran, des quartiers bourgeois des contreforts des monts Alborz à ceux populaires sis au sud, c’est bien peu. Mais c’est cependant suffisant pour se faire une idée assez juste.

Ce qui frappe, tout d’abord, c’est le modernisme général des voies de circulation, de l’architecture, des boutiques, des restaurants. Le dépaysement quand on se promène dans les rues est faible, bien moindre que celui que l’on éprouve à Istanbul ou à New Delhi, on pourrait par certains côtés se croire à Madrid… si ce n’était le dress-code islamique qui impose le port du tchador.

A la lecture des journaux je m’étais imaginé des femmes strictement couvertes, ne laissant voir aucune mèche de cheveux. J’avais lu, dans les articles de Delphine Minoui, la correspondante du Figaro à Téhéran, qu’une police des mœurs veillait au grain et pourchassait les femmes « mal voilées » et les couples d’amoureux. Mais où donc est cette police ? Les femmes « mal voilées », maquillées, laissant voir une très grande partie de leur chevelure a peine dissimulée sous un élégant châle, sont légion, les couples de jeunes sont nombreux eux aussi et à Darband, au bord d’un ruisseau qui dévale des monts Alborz, tout semble organisé pour la drague et la séduction… Je fais part de mon étonnement à mon chauffeur qui sourit et me précise que cette police n’est plus active depuis plusieurs années… De cela, la miss Minoui a oublié de nous avertir !
Il est vrai que les journaleux au service du Grand Occident peuvent écrire n’importe quoi, personne n’ira vérifier leurs dires : il n’y a ici presque aucun occidental de passage et les seuls touristes que je rencontre sont … irakiens !

Ils peuvent aussi écrire ce qu’ils veulent sur les rassemblements de l’opposition, personne n’ira les contredire. Or, en rentrant à mon hôtel, hier en fin d’après-midi, je suis pris dans un embouteillage. Nous sommes vendredi, les partisans de Moussavi ont appelé à une manifestation dans le centre de la capitale et, par un heureux effet du hasard, je suis dans les premières voitures immobilisées par celle-ci. Comparé à ce qui est habituel en France, il y a peu de policier et ils sont très légèrement équipés. Il faut dire que les manifestants, majoritairement des jeunes, ne sont pas très nombreux non plus. Je les estime à cent cinquante, au maximum à deux cents… C’est moins que rien quand on sait que douze millions d’habitants vivent dans l’agglomération. Je comprends alors pourquoi tous les reportages télévisés sont faits en plans très serrés. Agitant des banderoles vertes, ils bloquent un carrefour qui est à quelques dizaines de mètres, les voitures klaxonnent, certains chauffeurs commencent à s’énerver. Soudain arrivent des « voltigeurs » monté sur des motos de type trial - un policier conduit, un autre muni d’une longue matraque est assis à l’arrière - ils ne font pas dans le détail et frappent de bon cœur les manifestants qui s’enfuient. Les motards les poursuivent, y compris sur les trottoirs. C’est fini, la manifestation est dispersée et la circulation reprend. Le lendemain, sur internet, je lis le compte-rendu qu’en font les agences occidentales : d’une échauffourée insignifiante, qui montre une incontestable indifférence de la population, elle font un symbole de résistance…

2 août 2009, Yazd.

Il fait 43° à l’ombre…

J’ai tenu à venir ici pour visiter la plus importante communauté zoroastrienne encore existante en Iran. Ses membres maintiennent en vie la religion révélée cinq siècles avant notre ère par Zarathoustra. Ils vénèrent le feu, symbole de Dieu, et entretiennent dans la pénombre de leurs lieux de culte des flammes éternelles. Celle qui brûle dans le temple de Yazd a été allumée il y a 1539 ans !

A l’extérieur de la ville, je visite leurs « tours du silence ». Leur religion leur interdisant de souiller les éléments, les zoroastriens ne peuvent ni enterrer ni incinérer leurs morts, ils les abandonnaient donc aux vautours dans des tours sises en haut de collines. En Inde, à Bombay, cela se pratique toujours. Ici, les lieux sont désaffectés depuis que Reza Pahlavi, en 1962, les ait obligés de se plier à la règle commune en matière d’inhumation.

Les lieux sont mal entretenus, les monuments récemment restaurés ont été vandalisés et tagués. Alors que les autres sites historiques que j’ai visités jusqu’alors étaient gardés et dans un état parfait, celui-ci est à l’abandon. On sent que la protection des vestiges du passé païen de l’Iran ne motive guère les autorités…

3 août 2009, Ispahan.

J’ai pris une chambre à l’Isfahan Kowsar International Hotel, un cinq étoiles admirablement situé. Il est bondé. Mais dans ses couloirs, ce ne sont pas des iraniens fortunés que je croise mais des mutilés de guerre et leurs proches, des gens simples voire très simples, des familles de paysans et d’ouvriers. Que font-ils là ? Ils bénéficient d’une semaine de vacances, tous frais payés, qui leur est offerte par la Fondation des martyrs, structure qui a été créée en 1980 pour prendre en charge les anciens combattants, les invalides de guerre et leurs familles. La Fondation a investi ses fonds dans l’industrie et le commerce et est devenue richissime. Les bénéfices qu’elle génère sont largement redistribués aux victimes de la guerre Iran/Irak. Comme les familles de ceux-ci bénéficient encore d’autres avantages en matière de service militaire et d’accès à l’université, je découvre que les anciens combattants et les parentèles des soldats tombés au front sont jalousées…

En me promenant en ville, je suis surpris de trouver sa population encore plus moderne qu’à Téhéran. Les looks les plus improbables se rencontrent dans la jeunesse : techtoniques, punks (ont des « iroquois »), etc. Je vois même un rocker avec une « banane ». Au restaurant, le soir, je constate que les deux tiers des tables sont occupées par des femmes sortant « entre copines », elles rient, se prennent en photo avec leurs portables. Est-ce ainsi que se manifeste l’oppression des femmes par les Mollah ?

Rentrant à l’hôtel, après le dîner, je rencontre une nouvelle manifestation : une cinquantaine de jeunes tentent ici aussi de bloquer un carrefour, la police arrive, ils se dispersent. C’est tout. Ce n’est qu’en regardant la télévision un peu plus tard que je comprends la raison de cette sporadique agitation : le guide Ali Khamenei vient de confirmer la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.

Je termine ma journée au café internet. La connexion est de qualité et ne coûte quasiment rien. Je consulte ma messagerie, intervient sur quelques fora, met à jour plusieurs sites auxquels je participe. Tout fonctionne pour le mieux. En revanche, impossible d’accéder à Facebook. L’employée à qui je m’en plains me répond que c’est normal, le gouvernement filtrant son accès car, me dit-elle, « les USA et la Grande-Bretagne l’utilisent pour répandre de fausses nouvelles dans le pays. »

6 août 2009, Qom.

Pour faire le trajet Ispahan-Qom, comme précédemment celui Shiraz-Ispahan, j’ai en grande partie emprunté une autoroute d’excellente facture. Comme en France elle était payante (du moins sur certains tronçons) et si la police y était présente c’était pour vérifier le port de la ceinture et sanctionner les excès de vitesse à l’aide de radars…
La dite autoroute passe à quelques dizaines de mètres de la centrale nucléaire de Natanz. Celle-ci, défendue par des canons anti-aériens et protégée par un merlon de terre, est bien visible de la route et je m’étonne dans ces conditions que Wikipedia, source d’information habituellement fiable et abondamment reprise, puisse évoquer une « installation nucléaire secrète »… Je note qu’il n’est même pas interdit de s’arrêter sur le parking qui en face de la centrale ni de prendre des photos. Question de base secrète on a décidément connu mieux !

A Qom, un officiel de second range me reçoit. C’est mon premier contact avec un membre de l’appareil du régime, et ce sera le seul, mon voyage étant une expédition de découverte organisée par mes soins de manière toute à fait indépendante. Nous échangeons quelques idées. Il a l’habitude de rencontrer des occidentaux et avant que je formule le fond de ma pensée, il me dit : « Je sais ce que vous allez me dire, tous les Européens que je reçois me disent la même chose : l’Iran que j’ai découvert n’a rien à voir avec ce que les médias m’avaient fait croire ». Il a parfaitement raison. J’abonde dans son sens et je lui fait remarquer que le fait que je puisse être abusé partiellement sur la réalité, en dit long sur le niveau de désinformation qui peut être obtenu chez le citoyen occidental lambda.

8 aout 2009, aéroport Imam Khomeini, zone internationale.

J’ai terminé mon séjour par une dernière journée à Téhéran.

Occasion de visiter la maison de l’Imam Khomeini… Une maison ? Une bicoque presque de guère plus de 40 m2. Les lieux sont restés dans l’état dans lesquels ils étaient lors de son décès. L’homme qui par son action a renversé la dynastie Pahlavi, célèbre pour son goût du luxe, a vécu la fin de sa vie dans un lieu dépouillé, simple et pauvre…
Après la maison de l’Imam, son mausolée. Là on change du tout au tout. Les pierres tombales de Khomeini, ainsi que ceux de son épouse et de ses fils occupent un coin d’un immense espace couvert (quatre ou cinq mille mètres carrés peut-être) qui tient du caravansérail. Tandis qu’à proximité du cénotaphe certains prient et font de conséquentes offrandes monétaires (la couche de billets de banques qui recouvre le sol près du tombeau dépasse les 50 centimètres), dans le reste de la grande halle des enfants jouent, des hommes font la sieste, des groupes devisent… Quand je quitte le mausolée, à la nuit tombée, je découvre que ses parkings sont devenus un gigantesque campement de pèlerins.

Avant de passer en zone d’embarquement, un policier vérifie mon passeport. En douze jours de voyage c’est mon second contrôle. C’est sans doute cela la suspicion contre laquelle me mettait en garde mon gouvernement. J’avoue qu’en matière d’État policier j’ai connu mieux !

J’ai maintenant un peu de temps pour réfléchir avant mon vol de retour. En dressant un bilan, je constate que deux faits m’interpellent tout particulièrement. Tout d’abord, ayant pu juger sur pièce de la désinformation concernant l’Iran, il a été très troublant pour moi de constater que, malgré ma sympathie pour la République islamique et ma connaissance des stratégies médiatiques de la propagande occidentale, j’avais été contaminé et partiellement abusé par elle… Ensuite, il me revient le souvenir de notre enthousiasme de 1979 : activistes NR et évoliens avions alors cru que la Tradition venait de remporter une victoire sur le monde moderne. En fait il n’en fut rien. Ce qui venait de triompher c’était une troisième voie, c’était, et cela reste, fort sympathique, la victoire d’un peuple qui se dressait contre l’impérialisme yankee, mais ce ne fut pas la mise en œuvre d’une vue du monde traditionaliste… La république iranienne est actuellement un pays qui résiste à l’Empire du mal, elle est sans aucun doute plus traditionnelle que nos décadentes sociétés d’Occident, mais là aussi le sel ronge l’acier, et il suffit de voir la jeunesse pour se dire qu’à terme, comme partout, c’est le monde moderne, le kali yuga, qui va triompher.
Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses.
La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère
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