CRETEIL (AFP), 00:00
Kamel Guentari, 25 ans, et Salim Benghalem, 26 ans, ont été condamnés respectivement vendredi à 12 ans et 11 ans de réclusion par la cour d'assises du Val-de-Marne pour meurtre et tentative de meurtre en juillet 2001 à Cachan (Val-de-Marne), sur fond de règlement de comptes avec des jeunes d'une cité.
Au terme de trois jours de débats au cours desquels les "guerres" entre cités, le "contexte de territoire", ont souvent été évoqués, la cour a écarté la qualification d'assassinat qui visait Kamel Guentari et l'a condamné pour meurtre.
Quant à Salim Benghalem, la cour a retenu la tentative de meurtre. "Aucune trace des tirs" de celui-ci n'a "été relevée" sur les lieux, avait fait valoir son avocat, Me Lef Forster.
Des peines respectives de 20 ans et 18 ans de réclusion avaient été requises à l'encontre des deux amis et collègues de travail, qui, le 22 juillet 2001, s'étaient rendus à la Cité Bleue à Cachan pour, selon eux, "impressionner" des jeunes à qui les avaient opposés des incidents récents.
Tous deux vêtus d'une djellaba pour dissimuler leurs armes -un fusil à pompe et un revolver-, ils avaient fait feu à plusieurs reprises sur une Fiat Uno et un groupe de jeunes à proximité.
Atteint à la tête, Lahouari Mansouri, 24 ans, qui se trouvait au volant de la voiture, est mort. Deux autres jeunes hommes avaient été blessés.
Les accusés, qui s'étaient enfuis vers l'Algérie le jour même, s'étaient rendus à la police en octobre 2002.
"On a commis quelque chose de grave. On n'a pas nié, on n'a pas minimisé", avait dit Salim Benghalem avant que la cour ne se retire, en faisant part, comme son coaccusé, de ses regrets.
La défense avait dénoncé la sévérité des réquisitions, qualifiées par Me Jean-Louis Pelletier, avocat de Kamel Guentari, d'"assassinat légal", et relevé qu'au cours de l'instruction, le parquet avait écarté la préméditation.
"Je crois que dans cette histoire, il y a un phénomène de ras-le-bol. On ne peut pas toujours être battu, molesté, sans rien dire", avait plaidé Me Pelletier. Il avait opposé son client, décrit comme "un bon fils, qui travaille", aux "chenapans" de la cité, "qui font la loi".
A ce sujet, détaillant les nombreuses procédures judiciaires visant Lahouari Mansouri, il s'était "incliné devant la victime, pas devant le délinquant".
Auparavant, l'avocat général, Benoist Hurel, tout en reconnaissant que "dans cette histoire, il n'y a pas d'un côté les bons, de l'autre les méchants", avait fustigé les "mensonges" des accusés, déjà dénoncés par Me Philippe Louis pour la partie civile.
"Ils épaulent, ils visent et ils tirent dans le tas (...) et on voudrait vous faire croire qu'il n'y a pas volonté de tuer", s'était exclamé M. Hurel, en soulignant qu'une dizaine de coups de feu avaient été tirés et que les accusés avaient "forcément" vu que des gens se trouvaient dans la voiture.
